Ratés de vacances autour de Hua Hin

Y a des fois où ça veut pas. Et quand ça veut pas ça veut pas. Hua Hin, ça voulait pas. Pourtant on a essayé deux fois: quand on l’a traversée du nord au sud, puis sur le trajet retour, du sud au nord. Dans un sens comme dans l’autre, on n’a pas tellement aimé la ville ni l’environnement, en soi. D’autant que les garçons ne nous y ont pas gratifiés du meilleur d’eux-mêmes, question attitude.

En fait, si, le Palais Mrigadayavan, on a adoré. Du coup j’en parle dans un billet séparé. Peut-être que les enfants y ont épuisé d’un coup leur quota de bonne volonté pour la région. En tout cas, il n’en restait visiblement plus pour après. Et pis ça ne s’est pas bien goupillé. Car ce n’est pas un endroit très adapté aux familles. Et ce n’est pas notre idéal-type de destination. Bref, quand ça veut pas ça veut pas.

Niveau parcours, on avait fait simple. On a globalement suivi la cote, de Cha’Am à Hua Hin, en s’arrêtant aux activités touristiques principales, en fonction de nos humeurs et du moment:

Carte de la region de Hua Hin
 Sources: GoogleMap

 

La Wildlife Friends Foundation

Sur ce coup-là tout est de ma faute. Le Wildlife Friends Foundation se visite sur réservation uniquement. Il s’agit d’une institution qui recueille des animaux maltraités, les soigne, et leur permet de vivre à nouveau dans des environnements plus proches de la nature. Au programme, une visite du site et une présentation des animaux le matin, puis une balade avec des éléphants l’après-midi. Sauf que tout se fait à pied, et qu’avec mes plus de huit mois de grossesse, je n’étais pas sûre de pouvoir tenir le choc. On a hésité jusqu’à la dernière minute. On s’est pointés le matin sans réservation. Et on s’est vu refuser l’entrée. Tant pis. C’est le jeu. Cela dit, j’ai lu partout le meilleur de cette visite et de cette fondation. Nous y retournerons à coup sûr, si nous repassons dans la région.

 

La Hutsadin Elephant Foundation

Du coup on s’est repliés sur la Hutsadin Elephant Foundation. Sur son site web, elle se présente comme une association à but non-lucratif, qui recueille des éléphants maltraités. Ben à vue d’œil c’est une vaste escroquerie! Je ne suis pas professionnelle de la chose, mais si je voulais sauver un éléphant, je ne m’y prendrais pas comme eux.

On entre via une sorte de temple privé hindou. Des statues plus grosses et plus dorées les unes que les autres. L’environnement fait très riche. On nous oriente directement vers les caisses, en nous proposant une balade à dos d’éléphant. Pas du tout dans l’esprit du respect des animaux, vu les photos. On décline. Les enfants sont déçus. On opte, dubitatifs, pour l’option de laver un éléphant. Avec en prime un spectacle.

Hutsadin Elephant Foundation

Ils vont nous chercher un malheureux animal attaché aux pieds et humide du précédent « lavage ». Curieusement le show nous est destiné, à nous seuls. Le cornac fait faire quelques tours à l’éléphant. Le fait s’assoir par terre. Puis lancer un ballon de foot. Puis faire quelques photos avec nous. Entre chaque activité, il nous ramène la pauvre bête pour nous demander de l’argent. Enfin, nous raccompagnons l’animal dans son enclos bétonné pour le doucher au tuyau d’arrosage. Il n’y prend visiblement aucun plaisir. On sent juste chez lui une immense résignation.

Hutsadin Elephant Foundation

Les enfants ont aimé faire les gardiens de but contre l’éléphant. Ils ont aimé le voir de près et l’asperger d’eau. Les grands sont surtout ressortis tristes. On a expliqué aux garçons que les éléphants étaient plus heureux dans la nature.

