Le Site Archéologique de Ban Prasat


Les mariages traditionnels se terminent tôt en Thaïlande. En partant de la belle cérémonie organisée pour P’Kung et P’O, il nous reste l’après-midi devant nous. Destination Phimai, l’un des derniers gros sanctuaires Khmers que nous n’ayons pas visité, en Thaïlande.

En cours de route, on tombe sur un autre mini vestige Khmer, Prasat Ban Prasat. Puis sur des fouilles d’excavation datant de la préhistoire, dans l’ancien village de Ban Prasat (oui, ça s’appelle pareil)… de trop belles occasion pour que des curieux comme nous ne passent leur route!

Prasat Ban Prasat: une petite ruine khmère en passant…

 

Prasat Ban Prasat en Pratique:

  • Coordonnées GPS: 15°11’42.4″N 102°10’38.3″E
  • Prix: Gratuit pour tous
  • Le site n’est pas clos et reste toujours ouvert à la visite
  • Durée de l’activité: un quart d’heure, en passant

 

Prasat Ban Prasat - Petite ruine Khmere

Prasat Ban Prasat n’est mentionné nulle part jusqu’à l’entrée du village. Construite au 13eme siècle, cette chapelle d’hôpital n’a conservé qu’un bassin, le bas de ses murs et de son gopura, mais ni sculptures ni bas-reliefs n’y ont subsisté. L’édifice semble toujours être utilisé à l’occasion, comme lieu de culte. Plus amusant, il est totalement intégré dans la vie rurale du village, derrière deux poulaillers et une vieille dame qui range des sacs de grains.

Du fond de la voiture, Petit-Un se réjouit tout haut de retrouver des vestiges khmers: « Un bel temple, ça me fait un plaisir »! Cool, il est aussi accroché que nous!

Prasat Ban Prasat - Petite ruine Khmere

La visite est courte. Nous ne resterons pas longtemps, mais en profitons pour remettre des habits civils, après les beaux vêtements du mariage. Je me glisse avec délice dans mon vieux short élimé de « sale jeune », si confortable pour mon gros ventre, et tellement pratique avec ses grandes poches. Pour la fin de la journée, j’aurai une belle tête mais un bas moche. Tant pis!

Prasat Ban Prasat - Petite ruine Khmere

Le Site Archéologique de Ban Prasat

 

Le Site Archéologique de Ban Prasat en Pratique:

  • Coordonnées GPS: 15°14’44.4″N 102°22’15.8″E
  • Prix: Gratuit pour tous
  • Ouverture de 8h30 à 16h30.
  • A voir: le site se compose d’un petit musée ainsi que de trois fosses d’excavation, où sont mises à jour des tombes de trois périodes différentes (1000 avant J-C, 600 avant J-C, et 13eme siècle de notre ère). En plus des aspects archéologiques, le musée présente la vie rurale et les traditions agraires de la région.
  • Durée de l’activité: une heure environ

 

Les plus anciens vestiges retrouvés sur le site archéologique de Ban Prasat datent environ de l’an 1000 avant Jésus-Christ. Le village était alors habité par une communauté rurale sédentaire qui cultivait le riz et élevait des animaux domestiques, mais qui appartenait à une civilisation bien distincte de celle de Ban Chiang (au Nord de l’Isan, dans la région d’Udon Thani). Il semble que depuis cette période, le village ait toujours été habité.

Fosse avec squelettes et ceramiques

Les premières excavations datent des années 1980. Trois fosses et été fouillées, qui correspondent à trois périodes bien distinctes de l’histoire du village. La fosse la plus ancienne date d’il y a 3000 ans, la seconde d’il y a 1700 ans, et la troisième d’il y a 600 ans, donc de la période angkorienne. Comme le souligne Petit-Un avec enthousiasme, on y trouve « des squelettes qui sont très morts ». Les corps sont enterrés sur le dos, mais leur orientation cardinale varie d’une période à l’autre, et parfois même entre les squelettes d’une même époque. Nous n’avons trouvé ni analyses ni commentaires à ce sujet. Y a-t-il une logique ou les squelettes ont-ils été enterrés de façon aléatoire?

Fosse avec squelettes et bijoux

Les rites funéraires semblent avoir varié avec le temps. Dans les temps les plus reculés, les corps sont enterrés avec des armes et des ossements d’animaux. Dans les périodes plus récentes, on retrouve des poteries et des bijoux dans les fosses. Petit-Deux s’est beaucoup intéressé à l’identification des bracelets et des bagues des squelettes. Il commence aussi à savoir en repérer la tête et les jambes… Il en était très fier, et mine de rien, ce n’est pas si évident que ça, quand on a trois ans!

 

Le musée de Ban Prasat

Le petit musée de la ville se découpe en deux thématiques distinctes. Une première partie de l’exposition présente les céramiques et bijoux découverts lors des excavations. Ce n’est pas inintéressant, mais tout de même loin de la richesse des découvertes de Ban Chiang, par exemple.

Le Musee de Ban Prasat

La seconde partie du musée m’a en revanche beaucoup plue. Elle présente les objets et les traditions de la vie rurale de la région. Nous y retrouvons des paniers tressés destinés, suivant le type, soit à porter, soit à mesurer les céréales, des nasses à poisson, ainsi que des outils traditionnels avec lesquels l’on travaille la terre. Deux ou trois panneaux informatifs passionnants y décrivent les fêtes et les rites traditionnels liés aux récoltes et à la célébration de la fécondité.

Ne nous y trompons pas, cela reste un très petit musée, qui se parcourt en une vingtaine de minutes. Mais à mon sens, il vaut vraiment le coup d’œil pour qui passe à proximité.

 

Un Petit Village paisible

L’intérêt de la visite consiste aussi en la traversée du village et l’observation du quotidien de ses habitants. La présence de nos enfants rend la tâche facile. Une Maman et son jeune garçon s’approchent pour nous regarder de plus près et échanger un « hello » bienveillant. Un peu plus loin, une dame allaite un nourrisson. Nous échangeons un sourire satisfait et complice.

Sur les chemins du village, nous croisons d’énormes iules qui m’effraient un peu. Apres vérification, elles ne sont pas dangereuses, mais quels gros vers de terre! Elles sont plus grosses que des Knakis! Cela dissuade même les enfants de les tripoter! Petit-Un se plaît en revanche à ramasser de belles graines noires et brillantes, tombées d’arbres autochtones. Il en a des collections plein les poches! Une vieille dame qui tresse des tiges végétales le suit d’un regard attendri.

Oiseau exotique de Ban Prasat

Un peu plus loin, un vieux monsieur a taillé dans un bois léger de jolis oiseaux exotiques dont le cou s’incline au gré du vent, grâce à un système de balancier. Nous en choisissons un, en souvenir de cette jolie étape. Nous avisons aussi un bel instrument à cordes, également de facture « maison », et dont la caisse de résonance est tendue en peau de serpent. Le vieil homme l’accorde devant nous et en sort quelques notes. Les sonorités sont harmonieuses pour qui connait bien la musique locale, je crois. Elles ressemblent en tout cas aux musiques que nous pouvons entendre dans des concerts de rue. Notre oreille occidentale n’est pas très habituée à ces mélodies, mais l’instrument est beau dans sa rusticité, et la peau de serpent lui confère un caractère sauvage qui nous plait.

Nous en demandons le prix. Le vieil homme n’ose pas nous parler Thaï. Nous ne pouvons même pas l’y encourager car nous manquons de vocabulaire. Alors nous nous sourions. Puis nous lui tendons un IPhone, pour qu’il y inscrive son prix. L’homme nous considère d’un œil un peu paniqué. Il n’ose pas toucher le téléphone. Pendant qu’il retourne sa chambre à la recherche d’un stylo, nous faisons de même –sans succès- avec notre sac à dos. Il nous note finalement un prix sur un vieux cahier… certains de ses chiffres sont écrits en miroir, et le total n’a rien de logique: ce n’est pas un nombre rond, et surtout pas assez cher du tout. Ce monsieur a visiblement peu l’habitude de l’écrit. Une voisine arrive à la rescousse et nous aidera finalement à débloquer la situation.

Instrument a Corde de Ban Prasat02

Sans rien d’extraordinaire, ce village nous a plu, avec ses traditions, son quotidien paisible, et ses habitants aux regards pleins d’humanité. Nous découvrons que plusieurs maisons ont des activités de « Home Stay »: elles reçoivent des touristes pour la nuit, mangent avec eux et leur font visiter le village… Peut-être aurons-nous l’occasion d’y revenir, et de goûter le temps de quelques heures à la lenteur paisible de cette ruralité ordinaire

 

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Isan, Nord-Est de Thaïlande

Carte de nos principales excusions en Isan – Nord-Est de la Thaïlande

Nos principales excursions en Isan

Cliquez pour agrandir (Sources de la carte)

 

Les coins que nous avons découverts et aimés

Dans la province de Buriram:

Dans la province de Kalasin:

Dans la province de Khon Kaen:

  • King Cobra village – Attraction**
  • Wat Thung Setthi – Temple Bouddhiste contemporain***
  • Prasat Puay Noi – Temple Khmer***

Dans la province de Nakhon Ratchasima:

Dans la province de Roi-Et:

Dans la province de Sisaket:

Dans la province de Surin:

Dans la province d’Udon Thani:

 

Quelques mots de l’Isan – Nord-Est de la Thaïlande…

L’Isan est une immense région du nord-est de la Thaïlande, attenant au Laos et au Cambodge. Encore largement agricole, cette zone s’est proportionnellement développée plus lentement que le reste du territoire, pour des raisons d’infrastructures de transport, entre autres. Sous forte influence religieuse et culturelle de l’empire Khmer, entre les 9eme et 13eme siècles, l’Isan conserve de magnifiques vestiges des périodes préangkoriennes et angkoriennes.

Carte de l'Isan en Thailande

Sources: Wikipedia

 

Comme à peu près tout le monde, nous avons découvert l’Isan par le sud, avec le beau parc naturel de Khao Yai.

Plus tard, de beaux paysages en somptueux temples Khmers, découverts sans méthode via les photos d’amis et de collègues, l’idée d’un road trip en Isan s’est impose comme une évidence. Nous avons adore cette région, riche d’humanité, chaleureuse, et simple. Déjà nous y sommes retournés pour le mariage de ma collègue P’Kung, et le plaisir de quelques nouvelles découvertes… et j’en suis sure, nous y retournerons encore!

Prasat Mueang Tam

 

 

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Le Sanctuaire de Phimai

Nous profitons d’un long week-end et de l’invitation au mariage de P’Kung pour visiter une partie du sud de l’Isan que nous ne connaissons pas encore. Direction le parc historique et le sanctuaire de Phimai, puis le musée national de Phimai . En chemin, nous découvrirons aussi, par hasard, les vestiges du village préhistorique de Ban Prasat, qui valent le détour si l’on est dans le coin.

 

Le Sanctuaire de Phimai en Pratique:

  • Coordonnées GPS: 15°13’08.2″N 102°29’40.5″E
  • Prix adulte: 100 THB pour les étrangers. Pas de « prix Thaï » pour les étrangers résidents. Un dépliant –de qualité- en français nous a été fourni en même temps que le ticket.
  • Prix enfant: au jugé, nos enfants (3 et 5 ans) sont entrés gratuitement
  • Ouverture de 7h30 à 18h.
  • Durée de l’activité: Prévoir 1 à 2 bonnes heures, en fonction de son amour des vestiges Khmers. Privilégier une visite tôt le matin pour limiter la chaleur et éviter les visiteurs sur les photos.

 

La saison des pluies l’impose, nous nous couvrons d’anti-moustique avant d’entamer la visite. Le temps est orageux et l’air humide: un climat idéal pour se faire piquer!

« Il y a plein de grosses pierres qui attendent des petits garçons! »… Les enfants qui trainaient des pieds en sortant de la voiture sautent de joie et se précipitent à l’entrée du site. Décidément, ils aiment autant que nous les ruines khmères!

