Sep 23

Choc des cultures et anecdotes futiles

J’avais commencé un billet intitulé « Le Mirage de la Différence Culturelle »…

En introduction, je revenais sur une anecdote professionnelle qui m’avait particulièrement irritée. Un jeune homme de mes équipes avait refusé d’accomplir une tâche simple, réalisable suivant des critères totalement objectifs, en prétextant la différence culturelle. Mais mille milliards de mille sabords, ouvrir un Excel et faire un bon sang de diable de calcul, c’est pas une question de différence culturelle! Il suffit de le faire au lieu de passer trois heures à m’expliquer pourquoi c’est pas possible! D’une, c’est possible et de deux, le temps de trouver des excuses pour ne pas le faire, ce calcul, il aurait déjà été fini!

En l’occurrence, en creusant un peu, il s’est avéré que le jeune homme n’avait pas compris l’exercice. Plutôt que de demander et de risquer de se sentir pris en défaut, il avait préféré se réfugier derrière la notion assez vague de différence culturelle, qui n’avait rien à voir avec le schmilblick.

Je poursuivais mon billet en constatant que, même si on ne peut pas la nier, il est rare que la différence culturelle constitue un réel obstacle à la communication dans des contextes multinationaux. On s’adapte et on fait avec.

En revanche, ces différences et autres anecdotes futiles sont souvent dégainées pour servir des desseins cachés:
  • Trouver une excuse (polie), par exemple, comme dans le cas évoqué plus haut
  • Emettre un reproche à peine déguisé, comme quand en Chine on me demandait pourquoi je n’avais pas mis de chaussettes à mon bébé, par 35 degrés à l’ombre: « Nous, en Chine, on met toujours des chaussettes aux bébés! »
  • Etonner ou choquer son auditeur, comme quand je vous raconte les insectes qu’on mange volontiers en Thaïlande
  • Ou juste profiter de l’occasion pour une bonne tranche de rire, comme le jour où j’ai dû manger deux kilos de canard, à moi toute seule, dans un restaurant en Chine (promis, je vous raconterai ça un jour)

Je cherchais une conclusion, quand j’ai réalisé que vraiment, ce genre de réflexions philosophiques n’était pas pour moi. En revanche, j’avais encore tout un tas d’anecdotes marrantes à placer quelque part, mais je ne savais pas tellement où.

Qu’auriez vous fait à ma place?

J’ai effacé mon billet qui était bof de toute façon. Et j’ai ouvert une nouvelle catégorie sur mon menu: Choc des cultures et autres anecdotes futiles. Tadam!

Dormeurs de rue, en Chine

… Et j’espère bien commencer à vous y raconter ma vie dès la semaine prochaine.

Finalement, la différence culturelle, c’est un peu mon fond de commerce… (Tonnerre de Brest, mais je l’avais, ma conclusion!…)

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Sep 21

Khao Chamao et les p´tites jambes – Rayong

C’est dans le parc naturel de Khao Chamao que nous poursuivons le premier week-end « découverte » de Miss-Trois, notre petite dernière de douze jours tout juste.

Apres une première journée aux accents historiques et militaires, nous avions opté pour une fin de week-end orientée « nature ». Nous dormirons dans un bungalow de bois sombre, près de l’entrée du parc de Khao Chamao. De nos fenêtres, nous y observerons pousser des salades. Nous y téterons en écoutant les petits oiseaux. Et entre deux parties de ballon, les garçons feront ami-ami avec un énorme matou flegmatique, avant d’entamer une collection d’escargots.

 

L’incident

C’est le petit matin. Papa-Tout-Terrain a bouclé les valises dans le calme et la sérénité. Nous sommes prêts à partir en balade.

Notre Bungalow pres de Khao Chamao

On entend soudain un long hurlement animal. C’est Petit-Un. Entre deux râles, il s’obstine à essayer d’assommer son frère. Les deux protagonistes sont immédiatement retenus par le collet, séparés, puis ficelés dans leurs sièges auto. Ils ne bougeront plus. Il est urgent de trouver de quoi dépenser leur énergie. Nous partons. En route, nous menons l’enquête. Il s’avère que Petit-Deux a mordu le dos de son aîné pour une histoire un peu confuse d’escargots.

« Il ne faut jamais mordre son frère quand on est en colère! » On lui demande de présenter ses excuses. Vives protestations. Il marmonne finalement qu’il est désolé. Petit-Un beugle toujours pour la forme, avant de se ressaisir: « Bon, la prochaine fois tu pourras me griffer! ». Echange de regards interloqués entre les parents. Petit-Deux, intéressé, enchaîne: « Tu préfères que je te griffe, la prochaine fois? ». « Oui, reprend l’ainé, mais il ne faut jamais griffer les animaux! »

(De toute évidence, la rationalité adulte n’a pas à s’immiscer dans la logique de nos enfants. Cela dit, si quelqu’un comprend, toute explication -même freudienne- est la bienvenue.)

L’entente est revenue. A nouveau copains comme cochons, les deux frères reprennent le cours de leurs activités normales dans la voiture. A savoir entonner en cœur « On écrit sur les murs » pour la deux-mille-trois-cent-quarante-quatrième fois.

 

Le parc naturel de Khao Chamao

A l’écart des zones fortement touristiques, Khao Chamao comporte la dernière forêt primaire de la région. La végétation tropicale y prospère et l’environnement garde l’authenticité des contrées lointaines et inexplorées.

Des panneaux à l’entrée du parc et sur les routes alentour incitent automobilistes et visiteurs à garder leurs distances avec les éléphants sauvages. Alors que nous en avions vu plusieurs a Khao Yai, nous n’en n’avons pas croisés, ici. En revanche, nous avons vu un beau cobra traverser la route. Il était tellement énorme qu’un scooter a dû s’arrêter pour lui céder le passage.

Il existe peu de documentation en anglais sur le parc, peu fréquenté des étrangers. Au fil du temps, nous y avons découvert deux jolies balades et une grotte. Nous optons pour le chemin qui longe la Klong Pla Kang Waterfall.

Khao Chamao

Longeant de belles cascades poissonneuses au cœur de la forêt tropicale, les sentiers ont tendance à suinter l’humidité une bonne partie de l’année. Il faut donc bien se méfier des moustiques, qui prolifèrent souvent pendant la saison des pluies. Par ailleurs, les chemins, très abrupts en certains endroits, deviennent régulièrement glissants et plus difficilement praticables pour les jeunes enfants. Mieux vaut en tout cas être équipé de bonnes chaussures!

Pour cette fois, nous avons décidé de n’aller que jusque là ou nous mèneraient nos pieds, sans chercher à atteindre les cascades les plus hautes. C’est plus raisonnable et bien moins stressant: nous ferons dans le sportif une autre fois!

 

Départ d’expédition

Nous partons bien équipés: eau, anti moustiques, écharpe de portage, et même des vitamines pour remonter le moral des troupes à courtes pattes, au besoin.

Papa-Tout-Terrain a également acheté à l’entrée du parc deux énormes sacs de nourriture pour poissons. Les enfants sont ravis: il y a enfin un objectif sensé à cette balade!

Il est dix heures. Nous sommes complètement seuls, à l’exception de quelques rangers qui nous regardent passer, un peu interloqués de compter tant d’enfants, et si petits.

Balade a Khao Chamao

Il faut dire que notre cortège attire l’œil. A peine installée dans l’écharpe, Miss-Trois a eu faim. Empourprée, elle est justement en train d’exprimer toute son ire alors que nous dépassons les baraquements de l’entrée du parc. Egalement rouge et luisante de sueur, je me débats avec un pan d’écharpe pour modifier les nœuds et lancer la tétée. Au même moment, Papa-Tout-Terrain boucle un sprint victorieux et récupère enfin la perche a selfie subtilisée par Petit-Deux, pendant que Petit-Un transpire a grosses gouttes en trainant son kilos de nourriture pour poissons qu’il veut porter tout seul.

 

Dans la forêt tropicale

Au niveau de la première cascade, les visiteurs sont priés de laisser bouteilles et nourriture à la garde des rangers, pour éviter de polluer cet environnement préservé. C’est souvent le cas dans les parcs naturels de Thaïlande, qui sont par conséquent très propres. Quel plaisir de retrouver une nature saine et vivante!

(Dans la pratique, avec nos enfants en bas âge, on nous accorde presque toujours la possibilité de conserver une bouteille d’eau –moyennant caution ou non. La caution se récupère en montrant, au retour, que la bouteille d’eau n’a pas été abandonnée dans la nature… et s’il n’y a pas de caution, il faut bien entendu être digne de la confiance qui nous est accordée en rapportant soigneusement ses déchets.)

Passage a gue a Khao Chamao

Nous atteignons un joli passage à gué. Le cours d’eau est à sec mais la traversée de ce joli pont rustique enthousiasme les enfants. La forêt est touffue. Son air humide embaume les essences tropicales. Les bruits mousseux du cours d’eau tout proche nous bercent agréablement. Chaque fois que nous le pouvons, nous nous arrêtons pour jeter un coup d’œil à la cascade. Elle est limpide et très poissonneuse. Et les enfants n’attendent qu’une chose: pouvoir enfin nourrir les carpes! Nous avons le plus grand mal à canaliser leur impatience avec des excuses vaseuses: « Allons plus loin, les poissons sont plus gros et plus beaux, là-bas! »

 

Les petits poissons, dans l’eau…

Nous atteignons une petite cascade que nous connaissons bien pour nous y être déjà reposés. Dans notre souvenir, la difficulté du sentier augmentait ensuite. Nous nous arrêterons donc là pour aujourd’hui: place aux poissons!

On a nourri les poissons de Khao Chamao

Il faut descendre un talus rocheux et escarpé pour atteindre les rives du cours d’eau. Par chance, les enfants sont déjà bien rodés à ce type d’exercice et très disciplinés. Ils écoutent attentivement les explications de Papa-Tout-Terrain, quant au passage à emprunter. Ils savent tâter du pied les gros cailloux et les rochers, pour vérifier qu’ils ne sont ni glissants, ni instables. Dans les passages dangereux, ils obéissent strictement à notre voix et savent s’accroupir ou s’assoir dans un endroit sécurisé en attendant l’adulte qui les guidera. Nous sommes fiers de nos garçons, habiles et raisonnables.