Quant à la Hutsadin Elephant Foundation, leur site web est totalement trompeur. Et je ne sais que penser des certificats d’excellence reçus de la part de Trip Advisor. Parce qu’en plus, c’était pas top.

 

Swiss Sheep Farm

Le jour est encore jeune. Nous nous décidons pour un passage à la Swiss Sheep Farm. Le parc est similaire en tout point à celui de Pattaya. Il n’a rien de remarquable, ce n’est pas vraiment le genre d’activités que nous recherchons en vacances, mais nous pourrons y passer un moment agréable.

Dès l’entrée, les enfants repèrent des balançoires. Complètement à l’opposé, si l’on suit le sens de la visite. Sous le soleil de plomb, on se retrouve donc à traîner deux petits êtres maugréants, qui ne songent qu’à rallier leur jeu fétiche. On y arrive. Je m’assieds pour souffler un peu. Enorme colère de Petit-Deux, qui tient à ce que je le balance, personnellement. Colère tellement énorme que je dois finalement l’évacuer du parc. Sous l’œil médusé de touristes chinoises en robes à froufrou, qui s’esbaudissent: « Waiguoren, waiguoren! » (= »des étrangers, des étrangers! »).

Pendant ce temps, Petit-Un s’est rappelé être passé devant un stand de tir à l’arc, tout à l’entrée du parc. Il adore voir son père tirer à l’arc. Il insiste à en devenir lourdingue. L’expulsion de Petit-Deux rend le départ imminent, après même pas quinze minutes dans le parc. Par compassion pour notre ainé, Papa-Tout-Terrain accepte l’activité. Malheur, il n’y a plus de flèches! A son tour, Petit-Un quitte les lieux en sanglots. Il passera l’après-midi à nous demander pourquoi il n’y avait plus de flèches dans le parc. Excellente question, puisqu’il y avait bien des arcs. Et je ne vois pas comment ils peuvent paumer les flèches avec des cibles à quinze mètres de distance. Cela restera un mystère.

 

Plearn Wan

Jusque-là, nous avons enchaîné les défaites. Persévérants, nous nous rabattons alors Plearn Wan, un ensemble de boutiques orientées « artistique », dans un cadre pseudo vintage. L’installation est construite en bois sombre, et constitue un cadre très agréable. Les étalages en revanche ne proposent que des pacotilles « made in China ». Pas grave, ce n’est pas comme si on avait le temps de faire les boutiques avec nos deux enfants-monstres, aujourd’hui.

Plearn Wan

L’extrémité de Plearn Wan propose une ambiance de fête foraine, avec une jolie grande roue. « Maman, Papa, on peut faire un tour s’il vous plait? » C’est demande si gentiment… Haut les cœurs, retour de la bonne humeur… C’est parti pour un tour! « Ah, désolée Messieurs-Dames, mais cette grande roue est seulement décorative. »

Je vous l’ai dit, quand ça ne veut pas ça ne veut pas!

On s’est piteusement rabattus sur des frites. On finissait par avoir un peu faim et les enfants étaient plutôt contents, rapport au ketchup. Sauf qu’à la seconde où les frites sont arrivées sur la table, Petit-Deux a eu besoin d’urgence d’aller aux toilettes. Oui oui. Vous l’aviez oublié, qu’il avait une gastro, hein?

Parce que quand ça veut pas ça veut pas.

 

Une jolie nuit au Lotus Villas & Resort

Là on a abandonné. On a dit on rentre à l’hôtel. On va faire une sieste. Dormir pour oublier. Laisser tomber. Ça veut pas ça veut pas.

L’hôtel était à quinze kilomètres. On a mis plus d’une heure et demie à l’atteindre parce que les routes indiquées sur Google Map n’existaient pas. On les a toutes essayées et –bien sûr- c’est la dernière qui était la bonne.