 

Le sanctuaire de Phimai: un complexe majeur de la période khmère

Construit aux 11 et 12eme siècles, le sanctuaire de Phimai est l‘un des temples khmers les plus importants de Thaïlande. Il est construit en grès, et non en latérite comme la plupart des édifices religieux de la région de la même époque. Le grès est un matériau plus dur, moins aisé à travailler, mais plus noble, ce qui reflète le caractère d’exception de Phimai. Du coup, le bâtiment vieilli différemment, aussi, et a tendance à s’effriter, alors que la latérite, elle, se creuse de petits cratères.

Ce sanctuaire majeur est situé à l’extrême limite d’une longue route sacrée qui traversait le Royaume khmer et reliait Phimai à Angkor. C’est sans doute la raison pour laquelle le complexe de temple de Phimai est orienté vers le sud, sud-est: il « regarde » dans la direction d’Angkor.

Bêtement, je ne retrouve plus le dépliant reçu sur le site, et qui en proposait une carte très lisible et pertinente. Je crois l’avoir donné à Papa-Tout-Terrain ou mis dans une poche quand Petit-Deux a insisté pour que je lui serve de monture « parce qu’il y a des cailouuuuuuux, par teeeeeeeerre! ». Oui, il est toujours sensible de l’orteil on avait oublié de le chausser de baskets. Bref, j’ai emprunté un plan sur le site de Korat Magazine, qui permettra de se repérer:

Phimai Historical Park - Map

On entre par le sud. Sur la gauche, un « petit » bâtiment annexe, nommé Klang Ngoen sur le plan, était destiné à abriter les familles royales qui s’y habillaient, avant les processions religieuses. L’édifice n’a rien d’exceptionnel. En revanche, par sa taille, la finesse de ses linteaux et la largeur de ses couloirs de circulation, il préfigure déjà l’immensité somptueuse du sanctuaire tout entier.

Phimai - Klang Ngoen

 

Une architecture classique de la période angkorienne

Les garçons sont très impatients d’entamer enfin les choses sérieuses. Déjà, ils ont rejoint, en courant, le pont aux nâgas, qui donne accès au gopura sud de l’enceinte extérieure. Les parents aussi ont adopté le pas de course pour suivre les marmailloux. Et ne pas les perdre entre deux murs antiques. En réalité, donc, les photos datent du trajet retour. Mais permettez-moi une pause narrative pour placer quelques mots. Le pont aux nâgas symbolise le lien et le passage entre le monde des mortels et le monde des dieux. C’est un motif que l’on retrouve très fréquemment dans les édifices Hindous. Le nâga, qui a une, cinq ou sept têtes joue un rôle de gardien et de médiateur entre la terre et le ciel.

Phimai - Pont aux Nagas

Depuis, et après une intéressante discussion avec notre nounou, j’ai découvert que le nâga était également présent dans certains édifices bouddhistes de Thaïlande, où il est considéré comme un animal sacré.

Nous sommes étonnés par l‘excellent état de préservation des sculptures. Nous ne saurons le fin mot de l’histoire qu’un peu plus tard, lorsque nous tomberons par hasard sur la « réserve à Nâgas »: un champ de serpents bétonnés, aux structures en acier, et méthodiquement ordonnés en rangées disciplinées, prêts à remplacer un congénère détérioré. De toute évidence, depuis les restaurations initiées dans les années 1960, beaucoup des sculptures originales ont été déplacées au musée National de Phimai et remplacées par des copies, ce qui est, somme toute, très cohérent en termes de conservation du patrimoine.

Phimai - Pont aux Nagas et Gopura

Nous entrons dans la première enceinte par le gopura sud. Le gopura est un élément typique de l’architecture hindouiste, qui consiste en une entrée dans l’enceinte sacrée. Il représente la grandeur des dieux. Au fil des siècles, il tend de plus en plus souvent à la démesure, avec profusion de sculptures et de décorations. Le complexe de Phimai ayant deux enceintes imbriquées, l’on franchit donc deux gopuras successivement avant d’atteindre le sanctuaire. Chacune des enceintes est en réalité dotée de quatre gopura, soit un par mur d’enceinte.

Phimai - Passage Central entre l'enceinte exterieure et l'enceinte exterieure du complexe

Toujours au pas de course, nous atteignons le passage central, qui mène à l’enceinte intérieure de l’édifice. J’arrive à mettre la main sur Petit-Deux qui accepte mollement de m’attendre. Petit-Un, de la voix, tente d’exciter son frère en l’intéressant à de nouvelles découvertes. Je souffle comme un vieux buffle en fin de labour. Décidément, le marathon n’est pas d’actualité pour moi à six mois de grossesse! Derrière le deuxième gopura, plus grand et plus somptueux, on commence à deviner les Prangs du sanctuaire central. La perspective et l’alignement architectural sont étonnants et magnifiques. Papa-Tout-Terrain me fait remarquer que si nous étions seul sur le site, l’on pourrait voir le sanctuaire central depuis le pont aux nâgas, et sans doute même depuis l’entrée de l’allée principale.

Phimai - Sanctuaire Central

 

La somptueuse enceinte intérieure du sanctuaire de Phimai

Nous atteignons enfin la partie la plus centrale du complexe. La zone comporte deux Prangs, une bibliothèque ainsi que le sanctuaire principal. Si les bâtiments annexes et l’enceinte extérieure sont de grès rose, les édifices religieux principaux ont été bâtis dans un grès gris très clair, qui leur confère encore une majesté plus grande. Les Prangs sont magnifiquement ornés de sculptures aux motifs religieux. Tout comme les nâgas, ce sont certainement des copies, car nous en retrouverons des rangées sagement alignées à côté des serpents.

Phimai - Sanctuaire Central

Cela ne retire rien à la noblesse et a l’éclat architectural des bâtiments. Certains linteaux sont sculptés avec une finesse et une élégance que nous avons rarement rencontrées jusqu’ alors. Les encadrements des ouvertures, des gopuras et mêmes des allées de circulation des enceintes, sont adroitement décorés de personnages mi religieux, mi facétieux.

Phimai - Linteau de porte

Ca y est, on a perdu Petit-Deux! Il était là il y a deux secondes. Il voulait partir à droite, pendant que Petit-Un développait les raisons pour lesquelles il souhaitait visiter la galerie d’enceinte, sur la gauche. Je n’ai pas entendu pas grand-chose des raisons de Petit-Un. Il se trouve déjà à une bonne cinquantaine de mètres, et ne vois plus Petit-Deux. Papa-Tout-Terrain part à sa recherche. Sans succès. Heureusement l’asticot réapparaît quelques secondes plus tard, fort content de lui, après avoir fait seul le tour de la bibliothèque.

Nos enfants commencent à apprécier une certaine indépendance lors des visites, mais n’ont pas toujours le réflexe de nous avertir de leurs explorations, ce qui nous cause souvent des sueurs froides. Ils ne sont que deux mais nous passons toujours une bonne partie de nos visites à compter « Un, deux… c’est bon! »… « Un, deux… c’est bon! »… « Un… Ou est deux?… Ah, deux, c’est bon… » J’imagine que c’est le lot de tous les parents, mais avez-vous été jusqu’à vraiment égarer des enfants en visite? Et comment leur avez-vous appris à s’éloigner, dans le respect de consignes élémentaires de sécurité?

Phimai - Le Sanctuaire Central

Nous retournons au point de départ par le chemin des écoliers. Nous zigzaguons entre les zones architecturales centrales et les allées qui longent l’enceinte extérieure. La finesse et l’omniprésence des bas-reliefs, sur tous les bâtiments, jusqu’aux plus humbles, ne cesse de réjouir nos regards.

Phimai - Mur de l'enceinte exterieure

Le Musée National de Phimai

Le Musée National de Phimai en Pratique

  • Coordonnées GPS: 15°13’29.4″N 102°29’40.0″E
  • Prix adulte: 100 THB pour les étrangers, 20 THB pour les Thaï. Dans l’empressement, on a payé le prix « étranger » sans demander le prix « thaï »… Bon, en même temps, on participe ainsi à la préservation de ce très beau patrimoine.
  • Prix enfant: gratuit
  • Ouverture de 9h00 à 16h00.
  • Durée de l’activité: 35 minutes au pas de course, poussés par les enfants et l’heure de fermeture. Dans l’idéal, compter plutôt une heure à une heure et demie.

 

Nous complétons notre découverte du sanctuaire de Phimai par la visite du musée de la ville, après une pause glacée. Petit-Deux a une petite langue et met tant et tant de temps à venir à bout de son cône à la fraise que nous arrivons bien tard et manquons de peu de trouver porte close. Il est vrai aussi que le musée ferme particulièrement tôt, à 16 heures.

Musee National de Phimai - Linteau

Il serait pourtant dommage de le louper! Ses collections sont d’une grande richesse. En particulier ses sculptures et de bas-reliefs khmers, particulièrement bien conservés, restaurés et mis en valeur. La plupart des œuvres datent des 10 aux 13eme siècles, et sont de nature religieuses, principalement influencées par l’Hindouisme. J’ai le plaisir de noter que Petit-Deux connait et reconnait désormais parfaitement les nâgas. En dehors des nâgas et des dragons, il faut admettre que les musées ne sont pas (encore) les terrains de jeux favoris des enfants. Les bâtiments heureusement fournissent escaliers et rampes pour handicapés qui leur permettront de belles glissades, pendant que les parents se passionnent pour des images de Shiva et de Vishnu.

Musee National de Phimai - Linteau

Le musée présente des pièces magnifiques, et propose un panorama très intéressant d’œuvres rapportées de plusieurs temples, majeurs et mineurs, de l’Isan. On y trouve des statues Hindoues et des statues bouddhistes, plus récentes. Et surtout de très nombreux linteaux qui représentent avec force détails et personnes des scènes de cérémonies religieuses. Les œuvres sont bien éclairées et mises en valeur. L’exposition des plus grosses pièces, dans un hangar extérieure, est sans doute, d’ailleurs, encore plus somptueuse

Musee National de Phimai - Fronton

Malheureusement, nous avons eu un peu peine à trouver une cohérence d’ensemble dans l’exposition. Les sculptures sont mélangées avec des armoires et des bijoux, et la progression historique n’est pas évidente. Il ne semble pas y avoir de ségrégation géographique non plus. Même les différentes religions paraissent vouloir se mêler les unes aux autres. Le manque de commentaires d’ordre général, en anglais, vient renforcer ce sentiment de confusion. Avec quelques jours de recul nous avons beaucoup apprécié cette visite, visuellement, mais restons un peu sur notre faim, en regrettant de ne pas en avoir appris plus.

Musee National de Phimai - Vases

 

Autour de Phimai

Nous finissons le musée assez fatigués d’une journée déjà riche en visites et en événements. (Et un peu éprouvés par une maxi-colère de Petit-Deux.) Du coup comme une cruche, j’en oublie la promenade prévue de Sai Ngam, une petite île entièrement recouverte des ramifications d’un banian géant. Les photos avaient pourtant l’air magnifique!… Bref, si vous préparez une excursion à Phimai, ne faites pas comme nous, n’oubliez pas bêtement cette étape!

Sur le chemin du retour vers Korat, nous faisons enfin une dernière halte à Prasat Hin Phanomwan, un ancien sanctuaire khmer, désormais totalement dédié à la religion et aux cérémonies bouddhistes. On va dire que c’est la nature, mais j’ai un peu honte d’avouer que je m’étais endormie en route… Bref je n’ai pas eu l’énergie de descendre de la voiture pour visiter le site. A la place, j’ai mangé un bonbon « hamburger » avec Petit-Deux, tout en gardant un œil sur Petit-Un, qui n’avait même pas daigné se réveiller.

Prasat Hin Phanomwan

Papa-Tout-Terrain a été plus courageux, et a apprécié le détour. Il a été très impressionné par les énormes Bouddhas installées dans les allées et les sanctuaires principaux, et par l‘intensité du culte qui leur était rendu.

Prasat Hin Phanomwan

 

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Le village des Cobras Royaux – Khon Kaen

Petit-Un a bientôt cinq ans et il devient coquet. Ce matin il se mouille les cheveux pour les faire se dresser sur la tête, comme s’il avait du gel. Il est très content de son effet et se pavane en souriant: « Regardez, j’ai une tête de cafard! » Nous le trouvons très beau, pour sûr… mais pourquoi la tête de cafard?… Depuis, il est revenu vers nous plusieurs fois avec la même expression, et dans le même contexte, sans que nous ne puissions élucider l’origine de sa formule. D’où la métaphore peut être bien venir? Avez-vous une idée?

