Le riz gluant au lait de coco – recette thaï

Bonne année! C’est toujours les vacances de Songkran, le Nouvel An Khmer, en Thaïlande!

Pour fêter ça, on va se mettre en cuisine! Je vous propose la recette du riz gluant au lait de coco, qui se déguste généralement avec de la mangue! Il s’agit d’une recette très populaire en Thaïlande, et qui répond au doux nom de khao niao mamuang. Ca a l’air poétique comme ça, mais khao niao veut dire « riz gluant » et mamuang veut dire « mangue ». L’appellation est donc très prosaïque. Quant à la dégustation, c’est une vraie tuerie!

 

Ingrédients pour quatre gourmands

(Il faudra vous y prendre une bonne demi-journée à l’avance, à cause du temps de trempage du riz gluant.)

  • 300 grammes de riz gluant
  • Un demi-litre de lait de coco
  • 150 grammes de sucre de palme
  • Des mangues

 

Trouver les ingrédients principaux…

La base de la recette c’est le riz gluant. Vous pourrez en trouver dans les épiceries asiatiques sous le nom de riz gluant ou « glutinous rice ». Ce riz se cuit un peu différemment du riz normal, et je trouve que son goût est plus fin. C’est un féculent qui se consomme surtout dans le nord-est de la Thaïlande, dans l’Issan, mais également au Laos attenant.

Vous trouverez le lait de coco dans n’importe quel hypermarché. Ne le confondez pas avec l’eau de coco. L’eau de coco est translucide: c’est le liquide qui s’échappe quand on ouvre la noix de coco. C’est très bon mais pas assez gras. Le lait de coco, lui, est blanc. Il est préparé à partir de la pulpe de la noix de coco râpée.

Le sucre de palme, pour finir, est fabriqué à partir des fleurs du palmier à sucre. On l’achète sous forme de petits palets ou parfois d’un gros pain. En Thaïlande, il est vendu sur le bord de la route, dans les zones de palmeraies. Mais sinon, vous en trouverez dans les épiceries asiatiques. Faute de sucre de palme, on peut mettre du sucre roux ou même du sucre blanc. Les deux premiers sont plus parfumés. Mais le sucre blanc permet de présenter à table un riz plus clair, que je trouve esthétique, aussi.

Sucre de palme pour le khao niao mamuang

Au moment de servir votre dessert, si vous avez des mangues, c’est l’occasion ou jamais d’en faire bon usage! Mais sans mangues, j’accompagne le dessert d’autres fruits, comme des lichies en boite pour faire exotique, ou des poires bien parfumées, tout simplement. D’ailleurs, faute de mangues, il m’arrive de servir le dessert sans fruit et ça ne déranger personne à la maison!

 

Lavage et trempage du riz

On commence par laver le riz. On le met dans un grand saladier, on le recouvre d’eau et on touille. Lors des premiers lavages, l’eau va se troubler, car le riz se débarrasse de son amidon et de ses résidus. Ensuite, l’eau reste bien claire.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

On passe ensuite à la phase de trempage. C’est très important, car sinon le riz ne cuit pas comme il faut. J’en ai fait l’expérience à mes dépends à Noël, alors qu’on m’avait commandé un riz gluant pour vingt-cinq personne et que j’ai voulu faire la maligne et gagner du temps. (Le résultat était vraiment loupé loupé!) En général, je fais tremper une douzaine d’heures.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

La nounou qui s’est étonnée que je prenne mon riz en photo a ajouté quelques commentaires, du coup. Pour trois cents grammes de riz, elle estime que deux à trois heures de trempage peuvent suffire. Avant de passer à la cuisson, il faut juste vérifier sur un grain de riz qu’il est devenu friable, entre deux doigts. (Mais il faut appuyer drôlement fort, tout de même, je trouve. Même après douze heures de trempage.) En revanche, si l’on peut faire tremper plus longuement, le résultat n’en sera que meilleur!

 

La cuisson du riz

Traditionnellement, le riz gluant se cuit dans une sorte de grand « chapeau » de bambou tressé, que l’on place sur une marmite à la forme particulière, et dans laquelle on fait bouillir de l’eau. Le chapeau confère au riz un petit arrière-goût végétal intéressant. Mais si vous ne possédez rien de tel, vous pouvez utiliser un chinois ou un égouttoir métallique, perché sur une casserole d’eau bouillante. On recouvre le tout d’un couvercle.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

Ma nounou, qui passait encore par là, m’a fait remarquer que j’ai choisi une casserole beaucoup trop grosse pour mon chapeau. « Vous savez qu’il existe des casseroles beaucoup plus petites? » Effectivement, je les ai vues dans le magasin. Bref, elle me confirme que ça marchera pareil, mais qu’on va galérer à trouver une place dans les placards pour la ranger. Elle n’a pas tort.

Avant de lancer la cuisson, on mouille le chapeau à l’eau, pour éviter qu’il ne brûle.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

Toutes les dix minutes –ou quand on pense- on secoue le riz. On prend le chapeau en main, et d’un geste de poignet vif et élégant, on essaie de faire se rassembler le riz gluant vers le centre. Très vite va se former une grosse boule qui reste solidaire, et il suffira ensuite de faire tourner la boule. L’objectif est que le riz soit cuit partout pareil. Puis on rebouche avec le couvercle avant de revenir secouer à nouveau un peu plus tard. Le riz est cuit quand il n’est plus croustillant au milieu. Le temps de cuisson oscille entre quinze et quarante-cinq minutes, en fonction de la fraîcheur du riz (le riz tout juste récolté cuit super vite) et de combien de temps vous l’avez laissé tremper (plus il aura trempé longtemps, plus la cuisson en sera rapide).

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

 

Alternatives à la cuisson du riz « dans le chapeau »

Il existe des alternatives qui demandent moins d’équipement et moins de temps. Quand je suis pressée, la cuisson à la cocotte minute –après trempage- fonctionne aussi très bien et va plus vite. Une quinzaine de minutes environ. Mais comme les trous du panier sont assez éloignés les uns des autres, je trouve que la couche inférieure du riz a tendance à se détremper un peu.

Une dernière solution est la cuisson micro-ondes. Après une heure de trempage, on recouvre le riz d’eau et on laisse un petit centimètre en plus, au dessus du riz. On met à cuire cinq minutes au four à micro-ondes. On mélange. Puis on remet en cuisson par tranches de trente seconde, jusqu’à obtention d’un riz satisfaisant. Cette technique est très pratique si l’on veut manger du riz gluant au lait de coco. En revanche, je trouve le résultat trop humide pour être consommé en accompagnement d’un plat salé.

 

La sauce au lait de coco

On met le sucre et le lait de coco dans une casserole à feu doux. L’idéal est de ne pas laisser bouillir le mélange. Le sucre se dissout dans le lait de coco et c’est prêt.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

Les Thaïs ont l’habitude de saler la préparation. Style beaucoup. Avec une pleine cuillère de sel, quoi. On sent vraiment le goût salé. Mais dans la famille, on préfère sans le sel, et d’ailleurs, tout le monde est d’accord pour dire que mon riz gluant au lait de coco est bien meilleur encore que la recette originale… Alors à vous de voir, hein, je ne veux pas du tout vous influencer…

On verse ensuite la moitié de la sauce encore chaude sur le riz et on mélange. On poêle un peu le riz avec sa sauce au lait de coco histoire que le liquide soit bien absorbé, et c’est prêt!

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

Notre nounou vient de repasser. Elle a dit que c’était très bien que ça sentait bon! (Elle est pourtant plutôt avare en compliments.)

En Thaïlande, le riz gluant peut être servi chaud ou à température ambiante. A la maison, Papa-Tout-Terrain le préfère bien froid. Moi je le trouve toujours bon.

Au moment du service, on proposera une grosse quenelle de riz gluant sucré à côté d’une mangue découpée. Le reste de la sauce au lait de coco est laissé à disposition, pour un assaisonnement au goût.

De toute évidence, je ne suis pas une blogueuse culinaire. En reprenant mes photos a posteriori, je réalise combien la présentation finale est moche moche moche! C’est une catastrophe! Bon, je n’ai que ça alors je vous le mets quand même. Et je vous rajoute aussi une photo de riz gluant du commerce qui est un poil mieux. Mille pardons! Et bon appétit quand même…

Khao niao mamuang du commerce

 

Le riz gluant autrement…

Puisque vous savez maintenant tout de la cuisson du riz gluant, et que vous en aurez bientôt sous la main, je vous recommande de l’essayer également en plat salé. Ca se cuit pareil. Et on peut le manger à la place du riz normal, avec tout. La façon la plus populaire de le déguster, c’est de l’accompagner de poulet grillé au barbecue.

Traditionnellement, le riz gluant se mangera avec les doigts. On forme tout simplement une boulette de la taille d’une bouchée, à laquelle on adjoint un peu de poulet –ou un autre aliment- pour parfumer. C’est le grand délice de nos enfants, et ils en mangent des quantités impressionnantes!

 

 

Songkran, le Nouvel An Khmer à l’école

C’est les vacances! Nous fêtons le Nouvel An Khmer aujourd’hui. En Thaïlande, cette fête s’appelle Songkran.

Depuis plusieurs semaines, le pays est en ébullition. On baigne dans une ambiance sympathique et fiévreuse d’avant les grandes fêtes. La même que les semaines qui précédent le Nouvel An chinois, en Chine. Ou bien sûr, la période de l’Avent en Occident. Collectivement, chacun s’agite. On prépare ses vacances. On réserve ses billets pour les congés. Les supermarchés sont pleins et les chariots débordent de victuailles alléchantes. Les gens ont l’air plus pressé et plus content qu’à l’habitude. Le matin, la nounou a très envie de papoter. Elle me raconte sa belle-mère en vacances, sa famille, ses grands enfants…

(Je ne reprendrai pas ici toute les explications des festivités de Songkran. Vous pouvez les retrouver dans mon billet de l’année dernière sur le Nouvel An Thaï, et également lire les jolies batailles d’eau auxquelles nous avons assisté dans la province de Kalasin, après la visite du musée des dinosaures.)

Songkran a Kalasin

 

La grande transhumance

Coup de tonnerre cependant la semaine dernière. La législation a changé. Il est désormais interdit de charger plus de personnes dans les voitures qu’il n’y a de ceintures de sécurité. La police a immédiatement mis la loi en application et réellement sanctionné les contrevenants. Dans beaucoup de familles, c’était une catastrophe. C’est justement pour Songkran que l’on a besoin de déplacer tout le monde. Pour les raisons fiscales, les pick-ups coûtent beaucoup moins cher que les voitures de tourisme. Cette solution a donc été privilégiée de longue date par les Thaïs. On rajoute facilement quelques personnes dans l’habitacle… sans compter ceux qui seront transportés dans la benne du véhicule, pour les convois exceptionnels.

