La nounou, la France et nous

« Les Brésiliens passent leur vie à se promener en petite culotte. » Voici ce que m’expliquait notre nounou, quelques semaines après notre arrivée en Thaïlande. A priori, elle avait été employée par une famille venue du Brésil, il y a longtemps. Je me suis immédiatement fait une note à moi-même: ne surtout jamais se promener en petite culotte dans la maison sous peine de devenir une nue célèbre…

Curieusement, l’anecdote est souvent revenue plusieurs fois à mes oreilles, depuis. Via des sources variées. Pas plus tard que lundi, devant le toboggan, Khun Chai m’expliquait que son ancienne patronne brésilienne ne portait jamais de pantalon à la maison. Ni de jupe, hein! Il en suffit de si peu, pour créer une légende urbaine. (Et je me demande d’ailleurs qui est ce loup blanc ayant vraiment travaillé chez des naturistes latins…)

Cet événement m’a plongée dans une profonde rêverie. En transposant à notre famille, quelle idée notre nounou pouvait-elle bien se faire de la France? Au-delà du discours policé qu’elle tient face à moi, je sais bien qu’elle vit tous les jours dans notre intimité. Je revois son visage étonné devant les tartines de Nutella du petit déjeuner ou ma persistance à vouloir tout recycler. Et tous ces petits riens un peu farfelus, qui viennent craqueler notre image plutôt lisse, de prime abord. Au gré de nos péripéties sans conséquence, voici ce que pourrait être un portrait de la France, dans l’esprit de notre nounou…

La France en Thailande

 

La nounou, la France et le sucré

Ca commence dès le matin, à l’heure où les garçons sont attablés devant leurs tartines de Nutella. Ou un bol de Chocapic. « Oh la la!, s’exclame-t-elle, French people eat very sweet! »

En Thaïlande, le petit déjeuner est généralement salé: une soupe, un porridge, ou n’importe quel plat de résistance. Bref, c’est un repas comme les autres. Mais les Thaïs brouillent les pistes. Il y a malgré tout du sucre un peu partout. Pour adoucir les goûts et rendre la nourriture plus savoureuse. Il y a du sucre dans la soupe de nouille, le Pad Thaï, le curry massaman, les viandes grillées, dans de nombreuses sauces, dans le café, la salade de papaye, les sandwiches et même dans les légumes sautés! Récemment, une collègue de mon mari disait d’un plat de pâtes qu’il avait « un gout étranger », parce qu’il n’était que salé. Et ca ne lui plaisait pas.

« Oh oui, mais tout ca, ca ne compte pas », m’a expliqué notre nounou.

Et elle a poursuivi: « Vous, par contre, les Français, vous mangez vraiment très sucré. » Cette constatation de sa part a profondément modifié sa façon de nourrir mes enfants. Ils rentrent de l’école? Elle leur propose une glace. Un diner à improviser pour eux? Ce sera des tartines de miel. Quant à Miss-Trois, elle a failli déjeuner hier d’un (excellent) gâteau maison, aux fruits de la passion. Et c’est tout.

Hauts cris de ma part. « Mais ce n’est pas un repas! » Il leur faut des légumes. Et du riz. De la viande, même, si vous voulez. Puis un yaourt. Puis un petit peu de gâteau, seulement, à la fin. En Thaïlande, il n’y a généralement que le plat principal. Le concept de services successif ne l’a pas convaincue. Elle a haussé les épaules: « But you, French people, eat very sweet… »

French people eat sweet - Halloween

 

La nounou, la France et les pâtes

Cette discussion, nous l’avons eue mille fois déjà et nous l’aurons mille fois encore.

Et l’on ne peut pas trop lui en vouloir, à notre nounou, parce qu’entre les cultures, elle y perd un peu ses repères et sa notion du bon goût. Je lui demande de faire cuire des pates? Cinquante minutes plus tard, elles bouillent encore dans l’eau saumâtre. Dégoutée, je retire de la casserole un tas informe, tremblotant et blop-blopant. « Vous avez oublié les pâtes? » « Ben non. Elles sont dures, vos pâtes. Alors il faut qu’elles cuisent longtemps. Longtemps-longtemps. Vous croyez vraiment qu’elles sont déjà cuites? » Pauvre monsieur Barilla! Il doit encore s’en retourner dans sa tombe…

Depuis, c’est moi qui fait cuire les pâtes. Mais c’est elle qui fait cuire le riz. (Elle a beaucoup rigolé en me voyant faire, les premières fois). Chacun ses spécialités!

… Pour les pâtes, de toute façon, ce n’est pas grave, parce que Khun Nee frappait à la porte: « Je vous ai apporté des cupcakes pour le dîner des enfants: je sais que les Français ne mangent que des trucs sucrés… »

 

Ces Français qui affament leurs enfants…

Autre pays, autre problématique. En Chine, ce n’est pas moins de sept repas que Petit-Un devait ingérer quotidiennement en l’espace de douze heures. Un petit déjeuner. Deux collations du matin. Un déjeuner. Deux collations de l’après-midi. Et un dîner. Je trouvais ca trop. « Mais un enfant, il faut que ça mange! Et puis, s’il n’est pas gros, les autres nounous vont dire que je m’occupe mal de lui… »

Autres problématiques car à l’époque de la fermeture de la Chine communiste, notre nounou avait eu faim. Elle avait craint, souvent, aussi, de ne pas pouvoir assez nourrir sa fille. Un parent avec un enfant bien portant, alors, était un bon parent. Pour ma part, j’ai plusieurs fois été réprimandée dans la rue par quelque Mamie désœuvrée: « Mais il est trop maigre, votre petit garçon! »

L’enfant, il fallait le nourrir à tout prix. Las de rester dans sa chaise haute, Petit-Un avait droit de jouer de courir et de sauter, tandis que sa nounou le poursuivait, une cuillère à la main, garante de la bonne nutrition.

Mille fois nous en avons discuté. Une collation, pas deux. C’est bien assez. Il n’a pas faim. Ca se voit… J’ai inventé des recommandations du corps médical. Des exhortations de ma belle-mère (pardon Mamie, c’était pour la bonne cause). En vain.

A l’issue de nos congés en France, Petit-Un rentrait toujours amaigri. « Mais vous ne lui avez pas donné assez à manger! Regardez, il est devenu tout creux et tout mou! Vraiment, je ne comprends pas pourquoi les parents français affament ainsi leurs enfants… »

 

La nounou, la France et l’environnement

Revenons en Thailande. Sensibles à notre impact sur l’environnement, nous essayons de trier et recycler au quotidien. Dans le quartier, une vieille dame fouille régulièrement les poubelles pour récupérer les plastiques, les cartons et les métaux, avant de les revendre au poids, à des usines spécialisées. Nous avons souhaité pré-trier pour elle, en amont. Stupéfaction de notre nounou: cette dame le fait très bien toute seule. Pourquoi vous voudriez faire ça? La vieille dame aussi est étonnée. Je pense qu’elle craint qu’il n’y ait anguille sous roche. Elle fait son possible pour éviter de me croiser…

Des médicaments périmés? « Ah non… ici les hôpitaux ne les reprennent pas. Mais donnez-les à Khun Mac. Il trouvera bien à les revendre… » Depuis, j’ai un tas de médicaments planqué dans ma penderie. Je ne sais pas quoi en faire… Les piles? « Bah non… ca n’existe pas, les containers spéciaux. » Alors je stocke aussi…

Le reste d’huile de friture? « Un trou au fond du jardin, et ce sera parfait… »

Ou l'on cherche des vers de terre pour la peche...

« Comment ça? Vous voulez laver votre maison avec du vinaigre blanc? Mais vous ne voulez plus vous en servir pour manger, alors? »

« Et on ne peut même pas utiliser des pesticides avec un gros « X » rouge sur la boite, dans la maison, pour se débarrasser des fourmis?… Mais alors, on ne peut rien faire pour lutter contre toutes les bestioles?… »

Bref, on ne se comprend pas sur tout… Mais notre réputation est établie désormais. Une famille d’originaux compliqués. Ils ne font pas confiance aux produits modernes, mais tiennent beaucoup à leurs ordures et ne s’en détachent pas comme ca. Après tout, c’est un peu incompréhensible, mais ce doit être un truc de Français…

 

La nounou, la France et le français

Au-delà de nos habitudes, notre nounou a également appris le français par bribes. « Saucisse » est arrivé en premier. Suivi de « ascenseur », bien sûr, la faute à Petit-Deux. Ca le fait beaucoup rire, d’ailleurs, de le répéter ensuite, avec l’accent thaï. « Gnocchis », le plat préféré de Petit-Un. « Croque-Carotte », car c’est une question de priorités. Et « slip », car en dialecte du nord est de Thaïlande, « slip » se dit « slip », alors ca nous fait un mot commun.