Apres le musée archéologique de Ban Chiang et le musée des dinosaures de Kalasin de la veille, nous nous reposerons avec une attraction plus frivole: le village des Cobras Royaux, au nord de Khon Kaen.

 

Une attraction des campagnes

Nous nous attendions à un ensemble d’activités très organisées pour les touristes et découvrons avec un peu d’étonnement un village plutôt marqué par l’amateurisme et le folklore. A l’entrée, une vague barrière se dresse au milieu de la route. Une mémé, quelques-unes de ses copines, et deux ou trois de ses petits-fils -une bière à la main, nous vendent un droit d’entrée imprimé sur un timbre-poste, et pour une somme dérisoire. On paye au véhicule, pas au passager.

Un peu plus loin, des baraquements aussi irréguliers que les dents d’un vieillard semblent se soutenir mutuellement pour ne pas tomber. Il s’agit de magasins de babioles, de colifichets, de médicaments et de fortifiants traditionnels à base de serpents et autres herbes. En devanture sont exposes de gros serpents dans des cageots métalliques. La plupart n’ont pas de couvercle. Il suffit d’étendre le bras pour… brrr, on ne va pas étendre le bras, en fait!

Voir autant de serpents n’est pas très rassurant, en fait. Les gens d’ici ont l’air habitués. Mais moi pas. Je jette un coup d’œil dans les recoins, histoire d’être sûre qu’il n’en traîne pas qu’on aurait oublié. Devant la cage d’un énorme boa albinos est affichée la photo de la fillette de la maison, endormie entre les circonvolutions de la bête, qui dort également. Etrange animal de compagnie.

J’imagine bien que la photo n’est qu’une démonstration à destination des touristes, afin de provoquer le chaland, car on prend grand soin des enfants en Thaïlande… mais bon, je n’éprouve guère de plaisir à voir de tels clichés. Je suis rassurée tout de même de noter que les enfants n’ont aucune velléité de s’approcher des bestioles. Vivre en Thaïlande a ceci de positifs qu’ ils connaissent bien les risques que peuvent représenter les reptiles, et qu’ ils savent également quelle est la conduite appropriée à tenir, en cas de rencontre fortuite avec l’un de ces animaux.

 

Un spectacle très local

Guidés par les harangues de la foule, nous atteignons un chapiteau branlant où sont données les représentations du spectacle de serpents. Les gradins sont déjà pleins à craquer, et d’ailleurs ils craquent un peu, car ils ne sont plus de première jeunesse. On s’installe tout en haut, le plus loin possible de la scène et de ses reptiles. Les enfants ne sont pas rassurés devant les planches disjointes de la plate-forme. C’est vrai qu’avec leurs toutes petites fesses, je comprends qu’ils aient un peu peur de tomber dans le trou. Avec Papa-Tout-Terrain, nous essayons de boucher les plus gros vides de nos plus grosses fesses, et maintenons fermement les enfants de nos grands bras.

La foule est très locale, animée, colorée et bruyante. Plusieurs parents, ravis de voir des blondinets en vrai, nous traînent leurs jeunes enfants pour tenter d’établir le contact. Leurs rejetons n’ont pas plus envie que les nôtres de lier connaissance. Les parents, très motivés en revanche, agitent la main de leurs petits pour saluer les nôtres. Par politesse, nous encourageons les garçons à donner le change, en sachant bien qu’ils ne le feront pas. On leur a déjà fait mille fois le coup. Depuis leur naissance en fait, parce qu’en Chine c’était tout pareil. Je trouve ces attentions gentilles et même souvent émouvantes, mais je comprends bien que nos enfants ne partagent pas mes sentiments. D’autant que très souvent, l’histoire finit avec une mamie qui leur caresse la joue, leur tripote les cheveux ou leur pince le bras… les pauvres, ce n’est pas très rigolo tout de même.

 

Une représentation dont je garde un goût équivoque

Le spectacle s’ouvre sur des gamines un peu désabusées qui dansent avec des serpents autour du cou. Elles sont mignonnes comme tout mais n’ont pas l’air très enthousiaste. Elles semblent même carrément s’embêter.

Le village des Cobras Royaux - Khon Kaen

Et puis, juste pour faire ma relou… sur le principe déjà, ça ne me plait jamais tellement de voir des spectacles ou sont mis en scène des enfants… même pendant les vacances scolaires comme c’est alors le cas… mais alors, quand les enfants jouent avec des serpents, là, c’est le pompon! Bref, je peine quelque peu à me décontracter, même si Papa-Tout-Terrain m’assure que les bestioles sont inoffensives.

Arrivent des hommes adultes, chargés cette fois ci des démonstrations avec les cobras royaux. Il faut être honnête, c’est beau et impressionnant. Il est intéressant de noter que chacun à « son » serpent, qu’il taquine pour le faire se dresser et simuler une attaque. Un serpent, visiblement fort irrité, je jette soudain sur son dresseur, qui adroitement, l’évite. Pris par son élan, le serpent fond sur la foule. Cri d’effroi. A la dernière seconde, l’homme rattrape la bête par la queue. Soupir de soulagement dans le public. Bon, en fait, l’élément n’avait rien d’imprévu et chacun des dresseurs nous fera plus ou moins le même coup. Il n’empêche que je suis bien contente que nous nous soyons installés tout en haut des gradins.

Le village des Cobras Royaux - Khon Kaen

De jeunes adolescents reproduisent ensuite des séquences similaires, cette fois avec des serpents inoffensifs, mais plus courts et beaucoup plus agiles. Petit Deux me tape sur l’épaule, d’un air un peu choqué: « Il ne faut jamais toucher un serpent! Si l’on voit un serpent, il faut appeler Papa, Maman ou la nounou! » Bon, au moins quelqu’un qui garde son sens commun! Cela me rassure assez.

Le village des Cobras Royaux - Khon Kaen

Le spectacle se termine. Je commence à respirer. De gros bonhommes surgissent alors en bas des gradins avec d’énormes reptiles sur les épaules. Ils les jettent presque dans les bras des spectateurs, pour initier des séances photos. Je prends mon regard le plus courroucé et le plus agressif pour qu’ils ne s’approchent pas des enfants. Peut-être même ai-je réussi à avoir une tête qui fait peur, parce que personne ne nous fera de forcing!

Le village des Cobras Royaux - Khon Kaen

Bien plus intéressant, sur la scène, une vieille dame tient immobilisé un énorme cobra royal. Les touristes locaux s’en approchent respectueusement, en file indienne, et frottent le serpent avec des billets. Est-ce pour la richesse? La chance? Il y a clairement des croyances anciennes là-dessous… Même après coup, je ne réussis pas à comprendre exactement la place et le rôle du cobra, dans la société Thaï contemporaine. Dans ce contexte il est visiblement révéré. Dans le contexte de notre quotidien, si l’on rencontre un cobra, on le tue direct, sans autre forme de procès –et mieux vaut ça que l’inverse!

Je sors mal à l’aise du spectacle. D’abord parce que je n’aime pas tellement mettre nos enfants en contact avec des serpents. Et aussi parce que je trouve que ces pauvres bêtes seraient bien mieux, tranquilles, dans la nature… Mais en même temps, cette foule locale qui se passionne, ce village qui vit depuis des générations de la capture et du dressage des serpents, ces rituels de vénération des cobras… Il y a quelque chose de la culture d’ici à voir et à ressentir… Je n’ai pas aimé mais quelque chose m’a plu pourtant… Si j’avais su tout ça, est ce nous y serions allés en famille?… En fait, je ne le sais même pas…

 

Activités connexes et babioleries

Sur le chemin de la voiture, nous avisons une tente un peu à l’écart, où des visiteurs très excités parient visiblement de l’argent à des jeux de hasard. En dehors de la loterie nationale, les jeux d’argent sont théoriquement interdits en Thaïlande… En pratique ils sont tolérés tant qu’ils restent discrets –c’est ainsi qu’aux heures de pause, je vois souvent parier les ouvriers de mon usine… C’est tout de même la première fois que nous voyons des joueurs s’afficher autant, et qui plus est dans un lieu public.

Petit-Un demande ce qu’ils font. Nous expliquons succinctement. Petit-Deux hausse les épaules, avec l’air du mec qui a bien compris: « Ah, ils jouent à Batawaf!… » Batawaf est leur grande passion du moment: un jeu de cartes, équivalent a la « bataille » avec des personnages « chien ». C’est un jeu très amusant et qui a beaucoup de succès chez nous… quoi que je doute fortement qu’il s’agisse du support privilégie des parieurs Thaïs!

Le mytique Batawaf

Papa-Tout-Terrain s’est éclipsé. Les enfants profitent de ce moment de flottement pour négocier un tour de manège. Autorisation immédiatement accordée: des serpents –et leurs maitres- continuent à trainer çà et là. Tant que les garçons sont sur un manège, ils ne seront pas en train de faire des câlins à des cobras! Papa-Tout-Terrain revient, triomphant: il a déniché un magnifique instrument de musique à cordes pincées, que nous entendons souvent lors de concerts de musique locale. Quelle belle idée et quel joli souvenir à rapporter chez nous! J’ai d’ailleurs cherché sans succès la dénomination de cet instrument… Si quelqu’un peut m’aider, n’hésitez pas à me le mettre en commentaire…

Nos souvenirs

 

Balade avortée au parc de Nom Phung

Nous avons prévu, pour l’étape suivante, une visite du temple qui domine le lac d’Ubolratana, suivie d’un tour au parc national de Nam Phong. Nous espérons profiter de l’occasion pour une petite rando. Malheureusement, en ce jour de congés à l’occasion de Songkran, beaucoup ont eu la même idée que nous. Chacun circule au ralenti. Ca fait râler les enfants qui ont faim. Nous nous arrêtons en bord de chemin pour acheter un poulet grillé et du riz gluant, que nous mangerons en route.

Petit-Un a très faim, il veut un morceau de poulet énorme. Je m’emploie à lui donner satisfaction. Petit-Deux est très compétitif ces temps-ci. Il veut un morceau encore plus grand. Pour illustrer sa demande, il écarte ses bras au maximum: « Grand comme ça! ». Bien sûr, mon poulet n’est pas une autruche. Je n’ai pas de part à la taille voulue, donc je donne ce que je peux –et je ne pinaille pas. Petit-Deux refuse ma proposition. J’explique. Il refuse encore. Je lui présente une autre pièce de volaille. Il entre dans une colère noire, vide une bouteille d’eau à ses pieds –comme ça, gratuitement- et explose de frustration.

Arrêt de la voiture. Explications fermes. Sanglots. Pleurs. Câlins. On se rabat finalement sur le riz gluant qui met tout le monde d’accord et on reprend la route. Je fais rigoler Papa-Tout-Terrain quand je lui explique que Petit-Deux a besoin d’exprimer sa frustration. « Mouais, c’est un caprice, quoi! ». Finalement, ce n’est peut-être pas si éloigné…

Ca fait maintenant une heure et demie qu’on est sur la route et nous n’avons pas fait un kilomètre. Tout autour, de jeunes gens entassés dans des pickups s’aspergent d’eau pour se rafraîchir et tuer le temps, en attendant d’arriver dans le parc. Le GPS nous indique qu’il nous reste 19 kilomètres. Bon, tant pis pour le parc… nous décidons d’arriver tôt à l’hôtel qui par chance aura une piscine ce jour-là! Même faire le demi-tour est toute une histoire, et il faudra finalement l’intervention d’un policier pour nous sortir de là!

Wishing Tree Resort

Notre voyage tire à sa fin et nous commençons tous à fatiguer un peu. L’hôtel Wishing Tree Resort, au sud de Khon Kaen, nous comble de tout ce dont nous rêvions: la chambre est immense, calme et confortable, avec une jolie vue sur une rivière déserte. La piscine est agréable et l’ambiance très familiale. Nous terminons la soirée tôt ce jour-là, après un délicieux repas Thaï pour les parents, et des frites et des pizzas pour les enfants, dans le restaurant de l’hôtel.