La distribution de nourriture aux poissons est follement amusante. Les grosses carpes se précipitent toutes en même temps. Les plus intrépides et les plus gourmandes finissent même par ne plus toucher l’eau, tant elles sont soulevées par la masse immergée des autres poissons de la cascade. Elles éclaboussent allégrement les enfants de leurs queues frétillantes. L’eau est fraîche. On ne compte plus les joyeuses exclamations: « Ahhh! J’ai reçu une goutte! Papa, Maman, regardez ma goutte! »

On a nourri les poissons de Khao Chamao

Miss-Trois tête un peu avant d’être changée sur un gros caillou. Puis elle repart illico pour un bon somme, sur le cœur de sa Maman. Le bonheur tient à peu de choses, pour un tout petit bébé.

 

Les Thaïes amoureuses

De retour au parking, nous assistons au débarquement d’une vingtaine de jeunes mamies dynamiques et babillantes, qui s’extraient gaiement d’un mini bus. L’une d’elles avise Miss-Trois. Elle alerte le groupe. Tel un seul homme, toutes les dames se retournent et nous fixent. D’abord une, puis deux puis trois puis presque toutes lèvent le bras en notre direction, avec ce geste:

Coeur avec les doigts - Source: Pinterest

Ce n’est pas un signe satanique mais un symbole de cœur. Je m’en souviens très bien, une petite minette un peu fleur bleue du bureau me l’avait expliqué.

Plus hardie que les autres, une mamie à l’allure dynamique et au visage avenant s’approche de nous et demande l’âge de Miss-Trois dans un anglais timide, mais pas si hasardeux que ça. « Douze jours ». La dame retourne auprès de son groupe et diffuse l’information. Nous entendons fuser des « Oh » et des « Ah » stupéfiés. A la mode asiatique, quelques dames étouffent leurs rires étonnés en se cachant la bouche de la paume de leur main. D’autres mains se tendent avec des cœurs pleins les doigts. Puis nouveau conciliabule des curieuses.

La dame revient. « What is her name? » Miss-Trois à un nom inconnu aux bataillons thaïs et trop long pour être prononcé aisément. On répète. La dame bredouille un truc qui ne ressemble pas du tout et s’en retourne informer ses copines. On entend des cris d’allégresse. Encouragées par l’intrépidité de leur copine et par notre apparente inoffensivité, quatre ou cinq mamies supplémentaires viennent à nous. Elles admirent notre merveille. D’ailleurs, qui ne l’admirerait pas? J’apprécie leur délicatesse. Personne ne tente un geste pour toucher le bébé. On se sourit gentiment jusqu’à ce que Miss-Trois brise la sérénité des contemplations: il commence à faire faim!

 

Le lac Ban Khao Hin Dat

Quoi qu’il en soit, il est temps de rentrer. Nous aurons passé un beau week-end mais tenons à garder un rythme tout doux pour nos premières sorties à cinq.

Le Lac Ban Khao Hin Dat

Parce que nous sommes d’incorrigibles curieux, nous nous octroyons juste un dernier détour sur le lac Ban Khao Hin Dat, dont Papa-Tout-Terrain a découvert sur Internet d’extraordinaires photos de coucher de soleil. Egayé de pêcheurs du dimanche, parsemé d’ilots et ouvrant sur les magnifiques montagnes de Khao Chamao, le lac nous aura réservé une bien belle surprise. Il nous faudra à tout prix y revenir, un jour, à la nuit tombante!

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Sep 16

Le Bateau de Guerre – Rayong

A onze jours, Miss-Trois a visité un bateau de guerre. C’était notre première escapade à cinq.

Nous sommes partis un peu à l’improviste. Besoin de changer d’air et de fuir le couvercle de pluie qui enserrait notre région. Besoin de nous retrouver en famille après le séjour à la maternité. Besoin de redonner aux deux grands frères les repères connus de nos balades dominicales. Et surtout, envie de se faire plaisir, tous ensembles.

HTMS Prasae

Je vous parlerai ici des jolis lieux parcourus, des retrouvailles en famille et du bonheur de renouer avec nos délicieuses balades. Niveau organisation, c’est passé mais on a un peu galéré. Restent des ajustements et des progrès à faire. Va falloir retrouver nos reflexes! Je prépare un billet sur ce thème, pour très bientôt… entre deux tétées!

 

Comment on a failli ne jamais arriver…

On a fait les bagages, trouvé et réservé un petit hôtel pour la nuit et c’est parti mon kiki!

« T’as de l’argent au fait? » Euh non… Toi pas? C’est là qu’on a réalisé qu’en plus, on avait perdu la carte bancaire de Papa-Tout-Terrain. Qui, quand et comment? Nous ne saurons jamais. On a tourné deux heures et demie dans les bleds alentours pour trouver une banque en état de fonctionner. Le système informatique de la première avait lâché. La deuxième ne reconnaissait pas le code barre du livret bancaire. Nous n’avons pas trouvé la troisième indiquée sur la carte. La quatrième a été la bonne.

Papa-Tout-Terrain nous a largués sur le parking. (Si vous vous rappelez la façon dont les sièges auto sont entassés dans le véhicule, vous comprenez pourquoi on n’avait pas la motivation de détacher les enfants). Entre la file d’attente et les employés qui ne parlaient quasiment pas anglais -mais qui, par chance, étaient très prévenants- Papa-Tout-Terrain en a eu pour une bonne heure. Cette heure, les deux garçons l’ont d’ailleurs bien employée à négocier avec moi des bonbons, en échange d’un calme relatif, rapport à Miss-Trois qui essayait de dormir.

Quand Papa-Tout-Terrain est revenu, on a sérieusement hésité à jeter l’éponge, à rentrer à la maison, se tanner dans le canapé et se désoler en faisant les loques devant la télé. (À ce propos, vous ai-je dit que Papa-Tout-Terrain avait justement encore une conjonctivite ce jour là?)

« Manque plus qu’on crève un pneu » a-t-il râlé pour la forme. Mais heureusement, on n’a pas crevé.

 

La curieuse destinée du HTMS Prasae

A la frontière des provinces de Rayong et Chanthaburi, Papa-Tout-Terrain avait repéré un navire de guerre. Techniquement je ne pourrais pas en dire grand-chose, mais en tout cas il se visite, depuis qu’il a été reformé, et c’est assez rare pour mériter le détour!

HTMS Prasae

J’aime bien l’histoire de ce bateau, alors je vais vous la raconter. Au départ, il a été construit à l’intention de l’US Navy, durant la deuxième guerre mondiale. En 1945, il a été transféré à l’armée soviétique, pour combattre aux côtés des Américains contre le Japon. Seulement voilà, quand il est arrivé chez les Russes, la guerre était déjà finie. Et bien vite, les Américains et les Russes n’ont plus été tres copains. Du coup les Américains ont voulu récupérer leur bateau. Mais comme les Russes n’étaient pas hyper coopératifs, ça a trainé jusqu’en 1949.

De 1949 à 1951, les Américains ont envoyé le bateau faire la guerre en Corée, avant de le donner a la Thaïlande, alliée contre la Corée. C’est en Thaïlande que le navire a finalement obtenu son ultime nom, le HTMS Prasae.

Le bateau a ensuite vécu une paisible vie militaire jusqu’à devenir mémorial, en 2003. Il est aujourd’hui à sec sur la terre ferme, mais a priori toujours plein de munitions, si bien que certaines de ses salles ne se visitent pas.

 

Navire de guerre et yeux d’enfants

Entrer dans ce bateau, c’est un peu comme entrer dans un livre d’histoire militaire. J’ignorais que ce genre de bâtiments, même reformés, se visitait seulement. Petit-Un est captivé par la hune: « Dis on pourra monter sur la Tour Eiffel? » A notre grand effroi, Petit-Deux escalade à toute vitesse l’échelle métallique qui mène sur le pont principal. Ils veulent tout voir. Ils ont l’air de jeunes chiens fous dont Papa-Tout-Terrain a bien du mal à contenir l’enthousiasme.

On monte a bord du HTMS Prasae

On jette un coup d’œil dans les cabines. Tout cela n’a pas l’air bien confortable. A la proue, on a une vue magnifique sur la mer. Dans ma tête je me refais Titanic, à la romantique et tout, quand la voix sévère de Papa-Tout-Terrain me fait sursauter: « Petit-Deux, il est in-ter-dit de s’approcher des barrières! » Effectivement, c’est l’une des failles d’un bateau de guerre: rien n’y est très sécurisé pour les enfants.

Du pont superieur de HTMS Prasae

Le navire est plein d’escaliers, de demi-ponts imbriqués et de recoins improbables. On monte, on redescend. A chaque plate-forme, on découvre une arme différente. Elles sont sacrément grosses, tout de même! Et même le fait d’être assez tièdes vis a vis du militaire en général ne nous empêche pas de nous enthousiasmer!

Du haut de la cabine du pilote…

Dans son sling, Miss-Trois commence à me tenir un peu chaud. Il faut dire qu’il n’y a pas un poil de vent sur le bateau et qu’avec la saison des pluies, l’humidité de l’air est à son paroxysme. En attendant nos petits hommes, nous nous refugions à l’ombre, sur une grosse caisse de munitions. (La caisse de munition est dans l’esprit du récit, mais c’est une liberté narrative. Pour de vrai, on s’est assises sur un truc de ferraille du bateau que je suis incapable de nommer.)

Cabine de pilotage du HTMS Prasae

Les courageux terminent la visite par le pont le plus élevé et la cabine de pilotage. Papa-Tout-Terrain est très surpris par l’exigüité du local. Il n’y reste malheureusement presque rien de l’appareillage d’origine.

Village de pecheurs sur la riviere Prasae

En revanche, vus du haut, les environs sont magnifiques. De là, on distingue un petit village de pêcheurs qui dort à l’orée d’une mangrove épaisse. Vous avez remarqué que nous adorons les mangroves et les villages de pêcheurs? Car les villages de pêcheurs font toujours des photos charmantes, pleines de couleurs dont le chatoyant s’est à peine terni, comme blotti un pied dans le passé. Et des mangroves, nous aimons les clairs-obscurs, les racines inextricables, les sentiers touffus, où chaque pas nous mène à une nouvelle découverte végétale ou animale. Nous ne pouvons pas louper ça. Sitôt la visite du bateau bouclée, nous partons y jeter un coup d’œil.

 

Petites mangroves pour gens fatigables

Deux parcours distincts permettent de sillonner la mangrove de l’embouchure de la rivière Prasae. Un court parcours pédagogique, avec panneaux informatifs et stations d’observations, semble majoritairement destiné à des visites d’écoles. Un second sentier, d’une longueur de deux kilomètres, permet de s’enfoncer plus loin au cœur de cette foret dont les pieds trempent dans une eau mi-douce, mi salée.

