Fév 23

Le Faux Pas

Je ne me moque pas. C’est juste un faux pas. Mais on a bien le droit de rigoler un p’tit peu, quand même… Waha haha haha hahaha! Bon, attendez une seconde que je recouvre mes esprits…

 

Le projet

On part pour un joli week-end en famille. Un week-end calme dans une région loin de tout. La nature, la jungle, le chant des oiseaux.

L’hôtel est si reculé qu’il y a une heure de route jusqu’au restaurant le plus proche. Du coup, on s’est préparé un pique-nique royal. Et un petit déjeuner aussi. On a même pris des ballons et des buts pour jouer au foot. Et des poteaux pour jouer au rugby.

Nous sommes à peine partis que du fond de la caisse, les sardines nous rebattent déjà les oreilles: « Quand-est-ce qu’on pourra manger le pique-nique? » « T’as bien pris MES chips, hein? » « Je pourrai manger tout le jambon tout seul? » « Quant-est-ce qu’on mange? » « Gniii!!! » (Ca c’est Princesse-Punk qui ne sait pas parler mais adore manger.)

Nous montons la musique pour faire revenir le calme. « Pop See Ko » a un gros succès ces temps-ci. C’est hautement intellectuel alors ça met tout le monde d’accord.

 

Le Faux Pas

On approche du but. Le jour est encore jeune. Tant mieux, nous pourrons profiter du joli bungalow en bois traditionnel, (de ses moustiques) et du vert jardin de jungle tropicale.

Soudain, le visage de Papa-Tout-Terrain s’obscurcit en un air soucieux. « On est le combien? » Sans attendre ma réponse, il s’arrête sur le bord de la route en un crissement de pneus et compulse frénétiquement son téléphone. Il n’a pas l’air de rigoler. Même Pop See Ko s’arrête de chanter.

« C’est pas le bon jour. »

Effectivement, il a réservé l’hôtel à une date aléatoire sans aucun rapport avec notre week-end. Ca me donne drôlement envie de rire. (Mais je me retiens, vu sa tête.) D’habitude, ce genre de dysfonctionnements relève plutôt de ma compétence. Voyez plutôt, j’ai même réussi à louper la rentrée scolaire cette année!

Et puis c’est bête, mais les grains de sable dans notre organisation m’amusent follement. On va pouvoir dormir à la belle-étoile? Etre recueillis par les bergers et leur troupeau de yaks? Construire une cabane en bambou dans le repli d’un rocher et faire un feu de joie pour tenir les tigres éloignés ? (Il reste quelques tigres à l’état sauvage en Thaïlande). C’est infiniment romantique!

 

La réparation

« Quand est-ce que je pourrai avoir mon hamburger? » coupe Petit-Un, soudain inquiet. « Non, pardon. Quand-est ce que je pourrai avoir mon han-bour-gueur, s’il vous plait? » Il a bien compris la gravité de la situation. La formule de politesse est certes un peu opportuniste. Mais j’apprécie l’effort qu’il fait pour imiter mon accent français. Et dire qu’il n’y voit pas (encore) malice, le bougre!

Papa-Tout-Terrain tapote fébrilement sur son Smartphone. « C’est bon, j’ai un autre hôtel! » C’est en plein centre-ville. Dommagepour la grotte et les yaks. (Il n’y a d’ailleurs pas de yaks en Thaïlande.) Petit-Deux en revanche est fou de joie: il y a même un ascenseur avec des boutons!

Quant à notre pique-nique, c’est finalement sur les belles plages de la province de Rayong que nous le dégusterons, entre deux parties de foot et un magnifique coucher de soleil. Les enfants ont été si conquis qu’ils souhaitent déjà réitérer l’aventure…

Le Faux Pas - Plage de Rayong

 

… Et en bonus, puisque nous n’avons pas pu annuler la réservation initiale, elle sera l’occasion d’une nouvelle balade en famille pour bientôt! C’est à se demander si Papa-Tout-Terrain ne l’a pas fait exprès!…

 

Le Faux Pas - Plage de Rayong

Le Faux Pas - Plage de Rayong

Le Faux Pas - Plage de Rayong

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Fév 21

L’étrange cas de l’anniversaire interculturel

Dimanche, nous sommes invités à l’anniversaire du meilleur copain de Petit-Un, un mignon petit américano-canadien. J’ai incidemment croisé sa Maman à l’école tout à l’heure. Ca tombe bien: j’ai un doute sur l’heure et j’ai égaré l’invitation. (Mère en carton!). On expédie donc nos affaires courantes avant que la Maman ne conclue gentiment: « Pour cette invitation, nous n’avons rien innové, nous avons totalement copié sur vous le concept de fête d’anniversaire. »

Cette dame est très polie. (En plus elle avait fait un super anniversaire l’année dernière.) Et s’il est vrai que notre anniversaire avec les copains était très réussi aussi, je ne croyais pas pour autant avoir organisé une sauterie si révolutionnaire.

Alors, la Maman a enchainé: « C’était génial d’avoir invité les Papas!… Et le cadeau commun!… Et surtout, l’idée de ne pas servir de repas!… Nous nous sommes inspirés de tout!… » C’est là que j’ai compris pourquoi on s’obstinait à me servir des salades de pâtes, à chaque fête où je conduisais les enfants. Et pourquoi on était toujours invités à des horaires bizarres, comme onze heures ou midi et demi. Même que ca nous embêtait drôlement cette histoire. Pour pas avoir faim et tenir le coup jusqu’au bout, on se bourrait tous avant. Et on ne comprenait pas trop cet horaire batard. On en était arrivés à la conclusion qu’il devait y avoir une histoire de sieste, là-dessous, vu que les enfants sont petits. Bref, quand on ne connaît pas les codes, on ne peut pas savoir.

Decorations d'anniversaire

Toutes ces questions existentielles d’anniversaire viennent de l’entrelacs de cultures que nos enfants vivent au quotidien. Et je déchiffre plus ou moins. C’est selon. Ca m’a donne envie de vous raconter la fête « à la française » de Petit-Deux et nos errements métaphysiques pour plaire à des bambins de cinq nationalités différentes ainsi qu’à leurs parents accompagnateurs.

 

Le passif

Pour comprendre toute l’histoire, il faut revenir sur le Waterloo de l’anniversaire de Petit-Un, au printemps dernier. Au moment de lancer les invitations, Papa-Tout-Terrain et moi-même avions connu un très profond désaccord au sujet des cadeaux d’anniversaire. Pour ma part, j’étais très ennuyée des débauches de cadeaux auxquelles nous avions assisté.

Pour un anniversaire standard, des dizaines d’invités apportent des dizaines de paquets. D’une part, les convives sont toujours nombreux car l’école demande d’inviter toute la classe, pour éviter les rancœurs. (Je trouve ça très bien. Ca demande juste un peu de place.) Mais en parallèle, en matière de cadeaux, les parents –nous compris– tendent vite à la surenchère, pour ne pas faire « trop petit »…

Après le gâteau, le roi de la fête s’assied au centre de ses invités et passe près d’une heure à dépouiller les nombreux paquets. Au début sous les « Ah » et « Oh » extasiés de l’assemblée des copains. Puis dans une cohue de gamins qui veulent ouvrir ce qui est fermé et tester ce qui est ouvert. Puis dans une espèce de mêlée informe. La fin révèle généralement quelques frustrations. La dernière fois, Petit-Deux est revenu me voir au bord des larmes: « Il n’y en avait même pas un pour moi… »

Bref, c’est bien gentil tout ca, mais tant de cadeaux, c’est surtout des politesses entre adultes. Et, ca ne correspond pas aux valeurs que nous souhaitons transmettre à nos enfants: limiter l’hyperconsommation, recevoir et offrir avec le cœur, et toussa toussa… bref, des principes contrariants (pour eux) de parents gaucho-écolo-catho-anarcho-crypto-bobos (rayez les mentions inutiles).

 

La querelle des cadeaux

Je tends à être directe. Parfois abrupte. Quand il s’est agit d’organiser l’anniversaire de Petit-Un, l’année dernière, j’étais d’avis de préciser « Pas de cadeau! » sur les invitations. Papa-Tout-Terrain, tout dans la rondeur, craignait de froisser nos convives. On a parlementé pendant des jours et des nuits. On a âprement débattu. Finalement, à bout d’arguments et un peu énervé, l’un des deux adversaires dont je tairai le nom, a décidé que puisque c’est comme ça on ne ferait pas d’anniversaire avec les copains. Qu’on en ferait un l’année prochaine et voilà. (Vous m’aurez reconnue… C’est moi la susceptible de la bande.)

Sauf que notre nounou a trouvé ça trop dommage. Elle a convié les copains pour le goûter, un jour de semaine où nous travaillions. Nous avons préparé un beau gâteau. 13h30. Je suis au bureau, donc, au téléphone avec un client qui veut que je lui envoie des rétroviseurs par avion. Petit-Un m’appelle en sanglot: « Les copains ne sont pas venus!… » Au terme d’un vibrant échange, je comprends qu’il y a eu « misunderstanding ». (Le concept du misunderstanding, ici, consiste toujours à dire que j’ai tort. Et non je ne suis pas de mauvaise foi.) Bref, notre nounou m’explique qu’en fait c’était à moi d’inviter les copains pour la fête qu’elle organisait.

