Août 24

Ratés de vacances autour de Hua Hin

Y a des fois où ça veut pas. Et quand ça veut pas ça veut pas. Hua Hin, ça voulait pas. Pourtant on a essayé deux fois: quand on l’a traversée du nord au sud, puis sur le trajet retour, du sud au nord. Dans un sens comme dans l’autre, on n’a pas tellement aimé la ville ni l’environnement, en soi. D’autant que les garçons ne nous y ont pas gratifiés du meilleur d’eux-mêmes, question attitude.

En fait, si, le Palais Mrigadayavan, on a adoré. Du coup j’en parle dans un billet séparé. Peut-être que les enfants y ont épuisé d’un coup leur quota de bonne volonté pour la région. En tout cas, il n’en restait visiblement plus pour après. Et pis ça ne s’est pas bien goupillé. Et pis ce n’est pas un endroit très adapté aux familles. Et pis ce n’est pas notre idéal-type de destination. Bref, quand ça veut pas ça veut pas.

Niveau parcours, on avait fait simple. On a globalement suivi la cote, de Cha’Am à Hua Hin, en s’arrêtant aux activités touristiques principales, en fonction de nos humeurs et du moment:

 

La Wildlife Friends Foundation

Sur ce coup-là tout est de ma faute. Le Wildlife Friends Foundation se visite sur réservation uniquement. Il s’agit d’une institution qui recueille des animaux maltraités, les soigne, et leur permet de vivre à nouveau dans des environnements plus proches de la nature. Au programme, une visite du site et une présentation des animaux le matin, puis une balade avec des éléphants l’après-midi. Sauf que tout se fait à pied, et qu’avec mes plus de huit mois de grossesse, je n’étais pas sûre de pouvoir tenir le choc. On a hésité jusqu’à la dernière minute. On s’est pointés le matin sans réservation. Et on s’est vu refuser l’entrée. Tant pis. C’est le jeu. Cela dit, j’ai lu partout le meilleur de cette visite et de cette fondation. Nous y retournerons à coup sûr, si nous repassons dans la région.

 

La Hutsadin Elephant Foundation

Du coup on s’est repliés sur la Hutsadin Elephant Foundation. Sur son site web, elle se présente comme une association à but non-lucratif, qui recueille des éléphants maltraités. Ben à vue d’œil c’est une vaste escroquerie! Je ne suis pas professionnelle de la chose, mais si je voulais sauver un éléphant, je ne m’y prendrais pas comme eux.

On entre via une sorte de temple privé hindou. Des statues plus grosses et plus dorées les unes que les autres. L’environnement fait très riche. On nous oriente directement vers les caisses, en nous proposant une balade à dos d’éléphant. Pas du tout dans l’esprit du respect des animaux, vu les photos. On décline. Les enfants sont déçus. On opte, dubitatifs, pour l’option de laver un éléphant. Avec en prime un spectacle.

Hutsadin Elephant Foundation

Ils vont nous chercher un malheureux animal attaché aux pieds et humide du précédent « lavage ». Curieusement le show nous est destiné, à nous seuls. Le cornac fait faire quelques tours à l’éléphant. Le fait s’assoir par terre. Puis lancer un ballon de foot. Puis faire quelques photos avec nous. Entre chaque activité, il nous ramène la pauvre bête pour nous demander de l’argent. Enfin, nous raccompagnons l’animal dans son enclos bétonné pour le doucher au tuyau d’arrosage. Il n’y prend visiblement aucun plaisir. On sent juste chez lui une immense résignation.

Hutsadin Elephant Foundation

Les enfants ont aimé faire les gardiens de but contre l’éléphant. Ils ont aimé le voir de près et l’asperger d’eau. Les grands sont surtout ressortis tristes. On a expliqué aux garçons que les éléphants étaient plus heureux dans la nature.

Quant à la Hutsadin Elephant Foundation, leur site web est totalement trompeur. Et je ne sais que penser des certificats d’excellence reçus de la part de Trip Advisor. Parce qu’en plus, c’était pas top.

 

Swiss Sheep Farm

Le jour est encore jeune. Nous nous décidons pour un passage à la Swiss Sheep Farm. Le parc est similaire en tout point à celui de Pattaya. Il n’a rien de remarquable, ce n’est pas vraiment le genre d’activités que nous recherchons en vacances, mais nous pourrons y passer un moment agréable.

Dès l’entrée, les enfants repèrent des balançoires. Complètement à l’opposé, si l’on suit le sens de la visite. Sous le soleil de plomb, on se retrouve donc à traîner deux petits êtres maugréants, qui ne songent qu’à rallier leur jeu fétiche. On y arrive. Je m’assieds pour souffler un peu. Enorme colère de Petit-Deux, qui tient à ce que je le balance, personnellement. Colère tellement énorme que je dois finalement l’évacuer du parc. Sous l’œil médusé de touristes chinoises en robes à froufrou, qui s’esbaudissent: « Waiguoren, waiguoren! » (= »des étrangers, des étrangers! »).

Pendant ce temps, Petit-Un s’est rappelé être passé devant un stand de tir à l’arc, tout à l’entrée du parc. Il adore voir son père tirer à l’arc. Il insiste à en devenir lourdingue. L’expulsion de Petit-Deux rend le départ imminent, après même pas quinze minutes dans le parc. Par compassion pour notre ainé, Papa-Tout-Terrain accepte l’activité. Malheur, il n’y a plus de flèches! A son tour, Petit-Un quitte les lieux en sanglots. Il passera l’après-midi à nous demander pourquoi il n’y avait plus de flèches dans le parc. Excellente question, puisqu’il y avait bien des arcs. Et je ne vois pas comment ils peuvent paumer les flèches avec des cibles à quinze mètres de distance. Cela restera un mystère.

 

Plearn Wan

Jusque-là, nous avons enchaîné les défaites. Persévérants, nous nous rabattons alors Plearn Wan, un ensemble de boutiques orientées « artistique », dans un cadre pseudo vintage. L’installation est construite en bois sombre, et constitue un cadre très agréable. Les étalages en revanche ne proposent que des pacotilles « made in China ». Pas grave, ce n’est pas comme si on avait le temps de faire les boutiques avec nos deux enfants-monstres, aujourd’hui.

Plearn Wan

L’extrémité de Plearn Wan propose une ambiance de fête foraine, avec une jolie grande roue. « Maman, Papa, on peut faire un tour s’il vous plait? » C’est demande si gentiment… Haut les cœurs, retour de la bonne humeur… C’est parti pour un tour! « Ah, désolée Messieurs-Dames, mais cette grande roue est seulement décorative. »

Je vous l’ai dit, quand ça ne veut pas ça ne veut pas!

On s’est piteusement rabattus sur des frites. On finissait par avoir un peu faim et les enfants étaient plutôt contents, rapport au ketchup. Sauf qu’à la seconde où les frites sont arrivées sur la table, Petit-Deux a eu besoin d’urgence d’aller aux toilettes. Oui oui. Vous l’aviez oublié, qu’il avait une gastro, hein?

Parce que quand ça veut pas ça veut pas.

 

Une jolie nuit au Lotus Villas & Resort

Là on a abandonné. On a dit on rentre à l’hôtel. On va faire une sieste. Dormir pour oublier. Laisser tomber. Ça veut pas ça veut pas.

L’hôtel était à quinze kilomètres. On a mis plus d’une heure et demie à l’atteindre parce que les routes indiquées sur Google Map n’existaient pas. On les a toutes essayées et –bien sûr- c’est la dernière qui était la bonne.

… Et nous sommes arrivés au paradis! Papa-Tout-Terrain avait trouvé, à la dernière minute, une villa avec piscine à un prix défiant toute concurrence, au Lotus Villas and Resort. L’espace était immense. La salle de bain à elle seule était plus grande que l’ensemble de l’hébergement de la veille. Et quel plaisir d’avoir une piscine rien que pour nous! Nous avons barboté, joué au ballon, beaucoup ri, fait une sieste, fait des courses de bus sur l’Ipad avec les garçons, commandé un délicieux dîner… Et en un rien de temps, toutes les déceptions de la journée ont été oubliées!

Lotus Villas & Resort

Le lendemain, au petit matin, nous étions prêts à repartir, dans la joie et la bonne humeur.

 

Traversée de Hua Hin

Nous n’avions finalement pas encore vu grand-chose de Hua Hin. Nous entamons donc la journée par une petite traversée en voiture, histoire de découvrir les lieux, et surtout de voir la mer. Ben la ville est moche et on n’a même pas aperçu la mer.

Hua Hin vue de Wat Khao Takiap

Hua Hin ressemble à toutes les grandes villes de Thaïlande. De grands axes très larges, poussiéreux et sans âme, encombrés de véhicules bruyants. Et des ruelles trop petites pour une conduite fluide, mais toujours sans âme. Des bâtiments ni jeunes ni vieux, avec un air incroyablement vétuste. Et des centres commerciaux sans intérêt. Le long du front de mer est bétonné. Les hôtels se tassent les uns contre les autres. Eux seuls ont vue sur la plage. On croise beaucoup de touristes occidentaux dans les rues. Ils sont généralement fort rouges, avec des piqures de moustique plein les jambes. C’est peut-être parce que nous vivons en Thaïlande, mais tout compte fait, ce n’est pas notre truc, des vacances à Hua Hin. Nous optons pour la fuite.

 

Wat Khao Takiap

De nouveau en chemin vers le sud, nous faisons escale à Wat Khao Takiap, un temple bouddhiste au sommet d’une montagne qui domine le sud de Hua Hin. Le temple est un temple normal, mais la vue en surplomb est magnifique. Je renonce néanmoins à gravir les derniers escaliers et reste dans la voiture avec Petit-Deux qui s’est endormi. Attendrie, je contemple l’ascension de Papa-Tout-Terrain et de notre « grand ».

Vue de Wat Khao Takiap

Un énorme coup porté sur le capot de la voiture me fait sursauter. Etrange. Rien à l’horizon. Pas rassurée, je scrute toutes les directions. Heureusement, Petit-Deux dort touj… « Aaaaaah! » Un énorme singe s’est juché sur mon rétroviseur. Il est à vingt centimètres de moi et commence à trifouiller les joints de caoutchouc de la voiture. Il a visiblement envie de faire connaissance. Moi pas tant que ça, en fait. Papa-Tout-Terrain et Petit-Un reviennent à point nommé. Deux ou trois moulinets de perche à selfie et l’importun a quitté les lieux. Moi qui m’étais un peu moquée de la nouvelle perche à selfie de Papa-Tout-Terrain, je la bénis franchement aujourd’hui. « Eh, t’as remarqué, l’endroit est infesté de singes! », me lance-t-il hilare.

Singes de Wat Khao Takiap

Oui, ça j’avais vu, oui.

