La course de buffles d’eau (Chonburi, Thaïlande)

D’après l’affiche, c’était le plus gros événement mondial de ce type: une course de buffles d’eau. On avait rigolé, vu qu’il ne devait pas y avoir des masses de courses de buffle d’eau dans le monde. Mais quand j’ai vu des buffles et encore des buffles, et des buffles à perte de vue, j’ai arrêté de ricaner bêtement. C’était un spectacle à couper le souffle. Grandiose. Unique. Une petite porte sur les traditions et les récréations de la Thaïlande rurale.

 

Un événement attendu

Ca faisait plus d’un an qu’on attendait ces courses de buffles. Hélas l’année dernière, la Thaïlande avait perdu son Roi, quelques jours avant l’événement. Et paf tout avait été annulé. Du coup on a dû attendre l’édition suivante.

Buffles d'eau - Chonburi _1

Au jour dit, nous sommes arrivés tôt. (Surtout parce que les enfants s’étaient levés aux aurores.) Et là, il n’y avait rien. Enfin si, il y avait une fête foraine à l’arrêt, mais pas la queue d’un buffle. Pourtant, dans la grosse ville de Chonburi, il y avait des affiches partout pour annoncer l’événement. On a ratissé les rues attenantes. Sans succès. Mais on a trouvé une affiche en anglais. (Une affiche en anglais c’était un peu comme un buffle a cinq pattes.) Si la foire avait bien commencé, la course n’aurait en fait lieu que quatre jours plus tard. Nouveau rendez-vous fut donc pris. Mais sans Papa-Tout-Terrain qui a le mauvais goût de travailler en semaine.

 

Foire populaire aux attractions oubliées

En fait, on est tout de même revenus le soir, rapport à la fête foraine que les enfants avaient bien repérée. Ils étaient ravis, d’ailleurs, il y avait des auto-tamponneuses. Ils en ont fait cinq tours. Elle avait un petit gout d’antan, cette foire, avec des attractions que j’imaginais appartenir au passé.

Regardez plutôt cet homme à moto, dans une espèce de tonneau géant, qui roule sur les murs à une hauteur vertigineuse! La structure métallique tremble à chacun de ses passages. Ca sent l’essence et ça fait un bruit du tonnerre. Petit-Un et Petit-Deux jubilent et trépignent de joie. Je m’agrippe à Miss-Trois. Ca m’apaise. Enfin façon de parler. Le mec conduit sans les mains, maintenant, et mon cœur s’arrête de battre. Tout est fini. Il est redescendu sans dégât et reprend paisiblement son Tom Yum. Petit-Un me dit que c’était dangereux, quand même. Il ne faut pas faire ça. J’en rajoute une couche: je suis sûre que la Maman de ce monsieur doit avoir très peur. Et, faire peur à sa Maman, c’est très mal.

Attraction moto a la foire de Chonburi

Dans le stand d’à côté, des dames sont installées en équilibre sur des planches de bois. Pour quelques sous, les curieux se bousculent et tentent de les envoyer à l’eau. D’une balle, les plus habiles déclenchent facilement le mécanisme. Le siège se dérobe. En un cri, l’élégante plonge dans un baquet saumâtre.

 

Tournoi de boxe thaïlandaise

Un peu plus loin, un ring et une compétition de boxe thaïlandaise. Le combat démarre avec une sorte de prière rituelle des combattants, sur fond de musique traditionnelle. Les spectateurs se lèvent. Premier round. Les coups pleuvent immédiatement, intenses. Petits et grands se pressent tout autour du ring, encouragent, commentent et s’enthousiasment. Le combat est violent, bien sûr. Le petit est particulièrement hargneux. Et le grand à l’air un peu mou est déjà pas mal groggy.

Boxe Thailandaise - Chonburi

Entre les rounds, un homme en costume agite ses doigts en direction de la foule. C’est un broker qui prend les paris. Ce sont sans doute les derniers combats de Muay-thaï avant un mois, car tout octobre sera deuil national pour la Thaïlande. (Le Roi est mort il y a un an. Sa crémation est organisée pour dans quelques semaines.) Par décret, les paris ont été interdits pour tout le mois. Or, pas de Muay-thaï sans paris.

Il est déjà l’heure de partir. Les enfants ont repéré une sorte de grand huit qu’ils veulent à tout prix essayer. Comprenez, il y a Spiderman, juché tout en haut! Ce ne sera pas pour cette fois ci: il faut avoir au moins sept ans. Sur le chemin du retour, Petit-Deux vérifie: « Et à huit ans, on a le droit aussi? Et à neuf ans? Et à dix ans? (…) Et à cent ans? »

 

Des buffles à perte de vue

Nous voilà enfin au jour de la course de buffles. Par chance, on est mercredi, et les enfants finissent l’école à midi. J’emmènerai donc les garçons, laissant Miss-Trois aux bons soins de la nounou. J’essaie une dernière fois de convaincre Papa-Tout-Terrain de venir mais il préfère travailler.

La place principale de Chonburi est couverte de stalles, de foin, et d’excréments. Et de plus de buffles que je n’en n’ai jamais vus de ma vie. Curieusement, il y a très peu de barrières. En revanche, presque chaque animal a son propre pâtre.

Buffles d'eau - Chonburi _2

On ressent une forme de complicité tacite et calme entre les hommes et leurs buffles. Une simple cordelette retient les naseaux du bovin. Il n’est pas rare de voir le maître entourer de ses bras le museau de la bête, comme en une accolade entre amis. Ceux qui n’ont rien à faire arrosent et rafraîchissent leur animal à grands seaux d’eau. Ils lustrent leurs robes ou ébouriffent les poils de leurs têtes.

Malgré l’agitation ambiante, les buffles restent impavides. Des enfants jouent tout autour et les escaladent parfois. Les animaux sont très peu restreints. Je ne retrouve pas chez eux les signes de nervosité des vaches françaises, qui tapent du sabot sur le sol ou remuent vivement la tête.

Buffles d'eau - Chonburi _3

Certaines bêtes sont particulièrement énormes. Elles ont dû concourir pour leur beauté, leur prestance ou la qualité de leur musculature.

