Une grossesse à l’étranger


Deux fois en Chine, une en Thaïlande: je commence à être rodée pour ce qui est de la grossesse à l’étranger! Mais aujourd’hui, je ne vous parlerai ni de nausées, ni d’anémie et encore moins de vergetures… Aujourd’hui, je veux vous parler de cette jeune ouvrière de mon usine, de vingt-cinq ans peut-être, qui m’a fait signe de m’arrêter, hier, en fin d’équipe, au niveau de la pointeuse. Je ne la connaissais pas. Elle ne parlait pas anglais, et moi pas Thaï.

Elle avait l’air un peu timide. D’un geste, elle m’a demandé si elle pouvait me toucher le ventre. J’ai fait signe que oui. Son visage s’est éclairé et elle m’a caressé le ventre. Puis elle a posé sa tête sur mon ventre et a souri. Le temps c’était arrêté un petit peu pour nous deux. A deux pas pointaient à la queue leu leu les ouvriers de l’usine, pressés de rentrer chez eux. Après un moment, elle m’a remercié d’un regard et a souri paisiblement. Je lui ai souri en retour. Nous avons alors poursuivi nos chemins et nos vies ont repris leurs cours.

Aujourd’hui, donc, Je vais vous parler de ces petites anecdotes qui font la saveur de mes grossesses à l’étranger. Des moments drôles. Des moments touchants. Des moments irritants et frustrants, aussi. Et surtout des moments humains. Tous ces moments qui font que je suis heureuse d’être là où je suis, malgré mes proches qui me manquent souvent, dans ces moments uniques de l’attente d’un enfant…

 

Un état particulier

J’ai souvent entendu les Occidentaux répéter que « la grossesse n’est pas une maladie ». En France oui. Mais en Chine et en Thaïlande, la grossesse est pour le moins un état particulier. Lorsque nous vivions en Chine, le sentiment était d’ailleurs exacerbé par les politiques de l’enfant unique. Chaque femme ne pouvant vivre qu’une seule grossesse, l’événement en était d’autant plus exceptionnel.

Grossesse à l'étranger - Enceinte de Petit-Deux_2

A mon grand étonnement, j’ai souvent vu cette condition singulière de la femme enceinte se traduire par des changements majeurs dans les attitudes du quotidien. Ainsi, à l’annonce de leur grossesse, beaucoup de jeunes femmes, enceintes de seulement trois semaines, commençaient à marcher à tout petits pas, se voutaient légèrement, et tendaient à se déplacer les jambes écartées. Imaginez l’incompréhension de ma nounou lorsqu’elle m’a vu continuer de sautiller en jouant avec Petit-Un! Combien de fois me suis-je vue rappeler à l’ordre: « Mais, votre bébé va tomber du ventre! ».

 

En Thaïlande – Etre prudent… très prudent!

En Thaïlande mes collègues s’étonnent car je marche à grands pas, et continue à fréquenter les zones opérationnelles de l’usine. « Sois bien prudente », me rappellent-ils, très protecteurs. Je leur dis que je ne suis pas fatiguée et que tout va bien et ça les stupéfie. En même temps, la société entière leur a toujours dit qu’on était très fatiguée enceinte… à force, je comprends que les jeunes femmes soient influencées, même psychologiquement, dans la façon de porter leur grossesse.

C’est ainsi qu’il y a quelques semaines, ma RH est venue me voir, préoccupée: « Mais au fait, comment viens-tu au travail? »… « Ben, normal, quoi, en voiture! »… « Oh!… Mais tu ne peux pas conduire enceinte!… Ah si, c’est vrai, j’avais entendu un jour que vous, les étrangères, vous conduisiez même enceintes! »… Et d’enchaîner avec de gentilles recommandations… De me répéter de faire attention à moi… Que si j’étais trop fatiguée elle m’enverrait un chauffeur… Bref, j’ai tendance à trouver ces attentions parfois un poil infantilisantes, mais tellement délicates, surtout, que je me garde bien de tout commentaire.

Grossesse à l'étranger - Enceinte de Petit-Deux

 

Un encadrement strict de la grossesse au travail

Peut-être l’ignoriez-vous, mais en Thaïlande et en Chine, la femme enceinte est plutôt bien protégée par la loi. Et c’est bien normal d’ailleurs. En gros, pas d’heures sup’, pas de travail en station debout, pas de travail de nuit. Et possibilité de tirer leur lait au travail pendant un an pour les jeunes Mamans.

Heureusement, comme mes collègues considèrent que je suis étrangère et têtue, les règles s’appliquent avec plus de souplesse pour moi. Je peux rester plus tard si je n’ai pas fini mon travail. Et je peux même rester debout quand je veux –non sans être invitée à m’assoir toutes les deux minutes environ. Soyons réalistes en même temps: je ne fais pas un travail physique, ni un travail posté sur des chaînes de production. Ainsi si mes collègues à ces postes doivent être protégées pour leur bien et celui de leur bébé, j’ai personnellement beaucoup moins besoin de ces règlementations.

 

En Chine – Bébé et les ondes…

Toujours dans le monde du travail, mais plus surprenant, certaines de mes collègues chinoises, enceintes, avaient refusé de travailler sur ordinateur, par crainte que les ondes ne nuisent à leur bébé. Ce cas de figure était un peu embêtant pour l’entreprise, parce que les occupations assises et sans ordinateur sont rares, tout de même, même dans les industries fortement consommatrices de main-d’œuvre. A priori, refuser était néanmoins impossible, rapport aux syndicats et aux organismes de contrôle des conditions de travail. J’ai ainsi souvenir d’une jeune femme qui a passé sa grossesse à attendre que le temps passe sur un bureau vidé de son ordinateur, en jouant sur son portable (car les ondes sont parfois paradoxales)… Elle a repris son poste, sans changement, à l’issue de son congé maternité.

Ce que je trouve vraiment triste en revanche, c’est la brièveté des congés maternité dans ces pays: deux mois au total, et souvent avec perte de revenus… Du coup, les jeunes femmes font généralement en sorte de travailler jusqu’au dernier moment, et privilégient parfois le recours à la césarienne pour ne pas « perdre leur temps » à attendre la venue de bébé.

L’alimentation… en Chine

En Chine, on m’avait dit pas d’épinards, pas trop de tofu, pas d’œufs de cent ans, et pas d’épices. Pas d’épices parce que je vivais à Shanghai, une province où la nourriture traditionnelle est douce et plutôt sucrée. Je pense que je n’aurais pas eu cette recommandation en vivant dans une région différente.

Ah oui, et me suis fait traiter de criminelle parce que je continuais à boire du café.

Grossesse à l'étranger - Enceinte de Petit-Un

Globalement, les Chinois m’ont semblé très souvent s’inquiéter de ce que les femmes enceintes n’aient pas assez à manger. C’est bizarre pour nous Occidentales, à qui l’on rappelle souvent que rien ne sert de manger pour deux. Pourtant, il faut se souvenir qu’en Chine, nombreux sont ceux qui ont souffert de la faim, à la génération précédente… Du coup, forcément, ça a laissé des traces et continue à profondément marquer les habitudes et les recommandations d’aujourd’hui. C’est ainsi que par crainte que je manque, notre nounou me Chine me forçait presque à manger un œuf par jour, et me préparait aussi souvent que possible des quantités gargantuesques  de Jiaozi, ces raviolis chinois dont j’ai toujours raffolé…

L’alimentation… en Thaïlande

En Thaïlande on m’a dit pas de vinaigre, pas de bambous, pas de durian et pas de longanes. Le durian et le longane sont des nourritures dites « chaudes » qui déséquilibrent les énergies et les fluides du corps.

Pour le café en revanche, on ne m’a rien dit, car depuis la Chine, j’ai appris à me planquer. J’ai acheté une tasse isotherme opaque, avec couvercle, et je prétends boire de l’eau glacée.

Ici aussi, l’entourage est toujours très attentionné pour moi. Notre nounou découpe quotidiennement à mon intention d’énormes saladiers de fruits (hors durians et longanes). Elle multiplie les recommandations pour être sûre que je me nourrisse bien ne manque pas de vitamines! De même, à la cantine, le cuistot me sert souvent une double ration de légumes!… Sans oublier notre vieille vendeuse de Pad Thaï, sur le marché, qui me rajoute toujours un petit surplus de pâtes, avec un geste en direction de mon ventre! (Elle ne sait pas qu’en fait c’est Papa-Tout-Terrain et Petit-Deux qui le mangent.)

Bref, enceinte plus encore, je ne suis clairement pas maltraitée!

 

L’habillement… en Chine

En Chine, l’habillement de pointe pour les femmes enceintes consiste en une blouse qui bloque les ondes nocives. Je ne sais pas si ça marche, mais en tout cas ça coûte les yeux de la tête. De toute façon je trouvais ça moche, alors je me suis habillée à l’occidentale… Et me suis fait disputer régulièrement parce que je ne protégeais pas mes bébés des rayons dangereux.

Blouse de grossesse en Chine

Quoi qu’il en soit, et même sans vouloir être particulièrement critique, je n’ai pas pu m’empêcher de noter que toutes mes amies chinoises enceintes rangeaient leur téléphone portable dans la poche de leur pantalon… sous la blouse anti-ondes! En termes de protection, on pourrait faire mieux, quand même! En parallèle, la pression sociale et de la famille m’a toujours semblée tellement forte, là-bas, que je comprends bien la contrainte de s’habiller comme tout le monde, qu’on y croie ou pas.

 

L’habillement… en Thaïlande

En Thaïlande, les dames portent de larges robes de coton un peu informes, durant toute leur grossesse. C’est la norme surtout parce qu’on ne trouve à peu près que de ça dans les magasins. Même au travail, les entreprises fournissent des uniformes-robes-de-grossesse informes, pour remplacer les habits d’entreprise, le temps nécessaire. Personnellement, je trouve que le rendu final blouse / chaussettes / chaussures de sécurité est fort moche. Et que l’ensemble est peu pratique quand on côtoie de grosses machines industrielles.

Blouse de grossesse en Thailande

J’ai donc fait venir de France des pantalons de grossesse normaux –avant de me rendre compte qu’on en trouvait à Bangkok chez H&M. Stupeur de mes collègues, au fur et à mesure que mon ventre grossit. « Mais tu ne peux pas mettre un pantalon, tu vas serrer ton bébé! » J’ai expliqué, montre le gros élastique qui s’élargit avec ma taille. La moitié de l’usine a tiré son mon élastique pour vérifier que c’était vraiment souple.