… Et nous sommes arrivés au paradis! Papa-Tout-Terrain avait trouvé, à la dernière minute, une villa avec piscine à un prix défiant toute concurrence, au Lotus Villas and Resort. L’espace était immense. La salle de bain à elle seule était plus grande que l’ensemble de l’hébergement de la veille. Et quel plaisir d’avoir une piscine rien que pour nous! Nous avons barboté, joué au ballon, beaucoup ri, fait une sieste, fait des courses de bus sur l’Ipad avec les garçons, commandé un délicieux dîner… Et en un rien de temps, toutes les déceptions de la journée ont été oubliées!

Lotus Villas & Resort

Le lendemain, au petit matin, nous étions prêts à repartir, dans la joie et la bonne humeur.

 

Traversée de Hua Hin

Nous n’avions finalement pas encore vu grand-chose de Hua Hin. Nous entamons donc la journée par une petite traversée en voiture, histoire de découvrir les lieux, et surtout de voir la mer. Ben la ville est moche et on n’a même pas aperçu la mer.

Hua Hin vue de Wat Khao Takiap

Hua Hin ressemble à toutes les grandes villes de Thaïlande. De grands axes très larges, poussiéreux et sans âme, encombrés de véhicules bruyants. Et des ruelles trop petites pour une conduite fluide, mais toujours sans âme. Des bâtiments ni jeunes ni vieux, avec un air incroyablement vétuste. Et des centres commerciaux sans intérêt. Le long du front de mer est bétonné. Les hôtels se tassent les uns contre les autres. Eux seuls ont vue sur la plage. On croise beaucoup de touristes occidentaux dans les rues. Ils sont généralement fort rouges, avec des piqures de moustique plein les jambes. C’est peut-être parce que nous vivons en Thaïlande, mais tout compte fait, ce n’est pas notre truc, des vacances à Hua Hin. Nous optons pour la fuite.

 

Wat Khao Takiap

De nouveau en chemin vers le sud, nous faisons escale à Wat Khao Takiap, un temple bouddhiste au sommet d’une montagne qui domine le sud de Hua Hin. Le temple est un temple normal, mais la vue en surplomb est magnifique. Je renonce néanmoins à gravir les derniers escaliers et reste dans la voiture avec Petit-Deux qui s’est endormi. Attendrie, je contemple l’ascension de Papa-Tout-Terrain et de notre « grand ».

Vue de Wat Khao Takiap

Un énorme coup porté sur le capot de la voiture me fait sursauter. Etrange. Rien à l’horizon. Pas rassurée, je scrute toutes les directions. Heureusement, Petit-Deux dort touj… « Aaaaaah! » Un énorme singe s’est juché sur mon rétroviseur. Il est à vingt centimètres de moi et commence à trifouiller les joints de caoutchouc de la voiture. Il a visiblement envie de faire connaissance. Moi pas tant que ça, en fait. Papa-Tout-Terrain et Petit-Un reviennent à point nommé. Deux ou trois moulinets de perche à selfie et l’importun a quitté les lieux. Moi qui m’étais un peu moquée de la nouvelle perche à selfie de Papa-Tout-Terrain, je la bénis franchement aujourd’hui. « Eh, t’as remarqué, l’endroit est infesté de singes! », me lance-t-il hilare.

Singes de Wat Khao Takiap

Oui, ça j’avais vu, oui.

 

Khao Tao Beach

Dernier arrêt avant de quitter Hua Hin, le temple chinois de Khao Tao Beach. On y accède via un petit port de pêcheurs. La photo est jolie, mais il faut être exactement dans l’axe, au bon endroit, sinon le petit port n’a aucun charme.

Khao Tao Beach

Se déversent alors cinq cars de touristes Thaïs. Ils n’ont visiblement jamais côtoyé d’étrangers car nous devenons immédiatement l’attraction principale. Petit-Un donne gaiement la main à un vieux monsieur qui lui raconte des trucs en thaï. Les deux ont l’air bien contents. Des jeunes filles essaient de caresser Petit-Deux, qui se réfugie sur mon dos, en sling, et recouvre sa tête d’un pan de tissus. Le message est clair. Alors les demoiselles se mettent à lui caresser les mollets et à me caresser le ventre. Non, en fait, le message n’était pas si clair. Nous ferons contre mauvaise fortune bon cœur. Après tout, elles sont un peu curieuses mais pas méchantes. Juste envahissantes.

