Choc des cultures et anecdotes futiles

J’avais commencé un billet intitulé « Le Mirage de la Différence Culturelle »…

En introduction, je revenais sur une anecdote professionnelle qui m’avait particulièrement irritée. Un jeune homme de mes équipes avait refusé d’accomplir une tâche simple, réalisable suivant des critères totalement objectifs, en prétextant la différence culturelle. Mais mille milliards de mille sabords, ouvrir un Excel et faire un bon sang de diable de calcul, c’est pas une question de différence culturelle! Il suffit de le faire au lieu de passer trois heures à m’expliquer pourquoi c’est pas possible! D’une, c’est possible et de deux, le temps de trouver des excuses pour ne pas le faire, ce calcul, il aurait déjà été fini!

En l’occurrence, en creusant un peu, il s’est avéré que le jeune homme n’avait pas compris l’exercice. Plutôt que de demander et de risquer de se sentir pris en défaut, il avait préféré se réfugier derrière la notion assez vague de différence culturelle, qui n’avait rien à voir avec le schmilblick.

Je poursuivais mon billet en constatant que, même si on ne peut pas la nier, il est rare que la différence culturelle constitue un réel obstacle à la communication dans des contextes multinationaux. On s’adapte et on fait avec.

En revanche, ces différences et autres anecdotes futiles sont souvent dégainées pour servir des desseins cachés:

Je cherchais une conclusion, quand j’ai réalisé que vraiment, ce genre de réflexions philosophiques n’était pas pour moi. En revanche, j’avais encore tout un tas d’anecdotes marrantes à placer quelque part, mais je ne savais pas tellement où.

Qu’auriez vous fait à ma place?

J’ai effacé mon billet qui était bof de toute façon. Et j’ai ouvert une nouvelle catégorie sur mon menu: Choc des cultures et autres anecdotes futiles. Tadam!

Dormeurs de rue, en Chine

… Et j’espère bien commencer à vous y raconter ma vie dès la semaine prochaine.

Finalement, la différence culturelle, c’est un peu mon fond de commerce… (Tonnerre de Brest, mais je l’avais, ma conclusion!…)

La Débandade


Je me suis beaucoup amusée à lire la récente déferlante d’analyses sur la mère parfaite dans les blogs. Pour ceux qui ont loupé le début de l’affaire, tout a commencé par un article –discutable- du Monde, qui dénonçait la dictature de la mère parfaite. De nombreuses reprises personnelles de blogueuses y ont fait écho, qui dévoilaient une grande variété de filtres sur le monde de la parentalité. J’ai ri en découvrant la scientifique classification de Miss Lune, j’ai été émue par l’évocation réaliste et juste de Maman Louve et je me suis dit « mais bon sang, c’est ça! » à la conclusion de Mme Elle de La belle Vie Family.

Comme souvent, j’ai profité du week-end dernier pour faire ma petite revue de presse à Papa-Tout-Terrain, dans la voiture –le seul endroit où l’on arrive encore à parler sans être interrompus. Dans un sourire il m’a fait remarquer que nous aussi, dans nos communications via les mails, les réseaux sociaux et maintenant notre blog, nous donnions très certainement l’image d’une existence idyllique et parfaite. Et il a raison!

Ainsi -et parce que j’aime les défis crétins- me suis-je décidée à vous raconter nos moments de solitudes et nos aventures pourries du week-end dernier.

 

Myxomatose

Il faut dire que ça a plutôt bien commencé dans la thématique. Papa-Tout-Terrain s’est levé ce jour-là l’œil aussi gonflé et aussi rouge que s’il s’était battu contre des Anglais ou des Russes. Après l’avoir un peu traité de Quasimodo pour le fun, les enfants et moi l’avons tout de même conduit à l’hôpital.

Les enfants adorent l’hôpital: il y a un escalator et des tas d’ascenseurs. Pendant que Papa-Tout-Terrain s’enregistre, Petit-Un me tire le bras pour faire un tour d’escalator. Petit-Deux, lui, se roule par terre pour qu’on choisisse l’ascenseur. On discute on discute, et on perd Papa-Tout-Terrain. On fait quand même un tour d’escalator. Comme Papa a disparu, Petit-Deux ne moufte pas et nous emboîte le pas pour retrouver le service des conjonctivites. On ne devrait jamais laisser des enfants marcher dans un hôpital, parce qu’un enfant, ça marche en zigzag, à une cadence irrégulière, et ça ne regarde pas devant soi. Bref, je passe mon temps à rattraper l’un ou l’autre de justesse avant qu’il ne télescope un patient. En fin de visite, le bilan n’aura pas été si mauvais: seulement un ou deux malades percutés, et encore, pas gravement atteints.