…Et le bruit s’est répandu qu’en France, on portait des pantalons pendant la grossesse. C’est ainsi qu’un jour, deux veilles femmes de ménage, un peu gênées, sont entrées dans mon bureau… Elles ont un peu tourné autour du pot avant de me demander d’observer ce pantalon, dont elles avaient tant entendu parler. Je ne sais pas si je suis réputée pour mes qualités professionnelles mais c’est certain, je suis désormais connue comme le loup blanc pour ma garde-robe!

 

En bonus – Des compétences administratives hors normes!

Par la force des choses, je devenue une semi-professionnelle de l’état de grossesse à l’étranger, qui a tout de même représenté 35.1% de mon temps sur ces six dernières années. (Oui oui, j’ai fait un Excel pour compter). J’ai appris à connaître tous les termes médicaux en anglais, et parfois en mandarin. J’ai découvert les protocoles français, chinois, américains, hongkongais et thaïs au gré des hôpitaux fréquentés. J’ai également rempli des centaines de pages de formulaires de remboursements auprès de la CFE, et sais même enregistrer un enfant tout neuf dans un consulat…

Bref, au cas où cela puisse servir à d’autres, j’ai synthétisé le plus gros de ces démarches administratives dans une Fiche Pratique relatives aux formalités de la grossesse à l’étranger. Et j’en prépare même une autre sur les suivis de grossesse. Voilà, vous êtes maintenant tous bien armés pour avoir un bébé en expatriation!

Grossesse à l'étranger - Enceinte de Petit-Trois

 

Etat de grâce

Finalement, ce que je retiendrai, surtout, de mes grossesses à l’étranger, c’est la grande bienveillance avec laquelle j’ai toujours été considérée par mes collègues et nos amis de tous horizons. Bien sûr, le soir au coin du feu, Papa-Tout-Terrain et moi-même ne manquerons pas de les raconter à nos petits-enfants ces milles petites anecdotes qui font le croustillant de notre quotidien exotique. Mais plus encore, nous nous rappellerons ces sourires pleins d’humanité… Ces voyageurs qui me laissaient leur place assise dans le métro bondé de Shanghai… La gentillesse de cette vendeuse du 7-11 qui a sacrément insisté pour porter mon pack d’eau à la voiture alors qu’elle même était haute comme trois pommes et me semblait bien fluette

 

Et vous quelles belles anecdotes de vos grossesses retiendrez-vous?

 

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Goût d’Antan au Marché de Ban Mai – Chachoengsao


Nous adorons flâner sur les marchés en Thaïlande! Pas pour le shopping, non, mais pour l’atmosphère animée, la foule qui grouille, le foisonnement des couleurs et des odeurs, pour les vieilles dames qui discutent au lieu de faire leurs achats et les petits enfants qui siestent derrière les étalages de leurs grand-mères, en deux mots, pour ces tranches de vies entr’aperçues, et qui donnent corps à ce pays que nous aimons.

Seul Petit-Un a bien tiré son épingle du jeu, le week-end dernier, entre les 40 de fièvre de Petit-Deux, le travail accaparant de Papa-Tout-Terrain et mes petites fatigues de grossesse. Du coup, nous avons décidé de faire tout doux, et nos pas nous ont menés en direction de l’agréable et traditionnel marché de Ban Mai, dans la province de Chachoengsao.

 

Le marché de Ban Mai en Pratique:

  • Ban Mai River Side Market ou Rim Nam 100 Year Market
  • Coordonnées GPS: 13°41’52.0″N 101°05’28.1″E
  • Prix: Entrée gratuite. Repas bon marché (50-100 THB par personne)
  • Ouverture le week-end et les jours fériés

 

Un bond de cent ans en arrière

Le marché de Ban Mai a été construit au bord de la rivière Bang Pakong par des colons chinois, vers la fin du dix-neuvième siècle. Depuis lors, toute une communauté de marchands y a vécu et prospéré, et curieusement, c’est comme si le temps avait glissé sur ces grands bâtiments de bois, sans les affecter ou presque. Quand on y pénètre, on croit y retrouver les couleurs d’antan, les odeurs des friandises d’hier, et les mêmes craquements centenaires des planches de tek, patinées par les ans.

 

L’Incident

L’endroit est magnifique. Je suis excitée par les découvertes qui s’offrent à nous.

Par une conséquence bien naturelle, c’est justement le moment que choisit Petit-Deux pour nous informer qu’il doit faire pipi tout de suite. On essaye de parler d’autre chose pour voir si ça passe, mais il a l’air vraiment sérieux. Je le prends sous le bras histoire d’accélérer et d’éviter le drame. Je traverse la moitié des lieux au pas de course. Super pour la découverte! C’est encombré et je suis moi-même encombrante, entre Petit-Deux à la main et mon physique ventru. Je ne trouve nulle part de pictogramme ou de panneau correspondant à ma recherche. Petit-Deux maintient la pression en me rappelant que c’est vraiment pressé. Je transpire un peu.

Marché de Ban Mai

Dans un coin sombre et passablement à l’écart, un écriteau fait main m’inspire confiance. Je m’adresse en anglais à une vielle dame qui ne me comprend pas. Elle me répond en thaï en agitant une pièce de monnaie. Je la paye dans trop savoir ce pourquoi je paye. Enfin si, je paye pour voir, comme au Poker. La dame me désigne l’entrée de sa maison, puis se désintéresse de moi. J’entre à pas de loup: c’est bizarre d’entrer ainsi chez une inconnue. Les antiques lieux sont équipés de trois cabines de toilettes. Hourra!

Petit-Deux fait une goutte et est prêt à repartir. Ça valait bien le coup! Je remercie chaleureusement la vieille dame qui, entre-temps a entamé son petit déjeuner de riz et de légumes. Elle me dit un long truc en postillonnant un peu parce qu’il lui manque des dents. Je demande à Petit-Deux s’il a compris. Il me dit que oui, mais ne me dit pas quoi. Bon, on fera sans. Un dernier sourire et un petit mot gentil pour la dame. On y retourne.

 

Flâneries

La plupart des boutiques sont très sommaires: une table ou quelques tréteaux dressés dans la grande allée du marché. En retrait, on aperçoit des pièces de vie, abritées derrière des paravents mobiles. On voit des petits enfants y faire leurs devoirs et des familles y partager leur repas. D’autres arrière-boutiques ont été aménagées en restaurants, en magasins ou en petites salles d’exposition. Nous découvrons même une échoppe de barbier! Un paradis pour les curieux et pour les photographes!

Arriere-boutique du marche de Ban Mai

Ce n’est habituellement pas mon truc, mais même pour un petit shopping, l’endroit est agréable. Dans une boutique spécialisée dans les objets en fer-blanc, nous faisons l’acquisition d’une gamelle thaïe traditionnelle pour emporter son repas. Elle est équipée de trois niveaux de récipients superposés: l’un pour le riz et les deux autres pour des plats d’accompagnement. Notre nounou nous confirmera qu’il s’agit d’une vraie, comme celle qu’elle utilisait quand elle était petite.

Gamelle Traditionnelle Thai

Un peu plus loin, le marché de Ban Mai est scindé en deux par un bras de la rivière qu’enjambe un petit pont. Enthousiasme des enfants. Quelques jolies photos. On y découvre aussi une pratique païenne surprenante: il s’agit de remettre à l’eau des poissons, via une sorte de gouttière… L’action est sensée nous porter fortune. Nous renonçons à la fortune, l’activité n’étant tout de même pas très sympa pour les pauvres poissons.

En contrebas, l’on peut louer des canots taillés dans des troncs d’arbre, pour une balade en eau douce. Les embarcations n’ont l’air ni assez larges ni assez sécurisées pour que nous ne tentions l’aventure avec les enfants. Mais ça a l’air sympa! Nous passons notre tour et retournons à nos découvertes.

 

Gourmandises

Des éventaires aux restaurants, le marché de Ban Mai est truffé de tentations gastronomiques, tant parfumées que visuelles. Des gaufres, des biscuits, des puddings au lait de coco… Nous repérons même plusieurs friandises que nous ne connaissions pas. Beaucoup de mets rivalisent de par leurs aspects esthétiques. Nous en retiendrons en particulier des bouchées de viande modelées pour ressembler à d’adorables canetons ainsi que des figurines en forme de mini légumes, faites de pâte de haricot sucrée.

Marché de Ban Mai

La tentation est trop forte et les enfants n’y tiennent plus! Par dérogation –et pour que les grands puissent se promener encore un peu- ils obtiennent le droit de choisir une douceur chacun. Petit-Deux opte pour un épi de maïs, son pécher mignon. Petit-Un choisit du riz gluant à la mangue (sans mangue). Ça n’est pas très pratique à manger, alors Papa-Tout-Terrain l’aide en lui donnant la béquée… sans doute un peu trop vite à son goût, car notre ainé s’exclame, visiblement froissé: « S’il te plait, tu attends pour que mon ventre il respire! »

 

Petite halte au restaurant

Nous choisissons finalement de jeter notre dévolu sur un restaurant du bord de l’eau, spécialisé dans les raviolis vapeurs. L’endroit est tellement couru qu’il nous faut réserver une table pour vingt minutes plus tard. La commande est poussive: il n’y a pas de serveur anglophone et une feuille A6 plastifiée, en thaï et sans photos, fait office de carte. On commande en montrant ce qui nous plaît des tables voisines. La serveuse complètera gentiment en prenant l’initiative de petits accompagnements. Nous avons bien fait d’attendre, ce repas est simple et excellent!

Raviolis a la vapeur

Nous devisons gaiement en mangeant. Les enfants en profitent pour revenir sur un sujet récurrent ces temps-ci: le bébé qui arrive. Ca y est, d’ailleurs, Petit-Un nous informe qu’il s’est décidé: il appellera sa petite sœur « Goût Fraise ». Petit-Deux, lui, penche plutôt pour « Morgane »… c’est certes plus raisonnable, mais je crois qu’on lui a vraiment trop fait écouter Renaud!

Nous ne nous éterniserons pas au restaurant… les gourmands suivants attendent déjà devant l’entrée! Le marché de Ban Mai nous a beaucoup plus, mais de notre côté, il d’ailleurs est temps de rentrer à la maison, pour une grande sieste familiale!

 

Mise à jour de dernière minute… Après quelque jours de réflexion, Petit-Deux nous a annoncé hier soir qu’il était finalement ok pour « Goût Fraise ».