 

Khao Tao Beach

Dernier arrêt avant de quitter Hua Hin, le temple chinois de Khao Tao Beach. On y accède via un petit port de pêcheurs. La photo est jolie, mais il faut être exactement dans l’axe, au bon endroit, sinon le petit port n’a aucun charme.

Khao Tao Beach

Se déversent alors cinq cars de touristes Thaïs. Ils n’ont visiblement jamais côtoyé d’étrangers car nous devenons immédiatement l’attraction principale. Petit-Un donne gaiement la main à un vieux monsieur qui lui raconte des trucs en thaï. Les deux ont l’air bien contents. Des jeunes filles essaient de caresser Petit-Deux, qui se réfugie sur mon dos, en sling, et recouvre sa tête d’un pan de tissus. Le message est clair. Alors les demoiselles se mettent à lui caresser les mollets et à me caresser le ventre. Non, en fait, le message n’était pas si clair. Nous ferons contre mauvaise fortune bon cœur. Après tout, elles sont un peu curieuses mais pas méchantes. Juste envahissantes.

Le temple chinois est un temple chinois. Joli mais sans intérêt particulier. On a même oublié de le prendre en photo. Disons qu’on finit par en avoir vu des centaines. Les enfants ont aimé le bassin des poissons. Et mettre des pièces dans les troncs (on passe toute notre monnaie dans les temples!).

Khao Tao Beach

De retour à la voiture, on réalise que Petit-Un a oublié le sac des maillots de bain à l’hôtel. On y retourne. En arrivant, nouvel accès de gastro pour Petit-Deux. Je l’emmène aux toilettes en catastrophe. Fausse alerte. Finalement plus rien. Il a juste passé vingt minutes sur le trône pour être sûr. Il y faisait cinquante degrés. J’étais sur le point de défaillir. Et lui, guilleret, de me commenter tous les bruits venant de cabines voisines. Charmant bambin!

Bref, quand ça veut pas ça veut pas.

 

Mais on n’a pas lâché l’affaire…

Sur le chemin du retour, nous avons retraversé Hua Hin dans l’autre sens. Arrêt dans un centre commercial pour une pizza. Petit-Deux voit un ascenseur. Supplications. On fait un tour d’ascenseur. On entre finalement dans la pizzeria. Ca fait très « bobo ». Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. Les pizzas ne sont pas adaptées aux enfants. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. Et il n’y a pas de frites. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. J’enrage. Jamais vu un enfant si relou. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. On quitte finalement le restaurant. On n’y arrivera pas.

Petit-Deux ne veut plus faire d’ascenseur mais veut retourner au restaurant. On le remet dans la voiture. Il trépigne. Il veut retourner au restaurant. On prend la direction de la belle gare de Hua Hin qu’on n’a toujours pas vue. Petit-Deux veut retourner au restaurant. Je propose d’aller visiter la gare. Papa-Tout-Terrain est passablement échaudé et décide de rester dans la voiture. Ça tombe bien, pas moyen de faire sortir Petit-Deux. Il veut retourner au restaurant.

Je vais voir la gare avec Petit-Un. Elle est très belle. De style architectural thaï, elle date des années 1920 et a la spécificité d’abriter une salle d’attente royale. La visite prend dix minutes. Onze pour prendre Petit-Un en photo avec une belle locomotive d’époque. Nous retournons à la voiture. Petit-Deux veut aller visiter la gare.

Gare de Hua Hin

Et parce qu’on est vraiment optimistes, on a même essayé de jeter un coup d’œil au parc « Venezia Hua Hin ». Ça avait l’air peu animé et un poil vétuste. Et Petit-Deux voulait retourner à la gare. Bref, de guerre lasse, le soir venant, on a pris la direction de l’hôtel de Cha’Am, pour se rafraîchir dans la piscine et quitter cet endroit maudit!

Parce que quand ça veut pas…

 

Morale de l’histoire…

La ville de Hua Hin n’est pas très adaptée aux enfants. Elle propose pas mal de lieux à visées plus ou moins artistiques, que la jeunesse de Bangkok se plaît à fréquenter le week-end. Nous avons ainsi laissé tomber le Baan Sillapin Artists’ Village et le Cicada Market. Ces endroits sont sûrement sympas, mais pour nous ce sera dans quelques années.

La ville de Hua Hin ne correspond pas à la Thaïlande qu’on aime. On n’aime pas tellement les grandes villes. On n’aime pas beaucoup les endroits où se rassemblent de trop nombreux touristes. Nous préférons éviter les centres commerciaux et les grands hôtels au profit d’endroits plus décontractés. On s’y sent mieux et le budget n’est pas le même.

La ville de Hua Hin n’est pas adaptée à notre façon de voyager. On n’aime pas tellement passer une journée entière à se baigner. Nous avons donc volontairement évité les plages et les grands centres aquatiques.

Et puis, Hua Hin est tout simplement un nœud touristique important du pays… mais en trois ans, nous en avons déjà parcouru beaucoup de ces grandes villes pleines d’attractions et d’activités de vacance. Je crois que tout simplement, ce n’était pas ce que nous recherchions, à ce moment-là. Mais cela n’est pas très grave. Le reste du voyage était une réussite et dans la région, nous avons découvert énormément de petits coins plus intimistes, que nous avons adorés!

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Août 17

Les Vergers tropicaux de Suphattra Land – Rayong

Avec mon tour de taille de cachalot austral, ma mobilité s’est un poil réduite. C’est temporaire, hein. Juste que je suis enceinte. Même Petit-Un l’a remarqué. L’autre jour, en voiture, et avec toute la candeur de ses cinq ans, il m’a lâché de but en blanc un « Maman, moi, je vas être grosse comme toi! » qui lui passait par la tête. Gratuitement!

Nous nous tournons donc ces temps-ci vers des activités adaptées à ma corpulence et à mes capacités physiques. Aussi, notre excursion au parc Suphattra Land de Rayong a-t-elle été l’occasion d’une excellente synthèse entre activité familiale, culturelle, gourmande et reposante! La visite consiste en une découverte –motorisée– des vergers du lieu et des fruits tropicaux qui y poussent, avec dégustations à la clé!

 

Suphattra Land en Pratique

  • Coordonnées GPS: 12°47’59.0″N 101°13’49.0″E
  • Prix « étrangers » – adulte: 400 THB – enfant: 200 THB. Pas de « prix Thaï » pour les étrangers résidents.
  • Ouverture de 8h à 17h.
  • Durée de l’activité: deux bonnes heures. Nous avons prolongé la journée en direction du vieux de port Rayong, à une trentaine de minutes en voiture.
  • La meilleure saison pour visiter les vergers va de janvier à avril. C’est la haute saison pour la récolte des fruits, le moment où il y en a la plus grande diversité, et c’est aussi l’époque où ils sont les meilleurs.

Découverte des arbres et des fruits

A Suphattra Land, la promenade se fait en bus ouvert. Moment de pure joie pour les enfants. Petit-Deux nous explique que c’est le plus beau jour de sa vie, avec la fois où il avait pris l’ascenseur (lequel?). C’est aussi un moyen de locomotion idéal pour un troisième trimestre de grossesse.

Suppathra Land

On traverse un petit verger aménagé, à la découverte des arbres fruitiers locaux. Il est juste dommage qu’août soit plutôt une saison creuse en l’espèce. Les fruits des arbres sont plutôt clairsemés. Nous observerons beaucoup de feuillages.

Arbre a Durians et Durian

Les plus gros des fruits tropicaux sont toujours source d’étonnement. Les durians pèsent dans les cinq ou six kilos. De par leur poids, leur taille et leurs redoutables piques, ils tuent chaque année quelques passants malchanceux, en tombant de leurs arbres. Le fruit du jaquier semble moins souvent mis en accusation en la matière, de ce que j’en ai lu dans la presse. Et pourtant, cette énorme protubérance vert-jaune peut peser jusqu’à trente-six kilos!

Jacquier et ses fruits

Ça ne se mange pas, mais un peu plus loin, nous tombons sur une plantation d’hévéas. Je l’ignorais jusqu’à récemment: la Thaïlande est le premier pays producteur et exportateur de caoutchouc naturel au monde. Avec l’explosion du marché automobile en Asie, la demande ne cesse de croître et ce commerce est extrêmement profitable. Aujourd’hui, près de 10% de la population Thaï vit directement ou indirectement de cette culture, principalement dans le cadre d’exploitations familiales.

Heveas

 

Premier ravitaillement: le buffet de fruits

La visite est interrompue par la dégustation d’un immense buffet de fruits. L’étalage est magnifique et même hors saison, le choix reste large, parmi les fruits tropicaux. Il y a bien sûr des mangues, que nous adorons tous. Sauf Petit-Un. Il ne mange pas de fruits: c’est contraire à sa religion. Papa-Tout-Terrain a un petit faible pour les beaux fruits du dragon, à la peau rose bonbon et à la chair blanche, douce et sucrée, constellée de petits grains noirs.

Petit-Deux se jette tant et tant sur les mangoustans et les ramboutans qu’il est repéré par les dames du parc. Elles trouvent ça trop mignon, le couvrent de fruits et le prennent en photo. Pour ma part, j’ai un petit faible pour les durians, dont je vous ai parlé en long et en large, dans un récent billet. Ces pauvres fruits sont d’ailleurs exilés sur un étalage spécifique et éloigné, tellement ils sont malodorants!

Buffet de fruits

Par chance, nous sommes seuls quand le bus passe nous reprendre. Le chauffeur est adorable! Il installe les enfants, juste à côté de lui, sur une banquette de co-pilote où ils ont presque l’impression de conduire. Petit-Un est ravi. Il dévore l’environnement du regard, se tortille un peu et lance des blagues au chauffeur. Petit-Deux est sérieux comme un Pape, désireux d’être à la hauteur de la lourde responsabilité qui lui est confiée. A chaque fois que le bus ralentit, il sourit aimablement pour être photographié par le personnel du parc.

Suppathra Land

 

Du bon et du moins bon…

On passe maintenant aux arbres épineux. Nous découvrons le salak, un petit palmier piquant qui prospère sur les sols arides et sur lequel pousse le « fruit du serpent », ou salak (quelle imagination!). On l’appelle « fruit du serpent » en raison de sa peau écaillée. J’avais adoré le goût acidulé de ce fruit à la peau lisse, qui pousse à Bali. La version thaïlandaise en revanche est plutôt momolle, avec une peau pleine de piquants, impossible à éplucher, et un goût marqué de terre. Beurk!

