Le musée des dinosaures de Kalasin

Entre éléphants, singes et jeux d’enfants, les garçons ont déjà pu apprécier les activités variées de l’Isan. A Kalasin, nous poursuivons nos découvertes avec la visite du musée des dinosaures. Bien que particulièrement couru au moment de Songkran, l’endroit est spacieux et bien organisé, et nous avons tous beaucoup profité de cette visite culturelle et familiale!

 

Un musée vaste et bien organisé

Comme la plupart des établissements touristiques, le musée des dinosaures est gratuit pendant les trois jours officiels de Songkran, d’où un important afflux touristique. Aux plaques d’immatriculation du parking, on voit que de nombreux visiteurs viennent de loin. Mais nous sommes les seuls étrangers. Tout est organisé pour accueillir agréablement les familles. Le grand T-Rex de l’entrée est habillé d’une chemise à fleurs traditionnelle du nouvel an Khmer et muni de pistolets à eau. Ça amuse beaucoup un groupe de petits garçons Thaïs de l’âge de nos enfants, qui restent cinq bonnes minutes à se tordre de rire devant le grand prédateur. L’ambiance est très conviviale et centrée sur les enfants.

Des figurants déguisés en dinosaures roses en peluche déambulent parmi les badauds. Petit-Deux se prend d’affection pour l’un d’eux, qu’il câline vigoureusement, entre les « oh » et « ah » énamourés de mamies qui traînaient par là. Pauvres acteurs en revanche. En plus d’avoir sûrement très chaud, ils ne voient visiblement rien depuis leur déguisement douillet, si bien qu’ils sont guidés par un accompagnant pour ne pas écraser les enfants alentours.

Le musée est vaste et riche. Tout n’est pas en anglais, mais au pire, il y a toujours au moins le nom latin des bestioles, en lettre occidentales, donc, et qui permet de se repérer. Les enfants sont un peu petits pour s’intéresser aux théories du bing bang et de la création, du coup on passe vite les premières pièces. Un peu trop vite d’ailleurs parce que tout à la fin, Petit-Un se rappellera qu’on a oublié la PREMIERE salle qui avait une jolie lumière noire. Il me trainera à rebrousse-poil dans tout le musée -dont je ne me souvenais pas qu’il était si long, pour arriver à l’endroit donné et dire: « Oui, c’était bien là! » avant de repartir en sens inverse –toujours en me tirant de toutes ses forces.

 

Les dinosaures de Thaïlande

Peu familiers des périodes jurassiques, les enfants découvrent avec émerveillement les nombreux squelettes de dinosaures en exposition. Ils montrent d’abord un intérêt soutenu pour les animaux proches de ceux qu’ils fréquentent habituellement: de gros lézards, des dinosaures-oiseaux, des dinosaures marins… Puis ils se prennent au jeu et me demandent de tous les nommer… Et là, grande solitude de la mère devant les squelettes… C’est ça de vouloir faire le malin et d’expliquer qui est le triceratops et lequel est le stégosaure… en dehors des bien connus, je n’en sais rien, mais rien du tout, du tout, moi!

Musee des dinosaures de Kalasin

Fait étonnant, après quelques « il a de grandes dents, celui-là » un peu détachés, Petit-Un ignore complètement les plus gros spécimens de tyrannosaures et de grands prédateurs. Petit-Deux, de son coté, a à cœur de bien vérifier l’état de tous les carnivores observés: « Il est mort celui-là?« , « Et celui-là, il est mort aussi? », « Oh, celui-ci, je pense qu’il est mort… » Alors que je réponds distraitement à ses interrogations existentielles, pas inintéressantes mais tout de même répétitives, je tombe sur l’étiquette d’un « Siamotyrannus » (quand on devient Maman, on n’a plus le temps de lire beaucoup d’étiquettes dans les musées). Ca alors! Un dinosaure de Thaïlande! En réalité, de nombreux squelettes ont été découverts dans le coin, et plusieurs races sont même spécifiques à la zone!

 

De belles expositions pour les petits et pour les grands

Petit-Un découvre les fossiles. Il écoute attentivement mes explications et semble fasciné par le fait que tout peut devenir fossile, un jour ou l’autre: poissons, dinosaures, coquillages, végétaux… Les vitrines et la plupart des objets exposés sont à hauteur d’enfant. Visite et observations sont très agréable pour tous!

Musee des dinosaures de Kalasin

Plusieurs salles proposent également des explications imagées et interactives à destination des enfants. Les garçons font remuer la « queue massue » que les ankylosaures utilisaient pour se défendre. Ils touillent l’estomac rempli de cailloux d’un autre congénère, qui consommait des pierres pour faciliter sa digestion. Ils regardent courir un vélociraptor (ou l’un de ses cousins) dans un stroboscope… Bref, des activités illustrées qui plaisent, pour entretenir leur intérêt au cours de la visite.

Un peu plus loin, une salle de cinéma « comme en vrai » propose une projection biquotidienne pour les jeunes visiteurs. Il s’agit de reconstitutions de l’époque des dinosaures, et je trouve les images belles et convaincantes, même si le commentaire est seulement en Thaï. Nos enfants sont, je pense, un peu petits et trop novices sur ces questions pour vraiment accrocher. Ils demandent rapidement à partir.

C’est à ce moment précis que Petit-Deux repère un ascenseur, sa grande passion du moment. Et là c’en est fini des dinosaures pour lui –et pour moi! Je termine la visite avec un adorable avorton qui me colle aux basques… d’abord pour me supplier de prendre l’ascenseur… ensuite pour se plaindre qu’il n’a pas le droit de prendre l’ascenseur parce qu’il est réservé aux personnes handicapées… puis pour m’expliquer que les personnes handicapées elles ne peuvent pas marcher parce qu’elles ont eu un accident ou qu’elles ont mal aux jambes et que du coup elles peuvent prendre l’ascenseur, elles… donc qu’on ne peut pas prendre l’ascenseur parce qu’il est réservé aux personnes handicapées et que « piquer un lama c’est non non non! »… et finalement de me faire la liste de tous les ascenseurs déjà pris pendant les vacances… puis la liste des ascenseurs prévus pour les hôtels à venir!

J’ai donc peu de souvenirs de la fin de la visite, si ce n’est que les enfants ont eu droit à un tour de tyrannosaure-manège tellement haut qu’ils ont une tête pas confiante du tout sur les photos. On frôle d’ailleurs l’émeute quand s’agglutinent les badauds, curieux de blondinets frisés. Pendant le tour de son frère, Petit-Deux me parle encore d’ascenseurs et on doit même faire un détour spécial pour vérifier qu’il ne s’en cache pas un dans un coin sombre qu’il a repéré. Petit-Un a visiblement adoré la visite. A la boutique, nous lui achetons un jeu sur les dinosaures, qu’il réclamera environ toutes les heures jusqu’à la fin du voyage.

 

Les routes de Kalasin

Nous reprenons la route pour traverser toute la province de Kalasin vers le nord, à destination de Ban Chiang. Nous retrouvons le lac de Lam Pao, déjà aperçu la veille. Un grand pont le traverse en son centre. Sur l’une de ses rives, un ancien bac a été reconverti en restaurant local. On nous avait recommandé les lieux et c’est vrai que l’environnement est agréable et singulier. Malheureusement, l’heure du déjeuner est encore loin et notre route est longue. Nous renonçons à la pause.

Bac sur le lac de Lam Pao - Kalasin

Sous les arches du pont tout proche, de nombreux Thaïs se sont installés avec leur pick-up pour passer la journée au bord de l’eau, se baigner un peu, boire pas mal et grignoter beaucoup. Une ambiance de fête et de vacances, une atmosphère conviviale comme on aime à en trouver! On sent que Songkran est là!

Lac et pecheurs dans la province de Kalasin

Un peu plus loin, toujours sur le lac, nous dépassons un curieux village de pécheurs. L’étendue d’eau est couverte de bateaux moussus et verts de végétation. La surface liquide est hérissée de systèmes de poulies et de balanciers destinés à retirer les filets poissonneux. Surprenant paysage, qui semblerait presque appartenir à un monde fantastique!

Lac et pecheurs dans la province de Kalasin

Avec les vacances, le gros des activités industrielles et agricoles semble s’être arrête. Beaucoup de villes grandes et moyennes fonctionnent au ralenti, alors que les commerces, restaurants et administrations ferment leurs portes. Dans la province d’Udon Thani, nous ne croiseront même aucun de ces camions transportant de la canne à sucre et qui sillonnent habituellement les routes, provoquant de réguliers embouteillages. L’on rencontre en revanche de nombreux religieux, des vacanciers, et surtout des asperseurs d’eau!

Moines bouddhistes

 

Songkran sur les chemins

Songkran a Kalasin

Dans un précédent post, j’avais évoqué quelques aspects des célébrations religieuses et traditionnelles de Songkran. Mais la partie visible du Nouvel An Khmer consiste surtout en de joyeuses batailles d’eau, en famille et entre amis. Dans les villages que nous traversons, les festivités sont centrées autour de manifestations conviviales et gaies, et de rassemblements bon enfant entre jeunes du coin. L’ambiance y est décontractée, mais également, souvent, très alcoolisée.

Songkran a Kalasin

Les fêtes de Songkran doivent marquer une période de renouveau. Beaucoup de Thaï profitent donc de cette époque pour se couper les cheveux. Plusieurs de mes collègues sont ainsi revenues des congés avec des brushings impeccables. Dans les campagnes le ton semble plus à la frivolité: on croise beaucoup de cheveux teints aux couleurs très vives et de crêtes de cheveux.

Songkran a Kalasin

Par groupes compacts, les jeunes gens montent sur des pickups et écument les villages proches pour les traditionnelles batailles d’eau. L’eau se doit d’être toujours propre, mais de jeunes facétieux la colorent parfois. Au bord des chemins, ils tombent régulièrement dans des embuscades bien organisées: l’on se jette des seaux d’eau en pleine face, avec une vigueur surprenante, avant de se recouvrir de poudre de talc ou d’une pâte à base de talc.

Songkran a Kalasin

Ces journées doivent être fort amusantes, pour les jeunes gens, mais également harassantes, entre les litres d’eau manutentionnés et le soleil de plomb. En général d’ailleurs, plus en s’avance dans le jour, plus les rangs des bataillons se clairsèment, pour ne laisser la place qu’aux plus alcoolisés. C’est malheureusement l’une des raisons pour lesquelles l’on déplore tant et tant d’accidents routiers à cette période, en Thaïlande.

Songkran aux environs de Khon Kaen

Mais dans ces festivités, les tableaux que je préfère par-dessus tout sont les jolies scènes familiales, grouillantes de petits enfants bronzés et trempés, les yeux pétillants d’excitation. Parfois c’est la grand-mère qui les surveille d’un regard bienveillant. Parfois un grand cousin de la vingtaine essaie de les faire danser, avec plus ou moins de succès, sur des musiques de sauvageons. Parfois même, c’est un oncle facétieux qui a abrité un petit, bien au frais, dans un de ces grands bidons qui servent de réserve pour les batailles d’eau!

Songkran aux environs de Khon Kaen

 

Retour en Haut de Page

Eléphants, singes et temples – de Surin à Kalasin

Trois jours de visite des temples Khmer du sud de l’Isan nous ont permis de découvrir de très riches sanctuaires, des temples plus confidentiels et ont été l’occasion de surprenantes rencontres, à l’écart des circuits touristiques. Mais les enfants commencent à exprimer un trop-plein de vestiges. Aussi ne peuvent-ils retenir leur joie et leur excitation lorsque nous leur annonçons l’activité du matin: la visite de l’Elephant Study Center de Surin.

 

L’Elephant Study Center

Le village et la campagne qui bordent l’Elephant Study Center ont ceci d’étonnant qu’au détour des cours ou des allées, on y rencontre souvent à l’improviste des pachydermes –domestiques et attachés, bien sûr-, les cornacs habitant le voisinage avec leurs bêtes. Beaucoup d’énormes crottes d’éléphant, aussi, sur les routes alentours. On est dans l’ambiance!

Surin Elephant Study Center

La foule se presse à l’entrée du parc. Ce sont principalement des Thaïs du voisinage, ainsi que des Laotiens venus en voyage organisé. La foule est joyeuse, colorée et bruyante… ce n’est pas une foule des villes.