Le temple chinois est un temple chinois. Joli mais sans intérêt particulier. On a même oublié de le prendre en photo. Disons qu’on finit par en avoir vu des centaines. Les enfants ont aimé le bassin des poissons. Et mettre des pièces dans les troncs (on passe toute notre monnaie dans les temples!).

Khao Tao Beach

De retour à la voiture, on réalise que Petit-Un a oublié le sac des maillots de bain à l’hôtel. On y retourne. En arrivant, nouvel accès de gastro pour Petit-Deux. Je l’emmène aux toilettes en catastrophe. Fausse alerte. Finalement plus rien. Il a juste passé vingt minutes sur le trône pour être sûr. Il y faisait cinquante degrés. J’étais sur le point de défaillir. Et lui, guilleret, de me commenter tous les bruits venant de cabines voisines. Charmant bambin!

Bref, quand ça veut pas ça veut pas.

 

Mais on n’a pas lâché l’affaire…

Sur le chemin du retour, nous avons retraversé Hua Hin dans l’autre sens. Arrêt dans un centre commercial pour une pizza. Petit-Deux voit un ascenseur. Supplications. On fait un tour d’ascenseur. On entre finalement dans la pizzeria. Ca fait très « bobo ». Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. Les pizzas ne sont pas adaptées aux enfants. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. Et il n’y a pas de frites. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. J’enrage. Jamais vu un enfant si relou. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. On quitte finalement le restaurant. On n’y arrivera pas.

Petit-Deux ne veut plus faire d’ascenseur mais veut retourner au restaurant. On le remet dans la voiture. Il trépigne. Il veut retourner au restaurant. On prend la direction de la belle gare de Hua Hin qu’on n’a toujours pas vue. Petit-Deux veut retourner au restaurant. Je propose d’aller visiter la gare. Papa-Tout-Terrain est passablement échaudé et décide de rester dans la voiture. Ça tombe bien, pas moyen de faire sortir Petit-Deux. Il veut retourner au restaurant.

Je vais voir la gare avec Petit-Un. Elle est très belle. De style architectural thaï, elle date des années 1920 et a la spécificité d’abriter une salle d’attente royale. La visite prend dix minutes. Onze pour prendre Petit-Un en photo avec une belle locomotive d’époque. Nous retournons à la voiture. Petit-Deux veut aller visiter la gare.

Gare de Hua Hin

Et parce qu’on est vraiment optimistes, on a même essayé de jeter un coup d’œil au parc « Venezia Hua Hin ». Ça avait l’air peu animé et un poil vétuste. Et Petit-Deux voulait retourner à la gare. Bref, de guerre lasse, le soir venant, on a pris la direction de l’hôtel de Cha’Am, pour se rafraîchir dans la piscine et quitter cet endroit maudit!

Parce que quand ça veut pas…

 

Morale de l’histoire…

La ville de Hua Hin n’est pas très adaptée aux enfants. Elle propose pas mal de lieux à visées plus ou moins artistiques, que la jeunesse de Bangkok se plaît à fréquenter le week-end. Nous avons ainsi laissé tomber le Baan Sillapin Artists’ Village et le Cicada Market. Ces endroits sont sûrement sympas, mais pour nous ce sera dans quelques années.

La ville de Hua Hin ne correspond pas à la Thaïlande qu’on aime. On n’aime pas tellement les grandes villes. On n’aime pas beaucoup les endroits où se rassemblent de trop nombreux touristes. Nous préférons éviter les centres commerciaux et les grands hôtels au profit d’endroits plus décontractés. On s’y sent mieux et le budget n’est pas le même.