Salak

 

Etonnants fruits tropicaux…

Viennent ensuite les manguiers et les arbres à longane. Ils n’ont pas de fruits: ce n’est pas la saison. Dommage pour Petit-Deux, car le longane est son fruit préféré. « Long-an » veut dire « œil du dragon » en chinois. Extérieurement, ça ressemble à une grosse bille marron, avec un léger duvet. L’intérieur est proche du litchi, en goût et en consistance, avec un noyau similaire, mais le tout est un peu plus petit. Lors de notre précédent passage à Suphattra Land Park, Petit-Deux s’était montré tellement enthousiaste qu’il était vu offrir une branche chargée de fruits, par les jardiniers! Lui et Papa-Tout-Terrain peuvent en manger des tonnes, malgré les rappels à l’ordre de notre nounou: « Attention, c’est une nourriture « chaude » qui déséquilibre les fluides du corps et pourrait vous rendre malade! »

Arbre a Ramboutans

Un peu plus loin, le conducteur de bus nous montre les arbres à mangoustan –un fruit « froid »– et à ramboutan –un autre fruit « chaud ». Avec Papa-Tout-Terrain, on rigole bêtement en regardant les ramboutans… on pense tous les deux a la même chose… Avez-vous déjà vu un ramboutan? C’est rose et poilu… Bref, depuis qu’un collègue nous a expliqué que ces fruits lui évoquaient des testicules, force nous est de constater que la ressemblance est frappante! Papa-Tout-Terrain me souffle: « T’as vu, il y en a plein qui pendent… ». Nouveaux gloussements. Les enfants et le chauffeur de bus se retournent et nous dévisagent d’un air bizarre. On fait des têtes d’ange en essayant de reprendre notre sérieux.

Mangoustan et Ramboutan

 

Deuxième ravitaillement: le buffet de salades

Nous doublons des serres où sont cultivées des salades hors sol. Le chauffeur-guide n’en n’est pas peu fier. Pour nous, ça ne nous semble pas vraiment révolutionnaire. C’est juste des salades, quoi.

Nous atteignons une seconde station de dégustation: la station des salades. Je ne sais pas pourquoi ils ont organisé les étapes en un repas à l’envers. Nous avons droit à des feuillages à volonté et à des salades de papaye locales. C’est délicieux mais ça pique très fort. Certains visiteurs ont été prévoyants, ils déballent un pique-nique de poulet grillé et de riz gluant pour accompagner les plats de végétaux.

Preparation des salades de papaye

Petit-Un est exempté de verdure: il hérite d’une saucisse. En revanche il tombe amoureux de la sauce vinaigrette. Il essaye de nous convaincre d’en rapporter à la maison. En vain. Il faut dire que dans les poches, ça serait salissant. En désespoir de cause, il essaye de récupérer tout ce qui reste au fond de nos assiettes, à l’aide d’une fourchette. Au moins, l’exercice est intéressant en terme de motricité fine!

 

Des abeilles et des ruches

Après un dernier petit tour de bus, vient la dernière étape: celle des abeilles. Sans doute pour la fécondation des fruits, le parc est plein de ruches. Les enfants sont très impatients. Depuis plusieurs semaines, nous lisons et relisons « Les Abeilles » de la collection Mes P’tits Docs, que les enfants adorent. C’est d’ailleurs en partie pour ces insectes que nous avons opté pour une visite de Suphattra Land aujourd’hui –et aussi pour y acheter du miel, dont Papa-Tout-Terrain est très friand.

La ruche et sa planche d'envol

Nous observons une ruche de démonstration. Mais où sont les larves? Et les nymphes? Sans doute dans des cellules, car nous ne les verrons pas. En revanche, les enfants repèrent très vite la reine des abeilles, entourée de ses ouvrières. Nous observons la planche d’envol de la ruche que défendent des abeilles « gardiennes » contre les intrus. Puis nous voyons comment le miel est extrait des rayons, à l’aide d’une centrifugeuse… Avant d’y goûter, bien sûr! Une fois de plus, nous repartirons avec plusieurs kilos de ce délicieux suc, pour nous et pour notre nounou. On espère qu’elle aime ça, d’ailleurs, car on lui en rapporte des brouettes à tous les coups!

Observation de l'interieur de la ruche

 

Fin de journée à Rayong

La visite finie, nous ne sommes qu’à une vingtaine de kilomètres de Rayong. C’est un endroit que j’ai déjà largement évoqué, et que nous aimons beaucoup, pour son port coloré, ses beaux paysages marins, son temple chinois pittoresque et ses excellents restaurants. Malgré le ciel gris et la mer démontée de la saison des pluies, la lumière est belle ce jour-là. Nous y terminerons la journée, à ramasser des coquillages, avant de nous attabler devant quelques nourritures marines fabuleusement accommodées.

Port de Rayong

 

Plage de Rayong

 

Coquillages

 

Decoration du temple chinois de Rayong

 

On a ramasse des coquillages

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Août 11

Grossesses en Chine – Une p’tite césarienne?

Trente-neuf semaines aujourd’hui. L’arrivée de Petit-Trois se rapproche. Je suis en conge maternité. Je me repose en regardant mes deux grands diablotins batifoler sur leurs trottinettes. Batifoler vigoureusement, hein, on s’entend. Petit-Deux s’est fait rouler sur le pied. Il a un ongle tout noir et moche qui va tomber. Petit-Un a un genoux en sang. Le concept de jouer calmement ne semble pas évoquer la moindre étincelle d’intelligence chez eux.

Grossesses en Chine

Avec un brin de nostalgie, je repense à leur arrivée, en Chine. Je réalise que j’ai déjà évoqué ici mes grossesses à l’étranger, en en omettant la conclusion. Allez, parce que ça me fait plaisir, je m’en vais vous raconter ça!

 

Hôpitaux de Chine

Petit-Un tout juste installé, la question s’est posée rapidement de savoir où j’accoucherais. Il y a plein d’hôpitaux à Shanghai et j’avais jusque-là surtout fréquenté les établissements de quartier, destinés au commun des mortels. Il s’agissait d’une médecine de masse, à l’image de la population chinoise. Après l’enregistrement, on nous indiquait un numéro de bureau, on rejoignait une file déjà longue de patients, et on attendait debout son tour. Dans la queue, il n’était pas rare que les malades fument pour tuer le temps. Dans mes premières années en Chine, il arrivait souvent, aussi, de voir les gens cracher par terre dans les couloirs. C’est culturel.

Le moment qui me fascinait le plus était celui de la prise de sang, presque systématique avant le diagnostic. On rejoignait une autre file d’attente, devant une petite fenêtre. A tour de rôle, chacun tendait son bras par l’ouverture et se voyait prélever quelques gouttes de sang par un employé quasi invisible. Ca faisait hyper futuriste comme concept!

Grossesses en Chine

Parfois, j’avais droit à un service VIP: j’étais accompagnée par un employé anglophone qui me faisait doubler tout le monde dans les files d’attente. Parfois je devais faire la queue et me débrouiller en chinois. J’étais alors toute jeune étudiante: j’avais le temps, la patience, et ça forge le caractère! Je ne garde d’ailleurs que de bons souvenirs de ce temps-là.

 

Le choix de l’hôpital

Quand il s’est agi de la naissance de Petit-Un, Papa-Tout-Terrain et moi-même nous sommes vite accordés sur le fait qu’un poil plus de confort médical ne serait pas superflu. Papa-Tout-Terrain ne parlait pas du tout chinois. Et pour ma part, je n’étais pas sûre de vouloir sortir mon dictionnaire de mandarin pour vérifier les tons quand on me dirait: « Poussez Madame! »

Grossesses en Chine

Un appel à mon assurance a confirmé que j’étais très bien couverte. Et comme nous ne faisons pas les choses à moitié, nous avons opté pour l’hôpital américain le plus cher de la ville (et donc sans doute du pays). En Chine, il est de bon ton d’être riche et de le montrer. Choisir d’accoucher dans cet hôpital était donc du meilleur goût. Ayant ainsi donné la preuve de notre statut social, nous avons immédiatement gagné l’estime de tous nos voisins, naturellement informés en temps réel par notre nounou. Très vite, plusieurs Mamans des alentours m’ont félicitée pour ce choix éclairé… et d’enchaîner immédiatement sur la question…

 

« Vous avez déjà choisi la date de la naissance? »

Euh, comment ça, on peut choisir? Ce n’est pas plutôt le bébé qui choisit? Biiim, mauvaise réponse! Quand on a les moyens, on accouche par césarienne! Bah oui, quoi, une césarienne, c’est tellement plus confortable: non seulement on n’a pas mal, mais en plus on peut décider de la date! Effectivement, les statistiques confirment qu’à Shanghai, 68% des naissances se font par césarienne. Bon, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais il y a tout de même des raisons. Des bonnes et des moins bonnes.

Grossesses en Chine

D’abord, l’accès à la péridurale est très limité. Peu d’hôpitaux la proposent. Et même s’ils la proposent, ce n’est en général qu’en semaine et en journée. C’est un peu la roulette russe. Beaucoup de mes amies chinoises ont donc opté pour une solution « sans douleur »: la césarienne. On peut les comprendre.

Par ailleurs, la date de la naissance revêt aussi une importance déterminante. Mieux vaut naître à une date faste du calendrier chinois pour ne pas avoir un destin tout pourri. Et avant le premier septembre pour « ne pas perdre une année scolaire ». Et puis, si comme Petit-Deux, vous arrivez tout à la fin de la faste année du dragon, autant éviter de voir le jour sous le signe du serpent, à quelques jours près. Etre dragon, ça pète sacrément plus! Il y avait d’ailleurs tant et tant de naissance à cette époque que nous avons dû réserver et payer l’accouchement des mois à l’avance, pour « garder la place »!

Côté médecin, la césarienne a également ses avantages. Elle est facturée plus cher, va plus vite, et permet de planifier et d’optimiser l’utilisation des ressources. Bref, ça arrange tout le monde.

Et puis, c’est si « chic », une césarienne, vu que ça coute plus cher!

 

A l’approche du terme

Bref, j’ai choisi des accouchements par voie basse, envers et contre toute logique de reconnaissance sociale. Jusqu’à trente-six semaines, tout allait bien. Juste un peu d’impatience et d’excitation à l’idée d’avoir mes bébés dans les bras. Et puis, à partir de trente-sept semaines vient l’heure ordinaire de la césarienne. Faudrait surtout pas risquer un accouchement naturel, hein!

Les visites de contrôle à l’hôpital se font alors hebdomadaires. Puis bi-hebdomadaire. C’est un peu stressant. D’autant qu’à l’échographie, on trouve que mes bébés de trois kilos sont drôlement gros, vu que rares sont ceux qui « restent au chaud » si longtemps.

