Ratés de vacances autour de Hua Hin

Hua Hin vue de Wat Khao Takiap

Y a des fois où ça veut pas. Et quand ça veut pas ça veut pas. Hua Hin, ça voulait pas. Pourtant on a essayé deux fois: quand on l’a traversée du nord au sud, puis sur le trajet retour, du sud au nord. Dans un sens comme dans l’autre, on n’a pas tellement aimé la ville ni l’environnement, en soi. D’autant que les garçons ne nous y ont pas gratifiés du meilleur d’eux-mêmes, question attitude.

En fait, si, le Palais Mrigadayavan, on a adoré. Du coup j’en parle dans un billet séparé. Peut-être que les enfants y ont épuisé d’un coup leur quota de bonne volonté pour la région. En tout cas, il n’en restait visiblement plus pour après. Et pis ça ne s’est pas bien goupillé. Car ce n’est pas un endroit très adapté aux familles. Et ce n’est pas notre idéal-type de destination. Bref, quand ça veut pas ça veut pas.

Niveau parcours, on avait fait simple. On a globalement suivi la cote, de Cha’Am à Hua Hin, en s’arrêtant aux activités touristiques principales, en fonction de nos humeurs et du moment:

Carte de la region de Hua Hin
 Sources: GoogleMap

 

La Wildlife Friends Foundation

Sur ce coup-là tout est de ma faute. Le Wildlife Friends Foundation se visite sur réservation uniquement. Il s’agit d’une institution qui recueille des animaux maltraités, les soigne, et leur permet de vivre à nouveau dans des environnements plus proches de la nature. Au programme, une visite du site et une présentation des animaux le matin, puis une balade avec des éléphants l’après-midi. Sauf que tout se fait à pied, et qu’avec mes plus de huit mois de grossesse, je n’étais pas sûre de pouvoir tenir le choc. On a hésité jusqu’à la dernière minute. On s’est pointés le matin sans réservation. Et on s’est vu refuser l’entrée. Tant pis. C’est le jeu. Cela dit, j’ai lu partout le meilleur de cette visite et de cette fondation. Nous y retournerons à coup sûr, si nous repassons dans la région.

 

La Hutsadin Elephant Foundation

Du coup on s’est repliés sur la Hutsadin Elephant Foundation. Sur son site web, elle se présente comme une association à but non-lucratif, qui recueille des éléphants maltraités. Ben à vue d’œil c’est une vaste escroquerie! Je ne suis pas professionnelle de la chose, mais si je voulais sauver un éléphant, je ne m’y prendrais pas comme eux.

On entre via une sorte de temple privé hindou. Des statues plus grosses et plus dorées les unes que les autres. L’environnement fait très riche. On nous oriente directement vers les caisses, en nous proposant une balade à dos d’éléphant. Pas du tout dans l’esprit du respect des animaux, vu les photos. On décline. Les enfants sont déçus. On opte, dubitatifs, pour l’option de laver un éléphant. Avec en prime un spectacle.

Hutsadin Elephant Foundation

Ils vont nous chercher un malheureux animal attaché aux pieds et humide du précédent « lavage ». Curieusement le show nous est destiné, à nous seuls. Le cornac fait faire quelques tours à l’éléphant. Le fait s’assoir par terre. Puis lancer un ballon de foot. Puis faire quelques photos avec nous. Entre chaque activité, il nous ramène la pauvre bête pour nous demander de l’argent. Enfin, nous raccompagnons l’animal dans son enclos bétonné pour le doucher au tuyau d’arrosage. Il n’y prend visiblement aucun plaisir. On sent juste chez lui une immense résignation.

Hutsadin Elephant Foundation

Les enfants ont aimé faire les gardiens de but contre l’éléphant. Ils ont aimé le voir de près et l’asperger d’eau. Les grands sont surtout ressortis tristes. On a expliqué aux garçons que les éléphants étaient plus heureux dans la nature.

Quant à la Hutsadin Elephant Foundation, leur site web est totalement trompeur. Et je ne sais que penser des certificats d’excellence reçus de la part de Trip Advisor. Parce qu’en plus, c’était pas top.

 

Swiss Sheep Farm

Le jour est encore jeune. Nous nous décidons pour un passage à la Swiss Sheep Farm. Le parc est similaire en tout point à celui de Pattaya. Il n’a rien de remarquable, ce n’est pas vraiment le genre d’activités que nous recherchons en vacances, mais nous pourrons y passer un moment agréable.