On a loupé les festivités du matin et le défilé. Les charrettes décorées de fleurs aux mille couleurs sont déjà rechargées sur de gros camions, prêtes à rentrer au bercail. Restent quelques buffles richement parés. Sur leurs houssures, des blasons à la gloire du Roi défunt.

Buffles d'eau - Chonburi _5

 

La longue préparation d’une course de buffles d’eau

Guidés par la clameur, nous trouvons rapidement le champ de course. A peine sommes nous installés sur les gradins qu’un piétinement de sabots nous dépasse a tout allure. Le galop enragé de ces bêtes puissantes est à couper le souffle.

Course de buffles d'eau - Chonburi _1

(A cette seconde précise, Petit-Deux décide qu’il a vu assez de buffles et qu’il veut rentrer à la maison. En plus de m’enivrer de ces images grandioses, j’ai donc passé le reste de l’après-midi à lui demander de se tenir tranquille, d’attendre, d’arrêter de me rebattre les oreilles de ses jérémiades, de se taire, de s’assoir et qu’on en finisse. Bref, j’ai des enfants pas toujours coopératifs, comme tout un chacun. Et ce n’est pas le souvenir que je veux garder de cette course de buffles d’eau.)

La course suivante se prépare. On mène les buffles sur la ligne de départ. Ca prend du temps d’aligner cinq buffles. Il y en a toujours un qui a l’air trop en avant ou trop en arrière. Il faut le faire se remettre correctement. Et visiblement, ces bêtes ne savant pas reculer: ils refont le tour à chaque fois.

Course de buffles d'eau - Chonburi _2

Au bout de trois plombes, les cavaliers s’installent sur les croupes. Certains sont tous jeunes. Presque des enfants. D’autres au contraire sont plus âgés et grisonnants. Les cinq concurrents sont prêts au départ. Mais entre les clameurs de la foule, l’excitation de son maître, la badine, et les curieux qui se pressent, les bovins sont nerveux. Un buffle est parti tout seul. Le cavalier a sauté à terre et l’homme à la longe tente de le remettre dans les rangs.

Une barrière s’est déchaussée du sol. Quelques volontaires viennent piétiner la terre pour la replanter solidement. On a remis le buffle à sa place. Mais un autre s’est cabré.

 

La course de buffles d’eau

L’attente est longue entre les courses. Souvent une dizaine de minutes, car la logistique des buffles est lourde.

C’est parti: chacun s’élance! Les cavaliers sont installés très à l’arrière, sur leur monture. Ils ne la dirigent pas vraiment, d’ailleurs. Ils n’ont qu’une cordelette pour s’accrocher, mais rien pour piloter. Un buffle traverse la piste de droite à gauche, tandis que les autres semblent plus directement converger vers la ligne d’arrivée. Les cavaliers s’accrochent mais ça secoue ferme. Les chutes sont fréquentes.

Les concurrents franchissent la ligne d’arrivée au milieu des hourras de la foule. Les badauds sont jusque sur la piste. En face, les cavaliers n’ont rien pour arrêter leur monture. Ils se contentent de sauter à pleine vitesse, laissant filer leur bête.

Course de buffles d'eau - Chonburi _3

Le buffle s’apaise très vite. Il voit ses copains buffles un peu plus loin et s’arrête tout seul. Des quidams les récupèrent ensuite ici ou là. Qu’elle est curieuse de désorganisation, cette arrivée. Il y a des tas de gens dans tous les sens, qui observent, prennent des photos, jugent, récupèrent les buffles, vendent de la nourriture. Un buffle de mauvais poil pourrait faire un carnage en chargeant. Ces animaux sont vraiment paisibles.

 

Petite fenêtre sur la Thaïlande des campagnes…

Et puis nous sommes rentrés à la maison. Un peu trop tôt à mon goût. J’aurais pu rester jusqu’au soir à me perdre dans le regard des bovins et les bruits de sabots. En route vers la voiture, nous tombons sur une compétition de montée de bambou. C’est très traditionnel également. Mais je n’aurais jamais cru que c’était si difficile. Ca a l’air de glisser comme pas possible. Pour essayer d’adhérer un peu, les concurrents jettent du sable sur le piquet, à mesure qu’ils montent et qu’ils glissent. Ceux de la photo sont montés à deux mètres à tout casser, et semblaient vraiment au bout de leur vie. Si l’on en croit les petits drapeaux plantés sur le mat, cependant, d’autres ont dû aller bien plus haut.

Escalade de bambou - foire de Chonburi

Je suis rentrée enthousiasmée. J’ai passé la soirée à en causer à qui voulait l’entendre. Et Petit-Deux aussi, paradoxalement. Nous avons été très étonnés, en revanche, de réaliser qu’aucun Thaï de nos amis ou de nos connaissances n’a jamais assisté à l’événement. Nous soupçonnons que l’activité ait une réputation trop fruste…

Aucun? Pas tout à fait, d’ailleurs. Une petite collègue de l’équipe de Papa-Tout-Terrain aurait, pour sa part, participé à des courses de buffles, dans son jeune temps! Cette jeune femme est originaire d’Issan, cette région rurale que nous aimons particulièrement. Là-bas, a-t-elle expliqué, il n’est pas rare que les jeunes gens se distraient de ce type d’épreuves, avec leurs buffles, entre villages ou entre amis.

Buffles d'eau - Chonburi _4

La presqu’île de Sattahip

Sattahip est une importante base navale de l’armée Thaïe. Ils ont de la chance, d’ailleurs, les militaires, car cette côte située au sud de Pattaya est magnifique! La roche est sombre et taillée brusquement par les marées. Recouverte par endroits de grandes touffes tropicales, d’un vert profond. Parsemée de plages de sable blanc. Et de villages de pêcheurs aux couleurs vives.

Bord de mer a Sattahip

Mais le problème, quand on est étranger, c’est qu’on est toujours un peu suspect aux yeux des soldats. J’ai beau leur soutenir que je suis aussi inoffensive qu’un calamar –et c’est vrai-, leur job consiste à se méfier de moi. Du coup, certaines plages nous sont interdites. D’autres sites ne nous sont ouverts que sur autorisation préalable. Et certains fluctuent en fonction du contexte politique.

Malgré ces restrictions, Sattahip est devenue une sortie de prédilection, pour nos week-ends contemplatifs ou paresseux. On longe les baraquements. On dépasse les champs d’entraînement. Et l’on débouche sur la mer.