La France vue de Thailande

Petit-Deux a bien compris le parti qu’il pouvait tirer des incompatibilités linguistiques. Avec la nounou, il joue au jeu des sept familles. « Mais seulement en français, parce que c’est un jeu français! » « Mais voyons, proteste sa gardienne, tu sais bien que je ne parle pas français. » « Ca n’est pas grave. Ne vous inquiétez pas, je vais vous aider. Pour commencer, montrez-moi vos cartes. Hum, c’est bien. Maintenant répétez: Dans la famille française je voudrais le fils! » Curieusement, Petit-Deux finit toujours par gagner…

Et pour finir, le sacro-saint « ça va? » (prononce chavah). Il est passé dans notre langue vernaculaire au quotidien, que ce soit au milieu de l’anglais ou du thai. C’est toujours du plus bel effet auprès de nos visiteurs français!

 

Piquer un lama…

J’en viens à mes pires hontes linguistiques. Il est des jours où l’on est fatigué. Où l’on dit des bêtises. Et où ces bêtises passent à la postérité. Hélas.

Vous souvenez vous de ce lama, kidnappé il y a quelques années par un groupe de sales jeunes, puis promené dans le tram de Bordeaux? A l’issue d’une journée épuisante, Papa-Tout-Terrain et moi-même, très amusés par cette non-information, avions transformé l’anecdote en une comptine toute personnelle: « Piquer un lama, piquer un lama, piquer un lama c’est non non non! »

L’air entraînant, le rythme et les répétitions ont tout de suite séduit notre nounou. Elle a tout retenu. Aujourd’hui encore, pour écarter Miss-Trois d’un objet interdit, je l’entends souvent chantonner: « Piquer un lama, piquer un lama, piquer un lama c’est non non non! » Et pourtant, ce n’est pas faute de lui avoir expliqué l’inavouable… Bref, en présence de francophones, je prends généralement un air absent… Ca? Du français?… Non…Les Francais, ce peuple incomprehensible...

 

Du scatologique…

Une autre expression, guère plus glorieuse, a été très largement relayée en Chine, grâce aux efforts Petit-Un… Petit-Deux venait de naitre. Je profitais alors de mon congé maternité pour accompagner la nounou dans sa sortie biquotidienne à la salle de jeu du quartier. Chacun s’y retrouvait et papotait gaiement, en jetant un coup d’œil sur les tout-petits qui gambadaient au milieu des jeux.

Soudain, Petit-Un rejoint le groupe des adultes d’un pas pressé: « caca mou! » Je rougis, regarde mes pieds et me prépare à une sortie discrète et efficace. J’entrevois un frémissement pressé dans les rangs des nounous qui s’exclament alors, toutes en cœur: « Caca mou! Caca mou! Caca mou! » La bourrique avait briefé toute la résidence.

Je rougis d’avance, rien qu’à penser qu’une de ces dames puisse un jour travailler pour une famille française, et vouloir faire montre de ses connaissances linguistiques…

 

… et du romantique!

« Je t’aime! » s’est exclamé un jour notre nounou chinoise, en français, au moment où je fermais la porte pour partir au travail. Crotte! Qu’est ce que c’est que cette histoire?… Je suis déjà à la bourre, en plus… Je rouvre la porte. « Qu’est ce que vous venez de me dire? » Avec un sourire un peu gêné et timide, elle me répète: « Je t’aime… »

(La dame en question a cinquante-cinq ans, un mari et une fille de mon âge.)

Je fronce les sourcils. Je lui demande en chinois si elle sait ce qu’elle est en train de me dire. Cette fois-ci, son regard est plein de fierté. Oui, bien sûr, elle le sait. Elle m’a dit au revoir en français. Elle a bien écouté et c’est exactement ce que je dis à Petit-Un, tous les matins, avant de partir au travail.

 

Retour de vacances en famille

Voila, c’est fait! Veni, vidi, vici. Nous sommes partis. Nous avons profité. Et nous voila (déjà) de retour de vacances.

Ca vous semble banal, des vacances en France? Rien de plus exotique au contraire!

C’était pour nous l’occasion privilégiée de (re)découvrir tout ce qu’on ne verra jamais en Thaïlande…
  • On a cueilli des tomates, des mûres, des pommes, des pêches, des poires, des framboises et même une courgette!
  • Pique-niqué d’un bout de Saint Nectaire partagé en famille, à même le morceau, vu qu’on n’avait pas de couteau. (Et autant dire que chacun s’est battu –bébé compris- jusqu’à la croûte, pour ne pas en perdre une miette!)
  • Cherché (mais pas trouvé) des champignons
  • Cherché (et trouvé) les œufs des poules
  • Vu de tout mignons lapinous qui venaient de naître
  • Découvert que les ronces ça pique et que les orties ça gratte
  • Acheté « Boule et Bill » dans une brocante
  • Mis un jean, et même un pull, une fois!
  • Bu de la Suze (oui oui), de délicieux pinards, et de la liqueur de Vieille Prune remontée de la cave
  • Siroté l’eau à même le robinet, l’eau du bain, et l’eau de la pataugeoire
  • Laissé les portes et les fenêtres ouvertes tout le temps, sans crainte des serpents
  • Fait de la confiture maison et de la compote avec les fruits du jardin. (Et ça n’était ni des bananes ni des papayes.)
  • Cerise sur le gâteau, on s’est même fait piquer par une guêpe et par une tique

Avion - Retour de vacances

… Et surtout, on a profité de la famille et du plaisir de laisser glisser sur nous les journées en ne faisant rien qu’à prendre du bon temps…
  • On a fait du vélo, joué aux quilles, fait la roue, construit des bateaux d’écorces et on les a fait naviguer dans les ruisseaux
  • Ecouté des histoires sur les genoux des grands parents
  • Fêté les anniversaires passés, présents et futurs
  • Joué à la bataille, aux dames, au Scrabble, au Super Cluedo et à la belote (respect à la sainte qui a entrepris d’enseigner ça à trois minis excites comme des puces)
  • Câliné et serré dans nos bras les petits nouveaux et adorables bébés qu’on ne connaissait pas encore. Et ceux qu’on connaissait déjà, aussi.
  • Ri, batifolé, joué, et cuisiné des gâteaux en mangeant la moitié de la pâte avant de les faire cuire

… Bref, on n’a rien fait de spécial, mais ces petits riens, c’est tout un monde, pour nous. C’est l’énergie et l’amour de nos proches dont on fait des réserves pour tenir jusqu’à la prochaine fois. Et on repart bien sur un peu tristes, mais tout regonflés de ces éclats de bonheur et de ces beaux moments partagés!

Puis voilà, on est de retour de vacances

…et bien vite, on a retrouvé l’Asie qu’on aime et le pays du sourire…

A l'aeroport - Retour de vacances

Dimanche, nous irons voter « pour »…

Il y a seize ans, quand j’ai commencé à étudier le mandarin, je demandais à tous les Chinois qui passaient leur opinion de la vie dans un pays non démocratique. (J’étais bien naïve.) Je les trouvais plutôt réservés sur les questions politiques. Tout en nuances.

Je me souviens d’un jeune homme à qui il semblait préférable que les Chinois ne votent pas. Parce qu’ils manquaient de culture politique. Et que, pour sûr, si on leur laissait le choix, ils éliraient pour Président un chanteur.

Et puis cette femme qui m’avait fait remarquer que les Français ne pouvaient pas s’empêcher d’avoir un avis sur tout. Alors que la Chine ne jugeait pas la démocratie française, elle.

 

Mais en réalité, en Chine, on ne parle jamais vraiment de politique.

Il y a treize ans, quand je suis partie vivre à Shanghai, j’entendais parfois la respiration d’un fonctionnaire qui écoutait mes conversations, quand j’appelais ma famille. Les colis que je recevais par la Poste étaient fouillés avant livraison. Et les autorités confisquaient fréquemment des objets au passage.

Il y a douze ans, pour la mort de Zhao Ziyang –qui avait soutenu les manifestants au moment de Tian An Men- la diffusion de TV5, la télévision française, a été suspendue pendant plusieurs semaines. Et la plupart des sites web étrangers que je consultais fréquemment a été bloqués.

Il y a cinq ans, dans une librairie de Shanghai, alors je feuilletais un Lonely Planet en anglais sur la Chine, je suis tombée sur des pages et des paragraphes entiers caviardés. Recouverts, effacés au feutre noir par la censure.

 

Puis nous étions en Thaïlande, en mai 2014, lors du dernier coup d’Etat militaire.

Les opposants des deux bords ont été envoyés en prison et la junte militaire a pris le pouvoir.

L’instabilité politique s’est traduite par une baisse de l’activité économique que l’on ressent encore un peu aujourd’hui. Les foyers les plus modestes ont été les plus atteints.

Depuis le coup d’Etat, tous les vendredi soirs, le général Prayut Chan-o-cha apparaît à la télévision, pour présenter à la population un compte-rendu de la situation du pays et des réformes mises en place par son gouvernement provisoire.

