Le Site Archéologique de Ban Prasat

Instrument a Corde de Ban Prasat


Les mariages traditionnels se terminent tôt en Thaïlande. En partant de la belle cérémonie organisée pour P’Kung et P’O, il nous reste l’après-midi devant nous. Destination Phimai, l’un des derniers gros sanctuaires Khmers que nous n’ayons pas visité, en Thaïlande.

En cours de route, on tombe sur un autre mini vestige Khmer, Prasat Ban Prasat. Puis sur des fouilles d’excavation datant de la préhistoire, dans l’ancien village de Ban Prasat (oui, ça s’appelle pareil)… de trop belles occasion pour que des curieux comme nous ne passent leur route!

Prasat Ban Prasat: une petite ruine khmère en passant…

 

Prasat Ban Prasat en Pratique:

  • Coordonnées GPS: 15°11’42.4″N 102°10’38.3″E
  • Prix: Gratuit pour tous
  • Le site n’est pas clos et reste toujours ouvert à la visite
  • Durée de l’activité: un quart d’heure, en passant

 

Prasat Ban Prasat - Petite ruine Khmere

Prasat Ban Prasat n’est mentionné nulle part jusqu’à l’entrée du village. Construite au 13eme siècle, cette chapelle d’hôpital n’a conservé qu’un bassin, le bas de ses murs et de son gopura, mais ni sculptures ni bas-reliefs n’y ont subsisté. L’édifice semble toujours être utilisé à l’occasion, comme lieu de culte. Plus amusant, il est totalement intégré dans la vie rurale du village, derrière deux poulaillers et une vieille dame qui range des sacs de grains.

Du fond de la voiture, Petit-Un se réjouit tout haut de retrouver des vestiges khmers: « Un bel temple, ça me fait un plaisir »! Cool, il est aussi accroché que nous!

Prasat Ban Prasat - Petite ruine Khmere

La visite est courte. Nous ne resterons pas longtemps, mais en profitons pour remettre des habits civils, après les beaux vêtements du mariage. Je me glisse avec délice dans mon vieux short élimé de « sale jeune », si confortable pour mon gros ventre, et tellement pratique avec ses grandes poches. Pour la fin de la journée, j’aurai une belle tête mais un bas moche. Tant pis!

Prasat Ban Prasat - Petite ruine Khmere

Le Site Archéologique de Ban Prasat

 

Le Site Archéologique de Ban Prasat en Pratique:

  • Coordonnées GPS: 15°14’44.4″N 102°22’15.8″E
  • Prix: Gratuit pour tous
  • Ouverture de 8h30 à 16h30.
  • A voir: le site se compose d’un petit musée ainsi que de trois fosses d’excavation, où sont mises à jour des tombes de trois périodes différentes (1000 avant J-C, 600 avant J-C, et 13eme siècle de notre ère). En plus des aspects archéologiques, le musée présente la vie rurale et les traditions agraires de la région.
  • Durée de l’activité: une heure environ

 

Les plus anciens vestiges retrouvés sur le site archéologique de Ban Prasat datent environ de l’an 1000 avant Jésus-Christ. Le village était alors habité par une communauté rurale sédentaire qui cultivait le riz et élevait des animaux domestiques, mais qui appartenait à une civilisation bien distincte de celle de Ban Chiang (au Nord de l’Isan, dans la région d’Udon Thani). Il semble que depuis cette période, le village ait toujours été habité.

Fosse avec squelettes et ceramiques

Les premières excavations datent des années 1980. Trois fosses et été fouillées, qui correspondent à trois périodes bien distinctes de l’histoire du village. La fosse la plus ancienne date d’il y a 3000 ans, la seconde d’il y a 1700 ans, et la troisième d’il y a 600 ans, donc de la période angkorienne. Comme le souligne Petit-Un avec enthousiasme, on y trouve « des squelettes qui sont très morts ». Les corps sont enterrés sur le dos, mais leur orientation cardinale varie d’une période à l’autre, et parfois même entre les squelettes d’une même époque. Nous n’avons trouvé ni analyses ni commentaires à ce sujet. Y a-t-il une logique ou les squelettes ont-ils été enterrés de façon aléatoire?