 

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L’école à l’étranger


Youpiii c’est les vacances! (Enfin les vacances des enfants. Pour les grands pas du tout.)

A la rentrée prochaine, Petit-Un entre en Kindergarten, les « grands » de maternelles, et commencera l’apprentissage de la lecture. Petit-Deux retournera en Pre-K3, les « petits » de maternelle, car il n’aura pas quatre ans révolus en septembre, et l’école est assez intransigeante en la matière.

Realisation - Petit-Deux - Fraise

Quel bilan de cette deuxième année d’école à l’étranger? Nous avons vu nos enfants enrichir leur répertoire de chansons et comptines anglo-saxonnes, reconnaître et tracer les chiffres et les lettres, incroyablement améliorer leur anglais, assimiler les notions de respect, de concentration et de discipline en classe, prendre goût à la lecture, et s’ouvrir aux cultures d’origine de leurs petits copains. Ils ont grandi en petits garçons heureux et curieux, et malgré des périodes de doutes, nous ne regrettons pas d’avoir opté pour une première scolarisation dans un cursus américain.

 

Pourquoi une école américaine?

Soyons francs, le contexte et l’environnement ont partiellement décidé pour nous. Nous n’habitons pas à proximité d’une école française qui aurait été notre premier choix, ou du moins un choix de facilité. Quant à une école Thaï, impossible à envisager, puisque nous ne parlons pas thaï du tout.

Restaient les écoles anglaises et américaines. C’est l’environnement de l’école américaine qui nous a décidés, avec plus de zones de jeux, plus de verdure, et des classes de taille plus restreinte. En définitive, rien ne vaut une visite des lieux et une rencontre avec l’équipe pédagogique avant de prendre la décision finale. Ce choix, nous ne le regrettons pas. L’intégration a été facile et les enfants sont épanouis. C’est le principal.

Realisation - Petit-Un - ET

Nous avons été très heureusement surpris par une communication de qualité entre l’équipe enseignante et les parents. Bien que n’étant pas des parents très présents car nous travaillons tous les deux, nous avons toujours eu le sentiment d’être bien informés des temps forts de la vie à l’école et des milles petites anecdotes du quotidien. Bien entendu, nous recevons chaque semaine quelques spécimens d’exercices réalisés par les enfants ainsi que certains de leurs chefs-d’œuvre. Et en bonus, chaque maîtresse a créé un blog pour sa classe, qu’elle alimente toutes les semaines, avec le résumé écrit et les photos des activités récentes.

Malgré tout, et plus que nous ne l’avions anticipé, nous avons aussi été confrontés à l’altérité d’un système qui n’est pas le nôtre. Autres rythmes, autres activités, autres priorités scolaires… Même si le bilan final est très positif, même si les garçons se sentent à l’école comme chez eux, moi je m’y trouve souvent un peu en domaine étranger et je m’interroge parfois sur ma capacité à accompagner les enfants sur des terrains éducatifs qui me semblent parfois impénétrables.

 

L’ouverture culturelle et linguistique

Le formidable atout de l’école à l’étranger est qu’elle met les enfants en contact avec des personnes, des langues, des cultures et des savoirs variés, sans que cela ne représente d’effort particulier pour eux. Au gré d’événements ou d’anniversaires, ils découvrent les spécialités culinaires des pays de leurs copains, ils défilent habillés dans les habits traditionnels de chez eux, ils colorient des drapeaux de toutes origines.

Au fil de l’année, les enfants célèbrent naturellement les fêtes Thaïs et Américaines. Pour la fête bouddhiste de Loy Kratong, chaque enfant a modelé son « Kratong », petit bateau fait d’un tronçon de bananier, qui doit apporter bonheur et prospérité. Pour le Thanksgiving Day, ils sont rentrés à la maison avec des dindes en papier. A Songkran, nous avons équipé les enfants de tongs et de serviettes pour les fameuses batailles d’eau à des fins purificatrices… et je ne vous parlerai même pas d’Halloween et de son rituel défilé de fantômes…

Realisation - Petit-Un - Lanterne

La découverte des différences nationales leur est ainsi toute naturelle. En ce moment, on voit souvent passer à la maison une petite Australienne, un jeune Canadien, une adorable Japonaise, deux petits Anglais et des jumeaux Coréens avec des noms « en miroir » (triple galère pour moi: ils ont des noms qui se ressemblent plutôt, avec des sonorités qui ne m’évoquent rien de connu, et en plus ils ont comme un air de famille…). Tous conversent facilement en anglais, mais surtout sans l’appréhension que je ressens à chaque fois que j’interviens en langue étrangère. C’est le monde à l’envers, d’ailleurs, car moi je reste toujours hyper stressée de devoir parler anglais, même aux petits copains des enfants… qui ont seulement quatre ans! Eux pas du tout, bien sûr!

Des apprentissages complets et variés

Au niveau purement scolaire, je trouve que l’apprentissage est rapide, efficace, et ouvert. Dès la fin de la première année, les enfants reconnaissent toutes les lettres et les chiffres. On leur demande également de les copier, avec plus ou moins de succès. En deuxième année de maternelle, ils acquièrent les sons, écrivent certains mot et en recopient beaucoup d’autres, en majuscule et en minuscule. Maintenant dans la voiture, on peut jouer a « Citez un objet qui commence par la lettre M!« … Avec la spécificité que les garçons nous répondront indistinctement « maison » ou « motorbike ».

Realisation - Petit-Deux - Zebre

Niveau arts plastiques, on retrouve les classiques de la maternelle: dessins, collages, coloriages, peintures sur différents supports avec des accessoires variés, pâte à modeler… et les classiques de l’école américaine. Je ne vous raconte même pas combien j’étais surexcitée le jour où Petit-Un est revenu à la maison avec un volcan en papier… mais exactement le même volcan que ramènent chez eux tous les enfants des séries américaines!

Comme il est d’usage dans les petites classes, les enfants apprennent également beaucoup de chansons et de comptines. Je reconnais souvent des mélodies entendues dans des séries ou dans des films, mais me retrouve hélas très vite face à mon incompétence. Petit quizz du coup… Après « Jingle bells, jingle bells… » il y a quoi, en dehors d’un trou noir?… Rhooo, quels instants de solitude à la fête de l’école quand les parents étaient censés entonner le refrain en cœur, en support d’un jeu de chaises musicales! Bref, à la venue de chaque nouvelle mélodie, je n’ai plus qu’à potasser les paroles à l’aide de Youtube. Je le fais d’ailleurs très sérieusement, car ça n’a pas de prix de pouvoir chanter et danser en famille: « Have you ever seen a penguin come to tea?… »

 

L’apprentissage sans contraintes

Si le programme scolaire me parait plutôt touffu, la contrainte n’en fait pas partie. Tant mieux pour les enfants pour qui la scolarité est plus agréable. Pour moi, c’est une source de doutes et de questionnements constants.

Petit-Un n’aime pas écrire. Pas du tout. Sa maîtresse nous a expliqué qu’en plus d’une motricité fine pas terrible, notre ainé refuse d’abandonner ses jeux pour faire des exercices. Par dérogation, Petit-Un travaille donc un jouet sur la table. Et comme parfois il n’a vraiment pas envie, il fait juste des gribouillis, histoire qu’on lui lâche la grappe. (Je reconnais le fils de son père.)

Realisation - Petit-Un - Papillon

Bien qu’ayant confiance en la maitresse, je suis heurtée dans ma conception de l’apprentissage. Sans parler d’un enseignement à coups de fouet, il me semble qu’apprendre demande un minimum de discipline. Si l’on attend que l’enfant ait envie de faire ses lignes d’écriture… il est possible qu’on attende longtemps! Si l’on accepte que l’enfant ait un jeu sur la table… pas sûr qu’il se concentre sur son exercice…

Je m’en suis voulu de penser ça. Je me suis senti l’âme d’un tyran. J’ai essayé de penser autrement. Vraiment. De toutes mes forces. Et j’ai échoué. Alors, on a commencé à faire de l’écriture à la maison, suivant mon régime dictatorial. Petit-Un a écrit. Les premiers soirs il a râlé, mais maintenant nous aimons tous beaucoup notre rendez-vous d’étude quotidien.

Je ne souhaite critiquer aucune méthode. Juste souligner les différences, et mes difficultés à faire miennes des pratiques éloignées de mes expériences et de mes références. A l’inverse, les enfants sont finalement plus souples et semblent s’adapter assez facilement aux règles de l’adulte référent.

 

Barrières linguistiques et barrières culturelles

Au-delà des divergences de systèmes, avec l’école à l’étranger, j’ai découvert la difficulté d’être un parent de culture et de langue différentes. Malgré mon anglais correct, je m’inquiète à chaque communication avec les enseignants. Je passe dix minutes quand je dois rédiger un texto à la maîtresse, je vérifie la syntaxe de toutes mes phrases avant d’envoyer un mail, et je fais des insomnies avant les réunions parent-prof…

Sur le même thème, imaginez mon désarroi, le jour où la maîtresse nous a demandé d’habiller les enfants avec des vêtements à « pattern » (=motifs)! J’ai fait tous les dictionnaires d’Internet et Google Image pour vérifier l’acception la plus juste de « pattern ». Au matin dit, j’ai changé trois fois Petit-Un de tee-shirt avant de l’envoyer à l’école, ayant pris soin de rajouter une tenue de secours dans son sac, avec un autre « pattern »… on n’est jamais trop prudent!

Realisation - Petit-Deux - Bonhomme

De même, un autre jour, les enseignants ont demandé aux parents d’envoyer un « pasta dish » (plat de pâtes) à partager entre les enfants, lors d’un pique-nique de l’école. « Pasta dish », qu’est-ce que ça implique? Une salade de pâtes? Un gratin de lasagne? Un saladier de pâtes en sauce? Une quiche avec de la pâte autour, ça compte pas, si? Et si on met des pâtes dedans? Résultat: un long mail culinaire angoissé à la pauvre maîtresse qui m’a juste répondu d’envoyer un truc à manger, que ça serait très bien! Je ne sais pas si elle a vingt parents comme ça mais j’espère pour elle que non…

 

Le difficile accompagnement scolaire des enfants

Plus problématique est la question de l’accompagnement scolaire des enfants, qui risque en plus d’empirer avec le temps. L’année dernière, alors que Petit-Un était plutôt mutique en classe, faute de vocabulaire, la maîtresse nous avait demandé de lui faire régulièrement la lecture en anglais. « Fastoche! », je me suis dit. Sauf que quand on a récupéré les livres de la bibliothèque, j’ai découvert qu’il y avait des tas de mots que je ne connaissais pas, et qu’en plus je galérais à lire les phrases à voix haute, avec un accent correct, sans trébucher au milieu d’une proposition. Tout de même, notre obstination a payé: en deux ans, Petit-Un a bien amélioré son anglais, et moi (un peu) ma lecture.