 

Conjonctivite

Dans l’histoire, on se plante de couloir et une infirmière vient nous récupérer pour nous remettre dans le droit chemin. L’avantage d’en être à notre septième passage à l’hôpital en un mois –dont trois pour conjonctivite-, c’est qu’on est connus comme le loup blanc… et avec la discrétion des enfants, ils ne sont même pas prêts de nous oublier!

Affichage Entreprise - Conjonctivite

Un diagnostic de conjonctivite plus tard, la visite a failli très mal finir quand une infirmière a appuyé sur le bouton de l’ascenseur avant Petit-Deux. Il m’a regardé d’un air scandalisé en s’écriant: « Tu as vu, la dame a appuyé sur le bouton! » Il a fallu laisser l’ascenseur partir –avec l’infirmière- pour recommencer la manœuvre à zéro.

 

Manger un Japonais

Malgré la tête monstrueuse de Papa-Tout-Terrain, nous ne nous sommes pas laissé démonter et avons entrepris d’aller manger au restaurant japonais… Voix courroucée de Petit-Deux: « Non, je ne veux pas manger au restaurant, je veux manger un Japonais!!! ». Oki oki.

Et là, Petit-Un reconnait le centre commercial et se souvient qu’on y a fait un tour de manège, un jour de pluie. « Je veux faire un tour de manège! » « Non! » « Je veux faire un tour de manège! » « Non! » Hoquets et pleurs sur le parking. Il s’effondre, foudroyé, et commence à avancer en mode limace dégoulinante, hurlant et sanglotant. Plusieurs passants le considèrent, d’un œil mi-apitoyé, mi-dégouté. On le charge sous le bras. On remet l’ensemble dans la voiture. Il s’agrippe à la roue. On le pousse à l’intérieur du véhicule en essayant de ne coincer aucun membre à l’extérieur. Dans un sursaut d’énergie, alors qu’il tente une échappée de la dernière chance, on boucle la porte et on clôt le débat en mettant la sécurité enfant. Terrassé, il essuie ses larmes et son nez gluant sur la vitre, histoire d’exposer au monde entier les marques manifestes de son immense malheur.

Embouteillages

« Je veux manger un Japonais » commence à s’égosiller le frère, qui voit que son repas va lui passer sous le nez. On négocie un tour d’ascenseur à la place. Il accepte. A peine de retour à la voiture, il décide néanmoins d’exprimer à son tour sa frustration, à gorge déployée. Concerto de pleurs en la mineur. Sur quarante-cinq minutes de route. Parce que c’est toujours quand les enfants hurlent qu’il y a des embouteillages. Et dire que bientôt on en aura trois comme ça!

 

Se rouler en boule

Bref, on rentre à la maison et y a des jours comme ça ou on à juste envie de se rouler en boule dans le canapé et de plus être dérangé. Sauf que c’est juste incompatible avec le fait d’être parents. Petit-Deux nous le fait bien savoir en courant dans tous les sens, un affreux poulet plumé en plastique à la main, qui fait pouêt-pouêt sans interruption dans un son de volaille mourante.

Alors on met « Les pingouins de Madagascar » et on se roule à quatre et demis sur le canapé. C’est l’histoire d’une pieuvre qui veut se venger de tous les pingouins du monde, parce que les pingouins sont mignons alors qu’elle, elle est moche, et du coup personne ne l’aime. Bref, la pieuvre –qui fait atrocement peur à Petit-Deux- invente une machine qui transforme les pingouins en monstres.

Vers

A ce moment-là, je prends Petit Deux dans les bras –il faut être humain- parce que je veux juste pas bouger et savoir la fin du film. Comme les pingouins monstrueux sont eux aussi devenus moches, les hommes cherchent à les éradiquer. Heureusement, grâce à « l’infinie mignonnerie » du dernier pingouin normal du monde et une utilisation inversée de la machine à monstres, tout le monde reprend son aspect normal et les hommes se remettent à aimer les pingouins, parce qu’ils sont à nouveau beaux. Bravo pour la morale et la tolérance!

 

Plateau télé

Dans la mouvance « on se ramollit en famille », on s’est servi des tartines de tapenade et de mayonnaise devant la télé. De toute façon, on ne peut plus sortir Papa-Tout-Terrain nulle part, avec sa tête de pingouin enragé, et qui continue à empirer, en plus.

Avec ses petites mains, Petit-Deux laisse échapper sa tartine sur le canapé. Cote tapenade bien sûr. Heureusement on a un canapé trop moche en skaï, qui fait vachement transpirer des fesses mais qui est insalissable. Petit-Deux lèche le canapé.