Departs pour Songkran

Source: Bangkok Post

Bref, c’était le branle-bas de combat. Notre nounou a passé des heures au téléphone avec ses copines pour trouver des solutions alternatives. Les autorités du pays ont bien suggéré de prendre des bus, mais la plupart des billets étaient déjà réservés et bien sûr, les prix se sont envolés. La décision du gouvernement peut sembler surprenante à la veille des plus importants congés du pays. Elle avait néanmoins pour objectif de limiter la mortalité routière, qui explose toujours sur cette période.

La population a cependant tant grondé que, deux jours plus tard, l’application de la mesure a été suspendue et reportée à après les fêtes. Même si les questions de sécurité routière subsistent, c’est plus humain ainsi. Car c’est naturellement les personnes les plus modestes qui auraient été le plus durement impactées par cette nouvelle loi.

 

Le Nouvel An Khmer et le deuil national

Cette année sera également particulière, en raison du deuil national qui affecte la Thaïlande depuis la disparition du Roi Bhumibol, en octobre dernier. Pour 2017, les manifestations trop bruyantes et trop voyantes doivent être annulées. Les autorités ont demandé à la population de se concentrer sur les rites plus traditionnels, comme les offrandes aux temples ou l’aspersion à l’eau. L’on verse d’abord de l’eau sur des figures bouddhistes, qui assureront la bonne fortune. Puis l’on asperge ses parents, ses proches, ses amis, pour les laver du mauvais sort. J’imagine qu’une plus grande retenue qu’à l’habitude sera de rigueur, mais l’on voit tout de même des pistolets à eau (enfin plutôt des bazookas à eau) en vente partout dans les commerces.

Cette année, même l’école a choisi l’annuler les activités festives du Nouvel An Khmer. C’est pourtant un moment que les élèves attendent avec impatience, pour pouvoir arroser leurs professeurs. Un an après, Petit-Un n’en est d’ailleurs toujours pas revenu. Il me raconte souvent, un peu penaud, mais avec une satisfaction non dissimulée: « Tu te rends compte. J’ai jeté de l’eau sur Miss Ann! »

Cette année, les réjouissances sont remplacées par une « Songkran Assembly », avec hymne national et hommages au feu Roi. C’est normal, eu égard au contexte. Pour ne pas priver les plus jeunes, les professeurs de maternelle ont malgré tout eu l’idée d’organiser un « Color Run » et des jeux d’eau, suivi d’un buffet convivial avec les parents.

 

Le Color Run

Jusqu’à ce jour, je n’avais aucune idée de ce qu’était un « Color Run », mais je vois que même Paris en organise, alors vous êtes sûrement mieux renseignés que moi. Le concept est de faire courir les participants et de les recouvrir de poudres colorées au fil du parcours.

L’idée est très bien vue. Le « Color Run » est une activité indépendante de Songkran, et l’événement a été organisé un peu avant la date de la fête pour éviter toute confusion. Mais en même temps, les poudres de couleur jouent un rôle central dans le Nouvel An Khmer. Elles symbolisent le renouveau et la joie des festivités. Et elles peuvent également être pulvérisées sur les parents et les proches, en guise de bonne fortune.

Les Mamans volontaires avaient été conviées à se joindre au groupe, pour aider à lancer les couleurs sur les enfants. J’en étais. Les maîtresses avaient préparé et mixé des kilos de poudres colorées, balisé le parcours, et globalement très bien organisé l’événement.

J’étais en charge du stand « purple ». Violet, quoi. Je devais le tenir avec une nounou du voisinage que je connais bien, car elle vient souvent à la maison. C’est une dame joviale et un peu excentrique qui ne me croise jamais sans me dire que j’ai de gros seins. Tout de suite j’adore et ça me met à l’aise. Ca n’a d’ailleurs pas manqué. Elle m’a dit bonjour et que j’avais de gros seins. Sur ces bonnes bases on a commencé à lancer la poudre. J’étais très détendue.

 

Bonne année et beaucoup de bonheur!

Très vite des dizaines d’enfants sont arrivés ventre à terre. Il fallait bien viser. Assez bas pour qu’ils n’inhalent pas de poussières, et assez haut pour colorer leur tee-shirt. Petit-Un et Petit-Deux étaient très contents de me voir. Ils se sont bien défendus à la course. Car bien qu’il n’y ait pas eu de chronomètre, j’ai été surprise par l’esprit de compétition des enfants, qui tenaient un classement précis des ordres d’arrivée.

Apres le Color Run

Entre les enfants, ma co-lanceuse et moi-même avons essayé de papoter, sans grand succès, faute de langue commune. Du coup j’ai fait mine de l’empoudrer, histoire de tâter le terrain. Ca lui a beaucoup plu et elle m’a répondu d’un grand nuage violet. Elle m’a souhaité une bonne année et beaucoup de bonheur. Et m’a demandé si je voulais bien faire de même. Et puis on s’est encore jeté de la poudre, pour plus de sûreté niveau bonheur et un peu pour le plaisir, aussi.

Apres le Color Run

La course a tellement amusé les enfants qu’ils ont refait la boucle trois fois. Des grands de collège, venus les encourager, on également couru. Ca file drôlement vite, à cet âge là, et c’est très difficile de les avoir! Il y en a même un qui a sauté un buisson (le lâche), pour parvenir à m’échapper! A ce moment là, j’ai d’ailleurs appris à mes dépens qu’il ne fallait surtout pas jeter de poudre en courant, dans le dos de quelqu’un qui court… tout m’est revenu directement dans les yeux! (J’aurais pu réfléchir avant, aussi.)

 

Des festivités très réussies!

Quand la maîtresse a frappé dans ses mains pour réunir le groupe, j’étais en sueur. Et aussi rouge et colorée que les élèves. Ca a beaucoup amusé les Mamans japonaises, qui au terme de la même activité n’avaient pas un cheveu qui dépassait, et pas un grain de poudre sur les habits. Je ne sais même pas comment elles ont fait. Les Mamans japonaises sont vraiment extraordinaires.

Petit-Un et les jeux d'eau

Des activités de jeux d’eau ont suivi. On pouvait faire des bulles, délivrer des dinosaures emprisonnés dans des glaçons, jouer avec des éponges, de la mousse et des bassins d’eau colorée. Les enfants étaient fous de joie. Petit-Deux m’a fait promettre d’organiser à nouveau ces activités à la maison.

Petit-Deux apres les jeux d'eau

A ce moment là, une petite dame thaïe que je ne connaissais pas s’est approchée timidement de moi. Je pense que c’était une femme de ménage de l’école. Elle m’a jeté de la poudre dessus, m’a souhaité du bonheur pour la nouvelle année, puis j’ai fait de même. Ca avait l’air de lui tenir à cœur et elle a semblé ravie. Je n’imaginais pas du tout que ce lancer de poudres colorées pouvait avoir une signification si forte pour les Thaïs.

La journée s’est conclue par un buffet sympathique, préparé par les parents, avec des spécialités de leurs pays d’origine. J’en étais rendue aux kimbap, des sortes de makis coréens, quand Petit-Un me tire par la manche d’un air mysterieux: « Maman, Maman, je crois que j’ai trouvé un squelette dans mon poulet! » Il y avait bien un os, effectivement.

 

Nous vous souhaitons à tous de très joyeuses fêtes de Songkran!

 

 

La mauvaise surprise

Ca défile à la maison en ce moment. Et tout ça c’est à cause de Miss-Trois. Miss-Trois est un bébé surprenant de vivacité pour son jeune âge. A tout juste six mois, elle marche à quatre pattes, s’assoit, et se met debout.

*Applaudissements*

Notre nounou est ravie. Le prestige de notre jeune merveille rejaillit sur elle. Du coup elle invite un peu tout le monde, de Thaïlande et de Navarre, à venir assister au prodige. Pour les personnes trop éloignées ou empêchées, elle organise même des événements vidéo. (Ce n’est pas une image ou une exagération, c’est la stricte vérité.)

Bref, à chaque fois que je veux mettre une sandalette dans mon jardin, je me retrouve nez à nez avec un technicien de maintenance ébahi ou un jardinier stupéfait (c’est plutôt des jardinières d’ailleurs) devant l’agilité de notre puce. En dehors des horaires d’apparition publique, la porte de la maison reste entrouverte, pour permettre à l’air et aux regards indiscrets de mieux s’infiltrer.

Tout cela a tendance à me taper sur les nerfs, car je suis plutôt timide, ascendant sauvage.

Cela n’a pas échappé à mes visiteurs. Du coup, pour m’appâter, et par gentillesse aussi, ils viennent rarement les mains vides. L’un apporte des mangues ou des papayes de son jardin, un autre vient avec des épinards, des desserts populaires ou des effilochés d’ananas séché. C’est excellent! Et très bon aussi pour mes bourrelets de grossesse, mais passons.

La mauvaise surprise…

Ce matin, l’adorable ancienne nounou de la petite voisine d’avant m’a apporté deux entremets locaux. Je connaissais le premier de longue date: je cuisinais déjà ce tapioca vert au lait de coco alors que j’étais étudiante et que j’habitais au-dessus d’une épicerie asiatique. (J’étais prédestinée.)

opioca et lait de coco

J’ai eu plus de difficultés à identifier le contenu de la seconde barquette en revanche. Vu la ressemblance des emballages, il était certain qu’il s’agissait d’un dessert. J’ai goûté le riz jaune. C’était du riz gluant. Cuit dans du lait de coco sucré. Ce n’était pas mauvais, mais ils avaient rajouté du curry pour faire jaune, et ce n’était pas indispensable non plus.

2- Dessert thai au riz gluant et...

J’ai ensuite rajouté la poudre marron du dessus pour goûter l’ensemble et en évaluer l’harmonie. (Oui, je fais mes classes chez Etchebest en ce moment.) Eh bien ça a été une très mauvaise surprise! Et pourtant je suis loin d’être une timorée du goût…

Qui sera capable de deviner l’élément principal de cet extraordinaire condiment?

Je rends réponse lundi prochain… et j’envoie un tube de pate de fruit au durian au premier qui aura vu juste d’ici là!

 

… La bonne réponse était: du sucre adjoint d’une poudre de poisson salé et séché… et ça n’était vraiment pas une réussite!

 

Le Roi est mort

Le Roi de Thaïlande est mort jeudi dernier. Je l’ai appris par notre nounou. Elle est venue me voir dans l’après-midi, les yeux rougis: « Today, Thailand is very sad. » Je savais ce que cela voulait dire.

 

Un souverain engagé et aimé

La disparition du Roi Bhumibol Adulyadej -Rama IX, de la Dynastie Chakri- n’était pas vraiment inattendue. Hospitalisé presqu’en continu depuis bientôt deux ans, le souverain avait vu son état de santé se détériorer soudainement depuis quelques jours.

Ce n’était pas une surprise mais l’événement n’en n’a pas moins été très douloureux pour les Thaïs, qui se sentent aujourd’hui orphelins. Le Roi Bhumibol avait avec son peuple la relation d’un père avec ses enfants. Engagé pour son pays, il avait fait édifier nombre d’hôpitaux, d’écoles, d’orphelinats et d’institutions pour soutenir les plus vulnérables. Visionnaire et fin connaisseur de l’Occident, il avait été le moteur du développement industriel de son pays et avait pleinement participé à son intégration dans l’économie mondiale. Actif dans la vie politique, il avait permis à la nation de conserver une certaine cohésion malgré des tensions répétées entre les oppositions.

