Avr 20

Sur les routes avec les enfants

On a entassé comme on a pu les valises et les sacs dans la voiture. C’est plein de poussière et de bouteilles vides. Et des papiers de bouffe, un peu. On rentre avec des sentiments mêlés. Le regret que ce soit déjà fini. Et du soulagement, à l’idée qu’on va pouvoir enfin nettoyer cette voiture qui colle de partout. C’est le dernier jour de nos vacances de Songkran, sur les routes de l’Isan. On égraine les kilomètres qui nous ramènent chez nous. Et on s’extasie encore et encore de nos belles découvertes. Des anecdotes incroyables ou toutes tendres. Des rencontres pétillantes. Et deux ou trois galères pour faire bonne mesure.

Moines novices en Isan

Moines novices d’Isan

C’était la deuxième année consécutive que nous partions pour l’Isan, pour notre unique semaine de vacances « loisirs » annuelle. C’est dire si c’est une région qu’on adore.

– Bon, touristiquement parlant, c’est pas le plus attractif. Mais qu’est-ce qu’on y a passé de beaux moments! Tu te souviens de ce qui a bien pu nous faire atterrir là-bas, au départ?
– Bien sûr, c’était les temples Khmers! Chez nous, c’est comme Pavlov, on entend « vielles pierres et ça nous fait saliver illico!
– C’est vrai! Il y a quelque chose de ça! Et puis on a découvert la beauté des campagnes jaunies par le soleil, les céréales qui sèchent au bord des routes, les buffles et leur pique-buffle. La gentillesse des gens, la simplicité et la lenteur du quotidien…

Cereales qui sechent au bord de la route

Céréales qui sèchent sur les routes d’Isan

– Ca me rappelle ce vieux monsieur de Ban Prasat… Tu revois? Il avait la peau si marron et lustrée qu’elle ressemblait a un papyrus… Tu sais, celui qui nous a vendu une guitare en peau de serpent… On aurait dit qu’il n’avait pas bougé depuis des siècles. Il ne savait même pas écrire. T’imagines à quoi ressemblait sa campagne, quand il est né? Et tous les changements qu’il a traversés…
– Et cet Anglais à Udon Thani… Quand il était arrivé, il y a vingt ans, il n’y avait pas de routes goudronnées ni d’électricité. Et pendant la saison des pluies, les gens avaient de l’eau jusqu’à la taille, dans les rues…

Buffles d'Isan

Buffles sur les routes d’Isan

Ca ralentit. Les usines rouvrent dans deux jours et c’est déjà l’heure du grand retour. Des files de pickups pleins à craquer essaient de ruser pour doubler en premier sur cette route de deux voies et demie. La « demie » du milieu est réservée aux croyants, certains qu’une place au paradis les attend. Parce nous nous en tout cas, nous ne nous y aventurons pas. En Thaïlande, les routes sont parfois un peu Rock & Roll, quand même. Enfin, les conducteurs, surtout.

– Et quel plaisir de voyager avec les enfants. Ils ont été idéaux, cette année encore…
– Enfin presque… surtout après le bon savon du deuxième jour. Comme quoi, un petit coup de pression, ça aide toujours à se mettre dans l’ambiance. Mais quel plaisir de voir combien ils commencent à profiter des lieux, des explications…
– Petit-Un m’a dit hier que ce qu’il avait préféré du voyage, c’était le temple Khmer de Phanom Rung, ses dédales de couloirs sacrés, ses Nâgas et ses chauves-souris. J’adore qu’on puisse partager ça avec lui!

Nagas de Phanom Rung

Des Nâgas de Phanom Rung

– Et t’as demandé à Petit-Deux aussi?
– Tu ne devineras jamais ce qui l’a le plus marqué… Les ascenseurs!
– Tiens donc! On a déjà dû essayer la moitié des ascenseurs du pays! D’ailleurs, je ne sais pas si t’as remarqué, mais si on veut rappeler un endroit à Petit-Deux, il suffit de lui décrire l’ascenseur.
– Plaisanterie mise à part, il s’est drôlement intéressé à nos visites, ce p’tit bonhomme. Il a retenu les noms, les histoires, et très bien compris les contextes.
– C’était une tres bonne idée, d’ailleurs, ces interrogations orales de fins de visite! Ca nous a coûté deux paquets de Mentos pour la semaine, mais quelle motivation pour les enfants, au moment de répondre à nos quizz!

Les garcons

Les garçons feuilletant ensemble une revue automobile

Ca ralentit encore. Le pick-up de devant se fait asperger d’eau orangée. C’est le dernier jour des festivités de Songkran. Cette année pour la première fois, nos enfants ont eu l’occasion, eux aussi, de balancer des seaux d’eau sur les passants depuis le bord de la route. Un grand moment d’anthologie que je vous raconterai bientôt. (Je vous raconterai tout le voyage en fait… aujourd’hui, c’est juste une mise en bouche.) Au fil des chemins, notre voiture en a vu de toutes les couleurs… Du talc, du rouge, du rose, du vert, et la poussière ocre des chemins. Papa-Tout-Terrain a même inscrit « Parent-Tout-Terrain » sur la portière. (Il l’effacera, à la va-vite avec sa chaussette lorsqu’il réalisera qu’on l’avait oublié, le lundi matin en arrivant au bureau.) C’est un condensé de notre beau voyage que l’on retrouve sur la carrosserie… On ne peut pas s’empêcher de sourire quand on la regarde.

Titine

La fameuse Titine

On lui en fait voir à notre Titine! (Oui, Papa-Tout-Terrain a donné un nom à la voiture. A vous aussi, ça vous fait bizarre?) Pleine comme un œuf et remplie par tous les bouts, elle nous a vaillamment secondé à chaque étape du voyage.

Sur les routes avec les enfants

On passe devant l’entrée du parc naturel de Ta Phraya. Ca fait déjà quatre heures qu’on roule, pour un trajet qui aurait dû en durer la moitié. Il est temps de se dégourdir les jambes. On s’y engouffre. Personne pour nous vendre de billets à l’entrée. Papa-Tout-Terrain cherche partout et trouve un ranger égaré dans le Visitor Center. Il parle aussi peu anglais que nous le thaï. « Ticket? Ticket? » Le fonctionnaire balaie la question d’un revers de main. Les points d’intérêts des lieux? On mime une chute d’eau sans éveiller une lueur d’intelligence. En désespoir de cause, on se dit qu’on verra bien.

En fait il n’y a pas de route. Juste un chemin avec beaucoup d’ornières. Ca cahote dur. Et ça réveille Miss-Trois.

– Quand même, elle est incroyablement tout-terrain, notre Miss-Punk! Elle nous a suivis partout, sans jamais râler, toujours les yeux grands ouverts à tout regarder.
– C’est juste un bébé idéal! Elle dort discretos dans le porte-bébé quand c’est son moment. Elle boit quand on lui propose. A la bouteille, même! Elle a un bon coup de fourchette et aime tout, le riz frit et n’importe quel légume… Elle n’a jamais faim ni soif ni trop chaud ni trop froid…
– Clairement, on va pouvoir en faire quelque chose, de cette enfant! C’est de la bonne graine! Tu crois qu’on est fous, sur les routes avec nos bébés si jeunes?

Miss-Punk

La décidément très Tout-Terrain Miss-Punk

– Bah, finalement, elle est bien heureuse, elle. Elle a juste besoin de nous. L’environnement elle s’en fiche un peu, tant que ses frères sont là pour la faire se marrer et nous pour la câliner.
– Ou l’inverse… Je pense quand même qu’elle en gardera quelque chose en grandissant… Peut-être l’essence du voyage… Le plaisir de la curiosité, de regarder… L’esprit de découvrir et d’être ensemble.
– Oui, être ensemble… Ca fait une semaine que je rêve de pouvoir prendre une douche tout seul…

On roule depuis bien vingt-cinq minutes et toujours rien n’a l’horizon. (Il n’y a pas d’horizon, d’ailleurs. On est dans la forêt tropicale.) Un chemin est flèche sur la droite. Avec une photo d’ours. Ca n’est pas complètement rassurant mais on est en voiture. On voit décoller quelques magnifiques rapaces.

Papillons de Ta Phraya

Papillons du parc national de Ta Phraya

Dix kilomètres plus loin, on atteint le bout. Heureusement, parce que la route finissait par ne plus être très praticable. Il n’y a rien. Juste un panneau avec une photo de tigre. (Il en reste quelques uns à l’état sauvage en Asie.) On flippe un peu. Je n’ose même plus sortir de la voiture pour un besoin pressant. On fait demi-tour en priant pour ne pas tomber en panne. On a bien vu quelques voitures de rangers garées, mais pas âme qui vive. Enfin si, de magnifiques papillons qui se regroupent autour des flaques d’eau. Mais ce n’est pas eux qui pousseront si le moteur nous lâche. (J’ai souvent tendance à m’affoler pour un rien et imaginer le pire quand je ne suis pas à l’aise. Heureusement que Papa-Tout-Terrain est bien plus placide.)

Au terme de plus d’une heure de pistes, nous retrouvons finalement la sortie du parc. Nous avons tourné en rond sans même oser mettre le nez dehors. Et les deux grands se sont endormis… Qu’à cela ne tienne, nous reprenons le chemin de la maison que nous rallierons finalement six heures plus tard. Les yeux pleins d’étoiles de nos belles vacances…

Procession Religieuse en Isan

Procession religieuse pour Songkran, sur les routes d’Isan

 

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Avr 17

Le riz gluant au lait de coco – recette thaï

Bonne année! C’est toujours les vacances de Songkran, le Nouvel An Khmer, en Thaïlande!

Pour fêter ça, on va se mettre en cuisine! Je vous propose la recette du riz gluant au lait de coco, qui se déguste généralement avec de la mangue! Il s’agit d’une recette très populaire en Thaïlande, et qui répond au doux nom de khao niao mamuang. Ca a l’air poétique comme ça, mais khao niao veut dire « riz gluant » et mamuang veut dire « mangue ». L’appellation est donc très prosaïque. Quant à la dégustation, c’est une vraie tuerie!

 

Ingrédients pour quatre gourmands

(Il faudra vous y prendre une bonne demi-journée à l’avance, à cause du temps de trempage du riz gluant.)

  • 300 grammes de riz gluant
  • Un demi-litre de lait de coco
  • 150 grammes de sucre de palme
  • Des mangues

 

Trouver les ingrédients principaux…

La base de la recette c’est le riz gluant. Vous pourrez en trouver dans les épiceries asiatiques sous le nom de riz gluant ou « glutinous rice ». Ce riz se cuit un peu différemment du riz normal, et je trouve que son goût est plus fin. C’est un féculent qui se consomme surtout dans le nord-est de la Thaïlande, dans l’Issan, mais également au Laos attenant.

Vous trouverez le lait de coco dans n’importe quel hypermarché. Ne le confondez pas avec l’eau de coco. L’eau de coco est translucide: c’est le liquide qui s’échappe quand on ouvre la noix de coco. C’est très bon mais pas assez gras. Le lait de coco, lui, est blanc. Il est préparé à partir de la pulpe de la noix de coco râpée.

Le sucre de palme, pour finir, est fabriqué à partir des fleurs du palmier à sucre. On l’achète sous forme de petits palets ou parfois d’un gros pain. En Thaïlande, il est vendu sur le bord de la route, dans les zones de palmeraies. Mais sinon, vous en trouverez dans les épiceries asiatiques. Faute de sucre de palme, on peut mettre du sucre roux ou même du sucre blanc. Les deux premiers sont plus parfumés. Mais le sucre blanc permet de présenter à table un riz plus clair, que je trouve esthétique, aussi.