J’avais planifié cette activité avec d’autant plus d’enthousiasme que l’Elephant Study Center est intégré au « Surin Project », qui vise à améliorer les conditions de vie des éléphants en captivité, tout en diffusant de bonnes pratiques auprès de mahouts (=cornacs): ne pas battre les éléphants, leur éviter des charges trop lourdes, cultiver localement les végétaux destinés à leurs bêtes… Le projet est joli sur le site web, mais dans les faits, nous n’avons noté aucune différence entre ce centre et les autres attractions d’éléphants visitées ailleurs en Thaïlande.

Surin Elephant Study Center

Classiquement, on trouve les mêmes activités qu’ailleurs: distribution de friandises aux éléphants, balades à dos d’éléphant, spectacles d’éléphants, et commerce de souvenirs autour des éléphants. Il y a également un musée qui ne mérite pas vraiment son nom, avec ses trois panneaux d’affichages en Thaï uniquement, et une esplanade de jeux d’enfants qui nous a bien aidé à dépenser la belle énergie des nôtres.

Surin Elephant Study Center

Plus étonnant, le lieu rassemble quelques bêtes vraiment énormes. Nous n’avions jamais vu d’éléphants d’Asie aussi gros! Petit-Un a adoré sa balade « en hauteur », aux côtés de son Papa. Petit-Deux a préféré rester avec moi, mais il l’a pas mal regretté lorsqu’il a compris que, enceinte, il n’y aurait pas de promenade pour moi. Parce que si vous n’avez jamais pris d’éléphant, il faut bien savoir que ça bouge sacrément sur ces bestioles, même à un train de sénateur… je n’ose d’ailleurs pas songer à ceux qui combattaient sur des animaux au galop!

Surin Elephant Study Center

Le spectacle en revanche est assez médiocre. On nous y présente ce que font les éléphants partout en Thaïlande: jouer au foot, peindre des arbres sur des tee-shirts, se dresser sur leurs pattes arrière en barrissant et lancer des fléchettes sur des ballons. Le chapiteau où se déroule le spectacle est très chaud et mal ventilé. Mais surtout, la représentation manque assurément de rythme. Un éléphant fait un tout petit truc. Il est applaudi. Il s’approche du public pour être récompensé avec des morceaux de canne à sucre. Il s’en va. L’éléphant d’après se met en place pendant que tout le monde poireaute dix minutes. Et ça recommence. Cela n’a en rien affecté le plaisir des enfants, plus heureux de tendre des friandises aux éléphants que de regarder leurs numéros. D’ennui et de chaleur, nous sommes cependant partis avant la fin.

Surin Elephant Study Center

 

Les singes du sanctuaire de Ku Phra Kona

Nous prenons la route de la province de Roi-Et, où nous comptons visiter le temple moderne de Pa Non Sawan -que nous n’atteindrons malheureusement jamais.

En chemin, nous croisons l’indication d’un autre sanctuaire, visiblement ancien: le temple de Ku Phra Kona. Nous nous arrêtons à tout hasard. Le grand parc que nous traversons pour atteindre l’édifice religieux est habité par des singes. Ce n’est pas très surprenant, car en Thaïlande, les singes élisent couramment domicile dans les temples. Animaux sacrés chez les Hindous et les Bouddhistes, ils sont soignés et nourris par les fidèles du coin. Dans les lieux devenus attraction touristiques, les singes se nourrissent exclusivement de nourritures fournies par les humains ou volées. Ils sont facilement agressifs. Dans les endroits plus reculés comme Ku Phra Kona, ils semblent être restés principalement sauvages. Ils approchent peu des hommes, vivent dans les arbres, et semblent toujours habitués à se nourrir de par eux-mêmes, dans la nature –ou du moins partiellement.

Les singes de Ku Phra Kona

Sur un vélo, surgit de nulle part une vendeuse de bananes. Equipés de fruits murs, nous entamons la distribution.

Les enfants traînent un peu les pieds quand il s’agit de passer au temple. Mais comme « il y a plein de grosses pierres qui attendent des petits garçons pour sauter », ils nous suivent finalement de bonne grâce. La partie Khmer du site date du 11eme siècle. Elle se compose de trois Prangs de brique. Le Prang central a été « restauré », enfin, plutôt « refait ». Il est intégralement plâtré et de nouvelles cavités ont été créées dans la voute pour y héberger des statuettes bouddhistes. Les décorations relèvent elles aussi du bouddhisme, et clairement, la tour a aussi complètement changé de visage que de religion.

Le sanctuaire de Ku Phra Kona

Les deux Prangs contigus sont toujours de brique. Ils ne sont pas en très bon état et s’affaissent un peu, mais présentent encore plus d’intérêt: eux ont carrément été investis d’une statuaire et d’un décor bouddhiste, sans transformation préalable. Les niches sont décorées d’étoffes safran. L’on s’en approche désormais pieds nus. Y foisonnent les statues des principales divinités bouddhistes, les vases à encens et autres contenants destinés aux offrandes traditionnelles.

Parties anciennes du temple Khmer de Ku Phra Kona

Subsistent également quelques linteaux aux bas-reliefs assez fins ainsi que de petites inscriptions en alphabet Khmer, mais dont les dalles ont été un peu écartées des endroits de culte: elles ne constituent plus l’objet principal de ces lieux. Si les vestiges antiques ont progressivement été transformés par la religion dominante, on sent que les gens du coin y restent sincèrement attachés: près de nous, un moine du monastère voisin présentait ainsi sculptures et linteaux à un visiteur Thaï, et, quoi que nous ne puissions les comprendre, leurs regards, posés sur ces témoignages du passé, faisaient montre d’une réelle bienveillance.

Linteau sculpte de Ku Phra Kona

 

Brève escale à Roi-Et

Un peu plus au nord, nous traversons Roi-Et. Petit-Un avise un beau jardin public, équipé de pédalos. « S’il te plait Maman-chérie, je veux faire du bateau-flamingo! » En fait, c’est un pédalo en forme de cygne, mais on se comprend. Et Petit-Deux de renchérir qu’il voudrait le flamingo bleu, parce qu’il est teeeeellement beau! On a pas mal roulé récemment et les moments principaux de détente, pour les enfants, ont surtout consisté à crapahuter dans les temples Khmers et à jouer au freezbee dans les chambres d’hôtel –mais on n’a rien cassé!

Pedalo dans le parc de Roi-Et

Bref c’est ainsi que sur un regard complice échangé avec Papa-Tout-Terrain, nous renonçons, avec quelques regrets, mais de bon cœur, au temple de Pa Non Sawan… pour aller pédaler dans l’eau.

On enchaine avec une séance jeux d’enfants. Petit-Un devient tout de suite copain avec deux grandes filles d’au moins huit ans qui lui tiennent la main sans le lâcher, et le conduisent de toboggans en échelles de cordes. Il a l’air heureux comme un roi!

Leitmotiv du voyage, Petit-Deux a un souci de sable qui entre dans les chaussures. Il développe une technique forte intelligente qui consiste à hurler à mon intention chaque fois qu’il arrive au bas d’un toboggan, pour se faire transporter à bras, jusqu’au pied de l’escalier suivant. Curieusement, ça ne marche pas du tout du tout avec Papa-Tout-Terrain.

Il fait chaud

Nous concluons l’étape avec une bonne glace. En fait deux glaces pour Petit-Un, parce que Papa-Tout-Terrain a laissé tomber la première par terre. En partant de l’ère de jeu, toutes les nouvelles copines font de grands signes à l’ intention de notre ainé: « Au revoir Petit-Un! », crie l’enfant la plus âgée, en l’appelant par son prénom.

 

Soirée autour de Kalasin

Nous repartons pour l’étape du soir: Kalasin. Dans la voiture, les enfants chantent en cœur: « Promenons-nous, dans les bras, pendant que le loup y est pas… » Dois y voir une quelconque ironie, de la part de Petit-Deux, qui a bien plus usé mes bras que ses chaussures aujourd’hui?

Un peu avant Kalasin, nous nous arrêtons brièvement sur le site de Muan Fa Daet Song Yang. Il s’agit d’une ancienne cite préhistorique, qui se serait surtout développée entre les 10eme et 8eme siècles avant JC. En plus d’un petit musée alors fermé, il ne reste aujourd’hui que quelques monticules anciens, ainsi qu’une « borne religieuse« , et qui servait alors à identifier les zones sacrées. Peut-être y aurait-il eu plus à voir, mais nous ne cherchons pas très longtemps et ne trouvons rien qui nous convainque.

Muang Fa Daet Song Yang

Quoi qu’il ne soit nous ne souhaitons pas traîner, car nous prévoyons de passer la soirée sur le barrage de Lam Pao, au nord de Kalasin. Nous arriverons malheureusement trop tard: tout ferme dès la tombée de la nuit. En revanche, les derniers plaisanciers qui quittent les lieux ont l’air de s’être bien amusés: grande plage de sable, nombreux baraquements de nourritures variées, petites échoppes qui proposent bouées et jeux d’eau… il y a tout pour y passer une belle après-midi, ou milieu d’une foule locale, familiale et gaie! Nous concernant, ce sera pour une prochaine fois, peut être…

Barrage de Lam Pao a Kalasin

Une jolie occasion perdue mais nous ne nous démontons pas pour autant. A notre grand étonnement, nous repérons un restaurant de kebab, chaudement recommandé sur le web par quelques curieux de passage. Et si on y allait?… Mon estomac m’a quelque peu reproché la salade de papaye et le Laab Ped du midi, plutôt épicés pour un circuit digestif occidental, même habitué. Le changement lui fera du bien! Le GPS nous mène au fin fond de la banlieue sud de Kalasin, où nous commençons à désespérer. C’est un endroit où l’on ne s’attend plus à trouver à manger, et encore moins de la nourriture étrangère. Contre toute attente, le Kebab Garden est pourtant bien là et se révèle une excellente découverte, quoi que pas locale du tout. Le patron est jordanien, et très sympathique. Il nous cuisine, tout frais, de délicieux kebabs, du homos, des fallafels ainsi quelques autres plats non moins délicieux mais dont j’ai perdu le nom. Surprise du chef, il nous rajoute même quelques spécialités de son pays! Quel délicieux repas!

Le Kebab Garden a Kalasin

Ce soir-là, nous dormirons dans le confortable Dino Studio, qui nous prépare déjà à l’ambiance des activités du lendemain: la visite du musée des dinosaures de Kalasin!

 

Retour en Haut de Page

Curieuse Rencontre en Pays Khmer – Surin et Sisaket


Après une bonne nuit de repos à Surin et le spectacle surprenant d’une célébration dansée de Songkran, nous reprenons le chemin des temples Khmers de la région, en commencant par Prasat Sikhoraphum. Nous en avons certes déjà vu beaucoup, mais chaque nouvelle visite nous subjugue et nous porte un peu plus loin dans la découverte de notre pays d’adoption et de sa culture millénaire. Après tout, ne dit-on pas que pour connaître une nation et un peuple, il faut d’abord s’intéresser à sa religion?

 

Les magnifiques bas-reliefs du Prasat Sikhoraphum

Prasat Sikhoraphum

Sanctuaire Hindou construit au XI ou XIIème siècle et dédié au culte de la déesse Shiva, le Prasat Sikhoraphum est particulièrement remarquable pour ses bas-reliefs extraordinairement riches et bien conservés, sur certains linteaux et montants de portes. Rien que pour ça, le lieu vaut vraiment le détour!

Bas relief Prasat Sikhoraphum

En dehors de ces points, il s’agit d’un temple de topographie classique, avec cinq Prangs, dont un principal, au centre. A l’occasion de cette visite, nous nous posons la question de l’utilisation des matériaux de construction (brique, latérite et grès), suivant les temples. Si le grès est presque systématiquement employé pour les linteaux et les encoignures des orifices, la fréquence de la brique semble varier d’une construction à l’autre.