 

Sattahip, au bord des flots

Tout au bout de la presqu’île, une petite promenade sur pilotis longe la côte. Elle démarre dans une mini mangrove. A marée basse, on voit des crabes, des coquillages et des pêcheurs. Parfois des tortues. A marée haute, les eaux claires et peu profondes sont peuplées de poissons effilés, presque transparents, et dont le long nez se termine en un point jaune. Papa-Tout-Terrain trouve qu’ils ressemblent à des crayons.

Ballade en bord de mer - Sattahip

On aime bien cet endroit. On peu y admirer le bleu de la mer. Les îles éparpillées. Le village et les bateaux des pêcheurs. Le ponton est bien pratique aussi: impossible d’y perdre les enfants! Ils vont et viennent et font la course. Avisent un oiseau. S’arrêtent et le regardent. Puis l’oublient aussitôt et repartent en sautillant.

Ce week-end, on a trouvé un poisson trépassé. Étonnement. Puis observation poussée. « Tu crois qu’il est vraiment mort celui-là? » La bouche ouverte et le ventre en l’air, il y a des chances, oui, mon chéri. « Ouah, c’est génial! On n’en voit pas souvent des poissons morts! » C’est en effet une façon de voir les choses…

Ballade en bord de mer - Sattahip

 

Des myriades de poissons tropicaux

On poursuit sur la jetée. De là, on peut attraper un ferry pour passer la journée sur des ilots tout proches. Nous n’avons pas encore tenté l’expérience, car longtemps, les enfants ont peur en bateau. Il n’est pas certain, du coup, que les étrangers soient admis. Mais nous nous sommes promis d’aller y voir, bientôt…

Ballade en bord de mer - Sattahip

Sur la langue de béton, nous nous enfonçons vers la mer. Les poissons tropicaux se font plus nombreux, plus vifs, plus colorés et contrastés! Depuis peu, un panneau interdit de les nourrir. Mais auparavavant, quand on leur lançait des miettes de pain, ils accouraient par centaines et jaillissaient des vaguelettes en une écume arc-en-ciel. Nous ne nous lassons pas de leur spectacle, qui nous semble à chaque fois, rare, unique et presque irréel.

Poissons tropicaux en pleine mer

La promenade n’est pas longue. Une petite heure au maximum, en prenant son temps et en s’arrêtant à chaque poisson. Mais après ces quelques pas, nous voici pleinement dans l’ambiance lumineuse et marine de la presqu’île de Sattahip. En complément, nous nous arrêterons sûrement dans la ferme d’élevage des petits Nemo, à quelques pas de là.

L’authenticité du village de pêcheurs

Nous faisons un petit saut dans le village voisin. Un village de pêcheurs. Nous détonnons un peu, avec nos habits de touristes et notre marmaille animée. On nous considère avec étonnement. Sitôt une mamie s’approche. Un guili-guili sur la joue de Miss-Trois. Et nous voilà immédiatement adoptés. « Sawadeekap » tonitrue Petit-Deux avec sa bouille de fripon. La vieille dame se retourne. Miss-Trois est délivrée illico de ses assauts affectueux. Elle cache son tout petit visage bien profondément dans mon cou. Elle sent bon le bébé. Et la Vache-Qui-Rit, aussi.

La mamie poursuit maintenant Petit-Deux de ses ardeurs. La nouvelle cible vient trouver refuge dans mes jupes. Ou plus exactement en coinçant sa tête dans la jambe de mon short baggy. Me voilà bien. Immobilisée pour ne pas choir, je garde une contenance sévère mais bienveillante, et surtout fort digne.

Bateaux de peche

Bredouille, la malicieuse même se rabat sur Petit-Un. Lui est visiblement tombé en extase devant un bateau qu’on décharge. (Et ça sent très fort le poisson.) L’air de rien il lui balance trois mots thaïs bien placés, que je n’entends pas. La vieille dame manque de tourner de l’œil d’admiration. Elle s’éloigne au petit trot, répétant à voix haute les mots de ma progéniture prodigieuse. Plein de fois. Sûrement pour être bien entendue de toutes ses vieilles copines un peu sourdes.

(En vrai, Petit-Un possède seulement une cinquantaine de mots à son vocabulaire thaï, dont zizi, bain, pardon, riz et aisselle. Je ne sais vraiment pas comment il arrive à appâter ainsi les vieilles dames. Mais, de façon incroyable, il fait mouche à chaque fois! Vrai de vrai!)

Bateaux de peche a Sattahip

Le temple qui surplombe la mer

Quelques centaines de mètres plus haut, un temple bouddhiste, le Luang Pho Dam Khao Chedi. Il surplombe le village, l’atoll des îles toutes proches, une petite crique dédiée au snorkling, et les flottes colorées des pêcheurs de la côte.

Arrêtez-vous pour faire tinter des cloches à la file indienne. Trois coups pour chacune. Elles vous apporteront la bonne fortune.

File de cloches au Luang Pho Dam Khao Chedi

Aux jours de fête, les fidèles se pressent dans le temple, se confondent en offrandes et en adorations variées. On écrit des ex-voto sur des tuiles vernies aux couleurs vives. Puis on les fait consacrer par la prière d’un moine. En l’échange de quelques offrandes, en numéraire ou en nature, le religieux donnera un bracelet de fil, qui adoucit les destinées. Ensuite, l’on disposera de petites statuettes autour de l’autel qui donne sur le large. Pour la santé. La richesse. De bonnes affaires. Ou tout autre petit commerce qui occupe le commun des mortels.

Vue du Luang Pho Dam Khao Chedi

 

A table!

Mais surtout, on ne quitte jamais Sattahip sans s’y être copieusement restaurés de crevettes gargantuesques, tout juste sorties de l’eau. Ou de poissons frais aux écailles rutilantes. Au barbecue, frits, ou pochés. Ou les trois, plutôt. Même le riz frit, si rustique, y est succulent.

Notre restaurant préféré a vu grandir les enfants. Petit-Deux a rampé sur ses tables, il y a bien longtemps. Aujourd’hui il y chevauche de vieux pneus suspendus en guise de balançoire, avec la même énergie obstinée et rieuse.