Mangroves sur la riviere Prasae

Pour préserver la famille, nous optons pour le parcours éducatif, qui est bien plus bref. Le cadre est joli, frais et soigné. A l’entrée, un canot décoratif, partiellement immergé dans l’eau impressionne beaucoup Petit-Un. Dès son retour en classe le lundi, il en fera un beau dessin!

Comme de coutume, les visiteurs sont invités à parcourir les lieux sur un sentier de bois surélevé, qui serpente à travers les arbres. Cette fois-ci il n’y a pas de rambarde, d’ailleurs, et nous craignons à chaque instant l’éventuel plongeon d’un enfant dans les contrebas boueux.

Mangroves sur la riviere Prasae

Le chemin permet une balade en landau. Ce confort n’est pas négligeable: Miss-Trois peut s’y reposer bien à plat, je ne lui tiens pas chaud et surtout, elle ne me tient pas chaud. Par chance, Papa-Tout-Terrain a de bons muscles, lorsqu’il s’agit de déplacer l’imposant attelage dans les escaliers du joli pont de l’arrivée!

La promenade aura été brève, mais il est raisonnable de s’en tenir là. Nous reviendrons une autre fois pour tester le parcours long. Nous rejoignons l’hôtel pour reposer dix petites -et grandes- jambes, qui auront besoin de toutes leurs forces, le lendemain, pour une mini rando dans le parc naturel de Khao Chamao.

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Sep 12

Miss-Trois, la Cinquième « Tout-Terrain »

Le 30 août est arrivée notre tant attendue Miss-Trois.

De Tout-Terrain elle porte bien le nom. Une heure et demie après la rupture de la poche des eaux, à l’issue d’une course folle sur les autoroutes de Thaïlande, Miss-Trois a pointé le bout de son joli petit nez rose, pile poil quand nous sommes arrivés à la maternité.

Trois tours de cordon et une hémorragie plus tard, tout le monde va bien. Et nous pouvons confirmer l’excellence des établissements hospitaliers et des équipes soignantes en Thaïlande.

Doucement nous nous préparons pour bientôt à de nouvelles aventures en famille.

Pieds de Miss-Trois

Miss-Trois a reçu le vaccin BCG, à mon sens l’un des plus importants pour se balader en Asie.

Elle et moi faisons des tests « sling » et « écharpe » sur de petites sorties, pour se sentir à l’aise avant de plus longues excursions. Après Petit-Deux, Miss-Trois me semble si petite et légère! Il n’est pas évident pour moi de retrouver les réflexes d’installation d’un nouveau-né.

Prochain défi: la tétée en écharpe. Nous avons bien essayé jeudi en allant chercher les grands frères à l’école. Cela s’est soldé par un échec cuisant. Soit elle est trop haute, soit j’ai les seins trop courts. (Je penche pour la première version.) Elle est toute petiote… ça change mes repères! Nous recommencerons au calme.

En route pour l’aventure!

Papa-Tout-Terrain est au top de l’organisation. Il nous a mitonné un « sac de sortie nouveau-né » aux petits oignons ! Léger et compact, mais fonctionnel et complet !

Il est également parvenu –Dieu seul sait comment- à installer nos trois monstrueux sièges auto à l’arrière de la voiture. Tout est dans le concept d’emboitement. On ferme la porte gauche. On met Petit-Deux dans son siège, on arrime bien l’ensemble et on fait glisser au plus près de la porte. On met Miss-Trois dans sa nacelle, on attache le tout et on fait glisser au plus près de Petit-Deux. On répète enfin l’opération avec Petit-Un et son rehausseur, qu’on tasse bien contre Miss-Trois. On vérifie que tous les membres des enfants sont à l’intérieur, avant de claquer vigoureusement la porte droite, et le tour est joué !

Main de Miss-Trois

Les trajets en voiture sont pleins de gaieté. Petit-Un et Petit-Deux testent en ce moment l’intégralité de leur répertoire de berceuses sur leur petite sœur. Et aussi « I like to move it move it » parce qu’ils l’ont apprise en cours de musique à l’école.

Vers de nouveaux horizons…

Car les deux grand frères sont bien sûr de tout cœur avec nous dans cette nouvelle aventure, et ont hâte de faire découvrir leurs endroits préférés à Miss-Trois. Ainsi, dès le soir de notre retour de la maternité, Petit-Un est allé déterrer le lit-bébé de voyage et nous a demandé quand on pourrait aller à l’hôtel pour l’essayer. Petit-Deux quant à lui s’est promis d’apprendre à la nouvelle venue comment utiliser les ascenseurs. Il se projette avec emphase dans de grandes envolées lyriques: « Ouiiiii! Avec tous les boutooooooons! »

Certes, un bébé présente certaines limites qu’ils n’avaient pas vraiment envisagées. Petit-Un est un peu déçu de ne pas pouvoir balader sa sœur sur ses épaules, comme il l’espérait, « parce qu’elle est toute petite, tu sais! » Il se rattrape en choisissant pour elle « la plus belle couche » à chaque change. Petit-Deux pour sa part s’est grandement étonné de ce que sa petite sœur ne lui répondait pas. « Elle est trop petite: elle ne sait pas encore parler. » Stupéfaction. « Quoi, elle ne parle même pas Thaïlandais? »

Famille Tout-Terrain

Tous les cinq, nous regardons maintenant vers les mêmes horizons. De belles découvertes. Des rencontres pleines d’humanité. Des aventures qui nous feront grandir, tous ensemble.

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Août 24

Ratés de vacances autour de Hua Hin

Y a des fois où ça veut pas. Et quand ça veut pas ça veut pas. Hua Hin, ça voulait pas. Pourtant on a essayé deux fois: quand on l’a traversée du nord au sud, puis sur le trajet retour, du sud au nord. Dans un sens comme dans l’autre, on n’a pas tellement aimé la ville ni l’environnement, en soi. D’autant que les garçons ne nous y ont pas gratifiés du meilleur d’eux-mêmes, question attitude.

En fait, si, le Palais Mrigadayavan, on a adoré. Du coup j’en parle dans un billet séparé. Peut-être que les enfants y ont épuisé d’un coup leur quota de bonne volonté pour la région. En tout cas, il n’en restait visiblement plus pour après. Et pis ça ne s’est pas bien goupillé. Et pis ce n’est pas un endroit très adapté aux familles. Et pis ce n’est pas notre idéal-type de destination. Bref, quand ça veut pas ça veut pas.

Niveau parcours, on avait fait simple. On a globalement suivi la cote, de Cha’Am à Hua Hin, en s’arrêtant aux activités touristiques principales, en fonction de nos humeurs et du moment:

 

La Wildlife Friends Foundation

Sur ce coup-là tout est de ma faute. Le Wildlife Friends Foundation se visite sur réservation uniquement. Il s’agit d’une institution qui recueille des animaux maltraités, les soigne, et leur permet de vivre à nouveau dans des environnements plus proches de la nature. Au programme, une visite du site et une présentation des animaux le matin, puis une balade avec des éléphants l’après-midi. Sauf que tout se fait à pied, et qu’avec mes plus de huit mois de grossesse, je n’étais pas sûre de pouvoir tenir le choc. On a hésité jusqu’à la dernière minute. On s’est pointés le matin sans réservation. Et on s’est vu refuser l’entrée. Tant pis. C’est le jeu. Cela dit, j’ai lu partout le meilleur de cette visite et de cette fondation. Nous y retournerons à coup sûr, si nous repassons dans la région.

 

La Hutsadin Elephant Foundation

Du coup on s’est repliés sur la Hutsadin Elephant Foundation. Sur son site web, elle se présente comme une association à but non-lucratif, qui recueille des éléphants maltraités. Ben à vue d’œil c’est une vaste escroquerie! Je ne suis pas professionnelle de la chose, mais si je voulais sauver un éléphant, je ne m’y prendrais pas comme eux.

On entre via une sorte de temple privé hindou. Des statues plus grosses et plus dorées les unes que les autres. L’environnement fait très riche. On nous oriente directement vers les caisses, en nous proposant une balade à dos d’éléphant. Pas du tout dans l’esprit du respect des animaux, vu les photos. On décline. Les enfants sont déçus. On opte, dubitatifs, pour l’option de laver un éléphant. Avec en prime un spectacle.

Hutsadin Elephant Foundation

Ils vont nous chercher un malheureux animal attaché aux pieds et humide du précédent « lavage ». Curieusement le show nous est destiné, à nous seuls. Le cornac fait faire quelques tours à l’éléphant. Le fait s’assoir par terre. Puis lancer un ballon de foot. Puis faire quelques photos avec nous. Entre chaque activité, il nous ramène la pauvre bête pour nous demander de l’argent. Enfin, nous raccompagnons l’animal dans son enclos bétonné pour le doucher au tuyau d’arrosage. Il n’y prend visiblement aucun plaisir. On sent juste chez lui une immense résignation.

Hutsadin Elephant Foundation

Les enfants ont aimé faire les gardiens de but contre l’éléphant. Ils ont aimé le voir de près et l’asperger d’eau. Les grands sont surtout ressortis tristes. On a expliqué aux garçons que les éléphants étaient plus heureux dans la nature.

Quant à la Hutsadin Elephant Foundation, leur site web est totalement trompeur. Et je ne sais que penser des certificats d’excellence reçus de la part de Trip Advisor. Parce qu’en plus, c’était pas top.

 

Swiss Sheep Farm

Le jour est encore jeune. Nous nous décidons pour un passage à la Swiss Sheep Farm. Le parc est similaire en tout point à celui de Pattaya. Il n’a rien de remarquable, ce n’est pas vraiment le genre d’activités que nous recherchons en vacances, mais nous pourrons y passer un moment agréable.

Dès l’entrée, les enfants repèrent des balançoires. Complètement à l’opposé, si l’on suit le sens de la visite. Sous le soleil de plomb, on se retrouve donc à traîner deux petits êtres maugréants, qui ne songent qu’à rallier leur jeu fétiche. On y arrive. Je m’assieds pour souffler un peu. Enorme colère de Petit-Deux, qui tient à ce que je le balance, personnellement. Colère tellement énorme que je dois finalement l’évacuer du parc. Sous l’œil médusé de touristes chinoises en robes à froufrou, qui s’esbaudissent: « Waiguoren, waiguoren! » (= »des étrangers, des étrangers! »).