Bas relief Prasat Sikhoraphum

Trouvée sur Internet, une intéressante synthèse sur l’architecture Khmer nous renseigne. La brique a, en réalité, été très utilisée à l’époque Préangkorienne, à partir du 7eme siècle, puis progressivement délaissée par la suite, car les murs de briques résistaient mal à l’épreuve du temps. Cette problématique était encore accentuée par le fait que les briques servaient souvent de parement à des murs de terre, plus friables et fragiles. La latérite, quant à elle, était un matériau facile à découper, et par conséquent privilégié pour les bases des bâtiments et les murs d’enceinte. Cette pierre n’était pas utilisée pour les pans sculptés ou travaillés, car en séchant, sa surface se constellait de petits cratères qui la rendaient visuellement impropre aux pièces d’apparence.

Porte du Prang principal - Prasat Sikhoraphum

 

Curieuse rencontre à Prasat Ban Prasat

Nous sommes désormais dans la province de Sisaket. En chemin vers l’étape suivante, on tombe sur le panneau indicatif de Prasat Ban Prasat. Inconnu au bataillon. Mais pictogramme d’antiquité. Ca nous intéresse! On arrête tout et on suit la direction. Là, nous avons très très bien joué le coup, parce qu’on a pris en photo le premier panneau, histoire de pouvoir demander notre chemin à des locaux, écrits à l’appui (et en Thaï). Après pas mal de bornes en pleine campagne, on est franchement perdus. Plus d’indications ni rien. Personne non plus à qui demander la route. Au détour d’une toute petite voie, quelques vagues panneaux. Tout est en Thaï bien entendu. On ressort notre photo.

Campagne entre Surin et Sisaket

Et là, avec Papa-Tout-Terrain, on se retrouve comme deux courges illettrées à essayer de comparer les directions indiquées sur la photo. La tâche n’est pas aisée, d’autant que les polices d’écriture diffèrent et que certains des panneaux sont mêmes peints à la main. Je fais choux blanc, c’est sûr, ce n’est pas là. Papa-Tout-Terrain s’exclame soudain: « C’est là! » Usant d’une technique fort intelligente, il avait comparé les lettres en commençant les mots par la fin. Effectivement après un nouveau brainstorming, nous nous accordons sur ses conclusions. On repart donc et même, on trouve notre temple!

Prasat Ban Prasat

Belle surprise d’ailleurs, c’est un de ces petits sanctuaires Khmers « caméléon », passé d’Hindouiste à Bouddhiste avec le temps. Un temple moderne, dédié à Bouddha, a été construit face aux antiques Prangs de brique. La base du nouveau bâtiment recycle même des blocs de latérite de l’ancien édifice, sans doute prélevés à ses murs d’enceinte ou à des bassins qui auraient aujourd’hui disparus.

L’histoire se corse un peu quand s’approche de la voiture une bonne demi-douzaine de policiers en uniforme. Ils regardent avec suspicion l’intérieur de notre véhicule alors que je suis justement en train de me battre avec ma braguette, laissée ouverte pour le confort de mon ventre de femme enceinte. Papa-Tout-Terrain tente de faire diversion. Il sort et lance un « Sawadikhap » (=bonjour) jovial, en attendant de voir ce qui va se passer. Là tous les policiers lui tombent dessus et demandent à être pris en photo avec lui. Ouf, tout va bien. C’est un peu effrayant quand même le sérieux que gardent ces hommes de loi en toute circonstance… On se parle peu, faute de langue commune. On dit juste qu’on est français et on lance le nom de quelques destinations récemment visitées dans la région. Les policiers proposent quelques autres lieux… quelques-uns sont dans les plans… pour les autres, je ne parviendrai pas à les recoller sur la carte, malheureusement. Qu’à cela ne tienne, on se sourit beaucoup et, à nous tous, on fait des dizaines de photos!

Avec les policiers de Prasat Ban Prasat

De leur côté, les enfants veulent rester dans la voiture. D’abord ils en ont un peu marre des temples et surtout, ils viennent de découvrir une application sur l’IPad de leur père, qui leur permet de nourrir et d’élever un chat. C’est tout de même plus intéressant! Avec Papa-Tout-Terrain, on fait un rapide tour des lieux. Emouvants d’austérité, trois Prangs se dressent vers le ciel. Clairement, ce ne sont pas des édifices majeurs et nous ne trouvons nulle part sculptures ou bas-reliefs. Pendant ce temps-là, les policiers continuent de tourner autour de la voiture, essayant de voler quelques clichés des enfants malgré les vitres teintées.

Prasat Ban Prasat

Nous garderons de ce lieu l’image d’une jolie découverte historique, mais aussi celle d’une belle rencontre humaine. Nous reprenons la route après plusieurs recommandations chaleureuses… mais nous n’avons pas la moindre idée de ce qu’ils ont voulu nous dire.

 

 

Le Prasat Sa Kamphaeng Yai, sanctuaire Khmer intégré à un important temple moderne

Un peu plus loin dans la province de Sisaket, le Prasat Sa Kamphaeng Yai nous avait été chaudement recommandé. A juste titre. C’est le plus grand ensemble de sanctuaires à la fois antiques et modernes qu’il nous ait été donné de voir.

Prasat Sa Kamphaeng Yai

La partie ancienne, Hindoue, date du 11eme siècle. Le temple comporte une impressionnante enceinte de latérite avec une large galerie de circulation. L’emprunter donne une bonne idée du site et de son caractère monumental. A l’entrée est, un mur est recouvert d’anciennes inscriptions Khmer, magnifiquement conservées. Nous considérons avec émotion les traces laissées par cette belle civilisation du passé. Au centre de l’enceinte se dressent trois Prangs dont manquent les voutes, ainsi que trois autres bâtiments, dont deux au moins devaient être des bibliothèques. L’ensemble des bâtiments de briques a été rénové récemment.

Galerie de Laterite - Prasat Sa Kamphaeng Yai

Le site me semble particulièrement intéressant pour la vision architecturale d’ensemble que donnent les bâtiments, dont les parties hautes manquent souvent. Les encadrements et linteaux sculptés, en revanche, ne sont pas les plus beaux qu’il nous ait été donné de voir -à moins que nous ne soyons devenus difficile ou que nous n’ayons eu vraiment trop chaud à ce moment-là.

Bas relief - Prasat Sa Kamphaeng Yai

De même qu’à Phanom Rung, c’est sans doute parce que le sanctuaire comporte des blocs de pierre d’une taille tellement extraordinaire que l’on note de si nombreux « trous » dans les dalles, de deux à trois centimètres de diamètre. Les spécialistes supposent que l’on fixait des barres métalliques dans ces orifices, pour le transport des matériaux. Suivant une autre hypothèse, on y installait des pattes de bois ou de métal, pour les manœuvres finales d’ajustement de la construction. Les trous étaient ensuite bouchés par des inserts de pierre ou de mortier, une fois le bâtiment terminé.

"Trous" pour le transport des pierres - Prasat Sa Kamphaeng Yai

A l’intérieur de l’une des bibliothèques, il est émouvant de trouver de petits tas de pierres tels que les construisent les fidèles bouddhistes, lorsqu’ils se recueillent dans des lieux sacrés ou même parfois dans la nature.

Bibliotheque - Prasat Sa Kamphaeng Yai

Le sanctuaire moderne ne manque pas d’intérêt non plus. Il se compose de deux temples, d’un gong géant, ainsi que de la statue gigantesque d’un sage, pilier du bouddhisme. On passe vite sur les zones de méditation car les enfants sont un peu turbulents.

Gong Geant - Prasat Sa Kamphaeng Yai

En revanche, nous nous arrêtons plus longuement au pied d’un temple moderne, à la base arrondie, et où il est proposé aux croyants –et aux autres- de répartir leurs offrandes entre des centaines de bols fixés à cet effet. On « fait la monnaie » en achetant une assiette de piécettes, et l’on charge nos enfants de les distribuer ensuite entre les bols à offrandes –les mêmes qu’utilisent les moines lors des offrandes matinales. Je trouve que l’activité représente assez bien la philosophie bouddhiste, tant elle prête à la méditation, de par sa longueur et sa répétitivité.

Offrandes - Prasat Sa Kamphaeng Yai

Cela dit il faut être enfant ou bouddhiste pour mener la tâche à bien, surtout par cette canicule. J’ai eu plusieurs fois envie d’arracher l’assiette des mains des enfants, de tout jeter dans un bol (oui, oui, UN SEUL bol) et de filer à la voiture, marmots sous le bras, parce qu’il faisait sacrément chaud, tout de même, à faire le pied de grue devant les saladiers.

Offrandes - Prasat Sa Kamphaeng Yai

 

Le soir, nous faisons étape dans la petite ville de Tha Tum, à deux pas de notre activité du lendemain: l’Elephant Study Center de Surin. L’hébergement est modeste mais nous aurons droit, sur une péniche, à un très sympathique diner local, agrémenté par la voix suave et chaleureuse d’un jeune crooner du coin.

Repas en peniche a Tha Tum

 

 

Retour en Haut de Page

Songkran surprise dans la calme Surin

Après la découverte des vestiges Khmers de la province de Surin, nous faisons étape dans le chef-lieu régional, également nommé Surin. Le lieu a été choisi plutôt par la force des choses, car les hôtels de la région sont plutôt rares. Surin est une ville provinciale de 40,000 habitants. Un village pour l’Asie. Bourgade paisible, et trop paisible même… mais nous ne le savons pas encore, le lendemain s’y tiendra une grandiose et surprenante cérémonie, organisée a l’occasion des fêtes de Songkran.

 

Le paisible marché de Surin

Nous profitons de notre étape du soir à Surin pour une petite balade en centre-ville. En fin d’après-midi, il ne reste guère que le marché qui soit animé. Chacun s’affaire aux dernières courses du jour avant le dîner. Beaucoup d’ailleurs achètent des plats déjà prêts: pâtes sautées ou riz, cuits à la commande, currys et plats en sauce fraîchement mijotés du jour. L’on trouve aussi de beaux étalages de poissons, ainsi que des boucheries qui proposent, sur des tables de bois –pas réfrigérées, bien sûr- des viandes variées et surtout de grosses têtes de cochon qui intriguent beaucoup Petit-Deux.

Marche de Surin

 

Le pays où les enfants sont rois…

Les visites des marchés sont souvent des moments éprouvants pour les enfants. Dans ces lieux, il est courant que des commerçants ou des clients désœuvrés les interpellent, tentent de caresser leurs cheveux clairs, voire de les prendre dans les bras. A sa demande, je prends généralement Petit-Deux en porte-bébé ventral, capuche relevée sur la tête, pour éviter les principaux importuns. Il n’est pourtant pas rare qu’il s’exclame, furieux: « Maman, il y a une dame qui m’a touché!« … Alors bien sûr, j’essaie d’établir une distance physique maximale entre les enfants et les curieux, de préserver notre espace de sécurité par des regards intimidants, mais je fais aussi mon possible pour rester polie et compréhensive face à ces gentils indiscrets qui ne doivent pas voir de blondinets tous les jours…

Marche de Surin

Petit deux avise un bel étal de pommes de Java. Il en réclame. On en achète un demi-kilo. La vendeuse et son stand deviennent l’immédiat centre d’attention de tous les badauds des environs. Très flattée, elle offre un fruit à Petit-Deux, ravi.

Marche de Surin

Petit-Un n’aime pas les fruits mais voudrait un pistolet à eau. A l’approche de Songkran, les étals en débordent. C’était un achat prévu et promis de longue date, car nous comptons bien cette année participer aux batailles d’eau endiablées qui s’organisent lors du nouvel an Khmer. C’est armés de jouets énormes et colorés, que les enfants rejoindront ce soir-là l’hôtel, avec une seule idée en tête: les tester dans leur bain du soir.

 

Le Songkran surprise de Surin

Le lendemain au petit matin, nous nous apprêtons à quitter Surin sans regret. Nous n’y avons rien découvert qui mérite le détour. Lorsque nous rendons les clés de l’hôtel, l’employée semble déçue d’apprendre que nous quittons la ville. En même temps, qu’y faire?… D’un geste vague, elle nous désigne un poste de télévision qui hurle en boucle, derrière son comptoir, et diffuse les images d’une sorte de défilé en costumes locaux. Nous reconnaissons un monument de Surin – »le » monument de Surin, en fait- et interrogeons la jeune femme sur le teneur de l’événement. Cela dépasse malheureusement de beaucoup ses compétences en anglais. Nous nous résignons mutuellement à ne pas nous comprendre.