Restaurant Sattahip

Il est temps de rentrer, mais nous ne repartons jamais les mains vides. Détour obligé par le marché local! Il donne d’un côté sur la route, et de l’autre sur la mer. Depuis le large, les pêcheurs déchargent leurs poissons des bateaux dans les arrière-boutiques.

Marche de Sattahip

Devant les carapaces robustes et les écailles brillantes, nous nous laissons porter par la promesse d’un joli festin. Car ce soir, chez nous, ce sera barbecue! Nous en salivons tous d’avance, car à la maison, petits et grands raffolent de ces délices de la mer…

Marche de Sattahip

 

En raffolons-nous trop d’ailleurs?… Peut-être devrais-je m’interroger, depuis cette récente question de Petit-Deux…

(Il faisait référence à sa fracture de l’humérus de l’année dernière… bien sûr…)

(L’intéressé, présentement en vacances, a tenu à colorier lui-même « son » histoire.)

 

***Merci à ma petite sœur qui m’a gentiment fait remarquer que l’on écrit « arête », et pas « arrête ». D’ailleurs, pour ceux que cela intéresse,  l’« arête » (…) descend du nom latin arista, « barbe d’un épi » (source).

La tournée des temples

Pour les élections législatives de 1993, ma mère avait été en charge de contrôler des bureaux de vote. (En France, bien sur.) Elle avait pris sous le bras toute la famille et nous avions navigué de villes en villages. Nous débarquions sur la place principale. D’un côté, il y avait la mairie pour ma mère, tandis qu’avec mon père et les frangins, nous allions divaguer dans l’église. J’avais trouvé cette épopée très amusante!

Du coup, alors que nous manquons d’imagination pour notre sortie dominicale, c’est tout naturellement qu’une variante à cette flânerie s’impose: nous allons faire la tournée des temples! Les temples, en soi, réservent souvent de bonnes surprises. Mais ce sera également l’occasion de découvrir des coins perdus de la campagne thaïlandaise auxquels nous ne penserions pas forcement.

On tente le coup sur Google Map. On tape « wat » (qui veut donc dire « temple » en thaï). Miracle et bingo! La carte se constelle de petits points rouges. Il y a des temples partout! En voiture!

Au terme de la journée, nous aurons découvert seize temples et pris trois-cent-une photos. Je ne peux pas vous imposer ça. Du coup, c’est déchirant mais j’ai choisi une photo par temple, pour vous brosser à l’impressionniste un tableau de notre journée, de ses anecdotes et de nos ressentis.

 

1 – Bouddhas de Wat Wang Thong Charoentham

Wat Wang Thong Charoenthom - Temple de Thaïlande

Un petit chien prend le frais au pied d’un bouddha. Les animaux ne dérangent pas dans les temples. Ils y côtoient paisiblement les humains en prière, et sont souvent nourris par les passants et les moines. De toute façon, c’est l’une des bases de la religion: un bouddhiste ne ferait pas de mal à une mouche.

 

2 – Moine pèlerin de Wat Ton Krarok

Wat Ton Krarok - Bouddha pelerin - Temple de Thaïlande

On retrouve cette figure de moine pèlerin à l’entrée de presque tous les édifices religieux. Il fait référence aux pèlerinages bouddhistes et à la tradition d’accueil des voyageurs de passage, dans les temples et les monastères.

Des collègues m’ont expliqué que lorsqu’ils se déplacent en Thaïlande, ils ne s’arrêtent pas à l’hôtel le soir, mais dorment dans des temples, sur des nattes qu’ils apportent. Ils m’ont encouragée à faire de même mais avec trois enfants bruyants et nos têtes d’étrangers, je crois que nous en étonnerions plus d’un!

 

3 – Chedi de Wat Tham Pathum

Wat Tham Pathun - Temple de Thaïlande

En arrivant au Wat Tham Pathum, Miss-Trois hurle sa fatigue dans l’habitacle pendant que Petit-Un chante à tue-tête une berceuse de Mozart. (Personne ne sait aussi bien apaiser Miss-Trois que son frère ainé.) On n’a encore vu que deux temples et ça commence mal. Nous hésitons à rentrer à la maison.

Pour se donner une idée, nous parcourons d’abord les lieux en voiture. C’est grand, et un peu communiste dans l’architecture, à l’image du Chedi principal. Nous cherchons en vain une grotte, censée faire la réputation des lieux. Nous nous engouffrons sur un chemin de terre et y croisons un vénérable pick-up à l’arrêt. A l’arrière, une très vieille dame en train de tricoter en regardant sa série préférée sur un Ipad dernier cri. Elle nous considère avec beaucoup d’étonnement. Peut-être détonnons-nous encore plus qu’elle? Au bout du chemin, nous tombons par hasard sur les cellules des moines, blotties dans une épaisse forêt de bambous. C’est beau, vert sombre et calme. Nous manquons d’enliser la voiture et repartons sur la pointe des pieds. Pardon aux moines d’être venus faire du bruit dans leur retraite… le fléchage était en thaï…

 

4 – Bouddha en construction du Wat Khao Mai Kaeo

Wat Khao Mai Kaeo - Temple de Thaïlande

Quelques kilomètres plus loin, nous trouvons beaucoup de charme au Wat Khao Mai Kaeo, dont la façade est agrémentée d’un joli bassin couvert de lotus en fleur. De ces lieux, j’ai malgré tout choisi de retenir cette grande figure de bouddha en construction. C’est amusant et émouvant de voir l’envers du décor, la statue tout juste bétonnée mais pas encore sacrée, le matériel derrière la foi… Et il est marrant, aussi, cet ouvrier, à bétonner tout seul l’oreille de Bouddha, pendant que son copain joue à Angry Bird!

5 – Le gong du Wat Khao Tabaek

Wat Khao Tabaek - Temple de Thaïlande

Le démarrage ayant été poussif, il est presque l’heure du déjeuner… Fidèles à nos habitudes, on se dit qu’un tout petit dernier temple avant le repas ne saurait faire de mal… Presque une heure de marche plus tard, nous atteignons enfin le Wat Khaoo Tabaek, blotti au sommet d’une colline, au milieu des bambous verdoyants et de lianes crochues. Il surplombe une vallée industrielle, paradoxalement belle. Les enfants ont grimpé de façon méritoire. Leur fatigue est pourtant bien vite oubliée quand ils ont l’autorisation de frapper trois coups sur le gong qui porte chance.