Realisation - Petit-Deux - Cochon

Les obstacles sont aussi notables à l’écrit, dans nos exercices quotidiens avec Petit-Un. Pour les majuscules ça va à peu près. Sauf qu’à l’école, les enfants n’apprennent pas l’ordre logique suivant lequel tracer les bâtons, et que ces incohérences calligraphiques m’énervent.

(En me relisant je me dis que je suis une mère monstrueuse, névrosée et tyrannique).

Mais pour les chiffres et les minuscules c’est l’horreur. Les anglo-saxons n’utilisent pas du cursif comme nous mais une écriture en script que je suis incapable d’imiter. Et les garçons ne savent lire que ce type de lettres. Je me souviens de leurs yeux ronds et de leurs mines interloquées quand j’ai écrit « 2 » sur une feuille et que je leur ai demandé ce que c’était. Ayant compris qu’il s’agissait d’un chiffre, pleins de bonne volonté, ils ont essayé au pif avant de tomber sur la réponse au sixième essai. Bref, impossible pour moi de faire des exemples d’écriture pour les enfants ou seulement même d’être lue par eux. Du coup, cet été, un gentil jeune homme de l’école viendra entraîner les enfants aux minuscules!

 

Et la suite?…

Malgré mes petits soucis métaphysiques, les enfants adorent leur école, adorent leurs maitresses, adorent leurs copains, et adorent les activités qui remplissent leurs journées. Nous sommes ravis de notre choix d’école à l’étranger, et si c’était à refaire, nous le referions…

Realisation - Petit-Un - Meteo

Difficile en revanche de savoir ce qu’il en sera du futur. Nous sommes heureux de voir les garçons grandir dans un environnement international et s’épanouir dans le bilinguisme. Pourtant s’il faut choisir, nous souhaitons d’abord qu’ils deviennent d’excellents francophones (et francographes, si le mot existe). Ils sont Français et doivent impérativement maitriser leur langue parfaitement…

… Cela dit, une petite voix dans ma tête me rappelle souvent que cette scolarité anglophone, dans une école à l’étranger, sera une véritable richesse pour les adultes qu’ils vont devenir, que quand même ça serait bien bête… et du coup j’en fais des insomnies. Eh oui, on ne se refait pas!…

Et vous, vous en pensez quoi? Je prends tous les conseils avisés!

 

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Réussir une nuit d’hôtel avec des enfants


A la suite de la naissance de Petit-Deux, qui ne dormait jamais, Papa-Tout-Terrain a été un peu traumatisé et a longtemps refusé les nuits à l’hôtel: « … Et si c’était pire, encore?… » Pas de découragement! Une nuit hors de la maison change certes des cadres habituels, mais les jeunes enfants se réjouiront très vite de ces nouvelles expériences, pour peu que les parents aussi les envisagent sereinement et avec plaisir!

 

La Fiche Pratique en quelques mots:

  • Grâce à quelques petits trucs faciles à mettre en œuvre, anticiper l’organisation et le changement de paysage d’une nuit à l’hôtel vous permettra de partager de nouvelles expériences en famille, qui enthousiasmeront petits et grands!

Les points clé de la Fiche Pratique:

  • Bien planifier en amont
  • Comment gérer le bain à l’hôtel?
  • Qu’est-ce qu’on mangera?
  • Comment s’organiser pour le couchage?
  • Le check-out et le départ
  • Le Focus: Quelles solutions d’hébergement avec des enfants? –chambre d’hôtel avec ou sans lit d’appoint, suite ou « junior suite », chambres d’hôtel communicantes, chambre dans un Appart’Hôtel, chambre ou logement loué via Airbnb, échange de maisons…

 

Fiche Pratique – Réussir une nuit d’hôtel avec des enfants – Télécharger en PDF

 

Fiche Pratique – Réussir une nuit d’hôtel avec de jeunes enfants

Comme souvent en excursion avec nos enfants, notre philosophie est de voyager « avec » nos petits, et non « pour » eux. Que change finalement cette sémantique pointilleuse?…

Dans l’idée, nous ne souhaitons pas organiser nos sorties en fonction des enfants. A la place, nous tentons plutôt de nous simplifier la vie, de laisser de côté nos habitudes et d’apprécier les changements de notre environnement quotidien, pour le plaisir de chacun. Pas de Chocopics au petit déjeuner?… les enfants ont appris à raffoler de la bouillie de riz aromatisée à l’ail des petits déjeuners thaïs. C’est même devenu maintenant le petit « plus » de nos week-ends de balades.

 

Cette Fiche Pratique reprend et synthétise nos astuces et nos habitudes à l’hôtel, pour conserver quelques points de repères aux enfants tout en leur transmettant l’excitation et l’enthousiasme de la découverte!

 

Réussir une nuit d’hôtel avec des enfants – Télécharger en PDF

 

Cette Fiche Pratique vous a servi? Vous avez des questions? Vous souhaitez l’enrichir?… Laissez vos témoignages en commentaire!

 

L'Hotel de l'Amour

Photo: L’Hôtel de l’Amour en Thaïlande (Buriram), où nous avons été traités comme des rois!

 


Ça vous intéressera sûrement…

 

 

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La Débandade


Je me suis beaucoup amusée à lire la récente déferlante d’analyses sur la mère parfaite dans les blogs. Pour ceux qui ont loupé le début de l’affaire, tout a commencé par un article –discutable- du Monde, qui dénonçait la dictature de la mère parfaite. De nombreuses reprises personnelles de blogueuses y ont fait écho, qui dévoilaient une grande variété de filtres sur le monde de la parentalité. J’ai ri en découvrant la scientifique classification de Miss Lune, j’ai été émue par l’évocation réaliste et juste de Maman Louve et je me suis dit « mais bon sang, c’est ça! » à la conclusion de Mme Elle de La belle Vie Family.

Comme souvent, j’ai profité du week-end dernier pour faire ma petite revue de presse à Papa-Tout-Terrain, dans la voiture –le seul endroit où l’on arrive encore à parler sans être interrompus. Dans un sourire il m’a fait remarquer que nous aussi, dans nos communications via les mails, les réseaux sociaux et maintenant notre blog, nous donnions très certainement l’image d’une existence idyllique et parfaite. Et il a raison!

Ainsi -et parce que j’aime les défis crétins- me suis-je décidée à vous raconter nos moments de solitudes et nos aventures pourries du week-end dernier.

 

Myxomatose

Il faut dire que ça a plutôt bien commencé dans la thématique. Papa-Tout-Terrain s’est levé ce jour-là l’œil aussi gonflé et aussi rouge que s’il s’était battu contre des Anglais ou des Russes. Après l’avoir un peu traité de Quasimodo pour le fun, les enfants et moi l’avons tout de même conduit à l’hôpital.

Les enfants adorent l’hôpital: il y a un escalator et des tas d’ascenseurs. Pendant que Papa-Tout-Terrain s’enregistre, Petit-Un me tire le bras pour faire un tour d’escalator. Petit-Deux, lui, se roule par terre pour qu’on choisisse l’ascenseur. On discute on discute, et on perd Papa-Tout-Terrain. On fait quand même un tour d’escalator. Comme Papa a disparu, Petit-Deux ne moufte pas et nous emboîte le pas pour retrouver le service des conjonctivites. On ne devrait jamais laisser des enfants marcher dans un hôpital, parce qu’un enfant, ça marche en zigzag, à une cadence irrégulière, et ça ne regarde pas devant soi. Bref, je passe mon temps à rattraper l’un ou l’autre de justesse avant qu’il ne télescope un patient. En fin de visite, le bilan n’aura pas été si mauvais: seulement un ou deux malades percutés, et encore, pas gravement atteints.

 

Conjonctivite

Dans l’histoire, on se plante de couloir et une infirmière vient nous récupérer pour nous remettre dans le droit chemin. L’avantage d’en être à notre septième passage à l’hôpital en un mois –dont trois pour conjonctivite-, c’est qu’on est connus comme le loup blanc… et avec la discrétion des enfants, ils ne sont même pas prêts de nous oublier!

Affichage Entreprise - Conjonctivite

Un diagnostic de conjonctivite plus tard, la visite a failli très mal finir quand une infirmière a appuyé sur le bouton de l’ascenseur avant Petit-Deux. Il m’a regardé d’un air scandalisé en s’écriant: « Tu as vu, la dame a appuyé sur le bouton! » Il a fallu laisser l’ascenseur partir –avec l’infirmière- pour recommencer la manœuvre à zéro.

 

Manger un Japonais

Malgré la tête monstrueuse de Papa-Tout-Terrain, nous ne nous sommes pas laissé démonter et avons entrepris d’aller manger au restaurant japonais… Voix courroucée de Petit-Deux: « Non, je ne veux pas manger au restaurant, je veux manger un Japonais!!! ». Oki oki.

Et là, Petit-Un reconnait le centre commercial et se souvient qu’on y a fait un tour de manège, un jour de pluie. « Je veux faire un tour de manège! » « Non! » « Je veux faire un tour de manège! » « Non! » Hoquets et pleurs sur le parking. Il s’effondre, foudroyé, et commence à avancer en mode limace dégoulinante, hurlant et sanglotant. Plusieurs passants le considèrent, d’un œil mi-apitoyé, mi-dégouté. On le charge sous le bras. On remet l’ensemble dans la voiture. Il s’agrippe à la roue. On le pousse à l’intérieur du véhicule en essayant de ne coincer aucun membre à l’extérieur. Dans un sursaut d’énergie, alors qu’il tente une échappée de la dernière chance, on boucle la porte et on clôt le débat en mettant la sécurité enfant. Terrassé, il essuie ses larmes et son nez gluant sur la vitre, histoire d’exposer au monde entier les marques manifestes de son immense malheur.

Embouteillages

« Je veux manger un Japonais » commence à s’égosiller le frère, qui voit que son repas va lui passer sous le nez. On négocie un tour d’ascenseur à la place. Il accepte. A peine de retour à la voiture, il décide néanmoins d’exprimer à son tour sa frustration, à gorge déployée. Concerto de pleurs en la mineur. Sur quarante-cinq minutes de route. Parce que c’est toujours quand les enfants hurlent qu’il y a des embouteillages. Et dire que bientôt on en aura trois comme ça!