Nous filons vers le nord. Une musique aux accents du pays se fait entendre, de plus en plus sonore. Alors qu’un policier nous indique une déviation, apparait soudaine sous nos yeux la cérémonie de la télé de l’hôtel du matin. Ce qui nous avait semblé une chorégraphie mettant en scène quelques vedettes locales, sur petit écran, est en réalité un immense parterre de danseurs, opérant à perte de vue. Impossible de louper ça!

Ceremonies dansantes de Songkran a Surin

Nous nous garons à la « locale », en double file et sans frein à main, et rejoignons les quelques badauds qui assistent au spectacle. Ceux-ci sont en fait fort peu nombreux. Nous émettons deux hypothèses. Soit, la majorité de la ville est du spectacle si bien qu’il ne reste pas grand monde pour regarder, soit le spectacle diffusé à la télé n’est en fait pas vraiment ouvert au public et nos têtes d’étranger nous ont-elles donné un passe-droit involontaire auprès des policiers qui encadrent l’événement.

Ceremonies dansantes de Songkran a Surin

 

Une grandiose célébration dansée

A perte de vue, une mer de danseurs. Tous vêtus de costumes traditionnels assortis, ils ébauchent des pas classiques sur une musique Thaï. D’après mes estimations, ils ne doivent pas être loin de 5,000 –huit danseurs par rangée, une rangée presque tous les mètres, sur une rue de 650 mètres, d’après les calculs de Google Map. Comme toujours, c’est surtout leurs mouvements de mains, de doigts et de tête que je trouve surprenants de finesse et d’une extraordinaire souplesse. Mes collègues m’ont expliqué –démonstration de doigts à l’appui- que tous apprennent ces mouvements dès les premières années d’école, lors de cours spécifiques. Fait rare dans ce type de manifestations, la foule des danseurs semble même comporter une petite proportion d’hommes.

Danses traditionnelles Thai pour Songkran a Surin

On sent qu’il ne s’agit pas de professionnels car la motivation est inégale d’une personne à l’autre: certains prennent leur tâche très au sérieux, d’autre ébauchent plutôt les mouvements, avec des têtes à se demander ce qu’ils font là. En même temps je les plains sincèrement. De toute évidence ils ont commencé en même temps que la télé, soit depuis une bonne demi-heure au moins. Ils sont pieds nus sur ce goudron brûlant, tandis que le soleil de la matinée cogne sur leurs têtes, par une température de près de 40 degrés. Nous-mêmes ne nous éterniserons pas pour éviter un coup de chaleur. Nous assistons à quelques évacuations par les pompiers et ce n’est guère surprenant.

Danses traditionnelles Thai pour Songkran a Surin

Je prends Petit-Deux sur les épaules, pour qu’il puisse aussi profiter du spectacle. J’insiste: « Regarde, c’est extraordinaire, non? » Et Petit-Deux de me répondre: « Oh oui, il y a même une voiture rouge! » Un pickup des pompiers était effectivement garé en marge du spectacle. Comme quoi, nous ne pouvons pas tous avoir les mêmes sources d’émerveillement…

 

A la découverte de nouvelles beautés Khmères

Nous quittons Surin pour nous diriger vers le Prasat Sikhoraphum puis la province de Sisaket, où une rencontre inattendue nous attend. En route, nous dépassons le musée de Surin, malheureusement fermé à l’occasion du nouvel an Khmer. Nous le regrettons car il semblait riche de trésors antiques.

 

Retour en Haut de Page

Jolies surprises Khmères – Temples de Surin

Au fil de la province de Surin, les vestiges de temples Khmer ne se lassent pas de nous surprendre, qu’ils soient reconnus des circuits touristiques ou au contraires dissimulés, oubliés, puis intégrés dans le quotidien des populations locales.

 

Prasat Ban Phluang ou le temple désert

Après la découverte de l’incroyable –et difficile d’accès- Ta Muean Thom, l’arrivée à Prasat Ban Phluang nous parait presque trop facile. C’est d’ailleurs l’un des seuls vestiges Khmers que nous ayons visité dans l’Isan à se trouver en plein centre-ville. L’entrée est payante mais le garde a déserté sa billetterie, laissant juste derrière lui un vieux transistor hurler des chansons locales. La grille des prix affichée n’est pas très claire. Nous nous fixons un tarif d’entrée et déposons la somme sous la vieille radio.

Prasat Ban Phluang

Nous ne sommes pas sûrs de pouvoir entrer en voiture sur le site mais rien ne semble non plus l’interdire. Au loin, on voit deux ou trois pickups locaux au pied du Prang. Et il fait sacrement chaud. Et Petit-Deux s’est endormi dans son siège-auto. Nous nous accordons donc l’autorisation d’entrer. Quelques Thaïs ont installé une tente à proximité du vestige Khmer, peut être en prévision de Songkran. Ils sont très occupés à déjeuner et nous ignorent complètement. Le garde doit être de ceux-là. On leur sourit et chacun retourne à ses occupations.

 

Prasat Ban Phluang l’inachevé

La structure de Prasat Ban Phluang est très différente de celle des autels que nous avons visités jusqu’alors. Elle se compose d’un très large piédestal, planté d’un Prang en son centre. Le Prang est décoré avec beaucoup de raffinement, mais son érection semble s’arrêter brusquement, et à l’horizontale, comme s’il manquait une voute.

Prasat Ban Phluang - Prang inacheve

D’après certaines sources, les travaux de construction de bâtiment n’ont pas été achevés. Le socle semblerait ainsi trop large, en l’attente de deux Prangs latéraux qui auraient dû être rajoutés. La voute du Prang principal est sans doute manquante, mais a peut-être été bâtie en matériaux légers comme le bois, qui se seraient dégradés avec le temps. Certains commentaires prétendent qu’une partie des sculptures est inachevée, mais nous ne les avons pas repérées.

Prasat Ban Phluang - Bas Reflief

Le temple, construit à la fin du 11eme siècle, abritait un autel destiné au culte de Shiva. Comme il est d’usage, les bas-reliefs des linteaux évoquent principalement des scènes religieuses qui mettent en scène des Dieux Hindous. Cependant, lors de nos observations avec Petit-Un, c’est la finesse et la précision des représentations animalières qui nous ont particulièrement marqués. Pendant ce temps-là, de son porte-bébé, Petit-Deux émergeait à grand peine d’un sommeil profond.

Prasat Ban Phluang - Bas Reflief a motifs animaliers

 

 

Jolies surprises Khmères – Temples de Prasat Ban Prai

Nous reprenons la route de Surin, ou nous prévoyons de faire étape pour la nuit. En chemin, Papa-Tout-Terrain avise un panneau en Thaï, dont le pictogramme semble indiquer une autre construction ancienne. Il n’en n’est fait mention sur aucun guide. C’est le genre de plan un peu foireux où l’on a toutes les chances de se perdre et de revenir bredouille. On a fait la même, la veille, dans la province de Buriram, mais cela ne nous a évidemment pas servi de leçon… Nos vieux instincts d’explorateurs (en milieu tout sauf hostile) ont déjà repris le dessus. On se lance à l’aventure.

Coup de chance, la route est plutôt praticable. Au bout d’un moment, on tombe sur un temple, et plus encore, sur les vestiges d’un véritable édifice Khmer, le Prasat Ban Prai! Très curieux endroit que ce complexe religieux, dont nous ne connaîtrons le nom que grâce à un panneau de l’entrée. Le lieu semble introuvable, tant sur Internet que sur les guides de la région.

Par malchance, une cinquantaine de mètre avant l’entrée du temple, Petit-Deux a repéré un magasin qui vendait des glaces. Alors que l’on descend de la voiture, il entame des négociations musclées. « Je veux une glaaaaace! » « Ok, après le temple. » « Nooooon, tout de suiiiiiiiiite! ». On est au plus profond de la campagne. Les mémés du coin regardent avec un intérêt goguenard ce blondinet braillant. Elles n’ont pas dû en voir souvent. On arrive finalement à temporiser: d’abord une vitamine (toujours avec sur soi une vitamine C pour les moments de faiblesse), ensuite le temple, et après la glace.

La première zone que nous traversons est un temple bouddhiste contemporain, mais tombé à l’abandon. Reste un bâtiment à la toiture éventrée, parsemé de quelques statues de Bouddha que commencent à recouvrir la poussière et les crottes de pigeon. Mais comme à tout bouddha, vénération est due, restent de petits autels épars, récemment alimentés de cierges et d’encens.

Prasat Ban Prai - Bouddha dans une partie desaffectee du temple

« Alors le temple c’est fini, on peut avoir la glace? » « Non, c’est pas fini. »

 

Au cœur des cérémonies de Songkran

Un peu plus loin, un espace extérieur a été aménagé pour la prière. Difficile de dire si l’organisation est temporaire ou permanente, car à ce moment-là, le lieu est comble. Sur une estrade, une troupe de moines bouddhistes mène les prières.

Une foule de fidèles se presse pour les écouter, protégée du soleil par des tentures de toiles prévues à cet effet. Aux vues des chemises à fleurs, les célébrations sont clairement en lien avec Songkran. J’aime la façon ouverte et joyeuse dont les croyants bouddhistes célèbrent leur foi. Ici point de silence de mort. Certaines mémés des derniers rangs bavardent en surveillant d’un œil des enfants qui s’ébattent. Les fidèles vont et viennent, entre deux courses dans le marché tout proche. Tout le monde semble le bienvenu.

Prasat Ban Prai - celebration bouddhiste

« Maintenant c’est bon je peux avoir ma glace? » Tiens, je note que Petit-Un ne dit rien, ne demande rien et ne râle même pas. Attitude un peu opportuniste, mais après tout, il n’a pas tort. Il aura bien sa glace en temps voulu et Petit-Deux se charge d’être casse-pieds pour les deux.

Prasat Ban Prai - escalier de laterite

Pas directement concernés par les cérémonies bouddhistes, nous nous dirigeons enfin vers la partie la plus éloignée du site, qui comporte les vestiges Khmers. On y retrouve traditionnellement un grand socle en latérite, ainsi que trois Prangs de briques aux sobres linteaux de grès. Il n y a pas ou plus de décorations sculptées. Certainement Hindou à l’origine, le site de Prasat Ban Prai a visiblement doucement glissé vers le bouddhisme, comme en témoignent les offrandes présentes à l’entrée des autels, et la cohabitation avec les lieux de culte contemporains. C’est finalement l’histoire de très nombreux sites religieux de par le monde, mais quelle curieuse histoire, tout de même…

Prasat Ban Prai

 

Le quatre heure

Sur le chemin du retour, on tombe sur un petit vendeur de rue, au vélo-frigorifique rempli de crèmes glacées. Allez, on y est cette fois ci. Enfin presque parce que les enfants veulent une glace « rainbow » que le mec n’a pas. On a déjà mis longtemps à lui faire comprendre ce qu’on voulait et il n’a pas l’air spécialement content. Petit-Un trouve finalement une glace « papillon » à son gout. C’est fou les glaces qu’ils font maintenant!

De mon temps on avait des esquimaux à l’eau tout bêtes. Je me sens vieille du coup. Petit-Deux veut aussi une glace « papillon » maintenant mais le vendeur n’en n’a plus. Il n’a pas l’air très motivé à chercher alors Petit-Deux l’aide un peu à retourner sa glacière jusqu’à finalement trouver l’objet de ses convoitises. Papa-Tout-Terrain s’est éclipsé très à propos pour prendre une photo urgente. J’avale ma honte, paye le vendeur et déguerpis en vitesse.

Retour à la voiture et là, on voit venir le moment folklo. Dans le véhicule des sièges-auto. Dans les sièges-auto des enfants encore propres. Et dans la main des enfants encore propre des glaces « papillon » qui ne demandent qu’à couler sur les mains, les enfants, les sièges-auto et la voiture. D’autant que la glace « papillon », c’est traitre, car la glace « papillon » comporte deux bâtons d’esquimau qui permettent de séparer les deux ailes du papillon en deux demi-esquimaux indépendants. Cela implique donc que l’enfant lèche les deux parties en parallèle, pour éviter la fonte intempestive de l’un des éléments –sachant qu’il fait 42 degrés dehors.

