Balade en motoculteur à Lalu (Sa Kaeo)

C’est le départ en vacances. On a mis le contact. A cette seconde précise, les enfants ont eu faim. Puis soif. Des fourmis dans les jambes. Puis envie d’écouter une histoire. Re-faim. Puis mal au ventre. Re-re-faim. Mais jamais sommeil, hélas. Et ils se sont tapés dessus, aussi, bien sûr. Ca faisait trois heures qu’on roulait dans les embouteillages de Songkran quand on est arrivés à Lalu. Il fallait qu’on s’arrête avant de devenir déments.

Sur les photos, Lalu ressemble au Grand Canyon. En petit. Au milieu d’une campagne reculée, cuite et recuite par le soleil. On arrive avec notre tank, on suit le GPS, et on atterri au milieu d’un paysage de fin du monde. Une érosion à en couper le souffle… Ahhh! On était à deux doigts de tomber dans un trou. En y regardant de plus près, il y a des trous partout autour de la voiture. Nous battons en retraite, c’est plus prudent.

Erosion du sol a Lalu - Sa Kaeo

Alors qu’on est en train de manœuvrer la voiture, style crabe hémiplégique, pour sortir de ce mauvais pas, nous tombons sur un motoculteur plein à craquer de touristes en goguette. De toute évidence, nous avons loupe une étape: nous allons devoir changer de monture pour poursuivre notre visite.

De retour sur nos pas, nous repérons la réserve à motoculteurs, sur la place du village. Les pilotes des engins jouent des coudes à l’envers pour désigner celui qui devra nous parler. Ils n’ont pas l’air à l’aise avec les étrangers et il s’avère qu’aucun d’entre eux ne parle anglais. Ce n’est pas très grave, car nos intentions sont assez évidentes. On reprend vite de chemin de notre curiosité géologique.

Visite en motoculteur

Le paysage de Lalu est incroyable. Le vent et la pluie ont progressivement entamé la roche ocre et sableuse, pour créer à l’infini des piliers, des coulées et des failles dans le sol. Le conducteur de motoculteur, peu à peu, a perdu de sa timidité. Il nous explique que les formations rocheuses ne cessent d’évoluer. Les colonnes s’affinent jusqu’à tomber. Et plus loin, d’autres trous préparent le paysage de demain. (Je résume ce qu’on a péniblement compris, vu qu’en vrai, on ne parlait pas un traitre mot de la même langue.)

Paysages de Lalu - Sa Kaeo

A son tour, notre guide s’intéresse à nos curiosités personnelles: les enfants. Je présente sommairement la famille. Petit-Un a presque six ans. Petit-Deux a quatre ans. Et Miss-Trois sept mois. Je précise bien que c’est une fille parce que ça fait toujours plaisir aux gens de savoir qu’on a enfin réussi la fille après deux garçons. Ils nous félicitent chaleureusement et on les sent très soulagés qu’on ne se soit pas plantés sur le dernier modèle. Puis le monsieur me parle de Norvège et d’avion pour des raisons totalement obscures. Mais on papote gaiement tout de même. Depuis plusieurs minutes, Petit-Un ne cesse de me tirer sur la manche… « Mais qu’est-ce qu’il y a enfin? Tu veux quelque chose?… » « Euh, Maman, je crois que tu oublié de dire l’âge de Papa au monsieur… »

 

Balade à Lalu en pratique

  • Coordonnées GPS: 14.051566, 102.575476. Ces coordonnées sont celles du site d’observation géologique. Il ne faut pas s’y rendre directement en voiture mais louer les services d’un motoculteur, que l’on trouvera ici.
  • Le site est accessible en journée, tant qu’on trouve à louer des motoculteurs qui sont pilotés par des agriculteurs locaux.
  • La location pour une visite coute 300 THB, quel que soit le nombre de passagers. La visite dure environ une heure.
  • Le site est cuit par le soleil et peu ombragé. Pensez à vous munir de chapeaux et de bouteilles d’eau.

 

Sur les routes avec les enfants

On a entassé comme on a pu les valises et les sacs dans la voiture. C’est plein de poussière et de bouteilles vides. Et des papiers de bouffe, un peu. On rentre avec des sentiments mêlés. Le regret que ce soit déjà fini. Et du soulagement, à l’idée qu’on va pouvoir enfin nettoyer cette voiture qui colle de partout. C’est le dernier jour de nos vacances de Songkran, sur les routes de l’Isan. On égraine les kilomètres qui nous ramènent chez nous. Et on s’extasie encore et encore de nos belles découvertes. Des anecdotes incroyables ou toutes tendres. Des rencontres pétillantes. Et deux ou trois galères pour faire bonne mesure.

Moines novices en Isan

Moines novices d’Isan

C’était la deuxième année consécutive que nous partions pour l’Isan, pour notre unique semaine de vacances « loisirs » annuelle. C’est dire si c’est une région qu’on adore.

– Bon, touristiquement parlant, c’est pas le plus attractif. Mais qu’est-ce qu’on y a passé de beaux moments! Tu te souviens de ce qui a bien pu nous faire atterrir là-bas, au départ?
– Bien sûr, c’était les temples Khmers! Chez nous, c’est comme Pavlov, on entend « vielles pierres et ça nous fait saliver illico!
– C’est vrai! Il y a quelque chose de ça! Et puis on a découvert la beauté des campagnes jaunies par le soleil, les céréales qui sèchent au bord des routes, les buffles et leur pique-buffle. La gentillesse des gens, la simplicité et la lenteur du quotidien…

Cereales qui sechent au bord de la route

Céréales qui sèchent sur les routes d’Isan

– Ca me rappelle ce vieux monsieur de Ban Prasat… Tu revois? Il avait la peau si marron et lustrée qu’elle ressemblait a un papyrus… Tu sais, celui qui nous a vendu une guitare en peau de serpent… On aurait dit qu’il n’avait pas bougé depuis des siècles. Il ne savait même pas écrire. T’imagines à quoi ressemblait sa campagne, quand il est né? Et tous les changements qu’il a traversés…
– Et cet Anglais à Udon Thani… Quand il était arrivé, il y a vingt ans, il n’y avait pas de routes goudronnées ni d’électricité. Et pendant la saison des pluies, les gens avaient de l’eau jusqu’à la taille, dans les rues…

Buffles d'Isan

Buffles sur les routes d’Isan

Ca ralentit. Les usines rouvrent dans deux jours et c’est déjà l’heure du grand retour. Des files de pickups pleins à craquer essaient de ruser pour doubler en premier sur cette route de deux voies et demie. La « demie » du milieu est réservée aux croyants, certains qu’une place au paradis les attend. Parce nous nous en tout cas, nous ne nous y aventurons pas. En Thaïlande, les routes sont parfois un peu Rock & Roll, quand même. Enfin, les conducteurs, surtout.

– Et quel plaisir de voyager avec les enfants. Ils ont été idéaux, cette année encore…
– Enfin presque… surtout après le bon savon du deuxième jour. Comme quoi, un petit coup de pression, ça aide toujours à se mettre dans l’ambiance. Mais quel plaisir de voir combien ils commencent à profiter des lieux, des explications…
– Petit-Un m’a dit hier que ce qu’il avait préféré du voyage, c’était le temple Khmer de Phanom Rung, ses dédales de couloirs sacrés, ses Nâgas et ses chauves-souris. J’adore qu’on puisse partager ça avec lui!

Nagas de Phanom Rung

Des Nâgas de Phanom Rung

– Et t’as demandé à Petit-Deux aussi?
– Tu ne devineras jamais ce qui l’a le plus marqué… Les ascenseurs!
– Tiens donc! On a déjà dû essayer la moitié des ascenseurs du pays! D’ailleurs, je ne sais pas si t’as remarqué, mais si on veut rappeler un endroit à Petit-Deux, il suffit de lui décrire l’ascenseur.
– Plaisanterie mise à part, il s’est drôlement intéressé à nos visites, ce p’tit bonhomme. Il a retenu les noms, les histoires, et très bien compris les contextes.
– C’était une tres bonne idée, d’ailleurs, ces interrogations orales de fins de visite! Ca nous a coûté deux paquets de Mentos pour la semaine, mais quelle motivation pour les enfants, au moment de répondre à nos quizz!

Les garcons

Les garçons feuilletant ensemble une revue automobile

Ca ralentit encore. Le pick-up de devant se fait asperger d’eau orangée. C’est le dernier jour des festivités de Songkran. Cette année pour la première fois, nos enfants ont eu l’occasion, eux aussi, de balancer des seaux d’eau sur les passants depuis le bord de la route. Un grand moment d’anthologie que je vous raconterai bientôt. (Je vous raconterai tout le voyage en fait… aujourd’hui, c’est juste une mise en bouche.) Au fil des chemins, notre voiture en a vu de toutes les couleurs… Du talc, du rouge, du rose, du vert, et la poussière ocre des chemins. Papa-Tout-Terrain a même inscrit « Parent-Tout-Terrain » sur la portière. (Il l’effacera, à la va-vite avec sa chaussette lorsqu’il réalisera qu’on l’avait oublié, le lundi matin en arrivant au bureau.) C’est un condensé de notre beau voyage que l’on retrouve sur la carrosserie… On ne peut pas s’empêcher de sourire quand on la regarde.

Titine

La fameuse Titine

On lui en fait voir à notre Titine! (Oui, Papa-Tout-Terrain a donné un nom à la voiture. A vous aussi, ça vous fait bizarre?) Pleine comme un œuf et remplie par tous les bouts, elle nous a vaillamment secondé à chaque étape du voyage.