6 – Wat Noen Tong… et la gare…

Wat Noen Tong - Temple de Thaïlande

Pas de discrimination avons-nous décidé. Nous faisons donc le détour par le Wat Noen Tong, d’apparence très banale. Étonnamment, il semble avoir anciennement abrité une gare, comme en témoigne une grande photo à l’entrée. Voici qui n’est pas tombé dans l’œil d’un aveugle. Petit-Deux, presque aussi friand de trains que de métros et d’ascenseurs veut absolument trouver une locomotive. Nous cherchons partout. En vain. Nous nous résolvons à partir quand on entend un gémissement suraigu du fond de la voiture. « C’est vraiment pas juste. Vous ne m’avez pas laissé assez de temps pour trouver les rails. Je suis sûr qu’ils étaient quelque part, et qu’il y avait plein de trains partout, aussi! »

7 – Le Bouddha géant du Wat Hupbon Wanaram

Wat Hupbon Wanaram - Temple de Thaïlande

Un peu plus loin, sur une petite route de village, un énorme Bouddha assis nous interpelle. Ces débauches de gigantisme au milieu de la campagne ne cessent de nous étonner. Sur un fond de musique pop, un moine nonchalant essaye d’attirer les fidèles et donateurs. Mais tout est désert, à l’exception de quelques jeunes qui font pétarader leurs mobylettes sous l’œil placide d’un chien errant.

8 – Le grand ménage de Wat Khao Hin Lat

Wat Khao Hin Lat

Nous assistons à une scène amusante dans ce temple presque désert. Dans le calme paisible, surgit soudain, en trombe, un pick-up rempli de commères locales et loquaces, de leurs seaux et de leurs balais. Sans s’arrêter de rire et de papoter, comme un seul homme, elles descendent du véhicule pour s’engouffrer dans les cellules des moines, et y faire le ménage! Voir arriver un tel équipage doit être drôlement effrayant pour un saint homme!

 

9 – L’ancien et le nouveau temple de Wat Rat Rueansak

Wat Rat Rueansak

Les temples sont riches en Thaïlande. Les donations des fidèles leur permettent de sans cesse construire et reconstruire. Le petit temple de gauche est l’ancien. Sa forme et ses motifs sont clairement désuets, même s’il n’a sans doute pas vingt ans. On lui a adjoint un nouvel édifice, à droite, toujours en construction. D’un blanc étincelant, très découpé et décoré d’éléments brillants, il reflète l’opulence de ses donateurs, dont les noms sont détaillés sur des panneaux officiels, avec en regard, les montants des offrandes.

 

10 – La double colonnade Wat Duean Phen

Wat Duean Phen

Nous avons roulé dix minutes sur un chemin de terre ocre pour parvenir au Wat Duean Phen. Pas étonnant du coup qu’il soit désert et fermé. Il nous apparait néanmoins unique de par son style hellénistique à double colonnade.

Les enfants commencent à râler. Ca fait beaucoup de temples, quand même! Pour faire diversion, nous organisons le jeu du cri des animaux.

  • Qu’est ce qu’il fait le chat? « Miaou!« 
  • Qu’est-ce qu’elle fait la vache? « Moo! » (Bon, on a une vache américaine dans la voiture.)
  • Qu’est ce qu’il fait le gecko? « Whiiiii! » (On s’adapte avec les animaux locaux… Ca doit être la nounou qui a enseigne ç Moi j’entends rarement les geckos crier mais bon.)
  • Qu’est-ce qu’il fait le chien? « Plou-Plou! » Quoi, qu’est-ce qu’il fait le chien? « Plou-Plou! » On ne sait pas trop d’où venait ce chien, mais il avait du manger un truc pas net, quand même!

 

11 – Wat Kuntheethan, sa locomotive et son hélicoptère

Wat Kuntheethan

Le Wat Kuntheethan a remis tout le monde de bonne humeur! « Papa, Maman, regardez, il y a même un hélicoptère! » Nous n’avons trouvé aucune raison rationnelle à la présence de ces figures colorées au milieu de la cour du temple. Il est vraisemblable qu’elles ne soient là que pour le plaisir des yeux. Les lieux de rassemblement en Thaïlande sont truffés d’une statuaire variée et joyeusement incohérente, pour la simple excitation de l’Instragrammeur (et surtout de l’Instagrammeuse). Mes collègues en raffolent, d’ailleurs et ne cessent d’en polluer mes réseaux sociaux!

12 – Centre religieux de Khao Din Rom Phothong

Centre religieux de Khao Din Rom Phothong

J’ai peut-être l’esprit tordu, mais cette photo m’évoque la maison du film Psychose d’Hitchcock. Je la trouve effrayante au possible, sur fond de ciel orageux. Quoi qu’il en soit, il règne un climat étrange en ces lieux, car ce temple n’en n’est pas vraiment un. Il n’est pas terminé et vraisemblablement pas consacré. Des herbes folles poussent sur le toit. Pas de Bouddha ni de décoration à l’intérieur: les salles sont envahies de poussière et d’herbes folles. C’est un temple fantôme.

 

13 – Grand nettoyage au Wat Bueng Bunyaritthayaram

Wat Bueng Bunyaritthayaram

On avance dans la journée. Il commence à faire moins chaud et les moines sortent pour les menus travaux d’entretien de leur temple. Au Wat Bueng Bunyaritthayaram, un moine accompagné de deux jeunes novices nettoie la façade au tuyau d’arrosage.

 

14 – Grandiose Wat Charoentham

Wat Charoentham

Au Wat Choroentham, c’est aussi l’heure où les moines sortent balayer. Quel étonnant contraste entre l’existence simple des religieux et la richesse des lieux. Les bâtiments, principalement bouddhistes mais teintés d’hindouisme, sont majestueux et presque arrogants. Il est temps de rentrer malgré tout. Petit-Deux traîne la patte et refuse d’avancer. Petit-Un fait des singeries et compte en chinois sur des mouvements de Kung Fu. L’orage gronde et le ciel lâche de grosses gouttes.