 

Se rouler en boule

Bref, on rentre à la maison et y a des jours comme ça ou on à juste envie de se rouler en boule dans le canapé et de plus être dérangé. Sauf que c’est juste incompatible avec le fait d’être parents. Petit-Deux nous le fait bien savoir en courant dans tous les sens, un affreux poulet plumé en plastique à la main, qui fait pouêt-pouêt sans interruption dans un son de volaille mourante.

Alors on met « Les pingouins de Madagascar » et on se roule à quatre et demis sur le canapé. C’est l’histoire d’une pieuvre qui veut se venger de tous les pingouins du monde, parce que les pingouins sont mignons alors qu’elle, elle est moche, et du coup personne ne l’aime. Bref, la pieuvre –qui fait atrocement peur à Petit-Deux- invente une machine qui transforme les pingouins en monstres.

Vers

A ce moment-là, je prends Petit Deux dans les bras –il faut être humain- parce que je veux juste pas bouger et savoir la fin du film. Comme les pingouins monstrueux sont eux aussi devenus moches, les hommes cherchent à les éradiquer. Heureusement, grâce à « l’infinie mignonnerie » du dernier pingouin normal du monde et une utilisation inversée de la machine à monstres, tout le monde reprend son aspect normal et les hommes se remettent à aimer les pingouins, parce qu’ils sont à nouveau beaux. Bravo pour la morale et la tolérance!

 

Plateau télé

Dans la mouvance « on se ramollit en famille », on s’est servi des tartines de tapenade et de mayonnaise devant la télé. De toute façon, on ne peut plus sortir Papa-Tout-Terrain nulle part, avec sa tête de pingouin enragé, et qui continue à empirer, en plus.

Avec ses petites mains, Petit-Deux laisse échapper sa tartine sur le canapé. Cote tapenade bien sûr. Heureusement on a un canapé trop moche en skaï, qui fait vachement transpirer des fesses mais qui est insalissable. Petit-Deux lèche le canapé.

Comme on est très malins, on sert sa tartine de mayonnaise à Petit-Un sur une assiette. La tartine glisse de l’assiette et tombe sur le ventre de Petit-Un, cote mayo, bien sûr. Il me demande de le lécher. Petit-Deux trouve ça marrant et appétissant et se joint à nous. Il se prend une grande baffe de la part de Petit-Un: « Y a que Maman qui a le droit de me lécher! ». Petit-Deux contre-attaque: « I don’t like you anymore! You are not my brother! »… L’anglais ressort parfois dans les moments de colère ou d’excitation. Papa-Tout-Terrain met tout le monde d’accord en essuyant Petit-Un au torchon. Dommage, on commençait tout juste à s’amuser…

 

Orage

Le soir arrive enfin. Il fait chaud et humide. Normal, c’est la saison des pluies. Ce genre de climat a souvent un impact direct sur l’humeur des enfants. Ça n’a pas loupé aujourd’hui. Allez, zou, tous au lit, demain sera un jour meilleur!

Inondations

Au loin on entend l’orage. Petit-Deux revient, tout tremblant, dans notre chambre: « J’ai peur, il y a le ciel qui est en colère! ». C’est malin, il a peur de l’orage depuis qu’on lui a expliqué que le ciel était sûrement en colère parce qu’il jouait trop avec l’Ipad, un jour où nous étions a cours d’arguments. Le positif c’est qu’il ne joue plus à l’Ipad. Mais là il a peur, il ne veut plus dormir, et en plus il veut rester avec nous.

 

Transpirations

On lui fait une place dans le lit et on essaye de s’installer tant bien que mal, et de façon pas trop inconfortable. La pluie tambourine sur le toit en un grondement formidable. Pan, cette fois-ci c’est le courant qui saute. Et la clim, par voie de conséquence. Petit-Deux est effrayé. Il teste tous les interrupteurs de la chambre puis revient se blottir contre moi. Il est chaud et collant. Je ne peux même pas le renvoyer contre son père, rapport à la conjonctivite. Il transpire sacrement de la tête. Et il arrête pas de bouger et de me caresser avec sa paume toute moite. Et cerise sur le gâteau, de l’intérieur, le bébé qui n’aime pas se sentir serré y va de ses coups de pied. Le thermomètre indique 37 degrés.

Inondations

« Tut-tu-tu-ti-ta-tah! » On se réveille en sursaut. C’est bon signe, ça veut dire qu’on s’était endormis, à force. L’électricité est revenue. On a un appareil qui fait « Tut-tu-tu-ti-ta-tah! » super fort à chaque fois qu’on le branche. Et Petit-Deux avait laissé la lumière principale allumée, aussi. Ça ne l’a même pas réveillé, lui. Il dort confortablement installé, les pieds contre la tête de Papa-Tout-Terrain… Qu’il est mignon quand il dort!…

 

Always Look on the Bright Side of Life

(Allez voir ou revoir la vidéo des Monty Python pour le plaisir…)

Pour conclure, et malgré le week-end un poil pourri, tout n’est pas à jeter! De jolis moments et la « mignonnerie infinie » de nos enfants viennent toujours nous rappeler le bonheur d’être ensemble, même entre deux éclats de loose magistraux.

Prenons par exemple ce cafard, qui a traversé notre cuisine dimanche après-midi. Un cafard énorme, gras et brillant, qui devait bien faire la moitié de la longueur de ma main. Bon, les cafards, c’est presque devenus nos copains depuis la Thaïlande. Ils continuent à nous dégoûter un peu, mais on partage notre maison avec eux –pas le choix!- et on en croise bien un ou deux tous les jours…

Serpent

Eh bien devant ce cafard de trop, Petit-Un, qui a un bon sens de l’humour, a parfaitement réagi… Le voilà qui pousse un cri perçant et se perche sur une chaise, mort de rire! Par mimétisme Petit-Deux, qui a eu un peu peur, lui, quand même, se réfugie également en hauteur. Vu le potentiel de rigolade, je leur emboite le pas! Et d’enchaîner sur des hurlements stridents pour rameuter Papa-Tout-Terrain à grands éclats de voix.

Quand notre sauveur arrive, l’œil toujours gonflé mais en plus un peu interloqué, il nous retrouve tous debout sur la table de la cuisine, les bras en l’air, en slip pour les garçons, et pointant du doigt la bestiole, d’un air malicieusement apeuré! Ayant vaillamment jeté l’animal dehors, notre héros sera acclamé et porté en triomphe par la foule en délire, qui ne parvient même plus à reprendre haleine a force de scander son nom!

 

… Comme quoi, la famille parfaite, c’est vraiment pas nous mais… « Nobody’s perfect »!

 

Crevaison

Note à moi-même:

Quand tout merdouille, toujours penser à prendre des photos histoire de pouvoir illustrer un hypothétique article sur mon blog. Du coup désolée, j’ai juste fait au mieux pour égayer mon texte de quelques-uns de nos vieux clichés dans la thématique…

 

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Thaïlande authentique: la côte de Chanthaburi


La zone qui longe la côte de Chanthaburi n’est pas très distante de chez nous, mais déjà très éloignée de l’atmosphère de tourisme de masse de Pattaya. C’est pourquoi nous nous y rendons volontiers pour de petits week-ends paisibles.

Après une escapade dans le parc Namtok Phlio et un somptueux et insolite repas à la Ferme Pu Nim, nous retrouvons le bord de mer. Ce soir-là, nous dormirons sur la plage bien connue de Chaolao, mais nous nous y rendons par le chemin des écoliers

 

Notre balade sur la côte de Chanthaburi:

  • Coordonnées GPS du Fort de Laem Singh: 12°28’52.7″N 102°03’44.9″E
  • Coordonnées GPS de la Plage Chaolao: 12°31’58.6″N 101°56’37.1″E

 

En route

Nous descendons le détroit de la rivière Welu pour rejoindre la mer, au niveau de l’estuaire de Laem Singh, là où la rivière Chanthaburi rejoint le Golf de Thaïlande. Cette zone est loin d’être aussi touristique que celle de Chao Lao beach, mais ses plages sont truffées de petits restaurants pour les gens du coin. Nous nous nous y sommes arrêtés quelques fois et y avons toujours passé de bons moments: une cuisine simple mais d’excellents poissons, des chaises longues dans le sable, des jeux d’enfants, et quelques co-flâneurs locaux, venus en famille, souriants et très curieux de notre progéniture. Bref, tout pour une pause simple et agréable… et pour quelques galères à commander le repas, car il ne faut pas tellement compter trouver des anglophones, dans le coin.

Laem Singh est connu pour deux bâtiments, hérités de la période de l’occupation française de Chanthaburi à la toute fin du 19e siècle: le fort de Laem Singh, ainsi que l’ancienne prison coloniale, la prison Khuk Khi Kai. Cette dernière avait été construite par les armées françaises et servait à emprisonner les opposants Thaï. Le bâtiment d’origine subsiste, a priori, mais nous ne l’avons pas trouvé.

Le fort de Laem Sing

On a bien trouvé le fort en revanche, qu’il est difficile de louper, avec ses murs d’enduit rouge. C’était le quartier général de l’armée française. Il abrite aujourd’hui un petit musée qui comporte quelques panneaux explicatifs, quelques gravures d’époque et un canon. Il est amusant de le traverser pour se faire une idée de l’architecture et de la disposition des lieux. Nous n’avions pas manqué cette occasion lors de notre précédent passage, mais là, le musée est fermé. Même Laem Singh est désert, à l’exception d’un chien qui roupille devant le fort.

Au bout de la jetée sommeille un petit village de pêcheurs. Tôt dans la journée, il grouille d’activités, de poissons et de femmes de marins. Local et coloré, il mérite un petit crochet si vous passez par la, par curiosité et pour en ressentir l’atmosphère.

 

Villages de pêcheurs et zones de pêche

A peine plus loin à l’ouest, un grand pont enjambe l’estuaire de la rivière Chanthaburi. A mesure qu’on s’y élève, on découvre le paysage environnant.

A main droite, les terres, déchirées par un immense chenal. Des villages de pêcheurs aux bateaux multicolores qui se blottissent contre les rives du cours d’eau. Des mangroves luxuriantes, aux couleurs sombres et qui dentellent les bords de l’eau. Des zones d’élevage de mollusques, de crustacés et de poissons. Les installations de pieux de bois et de filets tressés sont traditionnelles. Les méthodes et les gestes des pêcheurs sont centenaires.

