On a fait la rentrée des classes

On a fait la rentrée des classes. Pile poil le lendemain de notre retour des vacances en France. Avec l’euphorie du décalage horaire, les enfants n’ont pas tout à fait réalisé que cela signifiait le recommencement des jours studieux. Ils débordaient d’enthousiasme. La preuve, tout le monde était sur le pied de guerre dès une heure du matin. La journée allait être longue…

Enfin, aux premières lueurs de l’aube, Petit-Deux s’est jeté sur son nouvel uniforme, celui des classes primaires, avec sa Sainte Cravate.

Puis un peu plus tard…

On a rectifié les détails, mais je vous jure, Grand Dieux, qu’il était beau, notre petit homme!

Et si Petit-Deux portait cette année la cravate à élastique des « moyen-grands », Petit-Un, lui, avait été promu « presque-très-grand’ et écopé d’un véritable nœud, désormais. Alors, comme la moitié des Mamans de la classe, la veille de la rentrée, autour de 23h, je me suis plongée dans l’apprentissage du nouage cravatesque sur YouTube. J’en suis ressortie avec une formation express à l’usage de ma progéniture, qui, quoi qu’un peu désinvolte, s’est avérée fort efficace.

Vu le nombre de Mamans ayant similairement récupéré des mômes avec des cravates sur la tête, il semblerait qu’il s’agisse là d’une forme de mode rituelle chez ces mini aspirants à l’adolescence.

 

J’en reviens à ma rentrée.

Au matin dit, donc, sur la route de l’école, j’ai découvert un petit nez qui coulait. Pas de mouchoir, bien sûr. Mes bonnes habitudes s’étant certainement égarées quelque part dans la volupté des grandes vacances. J’ai prestement essuyé le fautif du revers de mon tee-shirt. Les rentrées sous le signe du décalage horaire tolèrent bien l’à-peu-près.

Pas plus de deux minutes plus tard, il s’est mis à pleuvoir. « Comme une vache qui pisse », a fait promptement remarquer Petit-Deux. (Dois-je me féliciter de la façon dont les enfants retiennent mes idiomes français?…) Les restes de la giboulée se distinguent d’ailleurs nettement sur notre photo officielle de rentrée. Avec des mèches humides et des chemises bicolores, selon qu’on regarde l’endroit sec ou l’endroit mouillé. Et c’est encore un peu dégoulinante que j’ai eu le plaisir de saluer les nouveaux enseignants des enfants. Le secret consiste à garder un visage composé et digne, entre les cernes et les gouttes.

Les enfants ont retrouvé leurs copains et leurs fabuleuses parties de « hide-and-seek tag« , une espèce d’hybride entre le cache-cache et le loup. Pour la première fois, Petit-Un a hérité d’un professeur homme. Il l’a donc logiquement appelé « maîtresse » toute la semaine. Question d’habitude.

Mais la plus ravie de tous, c’est sans conteste Miss-Trois, qui a recouvré avec ma personne la disponibilité d’une esclave dévouée, prête à lui lire Tchoupi à presque n’importe quel moment de la journée (ou de la nuit). (Se reporter au chapitre relatif au décalage horaire.)

Et c’est reparti pour un tour.

Une nouvelle année à les voir grandir et progresser. A les tracasser avec les devoirs, à douter de notre choix du bilinguisme. Compter pour le plaisir, répéter, conjuguer, se questionner, apprendre. Lire ensemble tout ce qui nous tombe sous la main, surtout. Ecrire un peu et dessiner parfois. C’est reparti pour un tour avec nos semaines au rythme épuisant et ces week-ends de découvertes, qui sont toute notre raison d’être ici.

Vive l’école et bonne rentrée à tous!