Sur les routes avec les enfants

On passe devant l’entrée du parc naturel de Ta Phraya. Ca fait déjà quatre heures qu’on roule, pour un trajet qui aurait dû en durer la moitié. Il est temps de se dégourdir les jambes. On s’y engouffre. Personne pour nous vendre de billets à l’entrée. Papa-Tout-Terrain cherche partout et trouve un ranger égaré dans le Visitor Center. Il parle aussi peu anglais que nous le thaï. « Ticket? Ticket? » Le fonctionnaire balaie la question d’un revers de main. Les points d’intérêts des lieux? On mime une chute d’eau sans éveiller une lueur d’intelligence. En désespoir de cause, on se dit qu’on verra bien.

En fait il n’y a pas de route. Juste un chemin avec beaucoup d’ornières. Ca cahote dur. Et ça réveille Miss-Trois.

– Quand même, elle est incroyablement tout-terrain, notre Miss-Punk! Elle nous a suivis partout, sans jamais râler, toujours les yeux grands ouverts à tout regarder.
– C’est juste un bébé idéal! Elle dort discretos dans le porte-bébé quand c’est son moment. Elle boit quand on lui propose. A la bouteille, même! Elle a un bon coup de fourchette et aime tout, le riz frit et n’importe quel légume… Elle n’a jamais faim ni soif ni trop chaud ni trop froid…
– Clairement, on va pouvoir en faire quelque chose, de cette enfant! C’est de la bonne graine! Tu crois qu’on est fous, sur les routes avec nos bébés si jeunes?

Miss-Punk

La décidément très Tout-Terrain Miss-Punk

– Bah, finalement, elle est bien heureuse, elle. Elle a juste besoin de nous. L’environnement elle s’en fiche un peu, tant que ses frères sont là pour la faire se marrer et nous pour la câliner.
– Ou l’inverse… Je pense quand même qu’elle en gardera quelque chose en grandissant… Peut-être l’essence du voyage… Le plaisir de la curiosité, de regarder… L’esprit de découvrir et d’être ensemble.
– Oui, être ensemble… Ca fait une semaine que je rêve de pouvoir prendre une douche tout seul…

On roule depuis bien vingt-cinq minutes et toujours rien n’a l’horizon. (Il n’y a pas d’horizon, d’ailleurs. On est dans la forêt tropicale.) Un chemin est flèche sur la droite. Avec une photo d’ours. Ca n’est pas complètement rassurant mais on est en voiture. On voit décoller quelques magnifiques rapaces.

Papillons de Ta Phraya

Papillons du parc national de Ta Phraya

Dix kilomètres plus loin, on atteint le bout. Heureusement, parce que la route finissait par ne plus être très praticable. Il n’y a rien. Juste un panneau avec une photo de tigre. (Il en reste quelques uns à l’état sauvage en Asie.) On flippe un peu. Je n’ose même plus sortir de la voiture pour un besoin pressant. On fait demi-tour en priant pour ne pas tomber en panne. On a bien vu quelques voitures de rangers garées, mais pas âme qui vive. Enfin si, de magnifiques papillons qui se regroupent autour des flaques d’eau. Mais ce n’est pas eux qui pousseront si le moteur nous lâche. (J’ai souvent tendance à m’affoler pour un rien et imaginer le pire quand je ne suis pas à l’aise. Heureusement que Papa-Tout-Terrain est bien plus placide.)

Au terme de plus d’une heure de pistes, nous retrouvons finalement la sortie du parc. Nous avons tourné en rond sans même oser mettre le nez dehors. Et les deux grands se sont endormis… Qu’à cela ne tienne, nous reprenons le chemin de la maison que nous rallierons finalement six heures plus tard. Les yeux pleins d’étoiles de nos belles vacances…

Procession Religieuse en Isan

Procession religieuse pour Songkran, sur les routes d’Isan

 

Belle grimpette dans le parc national de Khao Laem Ya

Dimanche matin, 6h25. Les enfants arrivent pêle-mêle dans la chambre. « Ca y est, il fait soleil. » (Il fait soleil presque tout le temps chez nous, mais il est interdit de se lever la nuit, quand on ne voit pas le soleil.) « Venez voir, le coq est sur la fenêtre! » On a effectivement un nouveau copain à la maison. Un coq errant qui nous a adoptés. Un jour, la nounou a vu des jardiniers essayer de l’attraper pour le manger, ça lui a fait mal au cœur, alors elle a dit que c’était mon coq et qu’il fallait le laisser tranquille. Depuis on lui donne à manger et il passe souvent nous faire coucou. D’après la nounou, il vient là pour se « relaxer ». On voit bien qu’il ne connaît pas encore vraiment nos enfants!

1 - Notre coq

Côtoyer des animaux variés est l’un des plaisirs de notre vie au vert. Après notre copine la chouette, et les tas de bestioles plus ou moins sympatiques du voisinage, nous avons récemment trouvé une ruche sauvage, près de la maison. Les jardiniers ont dit qu’ils allaient pulvériser des produits chimiques pour nous en débarrasser et j’ai dit non. On ne va pas tuer des abeilles, quand même.

2 - Notre ruche sauvage

Cet épisode a été l’occasion d’échanges très intéressants avec les enfants sur le rôle des abeilles dans la nature et sur le déclin de la population d’abeilles. A l’école aussi ils en ont parlé. Ils y ont également évoqué les espèces en voie d’extinction et même acheté des bracelets « Extinction is forever » (=L’extinction, c’est définitif) au profit d’une association de défense des animaux.

 

Le Parc National de Khao Laem Ya

Bref, il est 6h35 et les enfants n’ont pas l’intention de nous laisser feignasser. Grand merci le coq! Heureusement, Papa Tout-Terrain a trouvé une nouvelle idée de balade: le Parc National de Khao Laem Ya.

Khao Laem Ya National Park

Ce parc naturel couvre la magnifique île de Koh Samet, mais se prolonge également sur la côte opposée, côté continent. On peut y parcourir une très jolie promenade en bord de mer, sur des formations géologiques admirablement découpées et colorées. Le chemin alterne entre falaise et petits ponts de bois, pour enjamber les failles et les replis de la roche. Les enfants s’en donnent a cœur joie! On grimpe, saute, s’accroche, enjambe. La nature est un terrain de jeu formidable!

Khao Laem Ya National Park

La balade ne fait que cinq-cents mètres, mais c’est parfait pour des petits! On prend son temps, on ramasse des galets, on profite du paysage.

La roche d’origine est tout en nuances orangées. Mais près de la mer, la rive est plus sombre. C’est le vestige d’une marée noire qui a malheureusement souillé la côte en 2013.

 

Des points de vue extraordinaires

On arrive au bout du chemin, sur une sorte de péninsule qui propose un point de vue admirable sur le large.

Khao Laem Ya National Park

Papa-Tout-Terrain est un bon photographe de l’extrême. Sur les photos, notre excursion semble dangereuse et vertigineuse. Pourtant, même s’il faut toujours rester prudent avec les enfants, je ne nous ai jamais sentis en danger. La roche salée accroche bien aux chaussures. Le sol est stable. On se promène agréablement dans les falaises sans risque de s’approcher trop vite d’à-pics dangereux. Les garçons ont pu se promener de façon autonome, dans la mesure où ils restaient dans notre champ de vision. Et même Miss-Trois s’est essayée au quatre-pattes sur les rochers!

Khao Laem Ya National Park

Partout sur la falaise, des promeneurs ont dressé de petits monticules de cailloux, à la signification religieuse. Pour les bouddhistes, c’est une façon de montrer leur piété envers les textes sacrés de leur religion. Mais cette pratique a aussi des accents animistes. En Thaïlande, nombreux sont ceux qui croient que les pierres, tout comme les arbres, possèdent une âme. Ces petits tas de cailloux sont ainsi des offrandes aux esprits de la nature, qui à leur tour accorderont protection et bonheur au pèlerin.

Khao Laem Ya National Park

Un peu plus loin, les garçons ont trouvé un trou d’eau, dans lequel ils s’amusent à lancer des cailloux. Petit-Deux avise soudain un crabe mort. Il jubile: « Papa, Maman, venez voir! Extinction is forever! »

 

La balade nous a tous énormément séduits. C’est un vrai joli coin, facile d’accès et agréable à la promenade. A ne pas louper, si l’on passe dans la région!

 

Khao Laem Ya National Park en pratique

  • Coordonnées GPS: 12.591019, 101.417838
  • Prix d’entrée pour les étrangers: 200 THB pour les adultes et 100 THB pour les enfants. (Pour les Thaïs, 40 THB pour les adultes et 20 THB pour les enfants.)
  • Ouverture en journée.
  • Si l’on arrive dans les premiers, on peut se garer dans la partie basse du parc, à proximité du départ de la balade. Quand le parking en contrebas est plein, les rangers retiennent les véhicules sur un parking situé en retrait, et plus en hauteur. Il faut alors parcourir deux cent mètres de côte goudronnée et sans intérêt, avant et après la balade. Si l’on a la chance d’avoir des enfants pour se réveiller tôt, mieux vaut donc arriver sur le site aux premières heures!
  • On accède à la deuxième partie du parc naturel, sur Koh Samet, via la jetée d’embarquement de Ban Phe.

 

 

 

Mangroves de Klaeng

Nous avons reçu une étrange visite vendredi. Recroquevillé sous l’étagère à chaussures, nous avons trouvé un bébé rapace. (En fait, un adolescent, je dirais.) Il avait l’air en forme. Et aussi, il avait l’air d’avoir envie de dormir. Conciliabule avec la nounou: on l’y laisse ou pas? Il y a beaucoup de chiens errants dans le coin. On opte finalement pour un hébergement temporaire en carton à trous.