Village de pecheurs depuis le pont de Laem Sing

A main gauche, le soleil déclinant se reflète sur la mer, parsemée de quelques îlots.

Papa Tout-Terrain nous abandonne, pour partir à la chasse aux photos et à la lumière. A l’arrière de la voiture, Petit-Un et Petit-Deux sont absorbés dans une partie de Batawaf. « Regardez le paysage, les enfants, regardez ce magnifique coucher du soleil et ce village de pêcheurs! » « Oh, c’est très beau! », s’exclame Petit-Un sur un ton très convaincu et très convainquant. Non seulement il n’a pas interrompu sa partie de cartes endiablée, mais il n’a même pas levé les yeux. Il excelle à l’exercice. Il a de la chance pour ce coup-ci, nous ne lui en demanderons pas plus, et même pas de descendre de la voiture pour profiter des merveilles environnantes. Déjà Petit-Deux enchaîne en ricanant: « …mais il est tout petit, ton chien, wahahahahaha! »

Je reste dans la voiture par flemme de femme enceinte et pour surveiller les enfants et pour manœuvrer le véhicule, au cas où. Bref, par flemme, quoi. Devant nous, un pick-up s’arrête et déverse une demi-douzaine de jeunes couples en goguette. Comme un seul homme, toutes les demoiselles confient leur téléphone portable à leur petit ami et se jettent sur la rambarde.

Laem Sing

Commence la séance photo. Une patte en l’air, pour mettre les jambes en valeur. Ou une main sur la joue pour affiner le visage. Ou les lèvres en cul de poule pour faire ressortir les pommettes. Ou les trois en même temps. L’œil songeur, le sourire pensif, l’une fixe l’horizon, romantique. Le regard défiant, une autre prend une pose quasi guerrière de déesse des temps modernes. Au gré des compositions, elles enfilent et quittent chapeaux et lunettes de soleil, qui pimentent et colorent leurs attitudes. Dès la fin de la mitraille, elles posteront leurs photos sur les réseaux sociaux, bien sûr. J’admire la patience des petits amis, photographes très dociles, rarement sous la lumière des projecteurs.

A chaque âge ses plaisirs… je m’amuse à l’idée que dans quelques années, comme moi, ce seront les photos de leurs enfants que partageront ces jeunes femmes, sur les réseaux sociaux.

De Laem Sing a Chaolao beach

 

Chaolao Beach

Nous continuons à longer la côte de Chanthaburi, vers l’ouest. Le trajet est un peu décevant, car de la route, on ne voit presque pas la mer. La côte n’est pas encore très développée pour le tourisme mais de petites pensions et de bungalows sommaires, destinés aux touristes Thaï, commencent à y apparaître, sans grande organisation. Nous le notons dans un coin de notre tête. Ce pourrait être une retraite paisible, rustique et économique, pour un week-end reposant.

Chaolao Beach

Nous arrivons à Chaolao beach. Le standing est très nettement supérieur. La route a été refaite: elle a deux voies, un beau marquage et sol et même une piste cyclable! Elle est bordée d’hôtels plutôt chics, aux noms qui sonnent « occidental », et dans les parkings desquels sont garées de grosses voitures polluantes. La plage est nettement plus belle, aussi: large et de sable fin et clair. Elle est assez fréquentée mais très propre, ce qui n’est pas très courant sur cette côte de Thaïlande. Nous n’y croiserons que des touristes thaïs, mais des Thaïs plutôt riches, ici.

Bords de mer a Chanthaburi

C’est très rare: l’environnement nous semble net et sécurisé, si bien que nous optons pour une baignade en mer. (Les trois conjonctivites du lendemain plaideront néanmoins pour une interprétation plus mesurée). Les enfants redécouvrent le plaisir de se baigner dans les vagues, d’être submergés par l’eau de mer. Ils en avaient oublié les sensations, depuis la dernière fois, plus d’un an auparavant. Petit-Deux n’est pas très confiant face à la force du flux et du reflux marin. Il se cramponne à moi. Petit-Un au contraire semble n’avoir peur de rien. Du coup c’est Papa-Tout-Terrain qui se cramponne à lui, pour éviter qu’il ne plonge! Nous courons dans la marée, nous éclaboussons et nous roulons dans le sable!

 

Ma honte interplanétaire

Après la plage, nous enchaînons avec un petit « plouf » dans la piscine de l’hôtel. C’est la fin de la journée et il y a énormément de baigneurs. Comme nous sommes très sableux, nous rinçons bien tous les recoins des enfants avant de les laisser entrer dans l’eau claire, vu que déjà, on ne passe pas inaperçus avec nos têtes de blonds.

Bords de mer a Chanthaburi

Nous barbotons un peu avant de réaliser que nous avons oublié les bouées dans la voiture: Petit-Un et moi-même irons les chercher. On se sèche, se chausse. Petit-Un est tellement enthousiaste qu’il est prêt avant moi. Moi, je galère à me débarrasser du sable, qui me gratte les pieds dans mes sandales. Je finis de me préparer en causant: « … Et toi, Petit-Un, ça ne te dérange pas, le sable de tes chaussures? » « Oh, non, pas du tout, ne t’inquiète pas, j’ai très bien lavé mes chaussures dans la piscine!« . Et joignant le geste à la parole, il entame une deuxième demonstr… Ahhhh! Je le prends sous le bras en vitesse et fonce cacher ma honte dans un coin sombre.

Je ne sais pas si quelqu’un nous a vus. Le sacrilège est d’autant pire que les Thaïs sont toujours très discrets et bien élevés, et ça, ça ne se fait pas du tout ici… Je suis morte de rire aussi, mais intérieurement, tout de même, parce qu’extérieurement je fais une petite leçon de morale, sympa tout de même… on va considérer que si la réalisation était discutable, le dessein n’était pas mauvais et qu’il y avait de l’idée dans l’exécution

Bords de mer a Chanthaburi

 

Repas d’anniversaire

Le soir, nous retournons dans un restaurant que nous connaissons déjà et dont j’avais adoré le poisson grillé. Vous pouvez d’ailleurs demander à Papa-Tout-Terrain, c’est limite si je n’ai pas organisé cette sortie de 600 kilomètres pour manger ce poisson-là. Et même que je lui en ai rebattu les oreilles tout le chemin aller. On va compter ça dans les envies de femme enceinte.

Le serveur arrive. Il parle quelques mots d’anglais. Je déterre ma photo de poisson de la dernière fois et la lui mets sous le nez, avec exaltation. Un immense sourire fend son visage. Il s’exclame: « Mais, je le connais, c’est mon patron!« . Il fera une tête sacrement déçue quand je lui dirai que ce que je veux, ce n’est pas le patron, c’est le poisson!

Poisson grille a Chao Lao Beach

Nous terminons la journée en fêtant les cinq ans de Petit-Un. Si, en Thaïlande, la nourriture est exquise, les gâteaux qu’on y trouve vont généralement du médiocre à l’insipide. Le fondant au chocolat est donc de confection maison. Je l’ai préparé amoureusement la veille, à l’aide de vingt petits doigts avides de lécher le plat.

Et même que ce matin, Papa-Tout-Terrain a fait une drôle de tête un peu accablée quand j’ai chargé mon dessert dans la voiture, sous un énorme emballage de protection, et avec tout un attirail de décorations en sucre et autres bougies.

On s’apprête à servir le gâteau. Ça tombe mal, non seulement la chambre est non-fumeur, mais en plus elle est truffée de capteurs de fumée. Il faut dire que l’hôtel est tout de bois. Ce n’est pas un endroit pour un anniversaire! Dehors, un gros orage se rapproche, poussé par un vent vigoureux. Là, les bougies ne tiendront jamais si on sort. En catimini, le gâteau à la main, nous nous réfugions dans un bout de couloir éloigné des systèmes d’alarme incendie, et avec une ventilation sur l’extérieur. A toute vitesse, nous chuchotons un « Joyeux Anniversaire » à Petit-Un, fier comme un paon. Il souffle les bougies. Malheur, elles se rallument. Oh oui, c’est vrai, je voulais justement faire découvrir les bougies farceuses aux enfants… Papa-Tout-Terrain me jette un regard un peu furibond quand même et éteint les bougies avec les doigts. Nous rentrons à pas de loup dans la chambre! Petit-Un sourit jusqu’aux oreilles! Ce n’était pas un anniversaire classique, mais c’était un très bel anniversaire, tout de même!

 

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Le voyage en avion avec de jeunes enfants

 

La Fiche Pratique en quelques mots:

  • Comment s’organiser sans se compliquer la vie et comment planifier un voyage sur un vol long-courrier avec bébé, en toute sérénité!

Les points clé de la Fiche Pratique:

  • Que mettre dans le bagage à main?
  • Qu’est-ce qu’on mange?
  • Comment est-ce qu’on dort?
  • Comment se distraire sans s’embêter?
  • Le Focus: Les temps principaux du voyage – avant le vol, à l’aéroport, en cabine, en vol, le décollage et l’atterrissage
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Fiche Pratique – Le Voyage en avion avec de jeunes enfants

Les voyages en avion ont toujours un caractère un peu exceptionnel… Il est donc bien normal que cette perspective inquiète les jeunes parents, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un vol long-courrier: comment va-t-on s’organiser pour ne pas s’emmêler les pinceaux entre bébé, les bagages et les documents de vols? Comment l’enfant acceptera-t-il d’être ballotté un peu partout dans l’aéroport? De quelle façon gérer l’ennui et l’oisiveté pendant le temps du vol? Comment éviter de déranger les autres voyageurs?

Voyager en avion avec des enfants_2

De l’autre côté du miroir, il suffit que je me replonge dans mes souvenirs de petite fille ou que je repense aux yeux brillants d’excitation de mes enfants pour me rappeler que finalement, les petits, eux, se font une fête de prendre l’avion… et franchement, pour un parent, un vol long-courrier peut être clairement agréable, à condition de s’être un peu organisé en amont!

Chez les Tout-Terrain, nous avons commencé tôt: à 28 jours, nous embarquions déjà Petit-Un pour un Shanghai-Paris… et retour. Le vol a été parfait. Notre bébé n’avait jamais si bien dormi depuis sa naissance –et nous non plus!… et lors des périodes de veille, il a contemplé avec beaucoup d’intérêt le signal lumineux « No Smoking » qui surplombait son bassinet.