Comme on est très malins, on sert sa tartine de mayonnaise à Petit-Un sur une assiette. La tartine glisse de l’assiette et tombe sur le ventre de Petit-Un, cote mayo, bien sûr. Il me demande de le lécher. Petit-Deux trouve ça marrant et appétissant et se joint à nous. Il se prend une grande baffe de la part de Petit-Un: « Y a que Maman qui a le droit de me lécher! ». Petit-Deux contre-attaque: « I don’t like you anymore! You are not my brother! »… L’anglais ressort parfois dans les moments de colère ou d’excitation. Papa-Tout-Terrain met tout le monde d’accord en essuyant Petit-Un au torchon. Dommage, on commençait tout juste à s’amuser…

 

Orage

Le soir arrive enfin. Il fait chaud et humide. Normal, c’est la saison des pluies. Ce genre de climat a souvent un impact direct sur l’humeur des enfants. Ça n’a pas loupé aujourd’hui. Allez, zou, tous au lit, demain sera un jour meilleur!

Inondations

Au loin on entend l’orage. Petit-Deux revient, tout tremblant, dans notre chambre: « J’ai peur, il y a le ciel qui est en colère! ». C’est malin, il a peur de l’orage depuis qu’on lui a expliqué que le ciel était sûrement en colère parce qu’il jouait trop avec l’Ipad, un jour où nous étions a cours d’arguments. Le positif c’est qu’il ne joue plus à l’Ipad. Mais là il a peur, il ne veut plus dormir, et en plus il veut rester avec nous.

 

Transpirations

On lui fait une place dans le lit et on essaye de s’installer tant bien que mal, et de façon pas trop inconfortable. La pluie tambourine sur le toit en un grondement formidable. Pan, cette fois-ci c’est le courant qui saute. Et la clim, par voie de conséquence. Petit-Deux est effrayé. Il teste tous les interrupteurs de la chambre puis revient se blottir contre moi. Il est chaud et collant. Je ne peux même pas le renvoyer contre son père, rapport à la conjonctivite. Il transpire sacrement de la tête. Et il arrête pas de bouger et de me caresser avec sa paume toute moite. Et cerise sur le gâteau, de l’intérieur, le bébé qui n’aime pas se sentir serré y va de ses coups de pied. Le thermomètre indique 37 degrés.

Inondations

« Tut-tu-tu-ti-ta-tah! » On se réveille en sursaut. C’est bon signe, ça veut dire qu’on s’était endormis, à force. L’électricité est revenue. On a un appareil qui fait « Tut-tu-tu-ti-ta-tah! » super fort à chaque fois qu’on le branche. Et Petit-Deux avait laissé la lumière principale allumée, aussi. Ça ne l’a même pas réveillé, lui. Il dort confortablement installé, les pieds contre la tête de Papa-Tout-Terrain… Qu’il est mignon quand il dort!…

 

Always Look on the Bright Side of Life

(Allez voir ou revoir la vidéo des Monty Python pour le plaisir…)

Pour conclure, et malgré le week-end un poil pourri, tout n’est pas à jeter! De jolis moments et la « mignonnerie infinie » de nos enfants viennent toujours nous rappeler le bonheur d’être ensemble, même entre deux éclats de loose magistraux.

Prenons par exemple ce cafard, qui a traversé notre cuisine dimanche après-midi. Un cafard énorme, gras et brillant, qui devait bien faire la moitié de la longueur de ma main. Bon, les cafards, c’est presque devenus nos copains depuis la Thaïlande. Ils continuent à nous dégoûter un peu, mais on partage notre maison avec eux –pas le choix!- et on en croise bien un ou deux tous les jours…

Serpent

Eh bien devant ce cafard de trop, Petit-Un, qui a un bon sens de l’humour, a parfaitement réagi… Le voilà qui pousse un cri perçant et se perche sur une chaise, mort de rire! Par mimétisme Petit-Deux, qui a eu un peu peur, lui, quand même, se réfugie également en hauteur. Vu le potentiel de rigolade, je leur emboite le pas! Et d’enchaîner sur des hurlements stridents pour rameuter Papa-Tout-Terrain à grands éclats de voix.

Quand notre sauveur arrive, l’œil toujours gonflé mais en plus un peu interloqué, il nous retrouve tous debout sur la table de la cuisine, les bras en l’air, en slip pour les garçons, et pointant du doigt la bestiole, d’un air malicieusement apeuré! Ayant vaillamment jeté l’animal dehors, notre héros sera acclamé et porté en triomphe par la foule en délire, qui ne parvient même plus à reprendre haleine a force de scander son nom!

 

… Comme quoi, la famille parfaite, c’est vraiment pas nous mais… « Nobody’s perfect »!

 

Crevaison

Note à moi-même:

Quand tout merdouille, toujours penser à prendre des photos histoire de pouvoir illustrer un hypothétique article sur mon blog. Du coup désolée, j’ai juste fait au mieux pour égayer mon texte de quelques-uns de nos vieux clichés dans la thématique…

 

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