Renseignements pris sur Google, un rapace ne mange pas de graines et ne boit pas d’eau. Il se nourrit de rongeurs et l’eau contenue dans la viande lui suffit. Ca allait être pratique de lui attraper des souris! Je mets toujours un point d’honneur à être une bonne hôtesse mais là, je n’ai pas grand-chose à offrir à notre surprenant visiteur. Toujours d’après Google, ses parents le récupéreraient sans doute le soir même, si on le relâchait dans un arbre proche, et sans l’avoir trop tripoté. Comme je ne sais pas grimper aux arbres, à la nuit tombée, nous avons mis le carton ouvert sur une table.

 

L’heureux dénouement

Cette nuit là, j’ai fort mal dormi. Et si des chiens attrapaient notre protégé? Ou pire, et si notre chouette avait décidé de rester vivre chez nous? D’autant que nous avions prévu de partir en week-end le lendemain… Que ferions-nous alors de notre nouveau compagnon?

J’avais commencé à tâter un peu le terrain. « Mon chéri, juste comme ça et sans aucune relation avec des personnes ou des événements ayant réellement existé, est-ce qu’on pourrait techniquement mettre dans la voiture un carton avec un oiseau, demain? Juste pour savoir si c’est possible, hein? Pas très gros le carton. Mais un peu quand même… » « Et tu crois que tu saurais nous attraper des souris… Je suis sûre d’en avoir entendu dans le système de clim… Tu crois que tu pourrais les attraper? »

Papa-Tout-Terrain avait froncé les sourcils. Il n’a pas bien dormi non plus cette nuit là, mais je ne l’ai su que plus tard. Oui, parce qu’au lieu de dormir, il a longuement réfléchi aux modalités techniques pour arrimer un carton à oiseau dans un siège auto. (Pas vraiment pour l’oiseau, plutôt pour mes beaux yeux.) J’ai un époux en or! (Même s’il refuse toujours qu’on achète un cheval pour mettre dans le jardin. Mais c’est une autre histoire.)

Bebe rapace

Le lendemain matin, le carton était vide. Fébrile, j’ai scruté les environs. Pas de tas de plumes, pas d’oiseau mort. J’ai déclaré l’animal sauvé. Il avait retrouvé ses parents. Maintenant, il viendra nous voir le soir par la fenêtre pour nous faire des coucous émus avec sa petite aile, pour nous souhaiter bonne nuit.

Nous partons donc en week-end le cœur léger. Nous allons découvrir la mangrove de la réserve naturelle de Klaeng, juste à côté du bateau de guerre que nous avions visité il y a quelques mois, lors de notre première sortie en famille élargie, avec Miss-Trois.

 

Les mangroves pour les nuls

Non seulement les mangroves, on les aime bien, mais en plus il y en a plein la région, eu égard aux conditions géographiques et climatiques sur lesquelles nous allons revenir. Je me permets donc une petite digression, une bonne fois pour toutes, histoire que vous sachiez de quoi je parle.

La mangrove est un écosystème particulier des zones tropicales, qui se situe à la frontière entre la terre et la mer, généralement dans l’estuaire de fleuves ou de rivières. S’y développent des forêts d’arbres –souvent des palétuviers– les pieds dans une eau mi-douce, mi-salée. Comme Saint Thomas, j’ai voulu vérifier et goûter l’eau, malgré la tête sceptique de Papa-Tout-Terrain… et je peux donc confirmer personnellement qu’elle n’est assez salée pour être de l’eau de mer, mais trop salée pour être de l’eau douce. Elle est sûrement parfaite, en revanche, pour faire cuire des pâtes!

Mangroves de Klaeng

Dans les mangroves, avec la marée qui n’arrête pas de monter et de redescendre, les sols sont boueux et peu stables. Les arbres ont donc développé de longues racines afin de s’amarrer profondément dans la vase. Mais dans la vase, ça respire mal. Alors les racines des palétuviers se développent également au-dessus des sols pour s’aérer et s’oxygéner par les pieds, à marée basse. (Je ne suis pas biologiste mais vous saisissez le concept…)

 

Une mangrove particulièrement bien préservée

Nous aimons beaucoup les promenades dans les mangroves de Thaïlande. D’abord parce que c’est un terrain qui se prête plutôt aux enfants. En raison de la vase au sol, l’on parcourt toujours les mangroves sur des pontons de bois surélevées. Il n’y a donc qu’un chemin. Un chemin à plat, en plus. Pas moyen d’égarer sa progéniture, même si celle-ci a des velléités d’indépendance. Par ailleurs, le chemin surélevé nous préserve de la faune locale, et en particulier des serpents, très friands de ces zones ombragées et qui pullulent de crabes. Dernier atout non négligeable, la hauteur des passerelles tend à impressionner nos garçons. Du coup, ça les dissuade de trop faire les idiots. (Juste un peu, quoi, il faut rester humain…)

Mangroves de Klaeng

Les mangroves de la réserve naturelle de Klaeng sont les plus belles que nous ayons vues pour l’instant en Thaïlande. Il faut dire que le travail de restauration et de préservation de cet environnement unique a été entamé il y a plus de vingt ans. Sur les photos d’archive, on voit qu’il ne restait presque plus aucune végétation au début des années 1990. Depuis 1993, les arbres ont été progressivement replantés, puis se sont étoffés avec le temps. C’est cependant un travail sans fin et les travaux de protection du littoral demandent des investissements permanents.

Petit à petit, la faune est venue repeupler l’écosystème. Nous avons vu des poissons, de nombreux crabes, ainsi que beaucoup d’espèces d’oiseaux magnifiques, aux couleurs vives et aux croassements étonnants. Et tout ça malgré le cancanement insistant de Petit-Un, qui mettait un point d’honneur à répondre à ses « copains ».

 

Eveil aux problématiques de la préservation de l’environnement

Ces balades dans des sites où sont accomplis tant de travaux de réhabilitation et de préservation sont toujours l’occasion de discussions intéressantes avec les enfants quant à l’écologie et la protection de l’environnement. On leur explique l’importance du patrimoine écologique, pourquoi il faut respecter et protéger la nature, pourquoi il ne faut pas jeter des ordures dans la mer, pourquoi nous tendons à réduire notre consommation de plastique…

Ce jour-là, Petit-Deux est vivement intéressé par le sujet et pose de nombreuses questions. Il montre une bouteille jetée dans la mangrove (car la conscience environnementale est encore plutôt faible en Thaïlande): « Regarde, ce n’est pas bien, quelqu’un a jeté une bouteille. » Un peu plus loin, il poursuit: « Ohhhh! C’est très mal! Cet arbre a jeté ses feuilles dans la mer!… » On discute alors des déchets végétaux, de ce qui est naturellement dans la nature et de ce qui est rapporté par l’homme. Petit-Deux reste songeur longtemps avant de conclure: « alors, je crois qu’il ne faut pas jeter des escaliers dans la nature, n’est-ce pas? »

 

Un paysage aux multiples facettes

La balade couvre trois kilomètres et se divise en trois environnements végétaux distincts. En partant du bateau HTMS Prasae, l’on commence par longer la mer, sur une zone très humide à la végétation luxuriante. Les palétuviers y sont magnifiques et plein d’oiseaux.

Mangroves de Klaeng

Vient ensuite une zone plus à sec, qui permet d’observer les racines enchevêtrées des arbres, ainsi que le fourmillement des crabes aux reflets bleu brillant.

Mangroves de Klaeng - racines

On termine la balade en surplombant une mangrove basse et verdoyante, qui n’était pas sans m’évoquer les labyrinthes végétaux d’Alice au Pays des Merveilles.

Mangroves de Klaeng

La promenade se termine à trois kilomètres du lieu de départ, mais on peut éviter de retourner sur ses pas en prenant des motos taxi qui nous ramèneront au point de départ.

 

Balade en bateau

Avant de quitter les lieux cependant, des pécheurs du coin nous apostrophent et nous proposent de nous louer leur bateau. On peine à se comprendre. Une dame s’approche gentiment pour nous aider: « Take boat! Go Thailand! » C’est très gentil. Mais ça ne nous aide pas. Nous montons tout de même. Nous verrons bien. Les enfants sont ravis.

Nous traversons l’épaisse mangrove jusqu’à l’estuaire et la mer. La côte verte et touffue est magnifique. Nous traversons des zones d’élevages conchylicoles familiaux. Un peu plus loin, nous observons des ouvriers en train de construire une barrière brise-vagues en bambou pour consolider le littoral. Curieusement, alors que nous nous croyions presque en pleine mer, nous sommes surpris de voir ces hommes travailler avec de l’eau jusqu’à la taille, seulement.

Mangroves de Klaeng - promenade en bateau

Après deux minutes de contemplation, les enfants ont repéré des sifflets sur leur gilet de sauvetage. Las d’être immobiles et muets, ils se racontent tour à tour des histoires de troubadours et d’arbitre de foot, pour mieux tester leurs instruments. La balade aura été magnifique. Nous regretterons juste de n’avoir pas pu observer plus d’oiseaux et d’animaux… rapport à nos musiciens d’enfants.

A nos yeux, la mangrove de Klaeng est l’une des plus belles qu’il nous ait été donné de parcourir. Un endroit à ne vraiment pas manquer si vous passez dans la région!

 

 

La mangrove de Klaeng en pratique

  • Coordonnées GPS en démarrant du HTMS Prasae: 12.6984538, 101.7057602
  • Coordonnées GPS en démarrant de l’estuaire: 12.706864, 101.716333
  • L’entrée est libre: pas de tickets ni d’horaires d’ouverture.
  • Le tour en bateau part du côté « estuaire » du sentier de la mangrove. Il dure une petite trentaine de minutes et coûte 100 THB par adulte.
  • Pour éviter de faire l’aller-retour à pieds dans la mangrove, on peut revenir en moto-taxi, pour 50 THB par adulte. Le trajet dure environ 10 minutes. On trouve facilement des moto-taxis en l’attente de clients, dans un sens comme dans l’autre.
  • Ne manquez par cet endroit: il est magnifique! Nous vous recommandons de le visiter en février ou en mars. Il ne fera pas trop chaud, et surtout, c’est la période des migrations, durant laquelle l’on peut voir le plus grand nombre d’oiseaux.