Le règne de Rama IX a duré soixante-dix ans. Imaginez plutôt: aucun de mes amis de Thaïlande, aucun de mes collègues n’a jamais connu d’autre roi! La mort du Roi marque la fin d’une ère.

Le Roi Bhumibol et De Gaulle

Le Roi Bhumibol et de Gaulle (Sources)

Ma nounou a souhaité évoquer avec moi ses premiers souvenirs du Roi. « Quand j’étais petite, il n’y avait pas la télé. Je n’avais jamais vu le Roi. Mais il y avait des photos. On priait, on chantait pour lui, et l’on s’inclinait devant ses portraits. »

 

Un Roi présent dans le quotidien de ses sujets

Jusqu’à jeudi, le souverain était partout, dans le quotidien de ses sujets. Tous les matins, à huit heures, la télévision diffusait un hymne à sa gloire. Au même moment, dans les jardins publics, le même air retentissait. Tous les passants cessaient alors leurs activités, par respect pour leur monarque. Toujours à la même heure, l’on pouvait également entendre ce chant dans les haut-parleurs des usines. Chacun se levait alors, par respect. Aux dernières notes, certains de mes collègues s’inclinaient en direction du portrait du Roi Bhumibol Adulyadej, que l’on retrouvait toujours dans les lieux publics, dans les administrations et dans les entreprises.

La monnaie est aussi frappee au profil du Roi

Le Roi était représenté partout, y compris sur la monnaie.

La vie publique était ainsi émaillée de moments de célébration du souverain. Joli symbole, la fête des pères avait été fixée à la date de l’anniversaire de la naissance du Roi Bhumibol. Ce jour là, chacun s’habillait en jaune, en l’honneur du souverain, dont c’était la couleur distinctive. Cette couleur, on la retrouvait également sur le drapeau personnel du Roi, qui flottait partout dans le pays, très souvent aux côtés du drapeau national.

Drapeau personnel du Roi Rama IX

Drapeau Personnel du Roi Rama IX (Sources)

Mais au-delà des cérémoniaux officiels, c’est un véritable attachement des Thaïs à leur Roi, que l’on pouvait ressentir.

« Mon Roi n’a jamais eu qu’une épouse et n’a aimé qu’une seule femme. Il est un modèle pour les familles ici, et grâce à lui, beaucoup de femme sont bien plus heureuses, aujourd’hui. Avant lui, il était normal que les hommes aient des maîtresses. Les femmes étaient souvent malheureuses et mal traitées. », m’a également confié ma nounou. Le Roi Bhumibol Adulyadej sera regretté.

My King - Photo Facebook

Sources: Photo Facebook

Le Roi est mort – La tristesse d’un peuple

Il y a quelques semaines, avec l’aggravation du bulletin de santé royale, on a commencé à lire une préoccupation grandissante, dans les réseaux sociaux. Des messages de soutien, de rétablissement, des invocations, des marques de dévotion ont ainsi peu à peu fleuri dans les différents medias…

Messages pour le retablissement du Roi

Messages pour le rétablissement du Roi (Sources)

Des rassemblements ont été organises autour de l’hôpital où séjournait le Roi. Devant la façade, des fidèles y ont psalmodié les prières traditionnelles bouddhistes. Ils étaient habillés en rose. Sur Facebook et Twitter également, la couleur rose est devenue prédominante. Le rose, parce qu’il y a quelques années, un astrologue royal avait établi que cette couleur était bénéfique à la sante du monarque. Dans les entreprises, les Ressources Humaines ont à leur tour fait passer le mot: « Habillez-vous en rose, pour le rétablissement du Roi. »

Fideles priant pour le retablissement du Roi

Sources: Photo Facebook

Le Roi est mort. Je l’ai appris par ma nounou. Elle est venue à moi les yeux rougis. Puis elle m’a expliqué qu’elle avait renvoyé chez elle la nounou voisine: « Vous comprenez, elle pleurait trop et je ne voulais pas qu’elle effraie les enfants. » Il s’agissait d’une annonce officieuse, car la nouvelle s’était répandue comme une trainée de poudre. Le Roi est mort à 15h45. A 17h, tout le pays était au courant. L’annonce officielle, enfin, n’est arrivée que deux heures plus tard.

Deces du Roi de Thailande - Image Facebook

Sources: Photo Facebook

 

Deuil et tristesse dans les médias et les réseaux sociaux

En l’espace de quelques heures, tous les profils Facebook de mes amis thaïs sont passés en noir et blanc, les deux couleurs du deuil. En mémoire de leur souverain, beaucoup ont publié de belles images symboliques. Plusieurs d’entre elles, qui m’ont particulièrement touchée, illustrent ce billet. Malheureusement, elles tournaient tellement et si vite que je n’ai pas réussi à en trouver toutes les sources (si quelqu’un peut m’aider, je rajouterai les liens).

Deces du Roi de Thailande - Image Facebook

Sources: Photo Facebook

Sur Facebook toujours, ont réapparu de nombreuses photos d’archives. Celles principalement choisies étaient des images du Roi avec son épouse, avec ses enfants ou aux côtés de ses chiens, mais aussi des photos de déplacements officiels auprès d’écoliers, de paysans, ou encore de malades. Ce sont surtout les images d’un homme bienveillant, que l’on lit en filigrane. Et aussi l’affection, l’attachement et la vraie tristesse d’un peuple qui pleure son Roi.

Deces du Roi de Thailande - Retrospective du Bangkok Post

Sources

Le lendemain de la mort du souverain régnait une atmosphère de gueule de bois sur le pays. Une atmosphère pesante, triste. Des visages plus fermés qu’à l’habitude. Beaucoup étaient au bord des larmes à la simple évocation de la fin du Roi Bhumibol Adulyadej. Par un curieux mécanisme de la psychologie de groupe, l’atmosphère est également devenue plus propice à la parole, au partage de la peine et des souvenirs. Plusieurs nounous du quartier se seront ainsi confiées à moi ce jour-ci.

Siam Commercial Bank - Deces du Roi de Thailande - Capture d'ecran

Site web de la Siam Commercial Bank

Les écoles sont restées fermées, de même que certaines administrations. La police, les hôpitaux, mais aussi une partie des commerces et des usines ont continué à fonctionner. Les sites web se sont parés des couleurs du deuil, et arborent désormais de larges bannières de condoléances.

Bangkok Post - Deces du Roi de Thailande - Capture d'ecran

Site web du Bangkok Post

 

Deuil national et traditions funèbres

L’après-midi, la dépouille du Roi a été transférée au Palais. Dans les bureaux de Papa-Tout-Terrain, chacun a suivi l’événement, de son Smartphone ou sa tablette. La cérémonie était sobre et digne. Dans les médias étrangers, on a bien vu quelques photos de personnes en pleurs, hurlant, déchirant leurs habits et menaçant de se faire hara-kiri… Mais cela n’a rien à voir avec la grande dignité des Thaïs, telle que nous avons pu la voir ici.

Transfert du corps du Roi de Thailande

Sources

Le soir, notre nounou s’est rendue au temple pour prendre part à un hommage au souverain. Par respect pour le défunt, elle a également entamé un jeûne végétarien pour un mois, tout comme elle l’avait fait à l’occasion du décès de ses parents. Telle est la tradition chez nombre de bouddhistes. Aussi sera-t-il plus difficile de s’approvisionner en viande, dans les semaines à venir.

Rassemblement en hommage au Roi de Thailande

Sources

Le deuil national officiel durera un an. Vers la fin du mois, le corps du Roi sera exposé à Bangkok pour que ses sujets puissent venir lui rendre un dernier hommage. Des millions de personnes sont attendues, venant de tout le pays.

Les lieux publics se parent des couleurs du deuil national

Dans les entreprises, les administrations, les institutions, ont été installés des autels funèbres, en hommage au Roi. Des cahiers de condoléance sont à disposition de chacun. Du fait d’un niveau d’éducation inégal dans la population, une liste de phrases d’exemple est affichée, que l’on peut librement recopier.

Autel en hommage au roi defunt dans une entreprise - Photo Facebook

Sources: Photo Facebook

 

Du deuil au quotidien…

La population a revêtu les couleurs du deuil: le noir et le blanc. Il y a aujourd’hui pénurie de tee-shirts noirs dans le pays. Alors chacun a fait avec les moyens du bord: qui un tee-shirt « Mickey », qui un sweat « Heavy Metal »… Sans ostentation mais dans la dignité.

Dès lundi, dans les hôpitaux, les administrations et les entreprises, les uniformes de travail se sont parés d’un ruban noir, discret signe de deuil. A l’heure de la médiatisation ordinaire, je m’amuse d’ailleurs de voir mes jeunes collègues s’échanger sur Facebook des DIY de nœuds funéraires…

DIY - Ruban de deuil pour le Roi de Thailande

Sources: Photo Facebook

Pendant la période du deuil, nombreux événements et manifestations seront annulés.

Le quotidien a néanmoins repris son cours. Le week-end dernier, nous avons parcouru les stands d’un marché chinois à Chachoengsao. Les échoppes avaient toutes rouvert –il faut bien vivre-, et le chaland était de retour –il faut bien manger. Mais tous étaient habillés en noir, en blanc, ou en noir et blanc. Et dans les discussions des commères prédominait toujours un ton feutré de tristesse.

Marche chinois de Chachoengsao apres la mort du Roi de Thailande

Je voulais clore mon billet sur cette photo d’un cycliste, se recueillant devant le portrait du défunt Roi Bhumibol Adulyadej. J’aime la façon dont y sont illustrés la complexité et les paradoxes de la société thaïe. Si ce jeune homme s’agenouille dans un geste traditionnel de respect, en arrière-plan on devine les buildings de la ville contemporaine. S’il porte le deuil, si son chagrin est palpable, la vie poursuit son cours, et ce moment de prières est intégré à l’un de ses déplacements a vélo. S’il s’incline devant le portrait du feu souverain, symbole des institutions d’une monarchie séculaire, il a tout de l’apparence d’un homme moderne, Thaï, mais aussi citoyen de la mondialisation. C’est là toute la richesse de la Thaïlande d’aujourd’hui.

Un cycliste se recueille devant le portrait du defunt Roi Bhumibol

Sources

 

Note

Il n’y a aucune prise de parti politique dans ce billet. Je ne prends d’ailleurs jamais parti concernant la politique intérieure d’un Etat qui n’est pas le mien. Aujourd’hui, je souhaite seulement partager avec vous un peu de la peine qui étreint nombre de nos amis thaïs. Nous partageons leur tristesse.

Tout commentaire à caractère politique sera supprimé.