De nouvelles élections devraient être organisées début 2018. Il est difficile de prévoir l’avenir. Le prochain gouvernement démocratique pourra-t-il se maintenir? Depuis 1932, la Thaïlande a traversé dix-neuf coups d’Etat.

Le Roi de Thaïlande est mort le 13 octobre dernier. La veille, alors qu’il était au plus mal, nous avons appelé nos familles pour leur dire que nous n’aurions peut-être plus d’accès à Internet, pour une durée inconnue. Les entreprises étrangères avaient prévu des plans d’évacuation pour leurs expatriés. Par bonheur, le pays n’a pas traversé la crise politique que l’on craignait.

 

La Chine s’ouvre. La Thaïlande se stabilise. Ce sont deux pays qui avancent courageusement. Tout n’est pas idéal. Mais ils progressent. Avec une énergie extraordinaire, leurs populations aspirent à aller vers le mieux. Et elles avancent.

 

Et nous? Nous, dimanche, nous irons voter.

Et nous n’irons pas voter contre.

Nous irons voter pour.

Pour construire une France meilleure. Pour bâtir ce qui sera la patrie de nos enfants. Le choix final n’est pas exactement celui qui nous aurait convenu. Qu’importe, il est ce qu’il est. Mais on n’a pas le luxe de se mettre en sommeil pendant un quinquennat. On ne peut pas hypothéquer notre avenir pendant les cinq prochaines années. On doit juste mettre toutes les chances de notre côté.

Parce qu’en Chine, en Thaïlande et ailleurs, ils ne vont pas nous attendre, pendant les cinq ans où on va bouder. C’est aujourd’hui qu’on éduque les générations d’actifs de demain. C’est aujourd’hui qu’on décide des stratégies industrielles de l’avenir. Et c’est surtout dès aujourd’hui qu’il faut mettre toute notre énergie pour aller mieux. Reconstruire une société optimiste. Et se battre pour.

Pour tout cela, pour nos enfants, dimanche, nous irons voter pour.

 

Dimanche, nous irons voter pour

 

Nota: Comment voter par procuration quand on ne connaît personne dans son quartier? Je trouve que l’information est trop peu relayée par les medias et c’est dommage. Si vous êtes empêchés lors d’un des tours des prochaines élections, cet article est pour vous! Foncez et votez!

 

Tous les commentaires déplacés seront supprimés.

 

 

Famille et Saucisson – Vacances en France

Malgré une longue disparition des radars de l’Internet, nous sommes bien rentrés de notre triathlon de Noël, après avoir brillé dans les épreuves « charcuteries », « fromages » et « desserts ». Non, nous n’avons pas été happés par le trou d’un Gruyère. Nous ne sommes pas non plus restés collés au fond d’un pot de Cancoillotte. Ni tombés en pâmoison lors d’une confrontation avec un Maroilles bien fait. Il nous a juste fallu cinq semaines pour récupérer et moi, parvenir à sortir un billet.

Comme tout le monde à Noël, on a profité de la famille et mangé de la dinde aux marrons. Et, comme c’est trop rare, on les a savourés à fond. (On n’a pas mangé la famille, c’est une image, bien entendu.) On est rentrés, plein d’étoiles dans les yeux, drôlement fatigués aussi, et avec pas mal de kilos en plus –dans les bagages, mais pas seulement…

Saucisson et pate - Vacances en France

 

C’était plutôt mal parti…

Pourtant, l’épopée de nos vacances en France n’avait pas très bien commencé. Nous avions dû anticiper notre départ in extremis, pour une sombre histoire d’ambassade et de papiers à faire à Paris, pour Miss-Trois. Parce que c’est complètement logique pour un bébé né à Bangkok de devoir demander son visa thaï à Paris. Il paraîtrait même qu’au regard des puristes, notre fille était illégale en Thaïlande depuis sa naissance, puisqu’elle n’avait franchi aucune frontière administrative avant de s’y établir. J’étais folle d’enthousiasme avant même de démarrer.

Nous sommes donc arrivés à Paris. Un jour de froid polaire, avec option pic de pollution, circulation alternée, accident de RER et grève des VTC. A la sortie de l’avion, on avait six heures pour relier l’ambassade de Thaïlande. Dans la théorie, c’était large.

On s’est présentés à l’agence de loc’ pour récupérer la voiture. Notre carte bancaire s’est mise en grève. (Ca doit être l’air de la France.) (Solidarité aux VTC.) Notre banquier n’a jamais répondu au téléphone. (A bas les banques. A bas la finance.) On a mis trois heures à réunir la rançon pour récupérer la caisse. Manque de pot elle était trop petite. Plus le temps de changer. On a pris la voiture et laissé les bagages (à la consigne, quand même). Notre GPS s’est perdu. On s’est guidés en suivant la Tour Eiffel. On a démoulé les enfants qui ont lancé des glapissements psychotiques quand ils ont compris qu’ils allaient devoir marcher dans le froid, pour de vrai. (En marche!)

 

Au fond du trou

C’est ainsi que notre vaillant équipage a triomphalement franchi l’entrée de l’ambassade de Thaïlande en France. Nous avons été chaleureusement reçus par un choc thermique. Curieusement, il faisait plus de trente degrés dans le bâtiment. Peut être pour rappeler la Thaïlande? C’est la patronne des lieux, une morue revêche, qui nous a accueillis. Elle nous a toisés de haut en bas et de droite a gauche (on était nombreux et en rang d’oignons) avant de nous assener gratuitement: « Quand on a un bébé, on le laisse à la maison! » Elle nous a finalement fait nos papiers, visiblement à contrecœur.

(En même temps, on n’avait pas besoin qu’elle nous tamponne le visa dans l’allégresse et les chants grégoriens. Cette dame a d’ailleurs bien fait de ne pas trop puiser dans ses réserves d’amabilité. Vu qu’elle n’en n’avait visiblement pas beaucoup, autant éviter de les disséminer bêtement.)

Premier jour en France - Vacances en France

Après, tout s’est amélioré! D’abord, on a trouvé une superette avec de la charcuterie et des fromages, et même une boulangerie avec du pain. (« Il en faut peu, pour être heureux, lalalalalalalala…« ). Nous avons fait ripaille. Comble du bonheur, aucune fourmi, aucun cafard n’est venu piétiner notre festin. J’étais joie et allégresse!

Le Premier Repas - Vacances en France

Et si nous avons traversé les petites tracasseries ordinaires du décalage horaire…

Premiere nuit en France - Vacances en France

 

Retour aux sources

… les vacances en France, ont vraiment débuté quelques centaines de kilomètres plus tard, quand nous avons enfin retrouvé les murs qui ont bercé mes jeunes années. Nous avons serré contre nous ceux qui nous sont si chers. Qu’il est doux de pouvoir, ensemble, sacrifier aux traditions vieilles de plusieurs générations! De goûter à nouveau aux saveurs de mon enfance. Sortir dans le jardin chercher le Père-Noel. L’attente, tous les sens en éveil. Le tressaillement ancestral en entendant sonner la cloche. Le même enthousiasme impatient quand les adultes nous appellent: « Le Père-Noel est passé! Je crois que j’ai vu un bout d’habit rouge dans la cheminée! »

Les poutres de la chambre ont toujours les chevilles épaisses que je contemplais, enfant, avant de sombrer dans le sommeil. La nuit y a les mêmes bruits d’oiseaux, de rongeurs, les mêmes grincements de vieille grange. Il n’a pas bougé, le coin de pavé centenaire où ma sœur s’était ouvert le front. La grande table où on l’avait recousue n’a même pas changé de place, d’ailleurs.

Charpente - Vacances en France

La maison a grandi avec nous. Au coin du feu, nous nous pelotonnions jadis en d’interminables jeux et de franches rigolades. L’on s’y enflamme aujourd’hui pour la politique et la littérature. La politique nous divise. La littérature nous réunit. A quelques pas de là, nos enfants ont repris nos amusements de jadis. Notre insouciance aussi. Jeux de cartes, de billes, de dames, Scrabble et Monopoly. Je la connais si bien cette ambiance de tripot. On soupire lorsqu’il faut aller diner, on planque un jeu des sept familles sous la table pour faire durer le plaisir avec les cousins… les adultes ne le soupçonneront pas…

Notre caverne d’Ali Baba devient petit à petit l’écrin de beaux souvenirs pour nos enfants. C’est chouette!

Coutumes de France - Vacances en France

Puis nos vacances ont obliqué sur les traces de Papa-Tout-Terrain, petit.

Autres Coutumes de France - Vacances en France

 

Chez Papa-Tout-Terrain

C’est follement amusant de découvrir avec lui les lieux qui ont bercé ses délices et ses joies, enfant. A peine arrivés, il faut sortir ses caisses de Legos, tellement garnies et profondes qu’on n’en voit jamais le bout. Petit-Un est si enthousiaste dans ses travaux de construction Legoesques que nous ne l’en verrons à peine émerger de tout le séjour.