Sucre de palme pour le khao niao mamuang

Au moment de servir votre dessert, si vous avez des mangues, c’est l’occasion ou jamais d’en faire bon usage! Mais sans mangues, j’accompagne le dessert d’autres fruits, comme des lichies en boite pour faire exotique, ou des poires bien parfumées, tout simplement. D’ailleurs, faute de mangues, il m’arrive de servir le dessert sans fruit et ça ne déranger personne à la maison!

 

Lavage et trempage du riz

On commence par laver le riz. On le met dans un grand saladier, on le recouvre d’eau et on touille. Lors des premiers lavages, l’eau va se troubler, car le riz se débarrasse de son amidon et de ses résidus. Ensuite, l’eau reste bien claire.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

On passe ensuite à la phase de trempage. C’est très important, car sinon le riz ne cuit pas comme il faut. J’en ai fait l’expérience à mes dépends à Noël, alors qu’on m’avait commandé un riz gluant pour vingt-cinq personne et que j’ai voulu faire la maligne et gagner du temps. (Le résultat était vraiment loupé loupé!) En général, je fais tremper une douzaine d’heures.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

La nounou qui s’est étonnée que je prenne mon riz en photo a ajouté quelques commentaires, du coup. Pour trois cents grammes de riz, elle estime que deux à trois heures de trempage peuvent suffire. Avant de passer à la cuisson, il faut juste vérifier sur un grain de riz qu’il est devenu friable, entre deux doigts. (Mais il faut appuyer drôlement fort, tout de même, je trouve. Même après douze heures de trempage.) En revanche, si l’on peut faire tremper plus longuement, le résultat n’en sera que meilleur!

 

La cuisson du riz

Traditionnellement, le riz gluant se cuit dans une sorte de grand « chapeau » de bambou tressé, que l’on place sur une marmite à la forme particulière, et dans laquelle on fait bouillir de l’eau. Le chapeau confère au riz un petit arrière-goût végétal intéressant. Mais si vous ne possédez rien de tel, vous pouvez utiliser un chinois ou un égouttoir métallique, perché sur une casserole d’eau bouillante. On recouvre le tout d’un couvercle.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

Ma nounou, qui passait encore par là, m’a fait remarquer que j’ai choisi une casserole beaucoup trop grosse pour mon chapeau. « Vous savez qu’il existe des casseroles beaucoup plus petites? » Effectivement, je les ai vues dans le magasin. Bref, elle me confirme que ça marchera pareil, mais qu’on va galérer à trouver une place dans les placards pour la ranger. Elle n’a pas tort.

Avant de lancer la cuisson, on mouille le chapeau à l’eau, pour éviter qu’il ne brûle.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

Toutes les dix minutes –ou quand on pense- on secoue le riz. On prend le chapeau en main, et d’un geste de poignet vif et élégant, on essaie de faire se rassembler le riz gluant vers le centre. Très vite va se former une grosse boule qui reste solidaire, et il suffira ensuite de faire tourner la boule. L’objectif est que le riz soit cuit partout pareil. Puis on rebouche avec le couvercle avant de revenir secouer à nouveau un peu plus tard. Le riz est cuit quand il n’est plus croustillant au milieu. Le temps de cuisson oscille entre quinze et quarante-cinq minutes, en fonction de la fraîcheur du riz (le riz tout juste récolté cuit super vite) et de combien de temps vous l’avez laissé tremper (plus il aura trempé longtemps, plus la cuisson en sera rapide).

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

 

Alternatives à la cuisson du riz « dans le chapeau »

Il existe des alternatives qui demandent moins d’équipement et moins de temps. Quand je suis pressée, la cuisson à la cocotte minute –après trempage- fonctionne aussi très bien et va plus vite. Une quinzaine de minutes environ. Mais comme les trous du panier sont assez éloignés les uns des autres, je trouve que la couche inférieure du riz a tendance à se détremper un peu.

Une dernière solution est la cuisson micro-ondes. Après une heure de trempage, on recouvre le riz d’eau et on laisse un petit centimètre en plus, au dessus du riz. On met à cuire cinq minutes au four à micro-ondes. On mélange. Puis on remet en cuisson par tranches de trente seconde, jusqu’à obtention d’un riz satisfaisant. Cette technique est très pratique si l’on veut manger du riz gluant au lait de coco. En revanche, je trouve le résultat trop humide pour être consommé en accompagnement d’un plat salé.

 

La sauce au lait de coco

On met le sucre et le lait de coco dans une casserole à feu doux. L’idéal est de ne pas laisser bouillir le mélange. Le sucre se dissout dans le lait de coco et c’est prêt.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

Les Thaïs ont l’habitude de saler la préparation. Style beaucoup. Avec une pleine cuillère de sel, quoi. On sent vraiment le goût salé. Mais dans la famille, on préfère sans le sel, et d’ailleurs, tout le monde est d’accord pour dire que mon riz gluant au lait de coco est bien meilleur encore que la recette originale… Alors à vous de voir, hein, je ne veux pas du tout vous influencer…

On verse ensuite la moitié de la sauce encore chaude sur le riz et on mélange. On poêle un peu le riz avec sa sauce au lait de coco histoire que le liquide soit bien absorbé, et c’est prêt!

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

Notre nounou vient de repasser. Elle a dit que c’était très bien que ça sentait bon! (Elle est pourtant plutôt avare en compliments.)

En Thaïlande, le riz gluant peut être servi chaud ou à température ambiante. A la maison, Papa-Tout-Terrain le préfère bien froid. Moi je le trouve toujours bon.

Au moment du service, on proposera une grosse quenelle de riz gluant sucré à côté d’une mangue découpée. Le reste de la sauce au lait de coco est laissé à disposition, pour un assaisonnement au goût.

De toute évidence, je ne suis pas une blogueuse culinaire. En reprenant mes photos a posteriori, je réalise combien la présentation finale est moche moche moche! C’est une catastrophe! Bon, je n’ai que ça alors je vous le mets quand même. Et je vous rajoute aussi une photo de riz gluant du commerce qui est un poil mieux. Mille pardons! Et bon appétit quand même…

Khao niao mamuang du commerce

 

Le riz gluant autrement…

Puisque vous savez maintenant tout de la cuisson du riz gluant, et que vous en aurez bientôt sous la main, je vous recommande de l’essayer également en plat salé. Ca se cuit pareil. Et on peut le manger à la place du riz normal, avec tout. La façon la plus populaire de le déguster, c’est de l’accompagner de poulet grillé au barbecue.

Traditionnellement, le riz gluant se mangera avec les doigts. On forme tout simplement une boulette de la taille d’une bouchée, à laquelle on adjoint un peu de poulet –ou un autre aliment- pour parfumer. C’est le grand délice de nos enfants, et ils en mangent des quantités impressionnantes!

 

 

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Avr 13

Songkran, le Nouvel An Khmer à l’école

C’est les vacances! Nous fêtons le Nouvel An Khmer aujourd’hui. En Thaïlande, cette fête s’appelle Songkran.

Depuis plusieurs semaines, le pays est en ébullition. On baigne dans une ambiance sympathique et fiévreuse d’avant les grandes fêtes. La même que les semaines qui précédent le Nouvel An chinois, en Chine. Ou bien sûr, la période de l’Avent en Occident. Collectivement, chacun s’agite. On prépare ses vacances. On réserve ses billets pour les congés. Les supermarchés sont pleins et les chariots débordent de victuailles alléchantes. Les gens ont l’air plus pressé et plus content qu’à l’habitude. Le matin, la nounou a très envie de papoter. Elle me raconte sa belle-mère en vacances, sa famille, ses grands enfants…

(Je ne reprendrai pas ici toute les explications des festivités de Songkran. Vous pouvez les retrouver dans mon billet de l’année dernière sur le Nouvel An Thaï, et également lire les jolies batailles d’eau auxquelles nous avons assisté dans la province de Kalasin, après la visite du musée des dinosaures.)

Songkran a Kalasin

 

La grande transhumance

Coup de tonnerre cependant la semaine dernière. La législation a changé. Il est désormais interdit de charger plus de personnes dans les voitures qu’il n’y a de ceintures de sécurité. La police a immédiatement mis la loi en application et réellement sanctionné les contrevenants. Dans beaucoup de familles, c’était une catastrophe. C’est justement pour Songkran que l’on a besoin de déplacer tout le monde. Pour les raisons fiscales, les pick-ups coûtent beaucoup moins cher que les voitures de tourisme. Cette solution a donc été privilégiée de longue date par les Thaïs. On rajoute facilement quelques personnes dans l’habitacle… sans compter ceux qui seront transportés dans la benne du véhicule, pour les convois exceptionnels.

Departs pour Songkran

Source: Bangkok Post

Bref, c’était le branle-bas de combat. Notre nounou a passé des heures au téléphone avec ses copines pour trouver des solutions alternatives. Les autorités du pays ont bien suggéré de prendre des bus, mais la plupart des billets étaient déjà réservés et bien sûr, les prix se sont envolés. La décision du gouvernement peut sembler surprenante à la veille des plus importants congés du pays. Elle avait néanmoins pour objectif de limiter la mortalité routière, qui explose toujours sur cette période.

La population a cependant tant grondé que, deux jours plus tard, l’application de la mesure a été suspendue et reportée à après les fêtes. Même si les questions de sécurité routière subsistent, c’est plus humain ainsi. Car c’est naturellement les personnes les plus modestes qui auraient été le plus durement impactées par cette nouvelle loi.

 

Le Nouvel An Khmer et le deuil national

Cette année sera également particulière, en raison du deuil national qui affecte la Thaïlande depuis la disparition du Roi Bhumibol, en octobre dernier. Pour 2017, les manifestations trop bruyantes et trop voyantes doivent être annulées. Les autorités ont demandé à la population de se concentrer sur les rites plus traditionnels, comme les offrandes aux temples ou l’aspersion à l’eau. L’on verse d’abord de l’eau sur des figures bouddhistes, qui assureront la bonne fortune. Puis l’on asperge ses parents, ses proches, ses amis, pour les laver du mauvais sort. J’imagine qu’une plus grande retenue qu’à l’habitude sera de rigueur, mais l’on voit tout de même des pistolets à eau (enfin plutôt des bazookas à eau) en vente partout dans les commerces.

Cette année, même l’école a choisi l’annuler les activités festives du Nouvel An Khmer. C’est pourtant un moment que les élèves attendent avec impatience, pour pouvoir arroser leurs professeurs. Un an après, Petit-Un n’en n’est d’ailleurs toujours pas revenu. Il me raconte souvent, un peu penaud, mais avec une satisfaction non dissimulée: « Tu te rends compte. J’ai jeté de l’eau sur Miss Ann! »

Cette année, les réjouissances sont remplacées par une « Songkran Assembly », avec hymne national et hommages au feu Roi. C’est normal, eu égard au contexte. Pour ne pas priver les plus jeunes, les professeurs de maternelle ont malgré tout eu l’idée d’organiser un « Color Run » et des jeux d’eau, suivi d’un buffet convivial avec les parents.

 

Le Color Run

Jusqu’à ce jour, je n’avais aucune idée de ce qu’était un « Color Run », mais je vois que même Paris en organise, alors vous êtes sûrement mieux renseignés que moi. Le concept est de faire courir les participants et de les recouvrir de poudres colorées au fil du parcours.

L’idée est très bien vue. Le « Color Run » est une activité indépendante de Songkran, et l’événement a été organisé un peu avant la date de la fête pour éviter toute confusion. Mais en même temps, les poudres de couleur jouent un rôle central dans le Nouvel An Khmer. Elles symbolisent le renouveau et la joie des festivités. Et elles peuvent également être pulvérisées sur les parents et les proches, en guise de bonne fortune.

Les Mamans volontaires avaient été conviées à se joindre au groupe, pour aider à lancer les couleurs sur les enfants. J’en étais. Les maîtresses avaient préparé et mixé des kilos de poudres colorées, balisé le parcours, et globalement très bien organisé l’événement.