 

Poilades et tracas de la saison des pluies

Chez nous en Thaïlande c’est le pic de la saison humide. Pendant deux mois, elle nous offre presque quotidiennement de vraies belles pluies de compétition! Au premier orage, l’eau monte si vite qu’elle transforme en un clin d’œil les rues animées en rivières grondantes. La végétation vivace et luxuriante remplace les herbes jaunes et sèches du printemps. Et l’herbe croît si vite que les jardiniers ont bien du mal à tenir le rythme! Voici par exemple le champ face à ma fenêtre, deux semaines après le dernier passage du tracteur-tondeuse:

Vegetation pendant la saison des pluies - Thailande

Je commence par vous raconter ma vie. Allez, ca me fait plaisir!… Mais si vous cherchez des infos plus factuelles pour préparer un voyage en Thaïlande vous pouvez sauter à la fin de l’article. (Je ne le prendrai pas mal.)

 

« Que d’eau, que d’eau » comme disait le très inspiré président Mac Mahon

Dans la Thaïlande rurale, les anciens étaient malins: ils bâtissaient sur pilotis. Les habitations étaient ainsi protégées des nuisibles et des crues soudaines. En revanche, effet de mode ou effet de coût, les quartiers urbains et périurbains ont principalement été construits dans des styles occidentaux. Pire encore, de nombreuses zones industrielles et parfois résidentielles ont été développées sur des marécages. Du coup, tout de suite, ça inonde vite!

D’inondations, en coupures d’électricité, en routes bloquées, la saison des pluies désorganise le quotidien. C’est parfois irritant. Mais comme en France par temps de neige, il y a aussi un peu d’inattendu et d’excitation pas tout à fait désagréables. Ce sont des jours où tout le monde y va de sa photo sur Facebook et Instagram. Qui les pieds dans l eau, le portail dans l’eau, le scooter dans l’eau, la voiture dans l’eau…

Facebook public de Firzty Shawatida Kuptawatin

Bon, on arrive avec deux heures de retard au bureau. Et on sait qu’il nous faudra cinq heures pour rentrer le soir. Mais c’est l’occasion de discuter à celui qui aura la plus longue (de route) la plus profonde (de flaque) ou la plus mouillée (de maison).

Pour changer un peu, je vous fais un « top » de mes contrariétés et de mes petits plaisirs, par ces temps humides…

 

Top 1 – J’aime pas – Avoir des enfants exécrables

L’humidité oscille entre 80% et 90%. La température avoisine les 35 degrés. Il pleut chaque jour. Et certaines années, on ne voit pas le soleil de deux semaines entières. Nécessairement, les sorties des enfants sont limitées au strict minimum. Et, ca tape un peu sur les nerfs quand on a cinq ans et qu’on a envie de faire un foot avec les copains. Soyons clairs, ce n’est pas le moment ou les enfants sont les plus adorables!

 

Top 1 – J’aime – Courir dans les flaques

C’est presque inavouable mais un bel orage tropical me redonne toujours une âme d’enfant. Il m’est difficile de résister au plaisir de courir sous la pluie chaude et de sauter à pieds joints dans les trous d’eau!

J’ai encore succombé ce week-end, moitié par délice, moitié par nécessité car on était en retard… et vu le regard médusé des gardes qui m’observaient, j’imagine que ma satisfaction était plutôt visible.

Inondations - Saison des pluies en Thailande

 

Top 2 – J’aime pas – Sentir le moisi

Avec des niveaux d’humidité qui battent tous les records, impossible de faire sécher le linge! On laisse tomber les langes et les couches lavables de Miss-Trois, on reporte les lessives, on relave ce qui sent vraiment trop mauvais et parfois même, on est bien obligé de porter ce qui sent juste un peu le moisi…

 

Top 2 – J’aime – Faire de belles photos d’inondations

L’eau est montée de cinquante centimètres en une dizaine de minutes… Les policiers ont de l’eau jusqu’au genou, les piétons s’emballent dans des sacs poubelle, les pick-up s’arrêtent sous les ponts des autoroutes pour protéger leur marchandise, et on ne voit plus les roues des scooters… Photographier les inondations devient presque un sport national, en saison humide!

 

Top 3 – J’aime pas – Se doucher à l’eau froide

« Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle » (vous aurez reconnu Baudelaire) pendant des jours et des jours, le chauffe-eau solaire est bien en peine de faire quoi que ce soit pour me rendre service. Inutile, il me contemple d’un air abruti, tandis que je me lave à l’eau froide.

Inondations - Saison des pluies en Thailande

Source

 

Top 3 – J’aime – Pêcher des poissons en pleine rue

L’usine de Papa-Tout-Terrain est contiguë à une grosse ferme piscicole… Une crue ayant fait déborder les bassins d’élevage, les poissons se sont fait la malle… pour se retrouver à nager en pleine rue! A l’heure de la débauche, les ouvriers n’avaient alors plus qu’à se pencher pour rapporter chez eux leur diner. Et je n’exagère pas: ce n’est pas un, mais plusieurs « pêcheurs » que Papa-Tout-Terrain a vu agir de la sorte!

Dans le même ordre d’idées, notre région compte de nombreux élevages de crocodiles. Crocodiles qui n’hésitent pas non plus à s’échapper, à la faveur d’inondations. Les journaux en tous cas relaient régulièrement de tels épisodes.

 

Top 4 – J’aime pas – Faire des cauchemars

Mes cauchemars sont le résultat de la conjonction de plusieurs facteurs. D’une part, pendant les orages, l’eau peut monter très vite, et par surprise. D’autre part, les égouts et autres marais thaïlandais grouillent de varans, ces bestioles préhistoriques qui ressemblent à des lézards hauts sur pattes, mais qui peuvent faire jusqu’à trois mètre de long et tuer une vache.

Bref, je me vois seule, dans la voiture. Soudain, l’eau monte si vite, et sans alerte préalable, au point que je me vois quitter mon véhicule pour plonger dans des eaux noires peuplées des varans les plus gros et les plus dégoutants que j’aie eu à rencontrer. A chaque fois que je prends le volant, et durant toute la saison humide, j’en ai des sueurs froides!

Varan - Thailande

 

Top 4 – J’aime – Renforcer la foi en les divinités compétentes

C’est l’histoire de l’usine d’à cote de la mienne, qui est inondée chaque semaine, en cette saison. Arrêt des lignes, retards, problèmes de qualité… la direction est bien embêtée.

Heureusement, cette année, la parade a été trouvée: un autel à destination de Bouddha a été élève, a l’entrée des bâtiments. Il parait que cette protection leur permettra désormais d’échapper a toute crue intempestive. Je suis peut être trop rationnelle, mais personnellement, j’aurais plutôt investi sur des tranchées.

 

Top 5 – J’aime pas – Risquer de rencontrer des serpents nageurs

Le département des Ressources Humaines a diffusé des conseils de prudence à l’intention des employés de l’usine… j’apprends à cette occasion qu’il est recommandé de se promener en pantalon et chaussures de sécurité dans les zones inondées. En effet, les crues font sortir de leurs trous les serpents, qui n’hésitent alors pas à nager dans les eaux pluviales pour se sauver. (Saviez vous que les serpents nageaient?)

 

Top 5 – J’aime – Voir qu’on est tous à égalité devant une crue

Parfois, je ne suis pas très charitable, voire un peu mesquine. J’avoue tout: j’ai eu un fugace sentiment de satisfaction amusée l’autre jour, en voyant deux nénettes en costume Chanel, qui venaient de noyer le moteur de leur Porsche sous un mètre d’eau. Comme quoi, il y a une justice quand on n’a pas la moindre jugeote: si le 4×4 de devant s’est arrêté car l’eau était trop profonde, il y avait peu de chance que la Porsche se mette à nager!

(Oui, c’est mesquin, je vous l’avais dit.)

 

Top 6 – J’aime pas – Voguer en voiture

L’histoire est arrivée à Papa-Tout-Terrain lors de notre première saison humide en Thaïlande. Ce jour-là, la pluie avait arrêté le trafic. Chacun dans son véhicule attendait la décrue. L’eau arrivait au niveau du bas de caisse de notre berline.

Quand soudain, surgit de nulle part un camion énorme aux roues immenses. Ainsi équipé, le chauffeur peut, sans risque, fendre l’étendue liquide. D’un bon coup d’accélérateur, il traverse donc la zone quasi-lacustre, générant par là-même une énorme vague.

Pendant de longues secondes, Papa-Tout-Terrain a ainsi littéralement vogué sur l’eau, bien cramponné à son volant. J’imagine la sensation très rassurante!

Inondations - Saison des pluies en Thailande

 

Top 6 – J’aime – Apprendre à conduire dans l’eau

J’ai pas eu le choix, j’ai appris à conduire dans l’eau. La première fois j’ai (presque) fermé les yeux et appuyé le plus fort possible sur l’accélérateur. J’ai fort heureusement réussi à surmonter l’obstacle. Mais je me suis fait un peu gronder par Papa-Tout-Terrain, aussi. Il paraît que j’aurais pu noyer mon moteur. Je ne le savais pas, moi! Depuis, j’ai appris qu’il faut aller lentement, mais ne pas freiner et surtout ne pas s’arrêter. Pourquoi on ne nous enseigne pas ça, à l’auto-école?

 

Top 7 – J’aime pas – Voir tourner mes sauces

J’ai voulu faire des mini-gougères. Ne sont ressorties du four que de petites crottes plates et dures. La pâte à choux n’aime pas l’humidité. Et les meringues, ce n’est pas mieux! Impossibles à cuire, elles restent désespérément momolles et collent aux doigts. On ne peut même plus cuisiner ce qu’on veut!

 

Top 7 – J’aime – Faire des gerbes d’eau en roulant

A la faveur d’orages fulgurants, l’eau monte vite sur les chaussées. En pleine campagne, c’est l’occasion rêvée pour fendre les flaques en voiture et faire s’élever d’immenses gerbes d’eau sur les bas-côtés: « Pfffffffitttt!!!… » A l’arrière, on entend les applaudissements et les rires cristallins des enfants: « Papa, encore une flaque, encore une flaque! »

Inondations - Saison des pluies en Thailande

Source

 

Top 8 – J’aime pas – La saison de toutes les cochonneries

Merci l’humidité: la saison des pluies est celle où prolifèrent les moustiques, et où explosent les épidémies de dengue. C’est aussi le temps des grippes qui vont et viennent sans qu’on en voie jamais le bout. Difficile de maintenir un environnement sain avec une telle moiteur!

 

Top 8 – J’aime – Faire croire aux enfants qu’ils sont responsables du mauvais temps

Allez je le dénonce… Papa-Tout-Terrain a expliqué aux enfants que leurs mauvais comportements déclenchaient irrémédiablement de violents orages, avec d’importants risques de coupures d’électricité, leur bête noire. Qu’ils crient, frappent ou se mettent en colère, sitôt la tempête menace… Alors certes, mentir aux enfants, c’est mal. Mais pour ramener le calme en deux temps trois mouvements, il n’y a rien de plus efficace!