Dès l’entrée, les enfants repèrent des balançoires. Complètement à l’opposé, si l’on suit le sens de la visite. Sous le soleil de plomb, on se retrouve donc à traîner deux petits êtres maugréants, qui ne songent qu’à rallier leur jeu fétiche. On y arrive. Je m’assieds pour souffler un peu. Enorme colère de Petit-Deux, qui tient à ce que je le balance, personnellement. Colère tellement énorme que je dois finalement l’évacuer du parc. Sous l’œil médusé de touristes chinoises en robes à froufrou, qui s’esbaudissent: « Waiguoren, waiguoren! » (= »des étrangers, des étrangers! »).

Pendant ce temps, Petit-Un s’est rappelé être passé devant un stand de tir à l’arc, tout à l’entrée du parc. Il adore voir son père tirer à l’arc. Il insiste à en devenir lourdingue. L’expulsion de Petit-Deux rend le départ imminent, après même pas quinze minutes dans le parc. Par compassion pour notre ainé, Papa-Tout-Terrain accepte l’activité. Malheur, il n’y a plus de flèches! A son tour, Petit-Un quitte les lieux en sanglots. Il passera l’après-midi à nous demander pourquoi il n’y avait plus de flèches dans le parc. Excellente question, puisqu’il y avait bien des arcs. Et je ne vois pas comment ils peuvent paumer les flèches avec des cibles à quinze mètres de distance. Cela restera un mystère.

 

Plearn Wan

Jusque-là, nous avons enchaîné les défaites. Persévérants, nous nous rabattons alors Plearn Wan, un ensemble de boutiques orientées « artistique », dans un cadre pseudo vintage. L’installation est construite en bois sombre, et constitue un cadre très agréable. Les étalages en revanche ne proposent que des pacotilles « made in China ». Pas grave, ce n’est pas comme si on avait le temps de faire les boutiques avec nos deux enfants-monstres, aujourd’hui.

Plearn Wan

L’extrémité de Plearn Wan propose une ambiance de fête foraine, avec une jolie grande roue. « Maman, Papa, on peut faire un tour s’il vous plait? » C’est demande si gentiment… Haut les cœurs, retour de la bonne humeur… C’est parti pour un tour! « Ah, désolée Messieurs-Dames, mais cette grande roue est seulement décorative. »

Je vous l’ai dit, quand ça ne veut pas ça ne veut pas!

On s’est piteusement rabattus sur des frites. On finissait par avoir un peu faim et les enfants étaient plutôt contents, rapport au ketchup. Sauf qu’à la seconde où les frites sont arrivées sur la table, Petit-Deux a eu besoin d’urgence d’aller aux toilettes. Oui oui. Vous l’aviez oublié, qu’il avait une gastro, hein?

Parce que quand ça veut pas ça veut pas.

 

Une jolie nuit au Lotus Villas & Resort

Là on a abandonné. On a dit on rentre à l’hôtel. On va faire une sieste. Dormir pour oublier. Laisser tomber. Ça veut pas ça veut pas.

L’hôtel était à quinze kilomètres. On a mis plus d’une heure et demie à l’atteindre parce que les routes indiquées sur Google Map n’existaient pas. On les a toutes essayées et –bien sûr- c’est la dernière qui était la bonne.

… Et nous sommes arrivés au paradis! Papa-Tout-Terrain avait trouvé, à la dernière minute, une villa avec piscine à un prix défiant toute concurrence, au Lotus Villas and Resort. L’espace était immense. La salle de bain à elle seule était plus grande que l’ensemble de l’hébergement de la veille. Et quel plaisir d’avoir une piscine rien que pour nous! Nous avons barboté, joué au ballon, beaucoup ri, fait une sieste, fait des courses de bus sur l’Ipad avec les garçons, commandé un délicieux dîner… Et en un rien de temps, toutes les déceptions de la journée ont été oubliées!

Lotus Villas & Resort

Le lendemain, au petit matin, nous étions prêts à repartir, dans la joie et la bonne humeur.

 

Traversée de Hua Hin

Nous n’avions finalement pas encore vu grand-chose de Hua Hin. Nous entamons donc la journée par une petite traversée en voiture, histoire de découvrir les lieux, et surtout de voir la mer. Ben la ville est moche et on n’a même pas aperçu la mer.

Hua Hin vue de Wat Khao Takiap

Hua Hin ressemble à toutes les grandes villes de Thaïlande. De grands axes très larges, poussiéreux et sans âme, encombrés de véhicules bruyants. Et des ruelles trop petites pour une conduite fluide, mais toujours sans âme. Des bâtiments ni jeunes ni vieux, avec un air incroyablement vétuste. Et des centres commerciaux sans intérêt. Le long du front de mer est bétonné. Les hôtels se tassent les uns contre les autres. Eux seuls ont vue sur la plage. On croise beaucoup de touristes occidentaux dans les rues. Ils sont généralement fort rouges, avec des piqures de moustique plein les jambes. C’est peut-être parce que nous vivons en Thaïlande, mais tout compte fait, ce n’est pas notre truc, des vacances à Hua Hin. Nous optons pour la fuite.