J’hérite donc de la surveillance de deux enfants et quatre morceaux de glace, tandis que Papa-Tout-Terrain, le veinard, reprend le volant … Il y a une compensation cependant: pour limiter les risques ou rattraper le coup, l’une de mes attributions en tant que « surveillante des glaces » consiste à lécher tout de qui coule!

Nous prenons paisiblement la route pour la ville de Surin, où nous découvrirons par hasard d’étonnantes festivités.

 


Prasat Ban Phluang en pratique

  • Coordonnées GPS de Prasat Ban Phluang14.610385, 103.424423
  • Ouvert de 7h00 à 18h00
  • Il semble qu’il faille acheter des tickets mais ce n’est pas très clair…

 

 

 

Retour en Haut de Page

Ta Muean Thom, temple et militaires – Surin

Nous avions à l’origine écarté l’idée de visiter Ta Muean Thom, temple situé dans une zone territoriale en conflit entre la Thaïlande et le Cambodge. Heureusement notre curiosité l’a emporté. Nous avons découvert un sanctuaire magnifique à l’atmosphère étonnante. Si l’on excepte les nombreux militaires postés là, nous étions alors « seuls » pour explorer ces lieux magiques.

 

Sur la route: deux anciens fours à céramique

Après Prasat Muan Tam et Phanom Rung, nous partons à la découverte des temples Khmers de la province de Surin. En route, nous faisons escale sur les tout petits sites de Tao Nai Chian et Tao Salai, deux anciens fours de potier, utilisés durant la période Khmer, entre le 9eme et le 12eme siècle. Il ne reste vraiment presque rien. Nous n’avons pas de compétences archéologiques particulières, et clairement, sans les panneaux explicatifs, nous n’aurions jamais su de quoi il s’agissait. On distingue juste quelques tessons de céramique à la surface du sol. Du coup on a fait un petit « chercher et trouve » visuel avec les enfants, histoire de les intéresser un peu. Eux étaient surtout contents de sautiller dans les marches du bâtiment. Ça se défend.

Le sud de la province de Surin est terriblement sec et désolé. L’on traverse peu de villages. Il est difficile de trouver des commerces de subsistance. Papa-Tout-Terrain avise une station-service qui a l’air presque désaffectée. Pour une somme très modique, nous approvisionnons largement en eau, en lait et en chips, au cas où. Le patron a l’air drôlement content qu’on lui achète tout ça. Il ne doit pas voir beaucoup de clients.

Un bétail maigre broute l’herbe jaune. Les bestiaux n’ont presqu’aucune ombre pour s’abriter. Certains se rabattent sur les piles de foin traditionnelles de la région, très similaires à celles que nous avions vues au Cambodge. Nous ne sommes d’ailleurs qu’à une dizaine de kilomètres de la frontière et l’influence cambodgienne est certaine, en particulier dans l’architecture des maisonnettes campagnardes. D’après le guide, 30% de la population de cette zone est même khmèrophone (le khmer est la langue officielle du Cambodge).

Piles de foin traditionnelles du Cambodge

 

Et puis c’est trop bête!

Finalement on est vraiment juste deux pas de Ta Muean Thom, cet ancien temple à la frontière d’avec le Cambodge. Je l’avais rayé du programme car la zone pouvait être le théâtre de conflits frontaliers. D’ailleurs, elle était peut-être même déconseillée par le Ministère des Affaires Etrangères, mais la carte du site Internet était peu lisible, pas vraiment à l’échelle, et sans repères géographiques, si bien que je n’ai pas vraiment réussi à le déterminer. Bref, tout a l’air calme et désert… et si on poussait un peu plus loin pour jeter un coup d’œil?… Au pire il serait toujours temps de revenir sur nos pas…

 

Le conflit frontalier autour de Ta Muean Thom

Peu de sources occidentales évoquent le conflit territorial de la zone de Ta Muean Thom, et il me semble qu’il y a peut-être confusion avec les rivalités liées au temple de Prasat Preah Vihear, une centaine de kilomètres plus à l’est. Le paragraphe qui suit est donc sujet à caution, mais je trouve l’épisode digne d’être rapporté.

Au début du 20eme siècle, les autorités coloniales françaises qui occupaient alors le Cambodge ont entrepris de tracer les frontières qui séparaient le pays d’avec la Thaïlande. Pour une raison inconnue, le trait a dévié de quelques kilomètres au niveau de ce temple, qui s’est soudain retrouvé au Cambodge, bien que tacitement considéré comme Thaï, par tous, et depuis toujours.

Il semble que durant cinquante ans, le Royaume de Thaïlande n’ait rien noté, malgré bonne réception du document officiel… jusque dans les années 1950, où le Cambodge a entrepris d’occuper militairement cette zone qui lui appartenait de droit. Conflit frontalier armé. Arbitrages internationaux. Confirmation par les Cours Internationales que le Cambodge est dans son bon droit. Puis occupation de la zone par les Khmer Rouges, à partir des années 1970, qui pillent le temple d’une partie de ses richesses. Normalisation des relations entre les deux pays dans les années 1990, puis réouverture du temple. Aujourd’hui, l’accès à l’édifice n’est possible que de la Thaïlande, car côte Cambodgien, la jungle a repris ses droits et la route n’est plus praticable. En 2011 pour la dernière fois, ont été tiré quelques coups de feu entre les deux partis.

 

Une zone visiblement peu fréquentée par les touristes

Les rares sources Internet que je trouve indiquent qu’un chemin de terre, principalement utilisé par les vaches, permet d’accéder à l’édifice. La zone est semble-t-il minée depuis l’occupation des Khmers Rouges. Pour éviter les migrations clandestines, il semble enfin que le temple ferme à 15 heures, tous les jours. Nous tentons l’affaire avec un brin d’appréhension, bien décidés à rebrousser chemin au moindre doute.

Vache dans la campagne du sud de Surin

Soucis suivant: impossible de localiser le temple sur le GPS ni la carte. Ni en Thaïlande ni au Cambodge. Je tente de Googler différentes orthographes, car les transcriptions du Thaï peuvent être fluctuantes. Ah!… il y a quatre graphies possibles: Ta Muean Thom, Ta Muen Thom, Ta Muan Thom, et Ta Moen Thom, sans compter le « H » de Thom qui saute parfois. Je trouve enfin les coordonnées GPS du sanctuaire, sur un excellent site très spécialisé.

La route est finalement plutôt bonne. Et finalement goudronnée. On arrive à un poste de l’armée, bloqué par une barrière peinte en rouge et blanc. Nous n’en menons pas très large. Un militaire Thaï nous accueille aimablement et nous tend un petit bout de papier plastifié qui fait office de laisser-passer pour le Cambodge. Il soulève la barrière en tirant sur une toute petite ficelle reliée à une toute petite poulie (à la main ça aurait marché aussi, je crois).

Poste Frontiere entre la Thailande et le Cambodge

La situation n’est pas courante, mais à l’arrière de la voiture, les enfants s’en fichent complètement. Ils chantent à tue-tête: « Je te tiens, tu me tiens, par la Mère Michel, le premier, de nous deux, qui rira, aura une tapette! » Ils ont récemment appris de nombreuses comptines françaises, dont ils font parfois une interprétation un peu personnelle…

 

Prasat Ta Meuan

Peu après le poste frontière, nous découvrons un premier bâtiment, le Prasat Ta Meuan (12-13eme siècles), qui faisait office de gite d’étape –Dharmasala– sur la route qui reliait Angkor à Phimai. L’édifice de pierre servait sans doute de lieu de culte aux pèlerins. Ces derniers n’y logeaient pas cependant, et trouvaient vraisemblablement refuge dans des bâtiments de bois attenants, prévus à cet effet. L’architecture est simple et la construction n’est pas décorée. Nous n’osons pas vraiment descendre de la voiture et regardons de loin.

Prasat Ta Meuan

 

Prasat Ta Meuan Toht

A quelques centaines de mètres de là s’élève le Prasat Ta Meuan Toht, de la même période. Il est gardé par un civil en tongs, qui fait la sieste couché au pied de sa mobylette. Il nous jette un regard las et nous fait signe d’entrer ou de faire ce qu’on veut. On comprend qu’il n’ait pas envie de bouger car il fait très chaud. De notre côte, cela nous donne plutôt confiance. Vu l’attitude du type, l’environnement ne doit pas être si dangereux que ça. Nous descendons de voiture. Les enfants râlent parce que leurs jambes sont fatiguées. Ils se précipitent finalement lorsqu’on mentionne qu’il y a « plein de grosses pierres qui attendent des petits garçons pour sauter ». Cela deviendra la formule magique du voyage, à chaque coup de mou!

Prasat Ta Meuan Toht

Le bâtiment était une chapelle qui jouait vraisemblablement un rôle d’autel-hôpital à des fins thaumaturges. Seules les parties les plus hautes du grand Prang ont conservé quelques-uns de leurs bas-reliefs d’origine. On retrouve les éléments classiques des temples Khmers, dans ce petit sanctuaire: bassin extérieur, enceinte circulaire, portail massif, entrée voutée, Prang abritant l’autel principal, linteaux de pierres claires et dures…

Prasat Ta Meuan Toht - face est

Pendant ce temps, les enfants ont trouvé une grosse graine d’arbre qui part au vent en tourbillonnant, à la façon d’un hélicoptère. Ils passeront le gros de la visite à rechercher d’autres graines du même type et à les faire voler le plus loin possible, en les lâchant du haut des marches millénaires. Après tout, si nous, adultes, nous réjouissons de découvrir la civilisation Khmer, les enfants ont toute légitimité à découvrir le monde et ses secrets.

 

Prasat Ta Muean Thom et les militaires

Nous reprenons la voiture en direction du temple principal, le Prasat Ta Muean Thom. Cette fois-ci l’entrée est barrée par une cahute de l’armée, et il y a des soldats partout. Un grand espace d’herbe nous semble être le parking mais nous ne savons pas si nous pouvons nous garer et comment, car nous sommes le seul véhicule. Un soldat nous fait signe de nous mettre n’importe où. Il garde nos passeports à l’entrée du temple.

Enceinte exterieure du sanctuaire de Ta Muean Thom

La zone à laquelle nous avons accès est très limitée par des barrières et des sortes de tissus de camouflage. Il semble que le reste du terrain n’ait pas encore été complétement déminé. J’explique aux garçons qu’il ne faut pas quitter le chemin principal, à cause des mines, qui sont des armes de guerre qui pourraient les blesser très fort. On n’est pas très « guerre » ou « armes » chez nous, et mon avertissement est visiblement très abstrait pour eux. Tant mieux, quelque part. Pour le moins, ils respecteront tout au long de la visite la règle de ne pas faire les fous. Il faut dire par ailleurs que nous serons toujours suivis de très près par un ou plusieurs soldats, ce qui ne donne pas très envie de faire l’andouille.

Temple de Ta Muean Thom

Le temple, construit au début du 11eme siècle, était un sanctuaire Hindou dédié à Shiva. Contrairement aux conventions architecturales du genre, il est tourné vers de sud, sans doute pour des raisons défensives, et à cause de la topographie du terrain. Si les plus belles sculptures ont malheureusement été pillées pendant l’occupation par les Khmers Rouges, l’édifice a cependant gardé toute sa superbe.

La richesse des scuptures de Ta Muean Thom

 

Une architecture d’une rare beauté

Beaucoup de ses bâtiments sont en grès et confèrent finesse et élégante aux lieux. Des bas-reliefs qui restent, on imagine la richesse avec laquelle le temple et ses autels devaient être décorés. Certaines parties de la galerie d’enceinte commencent à ployer sous l’effet des ans, mais de leur imposante stature n’émane qu’une dignité sacrée qui force au respect.

Galerie de circulation de Ta Muean Thom

Plus étonnant, le sanctuaire est bâti sur d’immenses dalles de pierre, qui rehaussent encore le caractère remarquable des lieux. En certains endroits, des rochers arrachés donnent à voir un ingénieux système de drainage de l’eau en souterrain, par un jeu de canalisations en pierre. C’est le seul vestige Khmer où il nous aura été donné de voir de telles installations.