Papa-Tout-Terrain a ressorti son jeu de roulette, aussi, qui captive les enfants. Son tee-shirt dédicacé par les copains d’école, et qui suscite le débat quant à la pertinence d’écrire sur ses habits. Sa photo avec le président Chirac, où il a l’air si minot (Papa-Tout-Terrain… et Chirac aussi à la réflexion). Et puis bien sûr, l’endroit  mythique où mon tendre et cher a marqué un stop artistique, en glissé-arrêté-mais-surtout-glissé, le jour de son permis… qu’il a loupé, d’ailleurs… semble-t-il a cause d’un escroc d’examinateur, malsain et sournois.

Plus encore, j’aime la compagnie de ceux qui lui sont chers. Ceux qui l’ont patiemment entouré, éduqué, aimé et aidé à grandir. Ceux grâce à qui Papa-Tout-Terrain est devenu un homme probe, courageux et aimant. Ceux grâce à qui Papa-Tout-Terrain est devenu mon amoureux. (Mon chéri, les compliments, c’est une avance pour la Saint Valentin, d’acc?)

Et les gâteries sans fin des grands-parents. La bûche à la crème au café, pour douze personnes, s’il vous plaît, achetée religieusement à l’intention de Petit-Un, et de Petit-Un uniquement, puisqu’il est le seul à l’aimer… « Mais il adore tellement ça ce petit… » Et les « crêpe-parties ». Deux fois en six jours. Pour s’assurer que les enfants s’habituent à la gastronomie française. Et la hotte du Père-Noel, si pleine que les coutures ont cédé cette année. (Fallait bien s’y attendre, à force…) Et Princesse-Punk, si petite et déjà couverte de fanfreluches, « parce qu’elle n’a que des frères, la pauvre… »

 

Découvertes et souvenirs…

Les vacances en France, c’est le dépaysement des plus petits, quand les plus grands retrouvent le goût de leurs madeleines d’antan. Certes, nos enfants nous ont parfois pris pour de dangereux illuminés, comme lorsqu’on exultait en revoyant une boîte postale jaune de notre jeunesse ou qu’on s’étouffait de joie devant une poubelle « à la française », avec des planches tout autour… Et je ne vous raconte même pas les « pfffffff » blasés, le jour où on a arrêté toute la troupe pour prendre en photo un banc public. Mais malgré leurs mines blasées, ces petits n’ont heureusement pas encore perdu tout de leurs capacités à s’extasier… Ils ont tant et tant aimé les tunnels qu’on s’est tapé des dizaines de bornes à les faire et les refaire dans les deux sens, rien que pour le plaisir!

Decouvertes de France - Vacances en France

 

12 kilos de concombres…………………

Ca me désole! Cela fait plus de deux semaines que je n’ai pas écrit la moindre ligne alors que j’aime tant ça. C’est ça le truc quand on a fait plein d’enfants et qu’on a opté pour une existence sinueuse à l’autre bout de la terre! En même temps, rien de pire que chez les autres, d’autant que j’ai la chance d’avoir une dame qui m’aide pour le ménage et les enfants, mais voilà notre vie en quelques chiffres:

  • 23 rendez-vous médicaux…

… depuis la naissance de Miss-Trois, soit un rendez-vous tous les trois jours et demi. D’ailleurs saviez-vous que de l’étranger, on fait toujours les demandes de remboursement en format papier? Quelle belle occasion pour moi de pratiquer la calligraphie (avec une pensée émue pour la nana qui de l’autre côté va recopier mes papelards)!

  • 22 kilos de citrouille…

… hérités de Halloween, et en cours de préparation: en soupe, en veloute, en subrics, en gnocchis, en tarte, en gâteau, en pain, en curry, en graines grillées… restent à tester en gaufres et en houmous! Merci d’avance à Hellocoton de poursuivre ses sélections à base de cucurbitacées (hors salades parce qu’on a trouve ca degueu), et merci à tous ceux qui pourraient m’apporter des idées pour les presque 10 kilos restants!

  • 12 kilos de concombres…

… ingérés en semaine 44. Ca c’est un coup du mari de notre nounou qui est tombé sur une super promo sur les concombres! Et sans me prévenir en plus! C’était la surprise! Bon, heureusement, on aime la salade grecque, le taboulé et le tzatziki!

  • 1 CV tout neuf…

… complètement rénové par une belle inconnue (merci merci!) et déjà envoyé à des dizaines de personnes! Si je ne trouve pas de travail après ça…

  • 6,88 litres de lait maternel…

… au congélateur (et 3 litres supplémentaires a la poubelle après un problème de congélation). Je suis décidément prête à retourner travailler!

On continue aussi nos balades, mais en mode tout-doux, vu qu’on a toujours un malade sur les bras en ce moment. Après les grippes, les fièvres, les crampes inexpliquées, les gastros, on est dans les conjonctivites. Au moins, c’est varié.

Et quand on est coincés à la maison on dessine. Vu que je m’embêtais comme un rat mort en regardant les enfants dessiner, je m’y suis mise aussi. Des rats du coup (mais vivants). Et les anecdotes de notre quotidien. Papa-Tout-Terrain -qui est toujours un amour avec moi- m’a incité à les partager sur le blog parce qu’il les aime bien. Voici donc un premier épisode de nos aventures en dessin…

Au restaurant

Petites Bestioles de Thailande


On n’était pas là mais notre petit doigt nous a dit que Grand-Tatie-Tout-Terrain a poussé des cris d’orfraie à la vue de quelques gentilles petites bêtes de Thaïlande, dans notre récit d’un week-end de Débandade. A la maison, il est vrai que nous avons en quelque sorte pris l’habitude de cette large palette zoologique. Mais, en nous replongeant dans nos trois ans de Thaïlande, nous avons plein d’histoires à raconter. Alors attachez vos ceintures, mes braves, parce que je peux déjà vous dire que vous allez trembler dans vos bottes!

(Grand-Tatie-Tout-Terrain, si tu tombes sur ces lignes pas la peine de poursuivre… Au fait, tu as lu notre billet sur la grossesse à l’étranger?…)

 

Des bestioles acceptables…

Mai 2013. On est passés directement de notre trente-sixième étage de Shanghai à une jolie maison au milieu de la campagne thaïlandaise… En un jour, notre vie a changé.

Mon premier souvenir, c’est qu’il y avait des geckos un peu partout sur les murs. A l’extérieur, bien sûr, mais aussi à l’intérieur. Les geckos, au demeurant, je les aime plutôt bien. Ils sont discrets et timides. Ils donnent l’impression d’être propres sur eux et ne prolifèrent pas trop. Le problème du gecko, c’est que c’est parfois distrait… il pense à sa petit amie Jocelyne et pouf!… il tombe du plafond à dix centimètre de moi ou pire, sur mon pied! Ça me fait des frayeurs bleues!

L’autre problème du gecko, c’est ses crottes. Soit on a des bataillons de geckos camouflés dans la maison, soit chaque gecko fait beaucoup de crottes. Les premières semaines, j’avais vraiment l’impression de faire le coup du tonneau des Danaïdes à l’envers. Chaque jour, je passais et repassais balais, aspirateurs et serpillères. Chaque matin, il y avait autant de crottes de geckos, bien nourris aux insectes. Des insectes, il n’en manque pas non plus…

Bebe Gecko

… On a des moucherons qui adorent chercher refuge dans nos yeux, et qui s’agglutinent sur le moindre petit bobo. Eux viennent des plantations d’ananas, qui sont légion dans notre région. Il parait d’ailleurs que notre résidence a été construite sur un champ d’ananas.

… On a des mouches. En ce moment c’est la pleine saison. Elles forment des tapis noirs tout autour des poubelles.

On a de gros scarabées brillants. Notre nounou les confiait aux (bons) soins de Petit-Deux, lorsqu’il était bébé: « Pour qu’il n’ait pas peur des insectes ». Il en a certes croqué un ou deux, mais aujourd’hui il est effectivement devenu un p’tit gars intrépide.

 

… des moins sympas…

On a des cafards qui aiment bien les canalisations. Eux sortent surtout la nuit et c’est tant mieux. On s’est habitué, mais on ne les aime pas tellement. Ils font bien quatre ou cinq centimètres de long. C’est gros. Et on les trouve un peu dégoutants. Derrière la maison, en ouvrant une plaque d’égouts, nous sommes un jour tombés sur leur cachette. Ils étaient des milliers, des millions à y grouiller! On a vite fait sceller tout ça mais rien que d’y penser, ça me donne des frissons!

Cafard

On a des fourmis. Des petites fourmis qui se précipitent dès qu’elles sentent la nourriture, l’eau ou le savon (oui oui). Le technicien de maintenance, un vieux monsieur bedonnant qui n’a visiblement jamais mis un pied dans une cuisine, m’a proposé de toute dégommer à l’insecticide. Vous savez, ces bombes avec un « X » rouge dessus… sur nos réserves alimentaires… Bref, depuis que j’ai dit non, je me fais obligation d’occire quotidiennement ces bestioles, par centaines, et à l’éponge.