La ville de Hua Hin n’est pas adaptée à notre façon de voyager. On n’aime pas tellement passer une journée entière à se baigner. Nous avons donc volontairement évité les plages et les grands centres aquatiques.

Et puis, Hua Hin est tout simplement un nœud touristique important du pays… mais en trois ans, nous en avons déjà parcouru beaucoup de ces grandes villes pleines d’attractions et d’activités de vacance. Je crois que tout simplement, ce n’était pas ce que nous recherchions, à ce moment-là. Mais cela n’est pas très grave. Le reste du voyage était une réussite et dans la région, nous avons découvert énormément de petits coins plus intimistes, que nous avons adorés!

La Grotte de Phraya Nakhon

Au sud de Hua Hin, le relief de la cote Thaïlandaise change. Les montagnes se font plus escarpées, se couvrent d’une végétation plus dense et plus sombre. On pénètre dans le Parc Naturel de Khao Sam Roi Yod. Des roches sombres aux formes romantiques et torturées se découpent sur le bleu profond du ciel et le turquoise de la mer. Fait rare, la côte est presque entièrement préservée de constructions humaines. Nous sommes immédiatement conquis. Nous nous trouvons bien, dans cette atmosphère sauvage.

 

La Grotte de Phraya Nakhon en Pratique:

  • Coordonnées GPS pour le point de départ: 12°12’22.5″N 100°00’34.5″E
  • Entrée du parc de Khao Sam Roi Yod: 200 THB par adulte, 100 THB par enfant, gratuit pour les plus petits
  • Du point de départ, on peut (1) partir pour une rando « longue », de deux ou trois heures, jusqu’à la grotte, ou (2) opter pour une version « familiale »: un bateau de pêcheur nous conduit par mer sur une plage intermédiaire (Laem Sala Beach), qui réduit le temps de balade à une petite heure
  • Transport aller-retour à destination de Laem Sala Beach: 400 THB par bateau (dix minutes)
  • Durée de l’ascension pour la rando « courte »: 30 à 60 minutes selon les marcheurs
  • A emporter impérativement: de l’eau en grande quantité, de l’anti moustique et de bonnes chaussures
  • Il est recommandé d’arriver dans la grotte avant 11h le matin, pour profiter d’une luminosité idéale
  • A la fin de la balade, l’on peut se restaurer et se baigner agréablement sur la Laem Sala Beach

 

Parc de Khao Sam Roi Yod

 

Traversée en bateau

Nous nous sommes levés tôt pour visiter la grotte de Phraya Nakhon, au cœur du parc. L’expédition commence par une traversée en bateau. Des pêcheurs locaux aux visages tannés par le soleil et le sel font la navette.

Bateau de Pecheur

Il n’y a pas d’embarcadère. Shorts relevés, poches sécurisées, enfants sur les épaules et sacs à dos sur la tête, nous progressons jusqu’aux barques. La traversée est brève. Nous accostons sur une plage de sable blanc. Il nous semble presque y être les premiers humains! L’environnement y est magnifiquement préservé, propre et soigneusement entretenu.

Nous nous engageons sur le chemin qui mène à la grotte de Phraya Nakhon. Un panneau indique une distance de 430 mètres. Peut-être s’agit-il d’un dénivelé, car il nous aura fallu un peu plus d’une heure pour les parcourir. Ça monte dur. C’est assez glissant. Et bien sûr il fait chaud et humide. Mais ça reste faisable, même avec des handicaps: une femme enceinte de huit mois et demi (moi) et Petit-Deux, trois ans et une gastro.

Depart pour la Grotte de Phraya Nakhon

 

Un beau chemin semé d’embuches

Le chemin est accidenté, découpé, rocailleux et magnifique. La forêt humide revêt de belles couleurs vertes et profondes. L’ombre des feuilles se meut au gré de la brise marine et des rayons du soleil.

A mi-chemin, un belvédère propose une délicieuse vue en surplomb des flots et des ilots environnants. Le panorama nous récompense largement des premiers litres de sueur versés. Du haut, l’on mesure l’effort accompli.