 

 

La tournée des temples

Pour les élections législatives de 1993, ma mère avait été en charge de contrôler des bureaux de vote. (En France, bien sur.) Elle avait pris sous le bras toute la famille et nous avions navigué de villes en villages. Nous débarquions sur la place principale. D’un côté, il y avait la mairie pour ma mère, tandis qu’avec mon père et les frangins, nous allions divaguer dans l’église. J’avais trouvé cette épopée très amusante!

Du coup, alors que nous manquons d’imagination pour notre sortie dominicale, c’est tout naturellement qu’une variante à cette flânerie s’impose: nous allons faire la tournée des temples! Les temples, en soi, réservent souvent de bonnes surprises. Mais ce sera également l’occasion de découvrir des coins perdus de la campagne thaïlandaise auxquels nous ne penserions pas forcement.

On tente le coup sur Google Map. On tape « wat » (qui veut donc dire « temple » en thaï). Miracle et bingo! La carte se constelle de petits points rouges. Il y a des temples partout! En voiture!

Au terme de la journée, nous aurons découvert seize temples et pris trois-cent-une photos. Je ne peux pas vous imposer ça. Du coup, c’est déchirant mais j’ai choisi une photo par temple, pour vous brosser à l’impressionniste un tableau de notre journée, de ses anecdotes et de nos ressentis.

 

1 – Bouddhas de Wat Wang Thong Charoentham

Wat Wang Thong Charoenthom - Temple de Thaïlande

Un petit chien prend le frais au pied d’un bouddha. Les animaux ne dérangent pas dans les temples. Ils y côtoient paisiblement les humains en prière, et sont souvent nourris par les passants et les moines. De toute façon, c’est l’une des bases de la religion: un bouddhiste ne ferait pas de mal à une mouche.

 

2 – Moine pèlerin de Wat Ton Krarok

Wat Ton Krarok - Bouddha pelerin - Temple de Thaïlande

On retrouve cette figure de moine pèlerin à l’entrée de presque tous les édifices religieux. Il fait référence aux pèlerinages bouddhistes et à la tradition d’accueil des voyageurs de passage, dans les temples et les monastères.

Des collègues m’ont expliqué que lorsqu’ils se déplacent en Thaïlande, ils ne s’arrêtent pas à l’hôtel le soir, mais dorment dans des temples, sur des nattes qu’ils apportent. Ils m’ont encouragée à faire de même mais avec trois enfants bruyants et nos têtes d’étrangers, je crois que nous en étonnerions plus d’un!

 

3 – Chedi de Wat Tham Pathum

Wat Tham Pathun - Temple de Thaïlande

En arrivant au Wat Tham Pathum, Miss-Trois hurle sa fatigue dans l’habitacle pendant que Petit-Un chante à tue-tête une berceuse de Mozart. (Personne ne sait aussi bien apaiser Miss-Trois que son frère ainé.) On n’a encore vu que deux temples et ça commence mal. Nous hésitons à rentrer à la maison.

Pour se donner une idée, nous parcourons d’abord les lieux en voiture. C’est grand, et un peu communiste dans l’architecture, à l’image du Chedi principal. Nous cherchons en vain une grotte, censée faire la réputation des lieux. Nous nous engouffrons sur un chemin de terre et y croisons un vénérable pick-up à l’arrêt. A l’arrière, une très vieille dame en train de tricoter en regardant sa série préférée sur un Ipad dernier cri. Elle nous considère avec beaucoup d’étonnement. Peut-être détonnons-nous encore plus qu’elle? Au bout du chemin, nous tombons par hasard sur les cellules des moines, blotties dans une épaisse forêt de bambous. C’est beau, vert sombre et calme. Nous manquons d’enliser la voiture et repartons sur la pointe des pieds. Pardon aux moines d’être venus faire du bruit dans leur retraite… le fléchage était en thaï…

 

4 – Bouddha en construction du Wat Khao Mai Kaeo

Wat Khao Mai Kaeo - Temple de Thaïlande

Quelques kilomètres plus loin, nous trouvons beaucoup de charme au Wat Khao Mai Kaeo, dont la façade est agrémentée d’un joli bassin couvert de lotus en fleur. De ces lieux, j’ai malgré tout choisi de retenir cette grande figure de bouddha en construction. C’est amusant et émouvant de voir l’envers du décor, la statue tout juste bétonnée mais pas encore sacrée, le matériel derrière la foi… Et il est marrant, aussi, cet ouvrier, à bétonner tout seul l’oreille de Bouddha, pendant que son copain joue à Angry Bird!

5 – Le gong du Wat Khao Tabaek

Wat Khao Tabaek - Temple de Thaïlande

Le démarrage ayant été poussif, il est presque l’heure du déjeuner… Fidèles à nos habitudes, on se dit qu’un tout petit dernier temple avant le repas ne saurait faire de mal… Presque une heure de marche plus tard, nous atteignons enfin le Wat Khaoo Tabaek, blotti au sommet d’une colline, au milieu des bambous verdoyants et de lianes crochues. Il surplombe une vallée industrielle, paradoxalement belle. Les enfants ont grimpé de façon méritoire. Leur fatigue est pourtant bien vite oubliée quand ils ont l’autorisation de frapper trois coups sur le gong qui porte chance.

6 – Wat Noen Tong… et la gare…

Wat Noen Tong - Temple de Thaïlande

Pas de discrimination avons-nous décidé. Nous faisons donc le détour par le Wat Noen Tong, d’apparence très banale. Étonnamment, il semble avoir anciennement abrité une gare, comme en témoigne une grande photo à l’entrée. Voici qui n’est pas tombé dans l’œil d’un aveugle. Petit-Deux, presque aussi friand de trains que de métros et d’ascenseurs veut absolument trouver une locomotive. Nous cherchons partout. En vain. Nous nous résolvons à partir quand on entend un gémissement suraigu du fond de la voiture. « C’est vraiment pas juste. Vous ne m’avez pas laissé assez de temps pour trouver les rails. Je suis sûr qu’ils étaient quelque part, et qu’il y avait plein de trains partout, aussi! »

7 – Le Bouddha géant du Wat Hupbon Wanaram

Wat Hupbon Wanaram - Temple de Thaïlande

Un peu plus loin, sur une petite route de village, un énorme Bouddha assis nous interpelle. Ces débauches de gigantisme au milieu de la campagne ne cessent de nous étonner. Sur un fond de musique pop, un moine nonchalant essaye d’attirer les fidèles et donateurs. Mais tout est désert, à l’exception de quelques jeunes qui font pétarader leurs mobylettes sous l’œil placide d’un chien errant.

8 – Le grand ménage de Wat Khao Hin Lat

Wat Khao Hin Lat

Nous assistons à une scène amusante dans ce temple presque désert. Dans le calme paisible, surgit soudain, en trombe, un pick-up rempli de commères locales et loquaces, de leurs seaux et de leurs balais. Sans s’arrêter de rire et de papoter, comme un seul homme, elles descendent du véhicule pour s’engouffrer dans les cellules des moines, et y faire le ménage! Voir arriver un tel équipage doit être drôlement effrayant pour un saint homme!

 

9 – L’ancien et le nouveau temple de Wat Rat Rueansak

Wat Rat Rueansak

Les temples sont riches en Thaïlande. Les donations des fidèles leur permettent de sans cesse construire et reconstruire. Le petit temple de gauche est l’ancien. Sa forme et ses motifs sont clairement désuets, même s’il n’a sans doute pas vingt ans. On lui a adjoint un nouvel édifice, à droite, toujours en construction. D’un blanc étincelant, très découpé et décoré d’éléments brillants, il reflète l’opulence de ses donateurs, dont les noms sont détaillés sur des panneaux officiels, avec en regard, les montants des offrandes.

 

10 – La double colonnade Wat Duean Phen

Wat Duean Phen

Nous avons roulé dix minutes sur un chemin de terre ocre pour parvenir au Wat Duean Phen. Pas étonnant du coup qu’il soit désert et fermé. Il nous apparait néanmoins unique de par son style hellénistique à double colonnade.

Les enfants commencent à râler. Ca fait beaucoup de temples, quand même! Pour faire diversion, nous organisons le jeu du cri des animaux.

  • Qu’est ce qu’il fait le chat? « Miaou!« 
  • Qu’est-ce qu’elle fait la vache? « Moo! » (Bon, on a une vache américaine dans la voiture.)
  • Qu’est ce qu’il fait le gecko? « Whiiiii! » (On s’adapte avec les animaux locaux… Ca doit être la nounou qui a enseigne ç Moi j’entends rarement les geckos crier mais bon.)
  • Qu’est-ce qu’il fait le chien? « Plou-Plou! » Quoi, qu’est-ce qu’il fait le chien? « Plou-Plou! » On ne sait pas trop d’où venait ce chien, mais il avait du manger un truc pas net, quand même!

 

11 – Wat Kuntheethan, sa locomotive et son hélicoptère

Wat Kuntheethan

Le Wat Kuntheethan a remis tout le monde de bonne humeur! « Papa, Maman, regardez, il y a même un hélicoptère! » Nous n’avons trouvé aucune raison rationnelle à la présence de ces figures colorées au milieu de la cour du temple. Il est vraisemblable qu’elles ne soient là que pour le plaisir des yeux. Les lieux de rassemblement en Thaïlande sont truffés d’une statuaire variée et joyeusement incohérente, pour la simple excitation de l’Instragrammeur (et surtout de l’Instagrammeuse). Mes collègues en raffolent, d’ailleurs et ne cessent d’en polluer mes réseaux sociaux!

