Carte Postale – La Grotte de Khao Luang

Chers tous,

Première étape de notre virée sur la côte ouest de Thaïlande: Phetchaburi.

Nous avons un peu hésité à partir, avec trois gastro en activité et une grossesse au neuvième mois. Mais un Tout-Terrain ne recule jamais devant l’aventure! Et nous avions besoin de temps pour nous retrouver en famille.

Phetchaburi, donc, et une époustouflante découverte: celle de la grotte de Khao Luang.

Autour de la grotte vivent des hordes de singes. Tant et tant qu’il faut en protéger les voitures: dès notre arrivée, le garde du parking a placé un énorme crocodile en peluche sur notre véhicule, pour effrayer et éloigner les importuns! Tant et tant qu’il faut en protéger les bâtiments dont les portes et les fenêtres sont doublées et grillagées.

On dépasse les singes. On s’enfonce dans un trou béant qui nous conduit tout droit dans les entrailles de la terre. Il fait chaud et humide. Au fur et à mesure qu’on descend, il fait un peu moins chaud mais encore plus humide. Petit-Deux se rappelle la grotte de « La Chasse à l’Ours« . Il n’est pas rassuré.

On atteint le fond.

Nous découvrons une salle somptueuse aux immenses voutes naturelles. En son centre, un puits de lumière. Par cette ouverture, le soleil se déverse sur les centaines de bouddhas disposés aux milles coins de la grotte. Parmi les stalactites, les rayons se reflètent et se disloquent sur les déités dorées. L’atmosphère est magique, entre ombre et lumière, entre atmosphère recueillie et fourmillement des fidèles.

Grotte de Khao Luang - Phetchaburi

Les enfants demandent à faire brûler quelques bâtons d’encens que nous achetons à une nonne. Nous recevons un package: encens, cierge, fleurs et des bouts de papiers. Je ne suis pas très au fait des usages bouddhistes. Par erreur, je jette le papier, qui contenait de la feuille d’or dont recouvrir le bouddha principal de la grotte, afin qu’il réalise nos souhaits. Heureusement, la nonne nous rattrape le coup, récupère les feuilles, et guide très gentiment les enfants dans la fin de la procédure.

Khao Luang était la grotte préférée de Rama IV, roi de Thaïlande au milieu du dix-neuvième siècle. Il aimait à y venir méditer. L’environnement prête effectivement au recueillement et à la spiritualité. On sent l’omniprésence de la nature, apaisante. Les buissons jaillissent par le trou dans la voute naturelle. Le soleil éclabousse de lumière les replis cachés des roches. Les profondes salles résonnent de mille échos.

Nous remontons à la surface, transportés par cette sérénité de l’ombre. Petit-Deux en profite pour casser le mood et faire une grosse colère. J’aurais paraît-il bu de l’eau qui lui appartenait. Heureusement, tout le monde se réconcilie vite en nourrissant des singes. Allez, en voiture, ce n’est que le début de l’aventure!

Des bises de nous tous,

Les « Tout-Terrain »

 

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Petites Bestioles de Thailande


On n’était pas là mais notre petit doigt nous a dit que Grand-Tatie-Tout-Terrain a poussé des cris d’orfraie à la vue de quelques gentilles petites bêtes de Thaïlande, dans notre récit d’un week-end de Débandade. A la maison, il est vrai que nous avons en quelque sorte pris l’habitude de cette large palette zoologique. Mais, en nous replongeant dans nos trois ans de Thaïlande, nous avons plein d’histoires à raconter. Alors attachez vos ceintures, mes braves, parce que je peux déjà vous dire que vous allez trembler dans vos bottes!

(Grand-Tatie-Tout-Terrain, si tu tombes sur ces lignes pas la peine de poursuivre… Au fait, tu as lu notre billet sur la grossesse à l’étranger?…)

 

Des bestioles acceptables…

Mai 2013. On est passés directement de notre trente-sixième étage de Shanghai à une jolie maison au milieu de la campagne thaïlandaise… En un jour, notre vie a changé.

Mon premier souvenir, c’est qu’il y avait des geckos un peu partout sur les murs. A l’extérieur, bien sûr, mais aussi à l’intérieur. Les geckos, au demeurant, je les aime plutôt bien. Ils sont discrets et timides. Ils donnent l’impression d’être propres sur eux et ne prolifèrent pas trop. Le problème du gecko, c’est que c’est parfois distrait… il pense à sa petit amie Jocelyne et pouf!… il tombe du plafond à dix centimètre de moi ou pire, sur mon pied! Ça me fait des frayeurs bleues!

L’autre problème du gecko, c’est ses crottes. Soit on a des bataillons de geckos camouflés dans la maison, soit chaque gecko fait beaucoup de crottes. Les premières semaines, j’avais vraiment l’impression de faire le coup du tonneau des Danaïdes à l’envers. Chaque jour, je passais et repassais balais, aspirateurs et serpillères. Chaque matin, il y avait autant de crottes de geckos, bien nourris aux insectes. Des insectes, il n’en manque pas non plus…

Bebe Gecko

… On a des moucherons qui adorent chercher refuge dans nos yeux, et qui s’agglutinent sur le moindre petit bobo. Eux viennent des plantations d’ananas, qui sont légion dans notre région. Il parait d’ailleurs que notre résidence a été construite sur un champ d’ananas.

… On a des mouches. En ce moment c’est la pleine saison. Elles forment des tapis noirs tout autour des poubelles.

On a de gros scarabées brillants. Notre nounou les confiait aux (bons) soins de Petit-Deux, lorsqu’il était bébé: « Pour qu’il n’ait pas peur des insectes ». Il en a certes croqué un ou deux, mais aujourd’hui il est effectivement devenu un p’tit gars intrépide.

 

… des moins sympas…

On a des cafards qui aiment bien les canalisations. Eux sortent surtout la nuit et c’est tant mieux. On s’est habitué, mais on ne les aime pas tellement. Ils font bien quatre ou cinq centimètres de long. C’est gros. Et on les trouve un peu dégoutants. Derrière la maison, en ouvrant une plaque d’égouts, nous sommes un jour tombés sur leur cachette. Ils étaient des milliers, des millions à y grouiller! On a vite fait sceller tout ça mais rien que d’y penser, ça me donne des frissons!

Cafard

On a des fourmis. Des petites fourmis qui se précipitent dès qu’elles sentent la nourriture, l’eau ou le savon (oui oui). Le technicien de maintenance, un vieux monsieur bedonnant qui n’a visiblement jamais mis un pied dans une cuisine, m’a proposé de toute dégommer à l’insecticide. Vous savez, ces bombes avec un « X » rouge dessus… sur nos réserves alimentaires… Bref, depuis que j’ai dit non, je me fais obligation d’occire quotidiennement ces bestioles, par centaines, et à l’éponge.

On a aussi de grosses fourmis qui vivent dans l’arbre au-dessus de la voiture. Elles piquent très fort et sont si nombreuses et agressives que certains jours, on doit balancer des seaux d’eau pour les déloger, avant de pouvoir accéder au véhicule. De guerre lasse, on a finalement décidé de leur abandonner ce bout du jardin.