 

Wat Khao Takiap

De nouveau en chemin vers le sud, nous faisons escale à Wat Khao Takiap, un temple bouddhiste au sommet d’une montagne qui domine le sud de Hua Hin. Le temple est un temple normal, mais la vue en surplomb est magnifique. Je renonce néanmoins à gravir les derniers escaliers et reste dans la voiture avec Petit-Deux qui s’est endormi. Attendrie, je contemple l’ascension de Papa-Tout-Terrain et de notre « grand ».

Vue de Wat Khao Takiap

Un énorme coup porté sur le capot de la voiture me fait sursauter. Etrange. Rien à l’horizon. Pas rassurée, je scrute toutes les directions. Heureusement, Petit-Deux dort touj… « Aaaaaah! » Un énorme singe s’est juché sur mon rétroviseur. Il est à vingt centimètres de moi et commence à trifouiller les joints de caoutchouc de la voiture. Il a visiblement envie de faire connaissance. Moi pas tant que ça, en fait. Papa-Tout-Terrain et Petit-Un reviennent à point nommé. Deux ou trois moulinets de perche à selfie et l’importun a quitté les lieux. Moi qui m’étais un peu moquée de la nouvelle perche à selfie de Papa-Tout-Terrain, je la bénis franchement aujourd’hui. « Eh, t’as remarqué, l’endroit est infesté de singes! », me lance-t-il hilare.

Singes de Wat Khao Takiap

Oui, ça j’avais vu, oui.

 

Khao Tao Beach

Dernier arrêt avant de quitter Hua Hin, le temple chinois de Khao Tao Beach. On y accède via un petit port de pêcheurs. La photo est jolie, mais il faut être exactement dans l’axe, au bon endroit, sinon le petit port n’a aucun charme.

Khao Tao Beach

Se déversent alors cinq cars de touristes Thaïs. Ils n’ont visiblement jamais côtoyé d’étrangers car nous devenons immédiatement l’attraction principale. Petit-Un donne gaiement la main à un vieux monsieur qui lui raconte des trucs en thaï. Les deux ont l’air bien contents. Des jeunes filles essaient de caresser Petit-Deux, qui se réfugie sur mon dos, en sling, et recouvre sa tête d’un pan de tissus. Le message est clair. Alors les demoiselles se mettent à lui caresser les mollets et à me caresser le ventre. Non, en fait, le message n’était pas si clair. Nous ferons contre mauvaise fortune bon cœur. Après tout, elles sont un peu curieuses mais pas méchantes. Juste envahissantes.

Le temple chinois est un temple chinois. Joli mais sans intérêt particulier. On a même oublié de le prendre en photo. Disons qu’on finit par en avoir vu des centaines. Les enfants ont aimé le bassin des poissons. Et mettre des pièces dans les troncs (on passe toute notre monnaie dans les temples!).

Khao Tao Beach

De retour à la voiture, on réalise que Petit-Un a oublié le sac des maillots de bain à l’hôtel. On y retourne. En arrivant, nouvel accès de gastro pour Petit-Deux. Je l’emmène aux toilettes en catastrophe. Fausse alerte. Finalement plus rien. Il a juste passé vingt minutes sur le trône pour être sûr. Il y faisait cinquante degrés. J’étais sur le point de défaillir. Et lui, guilleret, de me commenter tous les bruits venant de cabines voisines. Charmant bambin!

Bref, quand ça veut pas ça veut pas.

 

Mais on n’a pas lâché l’affaire…

Sur le chemin du retour, nous avons retraversé Hua Hin dans l’autre sens. Arrêt dans un centre commercial pour une pizza. Petit-Deux voit un ascenseur. Supplications. On fait un tour d’ascenseur. On entre finalement dans la pizzeria. Ca fait très « bobo ». Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. Les pizzas ne sont pas adaptées aux enfants. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. Et il n’y a pas de frites. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. J’enrage. Jamais vu un enfant si relou. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. On quitte finalement le restaurant. On n’y arrivera pas.

Petit-Deux ne veut plus faire d’ascenseur mais veut retourner au restaurant. On le remet dans la voiture. Il trépigne. Il veut retourner au restaurant. On prend la direction de la belle gare de Hua Hin qu’on n’a toujours pas vue. Petit-Deux veut retourner au restaurant. Je propose d’aller visiter la gare. Papa-Tout-Terrain est passablement échaudé et décide de rester dans la voiture. Ça tombe bien, pas moyen de faire sortir Petit-Deux. Il veut retourner au restaurant.