Gateau d'anniversaire - circuit de voitures

Je dis au client que je vais réfléchir pour les rétroviseurs, et me mets au listing de contact des parents d’élève pour expliquer aux Mamans que oui, c’est l’anniversaire de Petit-Un. Là tout de suite. Et que naturellement leur progéniture est invitée.

Petit-Un a eu une belle fête. Il était ravi. Il a reçu quelques petits cadeaux symboliques. C’était parfait. Et moi ça m’a valu une belle leçon: la prochaine fois, on s’organise!

 

L’invitation

Les Mamans anglo-saxonnes ont généralement des cartes d’invitation mignonnes, pré-écrites, et sur lesquelles on rajoute la date, l’heure et le prénom de l’enfant. D’abord mon écriture cursive est illisible pour le commun des mortels ici (ils écrivent en script), et en plus je ne sais pas où trouver des cartes comme ça. On a donc fait nos cartes « maison », ce qui m’a permis de préciser quelques petits trucs qui me tenaient à cœur.

Après âpres négociations, l’histoire de « pas de cadeaux » s’est transformée en un cadeau commun. Finalement, c’est chouette, un cadeau… et c’est bien suffisant! Vu les retours des autres parents, d’ailleurs, nous ne sommes pas les seuls avec ce problème de cadeaux!

Decorations d'anniversaire

Et puis on a invité les parents, sur papier. Parce que pour moi, c’était pas clair. La première fois que Petit-Un a été convié à un anniversaire, on s’est dit yahou, super, à nous la liberté! Eh bien non pas du tout. C’était même une grosse arnaque puisqu’on a dû rester. C’est mon côté psychorigide mais j’aime le factuel et le contractuel. Du coup pas d’embrouille: on a invité les adultes par écrit. Et on a eu les Mamans, mais aussi plein de Papas. Ou alors, c’était le hasard, mais c’était sympa.

Et pour finir, sur les invitations, il y a toujours RSVP, alors on a mis RSVP. C’est très classe: c’est du français. La palme de l’élégance des réponses revient aux Mamans Japonaises. Je nourris une vive admiration pour les Mamans Japonaises. Elles sont toujours bien organisées et fort civiles. C’est un peu la femme du blond de Gad Elmaleh. Avec l’esprit pratique, en plus: elles m’ont même précisé dans leurs réponses les noms de toute leur famille, si bien que j’ai pu me préparer des aide-mémoire pour la fête!

 

Un anniversaire « fait-maison »

Sur ces entre-fêtes (oui je sais… j’ai pas résisté) vint le jour tant attendu…

Les trois familles japonaises sont arrivées exactement à l’heure. Tout le monde bien coiffé et sans avoir visiblement couru et transpiré en un sprint final. Les enfants avaient apporté de beaux dessins (figuratifs, hein, pas de l’art abstrait comme font les nôtres aux mêmes âges), pliés en origami (et ce n’est pas une exagération, l’origami, c’est la stricte vérité). Les autres familles sont arrivées normalement comme on l’aurait fait. Avec un peu de retard. Un enfant avec deux chaussettes pas assorties. Un autre avec un reste de la pizza du midi sur le tee-shirt, eu niveau de la manche. (Toujours pratique, pour s’essuyer la bouche.) Mais tout le monde est venu avec un grand sourire et beaucoup de bonne humeur. C’est l’essentiel.

Anniversaire - Peche a la ligne

Pour occuper nos petits invités, nous avions organisé des activités similaires aux anniversaires de notre enfance. Un bricolage. Une pêche au canard. Un chamboule-tout. Des ballons à sculpter. Nous avions opté pour du « fait-maison », avec un budget limité. Pas pour l’économie en tant que telle mais pour le principe, mes réflexions ayant été amorcées de longue date par la lecture de super billets de Miss Texas au Etats-Unis et Stéphanie en Arabie Saoudite.

 

Bricolages et activités

Papa-Tout-Terrain avait passé du temps à bricoler de magnifiques canne à pêche, pendant que j’avais bien galéré à faire des « canards » aptes supporter une pièce en chocolat. Sur quelques semaines, on avait bouffé des kilos de petit-pois pour avoir assez de boites de conserve pour le chamboule-tout. Et je m’étais même ouvert le pouce en les décorant avec Petit-Deux, qui avait été très impressionné parce que je n’avais pas pleuré. Nous avions enfin limité les « goodies bag » à de petits sacs de papier kraft pour rapporter le bricolage et les chocolats pêchés. On y a passé beaucoup de temps, mais on s’est vraiment amusés à tout préparer ensemble, avec la participation des enfants.

Anniversaire - Chamboule-tout

Cerise sur le pompon, le bonheur d’habiter sous des latitudes tropicales c’est qu’il pleut n’importe quand, et plus particulièrement pendant les fêtes d’anniversaires, au milieu de la saison sèche. Les activités prévues dans le jardin ont dû se rétracter sous notre auvent mais la fête a eu un succès fou. Il y avait dix-huit enfants et on a oublié de compter les parents. Papa-Tout-Terrain était en nage à force de remettre debout le chamboule-tout. Les bricolages ont tellement plu qu’ils ont fait le tour de l’école la semaine suivante. Et les enfants ont fini pied nus dans le jardin à courir sous la pluie. D’ailleurs, aussi incroyable que cela puisse paraître, un enfant japonais qui court sans chaussures dans la boue arrive à rester présentable! (Les Japonais sont les Blonds de l’humanité.)

 

Le gâteau métro

Sur demande express de Petit-Deux, le gâteau était en forme de métro. (Oui, je mérite mon auréole, parce qu’un gâteau métro, c’est pas de la tarte!) J’ai fait les génoises la veille au soir. J’attendais la livraison de Tesco, à 18h, pour les œufs. 20h, toujours pas de Tesco. 21h, le mec nous appelle. Il s’est perdu mais il arrive dans cinq minutes. Branle-bas de combat. Je mets le four. Je prépare mes pâtes à gâteau sans les œufs. Et je commence à faire le pied de grue.

Il faut toujours se méfier de la notion de « cinq minutes » en Asie. C’est souvent un euphémisme poli pour dire que c’est pour plus tard mais qu’on ne sait pas du tout quand. Et à chaque fois je tombe dans le panneau. Bref, le mec est arrive à 22h40. A force d’avoir tourné en rond dans ma cuisine carrée, j’étais remontée à bloc. Je me suis précipitée en chemise de nuit, le cheveu bouffant (je frise avec l’humidité et l’énervement) dans son camion, je lui ai arraché les œufs et je suis rentrée en courant à la cuisine, laissant le type un peu incrédule avec le reste de ses sacs.

Papa-Tout-Terrain s’est chargé de ramasser à la petite cuillère les morceaux du mec hagard et la fin des courses. J’ai terminé mes génoises à une heure du matin. Miss-Trois a tété à deux heures et quatre heures, et Petit-Deux m’a définitivement réveillée à cinq heures. Dans les brumes de fatigue du lendemain, je ricanais encore bêtement en pensant à la frayeur que j’avais dû faire à ce pauvre livreur…

 

L’heure du goûter

Chacun ses tourments. Depuis que les invitations avaient été lancées, je m’inquiétais de la façon dont les petits Japonais appréhenderaient notre goûter, car en principe, on ne mange pas tellement avec les doigts au Japon. Pendant mes années universitaires, j’avais hébergé quelques jours une étudiante japonaise, qui m’avait ainsi fait part de son étonnement, à la sortie d’une boulangerie: « Vous portez le pain avec la main? » J’en suis encore traumatisée. (Peut-être qu’elle aussi?)

Anniversaire - Gateau Metro en construction

Bref, j’avais bien insisté pour disséminer un peu partout des couverts, des assiettes et autres instruments hygiéniques. Au moment où Papa-Tout-Terrain s’apprêtait à découper mon œuvre d’art ferroviaire, je lui courais encore après avec une spatule affolée: « Surtout pas avec les doigts, hein, pas les doigts! » (Là, Papa-Tout-Terrain, pourtant si mesuré et si flegmatique, a montré quelques signes d’impatience. C’est bizarre. Ce n’est pourtant pas son genre…)

Le gâteau a eu un franc succès. Autant que les grands saladiers de fruits, les sablés au fromage et les sablés sucrés. Je crois même avoir vu quelques petits Japonais manger avec les doigts… Quand je vous disais qu’ils sont formidables… ils se sont même adaptés aux usages français… par pure politesse, bien sûr!

 

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Fév 16

Bouddhisme pittoresque – Wat Namtok Thammarot

Ce week-end, c’était Makabucha, une fête bouddhiste qui célèbre un jour « miraculeux » où 1250 disciples se sont spontanément assemblés autour de Bouddha pour écouter l’un de ses sermons. Ce jour-là, les croyants vont prier au temple et assister à des prêches. Dans de nombreux monastères, des processions à la bougie clôturent les célébrations rituelles.

Notre nounou a proposé à sa fille adolescente de l’accompagner au temple. « Comment? Non seulement on n’a pas le droit d’utiliser son portable pendant les cérémonies, mais en plus il faut rester assis par terre pendant cinq heures! Et ça fait grave mal aux fesses! Hors de question que je vienne! » a rétorqué la jeune fille. Le concept de l’adolescente existe donc également en Thaïlande.

Nous, nous ne sommes pas bouddhistes, mais on ne crache jamais sur un jour férié. Nous avons donc entassé nos sardines à l’arrière de la voiture, bourré un tas de couches et quelques habits de rechange dans le coffre, et roule!