Pendant ce temps, Petit-Un s’est rappelé être passé devant un stand de tir à l’arc, tout à l’entrée du parc. Il adore voir son père tirer à l’arc. Il insiste à en devenir lourdingue. L’expulsion de Petit-Deux rend le départ imminent, après même pas quinze minutes dans le parc. Par compassion pour notre ainé, Papa-Tout-Terrain accepte l’activité. Malheur, il n’y a plus de flèches! A son tour, Petit-Un quitte les lieux en sanglots. Il passera l’après-midi à nous demander pourquoi il n’y avait plus de flèches dans le parc. Excellente question, puisqu’il y avait bien des arcs. Et je ne vois pas comment ils peuvent paumer les flèches avec des cibles à quinze mètres de distance. Cela restera un mystère.

 

Plearn Wan

Jusque-là, nous avons enchaîné les défaites. Persévérants, nous nous rabattons alors Plearn Wan, un ensemble de boutiques orientées « artistique », dans un cadre pseudo vintage. L’installation est construite en bois sombre, et constitue un cadre très agréable. Les étalages en revanche ne proposent que des pacotilles « made in China ». Pas grave, ce n’est pas comme si on avait le temps de faire les boutiques avec nos deux enfants-monstres, aujourd’hui.

Plearn Wan

L’extrémité de Plearn Wan propose une ambiance de fête foraine, avec une jolie grande roue. « Maman, Papa, on peut faire un tour s’il vous plait? » C’est demande si gentiment… Haut les cœurs, retour de la bonne humeur… C’est parti pour un tour! « Ah, désolée Messieurs-Dames, mais cette grande roue est seulement décorative. »

Je vous l’ai dit, quand ça ne veut pas ça ne veut pas!

On s’est piteusement rabattus sur des frites. On finissait par avoir un peu faim et les enfants étaient plutôt contents, rapport au ketchup. Sauf qu’à la seconde où les frites sont arrivées sur la table, Petit-Deux a eu besoin d’urgence d’aller aux toilettes. Oui oui. Vous l’aviez oublié, qu’il avait une gastro, hein?

Parce que quand ça veut pas ça veut pas.

 

Une jolie nuit au Lotus Villas & Resort

Là on a abandonné. On a dit on rentre à l’hôtel. On va faire une sieste. Dormir pour oublier. Laisser tomber. Ça veut pas ça veut pas.

L’hôtel était à quinze kilomètres. On a mis plus d’une heure et demie à l’atteindre parce que les routes indiquées sur Google Map n’existaient pas. On les a toutes essayées et –bien sûr- c’est la dernière qui était la bonne.

… Et nous sommes arrivés au paradis! Papa-Tout-Terrain avait trouvé, à la dernière minute, une villa avec piscine à un prix défiant toute concurrence, au Lotus Villas and Resort. L’espace était immense. La salle de bain à elle seule était plus grande que l’ensemble de l’hébergement de la veille. Et quel plaisir d’avoir une piscine rien que pour nous! Nous avons barboté, joué au ballon, beaucoup ri, fait une sieste, fait des courses de bus sur l’Ipad avec les garçons, commandé un délicieux dîner… Et en un rien de temps, toutes les déceptions de la journée ont été oubliées!

Lotus Villas & Resort

Le lendemain, au petit matin, nous étions prêts à repartir, dans la joie et la bonne humeur.

 

Traversée de Hua Hin

Nous n’avions finalement pas encore vu grand-chose de Hua Hin. Nous entamons donc la journée par une petite traversée en voiture, histoire de découvrir les lieux, et surtout de voir la mer. Ben la ville est moche et on n’a même pas aperçu la mer.

Hua Hin vue de Wat Khao Takiap

Hua Hin ressemble à toutes les grandes villes de Thaïlande. De grands axes très larges, poussiéreux et sans âme, encombrés de véhicules bruyants. Et des ruelles trop petites pour une conduite fluide, mais toujours sans âme. Des bâtiments ni jeunes ni vieux, avec un air incroyablement vétuste. Et des centres commerciaux sans intérêt. Le long du front de mer est bétonné. Les hôtels se tassent les uns contre les autres. Eux seuls ont vue sur la plage. On croise beaucoup de touristes occidentaux dans les rues. Ils sont généralement fort rouges, avec des piqures de moustique plein les jambes. C’est peut-être parce que nous vivons en Thaïlande, mais tout compte fait, ce n’est pas notre truc, des vacances à Hua Hin. Nous optons pour la fuite.

 

Wat Khao Takiap

De nouveau en chemin vers le sud, nous faisons escale à Wat Khao Takiap, un temple bouddhiste au sommet d’une montagne qui domine le sud de Hua Hin. Le temple est un temple normal, mais la vue en surplomb est magnifique. Je renonce néanmoins à gravir les derniers escaliers et reste dans la voiture avec Petit-Deux qui s’est endormi. Attendrie, je contemple l’ascension de Papa-Tout-Terrain et de notre « grand ».

Vue de Wat Khao Takiap

Un énorme coup porté sur le capot de la voiture me fait sursauter. Etrange. Rien à l’horizon. Pas rassurée, je scrute toutes les directions. Heureusement, Petit-Deux dort touj… « Aaaaaah! » Un énorme singe s’est juché sur mon rétroviseur. Il est à vingt centimètres de moi et commence à trifouiller les joints de caoutchouc de la voiture. Il a visiblement envie de faire connaissance. Moi pas tant que ça, en fait. Papa-Tout-Terrain et Petit-Un reviennent à point nommé. Deux ou trois moulinets de perche à selfie et l’importun a quitté les lieux. Moi qui m’étais un peu moquée de la nouvelle perche à selfie de Papa-Tout-Terrain, je la bénis franchement aujourd’hui. « Eh, t’as remarqué, l’endroit est infesté de singes! », me lance-t-il hilare.

Singes de Wat Khao Takiap

Oui, ça j’avais vu, oui.

 

Khao Tao Beach

Dernier arrêt avant de quitter Hua Hin, le temple chinois de Khao Tao Beach. On y accède via un petit port de pêcheurs. La photo est jolie, mais il faut être exactement dans l’axe, au bon endroit, sinon le petit port n’a aucun charme.

Khao Tao Beach

Se déversent alors cinq cars de touristes Thaïs. Ils n’ont visiblement jamais côtoyé d’étrangers car nous devenons immédiatement l’attraction principale. Petit-Un donne gaiement la main à un vieux monsieur qui lui raconte des trucs en thaï. Les deux ont l’air bien contents. Des jeunes filles essaient de caresser Petit-Deux, qui se réfugie sur mon dos, en sling, et recouvre sa tête d’un pan de tissus. Le message est clair. Alors les demoiselles se mettent à lui caresser les mollets et à me caresser le ventre. Non, en fait, le message n’était pas si clair. Nous ferons contre mauvaise fortune bon cœur. Après tout, elles sont un peu curieuses mais pas méchantes. Juste envahissantes.

Le temple chinois est un temple chinois. Joli mais sans intérêt particulier. On a même oublié de le prendre en photo. Disons qu’on finit par en avoir vu des centaines. Les enfants ont aimé le bassin des poissons. Et mettre des pièces dans les troncs (on passe toute notre monnaie dans les temples!).

Khao Tao Beach

De retour à la voiture, on réalise que Petit-Un a oublié le sac des maillots de bain à l’hôtel. On y retourne. En arrivant, nouvel accès de gastro pour Petit-Deux. Je l’emmène aux toilettes en catastrophe. Fausse alerte. Finalement plus rien. Il a juste passé vingt minutes sur le trône pour être sûr. Il y faisait cinquante degrés. J’étais sur le point de défaillir. Et lui, guilleret, de me commenter tous les bruits venant de cabines voisines. Charmant bambin!

Bref, quand ça veut pas ça veut pas.

 

Mais on n’a pas lâché l’affaire…

Sur le chemin du retour, nous avons retraversé Hua Hin dans l’autre sens. Arrêt dans un centre commercial pour une pizza. Petit-Deux voit un ascenseur. Supplications. On fait un tour d’ascenseur. On entre finalement dans la pizzeria. Ca fait très « bobo ». Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. Les pizzas ne sont pas adaptées aux enfants. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. Et il n’y a pas de frites. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. J’enrage. Jamais vu un enfant si relou. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. On quitte finalement le restaurant. On n’y arrivera pas.

Petit-Deux ne veut plus faire d’ascenseur mais veut retourner au restaurant. On le remet dans la voiture. Il trépigne. Il veut retourner au restaurant. On prend la direction de la belle gare de Hua Hin qu’on n’a toujours pas vue. Petit-Deux veut retourner au restaurant. Je propose d’aller visiter la gare. Papa-Tout-Terrain est passablement échaudé et décide de rester dans la voiture. Ça tombe bien, pas moyen de faire sortir Petit-Deux. Il veut retourner au restaurant.

Je vais voir la gare avec Petit-Un. Elle est très belle. De style architectural thaï, elle date des années 1920 et a la spécificité d’abriter une salle d’attente royale. La visite prend dix minutes. Onze pour prendre Petit-Un en photo avec une belle locomotive d’époque. Nous retournons à la voiture. Petit-Deux veut aller visiter la gare.

Gare de Hua Hin

Et parce qu’on est vraiment optimistes, on a même essayé de jeter un coup d’œil au parc « Venezia Hua Hin ». Ça avait l’air peu animé et un poil vétuste. Et Petit-Deux voulait retourner à la gare. Bref, de guerre lasse, le soir venant, on a pris la direction de l’hôtel de Cha’Am, pour se rafraîchir dans la piscine et quitter cet endroit maudit!

Parce que quand ça veut pas…

 

Morale de l’histoire…

La ville de Hua Hin n’est pas très adaptée aux enfants. Elle propose pas mal de lieux à visées plus ou moins artistiques, que la jeunesse de Bangkok se plaît à fréquenter le week-end. Nous avons ainsi laissé tomber le Baan Sillapin Artists’ Village et le Cicada Market. Ces endroits sont sûrement sympas, mais pour nous ce sera dans quelques années.

La ville de Hua Hin ne correspond pas à la Thaïlande qu’on aime. On n’aime pas tellement les grandes villes. On n’aime pas beaucoup les endroits où se rassemblent de trop nombreux touristes. Nous préférons éviter les centres commerciaux et les grands hôtels au profit d’endroits plus décontractés. On s’y sent mieux et le budget n’est pas le même.

La ville de Hua Hin n’est pas adaptée à notre façon de voyager. On n’aime pas tellement passer une journée entière à se baigner. Nous avons donc volontairement évité les plages et les grands centres aquatiques.