 

 

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Notre voyage en Isan

Profitant des vacances de Songkran, nous avons pris la route, bien décidés à découvrir les richesses des temples et des sanctuaires de l’Isan…

Deux semaines après le retour, c’est le moment de faire un petit point sur notre parcours, les perles de nos découvertes, mais aussi les petites difficultés que nous avons pu rencontrer…

Prasat Phanom Rung

 

Notre périple détaillé

  Nom du Lieu Type d’activité Province Article du Blog
Jour 1 Prasat Mueang Tam Sanctuaire Khmer Buriram Prasat Muang Tam, majestueux temple Khmer – Buriram
Phanom Rung Historical Park Sanctuaire Khmer Buriram Praasat Phanom Rung, roi des temples Khmers – Buriram
Kuti Rishi Nong Bua Lai Héritage Khmer Buriram
Jour 2 Tao Nai Chian et Tao Salai Fours de potier (Khmer) Buriram Ta Muean Thom, temple et militaires – Surin
Prasat Ta Meuan Héritage Khmer Surin
Prasat Ta Meuan Toht Héritage Khmer Surin
Prasat Ta Muean Thom Sanctuaire Khmer Surin
Prasat Ban Phluang Temple Khmer Surin Jolies surprises Khmères – Temples de Surin
Prasat Ban Prai Temple Khmer Surin
Jour 3 Cérémonies dansantes à Surin Festivités Surin Songkran surprise dans la calme Surin
Prasat Sikhoraphum Temple Khmer Surin Curieuse Rencontre en Pays Khmer – Surin et Sisaket
Prasat Ban Prasat Temple Khmer Sisaket
Prasat Sa Kamphaeng Yai Sanctuaire Khmer Sisaket
Jour 4 Elephant Study Center Attraction Surin Eléphants, singes et temples – de Surin à Kalasin
Ku Phra Kona Sanctuaire Khmer Surin
Pédalo et jeux d’enfants Attraction Roi-Et
Muang Fa Daet Song Yang Site préhistorique Kalasin
Jour 5 Musée des dinosaures Attraction / Musée Kalasin Le musée des dinosaures de Kalasin
Lac de Lam Pao Paysages Kalasin
Songkran dans les campagnes Festivités Kalasin
Musée archéologique de Ban Chiang Musée (préhistoire) Udon Thani Les richesses du musée archéologique de Ban Chiang
Songkran urbain a Udon Thani Festivités Udon Thani
Jour 6 King Cobra village Attraction Khon Kaen  Le Village des Cobras Royaux – Khon Kaen
Nam Phong National Park Paysages Khon Kaen
Wat Thung Setthi Temple Bouddhiste Khon Kaen
Jour 7 Prasat Puay Noi Temple Khmer Khon Kaen

 

Quelques-unes de nos principales étapes sur la carte…

Itineraire de notre voyage en Isan

Sources: Google Map

Notre découverte de l’Isan en cinq chiffres

  • 7 jours de voyage
  • 2,300 km de route
  • 8 provinces traversées (Buriram, Surin, Sisaket, Roi-Et, Kalasin, Udon Thani, Khon Kaen et Nakhon-Ratchasima)
  • 15 sites Khmers si mon compte est bon
  • … sans compter 2 sites Khmers à retourner voir absolument!

 

Notre voyage en quelques points

  • L’Isan nous a donné à profiter de tout ce que nous aimons en Thaïlande: des sites historiques riches et variés, de beaux paysages, des rencontres dont nous nous souviendrons longtemps… Nous avons globalement échappé aux attractions organisées pour le tourisme de masse et tant mieux, car ce n’est pas ce que nous recherchions cette fois ci.
  • Les distances sont longues dans cette région. Ce beau voyage n’aurait jamais été possible sans un véhicule individuel –ou cela nous aurait demandé beaucoup de temps.
  • La nourriture de la région est bonne, mais je m’attendais à plus de variété. Finalement, on trouve presque les mêmes plats « secs » que dans notre région, mais beaucoup moins de plats en sauce de type currys. Nous espérions profiter de ce voyage pour des découvertes culinaires… mais en fait non.
  • Parfois, nous n’avons pas trouvé d’interlocuteur anglophone, mais cela ne nous a jamais posé problème. Les personnes que nous avons rencontrées étaient d’une grande gentillesse et ont toujours tout fait pour nous simplifier la vie, et plus encore pour satisfaire les enfants. Dans les cas les plus extrêmes, nous avons fait appel à Google Image pour commander un bol de riz pour les garçons, plus difficiles que nous sur la nourriture.
  • Nous rentrons la tête pleine de belles images et les bras chargés de souvenirs: de belles reproductions de céramiques de Ban Chiang, un magnifique buffle de terre cuite, un grand panier tressé traditionnel, et un bel instrument classique à cordes pincées. Quelqu’un connaitrait-il son nom?

Nos souvenirs

Les petits contretemps

  • Dans les zones courues des étrangers, j’ai parfois des difficultés à avoir une salade de papaye pimentée normalement, tant les touristes sont adeptes du « Mai ped » (=sans épices). Dans l’Isan, il m’est au contraire arrivé de chercher la papaye au milieu des morceaux de piments… à en pleurer…
  • Nous n’avons pas eu de soucis majeurs d’orientation, mais pas mal de petites difficultés ponctuelles. D’une part, les panneaux en anglais étaient rares dans certaines zones –mais pas partout. Et surtout, les transcriptions du Thaï en lettres occidentales ont tendance à varier d’une fois sur l’autre. C’est toujours très embêtant pour trouver un lieu dont on croit connaître l’intitulé. En tant que responsable de la navigation, j’ai souvent râlé de devoir tâtonner et essayer plusieurs orthographes sur le GPS avant que ça marche.
  • Nous avons voyagé pendant la période la plus chaude de l’année, et pendant la plus grosse vague de chaleur en Thaïlande depuis cinquante ans… Nous avons donc eu très très chaud. C’est toujours resté vivable, mais cela nous a parfois obligés à écourter certaines promenades, par prudence… Au fait, j’ai bien bronzé des pieds, non?

Bronzage du retour

(Note: la cheville enflée et l’égratignure n’ont rien à voir… Apres 2,300 km sans encombre, je suis revenue me fouler le pied sur le pas de la porte de la maison! C’est malin!)

 

Les enfants en voyage

  • Les enfants ont adoré ce voyage: crapahuter dans les temples, rencontrer des animaux, s’enthousiasmer pour de nouveaux hôtels tous les soirs… tout est propice à l’exploration, et tout les intéresse! Plus tard, ils ne garderont sans doute que des souvenirs vagues de ce voyage, mais nous nous plaisons à penser qu’ils cultivent ainsi leur curiosité, leur goût de la découverte, et que c’est une belle façon de grandir.
  • Ce voyage a été placé sous le signe de la chanson française –longs trajets en voiture obligent. Les enfants ont appris de nombreux classiques pour tout-petits, et pas mal de Renaud, aussi. On entend maintenant régulièrement Petit-Deux s’égosiller dans les toilettes: « Lolaaaaaaaaaaaaaaaa!!!… » ou pire « Casse toi tu pues, et marche à l’ombre… » de sa jolie voix aigrelette.
  • A notre contact permanent, les enfants progressent à pas de géant en français. En plus du vocabulaire, Petit-Un commence à acquérir les bases de l’argumentation. Il explique très sérieusement qu’il doit absolument manger ce bonbon tout de suite parce que son papier le protège mal et qu’il craint une attaque de fourmis. Autant je ne cède jamais devant les cris, autant ses efforts de persuasion tendent à me faire fondre sur place…
  • On a toujours du mal à gérer la fatigue des voyages en « road trip ». Au bout de sept jours, nous étions tous assez fatigués et avons renoncé à la dernière étape, Phimai. Peut-être nos journées sont-elles trop chargées, mais les vacances sont malheureusement trop rares… Quelles sont vos trucs pour conserver des forces sur le long terme?
  • Pour la première fois, les enfants ont fait leurs valises et en ont été responsable pour toute la durée du périple. Ils s’en sont très bien sortis, et avec beaucoup de régularité!

 

Nous reviendrons!

  • Preah Vihear n’était pas au programme de notre circuit, car nous n’étions pas surs de la sécurité du site, situé dans une zone de conflit frontalier entre Cambodge et Thaïlande. Depuis notre retour, nous avons continué à rêver sur les belles vues de ce sanctuaire, et commencé à échanger avec de –rares- voyageurs ayant visité les lieux. Il semble finalement que la zone soit suffisamment sûre aujourd’hui. C’est dit, nous y retournerons!
  • Phimai avait été volontairement placé en fin de parcours pour pouvoir sauter cette dernière étape en cas de besoin. Le sanctuaire est en effet le vestige Khmer le plus proche de chez nous. Beaucoup de temples plus tard, adjoints d’un zeste de lassitude et de fatigue pour nous tous… nous avons laissé tomber la visite pour aller jouer à Batawaf à l’hôtel. Nous reviendrons sur un long week-end… C’est bon, aussi, de distiller les plaisirs!

 

 

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Les richesses du musée archéologique de Ban Chiang

Apres la traversée de la province de Kalasin, animée par les festivités aquatiques de Songkran, nous trouvons en Ban Chiang un gros bourg endormi. Depuis les découvertes archéologiques majeures du milieu des années 1960, la ville est devenue célèbre pour ses céramiques, vieilles de plus de 4000 ans. De grosses reproduction de vases ornent le rond-point de l’entrée de la ville et partout fleurissent des panneaux avec des pictogrammes de céramiques. C’est visiblement la seule attraction du coin.

 

Un site archéologique récent

Bonne surprise, le musée archéologique de Ban Chiang a été nouvellement refait. Entouré de jardins agréables, les bâtiments sont modernes et accueillants.

Les jardins du musee archeologique de Ban Chiang

Les garçons n’ont pas l’air de vouloir être très patients. Nous commençons rapidement la visite. La première partie de l’exposition retrace l’historique de l’invention des sites archéologiques. Depuis toujours, les paysans de la région avaient l’habitude de tomber sur des tessons de poterie dans leurs champs, qui les embêtaient plutôt dans leurs cultures. Un étudiant britannique en anthropologie passait justement par là il y a une soixantaine d’années, quand par accident, il s’étala de tout son long dans un chemin, et tomba nez à nez avec un morceau de poterie, élégamment décoré. Convaincu d’une découverte majeure, il contacta universitaires et des spécialistes. D’études en recherches, il fut démontré que les plus anciens sites de la région dataient de 2500 ans avant Jésus Christ, et constituaient l’une des plus importantes zones d’habitats préhistoriques d’Asie. Ban Chiang est aujourd’hui inscrite au patrimoine de l’UNESCO.

De nombreux affichages sont également consacrés aux différents patronages de la famille royale sur le site. Visites du roi, questions posées par la reine, photos d’autres membres de la famille… Ces aspects qui peuvent sembler un peu anecdotique pour des étrangers sont bien sûr très importants pour les visiteurs locaux, qui passent beaucoup de temps à consulter les panneaux.

 

Une surprenante civilisation préhistorique

Plusieurs salles replacent ensuite les vestiges et les découvertes dans leur contexte. L’on observe les salles de conservation des tessons, la façon dont sont restaurés les vases brisés, et surtout, l’on trouve de très intéressantes reconstitutions de sites funéraires de cette civilisation pré-bouddhiste –qui ne brûlait donc pas ses morts mais les enterrait. Cette civilisation néolithique semble encore mal connue et beaucoup d’observations restent sans explications. Il semble par exemple que les squelettes des périodes les plus primitives aient été enterrés en position fléchie, puis dans les périodes plus récentes, en position allongée. Curieusement, l’orientation spatiale des corps diffère d’un site à l’autre.

Squelette du musee archeologique de Ban Chiang

Cela fait de longues –très longues- minutes que Petit-Deux me tire sur le bras à me l’allonger. Il vient de se rappeler qu’il a vu un ascenseur au début du musée, mais qu’il aurait souhaité mieux l’observer. Il faut y retourner tout de suite. Dans cinq minutes? « Nooooooooooooon! » Il crie fort la bête, donc il a gain de cause, pour le bien-être auditif de nos co-visiteurs.