 

Le monastère de Wat Namtok Thammarot

Papa-Tout-Terrain avait déjà repéré notre première étape: un centre de méditation bouddhiste au milieu de… nulle part. Sérieux, quand on prend la carte, il y a juste rien autour. Pas une ville, pas un village, pas même une montagne. Et ça se confirme quand on arrive sur place. C’est au milieu de rien du tout. Enfin au milieu de plantations d’hévéas, quoi. (La nature n’aime pas le vide.) Bref, si l’on veut méditer, on peut venir méditer ici sans crainte, ce n’est pas l’environnement qui va déranger.

1 - Wat Namtok Thammarot - Temple des serpents

Bon, en revanche, sur place, ils ont eu la main lourde sur la déco et les animaux. L’arrivée est très zoologique. Il y a des chiens et des poules partout. Leur principale activité consiste à dormir au milieu de la route. On sent qu’ils ne sont pas dérangés souvent. D’ailleurs, nous étions pour ainsi dire les seuls visiteurs. J’ai fait trois crises cardiaques pendant qu’on slalomait entre les poussins. Occire une volaille, c’est pas bon pour nos karmas. J’ai finalement sauté de la voiture pour faire bouger la ménagerie. Un coq qui prenait ses aises dans un nid de poule m’a regardé d’un air narquois. De guerre lasse, Papa-Tout-Terrain a opté pour le talus.

 

Le temple aux Nâgas

On a commencé par un temple dédié aux Nâgas, serpents et autres dragons doués de superpouvoirs chez les bouddhistes et dans les cultes païens de la région. De loin, c’est grandiose. De longs reptiles s’élèvent en volute au dessus du lac attenant. C’est doré, coloré, majestueux. De près c’est un peu flippant, surtout quand on passe devant les serpents à tête humaine qui protègent l’enceinte des lieux.

2 - Serpents à tête humaine qui protègent l'enceinte des lieux

A l’intérieur, on sent que l’architecte s’est laisse aller à ses penchants pour le kitch: les murs sont rose bonbon avec une ornementation en macramé

 

3 - Wat Namtok Thammarot - Interieur

Niveau spiritualité, c’était moyen, car le bâtiment était en travaux. Du coup il n’y avait pas de fidèles, mais des ouvriers un peu partout. Ils nous ont accueillis avec beaucoup de gentillesse et une curiosité non dissimulée pour notre tripotée de têtes blondes et sautillantes. Deux ou trois dames nous ont suivis tout du long, d’un air énamouré.

 

Des nonnes et des Krathongs

Un peu plus loin, ce sont les nonnes des lieux qui nous ont hélés. Pour les enfants, bien entendu. Papa-Tout-Terrain et moi-même ne sommes pas assez mignons pour les intéresser. Petit-Deux s’est immédiatement éclipsé derrière mon short en treillis. Petit-Un a lancé un tonitruant « sawadee krap » (=bonjour). Et Miss-Trois a dégainé son plus beau sourire édenté. Comme une flèche, la plus vieille des religieuses –également édentée, mais un peu moins quand même- est partie chercher LE portable de la confrérie.

Pour tuer le temps, ses novices nous ont montré leurs Krathongs. Il s’agit de bateaux de feuilles et de bambous, que l’on décore de bougies et d’encens avant de mettre à l’eau, à l’occasion de certaines fêtes religieuses. Ceux-ci devaient être destinés aux célébrations de Makabucha. (Ou de Makabucha l’année prochaine vu qu’elles allaient drôlement lentement, mais qu’elles ont affirmé vouloir recouvrir le lac de bougies.) (Ou alors elles s’occupaient juste en attendant un miracle.)

4 - Nonnes en train de fabriquer des Krathongs

La vieille religieuse est revenue avec le téléphone, pieusement emballé dans un linge. Elle avait oublié le mot de passe et ne savait plus tellement s’en servir pour faire des photos. Les jeunes nonnes l’ont aidée. A la réflexion, je pense qu’il s’agissait de stagiaires. C’est courant en Thailande, pour quelqu’un du civil, de devenir moines un mois ou deux, au moment du décès de l’un de ses parents ou seulement pour le plaisir. Dans les entreprises, on est habitué à accepter sans discuter ces demandes de congés religieux. Les collègues disparaissent et reviennent quelques temps plus tard, tondus.

(N’empêche que la première fois qu’un mec m’a fait signer une autorisation d’absence en m’expliquant qu’il allait se faire moine et qu’il revenait après, j’ai un peu cru qu’il se moquait de moi…)

 

Le centre de méditation de Wat Namtok Thammarot

Bon, j’arrête de me disperser parce qu’il me reste des hectares de monastère à vous montrer, là. Vu qu’il y a de la place, dans la région, les moines n’ont pas hésité à s’étaler. Et en bonus, le jour où ils ont appris la technique des statues en parpaing mâché, ils se sont dit qu’ils allaient en mettre partout. Du coup c’est très coloré, mais j’y reviens.

A l’origine, le clou du spectacle est une chute d’eau, devenue le point de convergence des activités religieuses de l’endroit. Des salles de prière, une bibliothèque, un restaurant et des abris variés y sont greffés, pour l’accueil des pèlerins. Etonnement, les lieux était vides ou presque. En même temps la cascade était à sec –on est en pleine saison sèche- ce qui faisait peut être perdre son potentiel touristique au temple. (Ou alors, le monastère est toujours vide et les moines ont juste eu les yeux plus gros que le ventre.)

5 - Chute d'eau de Wat Namtok Thammarot

Tout autour, disséminées ça et là sur une surface improbable, des compositions sculpturales variées et colorées. De gros champignons roses décorés de Nâgas et de bouddhas servent d’abris de pique-nique. (Le moine-architecte était visiblement amateurs de nuances voyantes.) Des représentations de scènes religieuses et de mythes païens. Des histoires édifiantes de morale. Mickey et Minnie. (Que font-ils là?) Des déités issues de cultes chinois païens, une belle Guanyin, des dragons… Et quelques figures de l’hindouisme, que l’on sait étroit cousin du bouddhisme.

6 - Representation a caractere religieux a Wat Namtok Thammarot

 

De curieuses mises en scène

A chaque intersection, des portes monumentales interpellent le visiteur et le pèlerin. Du faste à peu de frais. Mais j’aime bien le faste dans la religion. Ca plante tout de suite un décor pimpant et stimulant. C’est nettement moins déprimant que le dénuement ou l’ascétisme. Et pour faire bonne mesure, les concepteurs du lieu ont apporté une touche finale en saupoudrant le tout de dinosaures carnassiers. C’est vrai que ça a de la gueule, les dinosaures.

7 - Dinosaures de Wat Namtok Thammarot

Certaines mises en scène sont plus travaillées. Il faut ainsi traverser un pont pour accéder à la représentation de l’arbre de la Bodhi, sous lequel Bouddha a atteint l’illumination. L’effet est intéressant. On se sent capté par la majesté du tableau. Hélas, par un excès de zèle, quelqu’un a rajouté deux tronçons de torses à l’entrée du pont. C’est moins à mon goût.

8 - Arbre de Bodhi a Wat Namtok Thammarot

Plus impressionnant encore, deux gigantesques représentations des enfers illustrent les misères et les supplices de l’au-delà. C’est une thématique courante, dans les lieux de culte bouddhistes. Le sujet y est toujours traité avec réalisme et crudité. Des êtres faméliques, aux plaies purulentes, aux membres arrachés et aux organes sexuels de démesurés… Ce ne sont pas les tableaux devant lesquels nous nous attardons en compagnie de nos enfants. Ils méritent néanmoins le détour, comme révélateurs d’une certaine vision de l’au-delà dans les religions orientales.

9 - Representation de l'enfer a Wat Namtok Thammarot

 

Faut-il aller visiter Wat Namtok Thammarot?

Nous avons passé deux bonnes heures dans ce monastère. La variété, la créativité et le nombre infini de ses représentations religieuses nous ont enthousiasmés. C’est le l’art très naïf, mais qui traduit avec certitude l’ensemble hétérogène des croyances et des cultes mêlés de Thaïlande. On y appréhende les questions religieuses dans une approche complémentaire à celle de Wat Saman Rattanaram.

10 - Porte monumentale de Wat Namtok Thammarot

Doit-on pour autant recommander l’endroit? Oui, sans nul doute si vous passez par là. Mais soyons réalistes, on ne passe pas par là par hasard. Si en revanche il vous prend envie de découvrir la province de Rayong hors des sentiers battus, groupez cette visite avec une balade à Khao Chamao, et éventuellement avec un petit détour par la ferme de Suan Lamai (j’en parle bientôt). Vous ne serez pas déçus… et vous ne devriez même pas croiser un « étranger » de la journée!

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Fév 10

Famille et Saucisson – Vacances en France

Malgré une longue disparition des radars de l’Internet, nous sommes bien rentrés de notre triathlon de Noël, après avoir brillé dans les épreuves « charcuteries », « fromages » et « desserts ». Non, nous n’avons pas été happés par le trou d’un Gruyère. Nous ne sommes pas non plus restés collés au fond d’un pot de Cancoillotte. Ni tombés en pâmoison lors d’une confrontation avec un Maroilles bien fait. Il nous a juste fallu cinq semaines pour récupérer et moi, parvenir à sortir un billet.