On a aussi de grosses fourmis qui vivent dans l’arbre au-dessus de la voiture. Elles piquent très fort et sont si nombreuses et agressives que certains jours, on doit balancer des seaux d’eau pour les déloger, avant de pouvoir accéder au véhicule. De guerre lasse, on a finalement décidé de leur abandonner ce bout du jardin.

Grosse Fourmi

Il y a enfin les moustiques. On s’en méfie fort car ce sont les plus dangereux. Mais tout le monde est très vigilant ici, et notre nounou en premier. Elle vérifie qu’il n y a pas d’eau stagnante autour de la maison. Elle « anti-moustique » les enfants avant les sorties. Elle surveille les fièvres persistantes et partage expérience et recommandations avec nous. Touchons du bois, nous sommes prudents et n’avons pour l’instant pas eu de problèmes!

 

… et des serpents aussi!

Heureusement, les serpents, on n’en n’a pas croisé si régulièrement que ça. On en a vu quelquefois en promenade, et une fois devant la maison. Enfin moi, j’étais même pas là. Je faisais tranquilou la grasse mat’ quand Papa-Tout-Terrain a surgi dans l’encoignure de la porte de notre chambre, transpirant, échevelé et soufflant. Au bout de ses bras, deux enfants criant et hurlant respectivement: « On a perdu les vélooos! » et plus intéressant: « Le serpent… il a mangé les vélooos! ». Ayant certainement l’esprit moins embrumé que moi, vous l’aurez compris: ma petite famille, en promenade (à vélo) avait rencontré un serpent. N’écoutant que son courage, Papa-Tout-Terrain avait choisi de sauver sa progéniture, abandonnant les tricycles –mieux vaut ça que l’inverse. Nous ne revîmes jamais ce serpent. Et nous retrouvâmes même les vélos que le reptile n’avait finalement pas consommés.

Serpent

Ici, tout le monde a son histoire de serpent. On en retrouve par exemple toujours un ou deux, chaque année, planqué dans les boites de nos entrepôts.

Nos voisins japonais, quant à eux, ont eu une belle frayeur, il y a quelques temps… Notre voisine, alors qu’elle pestait contre sa porte coincée, la débloqua soudain d’un coup d’épaule. Elle délogea par la même occasion un reptile bien carapaté entre le montant et le battant, et qui lui tomba juste entre les deux pieds. Plus de peur que de mal, heureusement… mais beaucoup de peur, tout de même…

 

Là où ça se corse, c’est qu’on ne peut pas les tuer…

Ma liste de bestioles n’est pas exhaustive. Nous fréquentons également des tas de papillons. Des araignées plutôt petites heureusement. Des fournis volantes qui nous envahissent avant les orages. Et des millipèdes variés et plus ou moins amicaux. Il y a trois ans de cela, c’est justement alors que j’étais sur le point d’écraser l’un de ces mille-pattes velus à l’aspect irritant qu’est arrivé l’avertissement: « Stoooop! En Thaïlande, on ne tue pas les animaux! »

Fourmi volante

Eh oui mes amis, car la Thaïlande est très principalement bouddhiste, et que le premier précepte du bouddhisme est de ne pas tuer. L’idéal est donc de mettre l’animal en boite et l’envoyer voir dehors si j’y suis. Et c’est bien la raison pour laquelle je tue mes fourmis en cachette… Parce qu’un cafard à mettre dehors c’est jouable… mais plusieurs centaines de fourmis, il y a de quoi perdre la raison!

Je vous disais tout à l’heure que c’est un peu un zoo chez nous… On a eu des souris, aussi, dans la cuisine. Des souris un peu bornées, d’ailleurs: elles bouffaient notre sauce soja et nos pastilles pour le lave-vaisselle, alors qu’on a des trucs bien meilleurs! Du coup on a eu des mini cages pour attraper les souris… et les relâcher dans la nature. Papa-Tout-Terrain est devenu un champion pour ça, et les enfants de fervents supporters!

 

… en fait si on peut les tuer dans certains cas…

En fait, ça se corse encore… Un jour, j’ai surpris notre nounou impitoyablement écrabouiller un cafard gras qui passait paisiblement par là, sans intentions belliqueuses.

De même, à propos des souris qu’on s’était mis d’accord pour relâcher au paragraphe précédent, la même nounou m’a demandé d’un air tout innocent si elles étaient grosses ou pas. « Bon, ça va » a-t-elle soupiré d’aise après que je lui ai répondu par la négative… « Si elles avaient été plus grosses, on aurait pu les garder pour les manger… » Quoi? Beurk!

De fil en aiguille, après l’avoir longuement questionnée, j’ai appris qu’il existait plusieurs méthodes de contournement à la règle bouddhiste « tu ne tueras point ».

  • D’abord, il est acceptable de tuer si ce n’est pas pour soi. Style, si je demande à la nounou de tuer les fourmis, elle le fera sans arrière-pensée. En même temps c’est exactement le truc que je lui demanderai jamais depuis qu’on m’a expliqué de ne rien tuer ici. Du coup quand elle tue son cafard elle me prête une intention que je n’ai pas réellement. Mais je suppose que c’est pardonnable.

Petites Fourmis

  • Ensuite, tuer ou faire tuer un animal pour se nourrir est permis, dans la mesure où ce n’est pas pour soi seul. Tu peux donc tuer un cochon si tu ne le manges pas tout seul. Pour le cochon c’est pas tellement un problème, mais s’il s’agit d’une crevette, je ne suis pas sûre de comment la règle s’applique.
  • Heureusement il reste une dernière dérogation pour résoudre les cas litigieux. On peut se racheter d’avoir tué un animal en faisant une offrande au temple et là, ça remet le compteur à zéro.
  • Et pour conclure, dans l’idéal en tout cas, mieux vaut manger l’animal que l’on vient de tuer plutôt que de l’avoir tué pour rien…

 

… et c’est ainsi qu’un cobra a été mangé!

Oui, encore une histoire de reptile… (Coucou Tatie!) D’autres de nos voisins ont récemment reçu la visite d’un cobra dans leur jardin. A priori le reptile était un peu inquisiteur, voire franchement agressif. Parce qu’il y avait des enfants et qu’elle est super courageuse, leur nounou s’est emparée d’un bâton et a tué la bête. Bien consciente cependant de la dangerosité du cobra, elle en a tout de même tremblé de frayeur, a posteriori, pendant un long moment.

Serpent

Par modestie, elle a expliqué dans le voisinage que ce n’était pas un très gros cobra. Il paraît que ce n’était vraiment pas un ver de terre, non plus… Un petit deux mètres quoi! Bref, une fois tué, le cobra a fini à la casserole, en soupe! Il semblerait que ce n’est pas parmi les meilleurs serpents, mais que ça donne force et santé!

(Je sais tout ça par notre nounou. C’est très pratique d’avoir une nounou: en plus de garder les enfants, elle nous raconte tous les potins du quartier!)

 

Un environnement zoologique unique

Pour nos enfants, qui ont pour ainsi dire toujours vécu en Thaïlande, cette faune fait partie du quotidien et ne prête pas à l’étonnement. Ils connaissent la dangerosité des serpents et savent comment réagir s’ils devaient en croiser. Ils savent se protéger des moustiques. Ils peuvent distinguer les fourmis qui chatouillent des fourmis qui pourraient piquer. Ils ont appris à respecter les bestioles qui nous entourent, sans les embêter et sans les blesser, comme le veut l’usage local…

… Mais ils ne connaissent rien des insectes « français »! L’été dernier, Petit-Un a découvert, émerveillé, les gendarmes. Quant à Petit-Deux, il ne cesse de s’extasier, ces derniers temps, sur les magnifiques « cafards », qui ornent le lit de la petite sœur à venir! Jugez plutôt des cafards…

Cafards du lit de Petit-Trois

N’en déplaise à Grand-Tatie-Tout-Terrain (je vais être déshéritée à force), notre vie d’aventuriers de pacotille n’est finalement pas très dangereuse! Contre les serpents, notre résidence a des « snake catchers » et procède régulièrement à des épandages de souffre, pour éloigner les reptiles. Contre les moustiques, nous avons des pulvérisations, des moustiquaires, des anti-moustiques et des tas de précautions. Contre les cafards, les fourmis qui chatouillent, qui piquent, et contre les crottes de cafard, je n’ai rien trouvé d’autre que la patience, en revanche. Malheureusement, c’est parfois une ressource qui se fait rare!

Et vous, quelles sont les pires bestioles que vous fréquentez?

 

 

Parenthèse: quelques mots de mes photos…

Mon article est prêt depuis un petit moment mais j’ai eu beaucoup peine à rassembler de quoi l’illustrer un minimum. La fourmi est petite, rapide et fourbe, donc jamais nette. Le gecko est timide et imprévisible: c’est à peine si j’ai réussi à en trouver un « utilisable » sur une centaine de cliches. Quant au cafard, il n’est jamais la quand on le cherche. Remerciements éternels à Papa-Tout-Terrain qui m’en a finalement trouve un a six heures du matin et me l’a religieusement conserve -et en bon état- pour la photo!