Grossesses en Chine

A quarante semaines, ça y est, j’ai dépassé le terme -qui compte sept jours de moins en Asie. Paf, des visites tous les deux jours et des propositions de déclanchement à gogo! Chacun fait ce qu’il veut mais pour ma part je préfère éviter: dans un pays avec un taux de césariennes si élevé, j’imagine bien la conclusion naturelle, des fois que le travail se prolonge un poil…

Il est temps de prendre les choses en main. Par chance, nous habitons au sommet d’un bel immeuble au design moderne. J’opte donc une escalade bi-quotidienne de nos trente-six étages, dopée aux hormones de grossesse et à la peur du déclenchement. Papa-Tout-Terrain me suit bravement, par solidarité, mais sans les hormones. Je trouve qu’il traîne un peu, d’ailleurs.

 

Le terme

Quarante-et-une semaine et cinq jours: j’apprends qu’on ne me laissera pas dépasser les quarante-deux semaines. La date du déclenchement est fixée à deux jours plus tard. En panique, j’entraîne Papa-Tout-Terrain dans une marche forcée d’une quinzaine de kilomètres, ventre à terre, dans le dédale des rues de Shanghai.

Grossesses en Chine

Au terme d’une après-midi de course effrénée, Papa-Tout-Terrain demandera grâce. « Ok, on rentre! » Je m’apprête à rebrousser chemin à pieds. Papa-Tout-Terrain me regarde alors avec un air pas commode du tout: « En taxi! »… Il n’a pas la tête de quelqu’un qui plaisante. J’essaie piteusement de négocier pour rentrer seule en marchant, mais il me regarde avec des sourcils courroucés et je rends les armes. Pour Petit-Un comme pour Petit-Deux, le travail se déclenchera enfin à quarante-et-une semaines et six jours. Ils naitront tous deux, à vingt moins d’écart, au matin de la quarante-deuxième semaine.

Grossesses en Chine

Au moment de la naissance, une grande crainte répandue parmi mes collègues chinois était l’échange volontaire ou accidentel de leur bébé. Papa-Tout-Terrain avait été bien briefé. Dès l’expulsion, il devrait tracer une marque reconnaissable à l’encre indélébile sur le pied de l’enfant, pour se prémunir contre toute inversion. La question ne s’est finalement pas posée, car nous avons pu toujours garder nos bébés près de nous.

Après la naissance

Après l’accouchement, une jeune mère ne se lève pas, en Chine. Elle doit traditionnellement rester alitée pendant un mois (sans prendre de douche). Durant cette période, elle ne doit pas boire d’eau froide, et elle est nourrie de soupes aux œufs et autres potions fortifiantes.

Il existe des établissements dédiés au rétablissement post-partum, avec des armées de nurses qui s’occupent des enfants et ne les rendent aux jeunes Mamans que pour les tétées. Pour les moins aisés, c’est la belle-mère qui tient ce rôle, à la maison. Pour les plus riches, il est possible de louer ces services à domicile. Vers la fin de l’année du dragon, il y avait d’ailleurs tant de naissances qu’on a failli se faire piquer notre nounou, comme ça!

Grossesses en Chine

Enfin, l’allaitement n’est plus toujours la norme, pour les citadines. Il est souvent jugé fatigant et trop contraignant. Et il est tellement plus chic d’allaiter son enfant avec du lait acheté, lorsqu’on en a les moyens! Le marketing étant passé par là, les plus petits seront volontiers nourris au colostrum de vache, en poudre. Et le summum bien sûr est le lait importé, qui transite par tonnes, et au marché noir, via Hong Kong!

 

L’hurluberlue

Bien au courant des normes du pays, j’ai fermement décidé de n’en faire aucun cas. Pas pour être contrariante. Mais une douche après l’accouchement m’a semblée rafraîchissante. Et je ne voyais pas trop ce que j’aurais bien pu faire, au lit, pendant un mois. Quelques jours après mes accouchements, je retournais donc faire mes emplettes au marché du coin de la rue. J’y ai acquis, auprès de tous les commerçants, une réputation de forte femme (c’est ce qu’ils me disaient poliment) ou plutôt d’inconsciente (c’est ce qu’ils pensaient très très fort).

C’était encore pire avec mes bébés. Très vite, je les ai sortis en plein air, alors qu’un nouveau-né est généralement conservé six mois sous cloche à la maison. Vous n’imaginez même pas combien de fois j’ai pu mentir à des mamies un peu collantes, prétendant que mon bébé de deux semaines avait six mois. « Il n’est pas bien gros, tout de même… » Et moi, évasive, de confirmer que « oui, oui, il est plutôt petit pour son âge… »
Grossesses en Chine

Plus épouvantable encore, je promenais Petit-Un sans chaussettes! Un bébé ne doit jamais sortir sans chaussettes! Même si, en l’occurrence, c’était le plein été et qu’il faisait quarante degrés à Shanghai. Les chaussettes, c’est sacré! Mon acte était tellement criminel que même des adolescents m’ont hélée dans la rue, pour me signaler le manquement… Et que ma nounou m’a suppliée, pour garder la face parmi le voisinage, de « chaussetter » mes enfants lorsqu’elle en était en charge!

 

Nouveau challenge

On ne sait pas trop quand Petit-Trois arrivera mais elle finira bien par arriver, je pense. Nouveau pays, nouvelles coutumes: quelles traditions inattendues allons-nous découvrir, en Thaïlande? N’ayez crainte en tout cas, je ne manquerai pas de tout venir vous raconter!

 

 

En guise de Post-Scriptum

Petite note cordiale et sympathique à l’ intention de ceux qui souhaitent interagir avec moi dans les semaines à venir:

  • Oui, je suis prête à déchiqueter avec les dents quiconque me demandera si j’ai accouché
  • Oui, ma durée gestationnelle se rapproche de celle de l’éléphante. Pas la peine de plaisanter avec ça!
  • Oui, je ressemble à une baleine flatulente et oui mon ventre est encombrant
  • Oui Papa-Tout-Terrain, les 36 étages, c’est pour bientôt, tu peux commencer à t’échauffer
  • Non je ne suis pas agressive, je ne suis pas pleine d’hormones et je ne vois pas de quoi vous parlez
Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Août 10

Curieux marchés flottants des environs de Bangkok

Les environs de Bangkok sont quadrillés de rivières, d’affluents, de canaux et autres bras fluviaux. La végétation y est luxuriante et les cultures prospères. (Les moustiques aussi.) Rien d’étonnant à ce que la zone soit rapidement devenue un foyer économique et de peuplement dynamique, dans le pays. Rien d’étonnant non plus au développement précoce de marchés flottants dans la région, au début du siècle dernier. Ces institutions facilitaient le transport des marchandises par voie fluviale, affranchissant les commerçants des difficultés liées au faible développement des infrastructures de transport terrestre.

Il y a quelques temps, j’évoquais ici un marché traditionnel bien sympathique à Chachoengsao. Cette fois-ci, en route pour Hua Hin, ce sont les marchés de la province de Samut Songkhram que nous avons écumé… une excellente invitation à la découverte et à la dégustation!

 

Quelques marchés de l’ouest de Bangkok – En Pratique:

  • Coordonnées GPS du marché flottant de Tha Kha**** (5h-11h): 13°28’18.8″N 99°59’43.2″E
  • Coordonnées GPS du marché flottant d’Amphawa***: 13°25’33.3″N 99°57’18.1″E
  • Coordonnées GPS du marché flottant de Damnoen Saduak** (6h-12h): 13°31’09.2″N 99°57’33.4″E
  • Coordonnées GPS du marché « ferroviaire » de Mae Klong***: 13°24’26.7″N 99°59’55.9″E

 

Le marché flottant de Tha Kha

Drôle de petit marché, au fin fond de la campagne! L’étape était imprévue. On a trouvé puis suivi les panneaux par hasard. Ils nous ont menés dans des chemins isolés, au cœur de petits canaux pittoresques et de luxuriantes plantations de bananes et de noix de coco. Heureusement, c’est Papa-Tout-Terrain qui conduisait, car les routes n’étaient pas bien larges!

Marche de Tha Kha

Des boutiques et des commerçants, nous n’avons pas vu grand-chose, car nous sommes arrivés après onze heures, horaire de fermeture du marché. Seules restaient quelques Mamies oisives qui comparaient leurs salades. Et une famille du coin qui rangeait ses noix de coco dans un pick-up.

Nous avons contemplé les barques traditionnelles qui restaient encore. A cinq heures du matin, elles devaient s’enfoncer dangereusement dans l’eau, chargées de légumes et de fruits fraîchement cueillis. Nous avons traversé les vieux ponts de bois qui enjambent le bras de rivière. Nous avons imaginé l’atmosphère matinale et grouillante des commères grisonnantes, en quête de bonnes affaires pour leur dîner. Nous avons admiré les façades des antiques maisons attenantes, remarquablement conservées.

Marche de Tha Kha

On n’a pas vraiment vu le marché, en fait. On a surtout reconstitué. Et on a aimé que qu’on avait imaginé. Nous repasserons par là, un jour, pour compléter nos impressions, pour nous imprégner un peu plus de cette ambiance locale, simple et bon enfant. Il y a une sensation d’inachevé, mais l’endroit nous a plu. Nous reviendrons.

 

Le marché flottant d’Amphawa

Le marché flottant d’Amphawa est beaucoup plus grand, moins intimiste, et moins authentique, aussi. Nous y entendons parler russe, chinois, français… Mais lorsque l’on s’éloigne un peu de l’entrée centrale et des ponts principaux, l’on retrouve des foules Thaïes en promenade. Des étudiants, des familles ou des amoureux en goguette. L’un boit une noix de coco. Un autre achète des jaunes d’œufs sucrés au jasmin. Il s’en régalera avec ses collègues ou s’en servira en guise d’offrande lors d’une cérémonie religieuse. Un peu plus loin, un couple choisit de petites figurines en pâte de haricot, pour gâter un enfant de sa connaissance.

Marche d'Amphawa

Ne manquez pas de vous essayer à ces nourritures délicieuses et variées! Laissez-vous aller aux odeurs et aux couleurs! Achetez au hasard quelques plats parce qu’ils sont beaux, parce qu’ils sont étonnants, ou parce qu’une grande foule se presse devant le stand (c’est souvent bon signe)! Ce sera sans doute l’occasion de surprises parfumées et sucrées. Au pire, vous connaîtrez quelques déceptions gustatives… Et au pire du pire, vous risquez quelques bouchées absolument infectes que vous pourrez un jour raconter à vos petits-enfants… Mais n’est-ce pas là tout le plaisir de se laisser entraîner à l’inconnu?

Marche d'Amphawa

 

Le marché « ferroviaire » de Mae Klong

Petit Deux qui suit attentivement l’avancée de mes articles vient de me hurler à l’oreille: « Ahhhhh, je connais ce train!!! » Et d’appeler son frère. Et tous deux, de s’extasier de concert sur la locomotive. Il faut dire que les enfants ont adoré ces lieux, dont ils chérissent aujourd’hui le souvenir!