J’étais en charge du stand « purple ». Violet, quoi. Je devais le tenir avec une nounou du voisinage que je connais bien, car elle vient souvent à la maison. C’est une dame joviale et un peu excentrique qui ne me croise jamais sans me dire que j’ai de gros seins. Tout de suite j’adore et ça me met à l’aise. Ca n’a d’ailleurs pas manqué. Elle m’a dit bonjour et que j’avais de gros seins. Sur ces bonnes bases on a commencé à lancer la poudre. J’étais très détendue.

 

Bonne année et beaucoup de bonheur!

Très vite des dizaines d’enfants sont arrivés ventre à terre. Il fallait bien viser. Assez bas pour qu’ils n’inhalent pas de poussières, et assez haut pour colorer leur tee-shirt. Petit-Un et Petit-Deux étaient très contents de me voir. Ils se sont bien défendus à la course. Car bien qu’il n’y ait pas eu de chronomètre, j’ai été surprise par l’esprit de compétition des enfants, qui tenaient un classement précis des ordres d’arrivée.

Apres le Color Run

Entre les enfants, ma co-lanceuse et moi-même avons essayé de papoter, sans grand succès, faute de langue commune. Du coup j’ai fait mine de l’empoudrer, histoire de tâter le terrain. Ca lui a beaucoup plu et elle m’a répondu d’un grand nuage violet. Elle m’a souhaité une bonne année et beaucoup de bonheur. Et m’a demandé si je voulais bien faire de même. Et puis on s’est encore jeté de la poudre, pour plus de sûreté niveau bonheur et un peu pour le plaisir, aussi.

Apres le Color Run

La course a tellement amusé les enfants qu’ils ont refait la boucle trois fois. Des grands de collège, venus les encourager, on également couru. Ca file drôlement vite, à cet âge là, et c’est très difficile de les avoir! Il y en a même un qui a sauté un buisson (le lâche), pour parvenir à m’échapper! A ce moment là, j’ai d’ailleurs appris à mes dépends qu’il ne fallait surtout pas jeter de poudre en courant, dans le dos de quelqu’un qui court… tout m’est revenu directement dans les yeux! (J’aurais pu réfléchir avant, aussi.)

 

Des festivités très réussies!

Quand la maîtresse a frappé dans ses mains pour réunir le groupe, j’étais en sueur. Et aussi rouge et colorée que les élèves. Ca a beaucoup amusé les Mamans japonaises, qui au terme de la même activité n’avaient pas un cheveu qui dépassait, et pas un grain de poudre sur les habits. Je ne sais même pas comment elles ont fait. Les Mamans japonaises sont vraiment extraordinaires.

Petit-Un et les jeux d'eau

Des activités de jeux d’eau ont suivi. On pouvait faire des bulles, délivrer des dinosaures emprisonnés dans des glaçons, jouer avec des éponges, de la mousse et des bassins d’eau colorée. Les enfants étaient fous de joie. Petit-Deux m’a fait promettre d’organiser à nouveau ces activités à la maison.

Petit-Deux apres les jeux d'eau

A ce moment là, une petite dame thaïe que je ne connaissais pas s’est approchée timidement de moi. Je pense que c’était une femme de ménage de l’école. Elle m’a jeté de la poudre dessus, m’a souhaité du bonheur pour la nouvelle année, puis j’ai fait de même. Ca avait l’air de lui tenir à cœur et elle a semblée ravie. Je n’imaginais pas du tout que ce lancer de poudres colorées pouvait avoir une signification si forte pour les Thaïs.

La journée s’est conclue par un buffet sympathique, préparé par les parents, avec des spécialités de leurs pays d’origine. J’en étais rendue aux kimbap, des sortes de makis coréens, quand Petit-Un me tire par la manche d’un air mysterieux: « Maman, Maman, je crois que j’ai trouvé un squelette dans mon poulet! » Il y avait bien un os, effectivement.

 

Nous vous souhaitons à tous de très joyeuses fêtes de Songkran!

 

 

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Avr 10

Une naissance mouvementée en Thaïlande

Deux jours avant la naissance de Miss-Trois, je suis entrée dans la phase terminale de la grossesse, celle où l’on sait avec une certitude absolue que jamais l’on accouchera. Que l’on restera enceinte pour toujours. Que de toute façon ce bébé ne veut pas naître. Et vivra jusqu’à son adolescence dans mon utérus. Au moins. Bref, que dans quinze ans j’en serais encore au même point: enceinte.

 

Aux grands maux les grands remèdes

J’étais alors terriblement angoissée. Et angoissante. J’infligeais à Papa-Tout-Terrain des ascenseurs émotionnels permanents. « Je suis sûre que j’ai perdu les eaux… » « Bah non en fait laisse tomber, c’est Petit-Deux qui m’a bavé son jus d’orange dessus. » « Je crois qu’elle ne n’aime pas et c’est pour ca qu’elle veut pas naître. » « Tu crois qu’elle bouge comme il faut? On peut la réveiller pour être sûrs qu’elle bouge comme il faut? »

C’est dans ces moments, d’ailleurs, que cinq ans plus tôt, Petit-Un-qui-ne-voulait-pas-naître-non-plus avait hérité d’un surnom toujours en usage parmi nous: « sac à main ». A environ cinq heures du matin et en pleine crise d’angoisse insomniaque, j’avais maugréé qu’il n’arriverait jamais ce « sale gamin ». Tiré brusquement de son sommeil, Papa-Tout-Terrain m’avait mollement regardée: « Sac a main? »… L’appellation subsiste aujourd’hui, pour qualifier les petits coquins du quotidien.

Quand j’en arrive à ces extrémités, il est temps de passer aux grands moyens. A Shanghai je montais mes trente-six étages. Faute de verticalité, ici, j’ai fait des tours de quartier. Ventre à terre. Mon exaltation était à son comble. Dissimulée derrière un immense chapeau et d’énormes lunettes de soleil, j’ai sillonné les allées de la résidence avec toute la vitesse que me conféraient mes jambes boudinées. Aux vues de la taille de mon ventre, je pense avoir été reconnue, mais les voisines ont eu la gentillesse de ne pas me héler en ces moments pénibles.

Quelques mètres en retrait me suivait un étrange cortège. Inquiet que je ne me trouve mal sous la chaleur écrasante du mois d’août, Papa-Tout-Terrain –qui mérite bien son auréole- avait entrepris de me suivre en voiture, m’approvisionnant en eau, en encouragements et en mots tendres. Tout en gardant un œil attentif sur nos deux aînés qui siestaient à l’arrière. (Cet homme est une perle.)

 

 

Dernieres balades avant la naissance - Copy

Faux départ…

J’ai parcouru pas mal de kilomètres. Transpiré pas mal de litres. Et aussi fait pas mal d’heures d’escaliers à la maison, surtout au milieu de la nuit… et les contractions sont finalement venues. Toutes les cinq minutes. Plusieurs heures. Elles faisaient mal juste comme il faut. Parfait! Nous avons appelé la nounou pour garder les grands, vérifié qu’il y avait bien Top Gear sur l’ordinateur, et tranquillement pris le chemin de Bangkok.

C’était le milieu de la soirée. La circulation était plutôt fluide. Nous sommes passés tout juste derrière un orage énorme, qui avait laissé de belles flaques qui faisaient « pchhhff, pchhhff » sur le bord de l’autoroute. La situation était sous contrôle. Nous avons mis la radio, compté les contractions, et roulé tranquillement, sans nous presser. Nous étions heureux. Au terme de près de deux heures de route, nous avons atteint l’hôpital.

Et là, plus de contractions. Pas même une seule. « Vous êtes sûre que c’était des contractions? » Ben oui, c’est mon troisième, quand même. Je vous jure que c’est pas une blague. Monitoring et tout le tintouin. C’est le calme plat. La sage-femme vient me voir très embêtée. « Je suis très désolée, mais vous n’êtes pas en train d’accoucher, Madame. Rien d’ailleurs ne laisse supposer que vous pourriez accoucher à court terme. Mais si vous voulez vous pouvez peut être revenir un autre jour. »

Je triomphais! Je le savais. C’était sûr! Je vous le disais bien. Je n’accoucherais jamais. Et dans dix ans je serais toujours comme ça!

Du coup on est rentrés chez nous. Toujours pas de contractions. On a dit désolé à la nounou. La naissance, c’est pas pour aujourd’hui. Et puis on s’est couchés. Il était deux heures du matin.

 

Nouveau départ

Deux heures cinq. Dans mon ventre, la puce bouge dans tous les sens. Je me relève d’un bond. « En fait il va falloir y aller, finalement. » « Mmmmm » répond Papa-Tout-Terrain qui possède l’extraordinaire faculté de s’endormir en deux secondes. « J’ai perdu les eaux. » Tout de suite, ça l’a bien réveillé.

On est repartis à bride abattue, sous le regard dubitatif de la nounou qui avait l’air de se demander si cette fois serait la bonne. Le trajet n’a duré qu’une heure vingt-neuf. Papa-Tout-Terrain a foncé. Je m’en souviens très bien car j’ai gardé les yeux rivés sur l’horloge, tout du long. Ca commençait à devenir douloureux et j’avais drôlement hâte d’arriver.

Le vigile de l’entrée de l’hôpital s’était un peu assoupi. Pour accélérer, Papa-Tout-Terrain me charge sur un fauteuil roulant et, vif comme le vent, me pousse vers la maternité, pendant que le vigile réveillé en sursaut nous court derrière avec de grands gestes de bras. La sage femme nous accueille avec étonnement. « Mais, vous n’êtes pas en train d’accoucher… » Maintenant si. Je me jette sur un lit. Trois blouses vertes s’approchent de moi pour m’examiner.

« Ca pousse », je dis. Les blouses vertes se mettent à voleter partout dans la pièce. Rien n’est prêt. « Ca pousse vraiment. » Les blouses reviennent à toute allure. Là je me rappelle qu’on a oublié de mettre Top Gear. (J’ai un sens exceptionnel des priorités dans les situations d’urgence.) Trop tard. Quelques minutes après, Miss-Trois est dans mes bras. Elle est née très en forme, et heureusement très rapidement, car elle avait trois tours et demi de cordon autour du cou. Enfin, je la serre fort dans mes bras. Je serre fort la main de Papa-Tout-Terrain. Nous sommes cinq à présent.

 

Tracas

Par malchance, mon utérus a décidé de faire le malin quelques minutes plus tard et de faire une hémorragie. Nouveau papillonnement des blouses vertes. On me prend mon bébé. Papa-Tout-Terrain est tout blanc. Il me dit de ne pas fermer les yeux.

Je pense très fort à Petit-Deux, à qui j’ai promis de rentrer au plus vite. Il a besoin de moi pour dormir.

On est têtus dans la famille. On ne va pas se laisser faire par une petite hémorragie. Petit-Deux est si obstiné qu’il a réussi à réparer un ascenseur en panne par la seule force de la volonté. Petit-Un est drôlement entêté lui aussi. Il y a quelques mois, il a arrêté d’utiliser sa sucette sacrée tout d’un coup, le jour où il a décidé de l’offrir en cadeau au bébé à venir.

Et avec Papa-Tout-Terrain, à nous deux, on est sacrément coriaces! Combien de fois a-t-on gravi main dans la main, nos trente-six étages pour accoucher? Et la poussière qu’on a bouffée ensemble, à moto, sur les routes du Cambodge? Et ces nuits d’insomnies à veiller les enfants ou à refaire le monde, qu’on voudrait juste un tout petit peu meilleur?… On est têtus chez nous. Alors je garde les yeux bien ouverts, et me perds dans le regard de mon amoureux.