Et puis, Hua Hin est tout simplement un nœud touristique important du pays… mais en trois ans, nous en avons déjà parcouru beaucoup de ces grandes villes pleines d’attractions et d’activités de vacance. Je crois que tout simplement, ce n’était pas ce que nous recherchions, à ce moment-là. Mais cela n’est pas très grave. Le reste du voyage était une réussite et dans la région, nous avons découvert énormément de petits coins plus intimistes, que nous avons adorés!

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Août 17

Les Vergers tropicaux de Suphattra Land – Rayong

Avec mon tour de taille de cachalot austral, ma mobilité s’est un poil réduite. C’est temporaire, hein. Juste que je suis enceinte. Même Petit-Un l’a remarqué. L’autre jour, en voiture, et avec toute la candeur de ses cinq ans, il m’a lâché de but en blanc un « Maman, moi, je vas être grosse comme toi! » qui lui passait par la tête. Gratuitement!

Nous nous tournons donc ces temps-ci vers des activités adaptées à ma corpulence et à mes capacités physiques. Aussi, notre excursion au parc Suphattra Land de Rayong a-t-elle été l’occasion d’une excellente synthèse entre activité familiale, culturelle, gourmande et reposante! La visite consiste en une découverte –motorisée– des vergers du lieu et des fruits tropicaux qui y poussent, avec dégustations à la clé!

 

Suphattra Land en Pratique

  • Coordonnées GPS: 12°47’59.0″N 101°13’49.0″E
  • Prix « étrangers » – adulte: 400 THB – enfant: 200 THB. Pas de « prix Thaï » pour les étrangers résidents.
  • Ouverture de 8h à 17h.
  • Durée de l’activité: deux bonnes heures. Nous avons prolongé la journée en direction du vieux de port Rayong, à une trentaine de minutes en voiture.
  • La meilleure saison pour visiter les vergers va de janvier à avril. C’est la haute saison pour la récolte des fruits, le moment où il y en a la plus grande diversité, et c’est aussi l’époque où ils sont les meilleurs.

Découverte des arbres et des fruits

A Suphattra Land, la promenade se fait en bus ouvert. Moment de pure joie pour les enfants. Petit-Deux nous explique que c’est le plus beau jour de sa vie, avec la fois où il avait pris l’ascenseur (lequel?). C’est aussi un moyen de locomotion idéal pour un troisième trimestre de grossesse.

Suppathra Land

On traverse un petit verger aménagé, à la découverte des arbres fruitiers locaux. Il est juste dommage qu’août soit plutôt une saison creuse en l’espèce. Les fruits des arbres sont plutôt clairsemés. Nous observerons beaucoup de feuillages.

Arbre a Durians et Durian

Les plus gros des fruits tropicaux sont toujours source d’étonnement. Les durians pèsent dans les cinq ou six kilos. De par leur poids, leur taille et leurs redoutables piques, ils tuent chaque année quelques passants malchanceux, en tombant de leurs arbres. Le fruit du jaquier semble moins souvent mis en accusation en la matière, de ce que j’en ai lu dans la presse. Et pourtant, cette énorme protubérance vert-jaune peut peser jusqu’à trente-six kilos!

Jacquier et ses fruits

Ça ne se mange pas, mais un peu plus loin, nous tombons sur une plantation d’hévéas. Je l’ignorais jusqu’à récemment: la Thaïlande est le premier pays producteur et exportateur de caoutchouc naturel au monde. Avec l’explosion du marché automobile en Asie, la demande ne cesse de croître et ce commerce est extrêmement profitable. Aujourd’hui, près de 10% de la population Thaï vit directement ou indirectement de cette culture, principalement dans le cadre d’exploitations familiales.

Heveas

 

Premier ravitaillement: le buffet de fruits

La visite est interrompue par la dégustation d’un immense buffet de fruits. L’étalage est magnifique et même hors saison, le choix reste large, parmi les fruits tropicaux. Il y a bien sûr des mangues, que nous adorons tous. Sauf Petit-Un. Il ne mange pas de fruits: c’est contraire à sa religion. Papa-Tout-Terrain a un petit faible pour les beaux fruits du dragon, à la peau rose bonbon et à la chair blanche, douce et sucrée, constellée de petits grains noirs.

Petit-Deux se jette tant et tant sur les mangoustans et les ramboutans qu’il est repéré par les dames du parc. Elles trouvent ça trop mignon, le couvrent de fruits et le prennent en photo. Pour ma part, j’ai un petit faible pour les durians, dont je vous ai parlé en long et en large, dans un récent billet. Ces pauvres fruits sont d’ailleurs exilés sur un étalage spécifique et éloigné, tellement ils sont malodorants!

Buffet de fruits

Par chance, nous sommes seuls quand le bus passe nous reprendre. Le chauffeur est adorable! Il installe les enfants, juste à côté de lui, sur une banquette de co-pilote où ils ont presque l’impression de conduire. Petit-Un est ravi. Il dévore l’environnement du regard, se tortille un peu et lance des blagues au chauffeur. Petit-Deux est sérieux comme un Pape, désireux d’être à la hauteur de la lourde responsabilité qui lui est confiée. A chaque fois que le bus ralentit, il sourit aimablement pour être photographié par le personnel du parc.

Suppathra Land

 

Du bon et du moins bon…

On passe maintenant aux arbres épineux. Nous découvrons le salak, un petit palmier piquant qui prospère sur les sols arides et sur lequel pousse le « fruit du serpent », ou salak (quelle imagination!). On l’appelle « fruit du serpent » en raison de sa peau écaillée. J’avais adoré le goût acidulé de ce fruit à la peau lisse, qui pousse à Bali. La version thaïlandaise en revanche est plutôt momolle, avec une peau pleine de piquants, impossible à éplucher, et un goût marqué de terre. Beurk!

Salak

 

Etonnants fruits tropicaux…

Viennent ensuite les manguiers et les arbres à longane. Ils n’ont pas de fruits: ce n’est pas la saison. Dommage pour Petit-Deux, car le longane est son fruit préféré. « Long-an » veut dire « œil du dragon » en chinois. Extérieurement, ça ressemble à une grosse bille marron, avec un léger duvet. L’intérieur est proche du litchi, en goût et en consistance, avec un noyau similaire, mais le tout est un peu plus petit. Lors de notre précédent passage à Suphattra Land Park, Petit-Deux s’était montré tellement enthousiaste qu’il était vu offrir une branche chargée de fruits, par les jardiniers! Lui et Papa-Tout-Terrain peuvent en manger des tonnes, malgré les rappels à l’ordre de notre nounou: « Attention, c’est une nourriture « chaude » qui déséquilibre les fluides du corps et pourrait vous rendre malade! »

Arbre a Ramboutans

Un peu plus loin, le conducteur de bus nous montre les arbres à mangoustan –un fruit « froid »– et à ramboutan –un autre fruit « chaud ». Avec Papa-Tout-Terrain, on rigole bêtement en regardant les ramboutans… on pense tous les deux a la même chose… Avez-vous déjà vu un ramboutan? C’est rose et poilu… Bref, depuis qu’un collègue nous a expliqué que ces fruits lui évoquaient des testicules, force nous est de constater que la ressemblance est frappante! Papa-Tout-Terrain me souffle: « T’as vu, il y en a plein qui pendent… ». Nouveaux gloussements. Les enfants et le chauffeur de bus se retournent et nous dévisagent d’un air bizarre. On fait des têtes d’ange en essayant de reprendre notre sérieux.

Mangoustan et Ramboutan

 

Deuxième ravitaillement: le buffet de salades

Nous doublons des serres où sont cultivées des salades hors sol. Le chauffeur-guide n’en n’est pas peu fier. Pour nous, ça ne nous semble pas vraiment révolutionnaire. C’est juste des salades, quoi.

Nous atteignons une seconde station de dégustation: la station des salades. Je ne sais pas pourquoi ils ont organisé les étapes en un repas à l’envers. Nous avons droit à des feuillages à volonté et à des salades de papaye locales. C’est délicieux mais ça pique très fort. Certains visiteurs ont été prévoyants, ils déballent un pique-nique de poulet grillé et de riz gluant pour accompagner les plats de végétaux.

Preparation des salades de papaye

Petit-Un est exempté de verdure: il hérite d’une saucisse. En revanche il tombe amoureux de la sauce vinaigrette. Il essaye de nous convaincre d’en rapporter à la maison. En vain. Il faut dire que dans les poches, ça serait salissant. En désespoir de cause, il essaye de récupérer tout ce qui reste au fond de nos assiettes, à l’aide d’une fourchette. Au moins, l’exercice est intéressant en terme de motricité fine!

 

Des abeilles et des ruches

Après un dernier petit tour de bus, vient la dernière étape: celle des abeilles. Sans doute pour la fécondation des fruits, le parc est plein de ruches. Les enfants sont très impatients. Depuis plusieurs semaines, nous lisons et relisons « Les Abeilles » de la collection Mes P’tits Docs, que les enfants adorent. C’est d’ailleurs en partie pour ces insectes que nous avons opté pour une visite de Suphattra Land aujourd’hui –et aussi pour y acheter du miel, dont Papa-Tout-Terrain est très friand.

La ruche et sa planche d'envol

Nous observons une ruche de démonstration. Mais où sont les larves? Et les nymphes? Sans doute dans des cellules, car nous ne les verrons pas. En revanche, les enfants repèrent très vite la reine des abeilles, entourée de ses ouvrières. Nous observons la planche d’envol de la ruche que défendent des abeilles « gardiennes » contre les intrus. Puis nous voyons comment le miel est extrait des rayons, à l’aide d’une centrifugeuse… Avant d’y goûter, bien sûr! Une fois de plus, nous repartirons avec plusieurs kilos de ce délicieux suc, pour nous et pour notre nounou. On espère qu’elle aime ça, d’ailleurs, car on lui en rapporte des brouettes à tous les coups!

Observation de l'interieur de la ruche

 

Fin de journée à Rayong

La visite finie, nous ne sommes qu’à une vingtaine de kilomètres de Rayong. C’est un endroit que j’ai déjà largement évoqué, et que nous aimons beaucoup, pour son port coloré, ses beaux paysages marins, son temple chinois pittoresque et ses excellents restaurants. Malgré le ciel gris et la mer démontée de la saison des pluies, la lumière est belle ce jour-là. Nous y terminerons la journée, à ramasser des coquillages, avant de nous attabler devant quelques nourritures marines fabuleusement accommodées.