Le marché de Mae Klong est installé à deux pas de la gare, dans la bourgade du même nom… et sur la voie ferrée! Le marché en tant que tel n’a rien de rare. On y trouve peu de plats préparés et quasiment pas de douceurs… Imaginez mon désespoir!… C’est un marché avec des choux, des patates douces, de la salade, quelques fruits et un peu de poisson que l’on sent de loin et qui a tendance à attirer les mouches. Super.

Marche de Maeklong

Rien d’exceptionnel? Si bien sûr! Sitôt un train pointe-t-il le bout de son essieu que les loquaces commerçantes se jettent sur leurs marchandises, leurs paravents, leurs éventaires. En quelques secondes, tout est replié, pour laisser passer le grand cheval de fer. A peine le dernier wagon a-t-il disparu que les commères ont replacé leurs cageots et leurs paniers, et repris leurs négociations enflammées avec le client du moment!

Marche de Maeklong

La scène vaut le détour. Il faut juste savoir à quoi s’attendre. Si l’on regarde côté marché, ma description est parfaitement exacte. Côté gare en revanche, c’est une cohue multicolore de centaines de touristes qui mitraillent, jouent des coudes et se pressent pour obtenir les meilleurs clichés du spectacle. Les malchanceux ou les imprévoyants, mal renseignés sur les horaires du train, ont parfois attendu une heure ou deux pour assister enfin à ces quelques secondes d’action. Pour une halte à Mae Klong, mieux vaut donc venir préparé!

 

A prendre et à laisser…

Certains marchés de Thaïlande, et pratiquement tous les marchés flottants sont devenus aujourd’hui des objets touristiques. Il faut les parcourir aux aurores pour y retrouver un soupçon d’authenticité, parmi les mamies qui choisissent leurs légumes. Car dès que l’on avance dans la journée, de nombreux stands ne proposent plus que des colifichets Made in China à destination de touristes peu regardants. C’est particulièrement le cas pour le marché de Damnoen Saduak, parce qu’on le retrouve bien trop systématiquement dans les boucles classiques de tour operators.

Bref, il y a à prendre et à laisser, mais ces lieux valent tout de même le détour. On y découvre les antiques barques de bois sombre, héritages d’une tradition commerçante centenaire. On y ressent le fourmillement des foules. Et si l’on s’écarte un peu des autoroutes touristiques, le badaud reste majoritairement Thaï: au cœur de cette affluence, la flânerie n’est pas désagréable. Elle représente même une occasion privilégiée de goûter aux douceurs et aux gourmandises du pays… car je l’ai déjà évoqué: l’on est fort gourmet, et même gourmand, en Thaïlande!

 

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Août 09

La Grotte de Phraya Nakhon

Au sud de Hua Hin, le relief de la cote Thaïlandaise change. Les montagnes se font plus escarpées, se couvrent d’une végétation plus dense et plus sombre. On pénètre dans le Parc Naturel de Khao Sam Roi Yod. Des roches sombres aux formes romantiques et torturées se découpent sur le bleu profond du ciel et le turquoise de la mer. Fait rare, la côte est presque entièrement préservée de constructions humaines. Nous sommes immédiatement conquis. Nous nous trouvons bien, dans cette atmosphère sauvage.

 

La Grotte de Phraya Nakhon en Pratique:

  • Coordonnées GPS pour le point de départ: 12°12’22.5″N 100°00’34.5″E
  • Entrée du parc de Khao Sam Roi Yod: 200 THB par adulte, 100 THB par enfant, gratuit pour les plus petits
  • Du point de départ, on peut (1) partir pour une rando « longue », de deux ou trois heures, jusqu’à la grotte, ou (2) opter pour une version « familiale »: un bateau de pêcheur nous conduit par mer sur une plage intermédiaire (Laem Sala Beach), qui réduit le temps de balade à une petite heure
  • Transport aller-retour à destination de Laem Sala Beach: 400 THB par bateau (dix minutes)
  • Durée de l’ascension pour la rando « courte »: 30 à 60 minutes selon les marcheurs
  • A emporter impérativement: de l’eau en grande quantité, de l’anti moustique et de bonnes chaussures
  • Il est recommandé d’arriver dans la grotte avant 11h le matin, pour profiter d’une luminosité idéale
  • A la fin de la balade, l’on peut se restaurer et se baigner agréablement sur la Laem Sala Beach

 

Parc de Khao Sam Roi Yod

 

Traversée en bateau

Nous nous sommes levés tôt pour visiter la grotte de Phraya Nakhon, au cœur du parc. L’expédition commence par une traversée en bateau. Des pêcheurs locaux aux visages tannés par le soleil et le sel font la navette.

Bateau de Pecheur

Il n’y a pas d’embarcadère. Shorts relevés, poches sécurisées, enfants sur les épaules et sacs à dos sur la tête, nous progressons jusqu’aux barques. La traversée est brève. Nous accostons sur une plage de sable blanc. Il nous semble presque y être les premiers humains! L’environnement y est magnifiquement préservé, propre et soigneusement entretenu.

Nous nous engageons sur le chemin qui mène à la grotte de Phraya Nakhon. Un panneau indique une distance de 430 mètres. Peut-être s’agit-il d’un dénivelé, car il nous aura fallu un peu plus d’une heure pour les parcourir. Ça monte dur. C’est assez glissant. Et bien sûr il fait chaud et humide. Mais ça reste faisable, même avec des handicaps: une femme enceinte de huit mois et demi (moi) et Petit-Deux, trois ans et une gastro.

Depart pour la Grotte de Phraya Nakhon

 

Un beau chemin semé d’embuches

Le chemin est accidenté, découpé, rocailleux et magnifique. La forêt humide revêt de belles couleurs vertes et profondes. L’ombre des feuilles se meut au gré de la brise marine et des rayons du soleil.

A mi-chemin, un belvédère propose une délicieuse vue en surplomb des flots et des ilots environnants. Le panorama nous récompense largement des premiers litres de sueur versés. Du haut, l’on mesure l’effort accompli.

Belvédère en chemin pour la grotte de Phraya Nakhon

On repart. Par bonheur, nous avons avec nous des chips « Sour Cream and Onion » qui remotivent les enfants lors des coups de mou et dans les passages les plus ardus. Autres indispensables: de bonnes chaussures, de l’eau en quantité, un anti moustique efficace, et le « porte-garçon » -car depuis que nous n’avons plus de bébé a la maison, toute mention de « porte-bébé » déclenche irrémédiablement les foudres de Petit-Deux. Vous ai-je d’ailleurs dit que cet enfant était vaguement susceptible?

Nous grimpons en parallèle d’un groupe de sinophones chaussé de Crocs et qui, sans eau, aura autrement plus souffert que nous pendant l’ascension. Nous croisons également ne nombreuses familles allemandes et néerlandaises, très équipées en matériel de marche et de montagne.

Mais globalement, notre fine équipe de Pieds Nickelés ne se débrouille pas si mal! Nous avons même presque fière allure lorsque nous atteignons le sommet! D’autant que les enfants ont grimpé tout seuls et avec grand courage.

 

La grotte de Phraya Nakhon

Arrivée en haut je suis atteinte d’une sorte de vague à l’âme lorsque je découvre qu’il faut descendre une bonne centaine de mètres pour pénétrer dans la grotte! Tout ça pour ça! C’était bien la peine de monter!

La Grotte de Phraya Nakhon

Le gouffre est humide et chaud. Ses voutes monumentales sont couvertes de stalactites immenses. Tout au fond, une gigantesque crevasse laisse passer le soleil. Nous arrivons un peu tard: la luminosité est sensée être meilleure avant onze heures. Il est presque midi: les rayons sont moins francs et plus diffus. Les contrastes sont moins nets.

Au centre de la grotte, un pavillon a été bâti pour marquer la visite du roi Rama V. D’autres rois se sont également rendus dans ces lieux magiques et y ont laissé leurs imposantes signatures –de presque un mètre de hauteur, tout de même! (Rien à voir donc avec mes paraphes en patte de mouches au bas des notes de frais).

C’est le moment ou Petit-Deux choisit de m’informer d’un besoin extrêmement pressant, rapport à sa gastro. Super! On est en pleine zone royale et sacrée. Et dans un parc naturel protégé. S’il se soulage ici, on ira en prison pour crime de lèse-majesté et on aura une amende pour non-respect de l’environnement!

 

La folle cavalcade

Il faut agir vite. Nous sortons le porte-garçon. Je chausse Petit-Deux sur le dos. Papa-Tout-Terrain se charge du paquetage et de Petit-Un. En route! On progresse vite. Dans l’urgence, dirais-je même. L’éblouissant paysage passe au second plan de nos préoccupations.

Pour distraire Petit-Deux de ses besoins les plus triviaux, on fait la conversation. Je lui promets tout ce qu’il veut. Un poney. Des frites. D’autres chips. Des bonbons. Vénal, lui veut des pièces. Depuis quelques temps, il adore en avoir dans les poches, en faire des tas, les compter, les admirer les reproduire sur papier… Il négocie comme un marchand de tapis. On se fixe des objectifs ambitieux mais réalistes, pour l’acquisition de chaque piécette. Le contenu de mon porte-monnaie y passe.

Laem Sala Beach

Soudain pouf, Petit-Deux a oublié son envie. Il demande à marcher à nouveau. Il me rend ma monnaie, qui alourdit son pantalon et repart, guilleret. Bien vite, nous atteignons tout de même la plage (et ses toilettes) dans un soupir de soulagement. Mais c’est trop tard pour Petit-Deux. Plus besoin du tout! Il ne se souvient même plus d’avoir eu envie. Charmant enfant!

 

Une très belle excursion

Soyons francs, bien que ce léger contretemps ait un peu hâté notre redescente, il n’a rien gâché de notre visite. Nous avons adoré le lieu et son sublime environnement. Plus que la grotte, c’est d’abord la balade et l’environnement qui nous ont conquis.