Fosse avec squelettes et bijoux

Les rites funéraires semblent avoir varié avec le temps. Dans les temps les plus reculés, les corps sont enterrés avec des armes et des ossements d’animaux. Dans les périodes plus récentes, on retrouve des poteries et des bijoux dans les fosses. Petit-Deux s’est beaucoup intéressé à l’identification des bracelets et des bagues des squelettes. Il commence aussi à savoir en repérer la tête et les jambes… Il en était très fier, et mine de rien, ce n’est pas si évident que ça, quand on a trois ans!

 

Le musée de Ban Prasat

Le petit musée de la ville se découpe en deux thématiques distinctes. Une première partie de l’exposition présente les céramiques et bijoux découverts lors des excavations. Ce n’est pas inintéressant, mais tout de même loin de la richesse des découvertes de Ban Chiang, par exemple.

Le Musee de Ban Prasat

La seconde partie du musée m’a en revanche beaucoup plue. Elle présente les objets et les traditions de la vie rurale de la région. Nous y retrouvons des paniers tressés destinés, suivant le type, soit à porter, soit à mesurer les céréales, des nasses à poisson, ainsi que des outils traditionnels avec lesquels l’on travaille la terre. Deux ou trois panneaux informatifs passionnants y décrivent les fêtes et les rites traditionnels liés aux récoltes et à la célébration de la fécondité.

Ne nous y trompons pas, cela reste un très petit musée, qui se parcourt en une vingtaine de minutes. Mais à mon sens, il vaut vraiment le coup d’œil pour qui passe à proximité.

 

Un Petit Village paisible

L’intérêt de la visite consiste aussi en la traversée du village et l’observation du quotidien de ses habitants. La présence de nos enfants rend la tâche facile. Une Maman et son jeune garçon s’approchent pour nous regarder de plus près et échanger un « hello » bienveillant. Un peu plus loin, une dame allaite un nourrisson. Nous échangeons un sourire satisfait et complice.

Sur les chemins du village, nous croisons d’énormes iules qui m’effraient un peu. Apres vérification, elles ne sont pas dangereuses, mais quels gros vers de terre! Elles sont plus grosses que des Knakis! Cela dissuade même les enfants de les tripoter! Petit-Un se plaît en revanche à ramasser de belles graines noires et brillantes, tombées d’arbres autochtones. Il en a des collections plein les poches! Une vieille dame qui tresse des tiges végétales le suit d’un regard attendri.

Oiseau exotique de Ban Prasat

Un peu plus loin, un vieux monsieur a taillé dans un bois léger de jolis oiseaux exotiques dont le cou s’incline au gré du vent, grâce à un système de balancier. Nous en choisissons un, en souvenir de cette jolie étape. Nous avisons aussi un bel instrument à cordes, également de facture « maison », et dont la caisse de résonance est tendue en peau de serpent. Le vieil homme l’accorde devant nous et en sort quelques notes. Les sonorités sont harmonieuses pour qui connait bien la musique locale, je crois. Elles ressemblent en tout cas aux musiques que nous pouvons entendre dans des concerts de rue. Notre oreille occidentale n’est pas très habituée à ces mélodies, mais l’instrument est beau dans sa rusticité, et la peau de serpent lui confère un caractère sauvage qui nous plait.

Nous en demandons le prix. Le vieil homme n’ose pas nous parler Thaï. Nous ne pouvons même pas l’y encourager car nous manquons de vocabulaire. Alors nous nous sourions. Puis nous lui tendons un IPhone, pour qu’il y inscrive son prix. L’homme nous considère d’un œil un peu paniqué. Il n’ose pas toucher le téléphone. Pendant qu’il retourne sa chambre à la recherche d’un stylo, nous faisons de même –sans succès- avec notre sac à dos. Il nous note finalement un prix sur un vieux cahier… certains de ses chiffres sont écrits en miroir, et le total n’a rien de logique: ce n’est pas un nombre rond, et surtout pas assez cher du tout. Ce monsieur a visiblement peu l’habitude de l’écrit. Une voisine arrive à la rescousse et nous aidera finalement à débloquer la situation.

Instrument a Corde de Ban Prasat02

Sans rien d’extraordinaire, ce village nous a plu, avec ses traditions, son quotidien paisible, et ses habitants aux regards pleins d’humanité. Nous découvrons que plusieurs maisons ont des activités de « Home Stay »: elles reçoivent des touristes pour la nuit, mangent avec eux et leur font visiter le village… Peut-être aurons-nous l’occasion d’y revenir, et de goûter le temps de quelques heures à la lenteur paisible de cette ruralité ordinaire

 

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