Port de Rayong

 

Plage de Rayong

 

Coquillages

 

Decoration du temple chinois de Rayong

 

On a ramasse des coquillages

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Août 11

Grossesses en Chine – Une p’tite césarienne?

Trente-neuf semaines aujourd’hui. L’arrivée de Petit-Trois se rapproche. Je suis en conge maternité. Je me repose en regardant mes deux grands diablotins batifoler sur leurs trottinettes. Batifoler vigoureusement, hein, on s’entend. Petit-Deux s’est fait rouler sur le pied. Il a un ongle tout noir et moche qui va tomber. Petit-Un a un genoux en sang. Le concept de jouer calmement ne semble pas évoquer la moindre étincelle d’intelligence chez eux.

Grossesses en Chine

Avec un brin de nostalgie, je repense à leur arrivée, en Chine. Je réalise que j’ai déjà évoqué ici mes grossesses à l’étranger, en en omettant la conclusion. Allez, parce que ça me fait plaisir, je m’en vais vous raconter ça!

 

Hôpitaux de Chine

Petit-Un tout juste installé, la question s’est posée rapidement de savoir où j’accoucherais. Il y a plein d’hôpitaux à Shanghai et j’avais jusque-là surtout fréquenté les établissements de quartier, destinés au commun des mortels. Il s’agissait d’une médecine de masse, à l’image de la population chinoise. Après l’enregistrement, on nous indiquait un numéro de bureau, on rejoignait une file déjà longue de patients, et on attendait debout son tour. Dans la queue, il n’était pas rare que les malades fument pour tuer le temps. Dans mes premières années en Chine, il arrivait souvent, aussi, de voir les gens cracher par terre dans les couloirs. C’est culturel.

Le moment qui me fascinait le plus était celui de la prise de sang, presque systématique avant le diagnostic. On rejoignait une autre file d’attente, devant une petite fenêtre. A tour de rôle, chacun tendait son bras par l’ouverture et se voyait prélever quelques gouttes de sang par un employé quasi invisible. Ca faisait hyper futuriste comme concept!

Grossesses en Chine

Parfois, j’avais droit à un service VIP: j’étais accompagnée par un employé anglophone qui me faisait doubler tout le monde dans les files d’attente. Parfois je devais faire la queue et me débrouiller en chinois. J’étais alors toute jeune étudiante: j’avais le temps, la patience, et ça forge le caractère! Je ne garde d’ailleurs que de bons souvenirs de ce temps-là.

 

Le choix de l’hôpital

Quand il s’est agi de la naissance de Petit-Un, Papa-Tout-Terrain et moi-même nous sommes vite accordés sur le fait qu’un poil plus de confort médical ne serait pas superflu. Papa-Tout-Terrain ne parlait pas du tout chinois. Et pour ma part, je n’étais pas sûre de vouloir sortir mon dictionnaire de mandarin pour vérifier les tons quand on me dirait: « Poussez Madame! »

Grossesses en Chine

Un appel à mon assurance a confirmé que j’étais très bien couverte. Et comme nous ne faisons pas les choses à moitié, nous avons opté pour l’hôpital américain le plus cher de la ville (et donc sans doute du pays). En Chine, il est de bon ton d’être riche et de le montrer. Choisir d’accoucher dans cet hôpital était donc du meilleur goût. Ayant ainsi donné la preuve de notre statut social, nous avons immédiatement gagné l’estime de tous nos voisins, naturellement informés en temps réel par notre nounou. Très vite, plusieurs Mamans des alentours m’ont félicitée pour ce choix éclairé… et d’enchaîner immédiatement sur la question…

 

« Vous avez déjà choisi la date de la naissance? »

Euh, comment ça, on peut choisir? Ce n’est pas plutôt le bébé qui choisit? Biiim, mauvaise réponse! Quand on a les moyens, on accouche par césarienne! Bah oui, quoi, une césarienne, c’est tellement plus confortable: non seulement on n’a pas mal, mais en plus on peut décider de la date! Effectivement, les statistiques confirment qu’à Shanghai, 68% des naissances se font par césarienne. Bon, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais il y a tout de même des raisons. Des bonnes et des moins bonnes.

Grossesses en Chine

D’abord, l’accès à la péridurale est très limité. Peu d’hôpitaux la proposent. Et même s’ils la proposent, ce n’est en général qu’en semaine et en journée. C’est un peu la roulette russe. Beaucoup de mes amies chinoises ont donc opté pour une solution « sans douleur »: la césarienne. On peut les comprendre.

Par ailleurs, la date de la naissance revêt aussi une importance déterminante. Mieux vaut naître à une date faste du calendrier chinois pour ne pas avoir un destin tout pourri. Et avant le premier septembre pour « ne pas perdre une année scolaire ». Et puis, si comme Petit-Deux, vous arrivez tout à la fin de la faste année du dragon, autant éviter de voir le jour sous le signe du serpent, à quelques jours près. Etre dragon, ça pète sacrément plus! Il y avait d’ailleurs tant et tant de naissance à cette époque que nous avons dû réserver et payer l’accouchement des mois à l’avance, pour « garder la place »!

Côté médecin, la césarienne a également ses avantages. Elle est facturée plus cher, va plus vite, et permet de planifier et d’optimiser l’utilisation des ressources. Bref, ça arrange tout le monde.

Et puis, c’est si « chic », une césarienne, vu que ça coute plus cher!

 

A l’approche du terme

Bref, j’ai choisi des accouchements par voie basse, envers et contre toute logique de reconnaissance sociale. Jusqu’à trente-six semaines, tout allait bien. Juste un peu d’impatience et d’excitation à l’idée d’avoir mes bébés dans les bras. Et puis, à partir de trente-sept semaines vient l’heure ordinaire de la césarienne. Faudrait surtout pas risquer un accouchement naturel, hein!

Les visites de contrôle à l’hôpital se font alors hebdomadaires. Puis bi-hebdomadaire. C’est un peu stressant. D’autant qu’à l’échographie, on trouve que mes bébés de trois kilos sont drôlement gros, vu que rares sont ceux qui « restent au chaud » si longtemps.

Grossesses en Chine

A quarante semaines, ça y est, j’ai dépassé le terme -qui compte sept jours de moins en Asie. Paf, des visites tous les deux jours et des propositions de déclanchement à gogo! Chacun fait ce qu’il veut mais pour ma part je préfère éviter: dans un pays avec un taux de césariennes si élevé, j’imagine bien la conclusion naturelle, des fois que le travail se prolonge un poil…

Il est temps de prendre les choses en main. Par chance, nous habitons au sommet d’un bel immeuble au design moderne. J’opte donc une escalade bi-quotidienne de nos trente-six étages, dopée aux hormones de grossesse et à la peur du déclenchement. Papa-Tout-Terrain me suit bravement, par solidarité, mais sans les hormones. Je trouve qu’il traîne un peu, d’ailleurs.

 

Le terme

Quarante-et-une semaine et cinq jours: j’apprends qu’on ne me laissera pas dépasser les quarante-deux semaines. La date du déclenchement est fixée à deux jours plus tard. En panique, j’entraîne Papa-Tout-Terrain dans une marche forcée d’une quinzaine de kilomètres, ventre à terre, dans le dédale des rues de Shanghai.

Grossesses en Chine

Au terme d’une après-midi de course effrénée, Papa-Tout-Terrain demandera grâce. « Ok, on rentre! » Je m’apprête à rebrousser chemin à pieds. Papa-Tout-Terrain me regarde alors avec un air pas commode du tout: « En taxi! »… Il n’a pas la tête de quelqu’un qui plaisante. J’essaie piteusement de négocier pour rentrer seule en marchant, mais il me regarde avec des sourcils courroucés et je rends les armes. Pour Petit-Un comme pour Petit-Deux, le travail se déclenchera enfin à quarante-et-une semaines et six jours. Ils naitront tous deux, à vingt moins d’écart, au matin de la quarante-deuxième semaine.

Grossesses en Chine

Au moment de la naissance, une grande crainte répandue parmi mes collègues chinois était l’échange volontaire ou accidentel de leur bébé. Papa-Tout-Terrain avait été bien briefé. Dès l’expulsion, il devrait tracer une marque reconnaissable à l’encre indélébile sur le pied de l’enfant, pour se prémunir contre toute inversion. La question ne s’est finalement pas posée, car nous avons pu toujours garder nos bébés près de nous.

Après la naissance

Après l’accouchement, une jeune mère ne se lève pas, en Chine. Elle doit traditionnellement rester alitée pendant un mois (sans prendre de douche). Durant cette période, elle ne doit pas boire d’eau froide, et elle est nourrie de soupes aux œufs et autres potions fortifiantes.

Il existe des établissements dédiés au rétablissement post-partum, avec des armées de nurses qui s’occupent des enfants et ne les rendent aux jeunes Mamans que pour les tétées. Pour les moins aisés, c’est la belle-mère qui tient ce rôle, à la maison. Pour les plus riches, il est possible de louer ces services à domicile. Vers la fin de l’année du dragon, il y avait d’ailleurs tant de naissances qu’on a failli se faire piquer notre nounou, comme ça!

Grossesses en Chine

Enfin, l’allaitement n’est plus toujours la norme, pour les citadines. Il est souvent jugé fatigant et trop contraignant. Et il est tellement plus chic d’allaiter son enfant avec du lait acheté, lorsqu’on en a les moyens! Le marketing étant passé par là, les plus petits seront volontiers nourris au colostrum de vache, en poudre. Et le summum bien sûr est le lait importé, qui transite par tonnes, et au marché noir, via Hong Kong!

 

L’hurluberlue

Bien au courant des normes du pays, j’ai fermement décidé de n’en faire aucun cas. Pas pour être contrariante. Mais une douche après l’accouchement m’a semblée rafraîchissante. Et je ne voyais pas trop ce que j’aurais bien pu faire, au lit, pendant un mois. Quelques jours après mes accouchements, je retournais donc faire mes emplettes au marché du coin de la rue. J’y ai acquis, auprès de tous les commerçants, une réputation de forte femme (c’est ce qu’ils me disaient poliment) ou plutôt d’inconsciente (c’est ce qu’ils pensaient très très fort).