Belvédère en chemin pour la grotte de Phraya Nakhon

On repart. Par bonheur, nous avons avec nous des chips « Sour Cream and Onion » qui remotivent les enfants lors des coups de mou et dans les passages les plus ardus. Autres indispensables: de bonnes chaussures, de l’eau en quantité, un anti moustique efficace, et le « porte-garçon » -car depuis que nous n’avons plus de bébé a la maison, toute mention de « porte-bébé » déclenche irrémédiablement les foudres de Petit-Deux. Vous ai-je d’ailleurs dit que cet enfant était vaguement susceptible?

Nous grimpons en parallèle d’un groupe de sinophones chaussé de Crocs et qui, sans eau, aura autrement plus souffert que nous pendant l’ascension. Nous croisons également ne nombreuses familles allemandes et néerlandaises, très équipées en matériel de marche et de montagne.

Mais globalement, notre fine équipe de Pieds Nickelés ne se débrouille pas si mal! Nous avons même presque fière allure lorsque nous atteignons le sommet! D’autant que les enfants ont grimpé tout seuls et avec grand courage.

 

La grotte de Phraya Nakhon

Arrivée en haut je suis atteinte d’une sorte de vague à l’âme lorsque je découvre qu’il faut descendre une bonne centaine de mètres pour pénétrer dans la grotte! Tout ça pour ça! C’était bien la peine de monter!

La Grotte de Phraya Nakhon

Le gouffre est humide et chaud. Ses voutes monumentales sont couvertes de stalactites immenses. Tout au fond, une gigantesque crevasse laisse passer le soleil. Nous arrivons un peu tard: la luminosité est sensée être meilleure avant onze heures. Il est presque midi: les rayons sont moins francs et plus diffus. Les contrastes sont moins nets.

Au centre de la grotte, un pavillon a été bâti pour marquer la visite du roi Rama V. D’autres rois se sont également rendus dans ces lieux magiques et y ont laissé leurs imposantes signatures –de presque un mètre de hauteur, tout de même! (Rien à voir donc avec mes paraphes en patte de mouches au bas des notes de frais).

C’est le moment ou Petit-Deux choisit de m’informer d’un besoin extrêmement pressant, rapport à sa gastro. Super! On est en pleine zone royale et sacrée. Et dans un parc naturel protégé. S’il se soulage ici, on ira en prison pour crime de lèse-majesté et on aura une amende pour non-respect de l’environnement!

 

La folle cavalcade

Il faut agir vite. Nous sortons le porte-garçon. Je chausse Petit-Deux sur le dos. Papa-Tout-Terrain se charge du paquetage et de Petit-Un. En route! On progresse vite. Dans l’urgence, dirais-je même. L’éblouissant paysage passe au second plan de nos préoccupations.

Pour distraire Petit-Deux de ses besoins les plus triviaux, on fait la conversation. Je lui promets tout ce qu’il veut. Un poney. Des frites. D’autres chips. Des bonbons. Vénal, lui veut des pièces. Depuis quelques temps, il adore en avoir dans les poches, en faire des tas, les compter, les admirer les reproduire sur papier… Il négocie comme un marchand de tapis. On se fixe des objectifs ambitieux mais réalistes, pour l’acquisition de chaque piécette. Le contenu de mon porte-monnaie y passe.

Laem Sala Beach

Soudain pouf, Petit-Deux a oublié son envie. Il demande à marcher à nouveau. Il me rend ma monnaie, qui alourdit son pantalon et repart, guilleret. Bien vite, nous atteignons tout de même la plage (et ses toilettes) dans un soupir de soulagement. Mais c’est trop tard pour Petit-Deux. Plus besoin du tout! Il ne se souvient même plus d’avoir eu envie. Charmant enfant!