On refait tout le musée en sens inverse, on explique au mec qui contrôle les billets à l’entrée que « vous n’inquiétez pas on revient on va juste voir l’ascenseur ». Dieu soit loué il ne parle que Thaï donc il ne saura pas le fond de l’histoire. En fait ce n’est pas un ascenseur mais un monte-charge. Petit-Deux est content pareil. On étudie le fonctionnement des câbles, on regarde les deux boutons, dont le bouton rouge sur lequel il ne faut pas appuyer. On fait des photos (oui oui). Petit-Deux vérifie les photos: on voit mal les boutons. Il faut les reprendre (oui oui). Je commence à bouillir de poireauter depuis dix minutes devant le monte-charge d’un musée qui m’intéresse tant. Je convaincs Petit-Deux de repartir sans crier, lui laisse le téléphone, les photos, lui explique comment zoomer pour mieux voir les boutons, et le largue à son Papa qui, lui, n’a pas encore épuise son capital de patience.

Je retourne à mes squelettes.

Ceramiques de Ban Chiang

Sur les sites plus anciens, les corps étaient recouverts de céramiques brisées, puis dans les périodes plus récentes, entourés de vases entiers. Ainsi, plus de 90% des poteries retrouvées étaient en morceaux. Les très jeunes enfants étaient quant à eux enterrés dans des urnes funéraires. L’on a fréquemment retrouvé de menus objets personnels de métal, souvent des bijoux, autour des squelettes. En dehors des sites funéraires, peu de traces subsistent de cette civilisation, dont les constructions devaient être de bois. Ces foyers de peuplement disparaissent vers l’an 900 de notre ère, pour des raisons que l’on n’explique pas. Un temps peuplée par des Khmer venus du Cambodge, la zone reste ensuite inhabitée du 14eme au 18eme siècle.

 

Le travail de l’argile et le travail des métaux

Un peu plus loin, des mannequins de cire reconstituent ce que devait être le quotidien des habitants de ces zones de peuplement. Nous apprenons que les motifs géométriques des poteries étaient peints après cuisson. Les motifs géométriques rouges étaient tracés au pinceau.

Peinture sur les vases du musee archeologique de Ban Chiang

Enterrés avec certains corps d’enfants, ont également été retrouves d’étonnants objets, qui ressemblent à des rouleaux encreurs gravés, et qui étaient utilisés pour l’impression répétée de motifs logiques. Ils semblent que ces « tampons » n’aient pas pu être employés à la décoration de céramiques. Ils auraient soit servi de sceaux, soit été utilisés à l’impression de décorations sur des tissus.

Cette civilisation travaillait également le fer, puis le bronze, principalement pour façonner des bijoux. Petit-Un s’est beaucoup plu à observer les différents types d’ornements et à les nommer. A l’explication des principes de la fonte et du travail des métaux, il reste interdit. Il ne dit rien mais peine visiblement à saisir le concept, malgré une mise en scène très vivante de statues de cire. Ce qui nous semble si évident, à nous, adultes, n’est pas forcément facile à admettre…

Ceramiques et objets metalliques retrouves autour de Ban Chiang

J’ai apprécié ces reconstitutions intelligentes, avec des commentaires brefs mais pertinents, qui permettent une visite adaptée aux enfants et aux adultes. « Ooooooh, s’exclame Petit-Un, celui-là, il devait avoir très mal aux dents! » Il manque en effet pas mal d’incisives au squelette que nous observons. Je suis satisfaite: mes régulières mises en garde concernant la santé bucco-dentaire semble commencer à porter leurs fruits!

 

Un musée à ne pas manquer!

La dernière partie du musée présente enfin une très large collection des céramiques et autres objets d’arts retrouvés dans la région. Certains vases sont formidables d’arabesques entremêlées. J’aurais aimé y rester plus longtemps. Mais Petit-Un a visiblement atteint les limites de sa concentration. Un peu désœuvré, il s’est lancé dans l’analyse du fonctionnement des ventilateurs du musée, qu’il étudie de façon empirique en s’essayant à tous les boutons, malgré nos fréquents rappels à l’ordre. Quant à Petit-Deux, il a, lui, atteint les limites de la batterie de mon téléphone et de la tolérance de son Papa. Nous repartons aussi discrètement que possible.

Ceramiques de Ban Chiang

Nous avions hésité un temps à supprimer l’étape du musée archéologique de Ban Chiang, très au nord de notre périple. Si les cessions « musées » avec les enfants ne sont pas les plus faciles, celle-ci valait tout de même vraiment le coup, et nous n’avons pas regretté les kilomètres additionnels! Nous avons apprécié les riches collections, les explications claires, et les reconstitutions historiques parlantes dans des locaux vastes, bien agencés et bien éclairés. C’était une belle visite!

En repartant, nous faisons quelques emplettes de reproductions de vases dans les commerces environnants. Il s’agit certes d’une production de masse, mais locale, et fidèle aux couleurs et aux motifs que nous avions appréciés sur les originaux! Toujours gâtés par les locaux, les enfants repartiront même avec deux mini-vases en cadeau!

Et vous, comment gérez-vous vos enfants dans les musées? Histoire de me rassurer, avez-vous aussi des expériences d’enfants un poil bougeons? Et vous obstinez-vous à organiser de telles visites?

 

Procession de Songkran

Alors que nous nous apprêtons à reprendre la route, la voie est soudain coupée par un véhicule monumental, tout de feuillages recouvert, et au sommet duquel trône une espèce de nâga. L’étrange équipage est dirigé par quatre hommes à pieds, et progresse avec beaucoup de circonspection. Notre GPS nous indique de le suivre. Notre curiosité nous pousse également dans ce sens.

Char d une procession religieuse a Ban Chiang

Un peu plus loin, le char rejoint finalement une petite foule qui l’attend, pour un défilé, sans doute religieux, et sans doute lié aux cérémonies de Songkran. Les acteurs de la festivité sont élégamment habillés de tenues locales assorties, et beaucoup de dames sortent visiblement de chez le coiffeur. Elles se balancent doucement d’un pied sur l’autre au rythme des musiques contemporaines diffusées par le char. Elles sont aussi heureuses de nous montrer leurs costumes et d’observer les garçons que nous sommes ravis d’avoir découvert cette procession de fin d’après-midi. Echanges de bons sourires. Quelques photos… et c’est reparti pour Udon Thani.

Procession religieuse a Ban Chiang

Comme dans une grande partie de l’Isan, la province d’Udon Thani reste assez rurale, en dehors de sa ville principale. En route, nous croisons un troupeau de vache, et le GPS nous fait prendre plusieurs fois des routes qui ne sont pas encore goudronnée. Grand sera donc le contraste a l’entrée de la capitale provinciale…

Udon Thani rurale

 

Un Songkran urbain

Udon Thani est connu pour son Songkran festif. Nous sommes dans le coin et y avons prévu une soirée pour changer d’ambiance… et nous changeons effectivement d’ambiance! A l’entrée de la ville, nous nous retrouvons dans un embouteillage énorme, derrière un pickup de « ladyboys ». Visiblement déjà alcoolisés, ils se comparent les seins. D’abord habillés, puis avec les tee-shirts mouillés, puis en soulevant les tee-shirts. Nous sommes plutôt contents de ne pas avoir d’ados dans la voiture, et rassurés de voir les enfants bien occupés à nourrir leur chat sur l’Ipad, sans un regard pour ce qui se trame à l’extérieur.

Nous nous garons dans un grand centre commercial qui propose concert et animations pour les fêtes du Nouvel An Khmer. Il n’est pas 18h, mais la sono est déjà à fond. Deux animateurs visent le public avec des lances à eau. Je trouve ça assez rigolo et essaie d’y entraîner des enfants qui protestent: ils ne veulent pas être mouillés. Petit-Deux trouve la musique trop forte et nous repartons rapidement. Sans conviction, nous dinons d’un barbecue coréen industriel similaire à tous les barbecues coréens industriels des centres commerciaux et reprenons la route. La foule qui assiste au concert de Songkran est désormais cachée sous la mousse. Nous ferons ca quand les enfants auront grandi. Puis à nouveau une heure et demie d’embouteillages pour sortir de la ville, dont les rues sont maintenant envahies d’une foule éméchée et fort mouillée.

Clairement, ces fêtes n’ont pas grand intérêt pour nous, avec les enfants. Tant pis. En revanche, il est étonnant de noter les forts contrastes entre la Thaïlande des villes et la Thaïlande de la campagne. Plus singulier encore, l’hôte britannique chez qui nous logerons cette nuit-là nous racontera Udon Thani, à son arrivée en Thaïlande, vingt-huit ans plus tôt… A cette époque, aucune voie de la capitale n’était encore goudronnée, et l’eau montait tellement dans les rues, à la saison des pluies, que les enfants traversaient à la nage!

Udon Thani rurale

 

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Le musée des dinosaures de Kalasin

Entre éléphants, singes et jeux d’enfants, les garçons ont déjà pu apprécier les activités variées de l’Isan. A Kalasin, nous poursuivons nos découvertes avec la visite du musée des dinosaures. Bien que particulièrement couru au moment de Songkran, l’endroit est spacieux et bien organisé, et nous avons tous beaucoup profité de cette visite culturelle et familiale!

 

Un musée vaste et bien organisé

Comme la plupart des établissements touristiques, le musée des dinosaures est gratuit pendant les trois jours officiels de Songkran, d’où un important afflux touristique. Aux plaques d’immatriculation du parking, on voit que de nombreux visiteurs viennent de loin. Mais nous sommes les seuls étrangers. Tout est organisé pour accueillir agréablement les familles. Le grand T-Rex de l’entrée est habillé d’une chemise à fleurs traditionnelle du nouvel an Khmer et muni de pistolets à eau. Ça amuse beaucoup un groupe de petits garçons Thaïs de l’âge de nos enfants, qui restent cinq bonnes minutes à se tordre de rire devant le grand prédateur. L’ambiance est très conviviale et centrée sur les enfants.

Des figurants déguisés en dinosaures roses en peluche déambulent parmi les badauds. Petit-Deux se prend d’affection pour l’un d’eux, qu’il câline vigoureusement, entre les « oh » et « ah » énamourés de mamies qui traînaient par là. Pauvres acteurs en revanche. En plus d’avoir sûrement très chaud, ils ne voient visiblement rien depuis leur déguisement douillet, si bien qu’ils sont guidés par un accompagnant pour ne pas écraser les enfants alentours.

Le musée est vaste et riche. Tout n’est pas en anglais, mais au pire, il y a toujours au moins le nom latin des bestioles, en lettre occidentales, donc, et qui permet de se repérer. Les enfants sont un peu petits pour s’intéresser aux théories du bing bang et de la création, du coup on passe vite les premières pièces. Un peu trop vite d’ailleurs parce que tout à la fin, Petit-Un se rappellera qu’on a oublié la PREMIERE salle qui avait une jolie lumière noire. Il me trainera à rebrousse-poil dans tout le musée -dont je ne me souvenais pas qu’il était si long, pour arriver à l’endroit donné et dire: « Oui, c’était bien là! » avant de repartir en sens inverse –toujours en me tirant de toutes ses forces.

 

Les dinosaures de Thaïlande

Peu familiers des périodes jurassiques, les enfants découvrent avec émerveillement les nombreux squelettes de dinosaures en exposition. Ils montrent d’abord un intérêt soutenu pour les animaux proches de ceux qu’ils fréquentent habituellement: de gros lézards, des dinosaures-oiseaux, des dinosaures marins… Puis ils se prennent au jeu et me demandent de tous les nommer… Et là, grande solitude de la mère devant les squelettes… C’est ça de vouloir faire le malin et d’expliquer qui est le triceratops et lequel est le stégosaure… en dehors des bien connus, je n’en sais rien, mais rien du tout, du tout, moi!