Comme tout le monde à Noël, on a profité de la famille et mangé de la dinde aux marrons. Et, comme c’est trop rare, on les a savourés à fond. (On n’a pas mangé la famille, c’est une image, bien entendu.) On est rentrés, plein d’étoiles dans les yeux, drôlement fatigués aussi, et avec pas mal de kilos en plus –dans les bagages, mais pas seulement…

Saucisson et pate - Vacances en France

 

C’était plutôt mal parti…

Pourtant, l’épopée de nos vacances en France n’avait pas très bien commencé. Nous avions dû anticiper notre départ in extremis, pour une sombre histoire d’ambassade et de papiers à faire à Paris, pour Miss-Trois. Parce que c’est complètement logique pour un bébé né à Bangkok de devoir demander son visa thaï à Paris. Il paraîtrait même qu’au regard des puristes, notre fille était illégale en Thaïlande depuis sa naissance, puisqu’elle n’avait franchi aucune frontière administrative avant de s’y établir. J’étais folle d’enthousiasme avant même de démarrer.

Nous sommes donc arrivés à Paris. Un jour de froid polaire, avec option pic de pollution, circulation alternée, accident de RER et grève des VTC. A la sortie de l’avion, on avait six heures pour relier l’ambassade de Thaïlande. Dans la théorie, c’était large.

On s’est présentés à l’agence de loc’ pour récupérer la voiture. Notre carte bancaire s’est mise en grève. (Ca doit être l’air de la France.) (Solidarité aux VTC.) Notre banquier n’a jamais répondu au téléphone. (A bas les banques. A bas la finance.) On a mis trois heures à réunir la rançon pour récupérer la caisse. Manque de pot elle était trop petite. Plus le temps de changer. On a pris la voiture et laissé les bagages (à la consigne, quand même). Notre GPS s’est perdu. On s’est guidés en suivant la Tour Eiffel. On a démoulé les enfants qui ont lancé des glapissements psychotiques quand ils ont compris qu’ils allaient devoir marcher dans le froid, pour de vrai. (En marche!)

 

Au fond du trou

C’est ainsi que notre vaillant équipage a triomphalement franchi l’entrée de l’ambassade de Thaïlande en France. Nous avons été chaleureusement reçus par un choc thermique. Curieusement, il faisait plus de trente degrés dans le bâtiment. Peut être pour rappeler la Thaïlande? C’est la patronne des lieux, une morue revêche, qui nous a accueillis. Elle nous a toisés de haut en bas et de droite a gauche (on était nombreux et en rang d’oignons) avant de nous assener gratuitement: « Quand on a un bébé, on le laisse à la maison! » Elle nous a finalement fait nos papiers, visiblement à contrecœur.

(En même temps, on n’avait pas besoin qu’elle nous tamponne le visa dans l’allégresse et les chants grégoriens. Cette dame a d’ailleurs bien fait de ne pas trop puiser dans ses réserves d’amabilité. Vu qu’elle n’en n’avait visiblement pas beaucoup, autant éviter de les disséminer bêtement.)

Premier jour en France - Vacances en France

Après, tout s’est amélioré! D’abord, on a trouvé une superette avec de la charcuterie et des fromages, et même une boulangerie avec du pain. (« Il en faut peu, pour être heureux, lalalalalalalala…« ). Nous avons fait ripaille. Comble du bonheur, aucune fourmi, aucun cafard n’est venu piétiner notre festin. J’étais joie et allégresse!

Le Premier Repas - Vacances en France

Et si nous avons traversé les petites tracasseries ordinaires du décalage horaire…

Premiere nuit en France - Vacances en France

 

Retour aux sources

… les vacances en France, ont vraiment débuté quelques centaines de kilomètres plus tard, quand nous avons enfin retrouvé les murs qui ont bercé mes jeunes années. Nous avons serré contre nous ceux qui nous sont si chers. Qu’il est doux de pouvoir, ensemble, sacrifier aux traditions vieilles de plusieurs générations! De goûter à nouveau aux saveurs de mon enfance. Sortir dans le jardin chercher le Père-Noel. L’attente, tous les sens en éveil. Le tressaillement ancestral en entendant sonner la cloche. Le même enthousiasme impatient quand les adultes nous appellent: « Le Père-Noel est passé! Je crois que j’ai vu un bout d’habit rouge dans la cheminée! »

Les poutres de la chambre ont toujours les chevilles épaisses que je contemplais, enfant, avant de sombrer dans le sommeil. La nuit y a les mêmes bruits d’oiseaux, de rongeurs, les mêmes grincements de vieille grange. Il n’a pas bougé, le coin de pavé centenaire où ma sœur s’était ouvert le front. La grande table où on l’avait recousue n’a même pas changé de place, d’ailleurs.

Charpente - Vacances en France

La maison a grandi avec nous. Au coin du feu, nous nous pelotonnions jadis en d’interminables jeux et de franches rigolades. L’on s’y enflamme aujourd’hui pour la politique et la littérature. La politique nous divise. La littérature nous réunit. A quelques pas de là, nos enfants ont repris nos amusements de jadis. Notre insouciance aussi. Jeux de cartes, de billes, de dames, Scrabble et Monopoly. Je la connais si bien cette ambiance de tripot. On soupire lorsqu’il faut aller diner, on planque un jeu des sept familles sous la table pour faire durer le plaisir avec les cousins… les adultes ne le soupçonneront pas…

Notre caverne d’Ali Baba devient petit à petit l’écrin de beaux souvenirs pour nos enfants. C’est chouette!

Coutumes de France - Vacances en France

Puis nos vacances ont obliqué sur les traces de Papa-Tout-Terrain, petit.

Autres Coutumes de France - Vacances en France

 

Chez Papa-Tout-Terrain

C’est follement amusant de découvrir avec lui les lieux qui ont bercé ses délices et ses joies, enfant. A peine arrivés, il faut sortir ses caisses de Legos, tellement garnies et profondes qu’on n’en voit jamais le bout. Petit-Un est si enthousiaste dans ses travaux de construction Legoesques que nous ne l’en verrons à peine émerger de tout le séjour.

Papa-Tout-Terrain a ressorti son jeu de roulette, aussi, qui captive les enfants. Son tee-shirt dédicacé par les copains d’école, et qui suscite le débat quant à la pertinence d’écrire sur ses habits. Sa photo avec le président Chirac, où il a l’air si minot (Papa-Tout-Terrain… et Chirac aussi à la réflexion). Et puis bien sûr, l’endroit  mythique où mon tendre et cher a marqué un stop artistique, en glissé-arrêté-mais-surtout-glissé, le jour de son permis… qu’il a loupé, d’ailleurs… semble-t-il a cause d’un escroc d’examinateur, malsain et sournois.

Plus encore, j’aime la compagnie de ceux qui lui sont chers. Ceux qui l’ont patiemment entouré, éduqué, aimé et aidé à grandir. Ceux grâce à qui Papa-Tout-Terrain est devenu un homme probe, courageux et aimant. Ceux grâce à qui Papa-Tout-Terrain est devenu mon amoureux. (Mon chéri, les compliments, c’est une avance pour la Saint Valentin, d’acc?)

Et les gâteries sans fin des grands-parents. La bûche à la crème au café, pour douze personnes, s’il vous plaît, achetée religieusement à l’intention de Petit-Un, et de Petit-Un uniquement, puisqu’il est le seul à l’aimer… « Mais il adore tellement ça ce petit… » Et les « crêpe-parties ». Deux fois en six jours. Pour s’assurer que les enfants s’habituent à la gastronomie française. Et la hotte du Père-Noel, si pleine que les coutures ont cédé cette année. (Fallait bien s’y attendre, à force…) Et Princesse-Punk, si petite et déjà couverte de fanfreluches, « parce qu’elle n’a que des frères, la pauvre… »

 

Découvertes et souvenirs…

Les vacances en France, c’est le dépaysement des plus petits, quand les plus grands retrouvent le goût de leurs madeleines d’antan. Certes, nos enfants nous ont parfois pris pour de dangereux illuminés, comme lorsqu’on exultait en revoyant une boîte postale jaune de notre jeunesse ou qu’on s’étouffait de joie devant une poubelle « à la française », avec des planches tout autour… Et je ne vous raconte même pas les « pfffffff » blasés, le jour où on a arrêté toute la troupe pour prendre en photo un banc public. Mais malgré leurs mines blasées, ces petits n’ont heureusement pas encore perdu tout de leurs capacités à s’extasier… Ils ont tant et tant aimé les tunnels qu’on s’est tapé des dizaines de bornes à les faire et les refaire dans les deux sens, rien que pour le plaisir!

Decouvertes de France - Vacances en France

 

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Déc 08

L’éléphant rose du Wat Saman Rattanaram

Papa-Tout-Terrain a changé de voiture pour le week-end. Notre Honda est en révision au garage et on nous a donné une Toyota à la place. Enthousiasme de Petit-Deux devant la nouveauté. Puis déception: « La prochaine fois, Papa, tu pourrais demander une BMW… ». Bien qu’il n’ait que trois ans, il a déjà fort bon goût ma foi. Mais il va falloir qu’il change de parents s’il veut satisfaire ses envies de luxe.

La brave Toyota respectant le critère de « on peut mettre trois sièges auto à l’arrière », on charge les marmailloux, direction le Wat Saman Rattanaram de Chachoengsao.

En route, un croise un curieux cortège. Une voiture à gyrophares devant. Une voiture à gyrophares derrière. Toutes deux allant un train de sénateur. Au centre de cette étrange colonne, un très vieux monsieur en fauteuil roulant. Il fait le tour de Thaïlande, un portrait du défunt roi sur les genoux, pour un dernier hommage…

Pelerinage pour le Roi

On arrive. Vous voyez ces lieux de culte peuplés de tas de vieilles mémés rabougries et un poil revêches, qui regardent les enfants avec le sourcil froncé et se déplacent tellement silencieusement qu’on dirait qu’elles volent… Eh bien voilà. C’est exactement tout l’inverse!