C’était encore pire avec mes bébés. Très vite, je les ai sortis en plein air, alors qu’un nouveau-né est généralement conservé six mois sous cloche à la maison. Vous n’imaginez même pas combien de fois j’ai pu mentir à des mamies un peu collantes, prétendant que mon bébé de deux semaines avait six mois. « Il n’est pas bien gros, tout de même… » Et moi, évasive, de confirmer que « oui, oui, il est plutôt petit pour son âge… »
Grossesses en Chine

Plus épouvantable encore, je promenais Petit-Un sans chaussettes! Un bébé ne doit jamais sortir sans chaussettes! Même si, en l’occurrence, c’était le plein été et qu’il faisait quarante degrés à Shanghai. Les chaussettes, c’est sacré! Mon acte était tellement criminel que même des adolescents m’ont hélée dans la rue, pour me signaler le manquement… Et que ma nounou m’a suppliée, pour garder la face parmi le voisinage, de « chaussetter » mes enfants lorsqu’elle en était en charge!

 

Nouveau challenge

On ne sait pas trop quand Petit-Trois arrivera mais elle finira bien par arriver, je pense. Nouveau pays, nouvelles coutumes: quelles traditions inattendues allons-nous découvrir, en Thaïlande? N’ayez crainte en tout cas, je ne manquerai pas de tout venir vous raconter!

 

 

En guise de Post-Scriptum

Petite note cordiale et sympathique à l’ intention de ceux qui souhaitent interagir avec moi dans les semaines à venir:

  • Oui, je suis prête à déchiqueter avec les dents quiconque me demandera si j’ai accouché
  • Oui, ma durée gestationnelle se rapproche de celle de l’éléphante. Pas la peine de plaisanter avec ça!
  • Oui, je ressemble à une baleine flatulente et oui mon ventre est encombrant
  • Oui Papa-Tout-Terrain, les 36 étages, c’est pour bientôt, tu peux commencer à t’échauffer
  • Non je ne suis pas agressive, je ne suis pas pleine d’hormones et je ne vois pas de quoi vous parlez
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Août 10

Curieux marchés flottants des environs de Bangkok

Les environs de Bangkok sont quadrillés de rivières, d’affluents, de canaux et autres bras fluviaux. La végétation y est luxuriante et les cultures prospères. (Les moustiques aussi.) Rien d’étonnant à ce que la zone soit rapidement devenue un foyer économique et de peuplement dynamique, dans le pays. Rien d’étonnant non plus au développement précoce de marchés flottants dans la région, au début du siècle dernier. Ces institutions facilitaient le transport des marchandises par voie fluviale, affranchissant les commerçants des difficultés liées au faible développement des infrastructures de transport terrestre.

Il y a quelques temps, j’évoquais ici un marché traditionnel bien sympathique à Chachoengsao. Cette fois-ci, en route pour Hua Hin, ce sont les marchés de la province de Samut Songkhram que nous avons écumé… une excellente invitation à la découverte et à la dégustation!

 

Quelques marchés de l’ouest de Bangkok – En Pratique:

  • Coordonnées GPS du marché flottant de Tha Kha**** (5h-11h): 13°28’18.8″N 99°59’43.2″E
  • Coordonnées GPS du marché flottant d’Amphawa***: 13°25’33.3″N 99°57’18.1″E
  • Coordonnées GPS du marché flottant de Damnoen Saduak** (6h-12h): 13°31’09.2″N 99°57’33.4″E
  • Coordonnées GPS du marché « ferroviaire » de Mae Klong***: 13°24’26.7″N 99°59’55.9″E

 

Le marché flottant de Tha Kha

Drôle de petit marché, au fin fond de la campagne! L’étape était imprévue. On a trouvé puis suivi les panneaux par hasard. Ils nous ont menés dans des chemins isolés, au cœur de petits canaux pittoresques et de luxuriantes plantations de bananes et de noix de coco. Heureusement, c’est Papa-Tout-Terrain qui conduisait, car les routes n’étaient pas bien larges!

Marche de Tha Kha

Des boutiques et des commerçants, nous n’avons pas vu grand-chose, car nous sommes arrivés après onze heures, horaire de fermeture du marché. Seules restaient quelques Mamies oisives qui comparaient leurs salades. Et une famille du coin qui rangeait ses noix de coco dans un pick-up.

Nous avons contemplé les barques traditionnelles qui restaient encore. A cinq heures du matin, elles devaient s’enfoncer dangereusement dans l’eau, chargées de légumes et de fruits fraîchement cueillis. Nous avons traversé les vieux ponts de bois qui enjambent le bras de rivière. Nous avons imaginé l’atmosphère matinale et grouillante des commères grisonnantes, en quête de bonnes affaires pour leur dîner. Nous avons admiré les façades des antiques maisons attenantes, remarquablement conservées.

Marche de Tha Kha

On n’a pas vraiment vu le marché, en fait. On a surtout reconstitué. Et on a aimé que qu’on avait imaginé. Nous repasserons par là, un jour, pour compléter nos impressions, pour nous imprégner un peu plus de cette ambiance locale, simple et bon enfant. Il y a une sensation d’inachevé, mais l’endroit nous a plu. Nous reviendrons.

 

Le marché flottant d’Amphawa

Le marché flottant d’Amphawa est beaucoup plus grand, moins intimiste, et moins authentique, aussi. Nous y entendons parler russe, chinois, français… Mais lorsque l’on s’éloigne un peu de l’entrée centrale et des ponts principaux, l’on retrouve des foules Thaïes en promenade. Des étudiants, des familles ou des amoureux en goguette. L’un boit une noix de coco. Un autre achète des jaunes d’œufs sucrés au jasmin. Il s’en régalera avec ses collègues ou s’en servira en guise d’offrande lors d’une cérémonie religieuse. Un peu plus loin, un couple choisit de petites figurines en pâte de haricot, pour gâter un enfant de sa connaissance.

Marche d'Amphawa

Ne manquez pas de vous essayer à ces nourritures délicieuses et variées! Laissez-vous aller aux odeurs et aux couleurs! Achetez au hasard quelques plats parce qu’ils sont beaux, parce qu’ils sont étonnants, ou parce qu’une grande foule se presse devant le stand (c’est souvent bon signe)! Ce sera sans doute l’occasion de surprises parfumées et sucrées. Au pire, vous connaîtrez quelques déceptions gustatives… Et au pire du pire, vous risquez quelques bouchées absolument infectes que vous pourrez un jour raconter à vos petits-enfants… Mais n’est-ce pas là tout le plaisir de se laisser entraîner à l’inconnu?

Marche d'Amphawa

 

Le marché « ferroviaire » de Mae Klong

Petit Deux qui suit attentivement l’avancée de mes articles vient de me hurler à l’oreille: « Ahhhhh, je connais ce train!!! » Et d’appeler son frère. Et tous deux, de s’extasier de concert sur la locomotive. Il faut dire que les enfants ont adoré ces lieux, dont ils chérissent aujourd’hui le souvenir!

Le marché de Mae Klong est installé à deux pas de la gare, dans la bourgade du même nom… et sur la voie ferrée! Le marché en tant que tel n’a rien de rare. On y trouve peu de plats préparés et quasiment pas de douceurs… Imaginez mon désespoir!… C’est un marché avec des choux, des patates douces, de la salade, quelques fruits et un peu de poisson que l’on sent de loin et qui a tendance à attirer les mouches. Super.

Marche de Maeklong

Rien d’exceptionnel? Si bien sûr! Sitôt un train pointe-t-il le bout de son essieu que les loquaces commerçantes se jettent sur leurs marchandises, leurs paravents, leurs éventaires. En quelques secondes, tout est replié, pour laisser passer le grand cheval de fer. A peine le dernier wagon a-t-il disparu que les commères ont replacé leurs cageots et leurs paniers, et repris leurs négociations enflammées avec le client du moment!

Marche de Maeklong

La scène vaut le détour. Il faut juste savoir à quoi s’attendre. Si l’on regarde côté marché, ma description est parfaitement exacte. Côté gare en revanche, c’est une cohue multicolore de centaines de touristes qui mitraillent, jouent des coudes et se pressent pour obtenir les meilleurs clichés du spectacle. Les malchanceux ou les imprévoyants, mal renseignés sur les horaires du train, ont parfois attendu une heure ou deux pour assister enfin à ces quelques secondes d’action. Pour une halte à Mae Klong, mieux vaut donc venir préparé!

 

A prendre et à laisser…

Certains marchés de Thaïlande, et pratiquement tous les marchés flottants sont devenus aujourd’hui des objets touristiques. Il faut les parcourir aux aurores pour y retrouver un soupçon d’authenticité, parmi les mamies qui choisissent leurs légumes. Car dès que l’on avance dans la journée, de nombreux stands ne proposent plus que des colifichets Made in China à destination de touristes peu regardants. C’est particulièrement le cas pour le marché de Damnoen Saduak, parce qu’on le retrouve bien trop systématiquement dans les boucles classiques de tour operators.

Bref, il y a à prendre et à laisser, mais ces lieux valent tout de même le détour. On y découvre les antiques barques de bois sombre, héritages d’une tradition commerçante centenaire. On y ressent le fourmillement des foules. Et si l’on s’écarte un peu des autoroutes touristiques, le badaud reste majoritairement Thaï: au cœur de cette affluence, la flânerie n’est pas désagréable. Elle représente même une occasion privilégiée de goûter aux douceurs et aux gourmandises du pays… car je l’ai déjà évoqué: l’on est fort gourmet, et même gourmand, en Thaïlande!

 

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Août 09

La Grotte de Phraya Nakhon

Au sud de Hua Hin, le relief de la cote Thaïlandaise change. Les montagnes se font plus escarpées, se couvrent d’une végétation plus dense et plus sombre. On pénètre dans le Parc Naturel de Khao Sam Roi Yod. Des roches sombres aux formes romantiques et torturées se découpent sur le bleu profond du ciel et le turquoise de la mer. Fait rare, la côte est presque entièrement préservée de constructions humaines. Nous sommes immédiatement conquis. Nous nous trouvons bien, dans cette atmosphère sauvage.

 

La Grotte de Phraya Nakhon en Pratique:

  • Coordonnées GPS pour le point de départ: 12°12’22.5″N 100°00’34.5″E
  • Entrée du parc de Khao Sam Roi Yod: 200 THB par adulte, 100 THB par enfant, gratuit pour les plus petits
  • Du point de départ, on peut (1) partir pour une rando « longue », de deux ou trois heures, jusqu’à la grotte, ou (2) opter pour une version « familiale »: un bateau de pêcheur nous conduit par mer sur une plage intermédiaire (Laem Sala Beach), qui réduit le temps de balade à une petite heure
  • Transport aller-retour à destination de Laem Sala Beach: 400 THB par bateau (dix minutes)
  • Durée de l’ascension pour la rando « courte »: 30 à 60 minutes selon les marcheurs
  • A emporter impérativement: de l’eau en grande quantité, de l’anti moustique et de bonnes chaussures
  • Il est recommandé d’arriver dans la grotte avant 11h le matin, pour profiter d’une luminosité idéale
  • A la fin de la balade, l’on peut se restaurer et se baigner agréablement sur la Laem Sala Beach

 

Parc de Khao Sam Roi Yod

 

Traversée en bateau

Nous nous sommes levés tôt pour visiter la grotte de Phraya Nakhon, au cœur du parc. L’expédition commence par une traversée en bateau. Des pêcheurs locaux aux visages tannés par le soleil et le sel font la navette.