Amis voyageurs…

On ne va pas se mentir, la Thaïlande reste plus agréable en dehors de la saison des pluies. On m’a demandé plusieurs fois s’il était pour autant impensable d’y voyager à ces moments-là. Je ne serai pas formelle à ce sujet. Si l’on est conscient des limites intrinsèques à la saison humide, il peut aussi être agréable de voyager en saison basse, à condition d’adapter correctement son itinéraire et de prévoir, au besoin, des solutions alternatives.

 

Les avantages à voyager pendant la saison humide…

  • La saison des pluies est naturellement la saison basse, touristiquement parlant: les attractions et sites sont donc moins fréquentés, les prix sont plus intéressants, et les disponibilités plus importantes, au niveau du parc hôtelier.
  • Bien souvent, une partie de la journée sera tout de même ensoleillée, malgré la mousson. Malheureusement, ce n’est pas systématique non plus, et il arrive de passer de longs jours dans la grisaille.
  • Quoi qu’il en soit, même s’il fait gris, il fera bon. Venant de l’automne frissonnant des zones tempérées, vous ne pourrez être qu’agréablement surpris par les douces températures qui réchaufferont vos (vieux) os.

Vegetation pendant la saison des pluies - Thailande

 

Limites et risques inhérents à la saison des pluies:

  • S’il pleut à Bangkok, vous trouverez facilement une activité de repli dans un musée ou un centre commercial. Méfiez-vous en revanche des zones exclusivement balnéaires où une pluie violente interrompt généralement l’ensemble des distractions.
  • Pendant la saison humide, les moustiques se multiplient. Il est particulièrement important de s’en protéger convenablement pour éviter de graves maladies (dengue, dengue hémorragique, encéphalite japonaise en milieu rural et paludisme dans certaines zones frontalières)
  • Si vous venez pour la chaleur, vous êtes sûr d’en avoir. Si vous venez pour le soleil, personne ne peut en revanche vous garantir que vous rentrerez bronzé.
  • Dans certaines zones comme Koh Lanta, une partie du parc hôtelier ainsi que certaines attractions gardent porte close durant la saison des pluies. Les choix restreints d’activités risquent de rendre les jours pluvieux encore plus monotones.

 

Où aller et quelles zones éviter?

Lorsqu’on planifie son voyage, l’idéal est de vérifier le niveau des précipitations par zone géographique, en fonction des dates retenues pour son séjour.

Precipitations par zone geographique - Thailande

Source

  • Pour ne pas prendre de risques inutiles, évitez les treks en saison humide, en particulier dans la région de Chiang Mai, car la jungle y est alors beaucoup trop humide et dangereuse. Ne faites pas confiance à des agences qui vous proposeraient de telles excursions à cette époque de l’année.
  • Il est déconseillé de prendre le bateau durant la saison des pluies: la mer est imprévisible et devient facilement dangereuse (dixit mes collègues thaïs).
  • Dans certaines zones insulaires du sud ouest de la Thaïlande, la mer est trop troublée, durant la saison humide, pour permettre la plongée sous-marine.

 

Comment s’organiser?

  • Si vous voyagez pendant la saison des pluies, réservez-vous une importante souplesse par rapport au planning et au circuit d’origine. Rien ne vous empêchera ainsi de changer d’itinéraire à la dernière minute, si la météo vous l’impose!
  • Profitez des avantages de la basse saison en réservant les hôtels à la dernière minute. Vous serez assez libre de votre itinéraire et pourrez sûrement découvrir quelques perles! Méfiez vous tout de même des zones les plus touristiques et soyez prévoyant lors des jours fériés thaïs pendant lesquels les locaux partent volontiers.
  • Si vous voyagez avec des enfants, gardez flexible au maximum l’organisation de vos journées. Vous pourrez ainsi dédier les moments pluvieux aux siestes ou aux activités calmes.

 

Gourmandise de grossesse: le durian

Connaissez-vous le durian, ce fruit à la peau hérissée de piquants? Il sent mauvais? Ouvrez le plutôt pour découvrir, multipliée par mille, son odeur infecte au-delà de l’imaginable!… Vous discernerez alors une chair douceâtre, molle et nauséabonde, dont raffolent les asiatiques… Les présentations sont faites: vous connaissez maintenant ma meilleure gourmandise de grossesse!

Si vous ne connaissez pas mais que d’aventure l’on vous en offre, fuyez à toute jambes! Car concrètement, le durian empeste tellement qu’il est interdit dans de nombreux lieux publics, dans la plupart des hôtels, et même dans l’usine de Papa-Tout-Terrain, sous peine de grosses amendes. Pire, de l’avis du néophyte, c’est à peine si la fétidité du bouquet du durian égale son goût pestilentiel!

Paniers de durian

Bienvenue à tous, donc, dans cette nouvelle aventure parfumée!

 

Une odeur fétide

J’ai découvert le durian en arrivant à Shanghai. Dans tous les marchés et les supermarchés régnait une odeur infecte que j’ai longtemps associée à des problématiques de conservation de la nourriture. Au bout de deux ou trois ans, peut-être, j’ai appris que ce fumet était uniquement le fait des durians, exposés au rayon des fruits.

Le durian est lourd et piquant

Visuellement, il ne m’était d’ailleurs jamais venu à l’idée de faire l’acquisition de l’une de ces grosses bestioles. Hérissée de milliers de piques, je n’avais pas la moindre idée de comment la prendre en main, encore moins de comment l’ouvrir. Enorme et pesante, j’imaginais qu’il me faudrait plusieurs semaines –ou une famille très très nombreuse- pour en venir à bout.

 

Première tentative

C’est à l’occasion de la venue de mon Papa en Chine, pour la naissance de Petit-Deux, que nous nous sommes fixés le défi de goûter du durian. Vous noterez que je ne suis pas la seule aventurière dans la famille!

En grande pompe, nous avons donc choisi l’objet de notre crime. Jaune et puant à souhait, sur les recommandations du vendeur. C’est sur le balcon que nous avons procédé, religieusement, à notre toute première dégustation. Et ça ne nous a pas plu. Du tout. J’en ai détesté le goût, épouvantablement écœurant. On a foncé se brosser les dents. Et on s’est débarrassé du reste dans une poubelle de la rue, rapport à l’odeur putride qu’il dégageait.

Nombreux sont ceux qui partagent mon dégoût. Voyez plutôt les réflexions qu’évoque le durian aux critiques culinaires australiens:

Quelques citations relatives au durian

Source: Durian: love it or hate it, is this the world’s most divisive fruit? – The Guardian

 

De la deuxième tentative au début d’une passion

Deux ou trois ans plus tard, en Thaïlande, sur une plage, un vendeur de rue nous propose du durian. Je n’aime pas m’avouer vaincue et d’habitude j’aime tout, sauf la viande reconstituée (Faut pas abuser!). Je retente. Ce n’est pas un amour passionnel, mais ça se mange. Ce n’est pas bon, c’est correct.

A posteriori, ce n’était pas un « bon » durian, d’ailleurs: pas assez mûr, pas assez mou, et pas assez puant. Mais il m’a remis sur les rails de la gourmandise! J’en garderai un souvenir ému!

Durian ouvert

Le durian et moi-même, ainsi réconciliés, cohabitions en assez bon termes, sans passion mais sans dégoût, jusqu’à ce que je sois enceinte de Petit-Trois. Sujette à des nausées perpétuelles et récurrentes, j’ai soudain eu une irrépressible envie de durian, en guise de remède. Eh bien j’ai trouvé ça bon. Très bon. Excellent! Et j’en ai revoulu!

Au début, Petit-Deux m’a reniflé d’un air soupçonneux et m’a même envoyé une fois me laver les dents. Apres avoir reculé plusieurs fois devant l’odeur fétide du durian, il s’est finalement lancé à son tour, a goûté et a adoré! J’ai depuis peu le plaisir de partager ce péché mignon avec lui! Nous nous organisons désormais de mini festins à quatre mains, chacun entamant une extrémité du fruit, jusqu’à nous rejoindre vers les zones centrales les plus crémeuses!

 

Ma nouvelle passion: un châtiment pour toute une famille!

Papa-Tout-Terrain, en revanche, ne partage pas notre passion. Loin de là. Mais comme décidément il n’a aucun défaut, lui qui courait me chercher des fraises quand j’attendais Petit-Un et Petit-Deux me rapporte désormais du durian, à chaque fois qu’il en a l’occasion! Il est tellement attentionné qu’il a même questionné ses collègues pour savoir où se procurer les meilleurs fruits… et que ses collègues me font maintenant parvenir ces régals aux arômes les plus délicats.

Degustation de durian

Le dévouement de Papa-Tout-Terrain ne s’arrête pas là. Parce qu’après il y a l’odeur. Ma nounou m’avait expliqué que son époux l’envoyait manger ses durians dehors… Et bien Papa-Tout-Terrain, au contraire, m’invite à sa table et m’encourage à me régaler à ses côtés, pour plus de confort et de convivialité!

Je ne me suis pas contentée d’empuantir cuisine, d’ailleurs, puisque j’ai aussi pourri l’atmosphère du frigo, malgré mes précautions: boîte, re-boîte et sur-boîte. Papa-Tout-Terrain s’est contenté de sourire gentiment: « Ne t’inquiète pas, ils se conserveront mieux comme ça! »… Pendant ce temps, j’évite juste de croiser le regard de notre nounou quand j’ouvre le frigo… parce que si elle ne dit rien, je crois bien qu’elle n’en pense pas moins!

 

Mythes et légendes autour du durian

Qu’on aime ou pas, je trouve amusant de voir combien le durian nourrit les fantasmes des populations asiatiques. On trouve à son sujet une vaste littérature d’interdits, de mises en gardes et de recommandations.

Premier lieu commun: le durian tueur. Les faits sont contestés, mais il semble que quelques amateurs obèses, cardiaques, diabétique et souffrant d’hypertension serait morts d’infarctus, après d’ingestion de plusieurs kilos de durian. On va considérer que ceux-ci avaient possiblement pris des risques mal maîtrisés. Cependant, sur Internet, des conseils fleurissent pour échapper au pire: ne pas manger de durian en même temps que de l’alcool, de la bière ou du coca, éviter son association avec du lait ou des aubergines (!)…

Autre conseil récurrent: dans la tradition asiatique, le durian est une nourriture dite « chaude ». Mangée en grande quantité, elle déséquilibre les flux corporels. On recommande alors de consommer le durian en alternance avec le mangoustan, un autre fruit considéré quant à lui comme une nourriture « froide ».

Preparation du durian

Enfin, un mythe persistant circule, selon lequel le durian aurait des effets aphrodisiaques notoires. Des chercheurs Indiens l’auraient même démontré en nourrissant des souris de durian pendant deux semaines. D’autres chercheurs clament à l’effet psychologique. A titre personnel, je n’ai pas constaté d’effet particulier, ni dans un sens, ni dans l’autre. Pour les plus sensés cependant, ceci n’est que légende urbaine. Rien n’aurait été prouvé scientifiquement.