Voyager en avion avec des enfants_1

 

Cette Fiche Pratique est le fruit de nos expériences et de nos ratés, de nos trouvailles, de nos déconvenues et de nos astuces qui sont devenues routine, après cinq ans de voyages ici et là, avec des petits. De la préparation du bagage à main au pré-enregistrement, de la gestion des repas au sommeil et aux activités en avion, nous balayons les principaux aspects du vol en proposant des solutions pratiques pour répondre à tous les doutes qui pourraient tout naturellement tracasser les jeunes parents.

 

Le voyage en avion avec de jeunes enfants – Télécharger en PDF

 

Cette Fiche Pratique vous a servi? Vous avez des questions? Vous souhaitez l’enrichir?… Laissez vos témoignages en commentaire!

 

… Pour aller plus loin, vous pouvez aussi vous référer à l’article Prendre l’Avion avec un bébé

 


Ça vous intéressera sûrement…

 

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Repas insolite à la Pu Nim Farm – Chanthaburi

La Pu Nim Farm en Pratique:

  • Coordonnées GPS de l’embarcadère: 12°26’21.3″N 102°13’06.9″E
  • Coordonnées GPS du restaurant: 12°26’09.9″N 102°12’45.2″E
  • Coût du repas: 100 à 200 THB le plat
  • Ouverture: midi, après-midi et début de soirée.
  • D’après des commentaires glanés sur Internet, évitez d’arriver tard pour le service du soir, car le restaurant ferme tôt, peu après le coucher du soleil. Par ailleurs, il semble que le week-end et les jours fériés, le restaurant soit bondé à l’heure du repas de midi, ce qui peut rendre l’expérience moins agréable.

 

Un restaurant très local

A deux pas du parc naturel de Namtok Phlio, la Pu Nim Farm est un petit restaurant très couru des locaux, qui s’y précipitent pour en déguster les spécialités de crabe.

Mangroves de la riviere Welu

Atteindre le restaurant est déjà toute une expédition en soi, a fortiori pour qui ne lit pas le Thaï. Munis d’un GPS, d’un chaleureux avis d’internaute et d’un nom plein de promesses, nous traversons quelques villages de campagne, avant d’être conduits en direction d’une route étroite et fort peu entretenue. Nous débouchons finalement sur une grande étendue d’eau. La route s’arrête net, d’ailleurs, sur une sorte de terrain vague où un très très vieil homme au torse cuivré et fripé s’active avec toute la vitesse de son âge avancé, pour nous aider à garer notre véhicule. Un peu désorientés, on s’équipe de ketchup (rapport aux enfants qui mangeront du riz au ketchup s’ils n’aiment pas le crabe) et on abandonne la voiture.

Pu Nim Farm - Carte Google Map
  Sources – Google Map

Quelques panneaux amateurs aux couleurs trop vives représentent des plats bien garnis et appétissants. Mais pas de restaurant en vue. Rien d’ailleurs, en dehors d’un vendeur de durians et d’un ponton peu académique, auquel est amarré un grand canot à moteur. Munis de la photo du restaurant sur l’IPhone, nous nous approchons du batelier et bredouillons dans notre meilleur thaï: « Pu Nim Farm? Pu Nim Farm? »… Oui, bon, je sais, ce n’est pas glorieux… D’un sourire avenant, l’homme nous fait signe de nous installer dans l’embarcation. Les enfants sautent de joie et ne se le font pas répéter deux fois!

En route pour la Pu Nim Farm

 

Au milieu des mangroves: la Pu Nim farm

Le bateau part aussitôt et commence à s’enfoncer dans un bras de l’estuaire de la rivière Welu. L’environnement est magnifique. Le plan d’eau est large, calme, et d’un bleu limpide. Il est bordée de mangroves aux couleurs profondes, et dont les puissantes racines dépassent, çà et là. Les mangroves poussent généralement dans une eau mi douce, mi salée. Avec les enfants, nous nous amusons à la gouter… C’est bien ça! Notre intuition était la bonne!

Nous dépassons des zones conchylicoles et piscicoles. Les activités du bord du fleuve semblent être régulièrement implantées, mais limitées à des périmètres familiaux. Aucun signe d’une industrie extensive en tout cas, ce qui confère à ce bras de rivière un caractère paisible et isolé.

Zone Conchilicole

Nous atteignons le restaurant, un gros édifice de bois, juché sur pilotis. Bien qu’il soit presque trois heures de l’après-midi, nous sommes étonnés d’y trouver encore de nombreuses groupes de gourmands, toujours attablées. C’est signe que la nourriture doit être bonne! L’établissement est très vaste. Nous choisissons une salle qui donne sur la rivière et les mangroves. La table de bois massif sur lequel on nous installe est énorme. Elle pourrait accueillir cinq familles comme la nôtre!

Pu Nim Farm

On mande pour nous LE serveur un peu anglophone, qui nous commente le menu à grand renfort de photos prises de son téléphone portable. Le restaurant est spécialisé dans le crabe, donc crabe ce sera! Du crabe à la vapeur, un curry de soft shell crab, et du soft shell crab frit, avec du riz pour ceux qui aiment. Le soft shell crab -crabe à carapace molle, donc- est en fait un crabe qui vient de muer, et que l’on peut du coup consommer entièrement, carapace comprise.

Plats de Crabe a la Pu Nim Farm

 

Un vrai délice

Tous les plats sont exquis. C’est la première fois que nous mangeons du soft shell crab (Pu Nim). Frit, l’extérieur est croustillant et l’intérieur savoureux de moelleux et de gouts marins. En curry, on sent une carapace, un peu plus fine que celle d’une crevette. Elle craque sous la dent mais ne dérange pas la dégustation. La sauce est divine. Même Petit-Un, pourtant très soupçonneux des nourritures inconnues, se régalera de riz sauce curry. Mieux encore, il demande à goûter au crabe vapeur, qu’il adorera! C’est une grande victoire pour lui que d’essayer deux saveurs et deux textures nouvelles en un seul repas!

Le repas tire sur sa fin. Et si nous allions explorer les lieux?… Petit-Deux, qui vient de se faire offrir une glace, nous fait comprendre qu’il ne quittera jamais la table avant d’avoir entièrement terminé son dessert. On ne rigole pas avec la nourriture! Papa-Tout-Terrain part avec Petit-Un. A l’arrière du restaurant, ils repèrent un grand bassin grouillant d’énormes poissons, qu’ils nourrissent de menu fretin. Ils dépassent ensuite les cuisines et réalisent que la Pu Nim Farm s’étend sur une très grande surface. Le lieu est en réalité un véritable petit village, sur pilotis. Des familles entières y vivent et y travaillent. Au détour d’un ponton, ils y découvriront même un gros cochon, absorbé dans une profonde sieste entre deux piles d’assiettes! C’est très amusant de se retrouver ainsi au cœur de ce quotidien lacustre et rural!

Mangroves de la riviere Welu

Il est temps de retourner à la voiture et poursuivre notre route. Nos estomacs sont bien remplis. Le soleil est un peu moins haut. Nous n’en trouvons les mangroves que plus belles, sur le chemin du retour!

 

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8 bonnes raisons d’allaiter en voyage

Pour ceux qui me connaissent un peu, je suis une Maman allaitante convaincue, quoi que je n’en parle pas tant que ça. A mon sens, allaiter est un choix intime, et il n’est pas évident pour moi de lever le voile sur ce pan personnel de mes relations avec bébé. Bref, j’ai toujours apprécié d’allaiter en voyage, un peu partout, en Chine, en Malaisie, en Thaïlande, en Indonésie, en France, au Vietnam, en balade, sur des plages, sur des bateaux, sur des lits, des canapés, des matelas, des tapis, dans des musées, des taxis, des ascenseurs, des tuk-tuks, des marchés… à peu près n’importe où, où nos pas nous ont portés, avec nos marmailloux.

Petit-Trois suivra bientôt le même chemin, je l’espère, pour de nouveaux moments de complicité partagés! Et au-delà des bienfaits de l’allaitement maternel, un bébé qui tête en voyage, c’est non seulement très pratique, mais aussi l’occasion de rencontres et d’échanges sympas! Petit florilège de toutes les bonnes raisons de téter par monts et par vaux…

 

Tetee dans le parc naturel de Khao Laem Ya

 

1. Rien faire: tout est prêt

Besoin de téter? Pouf, un bébé, un sein, et c’est prêt! Rien à réchauffer, rien à préparer, rien à laver! L’allaitement maternel est l’arme ultime de qui veut voyager léger!

 

2. Un petit casse-croute, toujours à porte de main

On s’est perdus en route et on est en retard? On n’a pas pris assez d’eau en balade? Le magasin de la dernière chance est fermé? Des fourmis ont grignoté tout le goûter? Besoin d’une solution de secours?… Pas de soucis, sans aucune logistique préalable, une petite tétée peut vous sauver la mise!

 

3. Moins de risques de déshydratation (pour les bébés non diversifiés)

Par temps chaud, un bébé allaité à la demande sait gérer ses besoins d’hydratation. Le lait de début de tétée hydrate, et sa composition devient de plus en plus nourrissante au fil de l’allaitement. Par grande chaleur, un nourrisson demandera donc le sein plus fréquemment, mais pour des tétées plus courtes: faites-lui confiance!

 

4. Idéal pour les enfants malades ou patraques

Les changements du voyage ont détraqué l’estomac de bébé? Il est patraque ou déboussolé et ne veut plus manger? Ou pire, même plus boire? Une bonne tétée est digeste et rassurante, et permet souvent de repartir du bon pied!

 

5. Limiter les douleurs d’oreilles liées aux variations de pression en avion

Pour le décollage et l’atterrissage, mettez bébé au sein! La succion permettra de soulager l’inconfort ou les douleurs aux oreilles qu’il pourrait ressentir, à cause des variations de pression.

(Pour les Maman qui n’allaitent pas, un bon biberon marche aussi.)

 

6. Contre les petits maux du quotidien…

Un petit eczéma ou des rougeurs à cause de la chaleur? Un nez un peu bouché ou des yeux qui commencent à couler? Quelques gouttes de lait maternel dans les yeux, le nez ou sur la peau peuvent apaiser des débuts de conjonctivite, de rhinite ou les petites irritations de bébé!

 

7. Un peu de réconfort dans des contextes inconnus

Bébé n’est pas serein dans un environnement qu’il ne connaît pas? Trop de stimulations l’ont excité ou angoissé? Rien de tel qu’une petite tétée pour l’apaiser! Tout contre Maman, il retrouve des odeurs connues, il caresse un grain de peau familier, il est à l’écart du bruit et du mouvement, et s’apaise en un clin d’œil.