12 – Centre religieux de Khao Din Rom Phothong

Centre religieux de Khao Din Rom Phothong

J’ai peut-être l’esprit tordu, mais cette photo m’évoque la maison du film Psychose d’Hitchcock. Je la trouve effrayante au possible, sur fond de ciel orageux. Quoi qu’il en soit, il règne un climat étrange en ces lieux, car ce temple n’en n’est pas vraiment un. Il n’est pas terminé et vraisemblablement pas consacré. Des herbes folles poussent sur le toit. Pas de Bouddha ni de décoration à l’intérieur: les salles sont envahies de poussière et d’herbes folles. C’est un temple fantôme.

 

13 – Grand nettoyage au Wat Bueng Bunyaritthayaram

Wat Bueng Bunyaritthayaram

On avance dans la journée. Il commence à faire moins chaud et les moines sortent pour les menus travaux d’entretien de leur temple. Au Wat Bueng Bunyaritthayaram, un moine accompagné de deux jeunes novices nettoie la façade au tuyau d’arrosage.

 

14 – Grandiose Wat Charoentham

Wat Charoentham

Au Wat Choroentham, c’est aussi l’heure où les moines sortent balayer. Quel étonnant contraste entre l’existence simple des religieux et la richesse des lieux. Les bâtiments, principalement bouddhistes mais teintés d’hindouisme, sont majestueux et presque arrogants. Il est temps de rentrer malgré tout. Petit-Deux traîne la patte et refuse d’avancer. Petit-Un fait des singeries et compte en chinois sur des mouvements de Kung Fu. L’orage gronde et le ciel lâche de grosses gouttes.

 

15 – Wat Chong Mafueng et son arbre en fleur

Wat Chong Mafueng

Un tout petit joli temple sur la route du retour. On ne va pas l’ignorer. (Pas de discrimination!) J’aime le contraste entre son arbre fleuri de rose et les caveaux funéraires qui en bordent l’enceinte.

 

16 – Le der des der… Maha Chedi Moei si Burapha

Maha Chedi Moei si Burapha

Incorrigibles c’est le mot. On a encore vu un temple fléché. On a dit non, ca sera pour la prochaine fois, tout le monde est fatigué. (un silence.) « Rhooo… Mais t’as vu, il est énorme ce chedi, non? » « Et puis sa forme n’est pas courante… Tu crois que le détour est grand? » « Boh, on essaye de se rapprocher en voiture juste pour voir? » « Oui, attends, je donne un Ipad aux enfants ca nous gagnera dix minutes… » « Ca n’a pas l’air si grand finalement, on peut toujours jeter un tout petit coup d’œil… » « Oui, parce qu’on n’est pas sûrs de le retrouver la prochaine fois… » « Et ca serait dommage de le louper en étant passé si près… »

… bref, on a vu un dernier temple.

 

 

Grottes sacrées du nord de Rayong

Pour motiver les enfants, on leur a dit qu’on allait visiter les grottes de La Chasse à l’Ours. On ne les a pas motivés du tout, en fait. On leur a fait super peur et ils voulaient rentrer à la maison. Il a fallu tout reprendre depuis le début. On a bien expliqué qu’il n’y avait pas d’ours en Thaïlande. (Internet m’a par la suite révélé le contraire, mais j’ai menti en toute bonne foi.) Que les ours vivaient aux Etats-Unis et au Canada. Mais que la Thaïlande avait de très belles grottes et qu’il serait dommage de louper ça!

1 - Nord de la Province de Rayong

Résultat des courses, les enfants veulent maintenant visiter les Etats-Unis et le Canada.

 

Grottes sacrées de Thailande

Nous sommes au nord est de la province de Chonburi, une région peu courue des touristes. Nous ne croiserons d’ailleurs absolument personne sur ces sites, en dehors d’une poignée de moines résidents, d’une meute de singes et de quelques hirondelles.

2 - La grotte de Khao Cha-Ang Ha Yot

La Thaïlande compte plus de cinq milles grottes répertoriées, mais on estime qu’il en existe au moins le triple. Les grottes sont considérées comme des lieux sacrés par les bouddhistes. Des temples sont fréquemment érigés aux alentours, et il n’est pas rare de trouver autels et offrandes dans les cavités du rocher, pour apaiser les esprits des lieux.

 

La grotte de Khao Cha-Ang Ha Yot

Comme il est d’usage de le faire avec certains arbres sacrés et vénérables, des stalactites ont été entourées de guirlandes, de tissus colorés et couvertes à la feuille d’or par les pèlerins qui s’y recueillent. Le bouddhisme thaïlandais porte souvent en lui des accents d’animisme et de paganisme archaïques que je trouve très touchants.

3 - Stalactite sacree de la grotte de Khao Cha-Ang Ha Yot

Papa-Tout-Terrain profite de l’occasion pour organiser une petite leçon sur les stalacTites et les stalagMites. Celles qui Tombent et celles qui Montent. Petit-Un est captivé. Le cours magistral est suivi d’une interrogation orale: « Alors, qu’est-ce que ca fait une stalagMite? »… « Euh… Ca fait des cailloux! » Ca n’est pas si faux.

4 - Stalactite ou stalagmite...

Nous sommes au cœur de la jungle tropicale. La végétation luxuriante ne parvient pas à atténuer la touffeur des lieux. Des ombres noires volettent de-ci de-là, et profitent de la fraîcheur relative des cavités. Nous les prenons d’abord pour des chauves-souris, avant d’identifier des hirondelles. Sans doute sont-elles de passage, car nous sommes en pleine saison des migrations.

5 - La grotte de Khao Cha-Ang Ha Yot

Papa-Tout-Terrain avise une énorme stalactite qui s’est détachée de la paroi. Il l’escalade avec les deux garçons.

6 - La grotte de Khao Cha-Ang Ha Yot

Le rocher est gigantesque et a dû faire un bruit du tonnerre au moment de sa chute. Il y avait peut-être des dinosaures dans le coin, ce jour là. (Oui, il y a eu des dinosaures en Thaïlande. Et même des très gros.) On se sent tout petit, en perspective.

7 - La grotte de Khao Cha-Ang Ha Yot

De l’autre cote de la route, le temple de Khao Hat Yot respire le calme et la sérénité, tapi contre une montagne qui semble presque menaçante. Les lieux sont déserts, à l’exception de quelques moines en train de déjeuner. On a vraiment l’impression d’être en dehors du monde, en ces lieux. La sensation est très étonnante.

8 - Wat Khao Ha Yot

 

La grotte de Khao Cha-Ang Ha Yot

  • Coordonnées GPS: 13.161505, 101.597503
  • L’entrée est libre: pas de tickets ni d’horaires d’ouverture. Les lieux sont à visiter en journée.
  • La grotte est très facile d’accès. Il y a un parking en contrebas. Il suffit de franchir un petit pont puis de grimper une trentaine de marches pour accéder aux premiers autels dans la roche. Munissez-vous de bonnes chaussures car le sol peut être glissant.

 

En deuxième étape, Papa-Tout-Terrain a repéré de belles grottes dans la montagne Cha-Ang. C’est affreusement mal indiqué en anglais comme en thaï. On les trouve en divers endroits sur les cartes, surtout là où elles ne sont pas. Bref, nous tournons beaucoup en rond, avant de tomber sur un joli monastère, dont les cellules des moines sont charmantes, bien que très modestes.

9 - Cellules des moines bouddhistes

Les moines aussi sont charmants. Ils expliquent des tas de trucs à Papa-Tout-Terrain qui ne comprend rien, sauf qu’on n’est pas au bon endroit.

Pendant ce temps là, j’ai droit à mon heure de gloire devant une famille locale ébahie. Miss-Trois sur la hanche, les fesses en l’air, la tête en bas, je me bats pour réparer le désastre qu’a fait Petit-Deux en mangeant un onigini (un sushi triangulaire) dans la voiture. Alors que je reprends avec dignité ma place de copilote, sous les éclats de rires joyeux, Papa-Tout-Terrain me suggère de demander notre route à ces autochtones hilares. « Je crois qu’ils t’aiment bien… » « Ca va pas la tête! »

Guidés par le hasard, nous reprenons vers le nord, tombons sur un autre temple, en traversons l’enceinte et arrivons au pied d’un escalier immense qui conduit à un autel dans le rocher. Nous tentons notre chance et découvrons deux vastes grottes cachées dans les plis de la paroi. C’est justement ce qu’on cherchait!

 

La grotte de Wat Khao Cha-Ang

Nous pénétrons dans les deux cathédrales communicantes. Hélas, les moines ont un peu bétonné et électrifié ce magnifique cadre, pour donner socles et éclairages à leurs statues de Bouddha. Ils ont même installé un gros ventilateur rouillé en plein milieu, pour des raisons pratiques évidentes.

10 - La grottes de Wat Khao Cha-Ang

Bref, en plus d’une mauvaise luminosité, j’ai toutes les peines du monde à faire une photo correcte des lieux, qui sont néanmoins très jolis. Là où le regard arrive à faire abstraction de quelques éléments moches, j’ai l’impression de les voir énormes et clignotants au milieu de mes photos.

Un peu plus loin, les enfants découvrent des cloches sacrées sur lesquelles ils s’empressent de frapper les trois coups qui doivent leur porter chance.

11 - Cloches sacrees dans la grottes de Wat Khao Cha-Ang

(Ce n’est pas forcément évident sur la photo, mais Petit-Deux tape bien sur une cloche et non sur son frère.)