 

Un somptueux chaos

Le Wat Saman Rattanara, c’est l’idée que je me fais des grandes foires sacrées du Moyen Age. Des foules bigarrées. Des vendeurs aux marchandises chatoyantes. Des fidèles qui se muent en chalands sitôt la fin des dévotions.

C’est un ensemble de couleurs, de lumières, d’odeurs, de brouhahas et de mouvements confus. Un enchevêtrement gai. Une harmonie désordonnée.

L’orange des moines et les dorures des représentations sacrées. Le fumet du poulet grillé et les émanations d’encens. Le vert profond des goyaves marinées et le rose tendre des barbes-à-papa. Une cohue joyeuse et courtoise. On n’arrête pas de se bousculer. Toujours en se souriant.

Touilleurs de caramel

Voyez plutôt ces trois gaillards aux muscles saillants, en train de touiller d’immenses marmites de caramel! La vendeuse du stand offre un bonbon à petit deux. A quelque pas de là, Petit-Un est fasciné par une statue grandeur nature de Spiderman, qui côtoie un effrayant Guan Yu, le Dieu chinois de la guerre, et quelques bouddhas imperturbables.

 

Hindouisme

Le clou des lieux est une immense représentation de Ganesh, rose. Il est accompagné d’un rat, sa monture traditionnelle, dans la mythologie Hindoue. Lorsque l’on prie, on ne demande rien à Ganesh directement. Il faut s’adresser à son rat.

Ganesh rose - elephant rose

Dans la théorie, il faut bien boucher la deuxième oreille du rat pour éviter que la requête ne ressorte de l’autre côté! En pratique, et peut être en raison de l’affluence de lieux, on peut parler aux deux oreilles du rat en même temps, et il y a d’ailleurs plusieurs rats!

Ganesh et son rat

 

Bouddhisme Chinois

Un peu plus loin le temple chinois, avec Guan Yu et des tas de dragons. C’est un temple bouddhiste, mais d’une version bouddhiste rapportée de Chine en Thaïlande, vers la fin du dix-neuvième siècle, lors d’une importante vague d’immigration.

Temple chinois

Dans cette même catégorie du Bouddhisme chinois, on repère également une immense Guan Yin, la bodhisattva qui incarne la compassion. Et un gong géant qu’on peut frapper pour attirer la bonne fortune.

Temple chinois

 

Bouddhisme Thaï

Puis vient la zone du Bouddhisme thaï. On y brûle de l’encens. On y prie des bouddhas debout, des bouddhas assis, des bouddhas couchés. Et l’on s’incline devant des statues de moines, taille réelle. Ils font plus vrais que nature à tel point qu’on se demande s’ils sont vivants ou non. On en voit souvent dans les temples et ils me perturbent toujours. (Au début je croyais que c’était des vrais moines embaumés, et j’étais encore plus mal à l’aise). (Et il m’est aussi arrivé parfois de passer devant ce que je croyais être des faux-moines-statue, avant de me rendre compte qu’ils respiraient. Bref, c’est un peu flippant.)
Fleur de Lotus
Tout au bout, on termine sur une énorme fleur de lotus rose flottant sur le fleuve. C’est tout l’art de mêler le spectacle et la religion. Les fidèles y alternent les offrandes et les selfies dans des poses gracieuses et romantiques.

 

Phra Rahu

Un peu à l’écart enfin, on note un bâtiment surmonté d’un immense Phra Rahu. Phra Rahu est un géant divin que l’on retrouve à la fois dans la mythologie Hindoue et le Bouddhiste. Il mange régulièrement le soleil ou la lune, provoquant ainsi les éclipses.

Phra Rahu

De ci, de là, et au milieu de cette cohue, les marchands du temple. Le curieux y achète des amulettes et des jeux en plastique made in China pour les enfants. On se restaure, on boit un coup, et on grignote, avant de passer au dieu suivant en devisant gaiement.

 

Pêle-mêle sacré au Wat Saman Rattanaram

Pour des esprits occidentaux tant de religions et de divinités rendent l’appréhension de ces lieux un peu confuse. Mais la pensée asiatique est souple et retient plus la complémentarité de ces cultes que leurs antagonismes. Ces religions restent par ailleurs étroitement liées, puis que le bouddhisme chinois et le bouddhisme thai sont tous deux issus de l’Hindouisme.

Sacre Pele-Mele

Enfin, certains de mes amis m’ont proposé une version très pragmatique qui se défend aussi: dans la mesure où l’on ne peut être sur de qui est le « vrai » dieu, autant les prier tous un peu pour multiplier les chances de salut. Finalement, plusieurs précautions valent toujours mieux qu’une.

Money money money…

Dans les temples de Thaïlande, je suis souvent surprise des rapports tres étroits entre religion et argent. Pas une divinité n’est invoquée sans qu’elle n’ait droit à son tribut. De l’encens, une bougie, des fleurs, un peu de feuille d’or ou des devises sonnantes et trébuchantes. Dans l’esprit des fidèles, on augmente ainsi les chances de voir ses vœux se réaliser et l’on améliore son karma, pour maintenant et pour ses existences à venir.

Lancer de pieces

Certaines institutions religieuses sont ainsi tres riches. Cela mène régulièrement à des débats publics houleux quant à la probité des moines et à la nécessité ou non, pour eux, de vivre dans la pauvreté. Je n’entrerai pas dans ces débats: ce n’est ni ma société ni ma religion. En revanche, je m’amuse toujours de l’ingéniosité des concepteurs de lieux, pour pousser à l’offrande:

  • Tapez trois coups sur l’immense gong chinois pour voir vos souhaits se réaliser. Et faites une offrande…
  • Visez un bocal sacré avec des pièces… Plus vous tirerez en plein dans le mille, mieux vos vœux se réaliseront!
  • Distribuez une à une des pièces dans les bols disséminés tout autour de la fleur de lotus géante.
  • Variante: distribuez une à une des pièces dans chaque bocal des statues de moines plus vrais que nature qui se tiennent en rang d’oignon.
  • Achetez une bougie « fleur de lotus ». Faites la flotter sur l’eau d’une fontaine.
  • Alimentez en huile une lampe sacrée.
  • Deposez une requête à l’oreille du rat de Ganesh. Et faites une offrande…

Rat de Ganesh

Bref, quand on arrive dans un temple, j’ai généralement des kilos de pièces sur moi (rapport à Papa-Tout-Terrain qui les laisse toujours traîner)… Quand on repart en revanche, je suis fort légère! … Cela dit, comme les moines ont pensé à tout, il y a même des « bureaux de change » billets-pièces un peu partout, pour ceux qui n’ont pas de Papa-Tout-Terrain sous la main.

 

Emplettes et délices

Nous terminons par quelques emplettes de bouche. Les premières mangues de la saison. Des pamplemousses. Des melons. Et des mini ananas, craquants, juteux et si sucrés.

J’hésite devant quelques sauterelles grillées avant de renoncer: les insectes sont souvent pleins de pesticides. Ce n’est pas l’idéal quand on allaite un bébé. (Ok, ce n’est jamais l’idéal, en fait, mais quand même, c’est bien bon…) Je me rabats sur des caramels au durian. Oh! Et des œufs de cent ans, mon délice de Chine! Ce sont les mêmes en Thaïlande, mais leurs coquilles sont teintes en rose. Bien entendu, j’ai craqué aussi…

Dragon

Les enfants nous réclament un arrêt final au stand des petits gâteaux pour des cigares croustillants au sésame, des petites crottes addictives à la noix de coco, et de jolis biscuits colorés, traditionnellement proposés lors des mariages.

Avais-je mentionné qu’il y avait très souvent plein de trucs bons à manger, autour des temples?

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Déc 05

Une nuit en Thailande

Morceaux choisis d’une nuit en Thailande…

Je n’ai pas le talent d’Amélie, mais j’ai eu une pensée émue pour elle en gribouillant mes vignettes.

Et, à toutes celles (et à tous ceux) qui se reconnaîtront: SOLIDARITE et COMPASSION!

… D’ailleurs, si le Papi-Bordeaux de Johanna est disponible, je veux bien le lui emprunter.

Nuit en Thailande

Nuit en Thailande

Nuit en Thailande

Nuit en Thailande

Nuit en Thailande

Nuit en Thailande

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Déc 01

Liebsters Awards!!!

La semaine dernière, Maman Délire m’a nommée aux Liebsters Awards. Merci d’avoir pensé à moi! Ca m’a beaucoup touchée. J’étais d’ailleurs tellement contente que j’ai tout de suite téléphoné à Papa-Tout-Terrain pour tout lui raconter, sans penser qu’il était dans une réunion très importante avec un gros client Chilien et que son client était un peu moins enthousiaste que moi, a priori.