 

Le bon choix

Mon médecin a été exactement comme nous l’attendions: formidable et très humaine. Elle a réagi très vite, m’a colmatée nickel puis transfusée.

Papa-Tout-Terrain a enfin semblé un peu rassuré. Il a fait des allers-retours vers la pouponnière pour câliner Miss-Trois et la prendre en photo pour moi. J’ai réalisé que je ne l’ai pas encore vue. Je l’avais serrée si fort contre moi que je ne l’avais pas regardée. Elle était belle. Elle ressemblait à ma sœur. (Coucou sœurette!)

L’équipe de puériculture a été parfaite. Les dames ont réchauffé, habillé, emmailloté et bercé notre princesse. Je voulais l’allaiter. Elles l’ont fait attendre sans biberon. Et aucun soin ne lui a été dispensé, tant que nous étions empêchés d’être auprès d’elle. Elles l’ont juste câlinée. Visiblement très bien, d’ailleurs. Car j’ai été étonnée de la sérénité de Miss-Trois, quand j’ai enfin pu la revoir, après plusieurs heures qui m’ont semblées des siècles.

Alors certes, on a fait des kilomètres pour la naissance de notre puce, mais avec du recul, on ne regrette rien, parce qu’on avait une confiance absolue dans les médecins et les équipes soignantes qui nous ont assistés. Et qu’ils ont été extraordinaires avec nous.

 

Séjour « bien être » à l’hôpital cinq étoiles

Papa-Tout-Terrain et moi, on est tout de suite tombés follement amoureux de Miss-Trois. Elle avait de grands yeux de velours, qui regardaient le monde avec curiosité. C’était les miens. De son Papa, elle avait hérite d’une douceur infinie. Et de mignons cheveux en porc-épic, qui lui ont valu le surnom de Princesse-Punk. (Coucou et merci à l’auteure de l’appellation!)

Le séjour à l’hôpital a été une succession de jolis instants magiques. Nous avons passé des heures à nous émerveiller devant notre puce. Nous avons regardé quelques films en entier sans être interrompus. Ca fait cinq ans que ça ne nous était pas arrivé, et ça ne reviendra sans doute pas avant cinq ans.

Nous avons été gâtés et choyés, par un personnel aux petits soins qui n’arrêtait pas de nous apporter de la tisane de gingembre. J’étais aux anges car j’adore! J’ai appris par la suite que c’était pour aider l’utérus à reprendre sa taille normale. Mais je ne sais pas pourquoi ils en servaient aussi à Papa-Tout-Terrain, qui n’a pas d’utérus, lui.

Cerise sur le gâteau, durant nos deux jours en pension cinq étoiles, nous n’avons pas changé une seule couche! Car cela fait partie du service. Il suffit de biper pour qu’une puéricultrice apparaisse par magie et change le bébé pour nous! Pour notre aîné, en Chine, nous avions mis un point d’honneur à nous débrouiller tous seuls. Vous comprenez, la magie du méconium et tout et tout… Avec Miss-Trois, en revanche, on connaissait la chanson: une couche de moins c’est une couche de moins. C’est toujours une couche de gagnée! Du coup, on a laissé tomber les pipis pour se concentrer sur les câlins. Et ce n’était pas désagréable!

 

Retour parmi les nôtres

Au lendemain de l’accouchement, vers la fin de la journée, nous avons finalement obtenu l’autorisation de rentrer chez nous. Nous avions promis aux garçons que nous serions aussi brefs de possible, et, si agréable qu’ait été le séjour à l’hôpital, c’est en famille que nous avions besoin de nous retrouver.

 

 

Si vous avez loupé les articles précédents de la série, vous pouvez les retrouver ici:

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Avr 05

Belle grimpette dans le parc national de Khao Laem Ya

Dimanche matin, 6h25. Les enfants arrivent pêle-mêle dans la chambre. « Ca y est, il fait soleil. » (Il fait soleil presque tout le temps chez nous, mais il est interdit de se lever la nuit, quand on ne voit pas le soleil.) « Venez voir, le coq est sur la fenêtre! » On a effectivement un nouveau copain à la maison. Un coq errant qui nous a adoptés. Un jour, la nounou a vu des jardiniers essayer de l’attraper pour le manger, ça lui a fait mal au cœur, alors elle a dit que c’était mon coq et qu’il fallait le laisser tranquille. Depuis on lui donne à manger et il passe souvent nous faire coucou. D’après la nounou, il vient là pour se « relaxer ». On voit bien qu’il ne connaît pas encore vraiment nos enfants!

1 - Notre coq

Côtoyer des animaux variés est l’un des plaisirs de notre vie au vert. Après notre copine la chouette, et les tas de bestioles plus ou moins sympatiques du voisinage, nous avons récemment trouvé une ruche sauvage, près de la maison. Les jardiniers ont dit qu’ils allaient pulvériser des produits chimiques pour nous en débarrasser et j’ai dit non. On ne va pas tuer des abeilles, quand même.

2 - Notre ruche sauvage

Cet épisode a été l’occasion d’échanges très intéressants avec les enfants sur le rôle des abeilles dans la nature et sur le déclin de la population d’abeilles. A l’école aussi ils en ont parlé. Ils y ont également évoqué les espèces en voie d’extinction et même acheté des bracelets « Extinction is forever » (=L’extinction, c’est définitif) au profit d’une association de défense des animaux.

 

Le Parc National de Khao Laem Ya

Bref, il est 6h35 et les enfants n’ont pas l’intention de nous laisser feignasser. Grand merci le coq! Heureusement, Papa Tout-Terrain a trouvé une nouvelle idée de balade: le Parc National de Khao Laem Ya.

Khao Laem Ya National Park

Ce parc naturel couvre la magnifique île de Koh Samet, mais se prolonge également sur la côte opposée, côté continent. On peut y parcourir une très jolie promenade en bord de mer, sur des formations géologiques admirablement découpées et colorées. Le chemin alterne entre falaise et petits ponts de bois, pour enjamber les failles et les replis de la roche. Les enfants s’en donnent a cœur joie! On grimpe, saute, s’accroche, enjambe. La nature est un terrain de jeu formidable!

Khao Laem Ya National Park

La balade ne fait que cinq-cents mètres, mais c’est parfait pour des petits! On prend son temps, on ramasse des galets, on profite du paysage.

La roche d’origine est tout en nuances orangées. Mais près de la mer, la rive est plus sombre. C’est le vestige d’une marée noire qui a malheureusement souillé la côte en 2013.

 

Des points de vue extraordinaires

On arrive au bout du chemin, sur une sorte de péninsule qui propose un point de vue admirable sur le large.

Khao Laem Ya National Park

Papa-Tout-Terrain est un bon photographe de l’extrême. Sur les photos, notre excursion semble dangereuse et vertigineuse. Pourtant, même s’il faut toujours rester prudent avec les enfants, je ne nous ai jamais sentis en danger. La roche salée accroche bien aux chaussures. Le sol est stable. On se promène agréablement dans les falaises sans risque de s’approcher trop vite d’à-pics dangereux. Les garçons ont pu se promener de façon autonome, dans la mesure où ils restaient dans notre champ de vision. Et même Miss-Trois s’est essayée au quatre-pattes sur les rochers!

Khao Laem Ya National Park

Partout sur la falaise, des promeneurs ont dressé de petits monticules de cailloux, à la signification religieuse. Pour les bouddhistes, c’est une façon de montrer leur piété envers les textes sacrés de leur religion. Mais cette pratique a aussi des accents animistes. En Thaïlande, nombreux sont ceux qui croient que les pierres, tout comme les arbres, possèdent une âme. Ces petits tas de cailloux sont ainsi des offrandes aux esprits de la nature, qui à leur tour accorderont protection et bonheur au pèlerin.

Khao Laem Ya National Park

Un peu plus loin, les garçons ont trouvé un trou d’eau, dans lequel ils s’amusent à lancer des cailloux. Petit-Deux avise soudain un crabe mort. Il jubile: « Papa, Maman, venez voir! Extinction is forever! »

 

La balade nous a tous énormément séduits. C’est un vrai joli coin, facile d’accès et agréable à la promenade. A ne pas louper, si l’on passe dans la région!

 

Khao Laem Ya National Park en pratique

  • Coordonnées GPS: 12.591019, 101.417838
  • Prix d’entrée pour les étrangers: 200 THB pour les adultes et 100 THB pour les enfants. (Pour les Thaïs, 40 THB pour les adultes et 20 THB pour les enfants.)
  • Ouverture en journée.
  • Si l’on arrive dans les premiers, on peut se garer dans la partie basse du parc, à proximité du départ de la balade. Quand le parking en contrebas est plein, les rangers retiennent les véhicules sur un parking situé en retrait, et plus en hauteur. Il faut alors parcourir deux cent mètres de côte goudronnée et sans intérêt, avant et après la balade. Si l’on a la chance d’avoir des enfants pour se réveiller tôt, mieux vaut donc arriver sur le site aux premières heures!
  • On accède à la deuxième partie du parc naturel, sur Koh Samet, via la jetée d’embarquement de Ban Phe.

 

 

 

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Avr 03

En attendant la naissance d’une petite puce qui ne venait pas…

La grossesse de notre petite puce a été heureuse et sereine, mais ponctuée d’incertitudes, quant aux conditions dans lesquelles elle viendrait au monde. Le risque d’une césarienne de convenance (pour le personnel soignant), m’a en particulier longuement angoissée. Après de nombreux doutes, nous avons par chance rencontré un médecin extraordinaire, en qui nous avons pu placer toute notre confiance. A ce moment-là, nous avons su que nos souhaits pour la naissance de Miss Trois seraient respectés, à moins d’un risque médical avéré.

En attendant la naissance de petite puce

 

Sur la route de l’hôpital

Ce changement de situation de dernière minute comportait néanmoins quelques complications. Notamment celle de se trouver désormais à une heure et demie de route dans l’hôpital. Hors embouteillages, bien sûr. Car nous comptions très fort sur Miss-Trois pour ne pas se manifester aux heures de pointes, là où l’entrée dans Bangkok peut facilement rajouter deux heures au trajet.

Pas complètement inconscients non plus, nous avions fait la liste des établissements hospitaliers situés sur la route, comme options de secours en cas d’urgence. Par ailleurs, je me rassurais en pensant aux presque quarante-huit heures de contractions dont j’avais souffert pour les deux ainés. Il y avait peu de chances pour que notre petite troisième ne nous prenne complètement par surprise.

Notre confiance a cela dit connu des haut et quelques bas, en particulier lorsque nous avons noté -cerise sur le gâteau- que l’accouchement devait tomber en pleine saison des pluies. Les orages d’ici, ce n’est pas de la gnognotte! Trente centimètres d’eau peuvent nous tomber sur la tête en dix minutes et bloquer les routes pendant des heures. Pour ça, il n’y avait pas grand-chose d’autre à faire que de prier Toutatis.

En attendant la naissance de petite puce

 

Contractions et conversations

Avouons le aussi, l’idée de faire avancer les contractions dans la voiture ne me rebutait pas fondamentalement. Car pour la naissance de nos ainés, le travail à l’hôpital m’avait semblé interminable, en raison d’une très forte présence des équipes médicales. Ce n’est pas vraiment de leur faute: la société asiatique est très portée sur le service. Déjà quand on veut faire une course toute bête dans un magasin, on a tout de suite trois vendeuses pour nous tenir la jambe. Dans les hôpitaux de standing, il est donc également bienséant d’être accompagné par tout un tas de personnel.