Musee des dinosaures de Kalasin

Fait étonnant, après quelques « il a de grandes dents, celui-là » un peu détachés, Petit-Un ignore complètement les plus gros spécimens de tyrannosaures et de grands prédateurs. Petit-Deux, de son coté, a à cœur de bien vérifier l’état de tous les carnivores observés: « Il est mort celui-là?« , « Et celui-là, il est mort aussi? », « Oh, celui-ci, je pense qu’il est mort… » Alors que je réponds distraitement à ses interrogations existentielles, pas inintéressantes mais tout de même répétitives, je tombe sur l’étiquette d’un « Siamotyrannus » (quand on devient Maman, on n’a plus le temps de lire beaucoup d’étiquettes dans les musées). Ca alors! Un dinosaure de Thaïlande! En réalité, de nombreux squelettes ont été découverts dans le coin, et plusieurs races sont même spécifiques à la zone!

 

De belles expositions pour les petits et pour les grands

Petit-Un découvre les fossiles. Il écoute attentivement mes explications et semble fasciné par le fait que tout peut devenir fossile, un jour ou l’autre: poissons, dinosaures, coquillages, végétaux… Les vitrines et la plupart des objets exposés sont à hauteur d’enfant. Visite et observations sont très agréable pour tous!

Musee des dinosaures de Kalasin

Plusieurs salles proposent également des explications imagées et interactives à destination des enfants. Les garçons font remuer la « queue massue » que les ankylosaures utilisaient pour se défendre. Ils touillent l’estomac rempli de cailloux d’un autre congénère, qui consommait des pierres pour faciliter sa digestion. Ils regardent courir un vélociraptor (ou l’un de ses cousins) dans un stroboscope… Bref, des activités illustrées qui plaisent, pour entretenir leur intérêt au cours de la visite.

Un peu plus loin, une salle de cinéma « comme en vrai » propose une projection biquotidienne pour les jeunes visiteurs. Il s’agit de reconstitutions de l’époque des dinosaures, et je trouve les images belles et convaincantes, même si le commentaire est seulement en Thaï. Nos enfants sont, je pense, un peu petits et trop novices sur ces questions pour vraiment accrocher. Ils demandent rapidement à partir.

C’est à ce moment précis que Petit-Deux repère un ascenseur, sa grande passion du moment. Et là c’en est fini des dinosaures pour lui –et pour moi! Je termine la visite avec un adorable avorton qui me colle aux basques… d’abord pour me supplier de prendre l’ascenseur… ensuite pour se plaindre qu’il n’a pas le droit de prendre l’ascenseur parce qu’il est réservé aux personnes handicapées… puis pour m’expliquer que les personnes handicapées elles ne peuvent pas marcher parce qu’elles ont eu un accident ou qu’elles ont mal aux jambes et que du coup elles peuvent prendre l’ascenseur, elles… donc qu’on ne peut pas prendre l’ascenseur parce qu’il est réservé aux personnes handicapées et que « piquer un lama c’est non non non! »… et finalement de me faire la liste de tous les ascenseurs déjà pris pendant les vacances… puis la liste des ascenseurs prévus pour les hôtels à venir!

J’ai donc peu de souvenirs de la fin de la visite, si ce n’est que les enfants ont eu droit à un tour de tyrannosaure-manège tellement haut qu’ils ont une tête pas confiante du tout sur les photos. On frôle d’ailleurs l’émeute quand s’agglutinent les badauds, curieux de blondinets frisés. Pendant le tour de son frère, Petit-Deux me parle encore d’ascenseurs et on doit même faire un détour spécial pour vérifier qu’il ne s’en cache pas un dans un coin sombre qu’il a repéré. Petit-Un a visiblement adoré la visite. A la boutique, nous lui achetons un jeu sur les dinosaures, qu’il réclamera environ toutes les heures jusqu’à la fin du voyage.

 

Les routes de Kalasin

Nous reprenons la route pour traverser toute la province de Kalasin vers le nord, à destination de Ban Chiang. Nous retrouvons le lac de Lam Pao, déjà aperçu la veille. Un grand pont le traverse en son centre. Sur l’une de ses rives, un ancien bac a été reconverti en restaurant local. On nous avait recommandé les lieux et c’est vrai que l’environnement est agréable et singulier. Malheureusement, l’heure du déjeuner est encore loin et notre route est longue. Nous renonçons à la pause.

Bac sur le lac de Lam Pao - Kalasin

Sous les arches du pont tout proche, de nombreux Thaïs se sont installés avec leur pick-up pour passer la journée au bord de l’eau, se baigner un peu, boire pas mal et grignoter beaucoup. Une ambiance de fête et de vacances, une atmosphère conviviale comme on aime à en trouver! On sent que Songkran est là!

Lac et pecheurs dans la province de Kalasin

Un peu plus loin, toujours sur le lac, nous dépassons un curieux village de pécheurs. L’étendue d’eau est couverte de bateaux moussus et verts de végétation. La surface liquide est hérissée de systèmes de poulies et de balanciers destinés à retirer les filets poissonneux. Surprenant paysage, qui semblerait presque appartenir à un monde fantastique!

Lac et pecheurs dans la province de Kalasin

Avec les vacances, le gros des activités industrielles et agricoles semble s’être arrête. Beaucoup de villes grandes et moyennes fonctionnent au ralenti, alors que les commerces, restaurants et administrations ferment leurs portes. Dans la province d’Udon Thani, nous ne croiseront même aucun de ces camions transportant de la canne à sucre et qui sillonnent habituellement les routes, provoquant de réguliers embouteillages. L’on rencontre en revanche de nombreux religieux, des vacanciers, et surtout des asperseurs d’eau!

Moines bouddhistes

 

Songkran sur les chemins

Songkran a Kalasin

Dans un précédent post, j’avais évoqué quelques aspects des célébrations religieuses et traditionnelles de Songkran. Mais la partie visible du Nouvel An Khmer consiste surtout en de joyeuses batailles d’eau, en famille et entre amis. Dans les villages que nous traversons, les festivités sont centrées autour de manifestations conviviales et gaies, et de rassemblements bon enfant entre jeunes du coin. L’ambiance y est décontractée, mais également, souvent, très alcoolisée.

Songkran a Kalasin

Les fêtes de Songkran doivent marquer une période de renouveau. Beaucoup de Thaï profitent donc de cette époque pour se couper les cheveux. Plusieurs de mes collègues sont ainsi revenues des congés avec des brushings impeccables. Dans les campagnes le ton semble plus à la frivolité: on croise beaucoup de cheveux teints aux couleurs très vives et de crêtes de cheveux.

Songkran a Kalasin

Par groupes compacts, les jeunes gens montent sur des pickups et écument les villages proches pour les traditionnelles batailles d’eau. L’eau se doit d’être toujours propre, mais de jeunes facétieux la colorent parfois. Au bord des chemins, ils tombent régulièrement dans des embuscades bien organisées: l’on se jette des seaux d’eau en pleine face, avec une vigueur surprenante, avant de se recouvrir de poudre de talc ou d’une pâte à base de talc.

Songkran a Kalasin

Ces journées doivent être fort amusantes, pour les jeunes gens, mais également harassantes, entre les litres d’eau manutentionnés et le soleil de plomb. En général d’ailleurs, plus en s’avance dans le jour, plus les rangs des bataillons se clairsèment, pour ne laisser la place qu’aux plus alcoolisés. C’est malheureusement l’une des raisons pour lesquelles l’on déplore tant et tant d’accidents routiers à cette période, en Thaïlande.

Songkran aux environs de Khon Kaen

Mais dans ces festivités, les tableaux que je préfère par-dessus tout sont les jolies scènes familiales, grouillantes de petits enfants bronzés et trempés, les yeux pétillants d’excitation. Parfois c’est la grand-mère qui les surveille d’un regard bienveillant. Parfois un grand cousin de la vingtaine essaie de les faire danser, avec plus ou moins de succès, sur des musiques de sauvageons. Parfois même, c’est un oncle facétieux qui a abrité un petit, bien au frais, dans un de ces grands bidons qui servent de réserve pour les batailles d’eau!

Songkran aux environs de Khon Kaen

 

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Eléphants, singes et temples – de Surin à Kalasin

Trois jours de visite des temples Khmer du sud de l’Isan nous ont permis de découvrir de très riches sanctuaires, des temples plus confidentiels et ont été l’occasion de surprenantes rencontres, à l’écart des circuits touristiques. Mais les enfants commencent à exprimer un trop-plein de vestiges. Aussi ne peuvent-ils retenir leur joie et leur excitation lorsque nous leur annonçons l’activité du matin: la visite de l’Elephant Study Center de Surin.

 

L’Elephant Study Center

Le village et la campagne qui bordent l’Elephant Study Center ont ceci d’étonnant qu’au détour des cours ou des allées, on y rencontre souvent à l’improviste des pachydermes –domestiques et attachés, bien sûr-, les cornacs habitant le voisinage avec leurs bêtes. Beaucoup d’énormes crottes d’éléphant, aussi, sur les routes alentours. On est dans l’ambiance!

Surin Elephant Study Center

La foule se presse à l’entrée du parc. Ce sont principalement des Thaïs du voisinage, ainsi que des Laotiens venus en voyage organisé. La foule est joyeuse, colorée et bruyante… ce n’est pas une foule des villes.

J’avais planifié cette activité avec d’autant plus d’enthousiasme que l’Elephant Study Center est intégré au « Surin Project », qui vise à améliorer les conditions de vie des éléphants en captivité, tout en diffusant de bonnes pratiques auprès de mahouts (=cornacs): ne pas battre les éléphants, leur éviter des charges trop lourdes, cultiver localement les végétaux destinés à leurs bêtes… Le projet est joli sur le site web, mais dans les faits, nous n’avons noté aucune différence entre ce centre et les autres attractions d’éléphants visitées ailleurs en Thaïlande.

Surin Elephant Study Center

Classiquement, on trouve les mêmes activités qu’ailleurs: distribution de friandises aux éléphants, balades à dos d’éléphant, spectacles d’éléphants, et commerce de souvenirs autour des éléphants. Il y a également un musée qui ne mérite pas vraiment son nom, avec ses trois panneaux d’affichages en Thaï uniquement, et une esplanade de jeux d’enfants qui nous a bien aidé à dépenser la belle énergie des nôtres.

Surin Elephant Study Center

Plus étonnant, le lieu rassemble quelques bêtes vraiment énormes. Nous n’avions jamais vu d’éléphants d’Asie aussi gros! Petit-Un a adoré sa balade « en hauteur », aux côtés de son Papa. Petit-Deux a préféré rester avec moi, mais il l’a pas mal regretté lorsqu’il a compris que, enceinte, il n’y aurait pas de promenade pour moi. Parce que si vous n’avez jamais pris d’éléphant, il faut bien savoir que ça bouge sacrément sur ces bestioles, même à un train de sénateur… je n’ose d’ailleurs pas songer à ceux qui combattaient sur des animaux au galop!

Surin Elephant Study Center

Le spectacle en revanche est assez médiocre. On nous y présente ce que font les éléphants partout en Thaïlande: jouer au foot, peindre des arbres sur des tee-shirts, se dresser sur leurs pattes arrière en barrissant et lancer des fléchettes sur des ballons. Le chapiteau où se déroule le spectacle est très chaud et mal ventilé. Mais surtout, la représentation manque assurément de rythme. Un éléphant fait un tout petit truc. Il est applaudi. Il s’approche du public pour être récompensé avec des morceaux de canne à sucre. Il s’en va. L’éléphant d’après se met en place pendant que tout le monde poireaute dix minutes. Et ça recommence. Cela n’a en rien affecté le plaisir des enfants, plus heureux de tendre des friandises aux éléphants que de regarder leurs numéros. D’ennui et de chaleur, nous sommes cependant partis avant la fin.

Surin Elephant Study Center

 

Les singes du sanctuaire de Ku Phra Kona

Nous prenons la route de la province de Roi-Et, où nous comptons visiter le temple moderne de Pa Non Sawan -que nous n’atteindrons malheureusement jamais.

En chemin, nous croisons l’indication d’un autre sanctuaire, visiblement ancien: le temple de Ku Phra Kona. Nous nous arrêtons à tout hasard. Le grand parc que nous traversons pour atteindre l’édifice religieux est habité par des singes. Ce n’est pas très surprenant, car en Thaïlande, les singes élisent couramment domicile dans les temples. Animaux sacrés chez les Hindous et les Bouddhistes, ils sont soignés et nourris par les fidèles du coin. Dans les lieux devenus attraction touristiques, les singes se nourrissent exclusivement de nourritures fournies par les humains ou volées. Ils sont facilement agressifs. Dans les endroits plus reculés comme Ku Phra Kona, ils semblent être restés principalement sauvages. Ils approchent peu des hommes, vivent dans les arbres, et semblent toujours habitués à se nourrir de par eux-mêmes, dans la nature –ou du moins partiellement.