Je réexplique le principe des Liebsters Awards pour tante Georgette qui ne lit pas le blog de Maman Délire (et elle a bien tort. D’ailleurs si toi non plus tu ne le lis pas, je t’encourage à y faire un tour, en commençant par exemple par ce billet que j’ai découvert récemment par hasard et qui m’a autant amusée qu’affolée par anticipation)

Le principe est de faire connaitre des blogs qu’on aime en créant une « chaine d’estime » entre blogueurs. Il faut:

  • Écrire 11 choses sur soi
  • Répondre aux 11 questions de la personne qui t’a nominée
  • Nommer à ton tour 11 nouveaux blogs et leur poser 11 questions
  • Mettre des liens vers leur blog & les informer de leur nomination
  • Informer la personne qui t’a nominée que la tâche est accomplie

 

ob_71ad37_liebsteraward-copy

 

11 choses sur moi…

  1. J’ai failli ne jamais rencontrer Papa-Tout-Terrain. Je travaillais de nuit à ce moment là et j’avais organisé depuis deux semaines mon remplacement pour la soirée par un chef d’équipe. Au moment où j’arrive sur les lieux de la fête, je reçois un coup de fil de mon chef d’équipe: « Eh, vous pourriez revenir à l’entrepôt tout de suite s’il vous plait? » « QUOI??? » « Ben oui, j’avais oublié, c’est l’anniversaire d’un pote ce soir et je voulais y aller… » Bref, j’ai dit non puisque j’avais l’homme de ma vie à rencontrer ce jour-là.
  2. J’ai le permis de conduire français, le permis chinois et le permis thaï. J’aimerais apprendre à conduire des poids-lourds et des chariots à mats rétractables mais je n’ai jamais pris le temps.
  3. Je suis terrorisée par les enfants (sauf les miens, hein). Quand on me confie un enfant, j’ai terriblement peur de ne pas le rendre dans un état correct, de lui apprendre des gros mots, de déclencher chez lui des réactions inconnues… Du coup, en vertu du principe de précaution, je garde autant de distance que possible avec les petits bouts que je vois, mais avant tout pour leur bien.
  4. Je sais dire « la queue de l’écureuil » en dialecte autrichien. C’est très utile à replacer en société.
  5. J’ai appris le latin et le grec ancien, et je caressais dans ma jeunesse l’espoir de devenir prof de lettres classiques. L’idée d’avoir des élèves m’a fait reculer et je pense que j’ai bien fait (voir point numéro trois).
  6. Je me suis fait confisquer mon appareil photo à Tbilissi après avoir pris en photo l’ambassade américaine en Géorgie. J’étais jeune et tête en l’air et j’ignorais alors qu’il est strictement interdit de photographier les ambassades.
  7. J’ai appris le chinois après avoir rencontré par hasard trois hongkongais tres sympas en Angleterre, mais qui parlaient trop mal anglais pour qu’on arrive à communiquer. Bon,à ce moment-là j’avais un peu sous-estimé la difficulté d’apprendre le chinois. Et en plus j’ai appris le mandarin alors que mes amis parlaient cantonais. Mais il n’y avait pas cantonnais à la fac…
  8. Je mange absolument de tout, y compris les mets les plus exotiques, et j’adore découvrir de nouveaux plats. Il n’y a que deux choses que je déteste depuis l’enfance: le bifteck haché et le poisson pané.

(Bon, je m’arrête à huit. C’est très bien, huit).

 

3and3quarters-net_

 

Maintenant je réponds aux 11 questions de Maman Délire

  1. Quel est ton plus ancien souvenir d’enfance? Le jour où notre premier four à micro-ondes est arrive à la maison. Il ne marchait pas et mes parents se sont entêtés toute la journée à essayer de faire chauffer des verres d’eau dedans. Et ce ne chauffait pas. J’avais trois ans. A la réflexion, il est follement excitant, mon premier souvenir, non?
  2. Quel métier exerces-tu dans ta vie rêvée? J’adore mon métier actuel et je n’ai pas envie d’en changer. D’ailleurs, si le Dieu du travail voulait bien m’envoyer un nouveau contrat je ne dis pas non. Sinon, j’aurais aimé être producteur de film ou directeur d’aéroport. J’aime bien les fonctions d’organisation et de gestion de flux touffus.
  3. Raclette ou tartiflette? Rhaaa! Les deux mon capitaine! Ca fait un an qu’on n’est pas rentrés en Europe, et je suis en manque de fromage. En manque grave. Raclette, tartiflette, aligot, fondue, nous prenons tout! Avis à nos hôtes des vacances de Noel…
  4. Ton Disney préféré? (mais si t’as forcément un Disney préféré !!) J’ai plein de Disney préférés, mais en ce moment, j’ai surtout plaisir à regarder ceux que kiffent mes garçons, à savoir Le Livre de la Jungle et Merlin l’Enchanteur.
  5. Tu es parachuté sur une île déserte, tu as droit à 3 objets… Petit hommage à ma grand-mère adorée: je prendrai du saucisson et du chocolat. (Vous noterez que c’était une femme de goût!) En troisième élément, je prendrai toute ma famille. (Il me faudra donc beaucoup de saucisson et de chocolat, s’il vous plait).
  6. Quel est le sport que tu détestes le plus? Le tennis. Ca m’ennuie à un tel point que je n’ai toujours pas compris les règles. Il parait cependant que c’est enfantin. Par soucis d’honnêteté, on va donc dire que je n’ai pas cherche à comprendre les règles et que j’ai débranché mon cerveau à chaque fois qu’on a voulu m’expliquer. Je sais juste qu’il faut garder la balle à l’intérieur des traits.
  7. T’as prévu quoi pour le 31? Le 31 nous serons dans l’avion. Du coup pas de fête pour nous. A la place on va faire la police pendant douze heures pour garder les enfants tranquilles. Ca fait partie des petits sacrifices de la vie à l’étranger.
  8. Tu es plutôt réincarnation, paradis, le néant…? (oui elle envoie du lourd celle là !) Je suis néant à donf. A tout hasard… En cas de réincarnation, s’il vous plait, je veux être réincarnée en durian. Ca me fera bien rigoler si je suis mangée par des néophytes. Et puis pour le paradis, on va éviter, si possible. Je préfère l’enfer. Au moins il y a de l’action là-bas!
  9. Ton apéro favori? Avant de connaitre Papa-Tout-Terrain, le Pastis. Maintenant le Ricard. Il parait que par chez lui, c’est trop la honte de servir un Pastis, c’est manquer de respect à ses invites!
  10. Ton péché mignon? Il y en a tellement en fait… Tout le plaisir est de varier. Mais là tout de suite, j’aurais très envie d’une charlotte au chocolat.

 

liebster-award

 

… Puis je nomine onze blogs pour les Liebsters Awards…

Ahlàlà, c’est très difficile, car il y a beaucoup de blogs que j’aime! Maman-Délire a très bon goût, d’ailleurs, puisqu’elle a déjà nominé plusieurs blogs qui me plaisent énormément! Alors j’appelle…

  1. Appellation Maman
  2. Belle Mam’
  3. Bibliblog
  4. Caribbeanstyle
  5. Charlotte aux Petits Pois
  6. Le Grand Bond au Milieu
  7. Miss Lune
  8. Nos racines sur 4 continents
  9. Ogresse de Compagnie
  10. Rose comme Trois Pommes
  11. Themetis

 

ob_d91f46_liebster-award

 

… Et mes onze questions seront…

  1. A quelle époque aurais-tu aimé vivre?
  2. Quel est l’endroit au monde qui t’a le plus marqué?
  3. Quels sont tes projets pour 2017?
  4. Quel est ton pire défaut?
  5. Qu’as-tu demande au Père-Noel?
  6. Quels sont les prénoms que tu aimais, mais que tu n’as pas choisis pour tes enfants?
  7. Qu’est ce qui te rend heureuse?
  8. Si tu écrivais un roman, quel en serait le titre?
  9. Quelle est ta recette fétiche? Veux-tu bien la partager avec moi?
  10. Quels sont tes rêves?
  11. Quel a été ton plus grand moment de solitude?

 

ob_a7a852_image

 

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Nov 18

12 kilos de concombres…………………

Ca me désole! Cela fait plus de deux semaines que je n’ai pas écrit la moindre ligne alors que j’aime tant ça. C’est ça le truc quand on a fait plein d’enfants et qu’on a opté pour une existence sinueuse à l’autre bout de la terre! En même temps, rien de pire que chez les autres, d’autant que j’ai la chance d’avoir une dame qui m’aide pour le ménage et les enfants, mais voilà notre vie en quelques chiffres:

  • 23 rendez-vous médicaux…

… depuis la naissance de Miss-Trois, soit un rendez-vous tous les trois jours et demi. D’ailleurs saviez-vous que de l’étranger, on fait toujours les demandes de remboursement en format papier? Quelle belle occasion pour moi de pratiquer la calligraphie (avec une pensée émue pour la nana qui de l’autre côté va recopier mes papelards)!

  • 22 kilos de citrouille…

… hérités de Halloween, et en cours de préparation: en soupe, en veloute, en subrics, en gnocchis, en tarte, en gâteau, en pain, en curry, en graines grillées… restent à tester en gaufres et en houmous! Merci d’avance à Hellocoton de poursuivre ses sélections à base de cucurbitacées (hors salades parce qu’on a trouve ca degueu), et merci à tous ceux qui pourraient m’apporter des idées pour les presque 10 kilos restants!

  • 12 kilos de concombres…

… ingérés en semaine 44. Ca c’est un coup du mari de notre nounou qui est tombé sur une super promo sur les concombres! Et sans me prévenir en plus! C’était la surprise! Bon, heureusement, on aime la salade grecque, le taboulé et le tzatziki!