Lorsque j’ai accouché des deux « grands » à Shanghai, il y avait toujours deux ou trois infirmières dans la chambre en train de vouloir se rendre utile. « Vous voulez un massage Madame? » « Vous êtes sure que vous voulez rester debout pour les contractions, Madame? C’est la première fois que je vois quelqu’un debout pendant les contractions » « Vous voulez un verre d’eau Madame » « Je vous baisse la lumière, vous serez mieux. » « Oh non, en fait, je vais la remonter, la lumière, c’était pas mal avant, d’accord, Madame? » C’était très gentil de leur part, et culturellement normal. Plus encore, dans l’hôpital « cinq étoiles » l’inverse aurait été inacceptable.

Sauf que parler popote entre deux contractions (ou pire, pendant une contraction) ca ne me convient pas du tout.

Craignant de me retrouver à nouveau dans ce cas de figure, je comptais sur mon heure et demie de voiture pour déjà faire passer un peu de temps. Puis pour l’hôpital, nous avions prévu une bonne réserve de vidéos à visionner, histoire que personne n’essaie de me taper la conversation. Depuis le début de la grossesse, je voulais accoucher en regardant Top Gear. Ne me demandez pas pourquoi. C’était juste une certitude.

 

Petit tour à l’immigration

Nous étions prêts. Chaque soir, Papa-Tout-Terrain faisait le plein de la voiture en rentrant du travail, pour parer à toute éventualité. (Cet homme est presque trop parfait pour être honnête… je lui cherche toujours un vice caché…) Ne manquait donc plus que le petit trésor. Facétieuse comme ses deux grands frères, Miss Trois avait cependant décidé de ne pas se presser.

C’est exactement à ce moment là que comme un grand, mon visa de travail a décidé de me faire un coup de Trafalgar. Comme ça, tout seul. Et sans bien sûr que mon entreprise n’y soit pour quoi que ce soit… Il a décidé de ne plus être valide! Oui oui, j’étais illégale, au bord de l’expulsion, et enceinte jusqu’aux yeux. Dans ma tête, je n’ai pas béni ma responsable des ressources humaines. (Elle avait oublié de renouveler un papier pour moi, d’où l’incident.) Mais je me suis seulement énervée dans ma tête. Parce que d’expérience, si on veut régler les problèmes vite en Thaïlande, il ne faut surtout pas se fâcher.

J’ai finalement dû traîner ma bedaine et ma RH dans les bureaux de l’immigration, pour quelques signatures. L’attente semblait longue. Du coup, ma collègue, qui en plus d’être tête en l’air ne brille pas par sa patience, a attiré l’attention d’un responsable: « Regardez, elle est en train d’accoucher! Il faut la faire passer tout de suite. » J’ai eu priorité en tout. Priorité au guichet, mais aussi dans les conversations. J’ai attisé tous les regards et les commentaires. Tout le monde a bien rigolé. Et un peu flippé aussi. Moi j’ai bien joué mon rôle. J’avais une tête très contractée. Mais pas à cause des contractions, juste parce que je n’aime pas me faire remarquer. J’ai fini par avoir mon papier. Et bien sûr, je n’ai pas accouché.

 

En attendant la naissance

Désormais en congé maternité, j’ai alors subi avec plus ou moins de bonne humeur le défilé quotidien et la loquacité de tous les curieux du quartier, venus se renseigner sur l’évolution de mon état. « When do they cut you? » s’est un jour enquis Khun Nee en traçant du haut en bas de son ventre la marque du coup de scalpel. Certes, je comprenais son impatience. Rien qu’à mon air rougeaud, essoufflé et furibond, ca pouvait se voir, que je voulais accoucher, non? Mais personne ne me couperait quoi que ce soit avant le terme. Et que chacun s’occupe de son utérus après tout…

Malgré les appels désespérés de ma nounou à limiter les interrogatoires, les visites ont même doublé, lorsque le quartier a su que je ne voulais pas de césarienne. Mon futur accouchement par voie basse et moi-même sommes alors devenus des célébrités. Certaines nounous venaient spécialement nous voir pour confirmer la rumeur et partager leurs expériences. En visite de courtoisie, Khun Aoy m’a raconté ses contractions avec tant de détails qu’elle a fini à demi-couchée sur mon plan de travail. Pour sûr, j’étais en condition!

D’ailleurs, autant m’est-il désagréable d’évoquer mes viscères en public, autant les considérations d’ordre physique et anatomique semblent-elles être vécues de façon très normale, ici. C’est le cas des grossesses mais aussi des petits maux du quotidien. Il n’est ainsi pas rare au bureau que telle ou tel me tienne informée en temps réel de ses coliques ou de ses règles. (Par contre, je reste encore traumatisée du jour où une RH a fait le tour des bureaux pour faire des statistiques sur le nombre de diarrhées, conséquences d’un déjeuner trop épicé… De bureau en bureau, elle demandait à la cantonade « Do you have diarrhea today? », comme elle aurait proposé une tasse de café.)

 

Angoisses de fin de terme

Bref, au bout de quelques semaines, j’ai tout su des appareils reproducteurs de mes visiteuses régulières. Ayant épuisé le stock d’anecdotes gynécologiques les concernant, certaines des nounous ont même commencé à m’informer de l’état de l’utérus de leurs patronnes… Croyez-moi sur parole, je suis aujourd’hui une base de données parfaitement à jour de tout l’obstétrique de la région!

Petit à petit, une vraie nervosité a gagné le voisinage. Avait-on jamais vu un terme aussi long? On a sondé les annales. On m’a présenté Khun Chaiyat, dont la belle-fille aurait donné le jour à un magnifique petit garçon, au terme d’une grossesse de quinze mois. Malgré toute ma sympathie pour cette pauvre femme, la rigueur scientifique m’impose de mettre en doute sa mésaventure… A-t-on voulu poliment me rassurer? Certainement. Sur le moment, je n’ai pas réussi à étouffer une forme d’angoisse sourde… Etait-il possible que sous ces latitudes, l’on n’accouche jamais?…

Ayant dépassé le terme des quarante semaines, j’en suis venue à éviter les sorties, pour fuir la curiosité et l’inquisition. Reconnaissance éternelle à notre nounou, qui m’a efficacement secondée en filtrant les entrées. Et à Papa-Tout-Terrain, ce saint homme, qui m’a dissimulé les coups de fil des impatients, tout en supportant stoïquement mes humeurs en dent de scie.

Echappant à la garde de sa nounou, une petite voisine de quatre ans est néanmoins parvenue un jour à forcer le barrage de l’entrée ma chambre. Pour vérifier de ses propres yeux que Miss-Trois est encore dans mon ventre. Regard émerveillé. « Your tummy is huge! » J’ai pris ça comme un compliment. Me voyant ouverte au dialogue, elle en a du coup profité pour me questionner sur la façon dont le bébé allait sortir. Je n’ai pas voulu me brouiller avec les voisins. J’ai poliment éludé la question.

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Mar 28

Thaïlande – Pourquoi tant de césariennes?…

 

Quand on vit à l’étranger, le suivi de grossesse révèle naturellement son lot de surprises. Je l’évoquais dans mon précédent billet, certains aspects m’ont plutôt mise à l’aise, comme le recours limité des médecins aux examens physiques intrusifs. A l’opposé, j’ai détesté me sentir très vite acculée à la nécessité d’une césarienne… Pourquoi donc une césarienne alors qu’aucune condition médicale ne l’exige? Parce que c’est devenu l’habitude dans nombre d’établissements privés de Thaïlande. Bien sûr, pour les médecins et les hôpitaux, cela représente des avantages sur lesquels je ne reviendrai pas. Mais bien souvent, les patientes elles-mêmes tendent à préférer cette solution…

 

Accouchements dans la douleur ou césariennes

Si j’ai refusé, à cor et à cris, le principe d’une césarienne de convenance, je dois reconnaitre aussi que pour de nombreuses Thaïes, cette modalité apparait clairement comme la moins mauvaise, pour mettre son enfant au monde. Il faut savoir que depuis une demi douzaine d’années, la péridurale n’est plus disponible que dans une poignée d’établissements du pays. Les établissements les plus chers, bien sûr. A cause d’une péridurale qui a mal tourné, d’un anesthésiste condamné pénalement par la justice, rares sont les médecins qui acceptent désormais de prendre le risque de ce type d’anesthésie.

Par ailleurs, dans les établissements où cela reste possible, la péridurale n’est souvent effectuée que dans des conditions extrêmement restrictives, les jours de semaines, aux heures ouvrables, et seulement un patient à la fois, pour que l’anesthésiste puisse s’y dédier pleinement. Imaginez que vous vous fassiez doubler par une autre maman à l’entrée de la maternité et zou, plus de péridurale! La loose!

Pour beaucoup, le choix se fait donc entre accoucher dans la douleur et accoucher par césarienne. L’une de mes collègues a d’ailleurs été très expressive en la matière, me racontant à grand renfort de détails et de gestes univoques l’épreuve de la naissance de sa fille, cinq ans auparavant (alors que je n’en demandais vraiment pas autant). Par crainte de nouvelles souffrances, cette jeune femme a finalement décidé de ne pas avoir d’autre enfant.

 

La brièveté du congé maternité

Pourtant, certaines se posent vraiment la question de l’accouchement par voie basse. Une de mes jeunes collègues, nullipare et enceinte de deux mois de plus que moi, avait ainsi demandé mon avis de multipare éclairée. Est-ce que tu penses que je pourrai supporter la douleur? On ne me refait pas. A mon sens, mieux vaut la douleur passagère d’un accouchement naturel -même sans péridurale- que les douleurs et complications postopératoires d’une césarienne. La collègue était convaincue.

Au jour du début de son congé maternité, cette jeune femme donnait naissance à une magnifique petite fille. A trente-huit semaines. Et par césarienne de convenance. Je m’en suis étonnée. « Tu comprends, le congé maternité est tellement court que je ne pouvais pas le gâcher. Je voulais profiter de ce temps pour prendre soin de mon bébé. » Six semaines après la naissance de sa fille, ma collègue était effectivement de retour au bureau. Elle aurait pu bénéficier de deux semaines de repos supplémentaire, mais le congé maternité est si mal indemnisé que tout le monde ne peut pas se payer le luxe d’en profiter jusqu’au bout.

 

L’effet pervers du système de facturation des accouchements

Côté hôpital, le système de facturation par « package » est également de nature à dissuader les Mamans d’accoucher par voie basse. Le principe est de choisir à l’ avance les prestations pour lequel on optera à l’accouchement, afin de bénéficier de réductions substantielles sur le coût du service. En cas de changement de dernière minute, les dépenses additionnelles et non planifiées seront en revanche facturées à plein taux.

Sur une base de 100 pour un package « accouchement naturel », on me proposait un package césarienne à 154 et on estimait le coût d’une césarienne après échec d’un accouchement naturel à 191. Si l’on ne dispose pas d’une bonne assurance et si l’on n’est pas tres convaincu, au départ, de la réussite de son accouchement par voie basse, il me semble finalement assez naturel de se tourner directement vers une césarienne.

 

Le petit plus: choisir la date de naissance de son enfant…

Au-delà de ces considérations matérielles, la césarienne est également pratique, aux yeux de nombreux parents, pour choisir d’une date de naissance convenable pour l’enfant. Allez, petit-bébé-prévu-pour-septembre, tu naîtras bien en août, histoire de raccrocher l’année scolaire précédente, non? Et surtout, on va tout faire pour éviter que tu ne viennes au monde un « mauvais » jour, hein!