Retour de la Grotte de Phraya Nakhon

Nous reprenons le bateau, pour retrouver la voiture. Les enfants, désormais rodés au débarquement dans la mer, s’en donnent à cœur joie. Shorts remontés en haut des cuisses, chaussures à la main, ils courent dans l’eau en s’éclaboussant joyeusement. Mais à peine seront-ils installés dans leurs sièges auto qu’ils s’endormiront profondément…

Fin d'une belle balade a Khao Sam Roi Yod

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Août 01

Carte Postale – Le Palais Mrigadayavan

Chers tous,

Un petit coucou du palais Mrigadayavan. Il s’agit de la résidence d’été de Rama VI, roi de Thaïlande au début du vingtième siècle. C’est à cette époque que la région devient le lieu de villégiature officiel des générations de rois qui vont se succéder

Le Palais Mrigadayavan se trouve sur une base militaire royale. Ça nous inquiète un peu. De nombreux points d’intérêt en Thaïlande, se trouvent dans des zones militaires, mais on ne sait jamais si les étrangers y seront acceptés. C’est bien normal mais toujours un peu stressant pour nous. On briefe les garçons pour qu’ils se tiennent correctement. On ouvre toutes les fenêtres de la voiture lorsqu’on arrive à hauteur des sentinelles. Chacun se tient bien droit et sourit de toutes ses dents. Soulagement: le garde nous fait signe d’entrer. Cette fois-ci, il n’y aura même pas besoin de laisser nos passeports.

Avant d’accéder au palais, nos tenues sont contrôlées. Ma robe de grossesse est jugée trop courte. Il faut dire que j’ai sacrement pris du ventre depuis son acquisition, et ça ne la rallonge pas! On m’équipe d’une jupe longue, que je fais tenir autant que faire se peut sur mon appendice géant. Le pan avant rebique toujours. Une jeune femme m’aide à me rhabiller décemment. Sauf que ça glisse maintenant. Papa-Tout-Terrain complète l’œuvre en me prêtant sa ceinture. C’est moche mais très confortable, au final!

Nous pénétrons dans les jardins du palais.

Ils bordent la mer. De larges esplanades d’herbe verdoyante sont caressées par la brise marine. Elles sont ombragées par des arbres tropicaux séculaires, soigneusement taillés, mais qui conservent tout de leur grâce originelle. En hauteur, de longs corridors de bois relient les appartements royaux à la plage. Ces extérieurs sont magnifiques de naturel et de simplicité.

Palais Mrigadayavan

Le palais est implanté au cœur des jardins. Il est construit dans un style hybride de modernité occidentale des années 20 et d’élégante architecture thaï classique. Construit en tek et peint de couleurs claires, ses lignes sont légères et élégantes. Il s’intègre avec une sobriété souveraine dans son environnement. Le roi l’a voulu ouvert sur la mer, frais et traverse par les brises, afin de se soulager ses douleurs d’arthrite rhumatoïde.

Nous visitons les lieux sous l’étroite surveillance du personnel, car le respect pour la monarchie est primordial. Le culte royal est essentiel dans le pays, et marque de nombreuses facettes de notre quotidien. Ainsi, tous les matins au travail, mais aussi avant les séances de cinéma, l’hymne à la gloire du roi est joué: chacun se lève, arrête ses activités, fait silence ou chante. A la fin, on s’incline en direction d’un portrait du roi -il y en a dans toutes les pièces de l’usine. Saviez-vous également que c’est en Thaïlande que les peines sont les plus lourdes, en cas de crime de lèse-majesté?

La visite a déjà été longue.

Les enfants sont irréprochables. Mais Petit-Deux n’en peut plus. Il voudrait s’assoir par terre, dans l’un des grands couloirs de tek. Je demande la permission à une guide. A la vue du joli minois blond et de mon gros ventre, elle donne son aval, outrepassant sans doute quelques règles de bienséance. Nous trouvons un coin discret. Avec une grande gentillesse, et pour nous éviter tout ennui, la jeune femme restera aux côtés de notre petit bonhomme le temps qu’il se repose.

L’intérieur du palais Mrigadayavan est aussi sublime de sobriété que le laissaient présager les jardins. Chaque membre de la famille royale a ses propres appartements, séparés les uns des autres par de grands couloirs surélevés, ouverts au vent. Le mobilier est simple mais d’un extrême bon goût. Les pièces sont de tailles raisonnables mais confortables et dignes d’une famille régnante. L’architecture n’a rien à voir avec le faste flamboyant des palais de Bangkok, là où se joue l’essentiel de la vie politique… Mais qu’elle est belle, cette résidence d’été!

Des bises de nous tous,

Les « Tout-Terrain »

 

Retour en Haut de Page

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Juil 28

Carte Postale – La Grotte de Khao Luang

Chers tous,

Première étape de notre virée sur la côte ouest de Thaïlande: Phetchaburi.

Nous avons un peu hésité à partir, avec trois gastro en activité et une grossesse au neuvième mois. Mais un Tout-Terrain ne recule jamais devant l’aventure! Et nous avions besoin de temps pour nous retrouver en famille.

Phetchaburi, donc, et une époustouflante découverte: celle de la grotte de Khao Luang.

Autour de la grotte vivent des hordes de singes. Tant et tant qu’il faut en protéger les voitures: dès notre arrivée, le garde du parking a placé un énorme crocodile en peluche sur notre véhicule, pour effrayer et éloigner les importuns! Tant et tant qu’il faut en protéger les bâtiments dont les portes et les fenêtres sont doublées et grillagées.

On dépasse les singes. On s’enfonce dans un trou béant qui nous conduit tout droit dans les entrailles de la terre. Il fait chaud et humide. Au fur et à mesure qu’on descend, il fait un peu moins chaud mais encore plus humide. Petit-Deux se rappelle la grotte de « La Chasse à l’Ours« . Il n’est pas rassuré.

On atteint le fond.

Nous découvrons une salle somptueuse aux immenses voutes naturelles. En son centre, un puits de lumière. Par cette ouverture, le soleil se déverse sur les centaines de bouddhas disposés aux milles coins de la grotte. Parmi les stalactites, les rayons se reflètent et se disloquent sur les déités dorées. L’atmosphère est magique, entre ombre et lumière, entre atmosphère recueillie et fourmillement des fidèles.

Grotte de Khao Luang - Phetchaburi

Les enfants demandent à faire brûler quelques bâtons d’encens que nous achetons à une nonne. Nous recevons un package: encens, cierge, fleurs et des bouts de papiers. Je ne suis pas très au fait des usages bouddhistes. Par erreur, je jette le papier, qui contenait de la feuille d’or dont recouvrir le bouddha principal de la grotte, afin qu’il réalise nos souhaits. Heureusement, la nonne nous rattrape le coup, récupère les feuilles, et guide très gentiment les enfants dans la fin de la procédure.

Khao Luang était la grotte préférée de Rama IV, roi de Thaïlande au milieu du dix-neuvième siècle. Il aimait à y venir méditer. L’environnement prête effectivement au recueillement et à la spiritualité. On sent l’omniprésence de la nature, apaisante. Les buissons jaillissent par le trou dans la voute naturelle. Le soleil éclabousse de lumière les replis cachés des roches. Les profondes salles résonnent de mille échos.

Nous remontons à la surface, transportés par cette sérénité de l’ombre. Petit-Deux en profite pour casser le mood et faire une grosse colère. J’aurais paraît-il bu de l’eau qui lui appartenait. Heureusement, tout le monde se réconcilie vite en nourrissant des singes. Allez, en voiture, ce n’est que le début de l’aventure!

Des bises de nous tous,

Les « Tout-Terrain »

 

Retour en Haut de Page

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Juil 18

Petites Bestioles de Thailande


On n’était pas là mais notre petit doigt nous a dit que Grand-Tatie-Tout-Terrain a poussé des cris d’orfraie à la vue de quelques gentilles petites bêtes de Thaïlande, dans notre récit d’un week-end de Débandade. A la maison, il est vrai que nous avons en quelque sorte pris l’habitude de cette large palette zoologique. Mais, en nous replongeant dans nos trois ans de Thaïlande, nous avons plein d’histoires à raconter. Alors attachez vos ceintures, mes braves, parce que je peux déjà vous dire que vous allez trembler dans vos bottes!

(Grand-Tatie-Tout-Terrain, si tu tombes sur ces lignes pas la peine de poursuivre… Au fait, tu as lu notre billet sur la grossesse à l’étranger?…)

 

Des bestioles acceptables…

Mai 2013. On est passés directement de notre trente-sixième étage de Shanghai à une jolie maison au milieu de la campagne thaïlandaise… En un jour, notre vie a changé.

Mon premier souvenir, c’est qu’il y avait des geckos un peu partout sur les murs. A l’extérieur, bien sûr, mais aussi à l’intérieur. Les geckos, au demeurant, je les aime plutôt bien. Ils sont discrets et timides. Ils donnent l’impression d’être propres sur eux et ne prolifèrent pas trop. Le problème du gecko, c’est que c’est parfois distrait… il pense à sa petit amie Jocelyne et pouf!… il tombe du plafond à dix centimètre de moi ou pire, sur mon pied! Ça me fait des frayeurs bleues!

L’autre problème du gecko, c’est ses crottes. Soit on a des bataillons de geckos camouflés dans la maison, soit chaque gecko fait beaucoup de crottes. Les premières semaines, j’avais vraiment l’impression de faire le coup du tonneau des Danaïdes à l’envers. Chaque jour, je passais et repassais balais, aspirateurs et serpillères. Chaque matin, il y avait autant de crottes de geckos, bien nourris aux insectes. Des insectes, il n’en manque pas non plus…

Bebe Gecko

… On a des moucherons qui adorent chercher refuge dans nos yeux, et qui s’agglutinent sur le moindre petit bobo. Eux viennent des plantations d’ananas, qui sont légion dans notre région. Il parait d’ailleurs que notre résidence a été construite sur un champ d’ananas.

… On a des mouches. En ce moment c’est la pleine saison. Elles forment des tapis noirs tout autour des poubelles.

On a de gros scarabées brillants. Notre nounou les confiait aux (bons) soins de Petit-Deux, lorsqu’il était bébé: « Pour qu’il n’ait pas peur des insectes ». Il en a certes croqué un ou deux, mais aujourd’hui il est effectivement devenu un p’tit gars intrépide.

 

… des moins sympas…

On a des cafards qui aiment bien les canalisations. Eux sortent surtout la nuit et c’est tant mieux. On s’est habitué, mais on ne les aime pas tellement. Ils font bien quatre ou cinq centimètres de long. C’est gros. Et on les trouve un peu dégoutants. Derrière la maison, en ouvrant une plaque d’égouts, nous sommes un jour tombés sur leur cachette. Ils étaient des milliers, des millions à y grouiller! On a vite fait sceller tout ça mais rien que d’y penser, ça me donne des frissons!

Cafard

On a des fourmis. Des petites fourmis qui se précipitent dès qu’elles sentent la nourriture, l’eau ou le savon (oui oui). Le technicien de maintenance, un vieux monsieur bedonnant qui n’a visiblement jamais mis un pied dans une cuisine, m’a proposé de toute dégommer à l’insecticide. Vous savez, ces bombes avec un « X » rouge dessus… sur nos réserves alimentaires… Bref, depuis que j’ai dit non, je me fais obligation d’occire quotidiennement ces bestioles, par centaines, et à l’éponge.