Canalisations de Ta Muean Thom

 

Quelques instants de détente avec les soldats

Les militaires des lieux n’étaient pas franchement très occupés. La plupart était disséminée en petits groupes dans le temple, souvent assis par terre à discuter ou pique-niquer (on était à l’heure du repas). Un soldat plus curieux s’est approché de nous pour échanger quelques mots en anglais, savoir d’où nous venions… Puis piquer et enfiler la casquette de Petit-Deux. D’ordinaire plutôt sauvage, Petit Deux s’est très vite pris au jeu, a prêté ses lunettes de soleil, puis escaladé les bras du soldat visiblement ravi. Petit-Un a voulu participer à son tour, tentant de grimper sur le dos de ce nouveau compagnon de jeu. Il s’en est suivi une dizaine de minutes d’une gentille mêlée, de portés, de jeux d’avions, de roulés-boulés dans l’herbe, avec bien sûr de jolies photos souvenir

 

Un souvenir unique

Le temple de Ta Muean Thom est très beau, et sa visite a été d’autant plus spéciale pour nous de par son goût d’aventure, et aussi, parce que nous étions absolument les seuls touristes à découvrir ces lieux! Les militaires ont été charmants pour nous et nos enfants, d’autant qu’ils étaient visiblement peu occupés aux travaux de la guerre, à ce moment-là. A notre départ, nous avons même découvert un jardin que cultivaient les soldats, lors de leurs moments oisifs –qui devaient être nombreux, car le jardin était grand. Ces derniers n’avaient cependant rien de soldats d’opérette. Par les portes entrouvertes des baraquements proches, l’on pouvait voir de lourds armements, et certaines balustrades dissimulaient à coup sûr ce qui devait être des abris anti-aériens (dixit Papa-Tout-Terrain car moi je n’aurais rien reconnu du tout).

Ta Muean Thom

 

Nous reprenons la route pour de nouvelles découvertes du monde Khmer dans la province de Surin.

 


Prasat Ta Muean Thom en pratique

  • Coordonnées GPS de Prasat Ta Muean Thom: 14.349190, 103.266391
  • Ouvert de 8h00 à 15h00
  • Il n’y a pas de ticket à acheter pour le site mais des laissez-passer à obtenir de la part des militaires. Suivez leurs indications.
  • Il s’agit d’une zone militarisée et de tension entre la Thaïlande et le Cambodge. Naturellement, comportez-vous de façon exemplaire et respectez toujours les indications données par les soldats. N’essayez pas de vous approcher des zones balisées et ne prenez aucune photo des zones militaires.
  • La zone ayant été minée, ne sortez jamais des chemins tracés. Déplacez-vous en voiture entre les sites.
  • La région n’étant ni très touristique, ni très peuplée, vous ne trouverez pas nécessairement d’endroit où acheter de l’eau autour de Prasat Ta Muean Thom. Penser à en faire provision à l’avance.

 

Retour en Haut de Page

Les enfants responsables de leurs valises – On a testé!

 

Pour la première fois, lors de notre tout récent tour de l’Isan, au nord-est de la Thaïlande, nous avons proposé aux enfants d’être en charge de leurs propres valises. Notre offre a remporté un franc succès. Malgré de petits soucis de mise en place, l’expérience a été concluante et a soutenu l’intérêt des garçons pendant toute la durée du séjour, tout en allégeant (un peu) la logistique pour les parents.

 

Premiers ennuis avec la liste des valises

Lors de notre dernière excursion, nous avions préparé les bagages un jour avant le départ, ce qui avait causé une énorme frustration pour les enfants. Une fois les valises prêtes, pourquoi ne pouvait-on pas enfin partir? Et pire encore, pourquoi fallait-il retourner une journée à l’école? Bref, cette fois-ci, nous avons opté pour un paquetage de dernière minute, qui a mieux répondu à la perception temporelle de nos petits-grands.

Liste des Valises Enfant

J’avais préparé le terrain à l’avance: une liste détaillée du contenu des valises en lettres et en dessin, à l’attention des enfants. Le nombre des tenues n’était pas spécifié, histoire de proposer une réflexion commune. J’ai revu, comme une formalité, l’ensemble des documents avec les enfants. A la fin de mon exposé, je n’ai lu que l’incompréhension dans leurs yeux… On a donc repris plus lentement… et surtout, il allait falloir adapter la méthode! Les principaux points de blocage:

  • Les enfants n’ont pas compris la vision matricielle proposée. Ils ont eu beaucoup de difficultés à se repérer dans le tableau et n’ont pas compris l’organisation en colonnes et en lignes. Présentation à clarifier mais conserver. Il me semble que cette compétence est à leur portée et leur sera utile.
  • J’avais prévu seize types d’accessoires par valise. C’est beaucoup trop. C’est très long à préparer et cela nuit d’autant à la lisibilité de la liste. Petit-Un (quatre ans et demi) a eu la concentration de préparer une petite dizaine d’éléments et Petit-Deux (trois ans) a laissé tomber après cinq. Sur des valises « week-end », je pense pouvoir laisser l’intégralité de la préparation aux enfants, mais pour des séjours longs, je leur proposerai pour l’instant une répartition des tâches.
  • La réflexion sur le nombre de tenues à prévoir en fonction de la durée du voyage n’a pas du tout intéressé les garçons. La fait qu’un seul accessoire de chaque type ne soit dessiné, a encore rajouté à la confusion. Combien de slips pour neuf jours de voyage? « Un. » « Aujourd’hui tu as besoin de combien de slips? » « Un. » « Et demain? » « Un. » Alors pendant deux jours tu as besoin de combien de slips? » « Un. » « Mais voyons, aujourd’hui un, demain un, ça fait deux… » « Mais t’as dessine qu’un seul slip… »J’ai finalement rempli les cases toute seule… et les enfants ont été incapables de me relire… je ne dessine pas les chiffres comme à l’école américaine qu’ils fréquentent. Bref, la prochaine fois je pré-imprimer ces champs!

Ca commençait plutôt mal. J’ai donc repris les listes des garçons et leur ai indiqué pas à pas la marche à suivre. « Nous avons besoin de neuf tee-shirts… allez chercher neuf tee-shirts!… »

 

Préparation du contenu des bagages

Les garçons ont donc choisi leurs neuf tee-shirts, avec un plaisir évident. Puis les shorts. Les chemises. Les slips. Pour finir par les chaussettes. Apres Petit-Deux a lâché prise. Puis le pull, le pantalon, les pyjamas, le doudou, et la Grand-Un a également abandonné, mais le principal y était!

Ensemble, nous avons coché la liste au fil de l’eau, en fonction des éléments préparés. Grand-Un a écrit un premier « OK », puis s’est rabattu sur de grand « X », moins contraignants. Petit-Deux a écrit certains « O » du « OK », car c’est une lettre qu’il affectionne particulièrement. Je trouve plaisant d’intégrer leur apprentissage de l’écriture dans des situations de la vie réelle.

Exercice d'ecriture

Les garçons ont choisi ensemble certains vêtements pour s’accorder et s’habiller pareil. Ils ont choisi des habits offerts par leurs grands-parents, des habits un peu trop petits qui leurs rappelaient de bons moments, et des habits qu’ils aimaient tout simplement. Alors bien sûr, quand le tee-shirt arrivait à la valise, je devais souvent un peu le replier… Que quand Grand-Un a fièrement décompté ses dix-sept tee-shirts, on a dû un peu négocier pour en laisser certains… Bien sûr, aussi, que quand Petit-Deux a choisi des chaussettes taille six mois –que j’avais eu la flemme de ranger dans les cartons « bébé »- j’ai été obligée de réexpliquer un peu, tests à l’appui, le principe et les notions de taille…

Ca y est, les enfants ont fini leurs valises!

On a tout rangé dans de petites valises qui nous servent habituellement de bagages à main en avion. Elles roulent et gardent une taille adaptée aux enfants. Tout de suite, ça a été le coup de foudre. Les valises ont été promenées aux quatre coins de la maison, ont servi d’accessoires, grandeur nature, pour jouer à l’aéroport et à l’enregistrement des bagages. A mon insu, Petit-Deux a rajouté un collier de perles multicolores ainsi que son short pour le lendemain, en boule, et que j’ai cherché plusieurs jours.

 

Les enfants responsables de leurs valises pendant le séjour

Pendant un peu plus d’une semaine, les garçons ont assume avec grand sérieux la responsabilité qui leur était confiée. Ils ont toujours tiré leurs valises d’un lieu à l’autre, ont chaque soir sorti leurs pyjamas et choisi leurs tenues tous les matins. Ils connaissaient bien le contenu de leurs bagages et s’en sont très bien tirés. J’ai pensé un peu tard à initier un « sac de linge sale » et à en expliquer l’usage. A ne pas oublier pour la prochaine fois: ça aide conserver une bonne tenue des bagages. Globalement pour moi, la logistique des vacances a été clairement allégée.

Les Valises sont pretes!

En pendant de cette autonomie nouvelle, nous nous sommes employés à respecter ou du moins accepter les goûts et choix des garçons, qui ont parfois opté pour des habits bien mal assortis ou peu adaptés, mais auxquels ils tenaient…

Au jour 6 par exemple, Petit-Un a avisé le pull rangé au fond de la valise, au cas où. Il faisait 38 degrés dehors ce jour-là, et la température est par la suite montée à 42. « J’ai froid, a-t-il déclaré, je veux mettre un pull aujourd’hui« . Et Petit-Deux de s’écrier que lui aussi voulait un pull. Nous avons expliqué que nous trouvions qu’il faisait tout de même plutôt chaud, avons montré le soleil, lu ensemble le thermomètre de la voiture qui indiquait un chiffre élevé, mais rien ne les en a fait démordre. Ils sont partis avec leurs pulls.

De dix minutes en dix minutes, nous tâtions le terrain pour vérifier si le pull était toujours indispensable. Petit-Deux n’a pas tenu longtemps. Petit-Un a été plus coriace, puis s’est résolu, en fin de matinée, à quitter sa pelisse avec regret: « mais je l’aime, mon pull, parce qu’il est très beau ». Une fois rassuré sur la beauté du polo qui était sous le pull, il n’a pas semblé fâche de retrouver un peu de relative fraicheur. Bref, s’habiller en adéquation avec son environnement, ça s’apprend aussi et ça se teste, en incluant quelques ratés!

Les Tresors Rapportes par Petit-Deux

En bonus, les garçons ont adoré pouvoir rassembler leurs souvenirs en un espace qui leur était propre. Petits cadeaux, savons d’hôtel, billets des musées… ils ont tout conservé et ont eu grand plaisir à retrouver leurs trésors, une fois de retour à la maison!

 

En conclusion

Une expérience, des responsabilités et un apprentissage tout neuf qui ont ravi les enfants et que les parents ont apprécié. Cela a demandé de notre part un encadrement différemment réparti, mais finalement pas plus contraignant qu’autrement. Et puis surtout, on garde au fond des yeux le sourire fier de nos petits-grands, à chaque fois qu’ils nous disaient: « Attends, c’est MOI qui prend MA valise »…

La prochaine fois, c’est dit, on remet ça, mais il va falloir que je retravaille mes listes et ma méthodologie!

 

 

Retour en Haut de Page

Prasat Phanom Rung, roi des temples Khmers – Buriram

Immense sanctuaire Khmer à l’environnement grandiose, Phanom Rung nous a saisis par sa force massive. Par le sentiment de puissance qu’il inspire. J’en garde aussi le souvenir d’une excursion difficile et écrasée de chaleur, qui nous a poussés à la limite de nos forces. Il est bon de savoir qu’une seconde entrée du site permet un accès facilité, qui épargne les visiteurs plus fragiles.

 

Un tout petit peu de cette Histoire qui m’a passionnée

Phanom Rung, s’est construit progressivement entre le 10eme et le 13eme siècle. Il s’agit de l’un des temples majeurs qui se situe sur la Khmer Highway, souvent rencontrée sous le nom de Dharmasala Route. Cette voie sacrée traversait le Royaume Khmer. Elle reliait le mythique Angkor Wat (Cambodge) au complexe religieux de Phimai (Thaïlande). D’après les anciens textes, la voie était émaillée de plusieurs sanctuaires. Elle comptait dix-sept lieux d’étape, parfois nommés hospitals –les Dharmasala. Certains de ces dix-sept Dharmasala n’ont toujours pas pu être localisés.