 

15 – Wat Chong Mafueng et son arbre en fleur

Wat Chong Mafueng

Un tout petit joli temple sur la route du retour. On ne va pas l’ignorer. (Pas de discrimination!) J’aime le contraste entre son arbre fleuri de rose et les caveaux funéraires qui en bordent l’enceinte.

 

16 – Le der des der… Maha Chedi Moei si Burapha

Maha Chedi Moei si Burapha

Incorrigibles c’est le mot. On a encore vu un temple fléché. On a dit non, ca sera pour la prochaine fois, tout le monde est fatigué. (un silence.) « Rhooo… Mais t’as vu, il est énorme ce chedi, non? » « Et puis sa forme n’est pas courante… Tu crois que le détour est grand? » « Boh, on essaye de se rapprocher en voiture juste pour voir? » « Oui, attends, je donne un Ipad aux enfants ca nous gagnera dix minutes… » « Ca n’a pas l’air si grand finalement, on peut toujours jeter un tout petit coup d’œil… » « Oui, parce qu’on n’est pas sûrs de le retrouver la prochaine fois… » « Et ca serait dommage de le louper en étant passé si près… »

… bref, on a vu un dernier temple.

 

 

La Région de Pattaya – Chonburi

La province de Chonburi, c’est ici que nous vivons, et par la force des choses, c’est ici que nous nous sommes forgés notre première idée de la Thaïlande… et nous avons détesté!

Chonburi est une ville orientée vers l’industrie, où plus ou moins personne ne vient pour le plaisir. Pattaya est LA ville du tourisme de masse, où nous n’aurions jamais pensé mettre les pieds. Ce n’est pas notre tasse de thé! Bref, quand nous sommes arrivés dans la région, en plus des difficultés liées à notre nouvelle expatriation, l’environnement que nous découvrions ne nous a pas plu du tout…

… et puis petit à petit, au fil de nos balades, nous nous sommes pris à aimer notre province d’accueil

Autour de Chonburi – des activités locales agréables…

C’est d’abord le nord de la province de Chonburi qui nous a plu, parce qu’il regorge de petites activités familiales et sans prétention, surtout fréquentées par les familles Thaï des environs, et où il fait bon conduire nos enfants… J’écrirai les articles au fil de nos futures sorties, car ce sont des endroits que nous fréquentons de temps à autre. D’ici là, voici déjà quelques idées de coins où jeter un coup d’œil:

  • Les mangroves de Chonburi
  • La presqu’île de Ko Loi et son temple chinois, à Si Racha
  • Koh Sichang, une petite île proche de Si Racha
  • L’aquarium de Bang Saen
  • Ang Sila, son temple chinois et ses singes
  • Le Khao Kheow Open Zoo
  • L’observatoire aux papillons proche du Khao Kheow Open Zoo
  • Le réservoir de Bang Phra et son surprenant temple aux singes
  • La pointe de Sattahip, à l’extrême sud de la province

 

Presqu'Ile de Sattahip - Chonburi

 

Les distractions de Pattaya

Pattaya-même, nous nous y rendons rarement. C’est très embouteillé et la ville présente peu d’intérêt, encore moins avec des enfants. On y fait juste un saut, une fois tous les trois mois environ, pour y acheter du saucisson, du boudin et de la pâte feuilletée… Ben oui, on a parfois des besoins à assouvir…

En revanche, les alentours de Pattaya regorgent d’attractions et de distractions organisées à la chaîne pour les touristes de passage… La qualité est inégale mais il ne faut pas cracher dans la soupe: une fois que l’on sait à quoi s’attendre, on peut aussi y passer de bons moments…

Bref, à mon sens, si faire le détour par Pattaya est inutile pour découvrir la Thaïlande, une fois qu’on y est, on peut trouver ici ou là des attractions pour passer des moments agréables…

J’ai souvent pesté, car on trouve parfois peu d’informations sur les activités sympas, en famille, dans notre région. L’un des objectifs de mon blog est justement d’y remédier. Je complèterai donc ma liste de sorties au fil du temps et de nos découvertes… Et si de votre côté, vous avez des idées à partager, n’hésitez pas à me faire signe en commentaire!

 

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Thai Thani, Art & Culture Village –Pattaya

Thai Thani est un petit parc qui propose une jolie reconstitution de lieux choisis de Thaïlande traditionnelle, au sud de Pattaya. Ou plutôt, il y a deux Thai Thani. Ce Thai Thani là, miroir coloré de la Thaïlande rurale que nous aimons. Et le Thai Thani pour les bus chinois: un ensemble d’attractions de peu d’intérêt, pour la consommation rapide de touristes de passage.

Plan du Village de Thai Thani - Pour les Chinois...

 

Le parc d’attraction n’a bien sur rien d’authentique, mais propose de très intéressantes reconstitutions d’habitats traditionnels de Thaïlande, une zone consacrée à la religion, un petite exposition, et la présentation d’un ensemble d’activités classiques au pays.

Temple de Thai Thani

 

Coup d’œil dans les maisons Thaï traditionnelles

Notre partie préférée de la visite est la découverte des maisons locales, qui présentent des différences marquées, en fonction de leur localisation géographique et des origines ethniques de leurs habitants. Comme de coutume en Thaïlande, on retire ses chaussures avant d’entrer. Si j’y avais pensé, j’aurais mis des tongs aux enfants parce qu’on a passé beaucoup de temps à détacher et remettre les lanières des sandalettes!

Les maisons sont construites en bois, et surélevées sur pilotis afin de protéger les habitants des serpents, des rongeurs, et des inondations pendant la saison des pluies, car alors, l’eau peut monter très vite. Contrairement à ce que j’ai longtemps cru, ces bâtiments n’appartiennent pas au passé: l’une de mes collègues, jeune mariée et tout juste enceinte de son premier enfant, est en train de faire construire l’une de ces magnifiques maison de bois, pour sa nouvelle famille. Il s’agit bien sûr d’habitations des campagnes. Dans les villes, ciment et bétons sont devenus la norme.

