Cascades et Poissons Facétieux à Khao Khitchakut – Chanthaburi

Tout a commencé par un début de week-end morose. Une semaine de travail difficile pour les parents, et des mois à venir qui s’annoncent pires. Un jour à vouloir se rouler en boule dès le matin devant la télé. Le truc qu’on n’a pas fait depuis bien trois ans. « On fait quoi ce week-end? », demande Papa-Tout-Terrain d’un ton pas convaincu. Je sors l’appli « Notes » de mon téléphone et reprends la liste des idées de sortie: un parc d’oiseaux vers Chachoengsao, une ferme du côté de Pattaya, le parc naturel de Khao Khitchakut près de Chanthaburi…

Chanthaburi? Papa-Tout-Terrain tend l’oreille. C’est presque à trois heures de route. Le changement de paysage pourrait nous faire du bien. Je sens son regard s’éclairer. Notre goût de l’aventure a déjà repris le dessus. Nous proposons l’excursion aux garçons qui sautent de joie. Dix minutes plus tard, on a trouvé un hôtel, fait un semblant de valise, et on saute dans la voiture.

La route passe vite, en chansons. Depuis que les enfants ont découvert les classiques français de leur âge, impossible de rouler en silence. Petit-Un adore « Mon âne… », surtout pour les « souliers li-LA-LA-LAS ». Il a une mémoire d’éléphant et connait presque tous les CD par cœur. Petit-Deux a une nette préférence pour « J’ai vu le loup, le renard et la belette », qu’il prononce « molette », comme la clé homonyme. J’ai fort à faire à passer d’une piste à l’autre, pour préserver une égalité parfaite entre les auditeurs, garantie d’un trajet serein.

 

Balade dans Khao Khitchakut

Nous dépassons les temples et la zone religieuse de Khao Khitchakut. Le pèlerinage est très couru par les Thaïs, car il n’ouvre que quelques mois dans l’année. Nous aurions bien visité les lieux par curiosité, mais nous choisissons d’éviter la foule et de rejoindre rapidement le calme de nature. Google Map nous conduit dans un chemin étroit et fort accidenté. Apres un moment de doute, on débouche dans la cour d’une très vieille dame, cassée en deux sur qui ce qui semble être une lessive. De toute évidence, nous ne sommes pas au bon endroit. Quelques tâtonnements plus tard et grâce à l’intuition de Papa-Tout-Terrain, nous arrivons à l’entrée de Khao Khitchakut qui conduit à la « Krating Waterfall« . Avant la balade, j’incite les garçons à enfiler des baskets, qui seront plus confortables pour marcher. Ils refusent et gardent leurs sandales. Bon, tant pis, c’est leurs pieds.

La balade suit les circonvolutions d’une rivière, au cœur de la jungle. Le chemin est ombragé et suffisamment fréquenté pour qu’on ne s’inquiète pas de rencontrer des animaux sauvages louches. Au fil de l’ascension, nous découvrirons neuf chutes d’eau successives. Aux niveaux inférieurs, beaucoup de Thaïs s’arrêtent pour pique-niquer, s’allonger au bord de l’eau ou faire trempette au milieu des poissons. Certains ont même installé leur tente pour camper. L’ambiance est détendue et familiale.

Khao Khitchakut - ambiance familiale

 

Autour de la cascade de Krating

Plus on monte, plus le sentier est difficile, mais les garçons se débrouillent comme des chefs. Devoir sauter et grimper de pierre en pierre rajoute du piquant à l’expérience. Petit-Deux ne réclame pas une seule fois les bras. Il gémit juste en continu, rapport aux cailloux et au sable qui s’infiltrent dans ses chaussures. C’était bien là le problème des sandales, et il avait été prévenu. A chaque fois que je le lui rappelle, beau joueur, il interrompt ses plaintes pendant au moins deux secondes.

Khao Khitchakut - Ca grimpe

A l’avant-dernière cascade, nous décidons de ne pas aller plus loin, car l’ultime section du chemin nous semble trop abrupte et dangereuse. Un peu déçus, les garçons retrouvent vite leur enthousiasme lorsqu’on leur propose de tremper les pieds dans l’eau. Nous avisons une jolie cascade, ou folâtre déjà un groupe de jeunes gens. Nos enfants sont accueillis à grand renfort d’éclaboussures et d’éclats de rire.

Devant ce petit public ébahi, un jeune homme improvise un saut périlleux depuis un plongeoir naturel, à cinq ou six mètres de hauteur. J’en frissonne. Au deuxième tour, il propose à Petit-Un (quatre ans et demi) de le suivre. Petit-Un est bien sûr ravi et n’hésite pas. Je lui rappelle qu’il ne sait ni mettre la tête sous l’eau, ni nager … et qu’il faut sauter de très haut. Après un temps de réflexion, il renonce à son projet. Ouf (soupir maternel rassuré) … Pas facile de grandir et d’apprendre à faire des choix rationnels…

Les garçons et moi avons trempé les pieds dans l’eau. Les fesses aussi pour Petit-Deux. Des poissons s’approchent et viennent nous mordiller les orteils. Ca fait hurler les enfants de rire, surtout quand il s’agit mes pieds. Eux se retirent à toute vitesse dès qu’un « requin » s’approche un peu (notez leur sens de l’hyperbole).