Grosse Fourmi

Il y a enfin les moustiques. On s’en méfie fort car ce sont les plus dangereux. Mais tout le monde est très vigilant ici, et notre nounou en premier. Elle vérifie qu’il n y a pas d’eau stagnante autour de la maison. Elle « anti-moustique » les enfants avant les sorties. Elle surveille les fièvres persistantes et partage expérience et recommandations avec nous. Touchons du bois, nous sommes prudents et n’avons pour l’instant pas eu de problèmes!

 

… et des serpents aussi!

Heureusement, les serpents, on n’en n’a pas croisé si régulièrement que ça. On en a vu quelquefois en promenade, et une fois devant la maison. Enfin moi, j’étais même pas là. Je faisais tranquilou la grasse mat’ quand Papa-Tout-Terrain a surgi dans l’encoignure de la porte de notre chambre, transpirant, échevelé et soufflant. Au bout de ses bras, deux enfants criant et hurlant respectivement: « On a perdu les vélooos! » et plus intéressant: « Le serpent… il a mangé les vélooos! ». Ayant certainement l’esprit moins embrumé que moi, vous l’aurez compris: ma petite famille, en promenade (à vélo) avait rencontré un serpent. N’écoutant que son courage, Papa-Tout-Terrain avait choisi de sauver sa progéniture, abandonnant les tricycles –mieux vaut ça que l’inverse. Nous ne revîmes jamais ce serpent. Et nous retrouvâmes même les vélos que le reptile n’avait finalement pas consommés.

Serpent

Ici, tout le monde a son histoire de serpent. On en retrouve par exemple toujours un ou deux, chaque année, planqué dans les boites de nos entrepôts.

Nos voisins japonais, quant à eux, ont eu une belle frayeur, il y a quelques temps… Notre voisine, alors qu’elle pestait contre sa porte coincée, la débloqua soudain d’un coup d’épaule. Elle délogea par la même occasion un reptile bien carapaté entre le montant et le battant, et qui lui tomba juste entre les deux pieds. Plus de peur que de mal, heureusement… mais beaucoup de peur, tout de même…

 

Là où ça se corse, c’est qu’on ne peut pas les tuer…

Ma liste de bestioles n’est pas exhaustive. Nous fréquentons également des tas de papillons. Des araignées plutôt petites heureusement. Des fournis volantes qui nous envahissent avant les orages. Et des millipèdes variés et plus ou moins amicaux. Il y a trois ans de cela, c’est justement alors que j’étais sur le point d’écraser l’un de ces mille-pattes velus à l’aspect irritant qu’est arrivé l’avertissement: « Stoooop! En Thaïlande, on ne tue pas les animaux! »

Fourmi volante

Eh oui mes amis, car la Thaïlande est très principalement bouddhiste, et que le premier précepte du bouddhisme est de ne pas tuer. L’idéal est donc de mettre l’animal en boite et l’envoyer voir dehors si j’y suis. Et c’est bien la raison pour laquelle je tue mes fourmis en cachette… Parce qu’un cafard à mettre dehors c’est jouable… mais plusieurs centaines de fourmis, il y a de quoi perdre la raison!

Je vous disais tout à l’heure que c’est un peu un zoo chez nous… On a eu des souris, aussi, dans la cuisine. Des souris un peu bornées, d’ailleurs: elles bouffaient notre sauce soja et nos pastilles pour le lave-vaisselle, alors qu’on a des trucs bien meilleurs! Du coup on a eu des mini cages pour attraper les souris… et les relâcher dans la nature. Papa-Tout-Terrain est devenu un champion pour ça, et les enfants de fervents supporters!

 

… en fait si on peut les tuer dans certains cas…

En fait, ça se corse encore… Un jour, j’ai surpris notre nounou impitoyablement écrabouiller un cafard gras qui passait paisiblement par là, sans intentions belliqueuses.

De même, à propos des souris qu’on s’était mis d’accord pour relâcher au paragraphe précédent, la même nounou m’a demandé d’un air tout innocent si elles étaient grosses ou pas. « Bon, ça va » a-t-elle soupiré d’aise après que je lui ai répondu par la négative… « Si elles avaient été plus grosses, on aurait pu les garder pour les manger… » Quoi? Beurk!

De fil en aiguille, après l’avoir longuement questionnée, j’ai appris qu’il existait plusieurs méthodes de contournement à la règle bouddhiste « tu ne tueras point ».

  • D’abord, il est acceptable de tuer si ce n’est pas pour soi. Style, si je demande à la nounou de tuer les fourmis, elle le fera sans arrière-pensée. En même temps c’est exactement le truc que je lui demanderai jamais depuis qu’on m’a expliqué de ne rien tuer ici. Du coup quand elle tue son cafard elle me prête une intention que je n’ai pas réellement. Mais je suppose que c’est pardonnable.

Petites Fourmis

  • Ensuite, tuer ou faire tuer un animal pour se nourrir est permis, dans la mesure où ce n’est pas pour soi seul. Tu peux donc tuer un cochon si tu ne le manges pas tout seul. Pour le cochon c’est pas tellement un problème, mais s’il s’agit d’une crevette, je ne suis pas sûre de comment la règle s’applique.
  • Heureusement il reste une dernière dérogation pour résoudre les cas litigieux. On peut se racheter d’avoir tué un animal en faisant une offrande au temple et là, ça remet le compteur à zéro.
  • Et pour conclure, dans l’idéal en tout cas, mieux vaut manger l’animal que l’on vient de tuer plutôt que de l’avoir tué pour rien…

 

… et c’est ainsi qu’un cobra a été mangé!

Oui, encore une histoire de reptile… (Coucou Tatie!) D’autres de nos voisins ont récemment reçu la visite d’un cobra dans leur jardin. A priori le reptile était un peu inquisiteur, voire franchement agressif. Parce qu’il y avait des enfants et qu’elle est super courageuse, leur nounou s’est emparée d’un bâton et a tué la bête. Bien consciente cependant de la dangerosité du cobra, elle en a tout de même tremblé de frayeur, a posteriori, pendant un long moment.

Serpent

Par modestie, elle a expliqué dans le voisinage que ce n’était pas un très gros cobra. Il paraît que ce n’était vraiment pas un ver de terre, non plus… Un petit deux mètres quoi! Bref, une fois tué, le cobra a fini à la casserole, en soupe! Il semblerait que ce n’est pas parmi les meilleurs serpents, mais que ça donne force et santé!

(Je sais tout ça par notre nounou. C’est très pratique d’avoir une nounou: en plus de garder les enfants, elle nous raconte tous les potins du quartier!)