Ce qui est certain en revanche, c’est qu’à la pleine saison, les amateurs dégustent le durian en quantités bien déraisonnables, comme en témoigne par exemple la folie des « durian eating contests« , organisés un peu partout en Asie. Il est finalement fort à parier que les conséquences sur la santé des gourmands soient à la mesure de leurs abus… Pour notre part, nous saurons raison garder et nous contenterons de dégustation en gourmets!

 

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Top 5 du snacking improbable en Thaïlande


En Thaïlande, le grignotage est une institution sociale.

Au bureau, ça commence dès le moment du petit déjeuner. L’on apporte de petites douceurs à partager avec ses collègues, pour maintenir les bonnes relations. L’on en laisse aussi quelques-unes sur le bureau du chef parce que c’est le chef. Apres la pause repas de midi, quelques collègues se désignent souvent pour éplucher des plateaux de fruits qui circuleront dans le bureau. Puis, dès trois heures, on ressort de petits encas. On ne va quand même pas risquer la fringale…

Le soir, on dîne tôt, voire très tôt. Puis l’on grignote encore des fruits ou de petits snacks, en famille ou entre amis, en regardant la télé ou en papotant. Le week-end, le snacking est aussi de toutes les sorties. Le moindre marché regorge de savoureux appels à la gourmandise. L’on achète quelques sachets pour la route et l’on s’équipe solidement pour la semaine. Le soir venu, les marchés de nuit ne sont pas de reste! Les marchands ambulants y modèlent sous les yeux du chaland des sucreries colorées et surprenantes, qui attirent tant par l’odorat que la vue. Bref, on ne se laisse pas aller!

Sauf qu’en plus des trucs « normaux », les Thaïs ont développé un goût particulier pour des snacks un peu suspects aux yeux des estomacs occidentaux… et qu’ils prennent un malin plaisir à les faire goûter à leurs potes étrangers, bien sûr! En tant que cobaye aguerri, voici mon petit top des douceurs insolites que l’on consommer volontiers au pays du sourire.

Etalage d'insectes sur un marche

Si les Thaïs en raffolent, soulignons que ces encas ne sont pas thaï uniquement. On les retrouve pour la plupart dans de nombreux autres pays d’Asie, avec des assaisonnements propres aux goûts locaux –soit par exemple, le chili XXL pour la Thaïlande!

 

Top 5 – Les cacahuètes épicées aux anchois

Je me suis en fait « auto-cobayé » pour celui-là! Et ça n’a pas été une totale réussite. Un après-midi paisible au bureau, j’ai soudain été prise d’une petite faim irrépressible de grossesse. Pas de soucis: la plupart des usines ont une épicerie pleine de snacks, rapport aux fringales fréquentes des ouvriers. Dans mon entreprise, une partie de notre salaire est même versée en tickets pour la cantine et l’épicerie. Et si l’on bosse bien, on gagne des tickets supplémentaires.

Rapport à mes nausées, je cherchais un truc bien salé et bien épicé, quand j’avise un paquet de cacahuètes aux piments et aux anchois. Ok, il faut être enceinte pour tripper sur un snack comme ça, mais ça m’a fait drôlement envie. En piochant négligemment dans le sachet, je retourne à mes tableaux Excel… Pas pour bien longtemps! Ce n’était pas de vagues piments mais des piments nucléaires. Ils m’ont fait tellement pleurer que je me suis planquée sous mon bureau le temps que ça passe! Et même qu’il y a un mec qui est entré à ce moment-là, que je me suis fait toute petite et que je n’ai pas bougé, que j’ai vachement flippe qu’il me trouve, jusqu’à ce que je voie avec soulagement ses chaussures de sécurité s’éloigner. Quant aux anchois – excessivement durs, au demeurant- ils n’ont franchement rien arrangé à mes nausées!

 

Top 4 – Les algues séchées

Certes, manger de l’algue séchée a quelque chose de surprenant… Mais détrompez-vous, c’est vraiment super bon! Il y a des modèles de base, qui ressemblent aux feuilles dans lesquelles on enroule les sushis, mais aussi des modèles bien plus élaborés, avec des algues grillées ou frites, et des arômes « piment », « barbecue » ou même « fromage ». Je n’ai d’ailleurs pas testé l’algue goût fromage… il faudra que j’essaye! Elles sont commercialisées sous forme de grandes feuilles, de petites feuilles ou même de rouleaux.

Algues

Au départ, l’algue séchée est certainement bien plus japonaise que thaï, mais cet encas a aujourd’hui envahi toute l’Asie. Chose étonnante, Petit-Un, qui a de très importantes phobies alimentaires, adore ces algues: c’est même le seul végétal qu’il ingère, avec la tomate du ketchup!

 

Top 3 – Le poisson séché

Il est huit heures du matin. Je vais commencer le « team briefing » et une petite admin toute mignonne me tend un grand sachet de calamars séchés, parfumés au miel. Là, ça dépend des jours. Il y a des jours où je ne peux pas. La poiscaille séchée à jeun, c’est dur, quand même! Mais parfois je me laisse tenter.

Sur le principe, ce n’est pas mauvais, le poisson séché. D’autant qu’il y en a pour tous les goûts. Il y a du poisson, du calamar, parfois du crabe. Il y a de l’industriel, avec une chair régulière et passée à la moulinette. Il y a de la production locale, qu’on voit sécher au soleil, aux alentours des ports de pêche: dans ceux-là, il reste souvent les arrêtes, mais ça peut aussi se manger, et ça croustille, même si c’est un peu étouffe-chrétien. Il y en a au goût salé, au goût nature, au goût de miel, au goût barbecue…

Poisson seche

Le long des autoroutes, dans les marchés locaux, l’on peut voir des étalages linéaires de ces gourmandises, que l’on achète au poids. Cela fait de très beaux éventaires! Mes préférences vont généralement aux productions « maison », au goût nature ou salé, mais sans arrêtes. Il faut donc se tourner plutôt en direction de gros poissons ou de calamars… Avis aux amateurs!

 

Top 2 – Les chips de graisse de porc

Pour préparer ce billet, j’ai eu un long débat hier avec deux collègues de mon usine (qui n’est pas une usine de chips de graisse de porc). Ils n’ont pas réussi à se mettre tout à fait d’accord sur le mode de préparation exacte de ces « chips ». Pour Sawannee, la directrice de production, il s’agit de peau de porc frite à l’huile. Pour Nattapong, le directeur achat, c’est de la graisse de porc « re-frite ». Les deux en revanche se sont accordés sur le fait que c’était très calorique. Je n’avais d’ailleurs aucun doute sur ce point!

Chips de gras de porc

Quoi qu’il en soit, c’est bon! Toujours pas pour le petit déjeuner, je m’entends. Mais ça, ça se consomme plutôt en accompagnement d’une bière fraiche ou d’un whisky à l’eau gazeuse (beurk), et franchement, c’est le pied! Vivement que je puisse picoler à nouveau!

 

Top 1 – Insectes variés

J’ai gardé en Top 1 les insectes, parce que je me suis doutée qu’ils feraient particulièrement plaisir à Grand-Tatie-Tout-Terrain. Oui, bon, ne faites pas les étonnés, parce que tout le monde sait bien qu’on mange des insectes en Thaïlande! On n’a pas encore goûté de toutes les sortes, mais je commence tout de même à avoir testé une petite palette. Papa-Tout-Terrain un peu moins: il est un poil pusillanime en la matière.

Insectes Frits - Delicieux

Ce que j’aime bien, c’est les insectes frits et salés. Bien frits, ils craquent sous la dent et font un peu chips! Les petits vers blancs jaunâtres, avec des mini pattes, sur la photo, étaient par exemple succulents. En Chine, j’avais aussi mangé des larves de vers à soie cuites à la vapeur, qui m’avaient fait le meilleur effet. Mais globalement, méfiez-vous des cuissons hors friture, parce qu’un insecte bouilli et mollasson, c’est tout de même moins ragoûtant!

Ce que j’aime nettement moins, outre les insectes bouillis, c’est les insectes pas assez salés. Imaginez-vous qu’on vous serve un plat de chips sans sel a l’apéro… ben ça ne donne pas très envie d’y retourner! Et même si parfois ils sont agréablement épicés, vraiment sans sel, ça ne me suffit pas!

Insectes avec des pattes qui se coincent dans les gencives

Ce que je n’aime pas du tout, pour finir, c’est les insectes avec de grosses pattes crantées. J’imagine que quand t’es insecte, ça doit être pratique pour t’accrocher. Mais quand tu deviens insecte frit, ça t’accroche sur les gencives de ton consommateur ou pire, sous ses gencives ou dans le fond de sa gorge. Ça peut devenir super dur à avaler et du coup, pas agréable du tout! A posteriori, je me dis qu’il faudrait peut-être que j’enlève les pattes, mais mes collègues mangeaient tout, donc je n’y ai pas pensé… Bon, à réessayer!

 

Cobaye: une vocation!

Pour l’anecdote, au fil du temps, j’ai acquis une réputation toute particulière au bureau, en incarnant l’étrangère qui accepte de tout goûter. (Voyez plutôt la photo des douceurs que mes collègues ont gentiment prépare sur mon bureau.) Ce doit être lié à mon gout prononcé pour l’inconnu, car j’ai parfois fait des découvertes pour le moins déroutantes. Du reste, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous mon « top 1 ex-aequo », que je n’ai malheureusement pas pu intégrer dans cette liste, parce que je n’en connais pas le nom, que je ne l’ai pas pris en photo, et que j’ai même perdu de vue la collègue qui me l’a fait essayer…

Mon bureau et les gourmandises de mes collegues

Bref, c’était il y a deux ans, vers cinq heure, l’heure où l’on partage les goûters avant de démarrer les heures supp’. Une collègue un peu âgée, style mamie, m’apporte une feuille de bananier délicatement pliée, et qui contient une préparation d’ordre alimentaire, comme c’est souvent le cas en Thaïlande. J’ouvre. C’est rose tacheté de blanc. Et ça sent fort l’ail. Je goute. Ca a effectivement un goût d’ail très très prononcé, et aussi, c’est atrocement piquant.

Je me renseigne. Notez bien que je me renseigne toujours dans un second temps, histoire de ne pas être découragée a priori. Il s’agissait donc d’une saucisse maison, faite de viande de porc crue, marinée dans de l’alcool, et parfumée de piments et d’ail. Même en sachant ce que c’est, je n’ai pas trouvé pas si mauvais… mais vraiment très très aillé. J’ai sans doute ingéré ce jour-là deux ou trois gousse d’ail et n’ai plus osé ouvrir la bouche de la soirée. Mais j’ai aussi compris d’où venait l’odeur prégnante qui flottait parfois dans le bureau dès le petit matin…

 

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P’Kung’s Wedding

There was a very special day last week-end: P’Kung’s wedding day! I had known P’Kung since last year, when she joined our « Customer Service » team. Together, we went through hardships and also met great successes. But most importantly, at all times, P’Kung had brightened our team’s atmosphere with her nice smile and her great kindness. I was really happy to know P’Kung was about to get married and even happier to be invited to join, for this very special day. This was the first time we were invited to a traditional Thai wedding!