 

 

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Mes racines…

Pour nous, l’étranger est un choix de vie en famille. Ce choix nous comble chaque jour, par l’ouverture qu’il nous apporte, la découverte permanente, la rencontre de l’autre… Seulement parfois, nous ne sommes pas là où nous le voudrions. Parfois, nous nous trouvons trop loin des nôtres. Certains jours, ce choix nous pèse. Et parfois nous manquons d’importants moments de partage avec ceux qui nous sont chers. C’est le cas aujourd’hui.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de mon Papé-Tout-Terrain, celui sans qui je ne serais pas là.

 

95 bougies

Sources

Mon Papé, il a bercé mon enfance d’histoires extraordinaires et de contrées lointaines…

Avec Michel Strogoff, il m’a fait rêver au lac Baïkal et aux horizons enneigés de Sibérie où je ne manquerai pas de partir flâner un jour, c’est sûr. Nous avons vibré ensemble en nous racontant les péripéties réjouissantes et trépidantes de Phileas Fogg et Passepartout autour du monde. Et j’en ai gardé une sympathie toute particulière pour l’Asie. Parfois, je me prends à songer qu’à la manière de Nellie Bly, j’emmènerai un jour ma famille faire le tour de la terre, sur les traces de ces deux aventuriers excentriques.

Passepartout sortait affublé d’une robe japonaise - Le Tour du Monde en 80 Jours

Sources

C’est aussi mon Papé qui m’a raconté la beauté des civilisations disparues et donné ces envies d’ailleurs.

Avec sa grosse voix qui subjugue et transporte son auditoire, il rend la vie aux vieilles pierres des amphithéâtres et des forums romains, et convoque parmi nous les consuls avisés, les rois conquérants et les empereurs fous. Alors que mon Papé se passionnait pour l’antique objet d’une visite en plein air, j’ai souvent remarqué que des groupes de curieux qui nous suivaient, l’air de rien, pour profiter de ses éclairages édifiants! (Mon Papé, emporté par sa fougue, n’a jamais rien noté, lui!)

Amphitheatre de Lyon

Sources

Chez mon Papé, il y a un gros caillou qui fait comme des vagues, sur le dessus.

Je l’ai côtoyé vingt ans sans me poser de questions. Et un jour il m’a raconté. Ce sont les cheveux d’une statue gallo-romaine. Il les a trouvés au bord d’un chemin, au temps où les sols pullulaient de vestiges que l’on ne regardait même pas. Il a aussi des estampes japonaises. Des bouts de bois délicieusement décorés qui viennent de charrettes siciliennes traditionnelles.Et ça et là des gravures anciennes sauvées de chez un antiquaire qui s’en servait comme d’emballages. Des portes de commodes décorées de bas-reliefs naïfs et champêtres. Les chiens de font pas des chats. Aujourd’hui, ma maison à moi ressemble à ca:

Notre maison et ses vieilleries

 

Avec mon Papé, j’ai plaisamment souffert sur les déclinaisons…

… Et les conjugaisons latines, et même sur le subjonctif imparfait. J’ai découvert le De Viris, dont les premières phrases, apprises par cœur –avec difficulté- continuent de résonner en moi à chaque fois que je les relis:

 

Proca, rex Albanorum, duos filios, Numitorem et Amulium, habuit. Numitori, qui natu major erat, regnum reliquit; sed Amulius, pulso fratre, regnavit, et ut eum sobole privaret, Rheam Silviam ejus filiam Vestae sacerdotem fecit, quae tamen Romulum et Remum uno partu edidit.

De viris illustribus urbis Romæ a Romulo ad Augustum – Abbé Lhomond

 

J’ai un peu peiné je l’avoue. Beaucoup en fait, parfois. Mais sans cet entrainement cérébral intensif, je ne sais pas si j’aurais pu apprendre le chinois un jour.

De Viris

Sources

 

Depuis des années que j’ai quitté la France, mon Papé est l’un des plus fervents amateurs de mes digressions voyageuses, historiques ou anecdotiques. Mon Papé connaît mon goût des découvertes. Il n’y est pas pour rien. Mon Papé sait mon plaisir à mener ma famille par monts et par vaux, d’explorations en aventures. Là non plus il n’y est pas étranger. Merci Papé d’avoir fait de nous des voyageurs du monde et des voyageurs des temps!

Là, ils se trouvèrent en présence d’un animal … - Le Tour du Monde en 80 Jours

Sources

Aujourd’hui, mon Papé-Tout-Terrain a quatre-vingt-quinze ans. Malgré l’éloignement, nous te serrons fort sur nos cœurs.

Bon anniversaire, Papé!

 

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La Débandade


Je me suis beaucoup amusée à lire la récente déferlante d’analyses sur la mère parfaite dans les blogs. Pour ceux qui ont loupé le début de l’affaire, tout a commencé par un article –discutable- du Monde, qui dénonçait la dictature de la mère parfaite. De nombreuses reprises personnelles de blogueuses y ont fait écho, qui dévoilaient une grande variété de filtres sur le monde de la parentalité. J’ai ri en découvrant la scientifique classification de Miss Lune, j’ai été émue par l’évocation réaliste et juste de Maman Louve et je me suis dit « mais bon sang, c’est ça! » à la conclusion de Mme Elle de La belle Vie Family.

Comme souvent, j’ai profité du week-end dernier pour faire ma petite revue de presse à Papa-Tout-Terrain, dans la voiture –le seul endroit où l’on arrive encore à parler sans être interrompus. Dans un sourire il m’a fait remarquer que nous aussi, dans nos communications via les mails, les réseaux sociaux et maintenant notre blog, nous donnions très certainement l’image d’une existence idyllique et parfaite. Et il a raison!

Ainsi -et parce que j’aime les défis crétins- me suis-je décidée à vous raconter nos moments de solitudes et nos aventures pourries du week-end dernier.

 

Myxomatose

Il faut dire que ça a plutôt bien commencé dans la thématique. Papa-Tout-Terrain s’est levé ce jour-là l’œil aussi gonflé et aussi rouge que s’il s’était battu contre des Anglais ou des Russes. Après l’avoir un peu traité de Quasimodo pour le fun, les enfants et moi l’avons tout de même conduit à l’hôpital.

Les enfants adorent l’hôpital: il y a un escalator et des tas d’ascenseurs. Pendant que Papa-Tout-Terrain s’enregistre, Petit-Un me tire le bras pour faire un tour d’escalator. Petit-Deux, lui, se roule par terre pour qu’on choisisse l’ascenseur. On discute on discute, et on perd Papa-Tout-Terrain. On fait quand même un tour d’escalator. Comme Papa a disparu, Petit-Deux ne moufte pas et nous emboîte le pas pour retrouver le service des conjonctivites. On ne devrait jamais laisser des enfants marcher dans un hôpital, parce qu’un enfant, ça marche en zigzag, à une cadence irrégulière, et ça ne regarde pas devant soi. Bref, je passe mon temps à rattraper l’un ou l’autre de justesse avant qu’il ne télescope un patient. En fin de visite, le bilan n’aura pas été si mauvais: seulement un ou deux malades percutés, et encore, pas gravement atteints.

 

Conjonctivite

Dans l’histoire, on se plante de couloir et une infirmière vient nous récupérer pour nous remettre dans le droit chemin. L’avantage d’en être à notre septième passage à l’hôpital en un mois –dont trois pour conjonctivite-, c’est qu’on est connus comme le loup blanc… et avec la discrétion des enfants, ils ne sont même pas prêts de nous oublier!

Affichage Entreprise - Conjonctivite

Un diagnostic de conjonctivite plus tard, la visite a failli très mal finir quand une infirmière a appuyé sur le bouton de l’ascenseur avant Petit-Deux. Il m’a regardé d’un air scandalisé en s’écriant: « Tu as vu, la dame a appuyé sur le bouton! » Il a fallu laisser l’ascenseur partir –avec l’infirmière- pour recommencer la manœuvre à zéro.

 

Manger un Japonais

Malgré la tête monstrueuse de Papa-Tout-Terrain, nous ne nous sommes pas laissé démonter et avons entrepris d’aller manger au restaurant japonais… Voix courroucée de Petit-Deux: « Non, je ne veux pas manger au restaurant, je veux manger un Japonais!!! ». Oki oki.