 

8. L’occasion de jolies rencontres

Une vieille Chinoise de Xi’an… Elle m’a taillé la bavette et raconté que son fils, le grand et fort beau gars qui travaille là-bas, elle l’a allaité jusqu’à trois ans, et que surtout, je dois faire téter mon bébé le plus longtemps possible, pour qu’il devienne grand et fort comme ça…

Une jeune femme Thaï, frêle et timide, dans un magasin de meubles de Chiang Mai… Elle m’a invitée à m’assoir à ses côtés pour une tétée « en double … Et son sourire, et ses yeux brillants de fierté, alors qu’elle me présentait, son premier fils, de quelques jours seulement…

Un serveur aux gestes maladroits, dans un grand restaurant de Shanghai… Il nous a apporté une couverture, de peur que Petit-Un et moi ne nous refroidissions…

 

Allaiter en voyage, ce n’est pas plus compliqué qu’à la maison, et surtout, me semble-t-il, c’est la solution la plus simple, logistiquement parlant. Tentez le coup, allez-y, et laissez-vous aller… Rien n’empêche de changer d’avis si ça ne vous convient pas, car finalement, c’est entre votre bébé et vous que tout se joue!

 

Questions Pratiques – Allaiter en Voyage…

  • Allaiter publiquement n’est pas acceptable dans toutes les cultures. Les capes d’allaitement proposent une alternative pratique pour allaiter presque partout, et en toute discrétion.
  • Certaines Mamans ont besoin d’un minimum d’intimité pour allaiter… glissez un paréo ou un grand châle dans votre sac de change… c’est toujours pratique pour une tête inopinée, ou pour changer des petites fesses à l’improviste
  • Les slings, porte-bébés (physio) et autres écharpes sont des alliés de choix pour les tétées de voyage. Plus besoin même de s’arrêter: bébé sera comblé sans même interrompre les activités des plus grands!

 

Logo de La Leche League
Logo de La Leche League

 

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Le Site Archéologique de Ban Prasat


Les mariages traditionnels se terminent tôt en Thaïlande. En partant de la belle cérémonie organisée pour P’Kung et P’O, il nous reste l’après-midi devant nous. Destination Phimai, l’un des derniers gros sanctuaires Khmers que nous n’ayons pas visité, en Thaïlande.

En cours de route, on tombe sur un autre mini vestige Khmer, Prasat Ban Prasat. Puis sur des fouilles d’excavation datant de la préhistoire, dans l’ancien village de Ban Prasat (oui, ça s’appelle pareil)… de trop belles occasion pour que des curieux comme nous ne passent leur route!

Prasat Ban Prasat: une petite ruine khmère en passant…

 

Prasat Ban Prasat en Pratique:

  • Coordonnées GPS: 15°11’42.4″N 102°10’38.3″E
  • Prix: Gratuit pour tous
  • Le site n’est pas clos et reste toujours ouvert à la visite
  • Durée de l’activité: un quart d’heure, en passant

 

Prasat Ban Prasat - Petite ruine Khmere

Prasat Ban Prasat n’est mentionné nulle part jusqu’à l’entrée du village. Construite au 13eme siècle, cette chapelle d’hôpital n’a conservé qu’un bassin, le bas de ses murs et de son gopura, mais ni sculptures ni bas-reliefs n’y ont subsisté. L’édifice semble toujours être utilisé à l’occasion, comme lieu de culte. Plus amusant, il est totalement intégré dans la vie rurale du village, derrière deux poulaillers et une vieille dame qui range des sacs de grains.

Du fond de la voiture, Petit-Un se réjouit tout haut de retrouver des vestiges khmers: « Un bel temple, ça me fait un plaisir »! Cool, il est aussi accroché que nous!

Prasat Ban Prasat - Petite ruine Khmere

La visite est courte. Nous ne resterons pas longtemps, mais en profitons pour remettre des habits civils, après les beaux vêtements du mariage. Je me glisse avec délice dans mon vieux short élimé de « sale jeune », si confortable pour mon gros ventre, et tellement pratique avec ses grandes poches. Pour la fin de la journée, j’aurai une belle tête mais un bas moche. Tant pis!

Prasat Ban Prasat - Petite ruine Khmere

Le Site Archéologique de Ban Prasat

 

Le Site Archéologique de Ban Prasat en Pratique:

  • Coordonnées GPS: 15°14’44.4″N 102°22’15.8″E
  • Prix: Gratuit pour tous
  • Ouverture de 8h30 à 16h30.
  • A voir: le site se compose d’un petit musée ainsi que de trois fosses d’excavation, où sont mises à jour des tombes de trois périodes différentes (1000 avant J-C, 600 avant J-C, et 13eme siècle de notre ère). En plus des aspects archéologiques, le musée présente la vie rurale et les traditions agraires de la région.
  • Durée de l’activité: une heure environ

 

Les plus anciens vestiges retrouvés sur le site archéologique de Ban Prasat datent environ de l’an 1000 avant Jésus-Christ. Le village était alors habité par une communauté rurale sédentaire qui cultivait le riz et élevait des animaux domestiques, mais qui appartenait à une civilisation bien distincte de celle de Ban Chiang (au Nord de l’Isan, dans la région d’Udon Thani). Il semble que depuis cette période, le village ait toujours été habité.

Fosse avec squelettes et ceramiques

Les premières excavations datent des années 1980. Trois fosses et été fouillées, qui correspondent à trois périodes bien distinctes de l’histoire du village. La fosse la plus ancienne date d’il y a 3000 ans, la seconde d’il y a 1700 ans, et la troisième d’il y a 600 ans, donc de la période angkorienne. Comme le souligne Petit-Un avec enthousiasme, on y trouve « des squelettes qui sont très morts ». Les corps sont enterrés sur le dos, mais leur orientation cardinale varie d’une période à l’autre, et parfois même entre les squelettes d’une même époque. Nous n’avons trouvé ni analyses ni commentaires à ce sujet. Y a-t-il une logique ou les squelettes ont-ils été enterrés de façon aléatoire?

Fosse avec squelettes et bijoux

Les rites funéraires semblent avoir varié avec le temps. Dans les temps les plus reculés, les corps sont enterrés avec des armes et des ossements d’animaux. Dans les périodes plus récentes, on retrouve des poteries et des bijoux dans les fosses. Petit-Deux s’est beaucoup intéressé à l’identification des bracelets et des bagues des squelettes. Il commence aussi à savoir en repérer la tête et les jambes… Il en était très fier, et mine de rien, ce n’est pas si évident que ça, quand on a trois ans!

 

Le musée de Ban Prasat

Le petit musée de la ville se découpe en deux thématiques distinctes. Une première partie de l’exposition présente les céramiques et bijoux découverts lors des excavations. Ce n’est pas inintéressant, mais tout de même loin de la richesse des découvertes de Ban Chiang, par exemple.

Le Musee de Ban Prasat

La seconde partie du musée m’a en revanche beaucoup plue. Elle présente les objets et les traditions de la vie rurale de la région. Nous y retrouvons des paniers tressés destinés, suivant le type, soit à porter, soit à mesurer les céréales, des nasses à poisson, ainsi que des outils traditionnels avec lesquels l’on travaille la terre. Deux ou trois panneaux informatifs passionnants y décrivent les fêtes et les rites traditionnels liés aux récoltes et à la célébration de la fécondité.

Ne nous y trompons pas, cela reste un très petit musée, qui se parcourt en une vingtaine de minutes. Mais à mon sens, il vaut vraiment le coup d’œil pour qui passe à proximité.

 

Un Petit Village paisible

L’intérêt de la visite consiste aussi en la traversée du village et l’observation du quotidien de ses habitants. La présence de nos enfants rend la tâche facile. Une Maman et son jeune garçon s’approchent pour nous regarder de plus près et échanger un « hello » bienveillant. Un peu plus loin, une dame allaite un nourrisson. Nous échangeons un sourire satisfait et complice.

Sur les chemins du village, nous croisons d’énormes iules qui m’effraient un peu. Apres vérification, elles ne sont pas dangereuses, mais quels gros vers de terre! Elles sont plus grosses que des Knakis! Cela dissuade même les enfants de les tripoter! Petit-Un se plaît en revanche à ramasser de belles graines noires et brillantes, tombées d’arbres autochtones. Il en a des collections plein les poches! Une vieille dame qui tresse des tiges végétales le suit d’un regard attendri.

Oiseau exotique de Ban Prasat

Un peu plus loin, un vieux monsieur a taillé dans un bois léger de jolis oiseaux exotiques dont le cou s’incline au gré du vent, grâce à un système de balancier. Nous en choisissons un, en souvenir de cette jolie étape. Nous avisons aussi un bel instrument à cordes, également de facture « maison », et dont la caisse de résonance est tendue en peau de serpent. Le vieil homme l’accorde devant nous et en sort quelques notes. Les sonorités sont harmonieuses pour qui connait bien la musique locale, je crois. Elles ressemblent en tout cas aux musiques que nous pouvons entendre dans des concerts de rue. Notre oreille occidentale n’est pas très habituée à ces mélodies, mais l’instrument est beau dans sa rusticité, et la peau de serpent lui confère un caractère sauvage qui nous plait.

Nous en demandons le prix. Le vieil homme n’ose pas nous parler Thaï. Nous ne pouvons même pas l’y encourager car nous manquons de vocabulaire. Alors nous nous sourions. Puis nous lui tendons un IPhone, pour qu’il y inscrive son prix. L’homme nous considère d’un œil un peu paniqué. Il n’ose pas toucher le téléphone. Pendant qu’il retourne sa chambre à la recherche d’un stylo, nous faisons de même –sans succès- avec notre sac à dos. Il nous note finalement un prix sur un vieux cahier… certains de ses chiffres sont écrits en miroir, et le total n’a rien de logique: ce n’est pas un nombre rond, et surtout pas assez cher du tout. Ce monsieur a visiblement peu l’habitude de l’écrit. Une voisine arrive à la rescousse et nous aidera finalement à débloquer la situation.

Instrument a Corde de Ban Prasat02

Sans rien d’extraordinaire, ce village nous a plu, avec ses traditions, son quotidien paisible, et ses habitants aux regards pleins d’humanité. Nous découvrons que plusieurs maisons ont des activités de « Home Stay »: elles reçoivent des touristes pour la nuit, mangent avec eux et leur font visiter le village… Peut-être aurons-nous l’occasion d’y revenir, et de goûter le temps de quelques heures à la lenteur paisible de cette ruralité ordinaire

 

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