It seems that wedding ceremonies are traditionally organized in the brides’ hometowns. That is why P’Kung was going to get married in Nakhon Ratchasima. This was good news for us: apart from its capital, we like this region a lot for its nice landscape, its fascinating history and cultural heritage, as well as for its handicrafts.

P’Kung and her future husband recently had a traditional Thai house built there, around which wedding party had been planned. Wedding ceremony by itself would mainly be organized inside the house. Related activities such as meals, music and dancing would be arranged in the nearby garden.

It is the beginning of rainy season. Luckily the sun is shining for P’Kung’s big day! The night before, a huge thunderstorm has washed away all clouds and nicely refreshed atmosphere. The ground is just a little muddy, so we are invited to wear casual shoes, which makes us feel comfortable immediately.

Mariage Traditionnel Thai - Les maries et l'equipe du Customer Service

I am really happy to see again the whole « Customer Service » team! Everyone from the team is wearing matching Thai traditional clothes. How beautiful they are! With a great kindness, Noon will guide us during all wedding activities and explain for us the different steps of the traditional ceremony, in Thailand. On the very morning, she says, the groom came to the bride’s house, and had to cross a symbolic fence of braided flowers hold by guests, keeping him away from his future wife.

We are led to the newlyweds’ bedroom. Inside, P’Kung and P’O’s house is bright and new and really pleasant. Rooms are spacious and sunny. And very busy too. Family, friends and neighbors are there to congratulate and praise the couple. The living-room has been dedicated to receive foods and offerings brought earlier to the bride and groom, in procession. It looks like we missed the beginning of ceremonies…

Our children are in very good hands. My nice colleagues help them taking off their shoes and climbing up the stairs. Surrounded with so many beautiful young ladies, our boys look really happy, though somehow impressed.

Mariage Traditionnel Thai - les enfants sont bien entoures

At last, we meet up with P’Kung. She is a beautiful bride, in her traditional golden dress! Even more, she radiates happiness. On her forehead, three dots have been drawn as a blessing, with a paste of powder and water. We are both pregnant of around the same term, and pregnancy really suits P’Kung. Since early in the morning, Little-Two has been expecting to see the bride. All the way, he could not help speaking about her (and we all know that Little-Two can talk a lot…)… but, still, I am quite surprised to see him jump on P’Kung’s lap and kiss her on both cheeks!

Petit-Deux embrasse la mariee

It is the first time I meet with P’O, the groom. Kindness and serenity are radiating from his face. I like him immediately. I wish him the greatest happiness, for himself and his family. In the meanwhile, Little-One is very busy taking pictures with my pretty colleagues. After usual congratulations and blessings, wedding ceremony is carried on under the house, in an open space where traditional wedding scenery has been arranged.

The newlyweds are seated in front of their audience, the groom on the right side. They are crowned with white circlets, linked together with a thread representing bounds which shall attach them together forever, for the good and for the bad. Then, the groom fastens a gold necklace around the bride’s neck, symbolizing financial safety and stability he commits to bring to his future family.

Mariage Traditionnel Thai - Les maries

Then come the bride’s and the groom’s parents. They praise and bless the young couple, by pouring scented water on their hands, with a shell. They are followed by family, friends, neighbors and relatives, who will proceed to the same ritual. Noon explains us she will not join this ceremonial, as you must be older than the newlyweds to be allowed to.

Mariage Traditionnel Thai - On verse l'eau benite sur les mains des maries_1

I am getting a little tired. My colleagues kindly propose me to sit among older ladies from the assembly, with the boys by my side. Children have been placed close to a really big box, containing small gifts for guests. They are very excited to help unwrapping gifts from the box. In parallel, they hunt for bugs to give to Noon, who will gently keep collecting them with the greatest patience.

Mariage Traditionnel Thai - La ceremonie

It is our turn to give our blessing to the young couple. We carefully observe preceding guests, so as to avoid mistakes. I am going first, together with Little-One. The latter is responsible for carrying our wedding gift, in an envelope. One of my young colleagues provides us with a shell, full of scented water. Little-One enthusiastically grabs it and pours water… on flowers placed besides the groom. Everybody tries to restrain his laughter. Our second try, on the groom’s hands, is much better. And then comes the brides’. Our envelope is a little wet, but we did not do so badly, after all!

Mariage Traditionnel Thai - Felicitations aux maries

Then, we receive as a gift a lovely colorful towel, nicely wrapped in a glass, and decorated with a pretty bow. We will be happy to bring back home this cute souvenir from P’Kung’s wedding! After a few more pictures, wedding ceremony comes to an end. It is now time for sharing wedding meal together. Noon explains us that the bride and groom’s relatives have spent the whole night cooking. What a huge piece of work! But its result is superb! All dishes are excellent! A large glowing pink fish is particularly exquisite. I am very happy to get the chance and spend some more time with « Customer Service » team, sharing this great lunch. A few moments later, even P’Kung can join us! Almost everybody is here!

Le repas de mariage traditionnel Thai

Little-One has been hearing music playing for some time. He cannot wait to go dancing. Though his Dad has escorted his to the dance floor, he seems much more interested in my lovely colleagues –to which he will keep referring for all week-end! After a little while, he is even invited to join dancers and singers, on the stage! What a great experience!

Mariage Traditionnel Thai - Le bal

Wedding party is almost finished. As Noon explained us, traditional weddings in Thailand will take place in the morning. Tired with so many discoveries and nice encounters, our children need a nap, anyway. From our side, we have been really happy to join and share P’Kung and P’O’s joy. My husband has taken many great pictures, and we will keep really great memories of their wedding!

… After coming back home, the children could not help opening their towels-gifts… and loved them! They found them so soft and smooth that they now sleep together with them!

Thank you so much, P’Kung and P’O! We wish you the greatest happiness for your future family!

 


By exception, I wrote this article in both French and English, as a great thanks to P’Kung, her new husband, and all my great colleagues from « Customer Service » team! It was so good to see you all again! Thank you all for the really nice time we had together! Thank you!!!


To French Version – Article en français

 

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Le mariage de P’Kung

Ce week-end est un week-end spécial: celui du mariage de P’Kung. J’ai connu P’Kung l’année dernière, lorsqu’elle a rejoint notre équipe du « Customer Service ». Ensemble, nous avons traversé des difficultés, et connu de belles réussites. Par tout temps, P’Kung illuminait l’équipe de son sourire et de sa bienveillance. Aussi étais-je heureuse d’apprendre qu’elle allait se marier, et plus heureuse encore qu’elle nous invite à partager ce jour si spécial. C’était la première fois que nous étions invités à un mariage traditionnel en Thaïlande.

Il est semble-t-il de coutume d’organiser la cérémonie dans la région d’origine de la mariée. P’Kung s’est donc mariée à Nakhon Ratchasima. Ça tombe bien: en dehors de la capitale provinciale, c’est une région que nous aimons beaucoup: nous la trouvons très belle pour ses paysages, et très riche pour son histoire, sa culture et son artisanat.

Là-bas, P’Kung et son futur mari se sont fait construire une belle maison traditionnelle, autour de laquelle a lieu la fête. La cérémonie du mariage sera principalement organisée dans la maison. Les réjouissantes annexes, le repas, la musique et le bal auront lieu sous un chapiteau installé juste à côté.

C’est le début de la saison des pluies, mais par chance, le ciel nous épargnera durant les réjouissances. La veille en revanche, un énorme orage a délavé les environs, rafraîchi l’atmosphère et rendu boueux le terrain alentour. On nous invite donc à déambuler en tongs. Nous n’en n’avons pas, ce qui règle la question, mais nous nous sentons tout de suite à l’aise, devant la gentillesse conviviale de nos hôtes.

Mariage Traditionnel Thai - Les maries et l'equipe du Customer Service

Je retrouve avec grand plaisir toute l’équipe du « Customer Service ». Tous ont revêtu des costumes Thaï traditionnels et assortis. Comme ils sont beaux! Noon a la gentillesse de nous guider durant tout le mariage et de commenter les différentes étapes de la cérémonie traditionnelle. Elle nous explique que le matin même, le marié s’est rendu dans la maison de la mariée, et qu’il a symboliquement dû franchir une barrière de fleurs tressées, qui le séparait de sa future femme.

On nous conduit à l’entrée de la chambre des futurs époux. L’intérieur de la maison de P’Kung et P’O est très agréable: tout neuf et de bois blond. Les pièces sont grandes et lumineuses. Très occupées aussi. La famille, les amis et les voisins se pressent, nombreux, pour présenter leurs respects aux mariés. Une pièce a été organisée pour recevoir les offrandes de nourriture. Je crois que nous avons loupé le début de la cérémonie, pendant laquelle nourriture et cadeaux ont été apportés en procession au jeune couple.

Les enfants sont entre de très bonnes mains. Mes collègues les aident à retirer leurs chaussures, à grimper les escaliers. Entourés de tant de si jolies jeunes femmes, les garçons sont tout sourire, quoi qu’un peu impressionnés.

Mariage Traditionnel Thai - les enfants sont bien entoures

Nous retrouvons enfin P’Kung. Elle est une très belle mariée, dans sa robe traditionnelle dorée. Et surtout, elle rayonne. Trois points d’une pâte à base de talc ont été tracés sur son front, en guise de bénédiction. Comme moi, elle est enceinte et nos bébés arriveront à peu près en même temps. La grossesse lui va très bien! Depuis le matin, Petit-Deux attendait de voir enfin la mariée. Dans la voiture, il ne parlait que d’elle (on l’on sait tous qu’il peut parler beaucoup…). A ma grande surprise, il se jette dans ses bras et l’embrasse.

Petit-Deux embrasse la mariee

C’est la première fois que je rencontre le marié. Son visage respire la gentillesse et la sérénité. Il me plait bien. Je lui souhaite beaucoup de bonheur dans sa nouvelle famille. Pendant ce temps, Petit-Un est très occupé à se faire photographier au milieu de mes jolies collègues. Apres les félicitations d’usage, le mariage se poursuit sous la maison, un espace ouvert sur l’extérieur, et où a été installé le décor de la cérémonie.

Les futurs époux s’installent sur le devant de la scène, le marié à droite, comme c’est la tradition. Des couronnes blanches, reliées par un fil, sont déposées sur leurs têtes. Le lien symbolise leur attachement pour toujours, pour le meilleur et pour le pire. Au micro, les Papas des mariés se relaient pour remercier les invités et adresser leurs félicitations au jeune couple. Le marié attache ensuite au cou de son épouse un collier d’or, qui représente la sécurité financière et la stabilité qu’il apportera à sa nouvelle famille.