  • 1 CV tout neuf…

… complètement rénové par une belle inconnue (merci merci!) et déjà envoyé à des dizaines de personnes! Si je ne trouve pas de travail après ça…

  • 6,88 litres de lait maternel…

… au congélateur (et 3 litres supplémentaires a la poubelle après un problème de congélation). Je suis décidément prête à retourner travailler!

On continue aussi nos balades, mais en mode tout-doux, vu qu’on a toujours un malade sur les bras en ce moment. Après les grippes, les fièvres, les crampes inexpliquées, les gastros, on est dans les conjonctivites. Au moins, c’est varié.

Et quand on est coincés à la maison on dessine. Vu que je m’embêtais comme un rat mort en regardant les enfants dessiner, je m’y suis mise aussi. Des rats du coup (mais vivants). Et les anecdotes de notre quotidien. Papa-Tout-Terrain -qui est toujours un amour avec moi- m’a incité à les partager sur le blog parce qu’il les aime bien. Voici donc un premier épisode de nos aventures en dessin…

Au restaurant

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Nov 02

Star en Chine – Gloire et désillusion

Les Occidentaux sont souvent objets de curiosité en Asie. Dans les zones peu développées au tourisme, nous sommes régulièrement hélés, observés sous toutes les coutures, commentés pour nos particularités physiques, et bien sur largement photographiés. La tendance s’accentue d’ailleurs à mesure que la famille s’agrandit.

Mais même sans enfants. Combien de fois Papa-Tout-Terrain ne s’est-t-il pas fait arrêter par un curieux, avide de contempler les poils de ses bras… Un chauffeur de taxi lui a même un jour demandé la permission de le caresser! Et chacun de s’esbaudir du moelleux de sa pilosité blonde et fournie. Il faut dire que par ici, on est plutôt glabre de nature…

 

La Chine et le regard

La Chine étant longtemps restée fermée à l’international, l’observation d’un étranger était encore un événement exceptionnel pour bon nombre de Chinois, alors que j’étudiais à Shanghai au début des années 2000. D’autant qu’en Chine, on regarde sans pudeur. On regarde parce qu’on veut voir. Et on détaille l’objet de son intérêt aussi longtemps que nécessaire. Etant moi-même souvent « l’objet », je m’en suis vue fort mal à l’aise dans les premiers temps. Je trouvais souvent l’œil un peu trop intrusif. On me jaugeait de la tête aux pieds, en insistant sur les zones dignes d’intérêt. Bref, c’était un chouia déstabilisant.

jeu-de-dames-chinoises

Et puis je me suis habituée. Finalement, c’est normal, et chacun fait de même. On regarde et on commente. L’on est regardé et l’on est commenté. L’usage est plutôt d’être très descriptif dans ses observations. A quelqu’un de gros, l’on dira facilement « Tu es gros. », mais c’est plus une constatation qu’un jugement de valeur. Dans la rue, j’ai très souvent entends souvent: « Une étrangère! ». C’est vrai. Je suis étrangère. On m’a souvent dit, également: « Tu es frisée ». C’est exact. Rien à ajouter!

Parfois, certains regardent un peu trop fort, tout de même. C’est ainsi qu’un jour, un jeune homme à vélo m’a dévisagée tellement longuement qu’il en est entré dans un mur. (Je ne vous raconte pas combien il m’a été difficile de réprimer mon fou rire, pour ne pas le vexer.) La curiosité comporte ses risques…

 

Mon heure de gloire

A cette époque, j’aimais vagabonder le dimanche, dans le parc Lu Xun, tout proche de mon université. Je me plaisais à observer les flâneurs dans leurs traditionnelles occupations dominicales. L’un calligraphiait des poèmes à même le sol. Un autre promenait la cage de ses oiseaux. D’autres encore jouaient aux dames chinoises, dansaient des tangos étonnants ou chantaient des airs d’opéra traditionnel. Naturellement, j’observais autant que j’étais observée. Et je photographiais autant que j’étais photographiée.

danses-a-zhongshan-park

Car c’est lors de mes premiers jours en Chine que je découvris, à ma grande surprise, que mon physique –très banal au demeurant- était source d’un grand intérêt. Régulièrement, de jeunes gens rougissants de timidité, me demandaient de poser avec eux, le temps d’une photo. (N’ayant souvent pas l’équipement nécessaire, les générations plus âgées se contentaient d’écarquiller les yeux pour ne rien louper de mon passage.) Je me sentais un peu illégitime dans cette célébrité nouvelle, qui ne tenait qu’à mes yeux ronds et à mes cheveux bouclés, mais j’essayais d’accueillir mes admirateurs avec gentillesse et moult sourires. D’abord c’était la moindre des choses parce qu’ils étaient toujours très gentils. Et puis ces sympathiques rencontrent constituaient toujours une occasion rêvée pour pratiquer un peu de mon mandarin bancal.

 

Aux côtés de vraies stars…

Mais je n’avais encore rien vu. Un dimanche, j’invitai Lucius et Johannes, deux de mes amis allemands, à partager l’une de mes promenades. Nous n’étions pas plus tôt entrés dans le parc Lu Xun qu’une horde de jeunes Chinoises enamourées nous talonnait, nous hélait, nous mitraillait. Nous fûmes plus que jamais interrompus dans notre promenade pour des photos et poses en tous genres, mais cette fois-ci, on me demandait presque toujours de m’écarter du cadre. Il faut dire que Johannes et Lucius étaient de grands blonds aux yeux bleus – autant de denrées exceptionnelles pour la Chine.

calligraphie-chinoise-sur-le-sol

Je remarquai d’ailleurs que Lucius avait plus de succès, et de loin. Sous le sceau de la confidence et avec une tête très amoureuse, une amie chinoise m’expliqua un jour que c’était à cause de la coupe de cheveux de mon ami: il ressemblait à Leonardo Di Caprio. Bien que perplexe quant à la ressemblance, j’imagine bien que l’argument était de taille.

 

Désillusion

Le décor est planté. J’en viens aux faits, ou plutôt à un grand moment de solitude… C’était encore dans le parc Lu Xun, d’ailleurs. Alors que je me promenais à la faveur d’une belle après-midi printanière, j’avisai un groupe d’une bonne douzaine d’étudiants chinois, dans une séance photo improvisée. Leurs poses mi-comiques, mi-romantiques m’amusaient. Je m’arrêtai pour les observer un instant.

Naturellement, ces derniers s’aperçurent vite de ma présence. L’un d’eux, plus téméraire, me fit signe de m’approcher. Et tout le groupe de me héler à la suite, pour me faire me hâter. Diantre qu’ils étaient enthousiastes! J’étais proche de l’apogée de mon succès! Paisiblement, je m’installai au centre au groupe, affichant mon sourire le plus ravageur.

Regards étonnés. Puis un peu gênés. Flottement. Murmures et jeux de coude dans le groupe pour désigner un porte-parole: « You not here. You take picture. » (« On n’a pas besoin de vous sur la photo. Vous, vous prenez la photo »).

 

Vous aussi, on vous a déjà regardé avec particulièrement d’intensité, à l’étranger? Avez-vous des anecdotes marrantes à partager?

 

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Oct 20

Le Roi est mort

Le Roi de Thaïlande est mort jeudi dernier. Je l’ai appris par notre nounou. Elle est venue me voir dans l’après-midi, les yeux rougis: « Today, Thailand is very sad. » Je savais ce que cela voulait dire.

 

Un souverain engagé et aimé

La disparition du Roi Bhumibol Adulyadej -Rama IX, de la Dynastie Chakri- n’était pas vraiment inattendue. Hospitalisé presqu’en continu depuis bientôt deux ans, le souverain avait vu son état de santé se détériorer soudainement depuis quelques jours.

Ce n’était pas une surprise mais l’événement n’en n’a pas moins été très douloureux pour les Thaïs, qui se sentent aujourd’hui orphelins. Le Roi Bhumibol avait avec son peuple la relation d’un père avec ses enfants. Engagé pour son pays, il avait fait édifier nombre d’hôpitaux, d’écoles, d’orphelinats et d’institutions pour soutenir les plus vulnérables. Visionnaire et fin connaisseur de l’Occident, il avait été le moteur du développement industriel de son pays et avait pleinement participé à son intégration dans l’économie mondiale. Actif dans la vie politique, il avait permis à la nation de conserver une certaine cohésion malgré des tensions répétées entre les oppositions.

Le règne de Rama IX a duré soixante-dix ans. Imaginez plutôt: aucun de mes amis de Thaïlande, aucun de mes collègues n’a jamais connu d’autre roi! La mort du Roi marque la fin d’une ère.

Le Roi Bhumibol et De Gaulle

Le Roi Bhumibol et de Gaulle (Sources)

Ma nounou a souhaité évoquer avec moi ses premiers souvenirs du Roi. « Quand j’étais petite, il n’y avait pas la télé. Je n’avais jamais vu le Roi. Mais il y avait des photos. On priait, on chantait pour lui, et l’on s’inclinait devant ses portraits. »

 

Un Roi présent dans le quotidien de ses sujets

Jusqu’à jeudi, le souverain était partout, dans le quotidien de ses sujets. Tous les matins, à huit heures, la télévision diffusait un hymne à sa gloire. Au même moment, dans les jardins publics, le même air retentissait. Tous les passants cessaient alors leurs activités, par respect pour leur monarque. Toujours à la même heure, l’on pouvait également entendre ce chant dans les haut-parleurs des usines. Chacun se levait alors, par respect. Aux dernières notes, certains de mes collègues s’inclinaient en direction du portrait du Roi Bhumibol Adulyadej, que l’on retrouvait toujours dans les lieux publics, dans les administrations et dans les entreprises.