 

Une très belle excursion

Soyons francs, bien que ce léger contretemps ait un peu hâté notre redescente, il n’a rien gâché de notre visite. Nous avons adoré le lieu et son sublime environnement. Plus que la grotte, c’est d’abord la balade et l’environnement qui nous ont conquis.

Retour de la Grotte de Phraya Nakhon

Nous reprenons le bateau, pour retrouver la voiture. Les enfants, désormais rodés au débarquement dans la mer, s’en donnent à cœur joie. Shorts remontés en haut des cuisses, chaussures à la main, ils courent dans l’eau en s’éclaboussant joyeusement. Mais à peine seront-ils installés dans leurs sièges auto qu’ils s’endormiront profondément…

Fin d'une belle balade a Khao Sam Roi Yod

Carte Postale – Le Palais Mrigadayavan

Chers tous,

Un petit coucou du palais Mrigadayavan. Il s’agit de la résidence d’été de Rama VI, roi de Thaïlande au début du vingtième siècle. C’est à cette époque que la région devient le lieu de villégiature officiel des générations de rois qui vont se succéder

Le Palais Mrigadayavan se trouve sur une base militaire royale. Ça nous inquiète un peu. De nombreux points d’intérêt en Thaïlande, se trouvent dans des zones militaires, mais on ne sait jamais si les étrangers y seront acceptés. C’est bien normal mais toujours un peu stressant pour nous. On briefe les garçons pour qu’ils se tiennent correctement. On ouvre toutes les fenêtres de la voiture lorsqu’on arrive à hauteur des sentinelles. Chacun se tient bien droit et sourit de toutes ses dents. Soulagement: le garde nous fait signe d’entrer. Cette fois-ci, il n’y aura même pas besoin de laisser nos passeports.

Avant d’accéder au palais, nos tenues sont contrôlées. Ma robe de grossesse est jugée trop courte. Il faut dire que j’ai sacrement pris du ventre depuis son acquisition, et ça ne la rallonge pas! On m’équipe d’une jupe longue, que je fais tenir autant que faire se peut sur mon appendice géant. Le pan avant rebique toujours. Une jeune femme m’aide à me rhabiller décemment. Sauf que ça glisse maintenant. Papa-Tout-Terrain complète l’œuvre en me prêtant sa ceinture. C’est moche mais très confortable, au final!

Nous pénétrons dans les jardins du palais.

Ils bordent la mer. De larges esplanades d’herbe verdoyante sont caressées par la brise marine. Elles sont ombragées par des arbres tropicaux séculaires, soigneusement taillés, mais qui conservent tout de leur grâce originelle. En hauteur, de longs corridors de bois relient les appartements royaux à la plage. Ces extérieurs sont magnifiques de naturel et de simplicité.

Palais Mrigadayavan

Le palais est implanté au cœur des jardins. Il est construit dans un style hybride de modernité occidentale des années 20 et d’élégante architecture thaï classique. Construit en tek et peint de couleurs claires, ses lignes sont légères et élégantes. Il s’intègre avec une sobriété souveraine dans son environnement. Le roi l’a voulu ouvert sur la mer, frais et traverse par les brises, afin de se soulager ses douleurs d’arthrite rhumatoïde.

Nous visitons les lieux sous l’étroite surveillance du personnel, car le respect pour la monarchie est primordial. Le culte royal est essentiel dans le pays, et marque de nombreuses facettes de notre quotidien. Ainsi, tous les matins au travail, mais aussi avant les séances de cinéma, l’hymne à la gloire du roi est joué: chacun se lève, arrête ses activités, fait silence ou chante. A la fin, on s’incline en direction d’un portrait du roi -il y en a dans toutes les pièces de l’usine. Saviez-vous également que c’est en Thaïlande que les peines sont les plus lourdes, en cas de crime de lèse-majesté?

La visite a déjà été longue.