On trouve peu d’informations à ce sujet, mais je recommande vivement ce magnifique article d’Asger Mollerup, qui comporte en particulier d’émouvantes photos de temples et de Dharmasala inexplorés, où la nature reprend peu à peu ses droits.

 

De Prasat Muean Tam a Phanom Rung

En partant de Prasat Muean Tam, notre guide indique un temple, un édifice, ou peut être un Dharmasala sur le chemin de Phanom Rung. La carte est peu précise… et les indications sur la route, en Thaï, évidemment. Au niveau d’un panneau dont l’inscription nous semble convaincante, nous obliquons sur une route de terre. Nous nous engageons au milieu des champs. Suivons un cours d’eau. Puis nous enfonçons dans un sentier ombragé. Pas de trace de temple. Nous croisons en revanche un troupeau de vaches et leur gardienne, qui nous considèrent avec méfiance. Pas très à l’aise face à ces bêtes cornues, nous nous tapissons dans la voiture tandis que les bovidés nous dépassent. Pour éviter d’autres mésaventures, nous rebroussons chemin et abandonnons finalement nos recherches.

Troupeau de vaches Thai

 

Premiers regards sur Phanom Rung

Le site de Phanom Rung est situé au sommet d’un ancien volcan. Pour accéder au sanctuaire, on grimpe un premier escalier monumental en latérite, puis on suit une immense allée de procession, avant d’entamer un second escalier encore plus grand. Là, seulement, on touche presque au but. Il ne reste qu’à franchir le pont aux Nagas, qui mène aux deux enceintes successives du temple.

Allee Processionnelle de Phanom Rung

Malgré les 41 degrés à l’ombre, le premier escalier passe plutôt bien. Les enfants sont pleins d’enthousiasme à l’idée de la glace qu’on a promise pour la fin de la visite. En revanche, lorsqu’il arrive au sommet et découvre l’allée vertigineuse qui se déroule à ses pieds, Petit-Deux a comme un coup au moral. Il invoque un problème de chaussure et de sable pour se faire porter. Avec ses baskets et ses chaussettes montant jusqu’au genou, l’argument n’est plus très crédible. Nous détournons son attention et sa fatigue en le faisant sauter de pavé en pavé. Il fait tout de même tellement chaud que nous nous arrêtons à mi-allée pour boire. Paf, la moitié de nos réserves d’eau y passe direct, malgré la retenue des parents.

 

L’époustouflante découverte

Phanom Rung - Pont aux Nagas et escaliers

On se recolle à notre allée et on arrive sur le premier pont aux Nagas. Les Nagas sont des serpents protecteurs, souvent représentés avec cinq ou sept têtes, et que l’on retrouve fréquemment dans l’art Khmer. Ils décorent généralement les balustrades et les entrées des temples, symbolisant le lien entre la terre et le ciel. Pour nous ça commence plutôt à être l’enfer. Petit-Un à son tour à chaud aux jambes.

Je retrouve deux vieux bonbons un peu collés au fond de ma poche, et pertinemment placés là en cas d’urgence. Il y a urgence. « Quiconque atteindra le haut de l’escalier –sans trop trop râler- aura un bonbon! » Petit-Un part en courant, à tel point qu’on craint pour son équilibre, tant sont éminentes les antiques marches. Petit-Deux se laisse un peu trainer mais il redémarre. C’est toujours ça. Car on a bêtement oublié le porte-garçon. On arrive en haut. Distribution de bonbons. On peut enfin s’extasier.

Phanom Rung - Entree est

 

L’enceinte sacrée

Pendant toute l’ascension, nous avions deviné la silhouette massive du sanctuaire, sans pouvoir vraiment présager de ce que nous allions découvrir. Et voilà Phanom Rung qui se dresse tout entier devant nous. On sent une force compacte qui émane de cet ensemble. Une force assez prenante pour imposer un silence concentré aux enfants, pressés de pénétrer ce lieu mystérieux. Nous dépassons les bassins qui entourent l’entrée du sanctuaire, franchissons un deuxième pont aux Nagas, traversons la première enceinte du temple, avant de parvenir dans la galerie intérieure.

Phanom Rung - Galerie de l'enceinte interieure

Le grand Prang finement décoré, qui abritait un autel dédié à Shiva, se dévoile peu à peu. Les bâtiments centraux du sanctuaire ont été magnifiquement restaurés dans les années 80 et 90. La tour principale est ornée de nombreux bas-reliefs qui illustrent des épisodes religieux ou représentent des rites traditionnels. L’autel est entouré de trois sanctuaires mineurs, d’une bibliothèque et d’un dernier bâtiment, non décoré, et dont on ignore la destination. Les bâtiments conservent la plupart de leurs colonnades tournées, typiques de l’art Khmer de cette période.

Phanom Rung - Autel de Shiva (Prang Principal)

L’on poursuit la traversée de l’enceinte pour ressortir par la porte ouest, qui propose une vision vertigineuse sur la vallée en contrebas. A perte de vue, la chaleur et la poussière recouvrent le paysage d’une sorte de brouillard irréel. Nous ne nous éternisons pas. Nos réserves d’eau se vident et pas question de prendre des risques pour les enfants, qui tiennent tout de même bien le coup depuis leur bonbon. A quelques pas, un petit garçon Thaï est malade; il n’a visiblement pas résisté à cette fournaise.

Phanom Rung - Entree Ouest

 

Point pratique – l’entrée par le raccourci

Nous découvrons au cours de la visite qu’une seconde entrée « par le haut » donne un accès direct au sanctuaire de Phanom Rung. Le parking débouche immédiatement sur la porte ouest du temple. Il permet d’éviter les volées d’escaliers et l’allée processionnelle. J’imagine que la découverte des lieux est moins magique, mais par temps de grand chaud, cette solution peut alléger la pression physique pour les plus jeunes. Pour atteindre ce parking, lorsqu’on arrive en voiture sur le site, il suffit de dépasser l’entrée principale de Phanom Rung et de continuer la route sur environ un kilomètre jusqu’à la « Gate 3« , à main gauche.

 

La Redescente

Nous retournons sur nos pas. Petit-Deux décide qu’il ne peut donner la main QUE à Maman, pour dévaler l’escalier. Du coup, Petit-Un décide que pareil. Avec Petit-Trois de presque cinq mois dans le bidon, Maman-Tout-Terrain voit déjà à peine ces pieds. Pratique. Papa-Tout-Terrain fait de son mieux pour prendre le relai, mais les enfants ont la tête dure. Petit-Un s’effondre les yeux pleins de larmes sur le coin d’un pavé. C’est la main gauche qu’il voulait donner à Maman. Nous finissons les volées de marches reliés les uns aux autres comme un serpent fou sans tête, qui un peu plus bas, qui à la traine. Nous atteignons enfin, sans casse, le plancher des vaches.

Pour ne pas ralentir la dynamique de la montée, nous avions laissé pour le retour la visite de la White Elephant House, située tout en bas de l’allée processionnelle. Le bâtiment est également souvent nommé Changing House. C’est là que la famille royale changeait ses vêtements, avant les processions et les rituels religieux. L’épuisement guettant, nous laissons tomber.

Pour l’anecdote, nous croisons à ce moment-là ce qui ressemble à un voyage scolaire de petits moines bouddhistes, tous d’orange vêtus. Il est amusant de noter que beaucoup des plus jeunes moinillons ont l’air fort débraillés. Attacher sa tunique traditionnelle ne doit pas si évident, au début!…

Voyage de moines bouddhistes a Phanom Rung

 

Le Kuti Rishi Nong Bua Lai

Juste en contrebas de Phanom Rung, dissimulé au bout d’une allée discrète, nous découvrons après quelques recherches le Kuti Rishi Nong Bua Lai. Il s’agit d’un petit bâtiment qui appartenait à la Dharmasala Route. Il faisait alors office de chapelle pour un hôpital, sans doute construit en bois. Bien que sans caractéristiques particulières, l’édifice nous plait, à sa façon de s’élever délicatement vers le ciel.

Kuti Rishi Nong Bua Lai

 

L’Hôtel de l’Amour

Je ne peux pas finir cette chronique sans un mot sur l’Hôtel de l’Amour, où nous avons dormi ce soir-là. Il est vrai que nous avons été particulièrement bien reçus (pour un tarif très raisonnable): délicieux petits gâteaux et boissons à la réception, chambre chaleureuse et confortable, piscine agréable, élégant bassin poissonneux avec jeux d’eau et de lumière, personnel attentif, petit déjeuner convivial (mais Bloody Mary absolument infect pour Papa-Tout-Terrain…).

L'Hotel de l'Amour

Au-delà de ces aspect tangibles, et pour une raison que je ne parviens à expliquer, l’hôtel est devenu une sorte d’établissement mythique pour les enfants. Il n’est pas un jour sans que les garçons ne l’évoquent. Pour sûr, tout l’entourage est bien au courant! Des grands parents à la nounou en passant par les enfants du voisin, chaque fois que Petit-Deux a été interrogé sur ce qu’il avait vu de beau pendant sa semaine de vacances, il a invariablement répondu, des étoiles dans les yeux: « J’ai été à l’Hôtel de l’Amour et j’ai pris l’ascenseur. »

 

Le lendemain, nous allions découvrir l’incroyable et très militarisé temple de Ta Muean Thom, au cœur d’un conflit territorial entre la Thaïlande et le Cambodge.

 

Edit: Nous sommes retournés à Phanom Rung un an plus tard et avons a nouveau eu le souffle coupé par la beauté et la majesté des lieux. On ne s’en lasse pas et on espère encore y retourner…

 


Prasat Phanom Rung en pratique

  • Coordonnées GPS de l’entrée principale: 14.532214, 102.944794
  • Coordonnées GPS de l’entrée arrière: 14.534489, 102.940985
  • L’entrée arrière permet de déboucher directement sur le sanctuaire et d’éviter l’ascension de l’allée processionnelle, sous le soleil. La découverte du sanctuaire est un peu moins magique par ce chemin, mais nous la recommandons aux visiteurs avec de jeunes enfants. (Ou aux visiteurs fatigués.)
  • Ouvert tous les jours de 8h à 18h
  • Le ticket adulte coûte 100 THB. Vous pouvez acheter un billet qui permet de combiner la visite avec celle du sanctuaire de Prasat Mueang Tam pour 150 THB.
  • Compter 2h à 2h30 pour la visite.
  • N’oubliez pas de jeter un coup d’œil au petit musée, également, à côté de l’entrée principale.
  • La visite est peu ombragée, les lieux sont en pente, et parcourus d’escaliers. Prévoyez de l’eau, des chaussures correctes et des chapeaux pour votre confort.

 

 

Retour en Haut de Page

Prasat Muang Tam, majestueux temple Khmer – Buriram

La province de Buriram est la première étape de notre voyage en Isan. C’est la fin de la saison sèche, la période la plus chaude de l’année. Le paysage est désolé, brûlé par le soleil. Il est midi. Nous traversons quelques villages, presque déserts. Nous ne trouvons ni restaurant, ni boui-boui, ni superette, ni rien pour faire grignoter les enfants dont les estomacs grondent. Le GPS indique la proximité de Prasat Muang Tam, qui sera notre première visite, mais nous n’y croyons guère: de toute évidence, nous sommes au milieu de nulle part.

 

Une formidable découverte

A Papa-Tout-Terrain, je lance en ricanant « Tourne à gauche et nous y sommes »… c’est du moins ce que je lis sur la carte. Nous tournons à gauche et voyons se détacher dans le ciel d’acier la lourde et somptueuse silhouette d’un temple Khmer millénaire. Construit entre la fin du 10eme et le début du 11eme siècle, ce temple Hindou était dédié à Shiva. Il occupe une surface carrée, ceinte d’une haute muraille extérieure. L’entrée principale est tournée vers l’est. On franchit son lourd portail de pierre, et s’ouvre à nous une majestueuse enceinte intérieure, géométriquement découpée par quatre bassins en forme de « L ». Derrière ces réservoirs, une seconde enceinte entoure plusieurs Prangs -des sortes de tours qui servent d’autels- que l’on voit s’élever vers le ciel

Les Bassins de Prasat Muang Tam

L’enclave intérieure comprend une galerie circulaire, qui suit le périmètre de l’espace sacré. Je m’y engage. Malgré la chaleur écrasante, les lieux gardent quelque chose de mystique qui force au respect et au recueillement. J’entre à pas de loup. Quatre des cinq Prangs restent debout –ils ont en fait été restaurés. Les autels sont restés des lieux de prières et abritent cierges, encens et offrandes. Le temple est édifié sur un socle en pierre volcanique qui a durement subi l’érosion. Les corps des Prangs sont de brique, tandis que les éléments architecturaux clé (portes, montants, linteaux) sont taillés dans une pierre claire et visiblement très dure, qui a bien résisté au temps. Ils sont finement et richement sculptés.