Et là, Petit-Un reconnait le centre commercial et se souvient qu’on y a fait un tour de manège, un jour de pluie. « Je veux faire un tour de manège! » « Non! » « Je veux faire un tour de manège! » « Non! » Hoquets et pleurs sur le parking. Il s’effondre, foudroyé, et commence à avancer en mode limace dégoulinante, hurlant et sanglotant. Plusieurs passants le considèrent, d’un œil mi-apitoyé, mi-dégouté. On le charge sous le bras. On remet l’ensemble dans la voiture. Il s’agrippe à la roue. On le pousse à l’intérieur du véhicule en essayant de ne coincer aucun membre à l’extérieur. Dans un sursaut d’énergie, alors qu’il tente une échappée de la dernière chance, on boucle la porte et on clôt le débat en mettant la sécurité enfant. Terrassé, il essuie ses larmes et son nez gluant sur la vitre, histoire d’exposer au monde entier les marques manifestes de son immense malheur.

Embouteillages

« Je veux manger un Japonais » commence à s’égosiller le frère, qui voit que son repas va lui passer sous le nez. On négocie un tour d’ascenseur à la place. Il accepte. A peine de retour à la voiture, il décide néanmoins d’exprimer à son tour sa frustration, à gorge déployée. Concerto de pleurs en la mineur. Sur quarante-cinq minutes de route. Parce que c’est toujours quand les enfants hurlent qu’il y a des embouteillages. Et dire que bientôt on en aura trois comme ça!

 

Se rouler en boule

Bref, on rentre à la maison et y a des jours comme ça ou on à juste envie de se rouler en boule dans le canapé et de plus être dérangé. Sauf que c’est juste incompatible avec le fait d’être parents. Petit-Deux nous le fait bien savoir en courant dans tous les sens, un affreux poulet plumé en plastique à la main, qui fait pouêt-pouêt sans interruption dans un son de volaille mourante.

Alors on met « Les pingouins de Madagascar » et on se roule à quatre et demis sur le canapé. C’est l’histoire d’une pieuvre qui veut se venger de tous les pingouins du monde, parce que les pingouins sont mignons alors qu’elle, elle est moche, et du coup personne ne l’aime. Bref, la pieuvre –qui fait atrocement peur à Petit-Deux- invente une machine qui transforme les pingouins en monstres.

Vers

A ce moment-là, je prends Petit Deux dans les bras –il faut être humain- parce que je veux juste pas bouger et savoir la fin du film. Comme les pingouins monstrueux sont eux aussi devenus moches, les hommes cherchent à les éradiquer. Heureusement, grâce à « l’infinie mignonnerie » du dernier pingouin normal du monde et une utilisation inversée de la machine à monstres, tout le monde reprend son aspect normal et les hommes se remettent à aimer les pingouins, parce qu’ils sont à nouveau beaux. Bravo pour la morale et la tolérance!

 

Plateau télé

Dans la mouvance « on se ramollit en famille », on s’est servi des tartines de tapenade et de mayonnaise devant la télé. De toute façon, on ne peut plus sortir Papa-Tout-Terrain nulle part, avec sa tête de pingouin enragé, et qui continue à empirer, en plus.

Avec ses petites mains, Petit-Deux laisse échapper sa tartine sur le canapé. Cote tapenade bien sûr. Heureusement on a un canapé trop moche en skaï, qui fait vachement transpirer des fesses mais qui est insalissable. Petit-Deux lèche le canapé.

Comme on est très malins, on sert sa tartine de mayonnaise à Petit-Un sur une assiette. La tartine glisse de l’assiette et tombe sur le ventre de Petit-Un, cote mayo, bien sûr. Il me demande de le lécher. Petit-Deux trouve ça marrant et appétissant et se joint à nous. Il se prend une grande baffe de la part de Petit-Un: « Y a que Maman qui a le droit de me lécher! ». Petit-Deux contre-attaque: « I don’t like you anymore! You are not my brother! »… L’anglais ressort parfois dans les moments de colère ou d’excitation. Papa-Tout-Terrain met tout le monde d’accord en essuyant Petit-Un au torchon. Dommage, on commençait tout juste à s’amuser…

 

Orage

Le soir arrive enfin. Il fait chaud et humide. Normal, c’est la saison des pluies. Ce genre de climat a souvent un impact direct sur l’humeur des enfants. Ça n’a pas loupé aujourd’hui. Allez, zou, tous au lit, demain sera un jour meilleur!

Inondations

Au loin on entend l’orage. Petit-Deux revient, tout tremblant, dans notre chambre: « J’ai peur, il y a le ciel qui est en colère! ». C’est malin, il a peur de l’orage depuis qu’on lui a expliqué que le ciel était sûrement en colère parce qu’il jouait trop avec l’Ipad, un jour où nous étions a cours d’arguments. Le positif c’est qu’il ne joue plus à l’Ipad. Mais là il a peur, il ne veut plus dormir, et en plus il veut rester avec nous.

 

Transpirations

On lui fait une place dans le lit et on essaye de s’installer tant bien que mal, et de façon pas trop inconfortable. La pluie tambourine sur le toit en un grondement formidable. Pan, cette fois-ci c’est le courant qui saute. Et la clim, par voie de conséquence. Petit-Deux est effrayé. Il teste tous les interrupteurs de la chambre puis revient se blottir contre moi. Il est chaud et collant. Je ne peux même pas le renvoyer contre son père, rapport à la conjonctivite. Il transpire sacrement de la tête. Et il arrête pas de bouger et de me caresser avec sa paume toute moite. Et cerise sur le gâteau, de l’intérieur, le bébé qui n’aime pas se sentir serré y va de ses coups de pied. Le thermomètre indique 37 degrés.

Inondations

« Tut-tu-tu-ti-ta-tah! » On se réveille en sursaut. C’est bon signe, ça veut dire qu’on s’était endormis, à force. L’électricité est revenue. On a un appareil qui fait « Tut-tu-tu-ti-ta-tah! » super fort à chaque fois qu’on le branche. Et Petit-Deux avait laissé la lumière principale allumée, aussi. Ça ne l’a même pas réveillé, lui. Il dort confortablement installé, les pieds contre la tête de Papa-Tout-Terrain… Qu’il est mignon quand il dort!…

 

Always Look on the Bright Side of Life

(Allez voir ou revoir la vidéo des Monty Python pour le plaisir…)

Pour conclure, et malgré le week-end un poil pourri, tout n’est pas à jeter! De jolis moments et la « mignonnerie infinie » de nos enfants viennent toujours nous rappeler le bonheur d’être ensemble, même entre deux éclats de loose magistraux.

Prenons par exemple ce cafard, qui a traversé notre cuisine dimanche après-midi. Un cafard énorme, gras et brillant, qui devait bien faire la moitié de la longueur de ma main. Bon, les cafards, c’est presque devenus nos copains depuis la Thaïlande. Ils continuent à nous dégoûter un peu, mais on partage notre maison avec eux –pas le choix!- et on en croise bien un ou deux tous les jours…

Serpent

Eh bien devant ce cafard de trop, Petit-Un, qui a un bon sens de l’humour, a parfaitement réagi… Le voilà qui pousse un cri perçant et se perche sur une chaise, mort de rire! Par mimétisme Petit-Deux, qui a eu un peu peur, lui, quand même, se réfugie également en hauteur. Vu le potentiel de rigolade, je leur emboite le pas! Et d’enchaîner sur des hurlements stridents pour rameuter Papa-Tout-Terrain à grands éclats de voix.

Quand notre sauveur arrive, l’œil toujours gonflé mais en plus un peu interloqué, il nous retrouve tous debout sur la table de la cuisine, les bras en l’air, en slip pour les garçons, et pointant du doigt la bestiole, d’un air malicieusement apeuré! Ayant vaillamment jeté l’animal dehors, notre héros sera acclamé et porté en triomphe par la foule en délire, qui ne parvient même plus à reprendre haleine a force de scander son nom!

 

… Comme quoi, la famille parfaite, c’est vraiment pas nous mais… « Nobody’s perfect »!

 

Crevaison

Note à moi-même:

Quand tout merdouille, toujours penser à prendre des photos histoire de pouvoir illustrer un hypothétique article sur mon blog. Du coup désolée, j’ai juste fait au mieux pour égayer mon texte de quelques-uns de nos vieux clichés dans la thématique…

 

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Ce que mange un expat en huit questions

Les copains de France comme les collègues thaïs nous ont souvent posé la question de ce que mange un expat, au quotidien… Quand nous vivions à Shanghai, dans les supermarchés, les inconnus Chinois n’hésitaient même pas à aller fouiller notre chariot pour savoir ce que nous pouvions bien acheter (oui oui, mais on s’habitue… c’est fait gentiment). Au début je trouvais ça bizarre, parce qu’on ne s’est jamais tellement questionnés sur le sujet et les choses se sont faites naturellement…

Mais en fait, il est vrai qu’en vivant au croisement de plusieurs cultures, nos habitudes alimentaires se sont forcément adaptées et ont évolué pour créer notre environnement culinaire spécifique… Bref, un petit point sur le sujet, que j’ai écrit avec grand plaisir… parce que chez nous, on adore la bouffe, la manger et en parler!