 

Un environnement zoologique unique

Pour nos enfants, qui ont pour ainsi dire toujours vécu en Thaïlande, cette faune fait partie du quotidien et ne prête pas à l’étonnement. Ils connaissent la dangerosité des serpents et savent comment réagir s’ils devaient en croiser. Ils savent se protéger des moustiques. Ils peuvent distinguer les fourmis qui chatouillent des fourmis qui pourraient piquer. Ils ont appris à respecter les bestioles qui nous entourent, sans les embêter et sans les blesser, comme le veut l’usage local…

… Mais ils ne connaissent rien des insectes « français »! L’été dernier, Petit-Un a découvert, émerveillé, les gendarmes. Quant à Petit-Deux, il ne cesse de s’extasier, ces derniers temps, sur les magnifiques « cafards », qui ornent le lit de la petite sœur à venir! Jugez plutôt des cafards…

Cafards du lit de Petit-Trois

N’en déplaise à Grand-Tatie-Tout-Terrain (je vais être déshéritée à force), notre vie d’aventuriers de pacotille n’est finalement pas très dangereuse! Contre les serpents, notre résidence a des « snake catchers » et procède régulièrement à des épandages de souffre, pour éloigner les reptiles. Contre les moustiques, nous avons des pulvérisations, des moustiquaires, des anti-moustiques et des tas de précautions. Contre les cafards, les fourmis qui chatouillent, qui piquent, et contre les crottes de cafard, je n’ai rien trouvé d’autre que la patience, en revanche. Malheureusement, c’est parfois une ressource qui se fait rare!

Et vous, quelles sont les pires bestioles que vous fréquentez?

 

 

Parenthèse: quelques mots de mes photos…

Mon article est prêt depuis un petit moment mais j’ai eu beaucoup peine à rassembler de quoi l’illustrer un minimum. La fourmi est petite, rapide et fourbe, donc jamais nette. Le gecko est timide et imprévisible: c’est à peine si j’ai réussi à en trouver un « utilisable » sur une centaine de cliches. Quant au cafard, il n’est jamais la quand on le cherche. Remerciements éternels à Papa-Tout-Terrain qui m’en a finalement trouve un a six heures du matin et me l’a religieusement conserve -et en bon état- pour la photo!

 

 

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Mes racines…

Pour nous, l’étranger est un choix de vie en famille. Ce choix nous comble chaque jour, par l’ouverture qu’il nous apporte, la découverte permanente, la rencontre de l’autre… Seulement parfois, nous ne sommes pas là où nous le voudrions. Parfois, nous nous trouvons trop loin des nôtres. Certains jours, ce choix nous pèse. Et parfois nous manquons d’importants moments de partage avec ceux qui nous sont chers. C’est le cas aujourd’hui.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de mon Papé-Tout-Terrain, celui sans qui je ne serais pas là.

 

95 bougies

Sources

Mon Papé, il a bercé mon enfance d’histoires extraordinaires et de contrées lointaines…

Avec Michel Strogoff, il m’a fait rêver au lac Baïkal et aux horizons enneigés de Sibérie où je ne manquerai pas de partir flâner un jour, c’est sûr. Nous avons vibré ensemble en nous racontant les péripéties réjouissantes et trépidantes de Phileas Fogg et Passepartout autour du monde. Et j’en ai gardé une sympathie toute particulière pour l’Asie. Parfois, je me prends à songer qu’à la manière de Nellie Bly, j’emmènerai un jour ma famille faire le tour de la terre, sur les traces de ces deux aventuriers excentriques.

Passepartout sortait affublé d’une robe japonaise - Le Tour du Monde en 80 Jours

Sources

C’est aussi mon Papé qui m’a raconté la beauté des civilisations disparues et donné ces envies d’ailleurs.

Avec sa grosse voix qui subjugue et transporte son auditoire, il rend la vie aux vieilles pierres des amphithéâtres et des forums romains, et convoque parmi nous les consuls avisés, les rois conquérants et les empereurs fous. Alors que mon Papé se passionnait pour l’antique objet d’une visite en plein air, j’ai souvent remarqué que des groupes de curieux qui nous suivaient, l’air de rien, pour profiter de ses éclairages édifiants! (Mon Papé, emporté par sa fougue, n’a jamais rien noté, lui!)

Amphitheatre de Lyon

Sources

Chez mon Papé, il y a un gros caillou qui fait comme des vagues, sur le dessus.

Je l’ai côtoyé vingt ans sans me poser de questions. Et un jour il m’a raconté. Ce sont les cheveux d’une statue gallo-romaine. Il les a trouvés au bord d’un chemin, au temps où les sols pullulaient de vestiges que l’on ne regardait même pas. Il a aussi des estampes japonaises. Des bouts de bois délicieusement décorés qui viennent de charrettes siciliennes traditionnelles.Et ça et là des gravures anciennes sauvées de chez un antiquaire qui s’en servait comme d’emballages. Des portes de commodes décorées de bas-reliefs naïfs et champêtres. Les chiens de font pas des chats. Aujourd’hui, ma maison à moi ressemble à ca:

Notre maison et ses vieilleries

 

Avec mon Papé, j’ai plaisamment souffert sur les déclinaisons…

… Et les conjugaisons latines, et même sur le subjonctif imparfait. J’ai découvert le De Viris, dont les premières phrases, apprises par cœur –avec difficulté- continuent de résonner en moi à chaque fois que je les relis:

 

Proca, rex Albanorum, duos filios, Numitorem et Amulium, habuit. Numitori, qui natu major erat, regnum reliquit; sed Amulius, pulso fratre, regnavit, et ut eum sobole privaret, Rheam Silviam ejus filiam Vestae sacerdotem fecit, quae tamen Romulum et Remum uno partu edidit.

De viris illustribus urbis Romæ a Romulo ad Augustum – Abbé Lhomond

 

J’ai un peu peiné je l’avoue. Beaucoup en fait, parfois. Mais sans cet entrainement cérébral intensif, je ne sais pas si j’aurais pu apprendre le chinois un jour.

De Viris

Sources

 

Depuis des années que j’ai quitté la France, mon Papé est l’un des plus fervents amateurs de mes digressions voyageuses, historiques ou anecdotiques. Mon Papé connaît mon goût des découvertes. Il n’y est pas pour rien. Mon Papé sait mon plaisir à mener ma famille par monts et par vaux, d’explorations en aventures. Là non plus il n’y est pas étranger. Merci Papé d’avoir fait de nous des voyageurs du monde et des voyageurs des temps!

Là, ils se trouvèrent en présence d’un animal … - Le Tour du Monde en 80 Jours

Sources

Aujourd’hui, mon Papé-Tout-Terrain a quatre-vingt-quinze ans. Malgré l’éloignement, nous te serrons fort sur nos cœurs.

Bon anniversaire, Papé!

 

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Gourmandise de grossesse: le durian

Connaissez-vous le durian, ce fruit à la peau hérissée de piquants? Il sent mauvais? Ouvrez le plutôt pour découvrir, multipliée par mille, son odeur infecte au-delà de l’imaginable!… Vous discernerez alors une chair douceâtre, molle et nauséabonde, dont raffolent les asiatiques… Les présentations sont faites: vous connaissez maintenant ma meilleure gourmandise de grossesse!

Si vous ne connaissez pas mais que d’aventure l’on vous en offre, fuyez à toute jambes! Car concrètement, le durian empeste tellement qu’il est interdit dans de nombreux lieux publics, dans la plupart des hôtels, et même dans l’usine de Papa-Tout-Terrain, sous peine de grosses amendes. Pire, de l’avis du néophyte, c’est à peine si la fétidité du bouquet du durian égale son goût pestilentiel!

Paniers de durian

Bienvenue à tous, donc, dans cette nouvelle aventure parfumée!

 

Une odeur fétide

J’ai découvert le durian en arrivant à Shanghai. Dans tous les marchés et les supermarchés régnait une odeur infecte que j’ai longtemps associée à des problématiques de conservation de la nourriture. Au bout de deux ou trois ans, peut-être, j’ai appris que ce fumet était uniquement le fait des durians, exposés au rayon des fruits.