12 - Singes autour de la grottes de Wat Khao Cha-Ang

De retour à la voiture, nous y repérons un singe en train de bronzer tranquillement sur le capot. Ou de faire la sieste. En regardant plus attentivement, nous lui trouvons vite des tas de copains. Comme en de nombreux temples, une horde de singes peuple le Wat Khao Cha-Ang. Considérés comme des animaux sacrés, ils y sont nourris par les fidèles et les moines.

 

La grotte de Wat Khao Cha-Ang

  • Coordonnées GPS: 13.199996, 101.581785
  • L’entrée est libre: pas de tickets ni d’horaires d’ouverture. Les lieux sont à visiter en journée.
  • On accède a la grotte par un escalier a pic que l’on découvre après avoir traverse l’ensemble du complexe du temple. Il y a cinq minutes d’ascension pour arriver aux grottes.

 

 

 

Le paisible temple de Wat Phrong Akat

C’est la saison des récoltes à Chachoengsao. Les champs sont jaunes et secs. Les petits paysans font sécher leur riz sur de grandes bâches, le long des routes. Les oiseaux migrateurs qui remontent justement vers le nord en ce moment s’en donnent à cœur joie.

Wat Phrong Akat

Au détour de nos flâneries, nous tombons sur une extraordinaire coupole dorée, digne d’un souverain. Le Wat Phrong Akat est un immense monastère bouddhiste, construit sur des terres données par les agriculteurs du coin, dont la plaquette du temple indique qu’ils sont très pieux. (Difficile de dire l’inverse en même temps.) En plus d’être pieuse, la région est objectivement très opulente, aux vues de la densité et de la richesse de ses bâtiments religieux. (J’ai déjà évoqué le Wat Saman Rattanaram, et je vous parlerai bientôt du Wat Pak Nam, doré de bas en haut, ainsi que du Wat Pho Bang Kla et de ses chauves-souris.)

Wat Phrong Akat

L’entrée du temple est gardée par les traditionnels Yaksha, des esprits bienveillants mais surtout très très grands et toujours magnifiquement décorés. Ils surveillent les portes des temples en empêchant les démons de s’introduire. A l’intérieur du monastère, la vie est paisible. Durant notre visite le moine de la photo a longuement joue aux cartes avec une adorable petite fille qui riait aux éclats.

Des Yaksha gardent l'entree du temple

Egalement a l’entrée, huit grosses boules sacrées (des sima), taillées dans du rocher. Il s’agit des pierres fondatrices du temple, qui sont la plupart du temps situées aux points cardinaux du bâtiment. En réalité, il y a neuf boules en tout, mais la dernière est enterrée sous le bôt, le bâtiment le plus saint du complexe monastique.

Sima - Pierres angulaires sacrees du monastere

Les fidèles se recueillent successivement devant chacune des grosses boules, prient, puis y apposent une petite feuille d’or.

Tout, dans le Wat Phrong Akat, respire la sérénité. Plusieurs chiens errants profitent de la fraîcheur du marbre pour se reposer. C’est une évidence: aucun bouddhiste ne les en chasserait. Au contraire, ils sont certainement nourris régulièrement par les moines et les pèlerins.

Paisible Monastere de Wat Phrong Akat

Un peu plus loin, l’on se recueille devant les effigies d’abbés et de moines majeurs, que l’on recouvre également de feuille d’or. Les opérations sont tres ritualisées, mais nous ne sommes capables de toutes les interpréter. Par exemple, je ne sais pas ce qui détermine un croyant à aller prier auprès de tel bouddha ou de tel moine, alors que le choix des représentations est extrêmement vaste.

Abbes de Wat Phrong Akat

Petit-Un a souhaité, à ce moment-là, faire une offrande à un bouddha. Un moine est intervenu et l’a gentiment redirigé vers une autre urne. Nous n’avons pas compris pourquoi. Il m’a semblé que la nouvelle « destination » de nos pièces était le pot commun des moines, celui avec lequel ils achètent des biens terrestres. Nous ne saurons pas si le religieux était totalement désintéressé, mais nous lui laisserons le bénéfice du doute.

Des enfants jouent au foot devant le Bot

A l’étage du Wat Phrong Akat de petits garçons du coin se sont rassemblés pour jouer au foot avec une bouteille de plastique. Sous le regard imperturbable des Yaksha. Cette partie du temple n’est pas encore terminée. Il reste du carrelage à poser. Dans une partie du bôt, les Bouddhas sont même encore sous plastique. Toujours d’après la plaquette, le bouddha principal viendrait d’Inde. (Mais je ne suis pas sûre d’avoir photographié le bon.)

Interieur du Bot

Au pied du monastère, nous nous arrêtons pour nourrir des vaches, moyennant offrande. Nous les pensons sacrées, mais sans certitude. Il y a même un veau, déjà grandet. Savez-vous que nombreux sont les bouddhistes de Thaïlande à refuser de manger du bœuf, pour raisons religieuses? C’est là que l’on réalise toute la proximité d’avec l’Hindouisme…

Vaches surement sacrees de Wat Phrong Akat

L’Hindouisme est d’ailleurs bien présent sur les lieux, en la personne de Ganesh, que l’on devine, énorme et rose, derrière les trois « Tout-Terrain » qui nourrissent des poissons, sûrement sacrés eux aussi. Par bonheur, et un peu grâce à l’arbre, personne n’a terminé dans l’eau cette fois-ci. (Notre dernière rencontre avec des poissons a été très aquatique pour certains. Il faudra que je vous raconte ça…)

Poissons surement sacres de Wat Phrong Akat

A droite de Ganesh, sa toute petite monture, le rat, prête l’oreille aux suppliques des fidèles, et passe le message. Car on ne s’adresse jamais directement au dieu: on l’invoque seulement via son rat. Si besoin, des moines bouddhistes sont également présents pour diffuser les prières.

Ganesh

Au pied de Ganesh, des rangées de tous petits mignons rats tiennent lieu d’offrandes.

Rats de Ganesh

Nous terminons la visite par l’achat de glaces à la noix de coco pour toute la famille. Mes kilos superflus et moi-même vous recommandons chaudement ces glaces à la noix de coco « maison ». Elles ne coûtent rien (25 centimes d’euros), sont 100% naturelles, et ont un gout à se pâmer. La vendeuse était ravie de faire affaire avec nous et de montrer à ses voisins de stand qu’elle « avait des étrangers ».

De mon côté, pour montrer mon appréciation, j’ai voulu lui dire que ses glaces étaient délicieuses. Hélas mon vocabulaire s’est fait la malle, à cet instant précis. « C’est délicieux, c’est délicieux… » Impossible de remettre la main dessus! Mon cerveau ne me hurlait « faire un bisou » en thaï, mais rien d’autre. J’ai bloqué. La vendeuse a fixé mon visage crispé d’un air inquiet. Dépitée et frustrée, j’ai finalement pris la fuite en marmottant « very good » avec la tête la plus souriante que j’ai pu.

Campagne de Chachoengsao

Pour le plaisir, une dernière photo de la magnifique campagne de la province de Chachoengsao.

 

 

Wat Phrong Akat – Informations pratiques:

  • Coordonnées GPS: 13.796273, 101.056300
  • Ouvert de 10h a 18h
  • Entrée libre
  • Pensez à retirer vos chaussures en entrant dans les lieux sacres. (Du coup, visiter un temple en tongs est toujours beaucoup plus pratique que si on porte des bottines boutonnées jusqu’à mi-cuisses.)

 

La ferme de Suan Lamai – Rayong

Drôle d’endroit que la ferme de Suan Lamai. C’est au milieu de… rien justement, puisque c’est juste à côté du surprenant monastère de Wat Namtok Thammarot. (Je vous jure qu’en dehors de ces deux trucs, il y n’a vraiment rien!)

 

Au milieu de… rien

Autour, c’est le désert: il n’y a que des plantations d’hévéa. C’est très intéressant l’hévéa. Vous allez voir, je vous mets une photo. (On voit au cadrage que c’est moi le photographe. Y a un bout de rétroviseur sur la droite.)

Hevea

C’est surprenant, ça penche obstinément, l’hévéa. Ca a l’instinct grégaire d’ailleurs: en troupeau ils penchent toujours dans le même sens. Quand on n’est pas biologiste, comme moi, il y a un truc infaillible pour les reconnaître: ils sont munis d’une coupelle de la taille d’une noix de coco, qui récupère le caoutchouc. Petit-Deux était fou de joie, croyant trouver du lait dans ce drôle de bol. Mais non. C’est juste que le caoutchouc est d’un blanc immaculé avant d’être transformé en pneu noir et moche. La Thaïlande étant le premier exportateur mondial de caoutchouc, vous aurez toutes vos chances de croiser des hévéas dans le coin. D’où cette ma parenthèse hautement édifiante.

 

Revenons à nos moutons C’est parfait, c’est justement aux moutons qu’on commence la visite. On peut leur donner à manger et faire des selfies avec eux. Ils ont de la chance ces moutons, car on les a gratifiés d’un paysage magnifique, sur le flanc d’une colline qui donne à la fois sur la plaine et sur la forêt tropicale. Et surtout, ils se marrent bien, pile poil en face de l’arrêt d’omnibus qui fait le tour de la ferme. Nous aussi, au début ça nous a fait tout drôle de visiter une ferme en omnibus-tracteur. En même temps, on n’était pas là pour devenir fermiers. Aucun doute, il s’agit bien d’une ferme d’agrément.