Une bonne partie des Thaïs étant d’origine chinoise, beaucoup d’us et coutumes d’ici sont empruntés au Pays du Milieu. En particulier son calendrier traditionnel. Il y a des jours fastes et des jours néfastes, et si l’on naît n’importe quand, on risque un destin tout pourri. Pour écarter toute forme de péril, les parents s’assurent donc de la venue de leur progéniture sous les meilleurs auspices. La césarienne est une solution toute trouvée pour éviter les foudres du destin. Y croit-on vraiment encore? Un peu, mais pas sûr. Le choix de la « bonne » date est tout de même une affaire de précaution, me semble-t-il. Sait-on jamais…

 

De césarienne en césariennes…

A force, la multiplication des césariennes se révèle avoir des effets pervers sur l’ensemble du système hospitalier. De toute évidence, parce qu’ils en pratiquent peu, les praticiens semblent de moins en moins à l’aise avec les accouchements par voie basse. Moins bien rompus aux petits aléas des naissances, ils s’orientent aujourd’hui vers les césariennes, à la moindre suspicion de complication: gros bébé, dépassement du terme, accouchement qui dure un peu trop longtemps…

 

L’exception française…

C’était bien là tout mon problème. Bien qu’ayant déjà accouché par voie basse de deux magnifiques petits garçons, j’étais hors norme. En consultation, l’on passe en revue mes antécédents. Deux bébés de près de quatre kilos (petit cri du médecin). Tous deux nés à 42 semaines (deuxième cri du médecin). Et je ne veux pas de déclenchement (attaque cardiaque de mon interlocuteur. Papa-Tout-Terrain regarde ses pieds. Ca fait trois fois que je lui fais le coup. Il a l’habitude.) Je ne suis pas du tout dans les standards en Asie.

Grossesse

Mais voyons Madame, ca n’est pas possible… On ne pourra pas laisser votre bébé trainer si longtemps… Par contre, si ca peut vous arranger, on peut vous faire une césarienne. Juste pour vous rendre service, bien sûr! Certes, globalement, je suis plutôt du genre arrangeant. La preuve, j’ai même mangé deux kilos de canard, un jour pour ne pas me faire remarquer. Mais bon, de là à accepter une césarienne sans broncher, il ne faut pas exagérer non plus…

Quoi qu’il en soit, je nourrissais déjà des doutes vis-à-vis de ce médecin, qui m’avait dit, quelques semaines plus tôt que « Oui bien sûr, vous pourrez accoucher par voie basse, mais on verra tout de même si c’est possible… » avec la tête de quelqu’un qui dit non. Quoique confiante en l’espèce humaine, je ne suis pas non plus un lapin de six semaines. Je savais bien que ce n’était pas en arrivant avec des contractions plein le ventre que je pourrais paisiblement deviser accouchement naturel avec ce type dans les starting-blocks pour césariser tout ce qui bouge.

 

Le miracle

Après de longs conciliabules avec Papa-Tout-Terrain, nous avons opté pour la fuite.

Nous avons cherché longtemps et discuté des options… Accoucher à l’étranger? Accoucher à la maison? Adjoindre une doula à l’équipe soignante?… De blogs en forums d’expats, nous avons finalement trouvé LA clinique de Thaïlande réputée pour son ouverture quant aux accouchements par voie basse, et, cerise sur le gâteau, dans des conditions physiologiques. Une seule rencontre avec le médecin nous a immédiatement conquis, Papa-Tout-Terrain et moi. C’était une dame d’une grande humanité, à l’écoute, rassurante, et transparente. Elle a dit « ok, sauf en cas de risque avéré pour la mère ou l’enfant », et il n’y avait aucun sous entendu. Nous lui avons immédiatement fait confiance, les yeux fermés!

Grossesse

 

 

 

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Mar 28

Mangroves de Klaeng

Nous avons reçu une étrange visite vendredi. Recroquevillé sous l’étagère à chaussures, nous avons trouvé un bébé rapace. (En fait, un adolescent, je dirais.) Il avait l’air en forme. Et aussi, il avait l’air d’avoir envie de dormir. Conciliabule avec la nounou: on l’y laisse ou pas? Il y a beaucoup de chiens errants dans le coin. On opte finalement pour un hébergement temporaire en carton à trous.

Renseignements pris sur Google, un rapace ne mange pas de graines et ne boit pas d’eau. Il se nourrit de rongeurs et l’eau contenue dans la viande lui suffit. Ca allait être pratique de lui attraper des souris! Je mets toujours un point d’honneur à être une bonne hôtesse mais là, je n’ai pas grand-chose à offrir à notre surprenant visiteur. Toujours d’après Google, ses parents le récupéreraient sans doute le soir même, si on le relâchait dans un arbre proche, et sans l’avoir trop tripoté. Comme je ne sais pas grimper aux arbres, à la nuit tombée, nous avons mis le carton ouvert sur une table.

 

L’heureux dénouement

Cette nuit là, j’ai fort mal dormi. Et si des chiens attrapaient notre protégé? Ou pire, et si notre chouette avait décidé de rester vivre chez nous? D’autant que nous avions prévu de partir en week-end le lendemain… Que ferions-nous alors de notre nouveau compagnon?

J’avais commencé à tâter un peu le terrain. « Mon chéri, juste comme ça et sans aucune relation avec des personnes ou des événements ayant réellement existé, est-ce qu’on pourrait techniquement mettre dans la voiture un carton avec un oiseau, demain? Juste pour savoir si c’est possible, hein? Pas très gros le carton. Mais un peu quand même… » « Et tu crois que tu saurais nous attraper des souris… Je suis sûre d’en avoir entendu dans le système de clim… Tu crois que tu pourrais les attraper? »

Papa-Tout-Terrain avait froncé les sourcils. Il n’a pas bien dormi non plus cette nuit là, mais je ne l’ai su que plus tard. Oui, parce qu’au lieu de dormir, il a longuement réfléchi aux modalités techniques pour arrimer un carton à oiseau dans un siège auto. (Pas vraiment pour l’oiseau, plutôt pour mes beaux yeux.) J’ai un époux en or! (Même s’il refuse toujours qu’on achète un cheval pour mettre dans le jardin. Mais c’est une autre histoire.)

Bebe rapace

Le lendemain matin, le carton était vide. Fébrile, j’ai scruté les environs. Pas de tas de plumes, pas d’oiseau mort. J’ai déclaré l’animal sauvé. Il avait retrouvé ses parents. Maintenant, il viendra nous voir le soir par la fenêtre pour nous faire des coucous émus avec sa petite aile, pour nous souhaiter bonne nuit.

Nous partons donc en week-end le cœur léger. Nous allons découvrir la mangrove de la réserve naturelle de Klaeng, juste à côté du bateau de guerre que nous avions visité il y a quelques mois, lors de notre première sortie en famille élargie, avec Miss-Trois.

 

Les mangroves pour les nuls

Non seulement les mangroves, on les aime bien, mais en plus il y en a plein la région, eu égard aux conditions géographiques et climatiques sur lesquelles nous allons revenir. Je me permets donc une petite digression, une bonne fois pour toutes, histoire que vous sachiez de quoi je parle.

La mangrove est un écosystème particulier des zones tropicales, qui se situe à la frontière entre la terre et la mer, généralement dans l’estuaire de fleuves ou de rivières. S’y développent des forêts d’arbres –souvent des palétuviers– les pieds dans une eau mi-douce, mi-salée. Comme Saint Thomas, j’ai voulu vérifier et goûter l’eau, malgré la tête sceptique de Papa-Tout-Terrain… et je peux donc confirmer personnellement qu’elle n’est assez salée pour être de l’eau de mer, mais trop salée pour être de l’eau douce. Elle est sûrement parfaite, en revanche, pour faire cuire des pâtes!

Mangroves de Klaeng

Dans les mangroves, avec la marée qui n’arrête pas de monter et de redescendre, les sols sont boueux et peu stables. Les arbres ont donc développé de longues racines afin de s’amarrer profondément dans la vase. Mais dans la vase, ça respire mal. Alors les racines des palétuviers se développent également au-dessus des sols pour s’aérer et s’oxygéner par les pieds, à marée basse. (Je ne suis pas biologiste mais vous saisissez le concept…)

 

Une mangrove particulièrement bien préservée

Nous aimons beaucoup les promenades dans les mangroves de Thaïlande. D’abord parce que c’est un terrain qui se prête plutôt aux enfants. En raison de la vase au sol, l’on parcourt toujours les mangroves sur des pontons de bois surélevées. Il n’y a donc qu’un chemin. Un chemin à plat, en plus. Pas moyen d’égarer sa progéniture, même si celle-ci a des velléités d’indépendance. Par ailleurs, le chemin surélevé nous préserve de la faune locale, et en particulier des serpents, très friands de ces zones ombragées et qui pullulent de crabes. Dernier atout non négligeable, la hauteur des passerelles tend à impressionner nos garçons. Du coup, ça les dissuade de trop faire les idiots. (Juste un peu, quoi, il faut rester humain…)

Mangroves de Klaeng

Les mangroves de la réserve naturelle de Klaeng sont les plus belles que nous ayons vues pour l’instant en Thaïlande. Il faut dire que le travail de restauration et de préservation de cet environnement unique a été entamé il y a plus de vingt ans. Sur les photos d’archive, on voit qu’il ne restait presque plus aucune végétation au début des années 1990. Depuis 1993, les arbres ont été progressivement replantés, puis se sont étoffés avec le temps. C’est cependant un travail sans fin et les travaux de protection du littoral demandent des investissements permanents.

Petit à petit, la faune est venue repeupler l’écosystème. Nous avons vu des poissons, de nombreux crabes, ainsi que beaucoup d’espèces d’oiseaux magnifiques, aux couleurs vives et aux croassements étonnants. Et tout ça malgré le cancanement insistant de Petit-Un, qui mettait un point d’honneur à répondre à ses « copains ».

 

Eveil aux problématiques de la préservation de l’environnement

Ces balades dans des sites où sont accomplis tant de travaux de réhabilitation et de préservation sont toujours l’occasion de discussions intéressantes avec les enfants quant à l’écologie et la protection de l’environnement. On leur explique l’importance du patrimoine écologique, pourquoi il faut respecter et protéger la nature, pourquoi il ne faut pas jeter des ordures dans la mer, pourquoi nous tendons à réduire notre consommation de plastique…

Ce jour-là, Petit-Deux est vivement intéressé par le sujet et pose de nombreuses questions. Il montre une bouteille jetée dans la mangrove (car la conscience environnementale est encore plutôt faible en Thaïlande): « Regarde, ce n’est pas bien, quelqu’un a jeté une bouteille. » Un peu plus loin, il poursuit: « Ohhhh! C’est très mal! Cet arbre a jeté ses feuilles dans la mer!… » On discute alors des déchets végétaux, de ce qui est naturellement dans la nature et de ce qui est rapporté par l’homme. Petit-Deux reste songeur longtemps avant de conclure: « alors, je crois qu’il ne faut pas jeter des escaliers dans la nature, n’est-ce pas? »

 

Un paysage aux multiples facettes

La balade couvre trois kilomètres et se divise en trois environnements végétaux distincts. En partant du bateau HTMS Prasae, l’on commence par longer la mer, sur une zone très humide à la végétation luxuriante. Les palétuviers y sont magnifiques et plein d’oiseaux.

Mangroves de Klaeng

Vient ensuite une zone plus à sec, qui permet d’observer les racines enchevêtrées des arbres, ainsi que le fourmillement des crabes aux reflets bleu brillant.

Mangroves de Klaeng - racines

On termine la balade en surplombant une mangrove basse et verdoyante, qui n’était pas sans m’évoquer les labyrinthes végétaux d’Alice au Pays des Merveilles.

Mangroves de Klaeng

La promenade se termine à trois kilomètres du lieu de départ, mais on peut éviter de retourner sur ses pas en prenant des motos taxi qui nous ramèneront au point de départ.

 

Balade en bateau

Avant de quitter les lieux cependant, des pécheurs du coin nous apostrophent et nous proposent de nous louer leur bateau. On peine à se comprendre. Une dame s’approche gentiment pour nous aider: « Take boat! Go Thailand! » C’est très gentil. Mais ça ne nous aide pas. Nous montons tout de même. Nous verrons bien. Les enfants sont ravis.