Poissons de Khao Khitchakut

 

Une jolie promenade, mais pas facile partout…

Nous amorçons la redescente. « Ça va pas du tout… », dramatise Petit-Deux, car des gravillons entrent dans ses chaussures maintenant humides et adhèrent à ses pieds. On s’arrête. Dépoussiérage de semelles. Polissage d’entre les orteils. J’y sacrifie la propreté de mon écharpe. On reprend. La fatigue commence à se faire sentir. On avance encore un peu avec la promesse d’une douceur à la pause suivante. On suit tous ensemble les numéros décroissants des niveaux de cascade, en se fixant des objectifs. Petit-Deux obtient finalement une place à califourchon sur mon dos, mais il aura été très vaillant, du haut de ses trois ans. Nous terminons en beauté, avec une glace à l’apéro (hum, hum, on est passés devant la glace d’abord), puis des sandwiches au thon.

La balade a beaucoup plu à tous. En réalité, elle n’est pas longue du tout: 1,2 kilomètres pour rejoindre la cascade la plus haute, d’après les panneaux de l’entrée. Mais avec l’important dénivelé, les petites pattes des enfants, et les pauses régulières, nous avons crapahuté près de trois heures. Ça reste tout à fait faisable avec des enfants (et une femme enceinte), mais il faut penser à emporter assez d’eau, bien sûr, parce qu’on est en pleine nature, que ça grimpe, et qu’il fait forcément un peu chaud.

 

Chao Lao Beach

Pour nous rafraîchir, nous optons pour une fin d’après-midi en bord de la mer. Il faut dire que nous avions déjà visité le centre de Chanthaburi deux ans plus tôt. De mémoire, nous avions aimé le calme de la balade autour de la cathédrale, et particulièrement apprécié de parcourir les ruelles du quartier historique de la communauté de Chanthaboon, qui longe la rivière. Le marché des pierres précieuses m’avait laissé un souvenir mitigé: intriguant de par ses activités fourmillantes, l’endroit était principalement fréquenté par des négociants du Moyen Orient qui me dévisageaient d’un air goguenard et soupçonneux, moi, femme de famille avec deux petits enfants accrochés à mes basques.

Nous prenons la direction de Chao Lao Beach, une plage conseillée sur un dépliant de notre hôtel. Il y a un peu de route depuis le centre de Chanthaburi, mais le paysage est joli, surtout lorsqu’on longe la côte. Nous arrivons juste pour profiter du coucher du soleil. C’est la marée basse et de nombreux Thaïs se sont dispersés sur le sable, en famille ou entre amis, pour profiter des derniers rayons du soleil. Il reste çà et là des trous d’eau dans lesquels les enfants pataugent et cherchent des coquillages et des Bernard l’Hermite. La plage est très propre et visiblement bien entretenue. Nous en profitons jusqu’à ce que la nuit tombe.

Chao Lao Beach

 

Un excellent dîner

Nous terminons la soirée dans un petit restaurant du coin, plein à craquer et visiblement couru des locaux. Leur poisson en papillote, cuit à la braise, est un délice. Je le commande sur photo, après une petite visite au cuisinier, parce que je suis bien incapable de le retrouver sur la carte en Thaï. Nous optons aussi pour de grosses crevettes et des coquillages. Les fruits de mers sont délicieusement frais et charnus. Les coquilles vernies et nacrées sont une révélation pour les enfants. Je fais plusieurs allers-retours aux lavabos pour leur en nettoyer quelques-unes (beaucoup en fait), dont ils se remplissent les poches.

Papa-Tout-Terrain prend un air boudeur, clame que je suis folle, qu’on ne prend pas les coquilles au restaurant et que lui n’ira rien laver du tout. Mais je ne le regrette pas: les garçons auront passé un repas très calme, à empiler et emboîter des coquillages, qu’ils ont ensuite rapportés à la maison et rangés parmi leurs trésors.

Poisson grille a Chao Lao Beach

 

Nous passons la nuit au Rimnaam Klangchan Hotel de Chanthaburi, bâtiment tout neuf à l’architecture moderne et élaborée. Mention spéciale pour le design de la salle de bain, et pour les éclairages particulièrement soignés. En dehors du plaisir de dormir dans une belle chambre, l’ambiance un peu compassée de l’établissement ne m’a pourtant pas parue tout à fait adaptée aux enfants, au point que nous avons éludé le temps du petit déjeuner pour ne pas trop déranger nos voisins, un poil guindés.

 


Le parc de Khao Khitchakut en pratique

  • Coordonnées GPS de l’entrée du parc (la vraie): 12.838202, 102.121095
  • Prix du ticket adulte: 200 THB pour les étrangers, 40 THB pour les Thais et residents en Thaïlande, au moment ou nous avons visite le parc. (Depuis, de nombreux parc nationaux ont change de politique refusent le tarif « thaï » a tous les étrangers, y compris residents.)
  • L’unique randonnée, qui longe la cascade de Krating, n’est pas très longue. Comptez une demi-journée pour profiter de la baignade dans la cascade avec les poissons.
  • Prévoyez toutefois d’être équipé de bonnes chaussures et d’anti-moustique en saison humide.

 

La plage de Chao Lao en pratique

  • Coordonnées GPS de la plage: 12.532074, 101.944804. (Extrémité sud.) De là on peut longer le rivage vers le nord ouest. Aux endroits où la route ne longe plus la plage, on peut retrouver la mer en prenant les chemins de traverse.
  • Coordonnées GPS du restaurant: 12.538594, 101.937490.

 

 

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