Le durian est lourd et piquant

Visuellement, il ne m’était d’ailleurs jamais venu à l’idée de faire l’acquisition de l’une de ces grosses bestioles. Hérissée de milliers de piques, je n’avais pas la moindre idée de comment la prendre en main, encore moins de comment l’ouvrir. Enorme et pesante, j’imaginais qu’il me faudrait plusieurs semaines –ou une famille très très nombreuse- pour en venir à bout.

 

Première tentative

C’est à l’occasion de la venue de mon Papa en Chine, pour la naissance de Petit-Deux, que nous nous sommes fixés le défi de goûter du durian. Vous noterez que je ne suis pas la seule aventurière dans la famille!

En grande pompe, nous avons donc choisi l’objet de notre crime. Jaune et puant à souhait, sur les recommandations du vendeur. C’est sur le balcon que nous avons procédé, religieusement, à notre toute première dégustation. Et ça ne nous a pas plu. Du tout. J’en ai détesté le goût, épouvantablement écœurant. On a foncé se brosser les dents. Et on s’est débarrassé du reste dans une poubelle de la rue, rapport à l’odeur putride qu’il dégageait.

Nombreux sont ceux qui partagent mon dégoût. Voyez plutôt les réflexions qu’évoque le durian aux critiques culinaires australiens:

Quelques citations relatives au durian

Source: Durian: love it or hate it, is this the world’s most divisive fruit? – The Guardian

 

De la deuxième tentative au début d’une passion

Deux ou trois ans plus tard, en Thaïlande, sur une plage, un vendeur de rue nous propose du durian. Je n’aime pas m’avouer vaincue et d’habitude j’aime tout, sauf la viande reconstituée (Faut pas abuser!). Je retente. Ce n’est pas un amour passionnel, mais ça se mange. Ce n’est pas bon, c’est correct.

A posteriori, ce n’était pas un « bon » durian, d’ailleurs: pas assez mûr, pas assez mou, et pas assez puant. Mais il m’a remis sur les rails de la gourmandise! J’en garderai un souvenir ému!

Durian ouvert

Le durian et moi-même, ainsi réconciliés, cohabitions en assez bon termes, sans passion mais sans dégoût, jusqu’à ce que je sois enceinte de Petit-Trois. Sujette à des nausées perpétuelles et récurrentes, j’ai soudain eu une irrépressible envie de durian, en guise de remède. Eh bien j’ai trouvé ça bon. Très bon. Excellent! Et j’en ai revoulu!

Au début, Petit-Deux m’a reniflé d’un air soupçonneux et m’a même envoyé une fois me laver les dents. Apres avoir reculé plusieurs fois devant l’odeur fétide du durian, il s’est finalement lancé à son tour, a goûté et a adoré! J’ai depuis peu le plaisir de partager ce péché mignon avec lui! Nous nous organisons désormais de mini festins à quatre mains, chacun entamant une extrémité du fruit, jusqu’à nous rejoindre vers les zones centrales les plus crémeuses!

 

Ma nouvelle passion: un châtiment pour toute une famille!

Papa-Tout-Terrain, en revanche, ne partage pas notre passion. Loin de là. Mais comme décidément il n’a aucun défaut, lui qui courait me chercher des fraises quand j’attendais Petit-Un et Petit-Deux me rapporte désormais du durian, à chaque fois qu’il en a l’occasion! Il est tellement attentionné qu’il a même questionné ses collègues pour savoir où se procurer les meilleurs fruits… et que ses collègues me font maintenant parvenir ces régals aux arômes les plus délicats.

Degustation de durian

Le dévouement de Papa-Tout-Terrain ne s’arrête pas là. Parce qu’après il y a l’odeur. Ma nounou m’avait expliqué que son époux l’envoyait manger ses durians dehors… Et bien Papa-Tout-Terrain, au contraire, m’invite à sa table et m’encourage à me régaler à ses côtés, pour plus de confort et de convivialité!

Je ne me suis pas contentée d’empuantir cuisine, d’ailleurs, puisque j’ai aussi pourri l’atmosphère du frigo, malgré mes précautions: boîte, re-boîte et sur-boîte. Papa-Tout-Terrain s’est contenté de sourire gentiment: « Ne t’inquiète pas, ils se conserveront mieux comme ça! »… Pendant ce temps, j’évite juste de croiser le regard de notre nounou quand j’ouvre le frigo… parce que si elle ne dit rien, je crois bien qu’elle n’en pense pas moins!

 

Mythes et légendes autour du durian

Qu’on aime ou pas, je trouve amusant de voir combien le durian nourrit les fantasmes des populations asiatiques. On trouve à son sujet une vaste littérature d’interdits, de mises en gardes et de recommandations.

Premier lieu commun: le durian tueur. Les faits sont contestés, mais il semble que quelques amateurs obèses, cardiaques, diabétique et souffrant d’hypertension serait morts d’infarctus, après d’ingestion de plusieurs kilos de durian. On va considérer que ceux-ci avaient possiblement pris des risques mal maîtrisés. Cependant, sur Internet, des conseils fleurissent pour échapper au pire: ne pas manger de durian en même temps que de l’alcool, de la bière ou du coca, éviter son association avec du lait ou des aubergines (!)…

Autre conseil récurrent: dans la tradition asiatique, le durian est une nourriture dite « chaude ». Mangée en grande quantité, elle déséquilibre les flux corporels. On recommande alors de consommer le durian en alternance avec le mangoustan, un autre fruit considéré quant à lui comme une nourriture « froide ».

Preparation du durian

Enfin, un mythe persistant circule, selon lequel le durian aurait des effets aphrodisiaques notoires. Des chercheurs Indiens l’auraient même démontré en nourrissant des souris de durian pendant deux semaines. D’autres chercheurs clament à l’effet psychologique. A titre personnel, je n’ai pas constaté d’effet particulier, ni dans un sens, ni dans l’autre. Pour les plus sensés cependant, ceci n’est que légende urbaine. Rien n’aurait été prouvé scientifiquement.

Ce qui est certain en revanche, c’est qu’à la pleine saison, les amateurs dégustent le durian en quantités bien déraisonnables, comme en témoigne par exemple la folie des « durian eating contests« , organisés un peu partout en Asie. Il est finalement fort à parier que les conséquences sur la santé des gourmands soient à la mesure de leurs abus… Pour notre part, nous saurons raison garder et nous contenterons de dégustation en gourmets!

 

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Top 5 du snacking improbable en Thaïlande


En Thaïlande, le grignotage est une institution sociale.

Au bureau, ça commence dès le moment du petit déjeuner. L’on apporte de petites douceurs à partager avec ses collègues, pour maintenir les bonnes relations. L’on en laisse aussi quelques-unes sur le bureau du chef parce que c’est le chef. Apres la pause repas de midi, quelques collègues se désignent souvent pour éplucher des plateaux de fruits qui circuleront dans le bureau. Puis, dès trois heures, on ressort de petits encas. On ne va quand même pas risquer la fringale…

Le soir, on dîne tôt, voire très tôt. Puis l’on grignote encore des fruits ou de petits snacks, en famille ou entre amis, en regardant la télé ou en papotant. Le week-end, le snacking est aussi de toutes les sorties. Le moindre marché regorge de savoureux appels à la gourmandise. L’on achète quelques sachets pour la route et l’on s’équipe solidement pour la semaine. Le soir venu, les marchés de nuit ne sont pas de reste! Les marchands ambulants y modèlent sous les yeux du chaland des sucreries colorées et surprenantes, qui attirent tant par l’odorat que la vue. Bref, on ne se laisse pas aller!