Nous traversons l’épaisse mangrove jusqu’à l’estuaire et la mer. La côte verte et touffue est magnifique. Nous traversons des zones d’élevages conchylicoles familiaux. Un peu plus loin, nous observons des ouvriers en train de construire une barrière brise-vagues en bambou pour consolider le littoral. Curieusement, alors que nous nous croyions presque en pleine mer, nous sommes surpris de voir ces hommes travailler avec de l’eau jusqu’à la taille, seulement.

Mangroves de Klaeng - promenade en bateau

Après deux minutes de contemplation, les enfants ont repéré des sifflets sur leur gilet de sauvetage. Las d’être immobiles et muets, ils se racontent tour à tour des histoires de troubadours et d’arbitre de foot, pour mieux tester leurs instruments. La balade aura été magnifique. Nous regretterons juste de n’avoir pas pu observer plus d’oiseaux et d’animaux… rapport à nos musiciens d’enfants.

A nos yeux, la mangrove de Klaeng est l’une des plus belles qu’il nous ait été donné de parcourir. Un endroit à ne vraiment pas manquer si vous passez dans la région!

 

 

La mangrove de Klaeng en pratique

  • Coordonnées GPS en démarrant du HTMS Prasae: 12.6984538, 101.7057602
  • Coordonnées GPS en démarrant de l’estuaire: 12.706864, 101.716333
  • L’entrée est libre: pas de tickets ni d’horaires d’ouverture.
  • Le tour en bateau part du côté « estuaire » du sentier de la mangrove. Il dure une petite trentaine de minutes et coûte 100 THB par adulte.
  • Pour éviter de faire l’aller-retour à pieds dans la mangrove, on peut revenir en moto-taxi, pour 50 THB par adulte. Le trajet dure environ 10 minutes. On trouve facilement des moto-taxis en l’attente de clients, dans un sens comme dans l’autre.
  • Ne manquez par cet endroit: il est magnifique! Nous vous recommandons de le visiter en février ou en mars. Il ne fera pas trop chaud, et surtout, c’est la période des migrations, durant laquelle l’on peut voir le plus grand nombre d’oiseaux.

 

 

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Mar 23

Suivi de grossesse en Thaïlande

Après la naissance de nos deux grands en Chine, l’arrivée de Miss-Trois en Thaïlande a été une nouvelle aventure. Une aventure merveilleuse et parfois angoissante. Une équipée pleine de suspens et de rebondissements. Et surtout, à la clé, il y a eu la rencontre avec notre plus grand bonheur ex-æquo avec ses deux frères, dans sa catégorie!

Avec Papa-Tout-Terrain, quand nous serons très vieux (le soir à la chandelle), nous conterons ces histoires à nos petits-enfants, dans une grande cuisine qui sentira la soupe et le gâteau. (Vous ai-je dit que Papa-Tout-Terrain m’a promis qu’il se ferait alors pousser la moustache? Ca lui donne un petit air d’Omar Sharif –jeune- que j’adore!).

Je m’égare… Reprenons! En attendant les petits enfants et la moustache, j’avais envie de jeter quelques mots pour garder vivaces les souvenirs de ma grossesse thaïe et de l’arrivée de notre trésor. Ce billet est entamé depuis longtemps, mais trop d’émotions ont ralenti son élaboration. Faute d’arriver à le finir, je le reprends. Je ne sais pas vraiment où il ira. Je vais finalement laisser filer la plume par petites touches d’ici et de là, avec un peu de nous, un peu de Thaïlande, et bien sûr beaucoup d’amour.

 

Enceinte!

J’ai l’impression que c’était il y a des siècles. Un jour j’ai su que j’étais enceinte. Direction le 7-11, l’épicerie du coin, pour acheter un test de grossesse. Ca s’achète en pharmacie, aussi, mais il n’y a pas vraiment de pharmacie anglophone du côté de la maison. Et ce n’est pas le genre d’achat facile à mimer à un pharmacien mort de rire.

L’objet acquis, il faut l’employer. Correctement. Mais des tests de grossesse on n’en fait pas tous les jours. Je me souvenais vaguement qu’il y avait une histoire de bâtons roses, mais sans plus. Pas de chance, le mode d’emploi était en thaï! Petit passage sur Internet: « un bâton c’est non, deux bâtons c’est bon! » Et d’ailleurs, « les tests de grossesse doivent être conservés à l’ abri de la lumière et à une température inférieure à 25 degrés. » Bon, je vais tester au Pole Nord et je reviens, alors.

Il n’y a eu qu’un bâton. Je n’étais pas d’accord. Alors j’en ai racheté cinq autres. Ce coup ci j’en ai eu trois sur cinq de positif. C’était la moyenne. J’étais enceinte aux trois cinquième.

Tests de grossesse

(Le petit bâton rose de la photo est présentement en train d’essayer de se faire les dents sur le pied de ma chaise de bureau… Petit bâton a bien grandi!)

 

Une jolie croyance…

Dans un précédent billet, j’avais évoqué quelques coutumes qui accompagnent les grossesses, en Thaïlande et en Chine, où sont nés nos deux grands. Je réalise que j’ai omis une jolie habitude qu’ont les jeunes femmes thaïes, et que je trouve très touchante…

Amulette porte-bonheur pour les femmes enceintes en Thailande

Ici, beaucoup de futures Mamans accrochent sur leurs vêtements, à hauteur du ventre, une petite épingle à nourrice, souvent décorée de motifs naïfs. Elle fait office d’amulette et éloigne les mauvais esprits des bébés à naitre.

 

Première consultation

Il n’y a pas de cabinets médicaux en Thaïlande. Toutes les consultations ont lieu à l’hôpital. Les Thaïs peuvent consulter gratuitement dans les hôpitaux publics ou se tourner vers des établissements privés s’ils en ont les moyens. Mon contrat de travail thaï me donnait également accès au système de santé public, mais pour des questions de langue et de qualité des infrastructures, nous nous sommes orientés vers le privé, grâce à une bonne couverture de mon assurance.

En attendant notre tour, Papa-Tout-Terrain et moi-même restons songeurs devant la porte de l’ascenseur, qui distille des informations à destination des patients du service gynécologie obstétrique. Faute de comprendre les mots, nous nous amusons largement des pictogrammes et de leurs possibles interprétations!

Ascenseur de l'hopital

C’est à nous. Le gynéco demande: « Vous êtes enceinte? » « Oui. » « Vous êtes sûre vous avez fait un test? » « Oui. » « Bon parfait. Prenez ces vitamines et revenez le mois prochain. »

Nous nous sommes quittés en gentlemen, sans nous être seulement effleurés. Il n’y a pas de prise de sang pour confirmer la grossesse. Et pas d’examen physique non plus. Juste rien, en fait. Enfin si: ils m’ont donné un classeur de suivi de grossesse, écrit en Thaï.

 

Chez le médecin…

Si la médecine trop invasive m’est généralement désagréable, en Thaïlande, c’est tout le contraire. Les visites sont articulées autour d’échanges oraux. (Pas du bouche à bouche, hein, de la conversation!) En revanche, il y a très peu d’examens physiques de la part du médecin. Sur la bonne vingtaine de rendez-vous médicaux de toute la grossesse, je n’ai eu que deux contacts charnels avec des médecins qui ont mesuré ma hauteur utérine au mètre de couturière.

En plus d’être limités au maximum, les actes « physiques » sont souvent délégués à d’autres personnels soignants. Lors d’une visite standard, c’est ainsi une infirmière d’accueil qui vérifie le poids de la patiente (habillée) et prend sa tension. Ensuite, pendant la consultation, le médecin est assisté d’une aide-soignante responsable des tâches matérielles: installer la patiente sur la table d’examen, mettre le gel sur le ventre pour l’échographie, paramétrer l’appareil… Quand tout est prêt, l’assistante tend la sonde au médecin qui procède, sans effleurer le patient, et repart quand il a fini. Puis nettoyage du gel et tutti quanti par l’aide-soignante.

 

Ordonnances, médicaments, arrêts et autre certificats

Dans ce système de santé privé, le patient est globalement encouragé à consommer. A tous les coups, le médecin recommande une échographie. « C’est pour être sûr… et vous n’avez pas envie de voir votre bébé, d’ailleurs?… » … Au fait, vous prendrez bien une petite amniocentèse aussi?… C’est que vous n’êtes pas toute jeune alors il y a des risques… (J’avais trente-trois ans, une clarté nucale et un Fish test parfaits.)

En fin de consultation, on me prescrit systématiquement des vitamines et… « Vous prendrez bien autre chose? » « Vous en pensez quoi, Docteur? » « C’est vous qui décidez… » Ah? Bah non, alors.

Enceinte

En pendant, les médecins sont très tolérants vis-à-vis des demandes du client. Un jour, j’ai besoin d’un certificat d’aptitude à travailler pour ma mutuelle. J’introduis le sujet en douceur: « Docteur, vous pensez que je peux continuer à travailler? » « Oh ça, c’est vous qui voyez. » Alors j’y vais plus franco. Je vais bien et il me faut un mot pour l’assurance. La première mouture du certificat a été concise: « Mrs. Tout-Terrain can walk three weeks. » La version finale, un peu plus étoffée, a finalement été réalisée en binôme avec le praticien. (Je dictais et il écrivait).

C’est mon expérience. Mon propos est de montrer le décalage avec un suivi de grossesse tel qu’il aurait eu lieu en France, non de montrer du doigt médecins. A mon égard, ils ont toujours eu une attitude professionnelle et a l’écoute, dans la mesure de leurs capacités en anglais. Et surtout, ils ont fait de gros efforts pour s’adapter à la cliente étrangère que j’étais, dans un hôpital qui ne voit presque jamais passer d’Occidentaux. A ce titre, j’imagine aisément que leurs reflexes et leurs attitudes auraient été bien différents si j’avais été une patiente X.

 

Où l’on commence à parler césarienne…

Puisque la finalité d’être enceinte est bel et bien d’accoucher, la question épineuse de la césarienne est assez vite venue sur le tapis. Dans la mesure du possible, je souhaitais l’éviter. Dans la mesure du possible, le médecin trouvait ca pratique. De toute façon c’est la norme ici.

J’ai dit: « Je préférerais un accouchement par voie basse. »

Elle a répondu: « Oui, je comprends. »

J’ai enchainé: « Alors vous êtes d’accord pour un accouchement par voie basse? »

Elle a répondu: « Oui, bien sûr. Mais ce n’est pas toujours possible. » (Elle était très polie.)

Je n’ai pas voulu lâcher l’affaire alors j’ai demandé: « Et pour moi, est-ce que ca sera possible, si tout est normal et tout va bien? J’ai déjà deux enfants nés par voie basse. »

Elle a dit: « Oui bien sûr, vous pourrez accoucher par voie basse si tout va bien. Mais parfois on croit que tout va bien mais tout ne va pas bien et on est obligé d’avoir une césarienne. Je ne peux rien vous dire de plus. »

En d’autres mots, j’étais un client captif et elle ferait ce qu’elle voudrait.

 

Par quelle pirouette improbable réussirai-je à éviter la césarienne? Je vous laisse sur ce suspens intenable et vous raconte bientôt la suite…

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Mar 21

La tournée des temples

Pour les élections législatives de 1993, ma mère avait été en charge de contrôler des bureaux de vote. (En France, bien sur.) Elle avait pris sous le bras toute la famille et nous avions navigué de villes en villages. Nous débarquions sur la place principale. D’un côté, il y avait la mairie pour ma mère, tandis qu’avec mon père et les frangins, nous allions divaguer dans l’église. J’avais trouvé cette épopée très amusante!