Les singes de Ku Phra Kona

Sur un vélo, surgit de nulle part une vendeuse de bananes. Equipés de fruits murs, nous entamons la distribution.

Les enfants traînent un peu les pieds quand il s’agit de passer au temple. Mais comme « il y a plein de grosses pierres qui attendent des petits garçons pour sauter », ils nous suivent finalement de bonne grâce. La partie Khmer du site date du 11eme siècle. Elle se compose de trois Prangs de brique. Le Prang central a été « restauré », enfin, plutôt « refait ». Il est intégralement plâtré et de nouvelles cavités ont été créées dans la voute pour y héberger des statuettes bouddhistes. Les décorations relèvent elles aussi du bouddhisme, et clairement, la tour a aussi complètement changé de visage que de religion.

Le sanctuaire de Ku Phra Kona

Les deux Prangs contigus sont toujours de brique. Ils ne sont pas en très bon état et s’affaissent un peu, mais présentent encore plus d’intérêt: eux ont carrément été investis d’une statuaire et d’un décor bouddhiste, sans transformation préalable. Les niches sont décorées d’étoffes safran. L’on s’en approche désormais pieds nus. Y foisonnent les statues des principales divinités bouddhistes, les vases à encens et autres contenants destinés aux offrandes traditionnelles.

Parties anciennes du temple Khmer de Ku Phra Kona

Subsistent également quelques linteaux aux bas-reliefs assez fins ainsi que de petites inscriptions en alphabet Khmer, mais dont les dalles ont été un peu écartées des endroits de culte: elles ne constituent plus l’objet principal de ces lieux. Si les vestiges antiques ont progressivement été transformés par la religion dominante, on sent que les gens du coin y restent sincèrement attachés: près de nous, un moine du monastère voisin présentait ainsi sculptures et linteaux à un visiteur Thaï, et, quoi que nous ne puissions les comprendre, leurs regards, posés sur ces témoignages du passé, faisaient montre d’une réelle bienveillance.

Linteau sculpte de Ku Phra Kona

 

Brève escale à Roi-Et

Un peu plus au nord, nous traversons Roi-Et. Petit-Un avise un beau jardin public, équipé de pédalos. « S’il te plait Maman-chérie, je veux faire du bateau-flamingo! » En fait, c’est un pédalo en forme de cygne, mais on se comprend. Et Petit-Deux de renchérir qu’il voudrait le flamingo bleu, parce qu’il est teeeeellement beau! On a pas mal roulé récemment et les moments principaux de détente, pour les enfants, ont surtout consisté à crapahuter dans les temples Khmers et à jouer au freezbee dans les chambres d’hôtel –mais on n’a rien cassé!

Pedalo dans le parc de Roi-Et

Bref c’est ainsi que sur un regard complice échangé avec Papa-Tout-Terrain, nous renonçons, avec quelques regrets, mais de bon cœur, au temple de Pa Non Sawan… pour aller pédaler dans l’eau.

On enchaine avec une séance jeux d’enfants. Petit-Un devient tout de suite copain avec deux grandes filles d’au moins huit ans qui lui tiennent la main sans le lâcher, et le conduisent de toboggans en échelles de cordes. Il a l’air heureux comme un roi!

Leitmotiv du voyage, Petit-Deux a un souci de sable qui entre dans les chaussures. Il développe une technique forte intelligente qui consiste à hurler à mon intention chaque fois qu’il arrive au bas d’un toboggan, pour se faire transporter à bras, jusqu’au pied de l’escalier suivant. Curieusement, ça ne marche pas du tout du tout avec Papa-Tout-Terrain.

Il fait chaud

Nous concluons l’étape avec une bonne glace. En fait deux glaces pour Petit-Un, parce que Papa-Tout-Terrain a laissé tomber la première par terre. En partant de l’ère de jeu, toutes les nouvelles copines font de grands signes à l’ intention de notre ainé: « Au revoir Petit-Un! », crie l’enfant la plus âgée, en l’appelant par son prénom.

 

Soirée autour de Kalasin

Nous repartons pour l’étape du soir: Kalasin. Dans la voiture, les enfants chantent en cœur: « Promenons-nous, dans les bras, pendant que le loup y est pas… » Dois y voir une quelconque ironie, de la part de Petit-Deux, qui a bien plus usé mes bras que ses chaussures aujourd’hui?

Un peu avant Kalasin, nous nous arrêtons brièvement sur le site de Muan Fa Daet Song Yang. Il s’agit d’une ancienne cite préhistorique, qui se serait surtout développée entre les 10eme et 8eme siècles avant JC. En plus d’un petit musée alors fermé, il ne reste aujourd’hui que quelques monticules anciens, ainsi qu’une « borne religieuse« , et qui servait alors à identifier les zones sacrées. Peut-être y aurait-il eu plus à voir, mais nous ne cherchons pas très longtemps et ne trouvons rien qui nous convainque.

Muang Fa Daet Song Yang

Quoi qu’il ne soit nous ne souhaitons pas traîner, car nous prévoyons de passer la soirée sur le barrage de Lam Pao, au nord de Kalasin. Nous arriverons malheureusement trop tard: tout ferme dès la tombée de la nuit. En revanche, les derniers plaisanciers qui quittent les lieux ont l’air de s’être bien amusés: grande plage de sable, nombreux baraquements de nourritures variées, petites échoppes qui proposent bouées et jeux d’eau… il y a tout pour y passer une belle après-midi, ou milieu d’une foule locale, familiale et gaie! Nous concernant, ce sera pour une prochaine fois, peut être…

Barrage de Lam Pao a Kalasin

Une jolie occasion perdue mais nous ne nous démontons pas pour autant. A notre grand étonnement, nous repérons un restaurant de kebab, chaudement recommandé sur le web par quelques curieux de passage. Et si on y allait?… Mon estomac m’a quelque peu reproché la salade de papaye et le Laab Ped du midi, plutôt épicés pour un circuit digestif occidental, même habitué. Le changement lui fera du bien! Le GPS nous mène au fin fond de la banlieue sud de Kalasin, où nous commençons à désespérer. C’est un endroit où l’on ne s’attend plus à trouver à manger, et encore moins de la nourriture étrangère. Contre toute attente, le Kebab Garden est pourtant bien là et se révèle une excellente découverte, quoi que pas locale du tout. Le patron est jordanien, et très sympathique. Il nous cuisine, tout frais, de délicieux kebabs, du homos, des fallafels ainsi quelques autres plats non moins délicieux mais dont j’ai perdu le nom. Surprise du chef, il nous rajoute même quelques spécialités de son pays! Quel délicieux repas!

Le Kebab Garden a Kalasin

Ce soir-là, nous dormirons dans le confortable Dino Studio, qui nous prépare déjà à l’ambiance des activités du lendemain: la visite du musée des dinosaures de Kalasin!

 

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Curieuse Rencontre en Pays Khmer – Surin et Sisaket


Après une bonne nuit de repos à Surin et le spectacle surprenant d’une célébration dansée de Songkran, nous reprenons le chemin des temples Khmers de la région, en commencant par Prasat Sikhoraphum. Nous en avons certes déjà vu beaucoup, mais chaque nouvelle visite nous subjugue et nous porte un peu plus loin dans la découverte de notre pays d’adoption et de sa culture millénaire. Après tout, ne dit-on pas que pour connaître une nation et un peuple, il faut d’abord s’intéresser à sa religion?

 

Les magnifiques bas-reliefs du Prasat Sikhoraphum

Prasat Sikhoraphum

Sanctuaire Hindou construit au XI ou XIIème siècle et dédié au culte de la déesse Shiva, le Prasat Sikhoraphum est particulièrement remarquable pour ses bas-reliefs extraordinairement riches et bien conservés, sur certains linteaux et montants de portes. Rien que pour ça, le lieu vaut vraiment le détour!

Bas relief Prasat Sikhoraphum

En dehors de ces points, il s’agit d’un temple de topographie classique, avec cinq Prangs, dont un principal, au centre. A l’occasion de cette visite, nous nous posons la question de l’utilisation des matériaux de construction (brique, latérite et grès), suivant les temples. Si le grès est presque systématiquement employé pour les linteaux et les encoignures des orifices, la fréquence de la brique semble varier d’une construction à l’autre.

Bas relief Prasat Sikhoraphum

Trouvée sur Internet, une intéressante synthèse sur l’architecture Khmer nous renseigne. La brique a, en réalité, été très utilisée à l’époque Préangkorienne, à partir du 7eme siècle, puis progressivement délaissée par la suite, car les murs de briques résistaient mal à l’épreuve du temps. Cette problématique était encore accentuée par le fait que les briques servaient souvent de parement à des murs de terre, plus friables et fragiles. La latérite, quant à elle, était un matériau facile à découper, et par conséquent privilégié pour les bases des bâtiments et les murs d’enceinte. Cette pierre n’était pas utilisée pour les pans sculptés ou travaillés, car en séchant, sa surface se constellait de petits cratères qui la rendaient visuellement impropre aux pièces d’apparence.

Porte du Prang principal - Prasat Sikhoraphum

 

Curieuse rencontre à Prasat Ban Prasat

Nous sommes désormais dans la province de Sisaket. En chemin vers l’étape suivante, on tombe sur le panneau indicatif de Prasat Ban Prasat. Inconnu au bataillon. Mais pictogramme d’antiquité. Ca nous intéresse! On arrête tout et on suit la direction. Là, nous avons très très bien joué le coup, parce qu’on a pris en photo le premier panneau, histoire de pouvoir demander notre chemin à des locaux, écrits à l’appui (et en Thaï). Après pas mal de bornes en pleine campagne, on est franchement perdus. Plus d’indications ni rien. Personne non plus à qui demander la route. Au détour d’une toute petite voie, quelques vagues panneaux. Tout est en Thaï bien entendu. On ressort notre photo.

Campagne entre Surin et Sisaket

Et là, avec Papa-Tout-Terrain, on se retrouve comme deux courges illettrées à essayer de comparer les directions indiquées sur la photo. La tâche n’est pas aisée, d’autant que les polices d’écriture diffèrent et que certains des panneaux sont mêmes peints à la main. Je fais choux blanc, c’est sûr, ce n’est pas là. Papa-Tout-Terrain s’exclame soudain: « C’est là! » Usant d’une technique fort intelligente, il avait comparé les lettres en commençant les mots par la fin. Effectivement après un nouveau brainstorming, nous nous accordons sur ses conclusions. On repart donc et même, on trouve notre temple!

Prasat Ban Prasat

Belle surprise d’ailleurs, c’est un de ces petits sanctuaires Khmers « caméléon », passé d’Hindouiste à Bouddhiste avec le temps. Un temple moderne, dédié à Bouddha, a été construit face aux antiques Prangs de brique. La base du nouveau bâtiment recycle même des blocs de latérite de l’ancien édifice, sans doute prélevés à ses murs d’enceinte ou à des bassins qui auraient aujourd’hui disparus.

L’histoire se corse un peu quand s’approche de la voiture une bonne demi-douzaine de policiers en uniforme. Ils regardent avec suspicion l’intérieur de notre véhicule alors que je suis justement en train de me battre avec ma braguette, laissée ouverte pour le confort de mon ventre de femme enceinte. Papa-Tout-Terrain tente de faire diversion. Il sort et lance un « Sawadikhap » (=bonjour) jovial, en attendant de voir ce qui va se passer. Là tous les policiers lui tombent dessus et demandent à être pris en photo avec lui. Ouf, tout va bien. C’est un peu effrayant quand même le sérieux que gardent ces hommes de loi en toute circonstance… On se parle peu, faute de langue commune. On dit juste qu’on est français et on lance le nom de quelques destinations récemment visitées dans la région. Les policiers proposent quelques autres lieux… quelques-uns sont dans les plans… pour les autres, je ne parviendrai pas à les recoller sur la carte, malheureusement. Qu’à cela ne tienne, on se sourit beaucoup et, à nous tous, on fait des dizaines de photos!