Sauf qu’en plus des trucs « normaux », les Thaïs ont développé un goût particulier pour des snacks un peu suspects aux yeux des estomacs occidentaux… et qu’ils prennent un malin plaisir à les faire goûter à leurs potes étrangers, bien sûr! En tant que cobaye aguerri, voici mon petit top des douceurs insolites que l’on consommer volontiers au pays du sourire.

Etalage d'insectes sur un marche

Si les Thaïs en raffolent, soulignons que ces encas ne sont pas thaï uniquement. On les retrouve pour la plupart dans de nombreux autres pays d’Asie, avec des assaisonnements propres aux goûts locaux –soit par exemple, le chili XXL pour la Thaïlande!

 

Top 5 – Les cacahuètes épicées aux anchois

Je me suis en fait « auto-cobayé » pour celui-là! Et ça n’a pas été une totale réussite. Un après-midi paisible au bureau, j’ai soudain été prise d’une petite faim irrépressible de grossesse. Pas de soucis: la plupart des usines ont une épicerie pleine de snacks, rapport aux fringales fréquentes des ouvriers. Dans mon entreprise, une partie de notre salaire est même versée en tickets pour la cantine et l’épicerie. Et si l’on bosse bien, on gagne des tickets supplémentaires.

Rapport à mes nausées, je cherchais un truc bien salé et bien épicé, quand j’avise un paquet de cacahuètes aux piments et aux anchois. Ok, il faut être enceinte pour tripper sur un snack comme ça, mais ça m’a fait drôlement envie. En piochant négligemment dans le sachet, je retourne à mes tableaux Excel… Pas pour bien longtemps! Ce n’était pas de vagues piments mais des piments nucléaires. Ils m’ont fait tellement pleurer que je me suis planquée sous mon bureau le temps que ça passe! Et même qu’il y a un mec qui est entré à ce moment-là, que je me suis fait toute petite et que je n’ai pas bougé, que j’ai vachement flippe qu’il me trouve, jusqu’à ce que je voie avec soulagement ses chaussures de sécurité s’éloigner. Quant aux anchois – excessivement durs, au demeurant- ils n’ont franchement rien arrangé à mes nausées!

 

Top 4 – Les algues séchées

Certes, manger de l’algue séchée a quelque chose de surprenant… Mais détrompez-vous, c’est vraiment super bon! Il y a des modèles de base, qui ressemblent aux feuilles dans lesquelles on enroule les sushis, mais aussi des modèles bien plus élaborés, avec des algues grillées ou frites, et des arômes « piment », « barbecue » ou même « fromage ». Je n’ai d’ailleurs pas testé l’algue goût fromage… il faudra que j’essaye! Elles sont commercialisées sous forme de grandes feuilles, de petites feuilles ou même de rouleaux.

Algues

Au départ, l’algue séchée est certainement bien plus japonaise que thaï, mais cet encas a aujourd’hui envahi toute l’Asie. Chose étonnante, Petit-Un, qui a de très importantes phobies alimentaires, adore ces algues: c’est même le seul végétal qu’il ingère, avec la tomate du ketchup!

 

Top 3 – Le poisson séché

Il est huit heures du matin. Je vais commencer le « team briefing » et une petite admin toute mignonne me tend un grand sachet de calamars séchés, parfumés au miel. Là, ça dépend des jours. Il y a des jours où je ne peux pas. La poiscaille séchée à jeun, c’est dur, quand même! Mais parfois je me laisse tenter.

Sur le principe, ce n’est pas mauvais, le poisson séché. D’autant qu’il y en a pour tous les goûts. Il y a du poisson, du calamar, parfois du crabe. Il y a de l’industriel, avec une chair régulière et passée à la moulinette. Il y a de la production locale, qu’on voit sécher au soleil, aux alentours des ports de pêche: dans ceux-là, il reste souvent les arrêtes, mais ça peut aussi se manger, et ça croustille, même si c’est un peu étouffe-chrétien. Il y en a au goût salé, au goût nature, au goût de miel, au goût barbecue…

Poisson seche

Le long des autoroutes, dans les marchés locaux, l’on peut voir des étalages linéaires de ces gourmandises, que l’on achète au poids. Cela fait de très beaux éventaires! Mes préférences vont généralement aux productions « maison », au goût nature ou salé, mais sans arrêtes. Il faut donc se tourner plutôt en direction de gros poissons ou de calamars… Avis aux amateurs!

 

Top 2 – Les chips de graisse de porc

Pour préparer ce billet, j’ai eu un long débat hier avec deux collègues de mon usine (qui n’est pas une usine de chips de graisse de porc). Ils n’ont pas réussi à se mettre tout à fait d’accord sur le mode de préparation exacte de ces « chips ». Pour Sawannee, la directrice de production, il s’agit de peau de porc frite à l’huile. Pour Nattapong, le directeur achat, c’est de la graisse de porc « re-frite ». Les deux en revanche se sont accordés sur le fait que c’était très calorique. Je n’avais d’ailleurs aucun doute sur ce point!

Chips de gras de porc

Quoi qu’il en soit, c’est bon! Toujours pas pour le petit déjeuner, je m’entends. Mais ça, ça se consomme plutôt en accompagnement d’une bière fraiche ou d’un whisky à l’eau gazeuse (beurk), et franchement, c’est le pied! Vivement que je puisse picoler à nouveau!

 

Top 1 – Insectes variés

J’ai gardé en Top 1 les insectes, parce que je me suis doutée qu’ils feraient particulièrement plaisir à Grand-Tatie-Tout-Terrain. Oui, bon, ne faites pas les étonnés, parce que tout le monde sait bien qu’on mange des insectes en Thaïlande! On n’a pas encore goûté de toutes les sortes, mais je commence tout de même à avoir testé une petite palette. Papa-Tout-Terrain un peu moins: il est un poil pusillanime en la matière.

Insectes Frits - Delicieux

Ce que j’aime bien, c’est les insectes frits et salés. Bien frits, ils craquent sous la dent et font un peu chips! Les petits vers blancs jaunâtres, avec des mini pattes, sur la photo, étaient par exemple succulents. En Chine, j’avais aussi mangé des larves de vers à soie cuites à la vapeur, qui m’avaient fait le meilleur effet. Mais globalement, méfiez-vous des cuissons hors friture, parce qu’un insecte bouilli et mollasson, c’est tout de même moins ragoûtant!

Ce que j’aime nettement moins, outre les insectes bouillis, c’est les insectes pas assez salés. Imaginez-vous qu’on vous serve un plat de chips sans sel a l’apéro… ben ça ne donne pas très envie d’y retourner! Et même si parfois ils sont agréablement épicés, vraiment sans sel, ça ne me suffit pas!