Maison Thai traditionnelle a Thai Thani

Nous avons çà et là visité –ou dormi- dans de ces maisons de bois, et j’ai toujours eu la surprise de les trouver étonnamment fraiches. Sans doute les bois utilisés sont-ils de bons isolants thermiques. Par ailleurs, les ouvertures ménagées dans les murs permettent généralement une bonne circulation de l’air –et des moustiques. Des habitations visitées, il m’a toujours semblé que la cuisine était située dans une zone détachée des chambres et des pièces de vie. Parfois, les habitants cuisinent même au rez-de-chaussée de la maison, entre les pilotis. Il semble que l’objectif soit de limiter la chaleur dans les pièces principales de l’habitation. Le mobilier est rare et les pièces plutôt dépouillées, ce qui correspond assez aux intérieurs que nous avons pu apercevoir autour du vieux marché de Chachoengsao, par exemple.

Maison de l'ethnie Lahu a Thai Thani

Habitats des minorités ethniques

Dans le parc sont également présentés les habitats d’ethnies minoritaires aux tailles beaucoup plus modestes. Egalement sur pilotis, les maisons sont construites de bambous et de feuilles ou de chaume. Dommage qu’elles ne soient pas meublées, car on s’imagine moins bien la façon dont on y vit (ou vivait?… nous n’avons jamais rencontre de telles habitations, « en vrai »).

Maison Karen a Thai Thani

On trouve une maison de l‘ethnie Akha (qui vient des montagnes du nord de la Thaïlande), une autre de la tribu Lahu (originaire de l’ouest de Chiang Rai) et une dernière de l’ethnie Karen (au nord-ouest du pays, proche de la Birmanie). Peut-être parce qu’il s’agit d’habitations du nord du pays, elles semblent beaucoup moins bien ventilées et à l’intérieur, il y fait fort chaud, sous les latitudes de Pattaya. Leurs occupants ne doivent par ailleurs pas être bien gros, car les planchers en bambous ne paraissent pas très épais et j’ai trouvé qu’ils ployaient dangereusement sous mes pas.

Maison Akha a Thai Thani

 

Petit aperçu de cultures locales

L’on se balade à pieds ou en rickshaw, ces vélos qui tirent une carriole pour le transport de passagers. (Le rickshaw me semble plus traditionnel de la Chine que de la Thaïlande, mais je peux me tromper.) Chez nous, c’est Papa-Tout-Terrain qui pédale. Il le fait très bien! Les enfants ne se privent pas pour l’encourager à aller « Plus vite! Plus vite! » Au fil des sentiers, l’on découvre d’autres stations plus ou moins traditionnelles. Il y a un temple bouddhiste, doublé d’une galerie de statues. A chacune de ces divinités est accolé le nom d’un jour de la semaine. Cela manque un peu d’explications: nous ne saurons pas à quoi cela correspond. Dommage.

Galerie de Divinites de Thai Thani

Un peu plus loin, on peut acheter ombrelles et éventails, et les peindre soi-même, si l’on s’en sent l’inspiration. Une halte y est certainement amusante pour peu que l’on ne soit pas accompagné de jeunes enfants. Car l’atelier n’a rien d’adapté aux joyeux barbouilleurs de maternelle. L’échoppe nous a cependant approvisionnés en cadeaux de Noel pour la famille et en décorations pour la maison. Ces ombrelles, même vierges, ont de belles couleurs et une grande variété de formats: pratique et joli!

Rickshaw a Thai Thani

 

Découverte des arts traditionnels…

En fin de circuit, le « village artisanal » propose un panorama d’activités Thaï traditionnelles: cuisine, décoration de fruits et de fleurs, musique… Curieusement, peu de badaud s’y promenaient, lors de notre visite, alors que ce lieu est l’occasion de découvrir de nombreux arts du quotidien dans le pays. Arrêtez-vous au stand « cuisine » et demandez une salade de papaye (option non épicée disponible). Avez-vous seulement déjà vu un Thaï préparer sa salade dans le grand mortier traditionnel en granit?

Salade de Papaye a Thai Thani

Un peu plus loin, un stand de musique traditionnelle, avec ses instruments aux couleurs chaudes et aux formes inconnues. Puis un atelier de sculpture de fruits en d’improbables motifs floraux. Puis une échoppe qui présente la préparation des fleurs pour les cérémonies… et si ça n’a pas l’air bien difficile, essayez une fois pour voir, par une sorcellerie inexpliquée, si l’on n’est pas Thaï, ça ne tient jamais, ces compositions florales!

 

Les attractions pour les Chinois

Au fond du parc, une autre zone est destinée aux attractions pures. La cible est clairement les groupes de voyageurs chinois. L’intérêt culturel est nul. La distraction vaut un petit détour, mais sur un temps très limité.

Spectacle a Thai Thani

En ces temps de Nouvel An Thaï, les touristes chinois sont immédiatement cueillis dans le bus et équipés de sortes de pyjama aux motifs floraux de Songkran. Ils sont conduits presque directement dans un petit théâtre pour assister à une représentation plutôt médiocre de danses prétendument locales. Le spectacle est semble-t-il ouvert à tous, mais le commentaire se fait uniquement en chinois. On ne perd rien, cela dit, tant il s’agit de banalités sur la Thaïlande et le Nouvel An Thaï. Les danseurs sont très souriants et font de leur mieux, mais la chorégraphie est tellement rudimentaire que je pourrais en être l’auteur. Au terme de la représentation, tous les spectateurs volontaires sont équipés de récipients métalliques de type saladier, et il s’organise une grande bataille d’eau, puisée dans des bassins prévus à cet effet. Moyennement culturel, mais très amusant!

Jeux d'eau a Thai Thani

Nous étions les seuls non chinois de l’assistance. Les seuls aussi à ne pas être équipés de pyjamas. Nous nous sommes donc contentés de prendre des photos.

Pour ne pas être injuste vis-à-vis de nos co-spectateurs Chinois… Je ne leur reproche ni la facilité des attractions qui leurs sont destinées, ni le fait de voyager en groupes nombreux. Ces groupes ne nous sont pas particulièrement agréables. Souvent bruyants, désordonnés. Un peu trop insistants vis-à-vis de nos enfants -pensez, pour une fois qu’ils voient des blondinets « en vrai »… Il faut en même temps bien garder en mémoire que beaucoup de ces touristes ne parlent aucune langue étrangère et n’auraient jamais quitté leur pays sans ce type de voyages organisés. La Chine est un pays qui s’ouvre tout juste au reste du monde. Et ses visiteurs sont finalement aussi inexpérimentés que l’ont certainement été un jour nos parents ou nos grands-parents…

 

Le repas et la parade

En fin de journée, le parc propose une parade en costumes traditionnels Thaï puis un repas spectacle. J’en ai vu des photos drôlement chouettes. J’ai lu quelques avis qui disaient que la nourriture était bonne. Mais je garde notre jugement en suspens. Nous sommes venus plusieurs fois dans ce parc, mais jamais aux bonnes heures. Peut-être aurons-nous un jour d’en tester les attractions de fin de journée?