Avec les policiers de Prasat Ban Prasat

De leur côté, les enfants veulent rester dans la voiture. D’abord ils en ont un peu marre des temples et surtout, ils viennent de découvrir une application sur l’IPad de leur père, qui leur permet de nourrir et d’élever un chat. C’est tout de même plus intéressant! Avec Papa-Tout-Terrain, on fait un rapide tour des lieux. Emouvants d’austérité, trois Prangs se dressent vers le ciel. Clairement, ce ne sont pas des édifices majeurs et nous ne trouvons nulle part sculptures ou bas-reliefs. Pendant ce temps-là, les policiers continuent de tourner autour de la voiture, essayant de voler quelques clichés des enfants malgré les vitres teintées.

Prasat Ban Prasat

Nous garderons de ce lieu l’image d’une jolie découverte historique, mais aussi celle d’une belle rencontre humaine. Nous reprenons la route après plusieurs recommandations chaleureuses… mais nous n’avons pas la moindre idée de ce qu’ils ont voulu nous dire.

 

 

Le Prasat Sa Kamphaeng Yai, sanctuaire Khmer intégré à un important temple moderne

Un peu plus loin dans la province de Sisaket, le Prasat Sa Kamphaeng Yai nous avait été chaudement recommandé. A juste titre. C’est le plus grand ensemble de sanctuaires à la fois antiques et modernes qu’il nous ait été donné de voir.

Prasat Sa Kamphaeng Yai

La partie ancienne, Hindoue, date du 11eme siècle. Le temple comporte une impressionnante enceinte de latérite avec une large galerie de circulation. L’emprunter donne une bonne idée du site et de son caractère monumental. A l’entrée est, un mur est recouvert d’anciennes inscriptions Khmer, magnifiquement conservées. Nous considérons avec émotion les traces laissées par cette belle civilisation du passé. Au centre de l’enceinte se dressent trois Prangs dont manquent les voutes, ainsi que trois autres bâtiments, dont deux au moins devaient être des bibliothèques. L’ensemble des bâtiments de briques a été rénové récemment.

Galerie de Laterite - Prasat Sa Kamphaeng Yai

Le site me semble particulièrement intéressant pour la vision architecturale d’ensemble que donnent les bâtiments, dont les parties hautes manquent souvent. Les encadrements et linteaux sculptés, en revanche, ne sont pas les plus beaux qu’il nous ait été donné de voir -à moins que nous ne soyons devenus difficile ou que nous n’ayons eu vraiment trop chaud à ce moment-là.

Bas relief - Prasat Sa Kamphaeng Yai

De même qu’à Phanom Rung, c’est sans doute parce que le sanctuaire comporte des blocs de pierre d’une taille tellement extraordinaire que l’on note de si nombreux « trous » dans les dalles, de deux à trois centimètres de diamètre. Les spécialistes supposent que l’on fixait des barres métalliques dans ces orifices, pour le transport des matériaux. Suivant une autre hypothèse, on y installait des pattes de bois ou de métal, pour les manœuvres finales d’ajustement de la construction. Les trous étaient ensuite bouchés par des inserts de pierre ou de mortier, une fois le bâtiment terminé.

"Trous" pour le transport des pierres - Prasat Sa Kamphaeng Yai

A l’intérieur de l’une des bibliothèques, il est émouvant de trouver de petits tas de pierres tels que les construisent les fidèles bouddhistes, lorsqu’ils se recueillent dans des lieux sacrés ou même parfois dans la nature.

Bibliotheque - Prasat Sa Kamphaeng Yai

Le sanctuaire moderne ne manque pas d’intérêt non plus. Il se compose de deux temples, d’un gong géant, ainsi que de la statue gigantesque d’un sage, pilier du bouddhisme. On passe vite sur les zones de méditation car les enfants sont un peu turbulents.

Gong Geant - Prasat Sa Kamphaeng Yai

En revanche, nous nous arrêtons plus longuement au pied d’un temple moderne, à la base arrondie, et où il est proposé aux croyants –et aux autres- de répartir leurs offrandes entre des centaines de bols fixés à cet effet. On « fait la monnaie » en achetant une assiette de piécettes, et l’on charge nos enfants de les distribuer ensuite entre les bols à offrandes –les mêmes qu’utilisent les moines lors des offrandes matinales. Je trouve que l’activité représente assez bien la philosophie bouddhiste, tant elle prête à la méditation, de par sa longueur et sa répétitivité.

Offrandes - Prasat Sa Kamphaeng Yai

Cela dit il faut être enfant ou bouddhiste pour mener la tâche à bien, surtout par cette canicule. J’ai eu plusieurs fois envie d’arracher l’assiette des mains des enfants, de tout jeter dans un bol (oui, oui, UN SEUL bol) et de filer à la voiture, marmots sous le bras, parce qu’il faisait sacrément chaud, tout de même, à faire le pied de grue devant les saladiers.

Offrandes - Prasat Sa Kamphaeng Yai

 

Le soir, nous faisons étape dans la petite ville de Tha Tum, à deux pas de notre activité du lendemain: l’Elephant Study Center de Surin. L’hébergement est modeste mais nous aurons droit, sur une péniche, à un très sympathique diner local, agrémenté par la voix suave et chaleureuse d’un jeune crooner du coin.

Repas en peniche a Tha Tum

 

 

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Songkran surprise dans la calme Surin

Après la découverte des vestiges Khmers de la province de Surin, nous faisons étape dans le chef-lieu régional, également nommé Surin. Le lieu a été choisi plutôt par la force des choses, car les hôtels de la région sont plutôt rares. Surin est une ville provinciale de 40,000 habitants. Un village pour l’Asie. Bourgade paisible, et trop paisible même… mais nous ne le savons pas encore, le lendemain s’y tiendra une grandiose et surprenante cérémonie, organisée a l’occasion des fêtes de Songkran.

 

Le paisible marché de Surin

Nous profitons de notre étape du soir à Surin pour une petite balade en centre-ville. En fin d’après-midi, il ne reste guère que le marché qui soit animé. Chacun s’affaire aux dernières courses du jour avant le dîner. Beaucoup d’ailleurs achètent des plats déjà prêts: pâtes sautées ou riz, cuits à la commande, currys et plats en sauce fraîchement mijotés du jour. L’on trouve aussi de beaux étalages de poissons, ainsi que des boucheries qui proposent, sur des tables de bois –pas réfrigérées, bien sûr- des viandes variées et surtout de grosses têtes de cochon qui intriguent beaucoup Petit-Deux.

Marche de Surin

 

Le pays où les enfants sont rois…

Les visites des marchés sont souvent des moments éprouvants pour les enfants. Dans ces lieux, il est courant que des commerçants ou des clients désœuvrés les interpellent, tentent de caresser leurs cheveux clairs, voire de les prendre dans les bras. A sa demande, je prends généralement Petit-Deux en porte-bébé ventral, capuche relevée sur la tête, pour éviter les principaux importuns. Il n’est pourtant pas rare qu’il s’exclame, furieux: « Maman, il y a une dame qui m’a touché!« … Alors bien sûr, j’essaie d’établir une distance physique maximale entre les enfants et les curieux, de préserver notre espace de sécurité par des regards intimidants, mais je fais aussi mon possible pour rester polie et compréhensive face à ces gentils indiscrets qui ne doivent pas voir de blondinets tous les jours…

Marche de Surin

Petit deux avise un bel étal de pommes de Java. Il en réclame. On en achète un demi-kilo. La vendeuse et son stand deviennent l’immédiat centre d’attention de tous les badauds des environs. Très flattée, elle offre un fruit à Petit-Deux, ravi.

Marche de Surin

Petit-Un n’aime pas les fruits mais voudrait un pistolet à eau. A l’approche de Songkran, les étals en débordent. C’était un achat prévu et promis de longue date, car nous comptons bien cette année participer aux batailles d’eau endiablées qui s’organisent lors du nouvel an Khmer. C’est armés de jouets énormes et colorés, que les enfants rejoindront ce soir-là l’hôtel, avec une seule idée en tête: les tester dans leur bain du soir.

 

Le Songkran surprise de Surin

Le lendemain au petit matin, nous nous apprêtons à quitter Surin sans regret. Nous n’y avons rien découvert qui mérite le détour. Lorsque nous rendons les clés de l’hôtel, l’employée semble déçue d’apprendre que nous quittons la ville. En même temps, qu’y faire?… D’un geste vague, elle nous désigne un poste de télévision qui hurle en boucle, derrière son comptoir, et diffuse les images d’une sorte de défilé en costumes locaux. Nous reconnaissons un monument de Surin – »le » monument de Surin, en fait- et interrogeons la jeune femme sur le teneur de l’événement. Cela dépasse malheureusement de beaucoup ses compétences en anglais. Nous nous résignons mutuellement à ne pas nous comprendre.

Nous filons vers le nord. Une musique aux accents du pays se fait entendre, de plus en plus sonore. Alors qu’un policier nous indique une déviation, apparait soudaine sous nos yeux la cérémonie de la télé de l’hôtel du matin. Ce qui nous avait semblé une chorégraphie mettant en scène quelques vedettes locales, sur petit écran, est en réalité un immense parterre de danseurs, opérant à perte de vue. Impossible de louper ça!

Ceremonies dansantes de Songkran a Surin

Nous nous garons à la « locale », en double file et sans frein à main, et rejoignons les quelques badauds qui assistent au spectacle. Ceux-ci sont en fait fort peu nombreux. Nous émettons deux hypothèses. Soit, la majorité de la ville est du spectacle si bien qu’il ne reste pas grand monde pour regarder, soit le spectacle diffusé à la télé n’est en fait pas vraiment ouvert au public et nos têtes d’étranger nous ont-elles donné un passe-droit involontaire auprès des policiers qui encadrent l’événement.

Ceremonies dansantes de Songkran a Surin

 

Une grandiose célébration dansée

A perte de vue, une mer de danseurs. Tous vêtus de costumes traditionnels assortis, ils ébauchent des pas classiques sur une musique Thaï. D’après mes estimations, ils ne doivent pas être loin de 5,000 –huit danseurs par rangée, une rangée presque tous les mètres, sur une rue de 650 mètres, d’après les calculs de Google Map. Comme toujours, c’est surtout leurs mouvements de mains, de doigts et de tête que je trouve surprenants de finesse et d’une extraordinaire souplesse. Mes collègues m’ont expliqué –démonstration de doigts à l’appui- que tous apprennent ces mouvements dès les premières années d’école, lors de cours spécifiques. Fait rare dans ce type de manifestations, la foule des danseurs semble même comporter une petite proportion d’hommes.

Danses traditionnelles Thai pour Songkran a Surin

On sent qu’il ne s’agit pas de professionnels car la motivation est inégale d’une personne à l’autre: certains prennent leur tâche très au sérieux, d’autre ébauchent plutôt les mouvements, avec des têtes à se demander ce qu’ils font là. En même temps je les plains sincèrement. De toute évidence ils ont commencé en même temps que la télé, soit depuis une bonne demi-heure au moins. Ils sont pieds nus sur ce goudron brûlant, tandis que le soleil de la matinée cogne sur leurs têtes, par une température de près de 40 degrés. Nous-mêmes ne nous éterniserons pas pour éviter un coup de chaleur. Nous assistons à quelques évacuations par les pompiers et ce n’est guère surprenant.

Danses traditionnelles Thai pour Songkran a Surin

Je prends Petit-Deux sur les épaules, pour qu’il puisse aussi profiter du spectacle. J’insiste: « Regarde, c’est extraordinaire, non? » Et Petit-Deux de me répondre: « Oh oui, il y a même une voiture rouge! » Un pickup des pompiers était effectivement garé en marge du spectacle. Comme quoi, nous ne pouvons pas tous avoir les mêmes sources d’émerveillement…

 

A la découverte de nouvelles beautés Khmères

Nous quittons Surin pour nous diriger vers le Prasat Sikhoraphum puis la province de Sisaket, où une rencontre inattendue nous attend. En route, nous dépassons le musée de Surin, malheureusement fermé à l’occasion du nouvel an Khmer. Nous le regrettons car il semblait riche de trésors antiques.

 

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