Insectes avec des pattes qui se coincent dans les gencives

Ce que je n’aime pas du tout, pour finir, c’est les insectes avec de grosses pattes crantées. J’imagine que quand t’es insecte, ça doit être pratique pour t’accrocher. Mais quand tu deviens insecte frit, ça t’accroche sur les gencives de ton consommateur ou pire, sous ses gencives ou dans le fond de sa gorge. Ça peut devenir super dur à avaler et du coup, pas agréable du tout! A posteriori, je me dis qu’il faudrait peut-être que j’enlève les pattes, mais mes collègues mangeaient tout, donc je n’y ai pas pensé… Bon, à réessayer!

 

Cobaye: une vocation!

Pour l’anecdote, au fil du temps, j’ai acquis une réputation toute particulière au bureau, en incarnant l’étrangère qui accepte de tout goûter. (Voyez plutôt la photo des douceurs que mes collègues ont gentiment prépare sur mon bureau.) Ce doit être lié à mon gout prononcé pour l’inconnu, car j’ai parfois fait des découvertes pour le moins déroutantes. Du reste, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous mon « top 1 ex-aequo », que je n’ai malheureusement pas pu intégrer dans cette liste, parce que je n’en connais pas le nom, que je ne l’ai pas pris en photo, et que j’ai même perdu de vue la collègue qui me l’a fait essayer…

Mon bureau et les gourmandises de mes collegues

Bref, c’était il y a deux ans, vers cinq heure, l’heure où l’on partage les goûters avant de démarrer les heures supp’. Une collègue un peu âgée, style mamie, m’apporte une feuille de bananier délicatement pliée, et qui contient une préparation d’ordre alimentaire, comme c’est souvent le cas en Thaïlande. J’ouvre. C’est rose tacheté de blanc. Et ça sent fort l’ail. Je goute. Ca a effectivement un goût d’ail très très prononcé, et aussi, c’est atrocement piquant.

Je me renseigne. Notez bien que je me renseigne toujours dans un second temps, histoire de ne pas être découragée a priori. Il s’agissait donc d’une saucisse maison, faite de viande de porc crue, marinée dans de l’alcool, et parfumée de piments et d’ail. Même en sachant ce que c’est, je n’ai pas trouvé pas si mauvais… mais vraiment très très aillé. J’ai sans doute ingéré ce jour-là deux ou trois gousse d’ail et n’ai plus osé ouvrir la bouche de la soirée. Mais j’ai aussi compris d’où venait l’odeur prégnante qui flottait parfois dans le bureau dès le petit matin…

 

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Le Boeing 747 de Korat


Petit-Un est passionné d’aviation. Plus tard, il veut conduire des avions. Ou en construire. Ou en avoir. Bref, le projet n’est pas encore très net, mais les contours sont là!

Le jour, il bâtit des parkings en Kapla pour sa collection d’A380 et de Boeing 777. Pendant les siestes de son frère, lui qui n’aime pas tellement l’écriture remplit des pages entières du mot « avion » (à égalité avec « frites »). Il joue presque quotidiennement à l’aéroport avec Petit-Deux. En bon puriste, il ne transige jamais sur les règles: il faut enregistrer les bagages avant de passer la sécurité! Et le soir, il se perd souvent en rêveries dans L’Imagerie des Avions, et demande régulièrement à relire les amusantes aventures de Violette Mirgue: « Tu comprends, il y a un A380! Ça me fait du plaisir, un A380! »

Aussi, le jour où je suis tombée sur un billet intitulé « Un Boeing 747 dans les Rizières« , sur un chouette blog qui parle de coins inédits de Thaïlande, j’ai tout de suite su que c’était pour nous! Quelques mois plus tard, c’est finalement notre virée a Korat, pour le mariage de ma collègue P’Kung, qui nous a fourni l’occasion de ce petit détour.

 

Le Boeing 747 de Korat en Pratique

  • Coordonnées GPS: 14°52’32.9″N 102°02’34.2″E
  • Prix et ouverture: Pour l’instant, le terrain n’est pas clos et l’entrée est libre.
  • Durée de l’activité: un gros quart d’heure ou une petite demie heure pour un bon coup d’œil en se dégourdissant les jambes
  • Note pour ceux qui préparent un voyage en Thaïlande: Korat et Nakhon Ratchasima sont deux noms différents de la même ville. « Korat » est plutôt utilisé à l’oral, alors que vous trouverez presque toujours « Nakhon Ratchasima » indiqué sur les cartes et documents officiels.

 

Dans un coin paumé…

En faisant mes repérages pour la balade, j’avais eu grand-peine à situer les lieux. Peut-être qu’en lisant le thaï j’aurais eu plus de chance, mais pas le temps d’apprendre le thaï pour trouver un avion. D’un article en anglais, j’avais tout de même réussi à conclure que l’avion se situait dans un rayon de quatre kilomètres, en partant de la Suranaree University of Technology, elle-même localisée au sud-ouest de Korat. L’aire d’un cercle étant égale au produit du nombre pi par la longueur du rayon du cercle au carré, ça nous laissait 50,24 kilomètres carrés à explorer. Le tout entouré de champs de manioc et de rizières. En désespoir de cause, je me suis dit que ça devrait être assez plat pour voir un avion de loin.

Sur la route, nous ne dévoilons rien aux garçons, pour le plaisir de les surprendre… et aussi, parce qu’on n’est pas si sûrs que ça de le trouver, notre Boeing! Grand bien nous en a pris. En arrivant à proximité des lieux… rien! Si des champs. Qui ne sont même pas des rizières –et pour le manioc, on ne sait pas trop à quoi ça ressemble. On tourne un peu. Pas d’indications. Très peu de bâtiments. Nous sommes stoppés par une barrière de sécurité défendue par des gardes. Ils nous font signe que l’accès nous est interdit.

« On pourrait leur demander, pour ce que tu sais… », je dis. (On parle en code rapport à la surprise pour les enfants.) « Bonne idée », s’enthousiasme Papa-Tout-Terrain. « Oui, mais moi je peux pas y aller, j’ai peur et je suis timide et je suis fatiguée et je suis enceinte et j’ai faim aussi… alors tu veux bien leur demander?… S’il te plaît? »

 

… Un avion paumé!

Papa-Tout-Terrain soupire, embarque le téléphone avec la photo de l’avion, et s’en va accomplir son devoir de chef de famille. Derrière le pare-brise, je vois le garde étouffer un rire jovial et appeler son copain. L’autre garde rigole aussi, et avec un troisième, ils font de grands gestes pour indiquer une direction imprécise. Ensuite ils escortent Papa-Tout-Terrain à la voiture pour le plaisir de jeter un coup d’œil à la petite famille assemblée. Ils tentent même une photographie des enfants, à la volée.

Le Boeing 747 de Korat

« C’est par là… »La direction n’est effectivement pas très claire, une traduction du thaï aurait été utile, mais c’est mieux que rien. « Les garçons, aidez-nous et ouvrez grand les yeux: on cherche quelque chose! » De façon étonnante, les enfants se prêtent volontiers au jeu… sans nous demander ce que l’on cherche.