On a aussi de grosses fourmis qui vivent dans l’arbre au-dessus de la voiture. Elles piquent très fort et sont si nombreuses et agressives que certains jours, on doit balancer des seaux d’eau pour les déloger, avant de pouvoir accéder au véhicule. De guerre lasse, on a finalement décidé de leur abandonner ce bout du jardin.

Grosse Fourmi

Il y a enfin les moustiques. On s’en méfie fort car ce sont les plus dangereux. Mais tout le monde est très vigilant ici, et notre nounou en premier. Elle vérifie qu’il n y a pas d’eau stagnante autour de la maison. Elle « anti-moustique » les enfants avant les sorties. Elle surveille les fièvres persistantes et partage expérience et recommandations avec nous. Touchons du bois, nous sommes prudents et n’avons pour l’instant pas eu de problèmes!

 

… et des serpents aussi!

Heureusement, les serpents, on n’en n’a pas croisé si régulièrement que ça. On en a vu quelquefois en promenade, et une fois devant la maison. Enfin moi, j’étais même pas là. Je faisais tranquilou la grasse mat’ quand Papa-Tout-Terrain a surgi dans l’encoignure de la porte de notre chambre, transpirant, échevelé et soufflant. Au bout de ses bras, deux enfants criant et hurlant respectivement: « On a perdu les vélooos! » et plus intéressant: « Le serpent… il a mangé les vélooos! ». Ayant certainement l’esprit moins embrumé que moi, vous l’aurez compris: ma petite famille, en promenade (à vélo) avait rencontré un serpent. N’écoutant que son courage, Papa-Tout-Terrain avait choisi de sauver sa progéniture, abandonnant les tricycles –mieux vaut ça que l’inverse. Nous ne revîmes jamais ce serpent. Et nous retrouvâmes même les vélos que le reptile n’avait finalement pas consommés.

Serpent

Ici, tout le monde a son histoire de serpent. On en retrouve par exemple toujours un ou deux, chaque année, planqué dans les boites de nos entrepôts.

Nos voisins japonais, quant à eux, ont eu une belle frayeur, il y a quelques temps… Notre voisine, alors qu’elle pestait contre sa porte coincée, la débloqua soudain d’un coup d’épaule. Elle délogea par la même occasion un reptile bien carapaté entre le montant et le battant, et qui lui tomba juste entre les deux pieds. Plus de peur que de mal, heureusement… mais beaucoup de peur, tout de même…

 

Là où ça se corse, c’est qu’on ne peut pas les tuer…

Ma liste de bestioles n’est pas exhaustive. Nous fréquentons également des tas de papillons. Des araignées plutôt petites heureusement. Des fournis volantes qui nous envahissent avant les orages. Et des millipèdes variés et plus ou moins amicaux. Il y a trois ans de cela, c’est justement alors que j’étais sur le point d’écraser l’un de ces mille-pattes velus à l’aspect irritant qu’est arrivé l’avertissement: « Stoooop! En Thaïlande, on ne tue pas les animaux! »

Fourmi volante

Eh oui mes amis, car la Thaïlande est très principalement bouddhiste, et que le premier précepte du bouddhisme est de ne pas tuer. L’idéal est donc de mettre l’animal en boite et l’envoyer voir dehors si j’y suis. Et c’est bien la raison pour laquelle je tue mes fourmis en cachette… Parce qu’un cafard à mettre dehors c’est jouable… mais plusieurs centaines de fourmis, il y a de quoi perdre la raison!

Je vous disais tout à l’heure que c’est un peu un zoo chez nous… On a eu des souris, aussi, dans la cuisine. Des souris un peu bornées, d’ailleurs: elles bouffaient notre sauce soja et nos pastilles pour le lave-vaisselle, alors qu’on a des trucs bien meilleurs! Du coup on a eu des mini cages pour attraper les souris… et les relâcher dans la nature. Papa-Tout-Terrain est devenu un champion pour ça, et les enfants de fervents supporters!

 

… en fait si on peut les tuer dans certains cas…

En fait, ça se corse encore… Un jour, j’ai surpris notre nounou impitoyablement écrabouiller un cafard gras qui passait paisiblement par là, sans intentions belliqueuses.

De même, à propos des souris qu’on s’était mis d’accord pour relâcher au paragraphe précédent, la même nounou m’a demandé d’un air tout innocent si elles étaient grosses ou pas. « Bon, ça va » a-t-elle soupiré d’aise après que je lui ai répondu par la négative… « Si elles avaient été plus grosses, on aurait pu les garder pour les manger… » Quoi? Beurk!

De fil en aiguille, après l’avoir longuement questionnée, j’ai appris qu’il existait plusieurs méthodes de contournement à la règle bouddhiste « tu ne tueras point ».

  • D’abord, il est acceptable de tuer si ce n’est pas pour soi. Style, si je demande à la nounou de tuer les fourmis, elle le fera sans arrière-pensée. En même temps c’est exactement le truc que je lui demanderai jamais depuis qu’on m’a expliqué de ne rien tuer ici. Du coup quand elle tue son cafard elle me prête une intention que je n’ai pas réellement. Mais je suppose que c’est pardonnable.

Petites Fourmis

  • Ensuite, tuer ou faire tuer un animal pour se nourrir est permis, dans la mesure où ce n’est pas pour soi seul. Tu peux donc tuer un cochon si tu ne le manges pas tout seul. Pour le cochon c’est pas tellement un problème, mais s’il s’agit d’une crevette, je ne suis pas sûre de comment la règle s’applique.
  • Heureusement il reste une dernière dérogation pour résoudre les cas litigieux. On peut se racheter d’avoir tué un animal en faisant une offrande au temple et là, ça remet le compteur à zéro.
  • Et pour conclure, dans l’idéal en tout cas, mieux vaut manger l’animal que l’on vient de tuer plutôt que de l’avoir tué pour rien…

 

… et c’est ainsi qu’un cobra a été mangé!

Oui, encore une histoire de reptile… (Coucou Tatie!) D’autres de nos voisins ont récemment reçu la visite d’un cobra dans leur jardin. A priori le reptile était un peu inquisiteur, voire franchement agressif. Parce qu’il y avait des enfants et qu’elle est super courageuse, leur nounou s’est emparée d’un bâton et a tué la bête. Bien consciente cependant de la dangerosité du cobra, elle en a tout de même tremblé de frayeur, a posteriori, pendant un long moment.

Serpent

Par modestie, elle a expliqué dans le voisinage que ce n’était pas un très gros cobra. Il paraît que ce n’était vraiment pas un ver de terre, non plus… Un petit deux mètres quoi! Bref, une fois tué, le cobra a fini à la casserole, en soupe! Il semblerait que ce n’est pas parmi les meilleurs serpents, mais que ça donne force et santé!

(Je sais tout ça par notre nounou. C’est très pratique d’avoir une nounou: en plus de garder les enfants, elle nous raconte tous les potins du quartier!)

 

Un environnement zoologique unique

Pour nos enfants, qui ont pour ainsi dire toujours vécu en Thaïlande, cette faune fait partie du quotidien et ne prête pas à l’étonnement. Ils connaissent la dangerosité des serpents et savent comment réagir s’ils devaient en croiser. Ils savent se protéger des moustiques. Ils peuvent distinguer les fourmis qui chatouillent des fourmis qui pourraient piquer. Ils ont appris à respecter les bestioles qui nous entourent, sans les embêter et sans les blesser, comme le veut l’usage local…

… Mais ils ne connaissent rien des insectes « français »! L’été dernier, Petit-Un a découvert, émerveillé, les gendarmes. Quant à Petit-Deux, il ne cesse de s’extasier, ces derniers temps, sur les magnifiques « cafards », qui ornent le lit de la petite sœur à venir! Jugez plutôt des cafards…

Cafards du lit de Petit-Trois

N’en déplaise à Grand-Tatie-Tout-Terrain (je vais être déshéritée à force), notre vie d’aventuriers de pacotille n’est finalement pas très dangereuse! Contre les serpents, notre résidence a des « snake catchers » et procède régulièrement à des épandages de souffre, pour éloigner les reptiles. Contre les moustiques, nous avons des pulvérisations, des moustiquaires, des anti-moustiques et des tas de précautions. Contre les cafards, les fourmis qui chatouillent, qui piquent, et contre les crottes de cafard, je n’ai rien trouvé d’autre que la patience, en revanche. Malheureusement, c’est parfois une ressource qui se fait rare!

Et vous, quelles sont les pires bestioles que vous fréquentez?

 

 

Parenthèse: quelques mots de mes photos…

Mon article est prêt depuis un petit moment mais j’ai eu beaucoup peine à rassembler de quoi l’illustrer un minimum. La fourmi est petite, rapide et fourbe, donc jamais nette. Le gecko est timide et imprévisible: c’est à peine si j’ai réussi à en trouver un « utilisable » sur une centaine de cliches. Quant au cafard, il n’est jamais la quand on le cherche. Remerciements éternels à Papa-Tout-Terrain qui m’en a finalement trouve un a six heures du matin et me l’a religieusement conserve -et en bon état- pour la photo!

 

 

Retour en Haut de Page

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Juil 15

Mes racines…

Pour nous, l’étranger est un choix de vie en famille. Ce choix nous comble chaque jour, par l’ouverture qu’il nous apporte, la découverte permanente, la rencontre de l’autre… Seulement parfois, nous ne sommes pas là où nous le voudrions. Parfois, nous nous trouvons trop loin des nôtres. Parfois ce choix nous pèse. Parfois nous manquons d’importants moments de partage avec ceux qui nous sont chers. C’est le cas aujourd’hui.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de mon Papé-Tout-Terrain, celui sans qui je ne serais pas là.

 

95 bougies

Sources

Mon Papé, il a bercé mon enfance d’histoires extraordinaires et de contrées lointaines…

Avec Michel Strogoff, il m’a fait rêver au lac Baïkal et aux horizons enneigés de Sibérie où je ne manquerai pas de partir flâner un jour, c’est sûr. Nous avons vibré ensemble en nous racontant les péripéties réjouissantes et trépidantes de Phileas Fogg et Passepartout autour du monde. Et j’en ai gardé une sympathie toute particulière pour l’Asie. Parfois, je me prends à songer qu’à la manière de Nellie Bly, j’emmènerai un jour ma famille faire le tour de la terre, sur les traces de ces deux aventuriers excentriques.

Passepartout sortait affublé d’une robe japonaise - Le Tour du Monde en 80 Jours

Sources

C’est aussi mon Papé qui m’a raconté la beauté des civilisations disparues et donné ces envies d’ailleurs.