Bas Relief sur un Linteau de Prasat Muang Tam

 

Premières explorations pour les enfants

Petit-Un est captivé par les lieux. Il entreprend une découverte en solo. On le voit se glisser dans les galeries, jeter des coups d’œil par les ouvertures des fenêtres, toujours décorées des colonnes ciselées d’origine. Je le perds de vue un instant, suis ses pas, pour le retrouver quelques secondes plus tard, rêvant devant un bassin ou flottent des fleurs de lotus. Il repart à la conquête d’antiques escaliers, suit du doigt le sillon gravé du pourtour d’une porte, puis croise mon regard et sourit, fier de son exploration et heureux de retrouver un visage connu.

Decouverte de Prasat Muang Tam

La visite est plus difficile pour Petit-Deux. Très sensible des pieds, il souffre beaucoup du sable qui entre dans ses sandales. A force de lamentations, il obtient le privilège d’une visite à dos d’homme -et de femme. Mais les rudes escaliers de pierres sont une invitation à l’escalade. Il ne résiste pas. Un peu de crapahute, mais c’est déjà trop pour ses orteils. On enlève les chaussures, on essuie, on époussette, on le reprend sur le dos… « Oh, la belle fenêtre! Maman, Maman, je peux descendre le regarder?… »

Les cinq Prangs de Prasat Muang Tam

Il va sans dire que Petit-Deux a visité tous les autres temples en baskets et chaussettes.

 

Quelques éléments fondateurs de l’architecture Khmer

Le plan du temple nous a intrigués, d’autant que nous avons revu nombre d’éléments analogues sur les sites qui ont suivi. J’ai trouvé peu d’informations, mais il semble que les temples Khmers sont disposés de façon à refléter la topographie de la demeure de dieux hindous: le Mont Meru. Les cinq Prangs centraux représenteraient ainsi les cinq montagnes du mont Meru, alors que les bassins symboliseraient les mers qui l’entourent.

Plan de Prasat Muang Tam (depliant du site)

 

Quelques kilomètres plus loin, nous poursuivons nos découvertes du monde Khmer dans le parc historique de Phanom Rung.

 


Prasat Muang Tam en pratique

  • Coordonnées GPS: 14.496419, 102.982469
  • Ouvert tous les jours de 8h à 18h
  • Le ticket adulte coûte 100 THB. Vous pouvez acheter un billet qui permet de combiner la visite avec celle du sanctuaire de Phanom Rung pour 150 THB.
  • Compter 1h à 1h30 pour la visite.

 

Retour en Haut de Page

Thai Thani, Art & Culture Village –Pattaya

Thai Thani est un petit parc qui propose une jolie reconstitution de lieux choisis de Thaïlande traditionnelle, au sud de Pattaya. Ou plutôt, il y a deux Thai Thani. Ce Thai Thani là, miroir coloré de la Thaïlande rurale que nous aimons. Et le Thai Thani pour les bus chinois: un ensemble d’attractions de peu d’intérêt, pour la consommation rapide de touristes de passage.

Plan du Village de Thai Thani - Pour les Chinois...

 

Le parc d’attraction n’a bien sur rien d’authentique, mais propose de très intéressantes reconstitutions d’habitats traditionnels de Thaïlande, une zone consacrée à la religion, un petite exposition, et la présentation d’un ensemble d’activités classiques au pays.

Temple de Thai Thani

 

Coup d’œil dans les maisons Thaï traditionnelles

Notre partie préférée de la visite est la découverte des maisons locales, qui présentent des différences marquées, en fonction de leur localisation géographique et des origines ethniques de leurs habitants. Comme de coutume en Thaïlande, on retire ses chaussures avant d’entrer. Si j’y avais pensé, j’aurais mis des tongs aux enfants parce qu’on a passé beaucoup de temps à détacher et remettre les lanières des sandalettes!

Les maisons sont construites en bois, et surélevées sur pilotis afin de protéger les habitants des serpents, des rongeurs, et des inondations pendant la saison des pluies, car alors, l’eau peut monter très vite. Contrairement à ce que j’ai longtemps cru, ces bâtiments n’appartiennent pas au passé: l’une de mes collègues, jeune mariée et tout juste enceinte de son premier enfant, est en train de faire construire l’une de ces magnifiques maison de bois, pour sa nouvelle famille. Il s’agit bien sûr d’habitations des campagnes. Dans les villes, ciment et bétons sont devenus la norme.

Maison Thai traditionnelle a Thai Thani

Nous avons çà et là visité –ou dormi- dans de ces maisons de bois, et j’ai toujours eu la surprise de les trouver étonnamment fraiches. Sans doute les bois utilisés sont-ils de bons isolants thermiques. Par ailleurs, les ouvertures ménagées dans les murs permettent généralement une bonne circulation de l’air –et des moustiques. Des habitations visitées, il m’a toujours semblé que la cuisine était située dans une zone détachée des chambres et des pièces de vie. Parfois, les habitants cuisinent même au rez-de-chaussée de la maison, entre les pilotis. Il semble que l’objectif soit de limiter la chaleur dans les pièces principales de l’habitation. Le mobilier est rare et les pièces plutôt dépouillées, ce qui correspond assez aux intérieurs que nous avons pu apercevoir autour du vieux marché de Chachoengsao, par exemple.

Maison de l'ethnie Lahu a Thai Thani

Habitats des minorités ethniques

Dans le parc sont également présentés les habitats d’ethnies minoritaires aux tailles beaucoup plus modestes. Egalement sur pilotis, les maisons sont construites de bambous et de feuilles ou de chaume. Dommage qu’elles ne soient pas meublées, car on s’imagine moins bien la façon dont on y vit (ou vivait?… nous n’avons jamais rencontre de telles habitations, « en vrai »).

Maison Karen a Thai Thani

On trouve une maison de l‘ethnie Akha (qui vient des montagnes du nord de la Thaïlande), une autre de la tribu Lahu (originaire de l’ouest de Chiang Rai) et une dernière de l’ethnie Karen (au nord-ouest du pays, proche de la Birmanie). Peut-être parce qu’il s’agit d’habitations du nord du pays, elles semblent beaucoup moins bien ventilées et à l’intérieur, il y fait fort chaud, sous les latitudes de Pattaya. Leurs occupants ne doivent par ailleurs pas être bien gros, car les planchers en bambous ne paraissent pas très épais et j’ai trouvé qu’ils ployaient dangereusement sous mes pas.

Maison Akha a Thai Thani

 

Petit aperçu de cultures locales

L’on se balade à pieds ou en rickshaw, ces vélos qui tirent une carriole pour le transport de passagers. (Le rickshaw me semble plus traditionnel de la Chine que de la Thaïlande, mais je peux me tromper.) Chez nous, c’est Papa-Tout-Terrain qui pédale. Il le fait très bien! Les enfants ne se privent pas pour l’encourager à aller « Plus vite! Plus vite! » Au fil des sentiers, l’on découvre d’autres stations plus ou moins traditionnelles. Il y a un temple bouddhiste, doublé d’une galerie de statues. A chacune de ces divinités est accolé le nom d’un jour de la semaine. Cela manque un peu d’explications: nous ne saurons pas à quoi cela correspond. Dommage.

Galerie de Divinites de Thai Thani

Un peu plus loin, on peut acheter ombrelles et éventails, et les peindre soi-même, si l’on s’en sent l’inspiration. Une halte y est certainement amusante pour peu que l’on ne soit pas accompagné de jeunes enfants. Car l’atelier n’a rien d’adapté aux joyeux barbouilleurs de maternelle. L’échoppe nous a cependant approvisionnés en cadeaux de Noel pour la famille et en décorations pour la maison. Ces ombrelles, même vierges, ont de belles couleurs et une grande variété de formats: pratique et joli!

Rickshaw a Thai Thani

 

Découverte des arts traditionnels…

En fin de circuit, le « village artisanal » propose un panorama d’activités Thaï traditionnelles: cuisine, décoration de fruits et de fleurs, musique… Curieusement, peu de badaud s’y promenaient, lors de notre visite, alors que ce lieu est l’occasion de découvrir de nombreux arts du quotidien dans le pays. Arrêtez-vous au stand « cuisine » et demandez une salade de papaye (option non épicée disponible). Avez-vous seulement déjà vu un Thaï préparer sa salade dans le grand mortier traditionnel en granit?

Salade de Papaye a Thai Thani

Un peu plus loin, un stand de musique traditionnelle, avec ses instruments aux couleurs chaudes et aux formes inconnues. Puis un atelier de sculpture de fruits en d’improbables motifs floraux. Puis une échoppe qui présente la préparation des fleurs pour les cérémonies… et si ça n’a pas l’air bien difficile, essayez une fois pour voir, par une sorcellerie inexpliquée, si l’on n’est pas Thaï, ça ne tient jamais, ces compositions florales!

 

Les attractions pour les Chinois

Au fond du parc, une autre zone est destinée aux attractions pures. La cible est clairement les groupes de voyageurs chinois. L’intérêt culturel est nul. La distraction vaut un petit détour, mais sur un temps très limité.

Spectacle a Thai Thani

En ces temps de Nouvel An Thaï, les touristes chinois sont immédiatement cueillis dans le bus et équipés de sortes de pyjama aux motifs floraux de Songkran. Ils sont conduits presque directement dans un petit théâtre pour assister à une représentation plutôt médiocre de danses prétendument locales. Le spectacle est semble-t-il ouvert à tous, mais le commentaire se fait uniquement en chinois. On ne perd rien, cela dit, tant il s’agit de banalités sur la Thaïlande et le Nouvel An Thaï. Les danseurs sont très souriants et font de leur mieux, mais la chorégraphie est tellement rudimentaire que je pourrais en être l’auteur. Au terme de la représentation, tous les spectateurs volontaires sont équipés de récipients métalliques de type saladier, et il s’organise une grande bataille d’eau, puisée dans des bassins prévus à cet effet. Moyennement culturel, mais très amusant!

Jeux d'eau a Thai Thani

Nous étions les seuls non chinois de l’assistance. Les seuls aussi à ne pas être équipés de pyjamas. Nous nous sommes donc contentés de prendre des photos.

Pour ne pas être injuste vis-à-vis de nos co-spectateurs Chinois… Je ne leur reproche ni la facilité des attractions qui leurs sont destinées, ni le fait de voyager en groupes nombreux. Ces groupes ne nous sont pas particulièrement agréables. Souvent bruyants, désordonnés. Un peu trop insistants vis-à-vis de nos enfants -pensez, pour une fois qu’ils voient des blondinets « en vrai »… Il faut en même temps bien garder en mémoire que beaucoup de ces touristes ne parlent aucune langue étrangère et n’auraient jamais quitté leur pays sans ce type de voyages organisés. La Chine est un pays qui s’ouvre tout juste au reste du monde. Et ses visiteurs sont finalement aussi inexpérimentés que l’ont certainement été un jour nos parents ou nos grands-parents…

 

Le repas et la parade

En fin de journée, le parc propose une parade en costumes traditionnels Thaï puis un repas spectacle. J’en ai vu des photos drôlement chouettes. J’ai lu quelques avis qui disaient que la nourriture était bonne. Mais je garde notre jugement en suspens. Nous sommes venus plusieurs fois dans ce parc, mais jamais aux bonnes heures. Peut-être aurons-nous un jour d’en tester les attractions de fin de journée?

 


Thai Thani en pratique

  • Coordonnées GPS: 12.774004, 100.929147
  • Ouvert de 10h30 à 19h
  • Tickets de 300 à 900 THB selon qu’ils incluent ou non le déjeuner ou le diner.

 

 

Retour en Haut de Page