« J’ai besoin de faire pipi! » s’écrit soudain Petit-Un, sans avertissement préalable. Au moins c’est le bon moment: on est en pleine campagne. C’est l’occasion de découvrir qu’il a omis le slip en s’habillant. Il s’explique. « Ben non, ça sert à rien, ça ne se voit pas! » Décidément, ce garçon a beaucoup hérité de son père, et en particulier de son esprit rationnel, direct et pragmatique. (Mais Papa-Tout-Terrain porte des sous-vêtements, hein.)

On repart dans notre quête, en commençant à se dire qu’on ne trouvera jamais, quand tout à coup, une lourde silhouette métallique se dessine sur le ciel. Un avion! Petit-Un est au comble du bonheur! Il veut descendre tout de suite, s’avancer, mieux voir… Des étoiles brillent dans ses yeux. On se gare en vitesse.

 

La découverte

L’avion trône, seul, au milieu d’un terrain nu et pelé. Petit-Un est subjugué. Il ne quitte pas l’avion des yeux et traîne son père par le bras, pour s’approcher plus vite. Petit-Deux, malgré de longues négociations, refuse de mettre un pied dehors. Et ce garçon a la tête dure.

Le Boeing 747 de Korat

Çà et là, des familles locales ont abandonné leurs véhicules au milieu de tas de pneus dont on ne comprend pas vraiment l’objet. Tous se pressent pour admirer de plus près le géant des airs. On s’extasie, on rit, on se prend en photo… Il règne une atmosphère de fête de village sur le terrain vague.

Quelques jeunes gens plus hardis ont approché leur pick-up de l’avion. C’est l’un de ces véhicules comme les aiment les Thaïs, « tuné » au possible et transformé en enceinte géante, qui crache une musique de boîte de nuit. Des haut-parleurs colossaux ont été installés dans le coffre. Ils sont éclairés par des néons stroboscopiques aux couleurs bariolées, qui suivent les rythmes de la musique de sauvage. Souvent, des jeunes filles peu vêtues et aux cuisses effilées dansent sur les capots de ces pickups, sans que cela n’affecte en rien l’ambiance familiale et bon enfant de la réunion. Ce n’est pas le cas aujourd’hui. On se contentera de la musique.

Le Boeing 747 de Korat

Quelques pas plus loin, un groupe de Mamans entame les préparatifs d’un pique-nique géant, pour un nuage pépiant d’enfants qui les accompagnent. Une natte de bambou est déjà étalée sur le sol. Poulet et riz gluant trônent en bonne place, aux côtés de quelques salades de papaye et de douceurs. Des verres de whisky, d’eau gazeuse et de glaçons sont déjà prêts pour les hommes. C’est la boisson alcoolisée populaire, par excellence. Et ce n’est pas terrible. Les femmes généralement ne boivent pas en public.

 

Une étape plaisante pour qui passe par là

Profitant d’un instant de silence dans brouhaha, l’alarme de notre voiture choisit justement de se mettre à hurler. C’est Petit-Deux, qui vient de décider qu’il devait absolument se dégourdir les jambes « tout de suite », sans même désarmer la sécurité du véhicule. Petit-Trois, mon ventre et moi-même partons en courant en direction du véhicule, sous le regard médusé des mères de famille qui pique-niquent. Elles lancent quelques plaisanteries que je ne comprends pas. Je ne leur en veux pas, je ferais la même chose à leur place!

Nous poursuivons nos découvertes. Au pied du Boeing, un concessionnaire a installé deux énormes motos rutilantes. Quelle formidable exposition! Les badauds se pressent pour être photographiés sur ces monstres de vitesse. Avec un sublime arrière-plan aéronautique, c’est une belle publicité pour le vendeur malin!

Le Boeing 747 de Korat

Un peu plus loin, les enfants restent ébahis, en découvrant les immenses roues de l’avion. C’est la première fois qu’il nous est donné de nous en approcher d’autant! Tout le monde est ravi. Petit-Un râle juste un peu parce qu’il n’y a pas de passerelle, pour atteindre la porte du Boeing… Nous ne pourrons pas pénétrer à bord de l’appareil.

La visite est brève, somme toute, mais mérite le détour, si l’on est dans la région. Grands et petits y ont trouvé leur plaisir. Les enfants se sont réjoui d’avoir vu un avion en vrai, de si près, et ont adoré pouvoir en toucher du doigt la carlingue. Quant à nous, les parents, nous avons été une fois de plus séduits par cette ambiance festive, familiale, populaire, simple et décontractée, de la Thaïlande qu’on aime.

 

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Le port de Rayong – tradition et pollution


Direct, à la lecture ce titre, je vous sens déjà trop motiv’ pour venir visiter le port de Rayong. C’est ça, hein? Allez, tous à bord et que personne ne traîne les pieds!… On va voir la mer, un temple chinois, des bateaux de pêche aux milles couleurs, et on finira par un bon gueuleton! Certes, la zone est polluée, et nous reviendrons là-dessus tout à l’heure. Mais surtout, c’est un petit coin sympa qu’on aime pour les dimanches calmes en famille.

Le port de Rayong

 

Le port de Rayong en Bref

  • Coordonnées GPS: 12°39’25.6″N 101°16’27.7″E
  • Restaurant Laem Charoen: entre 1000 et 1500 THB pour quatre personnes, en fonction des plats commandés
  • Idées de promenade: Le vieux port de pêche, la jetée, le temple chinois, la plage… Si l’on est motorisé, suivre le front de mer vers l’est sur une dizaine de kilomètres: c’est une zone de plages et de restaurants informels, où les habitants de Rayong se plaisent à passer leurs week-ends, entre baignades et pique-niques.

 

Le port de Rayong - Carte

Cliquez sur la carte pour l’agrandir

Ne pas démarrer trop vite le dimanche…

Il est 6h28 et la douce voix de Petit-Deux nous réveille: « C’est bon, on peut avoir des meringues maintenant?« . Bon sang, mais c’est vrai! Il y a urgence! Hier soir on avait dit « Seulement une pour le dessert… et vous pourrez une avoir une autre pour le petit déjeuner, demain. » Saletés de meringues qui nous rattrapent. Je fais semblant de dormir et de n’avoir rien entendu. Papa-Tout-Terrain émet un grognement. En mari parfait, il s’extirpe des draps avec une grâce toute matinale et me propose de dormir encore. Reçu 5 sur 5! Merciii! Je me retourne pendant que Petit-Deux court en hurlant, en direction de la chambre de son frère: « Ils ont dit ouiiiii! »

Un peu plus tard, je retrouve mes trois hommes en train de construire des avions de Lego, sur la table de la cuisine. Petit-Un a le museau couvert de miettes de meringue. « Vas te regarder dans une glace pour te débarbouiller un peu! » Tout guilleret, il fonce en direction du congélateur! Ben oui, on a bien dit une glace, non?… Ce n’est pas comme si on était gourmands, chez nous, hein…

Tout juste propre, il entraîne déjà son frère: « Allez Petit-Deux, on va s’habiller! » Quel bonheur d’avoir des enfants qui s’habillent seuls… malgré quelques fautes de goût, à l’occasion, qu’il nous faut alors supporter la journée entière… Papa-Tout-Terrain et moi-même sombrons dans une rêverie ensommeillée, le nez dans nos tasses à café. On entend résonner une voix claire à l’étage: « Petit-Deux, tu as oublié ton slip! »

Trop vite, les garçons redescendent: « Qu’est-ce qu’on fait maintenant? » Il faut se rendre à l’évidence: nous boirons notre café tranquilles quand ils seront adolescents. Par désœuvrement sans doute, Petit-Deux balance gratuitement sa trottinette dans les jambes de son frère. Ça urge! Allez, en voiture, on part à Rayong!