Avec sa grosse voix qui subjugue et transporte son auditoire, il rend la vie aux vieilles pierres des amphithéâtres et des forums romains, et convoque parmi nous les consuls avisés, les rois conquérants et les empereurs fous. Alors que mon Papé se passionnait pour l’antique objet d’une visite en plein air, j’ai souvent remarqué que des groupes de curieux qui nous suivaient, l’air de rien, pour profiter de ses éclairages édifiants! (Mon Papé, emporté par sa fougue, n’a jamais rien noté, lui!)

Amphitheatre de Lyon

Sources

Chez mon Papé, il y a un gros caillou qui fait comme des vagues, sur le dessus.

Je l’ai côtoyé vingt ans sans me poser de questions. Et un jour il m’a raconté. Ce sont les cheveux d’une statue gallo-romaine. Il les a trouvés au bord d’un chemin, au temps où les sols pullulaient de vestiges que l’on ne regardait même pas. Il a aussi des estampes japonaises. Des bouts de bois délicieusement décorés qui viennent de charrettes siciliennes traditionnelles. Des gravures anciennes sauvées de chez un antiquaire qui s’en servait comme d’emballages. Des portes de commodes décorées de bas-reliefs naïfs et champêtres. Les chiens de font pas des chats. Aujourd’hui, ma maison à moi ressemble à ca:

Notre maison et ses vieilleries

 

Avec mon Papé, j’ai plaisamment souffert sur les déclinaisons…

… Et les conjugaisons latines, et même sur le subjonctif imparfait. J’ai découvert le De Viris, dont les premières phrases, apprises par cœur –avec difficulté- continuent de résonner en moi à chaque fois que je les relis:

 

Proca, rex Albanorum, duos filios, Numitorem et Amulium, habuit. Numitori, qui natu major erat, regnum reliquit; sed Amulius, pulso fratre, regnavit, et ut eum sobole privaret, Rheam Silviam ejus filiam Vestae sacerdotem fecit, quae tamen Romulum et Remum uno partu edidit.

De viris illustribus urbis Romæ a Romulo ad Augustum – Abbé Lhomond

 

J’ai un peu peiné je l’avoue. Beaucoup en fait, parfois. Mais sans cet entrainement cérébral intensif, je ne sais pas si j’aurais pu apprendre le chinois un jour.

De Viris

Sources

 

Depuis des années que j’ai quitté la France, mon Papé est l’un des plus fervents amateurs de mes digressions voyageuses, historiques ou anecdotiques. Mon Papé connaît mon goût des découvertes. Il n’y est pas pour rien. Mon Papé sait mon plaisir à mener ma famille par monts et par vaux, d’explorations en aventures. Là non plus il n’y est pas étranger. Merci Papé d’avoir fait de nous des voyageurs du monde et des voyageurs des temps!

Là, ils se trouvèrent en présence d’un animal … - Le Tour du Monde en 80 Jours

Sources

Aujourd’hui, mon Papé-Tout-Terrain a quatre-vingt-quinze ans. Malgré l’éloignement, nous te serrons fort sur nos cœurs.

Bon anniversaire, Papé!

 

Retour en Haut de Page

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Juil 12

Gourmandise de grossesse: le durian

Connaissez-vous le durian, ce fruit à la peau hérissée de piquants? Il sent mauvais? Ouvrez le plutôt pour découvrir, multipliée par mille, son odeur infecte au-delà de l’imaginable!… Vous discernerez alors une chair douceâtre, molle et nauséabonde, dont raffolent les asiatiques… Les présentations sont faites: vous connaissez maintenant ma meilleure gourmandise de grossesse!

Si vous ne connaissez pas mais que d’aventure l’on vous en offre, fuyez à toute jambes! Car concrètement, le durian empeste tellement qu’il est interdit dans de nombreux lieux publics, dans la plupart des hôtels, et même dans l’usine de Papa-Tout-Terrain, sous peine de grosses amendes. Pire, de l’avis du néophyte, c’est à peine si la fétidité du bouquet du durian égale son goût pestilentiel!

Paniers de durian

Bienvenue à tous, donc, dans cette nouvelle aventure parfumée!

 

Une odeur fétide

J’ai découvert le durian en arrivant à Shanghai. Dans tous les marchés et les supermarchés régnait une odeur infecte que j’ai longtemps associée à des problématiques de conservation de la nourriture. Au bout de deux ou trois ans, peut-être, j’ai appris que ce fumet était uniquement le fait des durians, exposés au rayon des fruits.

Le durian est lourd et piquant

Visuellement, il ne m’était d’ailleurs jamais venu à l’idée de faire l’acquisition de l’une de ces grosses bestioles. Hérissée de milliers de piques, je n’avais pas la moindre idée de comment la prendre en main, encore moins de comment l’ouvrir. Enorme et pesante, j’imaginais qu’il me faudrait plusieurs semaines –ou une famille très très nombreuse- pour en venir à bout.

 

Première tentative

C’est à l’occasion de la venue de mon Papa en Chine, pour la naissance de Petit-Deux, que nous nous sommes fixés le défi de goûter du durian. Vous noterez que je ne suis pas la seule aventurière dans la famille!

En grande pompe, nous avons donc choisi l’objet de notre crime. Jaune et puant à souhait, sur les recommandations du vendeur. C’est sur le balcon que nous avons procédé, religieusement, à notre toute première dégustation. Et ça ne nous a pas plu. Du tout. J’en ai détesté le goût, épouvantablement écœurant. On a foncé se brosser les dents. Et on s’est débarrassé du reste dans une poubelle de la rue, rapport à l’odeur putride qu’il dégageait.

Nombreux sont ceux qui partagent mon dégoût. Voyez plutôt les réflexions qu’évoque le durian aux critiques culinaires australiens:

Quelques citations relatives au durian

Source: Durian: love it or hate it, is this the world’s most divisive fruit? – The Guardian

 

De la deuxième tentative au début d’une passion

Deux ou trois ans plus tard, en Thaïlande, sur une plage, un vendeur de rue nous propose du durian. Je n’aime pas m’avouer vaincue et d’habitude j’aime tout, sauf la viande reconstituée (Faut pas abuser!). Je retente. Ce n’est pas un amour passionnel, mais ça se mange. Ce n’est pas bon, c’est correct.

A posteriori, ce n’était pas un « bon » durian, d’ailleurs: pas assez mûr, pas assez mou, et pas assez puant. Mais il m’a remis sur les rails de la gourmandise! J’en garderai un souvenir ému!

Durian ouvert

Le durian et moi-même, ainsi réconciliés, cohabitions en assez bon termes, sans passion mais sans dégoût, jusqu’à ce que je sois enceinte de Petit-Trois. Sujette à des nausées perpétuelles et récurrentes, j’ai soudain eu une irrépressible envie de durian, en guise de remède. Eh bien j’ai trouvé ça bon. Très bon. Excellent! Et j’en ai revoulu!

Au début, Petit-Deux m’a reniflé d’un air soupçonneux et m’a même envoyé une fois me laver les dents. Apres avoir reculé plusieurs fois devant l’odeur fétide du durian, il s’est finalement lancé à son tour, a goûté et a adoré! J’ai depuis peu le plaisir de partager ce péché mignon avec lui! Nous nous organisons désormais de mini festins à quatre mains, chacun entamant une extrémité du fruit, jusqu’à nous rejoindre vers les zones centrales les plus crémeuses!

 

Ma nouvelle passion: un châtiment pour toute une famille!

Papa-Tout-Terrain, en revanche, ne partage pas notre passion. Loin de là. Mais comme décidément il n’a aucun défaut, lui qui courait me chercher des fraises quand j’attendais Petit-Un et Petit-Deux me rapporte désormais du durian, à chaque fois qu’il en a l’occasion! Il est tellement attentionné qu’il a même questionné ses collègues pour savoir où se procurer les meilleurs fruits… et que ses collègues me font maintenant parvenir ces régals aux arômes les plus délicats.

Degustation de durian

Le dévouement de Papa-Tout-Terrain ne s’arrête pas là. Parce qu’après il y a l’odeur. Ma nounou m’avait expliqué que son époux l’envoyait manger ses durians dehors… Et bien Papa-Tout-Terrain, au contraire, m’invite à sa table et m’encourage à me régaler à ses côtés, pour plus de confort et de convivialité!

Je ne me suis pas contentée d’empuantir cuisine, d’ailleurs, puisque j’ai aussi pourri l’atmosphère du frigo, malgré mes précautions: boîte, re-boîte et sur-boîte. Papa-Tout-Terrain s’est contenté de sourire gentiment: « Ne t’inquiète pas, ils se conserveront mieux comme ça! »… Pendant ce temps, j’évite juste de croiser le regard de notre nounou quand j’ouvre le frigo… parce que si elle ne dit rien, je crois bien qu’elle n’en pense pas moins!

 

Mythes et légendes autour du durian

Qu’on aime ou pas, je trouve amusant de voir combien le durian nourrit les fantasmes des populations asiatiques. On trouve à son sujet une vaste littérature d’interdits, de mises en gardes et de recommandations.

Premier lieu commun: le durian tueur. Les faits sont contestés, mais il semble que quelques amateurs obèses, cardiaques, diabétique et souffrant d’hypertension serait morts d’infarctus, après d’ingestion de plusieurs kilos de durian. On va considérer que ceux-ci avaient possiblement pris des risques mal maîtrisés. Cependant, sur Internet, des conseils fleurissent pour échapper au pire: ne pas manger de durian en même temps que de l’alcool, de la bière ou du coca, éviter son association avec du lait ou des aubergines (!)…

Autre conseil récurrent: dans la tradition asiatique, le durian est une nourriture dite « chaude ». Mangée en grande quantité, elle déséquilibre les flux corporels. On recommande alors de consommer le durian en alternance avec le mangoustan, un autre fruit considéré quant à lui comme une nourriture « froide ».

Preparation du durian

Enfin, un mythe persistant circule, selon lequel le durian aurait des effets aphrodisiaques notoires. Des chercheurs Indiens l’auraient même démontré en nourrissant des souris de durian pendant deux semaines. D’autres chercheurs clament à l’effet psychologique. A titre personnel, je n’ai pas constaté d’effet particulier, ni dans un sens, ni dans l’autre. Pour les plus sensés cependant, ceci n’est que légende urbaine. Rien n’aurait été prouvé scientifiquement.

Ce qui est certain en revanche, c’est qu’à la pleine saison, les amateurs dégustent le durian en quantités bien déraisonnables, comme en témoigne par exemple la folie des « durian eating contests« , organisés un peu partout en Asie. Il est finalement fort à parier que les conséquences sur la santé des gourmands soient à la mesure de leurs abus… Pour notre part, nous saurons raison garder et nous contenterons de dégustation en gourmets!

 

Retour en Haut de Page

Partagez l'article... Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterEmail this to someone

Articles plus anciens «