Du coup, alors que nous manquons d’imagination pour notre sortie dominicale, c’est tout naturellement qu’une variante à cette flânerie s’impose: nous allons faire la tournée des temples! Les temples, en soi, réservent souvent de bonnes surprises. Mais ce sera également l’occasion de découvrir des coins perdus de la campagne thaïlandaise auxquels nous ne penserions pas forcement.

On tente le coup sur Google Map. On tape « wat » (qui veut donc dire « temple » en thaï). Miracle et bingo! La carte se constelle de petits points rouges. Il y a des temples partout! En voiture!

Au terme de la journée, nous aurons découvert seize temples et pris trois-cent-une photos. Je ne peux pas vous imposer ça. Du coup, c’est déchirant mais j’ai choisi une photo par temple, pour vous brosser à l’impressionniste un tableau de notre journée, de ses anecdotes et de nos ressentis.

 

1 – Bouddhas de Wat Wang Thong Charoentham

Wat Wang Thong Charoenthom - Temple de Thaïlande

Un petit chien prend le frais au pied d’un bouddha. Les animaux ne dérangent pas dans les temples. Ils y côtoient paisiblement les humains en prière, et sont souvent nourris par les passants et les moines. De toute façon, c’est l’une des bases de la religion: un bouddhiste ne ferait pas de mal à une mouche.

 

2 – Moine pèlerin de Wat Ton Krarok

Wat Ton Krarok - Bouddha pelerin - Temple de Thaïlande

On retrouve cette figure de moine pèlerin à l’entrée de presque tous les édifices religieux. Il fait référence aux pèlerinages bouddhistes et à la tradition d’accueil des voyageurs de passage, dans les temples et les monastères.

Des collègues m’ont expliqué que lorsqu’ils se déplacent en Thaïlande, ils ne s’arrêtent pas à l’hôtel le soir, mais dorment dans des temples, sur des nattes qu’ils apportent. Ils m’ont encouragée à faire de même mais avec trois enfants bruyants et nos têtes d’étrangers, je crois que nous en étonnerions plus d’un!

 

3 – Chedi de Wat Tham Pathum

Wat Tham Pathun - Temple de Thaïlande

En arrivant au Wat Tham Pathum, Miss-Trois hurle sa fatigue dans l’habitacle pendant que Petit-Un chante à tue-tête une berceuse de Mozart. (Personne ne sait aussi bien apaiser Miss-Trois que son frère ainé.) On n’a encore vu que deux temples et ça commence mal. Nous hésitons à rentrer à la maison.

Pour se donner une idée, nous parcourons d’abord les lieux en voiture. C’est grand, et un peu communiste dans l’architecture, à l’image du Chedi principal. Nous cherchons en vain une grotte, censée faire la réputation des lieux. Nous nous engouffrons sur un chemin de terre et y croisons un vénérable pick-up à l’arrêt. A l’arrière, une très vieille dame en train de tricoter en regardant sa série préférée sur un Ipad dernier cri. Elle nous considère avec beaucoup d’étonnement. Peut-être détonnons-nous encore plus qu’elle? Au bout du chemin, nous tombons par hasard sur les cellules des moines, blotties dans une épaisse forêt de bambous. C’est beau, vert sombre et calme. Nous manquons d’enliser la voiture et repartons sur la pointe des pieds. Pardon aux moines d’être venus faire du bruit dans leur retraite… le fléchage était en thaï…

 

4 – Bouddha en construction du Wat Khao Mai Kaeo

Wat Khao Mai Kaeo - Temple de Thaïlande

Quelques kilomètres plus loin, nous trouvons beaucoup de charme au Wat Khao Mai Kaeo, dont la façade est agrémentée d’un joli bassin couvert de lotus en fleur. De ces lieux, j’ai malgré tout choisi de retenir cette grande figure de bouddha en construction. C’est amusant et émouvant de voir l’envers du décor, la statue tout juste bétonnée mais pas encore sacrée, le matériel derrière la foi… Et il est marrant, aussi, cet ouvrier, à bétonner tout seul l’oreille de Bouddha, pendant que son copain joue à Angry Bird!

5 – Le gong du Wat Khao Tabaek

Wat Khao Tabaek - Temple de Thaïlande

Le démarrage ayant été poussif, il est presque l’heure du déjeuner… Fidèles à nos habitudes, on se dit qu’un tout petit dernier temple avant le repas ne saurait faire de mal… Presque une heure de marche plus tard, nous atteignons enfin le Wat Khaoo Tabaek, blotti au sommet d’une colline, au milieu des bambous verdoyants et de lianes crochues. Il surplombe une vallée industrielle, paradoxalement belle. Les enfants ont grimpé de façon méritoire. Leur fatigue est pourtant bien vite oubliée quand ils ont l’autorisation de frapper trois coups sur le gong qui porte chance.

6 – Wat Noen Tong… et la gare…

Wat Noen Tong - Temple de Thaïlande

Pas de discrimination avons-nous décidé. Nous faisons donc le détour par le Wat Noen Tong, d’apparence très banale. Étonnamment, il semble avoir anciennement abrité une gare, comme en témoigne une grande photo à l’entrée. Voici qui n’est pas tombé dans l’œil d’un aveugle. Petit-Deux, presque aussi friand de trains que de métros et d’ascenseurs veut absolument trouver une locomotive. Nous cherchons partout. En vain. Nous nous résolvons à partir quand on entend un gémissement suraigu du fond de la voiture. « C’est vraiment pas juste. Vous ne m’avez pas laissé assez de temps pour trouver les rails. Je suis sûr qu’ils étaient quelque part, et qu’il y avait plein de trains partout, aussi! »

7 – Le Bouddha géant du Wat Hupbon Wanaram

Wat Hupbon Wanaram - Temple de Thaïlande

Un peu plus loin, sur une petite route de village, un énorme Bouddha assis nous interpelle. Ces débauches de gigantisme au milieu de la campagne ne cessent de nous étonner. Sur un fond de musique pop, un moine nonchalant essaye d’attirer les fidèles et donateurs. Mais tout est désert, à l’exception de quelques jeunes qui font pétarader leurs mobylettes sous l’œil placide d’un chien errant.

8 – Le grand ménage de Wat Khao Hin Lat

Wat Khao Hin Lat

Nous assistons à une scène amusante dans ce temple presque désert. Dans le calme paisible, surgit soudain, en trombe, un pick-up rempli de commères locales et loquaces, de leurs seaux et de leurs balais. Sans s’arrêter de rire et de papoter, comme un seul homme, elles descendent du véhicule pour s’engouffrer dans les cellules des moines, et y faire le ménage! Voir arriver un tel équipage doit être drôlement effrayant pour un saint homme!

 

9 – L’ancien et le nouveau temple de Wat Rat Rueansak

Wat Rat Rueansak

Les temples sont riches en Thaïlande. Les donations des fidèles leur permettent de sans cesse construire et reconstruire. Le petit temple de gauche est l’ancien. Sa forme et ses motifs sont clairement désuets, même s’il n’a sans doute pas vingt ans. On lui a adjoint un nouvel édifice, à droite, toujours en construction. D’un blanc étincelant, très découpé et décoré d’éléments brillants, il reflète l’opulence de ses donateurs, dont les noms sont détaillés sur des panneaux officiels, avec en regard, les montants des offrandes.

 

10 – La double colonnade Wat Duean Phen

Wat Duean Phen

Nous avons roulé dix minutes sur un chemin de terre ocre pour parvenir au Wat Duean Phen. Pas étonnant du coup qu’il soit désert et fermé. Il nous apparait néanmoins unique de par son style hellénistique à double colonnade.

Les enfants commencent à râler. Ca fait beaucoup de temples, quand même! Pour faire diversion, nous organisons le jeu du cri des animaux.

  • Qu’est ce qu’il fait le chat? « Miaou!« 
  • Qu’est-ce qu’elle fait la vache? « Moo! » (Bon, on a une vache américaine dans la voiture.)
  • Qu’est ce qu’il fait le gecko? « Whiiiii! » (On s’adapte avec les animaux locaux… Ca doit être la nounou qui a enseigne ç Moi j’entends rarement les geckos crier mais bon.)
  • Qu’est-ce qu’il fait le chien? « Plou-Plou! » Quoi, qu’est-ce qu’il fait le chien? « Plou-Plou! » On ne sait pas trop d’où venait ce chien, mais il avait du manger un truc pas net, quand même!

 

11 – Wat Kuntheethan, sa locomotive et son hélicoptère

Wat Kuntheethan

Le Wat Kuntheethan a remis tout le monde de bonne humeur! « Papa, Maman, regardez, il y a même un hélicoptère! » Nous n’avons trouvé aucune raison rationnelle à la présence de ces figures colorées au milieu de la cour du temple. Il est vraisemblable qu’elles ne soient là que pour le plaisir des yeux. Les lieux de rassemblement en Thaïlande sont truffés d’une statuaire variée et joyeusement incohérente, pour la simple excitation de l’Instragrammeur (et surtout de l’Instagrammeuse). Mes collègues en raffolent, d’ailleurs et ne cessent d’en polluer mes réseaux sociaux!

12 – Centre religieux de Khao Din Rom Phothong

Centre religieux de Khao Din Rom Phothong

J’ai peut-être l’esprit tordu, mais cette photo m’évoque la maison du film Psychose d’Hitchcock. Je la trouve effrayante au possible, sur fond de ciel orageux. Quoi qu’il en soit, il règne un climat étrange en ces lieux, car ce temple n’en n’est pas vraiment un. Il n’est pas terminé et vraisemblablement pas consacré. Des herbes folles poussent sur le toit. Pas de Bouddha ni de décoration à l’intérieur: les salles sont envahies de poussière et d’herbes folles. C’est un temple fantôme.

 

13 – Grand nettoyage au Wat Bueng Bunyaritthayaram

Wat Bueng Bunyaritthayaram

On avance dans la journée. Il commence à faire moins chaud et les moines sortent pour les menus travaux d’entretien de leur temple. Au Wat Bueng Bunyaritthayaram, un moine accompagné de deux jeunes novices nettoie la façade au tuyau d’arrosage.

 

14 – Grandiose Wat Charoentham

Wat Charoentham

Au Wat Choroentham, c’est aussi l’heure où les moines sortent balayer. Quel étonnant contraste entre l’existence simple des religieux et la richesse des lieux. Les bâtiments, principalement bouddhistes mais teintés d’hindouisme, sont majestueux et presque arrogants. Il est temps de rentrer malgré tout. Petit-Deux traîne la patte et refuse d’avancer. Petit-Un fait des singeries et compte en chinois sur des mouvements de Kung Fu. L’orage gronde et le ciel lâche de grosses gouttes.

 

15 – Wat Chong Mafueng et son arbre en fleur

Wat Chong Mafueng

Un tout petit joli temple sur la route du retour. On ne va pas l’ignorer. (Pas de discrimination!) J’aime le contraste entre son arbre fleuri de rose et les caveaux funéraires qui en bordent l’enceinte.

 

16 – Le der des der… Maha Chedi Moei si Burapha

Maha Chedi Moei si Burapha

Incorrigibles c’est le mot. On a encore vu un temple fléché. On a dit non, ca sera pour la prochaine fois, tout le monde est fatigué. (un silence.) « Rhooo… Mais t’as vu, il est énorme ce chedi, non? » « Et puis sa forme n’est pas courante… Tu crois que le détour est grand? » « Boh, on essaye de se rapprocher en voiture juste pour voir? » « Oui, attends, je donne un Ipad aux enfants ca nous gagnera dix minutes… » « Ca n’a pas l’air si grand finalement, on peut toujours jeter un tout petit coup d’œil… » « Oui, parce qu’on n’est pas sûrs de le retrouver la prochaine fois… » « Et ca serait dommage de le louper en étant passé si près… »

… bref, on a vu un dernier temple.

 

 

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