Je vais voir la gare avec Petit-Un. Elle est très belle. De style architectural thaï, elle date des années 1920 et a la spécificité d’abriter une salle d’attente royale. La visite prend dix minutes. Onze pour prendre Petit-Un en photo avec une belle locomotive d’époque. Nous retournons à la voiture. Petit-Deux veut aller visiter la gare.

Gare de Hua Hin

Et parce qu’on est vraiment optimistes, on a même essayé de jeter un coup d’œil au parc « Venezia Hua Hin ». Ça avait l’air peu animé et un poil vétuste. Et Petit-Deux voulait retourner à la gare. Bref, de guerre lasse, le soir venant, on a pris la direction de l’hôtel de Cha’Am, pour se rafraîchir dans la piscine et quitter cet endroit maudit!

Parce que quand ça veut pas…

 

Morale de l’histoire…

La ville de Hua Hin n’est pas très adaptée aux enfants. Elle propose pas mal de lieux à visées plus ou moins artistiques, que la jeunesse de Bangkok se plaît à fréquenter le week-end. Nous avons ainsi laissé tomber le Baan Sillapin Artists’ Village et le Cicada Market. Ces endroits sont sûrement sympas, mais pour nous ce sera dans quelques années.

La ville de Hua Hin ne correspond pas à la Thaïlande qu’on aime. On n’aime pas tellement les grandes villes. On n’aime pas beaucoup les endroits où se rassemblent de trop nombreux touristes. Nous préférons éviter les centres commerciaux et les grands hôtels au profit d’endroits plus décontractés. On s’y sent mieux et le budget n’est pas le même.

La ville de Hua Hin n’est pas adaptée à notre façon de voyager. On n’aime pas tellement passer une journée entière à se baigner. Nous avons donc volontairement évité les plages et les grands centres aquatiques.

Et puis, Hua Hin est tout simplement un nœud touristique important du pays… mais en trois ans, nous en avons déjà parcouru beaucoup de ces grandes villes pleines d’attractions et d’activités de vacance. Je crois que tout simplement, ce n’était pas ce que nous recherchions, à ce moment-là. Mais cela n’est pas très grave. Le reste du voyage était une réussite et dans la région, nous avons découvert énormément de petits coins plus intimistes, que nous avons adorés!

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4 réflexions sur « Ratés de vacances autour de Hua Hin »

  1. J’adore le moment où petit deux fait des siennes à la gare et au restaurant/ascenseur. Ça me rappelle miss #1 qui veux un crayon mais elle dessiné partout, donc confisqué se frustre, jette tout dans sa colère, et se jette parterre! Nous l’ignoron pour éviter d’en faire un plus gros drame encore. Le plus comique c’est quelle qu’elle se jette parterre de façon à ne pas se faire mal tout en hurlant. Ici, ils appellent ça « terrible twos »!

    1. Hahaha, ça fait (presque) plaisir de voir que nous ne sommes pas les seuls 😉
      Le problème est que Petit-Deux à trois ans et demi… Et qu’on n’a jamais eu d’embellie entre la fin du « terrible two » et ce qui doit être le début du « fucking four » (vous l’avez aussi celui-la?)! Je pense que c’est juste un petit garçon avec beaucoup de caractère…
      … Mais a priori ta fille non plus n’en manque pas, de caractère! 😀

  2. Et bah !!! je vois qu’il n’y a pas que nous qui galérons parfois en vacances… quelque part c’est rassurant… quand tu arpentes un zoo en long en large et en travers et que le seul truc que tes enfants attendent c’est de pouvoir aller dans l’enclos des chèvres… mdr ! enfin vous c’est carrément une autre dimension là-bas ! je sais pas comment vous l’avez vécu sur le coup, mais vous avez eu l’air de prendre ça façon hyper zen ! bon les prochaines sorties se feront à 5 !!!!! encore un autre défi !

    1. Hihi! Je vois qu’on se comprend 😉 Pas mal le coup de l’enclos des chèvres!
      En revanche, non, en fait on ne l’a pas super bien pris… Mais après il faut relativiser, car les garçons n’ont vraiment été monstrueux qu’une seule grosse journée des vacances, et que nous avons passé huit excellents autres jours!… Finalement, quand ils nous gratifient du pire, ça renforce encore le plaisir des bons moments 😉
      A cinq le défi va effectivement être bien différent! Comme tous futurs parents, nous sommes à la fois tellement impatients et un peu stressés! Heureusement Petit-Trois ne devrait pas avoir d’envies et d’avis trop tranchés, dans les premiers temps 😀

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