Mariage Traditionnel Thai - Les maries

Puis, les parents des époux bénissent tour à tour le jeune couple, en leur versant sur les mains de l’eau parfumée, à l’aide d’un coquillage. Ensuite viennent la famille, les voisins et les proches. Noon m’explique qu’elle ne pourra pas prendre part à cette partie de la cérémonie, car pour cela, il faut être plus âgé que les mariés.

Mariage Traditionnel Thai - On verse l'eau benite sur les mains des maries_1

Je fatigue un peu. Mes collègues me proposent gentiment de m’assoir au milieu des vieilles dames de l’assemblée. Les enfants sont installés à mes côtés, tout près d’un grand carton qui sert de réserve aux petits cadeaux destinés aux invités. Ils participent avec grand plaisir au déballage du carton, et en profitent pour réunir les insectes qu’ils trouvent et les offrir à Noon, qui les collectionne avec beaucoup de gentillesse.

Mariage Traditionnel Thai - La ceremonie

C’est notre tour de donner notre bénédiction aux jeunes époux. On regarde bien les invites qui nous précèdent, histoire de ne pas faire de bêtises. Petit-Un m’accompagne. Il est chargé de porter l’enveloppe qui contient notre cadeau de mariage. Une jeune collègue nous tend un coquillage plein d’eau. Dans l’enthousiasme, Petit-Un s’en empare… et arrose généreusement le bouquet de fleur placé sous les mains du marié. Tout le monde étouffe un fou rire. On recommence sur les mains du marié. Puis de la mariée. L’enveloppe a un peu pris l’eau mais le cœur y est. On ne s’est pas trop mal débrouillés.

Mariage Traditionnel Thai - Felicitations aux maries

On nous offre ensuite en cadeau une serviette joliment enroulée dans un verre et décorée d’un nœud. Nous serons ravis de rapporter à la maison cet adorable souvenir du mariage. Apres quelques séances photos, la cérémonie du mariage se clôture et l’on nous propose de passer à table.

Le repas de mariage traditionnel Thai

Noon m’explique que des proches des mariés ont cuisiné toute la nuit, en prévision de la fête. Quel travail, mais le résultat est à la hauteur! Tous les plats sont excellents! Un énorme poisson aux reflets rosés et brillants est particulièrement succulent! J’ai le plaisir de retrouver toute l’équipe du « Customer Service » autour du repas, et d’échanger les dernières nouvelles. P’Kung vient également nous retrouver. Nous sommes presque au complet!

Déjà, Petit-Un ne tient plus en place. Sous charmante escorte, il rejoint la piste de danse. Papa-Tout-Terrain le suit de loin, mais il n’a d’yeux que pour mes jolies collègues, dont il parlera tout le week-end. Quelques instants plus tard, Petit-Un est même invité à danser sur la scène qu’animent un chanteur et sa troupe de danseuses.

Mariage Traditionnel Thai - Le bal

Les festivités du mariage tirent à leur fin. Comme Noon me l’a expliqué, les mariages traditionnels ont lieu le matin, en Thaïlande. Epuisés par toutes ces jolies rencontres et ces découvertes, les enfants commencent d’ailleurs à fatiguer. La sieste sera bienvenue! De notre côté, nous sommes ravis d’avoir pu venir, pour partager le bonheur de P’Kung et P’O. Papa-Tout-Terrain a fait de nombreuses et très belles photos du mariage! Nous repartons avec de très beaux souvenirs!…

… Quant aux jolies serviettes qui nous ont été offertes en cadeau, par les mariés… les garçons n’ont pas résisté au plaisir de les ouvrir, et ils les ont trouvées tellement douces que maintenant ils dorment avec!

Merci P’Kung et P’O! Tous nos vœux de bonheur pour votre belle famille!

 

 


Une fois n’est pas coutume… cet article est en français et en anglais, en guise de remerciement pour P’Kung, son époux, et toute l’équipe du « Customer Service ». C’était un très grand plaisir de tous vous retrouver! Merci mille fois pour ces beaux moments partages avec vous!


To English Version – Article en anglais

 

 

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Songkran: festivités du nouvel an Thaï

Songkran est une fête du calendrier bouddhiste, qui célèbre l’unité familiale, le renouveau et la purification. Renouveau et purification, parce que Songkran marque le retour de la saison humide. C’est le moment où la végétation sèche recommence à verdir. La fête dure traditionnellement trois jours, et ses dates dépendaient à l’origine du calendrier lunaire. Les contraintes de l’industrie moderne ont finalement mené à fixer les festivités sur la période du 13 au 15 avril. C’est moins poétique mais plus pratique pour les entreprises. Dans les faits, les célébrations s’étendent au moins sur une semaine. Cette semaine-là, tout le pays s’arrête, toutes les usines ferment et toutes les administrations suspendent leurs activités. Il y a deux ans, en visite dans le nord du pays, nous avions bien des difficultés à seulement trouver des restaurants ouverts.

Procession religieuse pendant Songkran

Songkran est avant tout une fête familiale. Plusieurs jours avant le début des congés officiels, les ouvriers de mon usine commencent petit à petit à s’absenter. Ils rentrent dans leurs provinces natales, voir leurs parents. Et les axes routiers sont de plus en plus congestionnés. On sent flotter une ambiance d’avant Noel. Chacun veut boucler ses activités au plus vite, et tous ont déjà un peu l’esprit occupé par les fêtes à venir. Mes clients locaux nous pressent pour refaire leurs stocks avant les congés. Mes contacts étrangers insistent pour qu’on boucle toutes les expéditions avant la fermeture des douanes. Au bureau, mes équipes rapportent plus volontiers des grignotages à partager, et s’échangent des décorations et images bouddhistes.

Songkran - Jeux d'eau

 

Songkran à l’usine

A la veille des congés, mon entreprise invitera un groupe de neuf moines, pour procéder aux cérémonies et aux bénédictions d’usage.

Les moine bouddhistes a l'usine

Nous irons d’abord nous incliner devant l’autel de Brahma, dont mes collègues estiment qu’il apportera bonne fortune et affaires florissantes à la société. Puis nous adresserons une prière à la maison des esprits. Ils ne faut pas oublier les esprits! Même s’ils sont moins influents et donc objectivement secondaire. Ce sont toujours des cérémonies gaies et colorées, avec des fleurs, beaucoup d’encens, et où l’on gratifie les divinités de nourritures variées et appétissantes -que l’équipe se partage après, surtout pour les snacks sucrés.

Priere a La Maison des Esprits

Dans un deuxième temps, nous procéderons aux offrandes de nourritures aux moines bouddhistes, suivi d’un temps de prières chantées et d’une procession. Heureusement que les religions sont très ouvertes ici, et que les collègues sont flattés de me voir me joindre à eux, avec ma tête de française, Parce que globalement, je ne me sens jamais très à ma place dans ces cérémonies ou l’on prie des divinités qui ne sont pas les miennes. J’en ai discuté avec un collègue qui m’ont proposé une réponse assez savoureuse: « Mieux vaut pour toi prier en plus les divinités bouddhistes, c’est une sécurité supplémentaire, finalement. Moi par exemple, pour ne prendre aucun risque, je vais de temps en temps faire des prières chez les hindous et les catholiques… on ne sait jamais. » C’est une position pragmatique.

L'on presente ses Respects devant l'autel de Brahma

 

Renouveau et rituels de purification

Le tout se conclura par les rites de purification. On aspergera d’eau une statue de bouddha, pour éloigner la malchance. Puis l’on versera de l’eau sur mains des managers, en signe de purification. Toujours dans le cadre de ces cérémonies, l’année dernière, mes équipes m’avaient également marqué le visage d’un mélange d’huile parfumée et de talc. Selon le degré de détente au sein de l’entreprise, les célébrations peuvent se terminer en bataille d’eau générale, avec pistolets à eau et tout.

Les enfants fêteront également Songkran à l’école. On nous demande des crocs, des vêtements de rechange et des serviettes de bain pour ce vendredi.

Songkran - Jeux d'eau

 

La Thaïlande sur les routes

Puis, dès que possible, chacun prendra la route pour rejoindre sa famille. Cette immense transhumance concerne tout le monde, et conduit à des embouteillages énormes. Il y a deux ans, il nous avait fallu six heures pour traverser la métropole de Bangkok. En cette période, les routes sont spécialement dangereuses et les accidents nombreux, d’autant que les conducteurs n’hésitent pas à boire de l’alcool pour profiter de la fête. Généralement, mieux vaut éviter de rouler la nuit.

En parallèle, durant les festivités, les villes s’organisent autour de leurs polices et de citoyens volontaires pour dresser des barrages filtrants destinés à stopper les automobilistes les plus avinés. Toujours lors de notre précédant périple de Songkran, j’ai souvenir que nous avions été copieusement arrêtés pour des contrôles… qui avaient parfois fini en séance photos avec nos blondinets! Je ne serais d’ailleurs pas surprise d’apprendre que quelque part entre Lampang et Chiang Mai, ma famille trône en bonne place sur les plaquettes de communication de la police locale…

Songkran - Jeux d'eau

 

Songkran et les jeux d’eau

Une fois chacun chez soi, viendra ensuite le clou du spectacle: le moment des jeux d’eau! (Je passe sous silence les célébrations et les repas familiaux que je nous n’avons malheureusement pas l’occasion de connaître). Pour faire durer la fête, les villes s’organisent en mettant en place des festivités tournantes. Dans la province ou nous vivons, chaque jour durant une semaine, une nouvelle ville héberge les jeux d’eau et les fêtards. L’on voit les locaux passer en pickup d’une localité à l’autre, avec un immense bidon d’eau, des pistolets en plastiques, et la moitié de la famille dans le coffre. Les jeunes gens sont les plus enragés. Ils vont jusqu’à remplir leurs réserves d’eau de glaçons, histoire de bien rafraîchir les idées de leurs adversaires!

Songkran - Jeux d'eau

 

Des celebrations bon enfant et familiales

Moins chaotiques mais plus authentiques, j’avais aussi beaucoup aimé traverser les séances plus familiales de jeux d’eaux, dans les très petits villages ou sur les routes de campagne. Les familles, toutes générations confondues, se réunissent autour de leur entrée. Avec à boire et à manger. Et surtout bien armées de bidons, de pistolets et de seaux, pour asperger promeneurs et véhicules de passage. Nous sommes d’ailleurs tombés sur des enfants tout petits qui nous balançaient déjà des seaux d’eau avec une vigueur stupéfiante!… Parfois encore, nous avons été arrêtés pour des « travaux » de purification sur notre voiture, à l’aide d’une boue à base de talc coloré et d’eau. La voiture est rentrée chamarrée, et tellement marquée d’anecdotes et de jolis souvenirs que nous avons presque regretté de devoir la faire laver!

Notre voiture pendant Songkran 2014

La plupart des photos de l’article datent de Songkran 2014. Au détour de nos découvertes de cette année, je raconterai et illustrerai notre Songkran 2016 dans de prochains posts. Je craignais seulement d’avoir moins le temps et le loisir de revenir sur ces points culturels, qui me paraissent dignes de quelques lignes.

 

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