Tracteur - omnibus de la ferme de Suan Lamai

 

La ferme des fraises

Le lieu est surtout connu pour ses plantations de fraises. Dans l’imagerie des petits Français, les fraises, ça fleure bon le début de l’été et la chaleur qui revient. Pour les Thaïs c’est tout le contraire. Il fait bien trop chaud ici pour faire pousser des fraises. La fraise est un fruit des régions froides. (La notion de froid est bien entendu relative: à 25 degrés, notre nounou met un sous-pantalon et un anorak.) Chose exceptionnelle, de par sa situation montagneuse, abritée du soleil, et grâce à une irrigation continue, la ferme de Suan Lamai parvient à obtenir d’excellents fruits. En hiver uniquement. Autant vous dire que j’étais impatiente d’en manger, après trois ans d’abstinence.

L’omnibus nous conduit tout droit à l’arrêt « fraises ». C’est la ruée. Les fruits sont délicieux d’ailleurs, sucrés et gouteux. On les mange à la thaï, en les saupoudrant d’un mélange de sucre, de sel et de piment pilés. C’est surprenant au début mais selon les proportions, ca peut être plutôt bon. Faut juste qu’ils n’aient pas trop forcé sur le sel. Ni qu’ils aient eu la main trop lourde sur le piment. Et malgré tout, ça couvre un peu le goût des fraises.

Plantations de fraises a la ferme Suan Lamai

Petit-Un ne mange pas de fruits. C’est contre sa religion. En revanche il lèche consciencieusement toutes ses fraises pour le sucre, avant de me les refiler. Petit-Deux hésite un peu et se convertit vite à la religion de son frère. Pourquoi se forcer à bouffer du végétal, des vitamines et des fibres alors qu’on peut très bien se contenter du sucre?

 

Déjeuner

Tout ça nous a donné faim. Bon sang, il est presque le milieu de l’après-midi! Nous oublions régulièrement de nourrir notre descendance en ballade. Heureusement qu’ils se rappellent à nous au besoin. Manger, c’est sacré! Bref, on leur trouve deux bottes de foin (pour s’assoir, hein, pas pour manger), du riz gluant et des brochettes, pour un pique-nique de rois.

Les parents optent pour un curry vert. C’est très bon le curry vert quand on a le cœur bien accroché. Pour chaque assiette on compte plusieurs piments, en plus de la très relevée pâte de curry. Le poulet entier a été découpé au hachoir. Des bouts de peau, des os broyés et même les pattes surnagent dans la soupe. Le cuisinier y a rajouté du sang coagulé de canard, pour des protéines à bas prix. C’est caoutchouteux, peu goûteux, mangeable mais sans intérêt gustatif. Voici le vrai curry thaïlandais, populaire et classique… C’est très bon, quoique psychologiquement déstabilisant, au début.

Repas a la ferme Suan Lamai

Les enfants ont terminé leurs brochettes. Seul hic, ils sont maintenant recouverts de la même sauce sucrée et parfumée que la viande. On récupère ce qu’on peut à coup de mouchoirs. Puis avec une évidence calme, Petit-Deux balance ses détritus au milieu des plants de fraisier en contrebas. Avec Papa-Tout-Terrain, on voit rouge: « Ca va pas la tête!!! Il est in-ter-dit de jeter ses ordures dans la nature!!! Tu vas aller récupérer ça tout de suite!!! » Avec une désarmante simplicité, le scélérat s’écrie que oh il avait oublié. Pas de soucis il va aller les chercher!

 

L’expédition de Petit-Deux

Il disparaît. Puis reparaît deux mètres en contrebas cinq bonnes minutes plus tard. On commençait à s’inquiéter. Sa mission accomplie, il lui faut à nouveau une éternité avant de nous rejoindre. Il arrive d’ailleurs juché sur les épaules d’un vieux Thaï dont il caresse les cheveux poivre et sel. Cet enfant a hérité des gènes de ma grand-mère. On la laissait deux minutes sur un banc, et quand on revenait, elle s’était déjà fait dix nouveaux amis. Elle était même capable de faire parler un mur. Un mur bègue.

Ferme de Suan Lamai

Petit-Deux et le monsieur nous rejoignent donc avec des sourires complices. Ils sont suivis en procession par quelques autres curieux, ravis de l’aventure. Puisqu’on ne peut pas se parler, on joue aux 7 familles: « Je voudrais le Papa dans la famille française! » « Et voila le cousin de la famille thaï! » Quelques gouzi-gouzi au bébé français plus tard, nous reprenons la direction des plants de fraisiers que Petit-Deux vient de parcourir.

Horreur et honte suprême. Pour atteindre le palier inferieur, il n’y a pas les escaliers auxquels nous nous attendions. Juste un mur défoncé de pierres sèches qu’il faut quasi descendre en rappel. Et dire que nous avons envoyé notre fils dans ce précipice! J’essaie de cacher mon trouble: « Mais comment es-tu descendu? »… « Poh, me répond Petit-Deux d’un air détaché, je me suis fait des amis qui m’ont bien aidé… »

Ferme de Suan Lamai

 

Balade éducative

Quand j’ai été remise de mes émotions, Papa-Tout-Terrain a détaillé aux enfants, exemples à l’appui, les différentes étapes du développement de la fleur en fruit. Il a eu beaucoup de succès. Les garçons ont ensuite passé tout l’après-midi à me le réexpliquer. Plusieurs fois. Et dans les deux sens. Je vais peut-être finir biologiste, en fait.

On a conclu la visite par une jolie balade dans des champs de fleurs. C’était riant et frais. On a passé un très bon moment. La ferme de Suan Lamai est clairement destinée aux citadins en goguette. Plus qu’aux apprentis fermiers. Mais c’est un endroit sympathique pour une sortie familiale. Tant qu’on garde un œil sur ses enfants.

Ferme de Suan Lamai

 

Le Faux Pas – Plages de Rayong

Je ne me moque pas. C’est juste un faux pas. Mais on a bien le droit de rigoler un p’tit peu, quand même… Waha haha haha hahaha! Bon, attendez une seconde que je recouvre mes esprits…

 

Le projet

On part pour un joli week-end en famille. Un week-end calme dans une région loin de tout. La nature, la jungle, le chant des oiseaux.

L’hôtel est si reculé qu’il y a une heure de route jusqu’au restaurant le plus proche. Du coup, on s’est préparé un pique-nique royal. Et un petit déjeuner aussi. On a même pris des ballons et des buts pour jouer au foot. Et des poteaux pour jouer au rugby.

Nous sommes à peine partis que du fond de la caisse, les sardines nous rebattent déjà les oreilles: « Quand-est-ce qu’on pourra manger le pique-nique? » « T’as bien pris MES chips, hein? » « Je pourrai manger tout le jambon tout seul? » « Quant-est-ce qu’on mange? » « Gniii!!! » (Ca c’est Princesse-Punk qui ne sait pas parler mais adore manger.)

Nous montons la musique pour faire revenir le calme. « Pop See Ko » a un gros succès ces temps-ci. C’est hautement intellectuel alors ça met tout le monde d’accord.

 

Le Faux Pas

On approche du but. Le jour est encore jeune. Tant mieux, nous pourrons profiter du joli bungalow en bois traditionnel, (de ses moustiques) et du vert jardin de jungle tropicale.

Soudain, le visage de Papa-Tout-Terrain s’obscurcit en un air soucieux. « On est le combien? » Sans attendre ma réponse, il s’arrête sur le bord de la route en un crissement de pneus et compulse frénétiquement son téléphone. Il n’a pas l’air de rigoler. Même Pop See Ko s’arrête de chanter.

« C’est pas le bon jour. »

Effectivement, il a réservé l’hôtel à une date aléatoire sans aucun rapport avec notre week-end. Ca me donne drôlement envie de rire. (Mais je me retiens, vu sa tête.) D’habitude, ce genre de dysfonctionnements relève plutôt de ma compétence. Voyez plutôt, j’ai même réussi à louper la rentrée scolaire cette année!

Et puis c’est bête, mais les grains de sable dans notre organisation m’amusent follement. On va pouvoir dormir à la belle-étoile? Etre recueillis par les bergers et leur troupeau de yaks? Construire une cabane en bambou dans le repli d’un rocher et faire un feu de joie pour tenir les tigres éloignés ? (Il reste quelques tigres à l’état sauvage en Thaïlande). C’est infiniment romantique!

 

La réparation

« Quand est-ce que je pourrai avoir mon hamburger? » coupe Petit-Un, soudain inquiet. « Non, pardon. Quand-est ce que je pourrai avoir mon han-bour-gueur, s’il vous plait? » Il a bien compris la gravité de la situation. La formule de politesse est certes un peu opportuniste. Mais j’apprécie l’effort qu’il fait pour imiter mon accent français. Et dire qu’il n’y voit pas (encore) malice, le bougre!

Papa-Tout-Terrain tapote fébrilement sur son Smartphone. « C’est bon, j’ai un autre hôtel! » C’est en plein centre-ville. Dommagepour la grotte et les yaks. (Il n’y a d’ailleurs pas de yaks en Thaïlande.) Petit-Deux en revanche est fou de joie: il y a même un ascenseur avec des boutons!

Quant à notre pique-nique, c’est finalement sur les belles plages de la province de Rayong que nous le dégusterons, entre deux parties de foot et un magnifique coucher de soleil. Les enfants ont été si conquis qu’ils souhaitent déjà réitérer l’aventure…

Le Faux Pas - Plage de Rayong

 

… Et en bonus, puisque nous n’avons pas pu annuler la réservation initiale, elle sera l’occasion d’une nouvelle balade en famille pour bientôt! C’est à se demander si Papa-Tout-Terrain ne l’a pas fait exprès!…

 

Le Faux Pas - Plage de Rayong

Le Faux Pas - Plage de Rayong

Le Faux Pas - Plage de Rayong

Bouddhisme pittoresque – Wat Namtok Thammarot

Ce week-end, c’était Makabucha, une fête bouddhiste qui célèbre un jour « miraculeux » où 1250 disciples se sont spontanément assemblés autour de Bouddha pour écouter l’un de ses sermons. Ce jour-là, les croyants vont prier au temple et assister à des prêches. Dans de nombreux monastères, des processions à la bougie clôturent les célébrations rituelles.