Bateau de Pecheur

Il n’y a pas d’embarcadère. Shorts relevés, poches sécurisées, enfants sur les épaules et sacs à dos sur la tête, nous progressons jusqu’aux barques. La traversée est brève. Nous accostons sur une plage de sable blanc. Il nous semble presque y être les premiers humains! L’environnement y est magnifiquement préservé, propre et soigneusement entretenu.

Nous nous engageons sur le chemin qui mène à la grotte de Phraya Nakhon. Un panneau indique une distance de 430 mètres. Peut-être s’agit-il d’un dénivelé, car il nous aura fallu un peu plus d’une heure pour les parcourir. Ça monte dur. C’est assez glissant. Et bien sûr il fait chaud et humide. Mais ça reste faisable, même avec des handicaps: une femme enceinte de huit mois et demi (moi) et Petit-Deux, trois ans et une gastro.

Depart pour la Grotte de Phraya Nakhon

 

Un beau chemin semé d’embuches

Le chemin est accidenté, découpé, rocailleux et magnifique. La forêt humide revêt de belles couleurs vertes et profondes. L’ombre des feuilles se meut au gré de la brise marine et des rayons du soleil.

A mi-chemin, un belvédère propose une délicieuse vue en surplomb des flots et des ilots environnants. Le panorama nous récompense largement des premiers litres de sueur versés. Du haut, l’on mesure l’effort accompli.

Belvédère en chemin pour la grotte de Phraya Nakhon

On repart. Par bonheur, nous avons avec nous des chips « Sour Cream and Onion » qui remotivent les enfants lors des coups de mou et dans les passages les plus ardus. Autres indispensables: de bonnes chaussures, de l’eau en quantité, un anti moustique efficace, et le « porte-garçon » -car depuis que nous n’avons plus de bébé a la maison, toute mention de « porte-bébé » déclenche irrémédiablement les foudres de Petit-Deux. Vous ai-je d’ailleurs dit que cet enfant était vaguement susceptible?

Nous grimpons en parallèle d’un groupe de sinophones chaussé de Crocs et qui, sans eau, aura autrement plus souffert que nous pendant l’ascension. Nous croisons également ne nombreuses familles allemandes et néerlandaises, très équipées en matériel de marche et de montagne.

Mais globalement, notre fine équipe de Pieds Nickelés ne se débrouille pas si mal! Nous avons même presque fière allure lorsque nous atteignons le sommet! D’autant que les enfants ont grimpé tout seuls et avec grand courage.

 

La grotte de Phraya Nakhon

Arrivée en haut je suis atteinte d’une sorte de vague à l’âme lorsque je découvre qu’il faut descendre une bonne centaine de mètres pour pénétrer dans la grotte! Tout ça pour ça! C’était bien la peine de monter!

La Grotte de Phraya Nakhon

Le gouffre est humide et chaud. Ses voutes monumentales sont couvertes de stalactites immenses. Tout au fond, une gigantesque crevasse laisse passer le soleil. Nous arrivons un peu tard: la luminosité est sensée être meilleure avant onze heures. Il est presque midi: les rayons sont moins francs et plus diffus. Les contrastes sont moins nets.

Au centre de la grotte, un pavillon a été bâti pour marquer la visite du roi Rama V. D’autres rois se sont également rendus dans ces lieux magiques et y ont laissé leurs imposantes signatures –de presque un mètre de hauteur, tout de même! (Rien à voir donc avec mes paraphes en patte de mouches au bas des notes de frais).

C’est le moment ou Petit-Deux choisit de m’informer d’un besoin extrêmement pressant, rapport à sa gastro. Super! On est en pleine zone royale et sacrée. Et dans un parc naturel protégé. S’il se soulage ici, on ira en prison pour crime de lèse-majesté et on aura une amende pour non-respect de l’environnement!

 

La folle cavalcade

Il faut agir vite. Nous sortons le porte-garçon. Je chausse Petit-Deux sur le dos. Papa-Tout-Terrain se charge du paquetage et de Petit-Un. En route! On progresse vite. Dans l’urgence, dirais-je même. L’éblouissant paysage passe au second plan de nos préoccupations.

Pour distraire Petit-Deux de ses besoins les plus triviaux, on fait la conversation. Je lui promets tout ce qu’il veut. Un poney. Des frites. D’autres chips. Des bonbons. Vénal, lui veut des pièces. Depuis quelques temps, il adore en avoir dans les poches, en faire des tas, les compter, les admirer les reproduire sur papier… Il négocie comme un marchand de tapis. On se fixe des objectifs ambitieux mais réalistes, pour l’acquisition de chaque piécette. Le contenu de mon porte-monnaie y passe.

Laem Sala Beach

Soudain pouf, Petit-Deux a oublié son envie. Il demande à marcher à nouveau. Il me rend ma monnaie, qui alourdit son pantalon et repart, guilleret. Bien vite, nous atteignons tout de même la plage (et ses toilettes) dans un soupir de soulagement. Mais c’est trop tard pour Petit-Deux. Plus besoin du tout! Il ne se souvient même plus d’avoir eu envie. Charmant enfant!

 

Une très belle excursion

Soyons francs, bien que ce léger contretemps ait un peu hâté notre redescente, il n’a rien gâché de notre visite. Nous avons adoré le lieu et son sublime environnement. Plus que la grotte, c’est d’abord la balade et l’environnement qui nous ont conquis.

Retour de la Grotte de Phraya Nakhon

Nous reprenons le bateau, pour retrouver la voiture. Les enfants, désormais rodés au débarquement dans la mer, s’en donnent à cœur joie. Shorts remontés en haut des cuisses, chaussures à la main, ils courent dans l’eau en s’éclaboussant joyeusement. Mais à peine seront-ils installés dans leurs sièges auto qu’ils s’endormiront profondément…

Fin d'une belle balade a Khao Sam Roi Yod

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Août 01

Carte Postale – Le Palais Mrigadayavan

Chers tous,

Un petit coucou du palais Mrigadayavan. Il s’agit de la résidence d’été de Rama VI, roi de Thaïlande au début du vingtième siècle. C’est à cette époque que la région devient le lieu de villégiature officiel des générations de rois qui vont se succéder

Le Palais Mrigadayavan se trouve sur une base militaire royale. Ça nous inquiète un peu. De nombreux points d’intérêt en Thaïlande, se trouvent dans des zones militaires, mais on ne sait jamais si les étrangers y seront acceptés. C’est bien normal mais toujours un peu stressant pour nous. On briefe les garçons pour qu’ils se tiennent correctement. On ouvre toutes les fenêtres de la voiture lorsqu’on arrive à hauteur des sentinelles. Chacun se tient bien droit et sourit de toutes ses dents. Soulagement: le garde nous fait signe d’entrer. Cette fois-ci, il n’y aura même pas besoin de laisser nos passeports.

Avant d’accéder au palais, nos tenues sont contrôlées. Ma robe de grossesse est jugée trop courte. Il faut dire que j’ai sacrement pris du ventre depuis son acquisition, et ça ne la rallonge pas! On m’équipe d’une jupe longue, que je fais tenir autant que faire se peut sur mon appendice géant. Le pan avant rebique toujours. Une jeune femme m’aide à me rhabiller décemment. Sauf que ça glisse maintenant. Papa-Tout-Terrain complète l’œuvre en me prêtant sa ceinture. C’est moche mais très confortable, au final!

Nous pénétrons dans les jardins du palais.

Ils bordent la mer. De larges esplanades d’herbe verdoyante sont caressées par la brise marine. Elles sont ombragées par des arbres tropicaux séculaires, soigneusement taillés, mais qui conservent tout de leur grâce originelle. En hauteur, de longs corridors de bois relient les appartements royaux à la plage. Ces extérieurs sont magnifiques de naturel et de simplicité.

Palais Mrigadayavan

Le palais est implanté au cœur des jardins. Il est construit dans un style hybride de modernité occidentale des années 20 et d’élégante architecture thaï classique. Construit en tek et peint de couleurs claires, ses lignes sont légères et élégantes. Il s’intègre avec une sobriété souveraine dans son environnement. Le roi l’a voulu ouvert sur la mer, frais et traverse par les brises, afin de se soulager ses douleurs d’arthrite rhumatoïde.

Nous visitons les lieux sous l’étroite surveillance du personnel, car le respect pour la monarchie est primordial. Le culte royal est essentiel dans le pays, et marque de nombreuses facettes de notre quotidien. Ainsi, tous les matins au travail, mais aussi avant les séances de cinéma, l’hymne à la gloire du roi est joué: chacun se lève, arrête ses activités, fait silence ou chante. A la fin, on s’incline en direction d’un portrait du roi -il y en a dans toutes les pièces de l’usine. Saviez-vous également que c’est en Thaïlande que les peines sont les plus lourdes, en cas de crime de lèse-majesté?

La visite a déjà été longue.

Les enfants sont irréprochables. Mais Petit-Deux n’en peut plus. Il voudrait s’assoir par terre, dans l’un des grands couloirs de tek. Je demande la permission à une guide. A la vue du joli minois blond et de mon gros ventre, elle donne son aval, outrepassant sans doute quelques règles de bienséance. Nous trouvons un coin discret. Avec une grande gentillesse, et pour nous éviter tout ennui, la jeune femme restera aux côtés de notre petit bonhomme le temps qu’il se repose.

L’intérieur du palais Mrigadayavan est aussi sublime de sobriété que le laissaient présager les jardins. Chaque membre de la famille royale a ses propres appartements, séparés les uns des autres par de grands couloirs surélevés, ouverts au vent. Le mobilier est simple mais d’un extrême bon goût. Les pièces sont de tailles raisonnables mais confortables et dignes d’une famille régnante. L’architecture n’a rien à voir avec le faste flamboyant des palais de Bangkok, là où se joue l’essentiel de la vie politique… Mais qu’elle est belle, cette résidence d’été!

Des bises de nous tous,

Les « Tout-Terrain »

 

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