La monnaie est aussi frappee au profil du Roi

Le Roi était représenté partout, y compris sur la monnaie.

La vie publique était ainsi émaillée de moments de célébration du souverain. Joli symbole, la fête des pères avait été fixée à la date de l’anniversaire de la naissance du Roi Bhumibol. Ce jour là, chacun s’habillait en jaune, en l’honneur du souverain, dont c’était la couleur distinctive. Cette couleur, on la retrouvait également sur le drapeau personnel du Roi, qui flottait partout dans le pays, très souvent aux côtés du drapeau national.

Drapeau personnel du Roi Rama IX

Drapeau Personnel du Roi Rama IX (Sources)

Mais au-delà des cérémoniaux officiels, c’est un véritable attachement des Thaïs à leur Roi, que l’on pouvait ressentir.

« Mon Roi n’a jamais eu qu’une épouse et n’a aimé qu’une seule femme. Il est un modèle pour les familles ici, et grâce à lui, beaucoup de femme sont bien plus heureuses, aujourd’hui. Avant lui, il était normal que les hommes aient des maîtresses. Les femmes étaient souvent malheureuses et mal traitées. », m’a également confié ma nounou. Le Roi Bhumibol Adulyadej sera regretté.

My King - Photo Facebook

Sources: Photo Facebook

Le Roi est mort – La tristesse d’un peuple

Il y a quelques semaines, avec l’aggravation du bulletin de santé royale, on a commencé à lire une préoccupation grandissante, dans les réseaux sociaux. Des messages de soutien, de rétablissement, des invocations, des marques de dévotion ont ainsi peu à peu fleuri dans les différents medias…

Messages pour le retablissement du Roi

Messages pour le rétablissement du Roi (Sources)

Des rassemblements ont été organises autour de l’hôpital où séjournait le Roi. Devant la façade, des fidèles y ont psalmodié les prières traditionnelles bouddhistes. Ils étaient habillés en rose. Sur Facebook et Twitter également, la couleur rose est devenue prédominante. Le rose, parce qu’il y a quelques années, un astrologue royal avait établi que cette couleur était bénéfique à la sante du monarque. Dans les entreprises, les Ressources Humaines ont à leur tour fait passer le mot: « Habillez-vous en rose, pour le rétablissement du Roi. »

Fideles priant pour le retablissement du Roi

Sources: Photo Facebook

Le Roi est mort. Je l’ai appris par ma nounou. Elle est venue à moi les yeux rougis. Puis elle m’a expliqué qu’elle avait renvoyé chez elle la nounou voisine: « Vous comprenez, elle pleurait trop et je ne voulais pas qu’elle effraie les enfants. » Il s’agissait d’une annonce officieuse, car la nouvelle s’était répandue comme une trainée de poudre. Le Roi est mort à 15h45. A 17h, tout le pays était au courant. L’annonce officielle, enfin, n’est arrivée que deux heures plus tard.

Deces du Roi de Thailande - Image Facebook

Sources: Photo Facebook

 

Deuil et tristesse dans les médias et les réseaux sociaux

En l’espace de quelques heures, tous les profils Facebook de mes amis thaïs sont passés en noir et blanc, les deux couleurs du deuil. En mémoire de leur souverain, beaucoup ont publié de belles images symboliques. Plusieurs d’entre elles, qui m’ont particulièrement touchée, illustrent ce billet. Malheureusement, elles tournaient tellement et si vite que je n’ai pas réussi à en trouver toutes les sources (si quelqu’un peut m’aider, je rajouterai les liens).

Deces du Roi de Thailande - Image Facebook

Sources: Photo Facebook

Sur Facebook toujours, ont réapparu de nombreuses photos d’archives. Celles principalement choisies étaient des images du Roi avec son épouse, avec ses enfants ou aux côtés de ses chiens, mais aussi des photos de déplacements officiels auprès d’écoliers, de paysans, ou encore de malades. Ce sont surtout les images d’un homme bienveillant, que l’on lit en filigrane. Et aussi l’affection, l’attachement et la vraie tristesse d’un peuple qui pleure son Roi.

Deces du Roi de Thailande - Retrospective du Bangkok Post

Sources

Le lendemain de la mort du souverain régnait une atmosphère de gueule de bois sur le pays. Une atmosphère pesante, triste. Des visages plus fermés qu’à l’habitude. Beaucoup étaient au bord des larmes à la simple évocation de la fin du Roi Bhumibol Adulyadej. Par un curieux mécanisme de la psychologie de groupe, l’atmosphère est également devenue plus propice à la parole, au partage de la peine et des souvenirs. Plusieurs nounous du quartier se seront ainsi confiées à moi ce jour-ci.

Siam Commercial Bank - Deces du Roi de Thailande - Capture d'ecran

Site web de la Siam Commercial Bank

Les écoles sont restées fermées, de même que certaines administrations. La police, les hôpitaux, mais aussi une partie des commerces et des usines ont continué à fonctionner. Les sites web se sont parés des couleurs du deuil, et arborent désormais de larges bannières de condoléances.

Bangkok Post - Deces du Roi de Thailande - Capture d'ecran

Site web du Bangkok Post

 

Deuil national et traditions funèbres

L’après-midi, la dépouille du Roi a été transférée au Palais. Dans les bureaux de Papa-Tout-Terrain, chacun a suivi l’événement, de son Smartphone ou sa tablette. La cérémonie était sobre et digne. Dans les médias étrangers, on a bien vu quelques photos de personnes en pleurs, hurlant, déchirant leurs habits et menaçant de se faire hara-kiri… Mais cela n’a rien à voir avec la grande dignité des Thaïs, telle que nous avons pu la voir ici.

Transfert du corps du Roi de Thailande

Sources

Le soir, notre nounou s’est rendue au temple pour prendre part à un hommage au souverain. Par respect pour le défunt, elle a également entamé un jeûne végétarien pour un mois, tout comme elle l’avait fait à l’occasion du décès de ses parents. Telle est la tradition chez nombre de bouddhistes. Aussi sera-t-il plus difficile de s’approvisionner en viande, dans les semaines à venir.

Rassemblement en hommage au Roi de Thailande

Sources

Le deuil national officiel durera un an. Vers la fin du mois, le corps du Roi sera exposé à Bangkok pour que ses sujets puissent venir lui rendre un dernier hommage. Des millions de personnes sont attendues, venant de tout le pays.

Les lieux publics se parent des couleurs du deuil national

Dans les entreprises, les administrations, les institutions, ont été installés des autels funèbres, en hommage au Roi. Des cahiers de condoléance sont à disposition de chacun. Du fait d’un niveau d’éducation inégal dans la population, une liste de phrases d’exemple est affichée, que l’on peut librement recopier.

Autel en hommage au roi defunt dans une entreprise - Photo Facebook

Sources: Photo Facebook

 

Du deuil au quotidien…

La population a revêtu les couleurs du deuil: le noir et le blanc. Il y a aujourd’hui pénurie de tee-shirts noirs dans le pays. Alors chacun a fait avec les moyens du bord: qui un tee-shirt « Mickey », qui un sweat « Heavy Metal »… Sans ostentation mais dans la dignité.

Dès lundi, dans les hôpitaux, les administrations et les entreprises, les uniformes de travail se sont parés d’un ruban noir, discret signe de deuil. A l’heure de la médiatisation ordinaire, je m’amuse d’ailleurs de voir mes jeunes collègues s’échanger sur Facebook des DIY de nœuds funéraires…

DIY - Ruban de deuil pour le Roi de Thailande

Sources: Photo Facebook

Pendant la période du deuil, nombreux événements et manifestations seront annulés.

Le quotidien a néanmoins repris son cours. Le week-end dernier, nous avons parcouru les stands d’un marché chinois à Chachoengsao. Les échoppes avaient toutes rouvert –il faut bien vivre-, et le chaland était de retour –il faut bien manger. Mais tous étaient habillés en noir, en blanc, ou en noir et blanc. Et dans les discussions des commères prédominait toujours un ton feutré de tristesse.

Marche chinois de Chachoengsao apres la mort du Roi de Thailande

Je voulais clore mon billet sur cette photo d’un cycliste, se recueillant devant le portrait du défunt Roi Bhumibol Adulyadej. J’aime la façon dont y sont illustrés la complexité et les paradoxes de la société thaïe. Si ce jeune homme s’agenouille dans un geste traditionnel de respect, en arrière-plan on devine les buildings de la ville contemporaine. S’il porte le deuil, si son chagrin est palpable, la vie poursuit son cours, et ce moment de prières est intégré à l’un de ses déplacements a vélo. S’il s’incline devant le portrait du feu souverain, symbole des institutions d’une monarchie séculaire, il a tout de l’apparence d’un homme moderne, Thaï, mais aussi citoyen de la mondialisation. C’est là toute la richesse de la Thaïlande d’aujourd’hui.

Un cycliste se recueille devant le portrait du defunt Roi Bhumibol

Sources

 

Note

Il n’y a aucune prise de parti politique dans ce billet. Je ne prends d’ailleurs jamais parti concernant la politique intérieure d’un Etat qui n’est pas le mien. Aujourd’hui, je souhaite seulement partager avec vous un peu de la peine qui étreint nombre de nos amis thaïs. Nous partageons leur tristesse.

Tout commentaire à caractère politique sera supprimé.

 

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Articles plus anciens «