 


Thai Thani en pratique

  • Coordonnées GPS: 12.774004, 100.929147
  • Ouvert de 10h30 à 19h
  • Tickets de 300 à 900 THB selon qu’ils incluent ou non le déjeuner ou le diner.

 

 

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La Swiss Sheep Farm – Pattaya

Je n’aime pas beaucoup Pattaya, mais puisque nous habitons dans le coin, nous en pratiquons régulièrement les parcs et attractions alentours. Nous avons testé ce week-end la toute nouvelle Swiss Sheep Farm, à une vingtaine de minutes au Sud du centre de Pattaya. Comme des idiots, nous n’avions pas vérifié les horaires d’ouverture, et nous sommes arrivés une demi-heure trop tôt. Nous avons d’abord un peu joué sur les balançoires proches des caisses, et le personnel nous a finalement très gentiment ouvert un bon quart d’heure avant l’horaire officiel.

Swiss Sheep Farm - Environnement

La Swiss Sheep Farm propose la reconstitution d’un village plus ou moins suisse, du moins clairement européen, et autour duquel s’articulent les pâturages d’animaux domestiques: moutons, canards, chèvres et poneys. Le tout petit village est amusant à parcourir, avec en son centre une fontaine à l’italienne et une placette pavée. L’atmosphère est fraiche. On y trouve un café, un restaurant, et quelques commerces de savons et autres petits cosmétiques. Le personnel est nombreux et vêtu de chemises à carreaux, bien sûr!

Swiss Sheep Farm

 

Un parc familial aux attractions variées

A la vue de nos deux garçons, toutes les gentilles « Suisses » que l’on croise nous orientent vers la salle des robots, les yeux brillants d’excitation. C’est une salle ou est reconstituée une quinzaine de grands robots en boulons, rutilants, chromés, et formidablement monstrueux. En plus de ne pas être très « robots », nos enfants sont un peu impressionnés. Ils demandent rapidement à passer à l’activité suivante.

Swiss Sheep Farm - Lac

Les distractions du parc sont nombreuses. Au bord du très poissonneux lac de Genève (?), nous observons voguer un voilier. A deux pas d’un horrible requin en pate à papier. Un peu plus loin, les enfants s’installent au volant de vielles voitures et miment une course effrénée. Mieux encore, Petit-Un peut poser fièrement –au milieu de canards indifférents- devant un antique avion de tourisme, repeint de couleurs rutilantes. Puis c’est au tour de Papa-Tout-Terrain de nous faire découvrir des qualités d’archer. Je ne soupçonnais pas. Et je vois deux petites paires d’yeux franchement ébahies! Au terme de la démonstration, Petit-Un demande, avec crainte et déférence, à prendre l’arc en main. Il veut savoir s’il pourra s’en servir, quand il sera plus grand.

Swiss Sheep Farm - Decors

Nous dépassons un moulin, puis une fermette et son tracteur, avant de franchir le seuil d’une maisonnette à la mystérieuse enseigne: « Candle House« . Pour une somme modique, les enfants peuvent couler leur propre bougie, avec une cire de la couleur de leur choix, et « planter » eux-mêmes la mèche. Ils sont ravis de repartir avec ce petit souvenir, qu’ils chériront tout le week-end.

Swiss Sheep Farm - Candle House

 

Autour des animaux de la ferme…

Swiss Sheep Farm - Enclos des moutons

Un peu plus loin, nous nourrissons d’herbe un troupeau de moutons, et flattons l’encolure de petits chevaux. Les bêtes sont belles et ont l’air bien entretenues. Elles doivent avoir chaud en revanche. Bon, nous aussi, un peu. Le parc vient d’ouvrir et les lapins ne sont pas encore arrivés. Il y a enfin des alpagas (payants) auxquels nous ne rendons pas visite. Nous terminons notre virée par une séance photos devant de nombreux et amusants décors en pâte à papier, et par un petit tour en tracteur-train pour les enfants.

Swiss Sheep Farm - Tracteur-train

 

Une balade légère et agréable…

Nous avons passé un très bon moment en famille dans la Swiss Sheep Farm. Ce n’est pas très long. Mais en prenant son temps, on peut compter deux petites heures de promenade. La visite s’articule autour d’activités simples, qui nous ont cependant tous distraits et réjouis. D’autant plus que nous étions alors presque seuls. En fin de matinée ont commencé à arriver quelques familles Thaï, qui sont toujours des co-visiteurs agréables. En revanche, aux vues des panneaux d’orientation, il me semble que le parc se destine à recevoir d’importants groupes de Chinois. Ces groupes arrivent-ils plus tard dans la journée ou sont-il seulement pour l’instant une cible marketing du parc? Je ne sais, mais j’imagine que l’atmosphère du lieu est bien différente -et moins agréable, dès lors qu’interviennent des bus de touristes en masse.

Swiss Sheep Farm - Epouvantail

 

Comme dans la plupart des parcs de ce type, les activités annexes ne sont pas incluses dans le prix du billet. Compter 30 bahts pour les bougies, 100 baht pour le tir à l’arc, 80 bath pour le tour en tracteur-train, 30 bath pour nourrir les animaux (hors herbe des moutons, incluse dans le ticket d’entrée). Il y a aussi des jeux de fléchettes, chamboule-tout, taureau mécanique… mais nous n’avons pas tout essayé. Pour les résidents étrangers en Thaïlande, penser à demander le « prix thaï » en présentant permis de conduire ou permis de travail.

 


La Swiss Sheep Farm en pratique

  • Coordonnées GPS: 12.773251, 100.945967
  • Ouvert de 10h à 19h
  • Ticket adulte: 90 THB pour les Thaïs et les étrangers résidents. 180 THB pour les étrangers non résidents.

 

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