Les enfants sont irréprochables. Mais Petit-Deux n’en peut plus. Il voudrait s’assoir par terre, dans l’un des grands couloirs de tek. Je demande la permission à une guide. A la vue du joli minois blond et de mon gros ventre, elle donne son aval, outrepassant sans doute quelques règles de bienséance. Nous trouvons un coin discret. Avec une grande gentillesse, et pour nous éviter tout ennui, la jeune femme restera aux côtés de notre petit bonhomme le temps qu’il se repose.

L’intérieur du palais Mrigadayavan est aussi sublime de sobriété que le laissaient présager les jardins. Chaque membre de la famille royale a ses propres appartements, séparés les uns des autres par de grands couloirs surélevés, ouverts au vent. Le mobilier est simple mais d’un extrême bon goût. Les pièces sont de tailles raisonnables mais confortables et dignes d’une famille régnante. L’architecture n’a rien à voir avec le faste flamboyant des palais de Bangkok, là où se joue l’essentiel de la vie politique… Mais qu’elle est belle, cette résidence d’été!

Des bises de nous tous,

Les « Tout-Terrain »

 

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Carte Postale – La Grotte de Khao Luang

Chers tous,

Première étape de notre virée sur la côte ouest de Thaïlande: Phetchaburi.

Nous avons un peu hésité à partir, avec trois gastro en activité et une grossesse au neuvième mois. Mais un Tout-Terrain ne recule jamais devant l’aventure! Et nous avions besoin de temps pour nous retrouver en famille.

Phetchaburi, donc, et une époustouflante découverte: celle de la grotte de Khao Luang.

Autour de la grotte vivent des hordes de singes. Tant et tant qu’il faut en protéger les voitures: dès notre arrivée, le garde du parking a placé un énorme crocodile en peluche sur notre véhicule, pour effrayer et éloigner les importuns! Tant et tant qu’il faut en protéger les bâtiments dont les portes et les fenêtres sont doublées et grillagées.

On dépasse les singes. On s’enfonce dans un trou béant qui nous conduit tout droit dans les entrailles de la terre. Il fait chaud et humide. Au fur et à mesure qu’on descend, il fait un peu moins chaud mais encore plus humide. Petit-Deux se rappelle la grotte de « La Chasse à l’Ours« . Il n’est pas rassuré.

On atteint le fond.

Nous découvrons une salle somptueuse aux immenses voutes naturelles. En son centre, un puits de lumière. Par cette ouverture, le soleil se déverse sur les centaines de bouddhas disposés aux milles coins de la grotte. Parmi les stalactites, les rayons se reflètent et se disloquent sur les déités dorées. L’atmosphère est magique, entre ombre et lumière, entre atmosphère recueillie et fourmillement des fidèles.

Grotte de Khao Luang - Phetchaburi

Les enfants demandent à faire brûler quelques bâtons d’encens que nous achetons à une nonne. Nous recevons un package: encens, cierge, fleurs et des bouts de papiers. Je ne suis pas très au fait des usages bouddhistes. Par erreur, je jette le papier, qui contenait de la feuille d’or dont recouvrir le bouddha principal de la grotte, afin qu’il réalise nos souhaits. Heureusement, la nonne nous rattrape le coup, récupère les feuilles, et guide très gentiment les enfants dans la fin de la procédure.

Khao Luang était la grotte préférée de Rama IV, roi de Thaïlande au milieu du dix-neuvième siècle. Il aimait à y venir méditer. L’environnement prête effectivement au recueillement et à la spiritualité. On sent l’omniprésence de la nature, apaisante. Les buissons jaillissent par le trou dans la voute naturelle. Le soleil éclabousse de lumière les replis cachés des roches. Les profondes salles résonnent de mille échos.

Nous remontons à la surface, transportés par cette sérénité de l’ombre. Petit-Deux en profite pour casser le mood et faire une grosse colère. J’aurais paraît-il bu de l’eau qui lui appartenait. Heureusement, tout le monde se réconcilie vite en nourrissant des singes. Allez, en voiture, ce n’est que le début de l’aventure!

Des bises de nous tous,

Les « Tout-Terrain »

 

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