Notre nounou a proposé à sa fille adolescente de l’accompagner au temple. « Comment? Non seulement on n’a pas le droit d’utiliser son portable pendant les cérémonies, mais en plus il faut rester assis par terre pendant cinq heures! Et ça fait grave mal aux fesses! Hors de question que je vienne! » a rétorqué la jeune fille. Le concept de l’adolescente existe donc également en Thaïlande.

Nous, nous ne sommes pas bouddhistes, mais on ne crache jamais sur un jour férié. Nous avons donc entassé nos sardines à l’arrière de la voiture, bourré un tas de couches et quelques habits de rechange dans le coffre, et roule!

 

Le monastère de Wat Namtok Thammarot

Papa-Tout-Terrain avait déjà repéré notre première étape: un centre de méditation bouddhiste au milieu de… nulle part. Sérieux, quand on prend la carte, il y a juste rien autour. Pas une ville, pas un village, pas même une montagne. Et ça se confirme quand on arrive sur place. C’est au milieu de rien du tout. Enfin au milieu de plantations d’hévéas, quoi. (La nature n’aime pas le vide.) Bref, si l’on veut méditer, on peut venir méditer ici sans crainte, ce n’est pas l’environnement qui va déranger.

1 - Wat Namtok Thammarot - Temple des serpents

Bon, en revanche, sur place, ils ont eu la main lourde sur la déco et les animaux. L’arrivée est très zoologique. Il y a des chiens et des poules partout. Leur principale activité consiste à dormir au milieu de la route. On sent qu’ils ne sont pas dérangés souvent. D’ailleurs, nous étions pour ainsi dire les seuls visiteurs. J’ai fait trois crises cardiaques pendant qu’on slalomait entre les poussins. Occire une volaille, c’est pas bon pour nos karmas. J’ai finalement sauté de la voiture pour faire bouger la ménagerie. Un coq qui prenait ses aises dans un nid de poule m’a regardé d’un air narquois. De guerre lasse, Papa-Tout-Terrain a opté pour le talus.

 

Le temple aux Nâgas

On a commencé par un temple dédié aux Nâgas, serpents et autres dragons doués de superpouvoirs chez les bouddhistes et dans les cultes païens de la région. De loin, c’est grandiose. De longs reptiles s’élèvent en volute au dessus du lac attenant. C’est doré, coloré, majestueux. De près c’est un peu flippant, surtout quand on passe devant les serpents à tête humaine qui protègent l’enceinte des lieux.

2 - Serpents à tête humaine qui protègent l'enceinte des lieux

A l’intérieur, on sent que l’architecte s’est laisse aller à ses penchants pour le kitch: les murs sont rose bonbon avec une ornementation en macramé

 

3 - Wat Namtok Thammarot - Interieur

Niveau spiritualité, c’était moyen, car le bâtiment était en travaux. Du coup il n’y avait pas de fidèles, mais des ouvriers un peu partout. Ils nous ont accueillis avec beaucoup de gentillesse et une curiosité non dissimulée pour notre tripotée de têtes blondes et sautillantes. Deux ou trois dames nous ont suivis tout du long, d’un air énamouré.

 

Des nonnes et des Krathongs

Un peu plus loin, ce sont les nonnes des lieux qui nous ont hélés. Pour les enfants, bien entendu. Papa-Tout-Terrain et moi-même ne sommes pas assez mignons pour les intéresser. Petit-Deux s’est immédiatement éclipsé derrière mon short en treillis. Petit-Un a lancé un tonitruant « sawadee krap » (=bonjour). Et Miss-Trois a dégainé son plus beau sourire édenté. Comme une flèche, la plus vieille des religieuses –également édentée, mais un peu moins quand même- est partie chercher LE portable de la confrérie.

Pour tuer le temps, ses novices nous ont montré leurs Krathongs. Il s’agit de bateaux de feuilles et de bambous, que l’on décore de bougies et d’encens avant de mettre à l’eau, à l’occasion de certaines fêtes religieuses. Ceux-ci devaient être destinés aux célébrations de Makabucha. (Ou de Makabucha l’année prochaine vu qu’elles allaient drôlement lentement, mais qu’elles ont affirmé vouloir recouvrir le lac de bougies.) (Ou alors elles s’occupaient juste en attendant un miracle.)

4 - Nonnes en train de fabriquer des Krathongs

La vieille religieuse est revenue avec le téléphone, pieusement emballé dans un linge. Elle avait oublié le mot de passe et ne savait plus tellement s’en servir pour faire des photos. Les jeunes nonnes l’ont aidée. A la réflexion, je pense qu’il s’agissait de stagiaires. C’est courant en Thailande, pour quelqu’un du civil, de devenir moines un mois ou deux, au moment du décès de l’un de ses parents ou seulement pour le plaisir. Dans les entreprises, on est habitué à accepter sans discuter ces demandes de congés religieux. Les collègues disparaissent et reviennent quelques temps plus tard, tondus.

(N’empêche que la première fois qu’un mec m’a fait signer une autorisation d’absence en m’expliquant qu’il allait se faire moine et qu’il revenait après, j’ai un peu cru qu’il se moquait de moi…)

 

Le centre de méditation de Wat Namtok Thammarot

Bon, j’arrête de me disperser parce qu’il me reste des hectares de monastère à vous montrer, là. Vu qu’il y a de la place, dans la région, les moines n’ont pas hésité à s’étaler. Et en bonus, le jour où ils ont appris la technique des statues en parpaing mâché, ils se sont dit qu’ils allaient en mettre partout. Du coup c’est très coloré, mais j’y reviens.

A l’origine, le clou du spectacle est une chute d’eau, devenue le point de convergence des activités religieuses de l’endroit. Des salles de prière, une bibliothèque, un restaurant et des abris variés y sont greffés, pour l’accueil des pèlerins. Etonnement, les lieux était vides ou presque. En même temps la cascade était à sec –on est en pleine saison sèche- ce qui faisait peut être perdre son potentiel touristique au temple. (Ou alors, le monastère est toujours vide et les moines ont juste eu les yeux plus gros que le ventre.)

5 - Chute d'eau de Wat Namtok Thammarot

Tout autour, disséminées ça et là sur une surface improbable, des compositions sculpturales variées et colorées. De gros champignons roses décorés de Nâgas et de bouddhas servent d’abris de pique-nique. (Le moine-architecte était visiblement amateurs de nuances voyantes.) Des représentations de scènes religieuses et de mythes païens. Des histoires édifiantes de morale. Mickey et Minnie. (Que font-ils là?) Des déités issues de cultes chinois païens, une belle Guanyin, des dragons… Et quelques figures de l’hindouisme, que l’on sait étroit cousin du bouddhisme.

6 - Representation a caractere religieux a Wat Namtok Thammarot

 

De curieuses mises en scène

A chaque intersection, des portes monumentales interpellent le visiteur et le pèlerin. Du faste à peu de frais. Mais j’aime bien le faste dans la religion. Ca plante tout de suite un décor pimpant et stimulant. C’est nettement moins déprimant que le dénuement ou l’ascétisme. Et pour faire bonne mesure, les concepteurs du lieu ont apporté une touche finale en saupoudrant le tout de dinosaures carnassiers. C’est vrai que ça a de la gueule, les dinosaures.

7 - Dinosaures de Wat Namtok Thammarot

Certaines mises en scène sont plus travaillées. Il faut ainsi traverser un pont pour accéder à la représentation de l’arbre de la Bodhi, sous lequel Bouddha a atteint l’illumination. L’effet est intéressant. On se sent capté par la majesté du tableau. Hélas, par un excès de zèle, quelqu’un a rajouté deux tronçons de torses à l’entrée du pont. C’est moins à mon goût.

8 - Arbre de Bodhi a Wat Namtok Thammarot

Plus impressionnant encore, deux gigantesques représentations des enfers illustrent les misères et les supplices de l’au-delà. C’est une thématique courante, dans les lieux de culte bouddhistes. Le sujet y est toujours traité avec réalisme et crudité. Des êtres faméliques, aux plaies purulentes, aux membres arrachés et aux organes sexuels de démesurés… Ce ne sont pas les tableaux devant lesquels nous nous attardons en compagnie de nos enfants. Ils méritent néanmoins le détour, comme révélateurs d’une certaine vision de l’au-delà dans les religions orientales.

9 - Representation de l'enfer a Wat Namtok Thammarot

 

Faut-il aller visiter Wat Namtok Thammarot?

Nous avons passé deux bonnes heures dans ce monastère. La variété, la créativité et le nombre infini de ses représentations religieuses nous ont enthousiasmés. C’est le l’art très naïf, mais qui traduit avec certitude l’ensemble hétérogène des croyances et des cultes mêlés de Thaïlande. On y appréhende les questions religieuses dans une approche complémentaire à celle de Wat Saman Rattanaram.

10 - Porte monumentale de Wat Namtok Thammarot

Doit-on pour autant recommander l’endroit? Oui, sans nul doute si vous passez par là. Mais soyons réalistes, on ne passe pas par là par hasard. Si en revanche il vous prend envie de découvrir la province de Rayong hors des sentiers battus, groupez cette visite avec une balade à Khao Chamao, et éventuellement avec un petit détour par la ferme de Suan Lamai (j’en parle bientôt). Vous ne serez pas déçus… et vous ne devriez même pas croiser un « étranger » de la journée!