 

Sur la jetée

Rayong est la capitale de la province du même nom. C’est une ville qui s’est développée très rapidement depuis la fin des années 80, en particulier autour de ses activités portuaires et de ses industries pétrochimiques. Mais c’est comme si son vieux centre était resté à l’écart de l’agitation économique. Avec ses maisons traditionnelles de bois, ses rues trop étroites et ses marchands ambulants, il conserve le charme désuet de la bourgade d’il y a un demi-siècle. Loin des barges modernes et des monstrueux porte-containers, le vieux port aussi a gardé ses bateaux de bois coloré, ses pêcheurs laborieux et ses frétillantes fritures argentées. Nous aimons ce monde oublié du temps.

La jetee - Rayong

Nous rejoignons le front de mer. Direction la jetée qui s’enfonce vers les flots. Les enfants sautent de rocher en rocher et se plaisent à observer les activités des pêcheurs du dimanche. Eux ne sont pas des professionnels. Ils ont venus en mobylette ou en pick-up, avec leurs gaules, quelques amis, et parfois des enfants. Ils devisent gaiement en attendant d’attraper leur diner. Curieusement il n’y a pas de femmes. La Thaïlande est plutôt paritaire, pourtant. J’imagine que l’activité ne doit pas passionner les épouses. Ce sont peut-être elles, d’ailleurs, sur la plage, qui devisent gaiement sur des nattes de pique-nique?

La jetee - Rayong

Nous observons deux techniques de pêche bien distinctes. D’une part, celle bien connue de la canne à pêche. Mais aussi une méthode inédite, où le pêcheur entre dans l’eau jusqu’au cou, pour se rapprocher de ses prises. Ce dernier est alors équipé d’un simple fil, ou parfois d’un filet. Il est le plus souvent seul, se déplaçant lentement et dans un parfait silence. Autant que faire se peut, nous demandons aux garçons de respecter la quiétude des lieux.

 

Industries et pollution

Du bout de la jetée, on voit la zone industrielle de Map Ta Phut, qui regroupe d’énormes usines pétrochimiques et plastiques, à une douzaine de kilomètres de là. C’est elle qui a fait la prospérité de la région, ces trente dernières années. Malheureusement, sur la même période, elle a également été responsable de graves accidents environnementaux, ainsi que d’une pollution extrême de l’air, de l’eau et des sols. Il semble qu’elle soit à l’origine de nombreuses maladies et d’un taux de cancer particulièrement élevé sur la région.

De Map Ta Phut au port de Rayong

La question de Map Ta Phut est cependant complexe. Cette zone a joué un rôle clé dans le développement économique et technique du pays vers la fin des années 80. De par la nature de ses industries, elle a impliqué une forte concentration des activités et a nécessité de gros apports de capitaux, tant de la part du gouvernement que d’entreprises locales et étrangères. Aujourd’hui, il est évident que faire machine arrière sera long et coûteux.

Map Ta Phut vu du port de Rayong

Depuis 2009, le gouvernement est devenu réellement exigent, quant à l’implantation de nouvelles activités. Il a refusé 85% des nouveaux projets industriels, et demande désormais des analyses d’impact de plus en plus poussées, sur l’environnementaux et la santé. En parallèle, des projets de décontamination et de dépollution commencent à voir le jour, mais la route sera longue. Pendant ce temps, la population continue d’être empoisonnée à petit feu. C’est hélas le lot de bien des pays émergents.

 

Le temple chinois

Nous revenons sur nos pas en direction du vieux port. En chemin, sur une esplanade écrasée de soleil, quelques fidèles se sont rassemblés pour brûler de l’encens dans le petit temple chinois du quartier. Les temples chinois ne ressemblent en rien aux temples que l’on peut voir en Chine. On les appelle seulement ainsi parce qu’ils constituent le réceptacle d’un bouddhisme arrivé de Chine au moment des grandes migrations de la fin du 19eme siècle.

Temple Chinois du port de Rayong

Aujourd’hui, en Thaïlande, presque tout le monde revendique d’ailleurs quelques ancêtres chinois. Il y a même des blagues à ce sujet. Un jour que je m’étonnais d’un fort absentéisme dans mes équipes, je me suis vue expliquer que les jours de fêtes traditionnelles chinoises, tous ceux qui désiraient se reposer un peu dégainaient un ancêtre chinois, pour justifier leur journée… « Sauf Untel: lui, il a trop picolé hier soir! », a rajouté malicieusement l’un de mes chefs d’équipe.

Temple Chinois du port de Rayong

Bref, les temples chinois sont généralement très colorés, fort découpés, et sculptés de volutes improbables. Abrités de toits convexes, plantés de figures protectrices, leur architecture typique et colorée ne manque jamais d’attirer le regard. A l’intérieur, les bouddhas classiques y côtoient des représentations de Guanyin et des rois sacrés, personnages traditionnels des cultes chinois. Ce sont des lieux de recueillement ouverts aux fidèles et aux infidèles, et à l’ambiance si chaleureuse que les enfants nous demandent parfois d’y aller brûler quelques bâtons d’encens. Ce n’est pas tellement notre religion, mais la découverte de la spiritualité, la reconnaissance et le respect des croyances d’autrui méritent bien ces petits écarts œcuméniques.

 

Le vieux port de Rayong

Nous terminons notre boucle dominicale par un passage sur le port. Il est bordé de grands hangars ouverts, qui s’adossent lourdement aux maisonnettes des pêcheurs. Les habitations sont basses et construites en bois sombres. Elles servent surtout aux moments de repos. Les hangars abritent non seulement les activités de la pêche, mais aussi les menues occupations quotidienne de la famille: on y mange, les enfants y jouent, et un mini hamac a même été installé pour la sieste du petit dernier. Au fond, les femmes vident les poissons, démêlent et réparent les filets, tandis que les hommes préparent les bateaux pour leur prochaine sortie.

Le port de Rayong

Ils sont beaux, d’ailleurs, ces bateaux aux couleurs vives, à la forme distinctive, et sur lesquels s’empilent filets et bidons de plastique. Les enfants agitent les bras lorsqu’ils les voient traverser le port en direction du large. Les marins partent certainement pour plusieurs jours, si l’on en croit le linge qui sèche aux hublots. Leur vie ne doit pas être facile, malgré les jolies photos que nous tirons de leur quotidien, aux accents un peu désuets.

Le port de Rayong

Nous nous installons face au port, à la terrasse d’un restaurant local que nous apprécions. De manière très prosaïque, nous avons d’abord aimé l’endroit pour son toboggan, parce que ça n’a pas de prix de manger en paix… et nous nous y sommes tant régalés que nous y retournons très souvent! Currys de crustacés aux asperges sauvages, pattes de crabes à la vapeur, crevettes sautées à l’ail, coquillages grillés aux fines herbes, poissons frits ou bouillis… que de plaisirs pour les yeux et pour les papilles!

Festin Thai

 

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