 

1. T’en as pas marre du riz?

Ben oui! Enfin moi oui! Je n’ai jamais aimé ni la texture ni le gout du riz, et après la première année en Chine ben j’ai arrêté le riz! Je fais quelques exceptions pour le riz gluant thaï, ou des desserts à base de riz, mais c’est tout. Ca étonne toujours nos amis locaux qui du coup se disent que je dois avoir faim, mais finalement, les plats de légumes et de viande, c’est bien meilleur!

Khao Niao Mamuang

Papa-Tout-Terrain c’est tout le contraire. Il mange du riz tous les jours depuis qu’on s’est rencontrés et il en est ravi. L’autre jour, il me disait que quand on quitterait l’Asie, il faudrait absolument acheter un « rice cooker » avant de partir, parce que le riz allait trop lui manquer.

Les enfants, ils mangent du riz tous les jours aussi, mais ce n’est pas vraiment une référence, parce qu’eux, on pourrait les nourrir que de pâtes et de riz en ce moment. C’est des enfants, quoi.

 

2. Alors vous mangez « thaï » à tous les repas?

Ben non. On peut aimer son pays d’expatriation sans en déguster les spécialités tout le temps. Je mets d’ailleurs au défi n’importe quel Français de France, de notre génération, de manger de la blanquette ou du cassoulet tous les jours! Le plaisir est dans la variété. Nous passons du thaï au mexicain au chinois au français, sans méthode, au gré de nos envies et des ingrédients sur lesquels nous tombons.

En revanche, il est vrai que la base de notre alimentation ici est thaïe. Le midi c est cantine locale pour tout le monde. En week-end et en voyage, c’est souvent thaï aussi, parce que facile à trouver et très bon!… Et le soir, si on n’a pas le temps de cuisiner, on rapporte de la nourriture locale des petits marchés du coin!

Repas Thai rapporte du marche

 

3. Et vous cuisinez souvent « thaï »?

Non plus. Jamais en fait. C’est très simple et pas cher d‘acheter de bons plats locaux sur des marchés ou dans des restaurants, à emporter. Même nos collègues thaïs font ça, parce que préparer la cuisine traditionnelle est plutôt chronophage. Avec le temps, finalement, on a appris à faire un certain nombre de plats d’ici, qu’ on garde sous le coude pour faire goûter à la famille et aux copains quand on rentre en France, et qu’on refera quand on aura quitté la Thaïlande et que la bouffe d’ici nous manquera!

Plat Thai

 

4. Ben, vous cuisinez jamais, alors?

Chez nous si, on cuisine beaucoup, parce qu’on doit avouer qu’on a un petit faible pour tout ce qui est de manger et pour la convivialité des repas en famille et entre amis. Les soirs de semaine, on cuisine à l’occidentale parce que ça va plus vite: on est bien entrainés. Comme tout le monde, on fait des quiches, des gratins, des soupes chaudes et froides, des pâtes, des salades, des pizzas. On fait tout « maison » car les plats préparés ne sont pas très répandus, ici, et qu’en plus on trouve ça pas très bon. On limite juste un peu l’utilisation du fromage, parce qu’on ne trouve pas beaucoup de variétés, et que les prix ne sont pas en rapport avec la qualité.

Tomates Farcies

 

5. Vous trouvez de tout ici?

Quand on cherche vraiment, on trouve de tout, mais ça peut coûter cher et il faut parfois faire beaucoup de kilomètres. Du coup, on restreint notre cuisine aux ingrédients qu’on trouve facilement. Pour la viande, par exemple, on finit par surtout manger du poulet, car les autres viandes sont plus difficiles à trouver, ou alors médiocres. Il y a bien sur des boucheries spécialisées avec d’excellents morceaux, mais à raison de cent kilomètres l’aller-retour, le bilan carbone est plutôt élevé! Au fil du temps nous glissons donc vers de plus en plus de repas végétariens.

On passe au vegetarien...

En revanche, c’est parfois un plaisir de retrouver des spécialités de chez nous. Une fois tous les deux ou trois mois, nous faisons une grande expédition dans un supermarché plus occidentalisé et rapportons boudin noir et boudin blanc, pâtes feuilletées, camembert, chocolat, tarte aux pommes et saucisson. C’est souvent notre bon plan des week-ends de découragement ou de déprime!

 

6. Il ne vous manque rien alors?

Presque rien, et ce qu’on ne trouve pas facilement, on a des petits trucs pour compenser. A chaque fois qu’on rentre en France, on bourre la valise de « pâtés-de-Mamie-Tout-Terrain », qui prépare avec amour terrines et rillettes à notre intention. De France, nous rapportons aussi de la pâte à sucre et des déco pour les gâteaux d’anniversaire, moments primordiaux de la vie des enfants. Ca justifie bien le poids dans la valise.

Vive la pate a sucre!

Et des morilles, pour les jours exceptionnels, parce que c’est léger et très bon!

Magrets de Canard aux morilles

Nous faisons régulièrement notre pain. A Shanghai on en trouvait du bon, ici on cherche toujours… en même temps c est pas long, ce n’est pas très difficile, et ça épate les copains. Ça marche aussi pour la brioche, le pain viennois et les bretzels… Un délice!

Pain Maison

Et pour finir, j’ai appris à faire les rillettes de canard (ou de poulet en désespoir de cause) et le pâté en croûte. Ca date de ma première grossesse, parce qu’on n’était pas sûrs du respect de la chaîne du froid dans les commerces chinois et qu’on ne voulait pas prendre de risques sanitaires. Apres, j’ai aussi voulu acheter un cochon entier, pour en faire des pâtés, mais Papa-Tout-Terrain a refusé. Il parait que c’était une lubie de femme enceinte… Dommage, j’aurais trouvé ça cool. Et vous, l’idée ne vous a jamais caressé l’esprit?

 

7. Et vous buvez quoi?

De l’eau comme tout le monde. Et puis du thé et de l’eau chaude depuis la Chine. Et puis des noix de cocos depuis la Thaïlande. Et de la bière, qui est légère et fruitée en Asie. Elle est très bonne mais pas vraiment forte!

Mercurey Premier Cru

En Chine le vin était un peu cher mais pas trop. En Thaïlande c’est la loose, car il y a des taxes très prohibitives à l’importation d’alcool. C’est à peine si à 20 euros on a une bouteille de super piquette! Ar ailleurs, le vin se conserve mal, ici, à cause de la chaleur… Du coup, nous rapportons un tout petit peu d’excellents vins de France, que nous réservons seulement aux très grandes occasions (merci aux Grand-Parents-Tout-Terrain pour les cadeaux!!!)

Chateau-Chalon 2006

En parallèle, on s’est mis aux digestifs, fort taxés aussi, mais qu’on consomme forcément en quantités moindres… et puis entre les enfants-qui-dorment-pas-la-nuit, les grossesses et les allaitements, c’est pas comme si on avait l’occasion de picoler beaucoup!

 

8. Vous mangez quoi quand vous rentrez en France?

Nous avons beaucoup de chance parce les Grands-Parents-Tout-Terrain sont de fins cuisiniers et mettent toujours les petits plats dans les grands pour nous recevoir. Ils connaissent les plats que nous aimons et qui nous font plaisir. Ils nous gâtent ainsi dès la descente de l’avion et jusqu’ au dernier jour! Nous avons beaucoup de plaisir à passer de beaux moments conviviaux, à table, en retrouvant la famille! Du coup, c’est bizarre, on repart toujours avec plus de kilos qu’on était venus…

 

Et vous quelles sont vos spécialités et vos spécificités culinaires? Ça vous arrive de manger « thaï »?

 

Bonus

Scolarisés dans une école américaine, les enfants découvrent aussi, petit à petit, les « spécialités » d’outre-Atlantique. Récemment, je leur ai préparé un plat de « jelly », qu’ils ne connaissaient pas… vous savez, c’est ce dessert qui fait « blop blop » dès que ça bouge un peu. Petit-Deux a sauté de joie: « Oh, un dessert à caresser! ». Je ne sais pas d’où lui vient l’idée, mais effectivement, à chaque fois qu’on lui propose de la jelly, il prend le temps de la caresser longuement, avant de l’engloutir!

 

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Laques de Birmanie: le hsun ok

« Mamaaaaan! » Je lève les yeux de mon plat de lasagnes, un peu rassurée d’entendre les enfants après de longs moments de silence. Toutes les Mamans du monde savent bien que trop de tranquillité est souvent synonyme d’une bêtise en préparation. Petit-Un pousse Petit-Deux du coude. C’est visiblement lui qui sera en charge de formuler la demande. Sans doute parce qu’il est le plus petit, les enfants ont dû estimer qu’il aurait plus de chances de succès.

« Maman, on peut prendre ton gâteau d’anniversaire dans la chambre? » Quatre petits yeux me dardent, implorants. Ce n’est pas mon anniversaire et je n’ai pas fait de gâteau. De quoi parlent-ils? Bien à son rôle, Petit-Deux me prend par la main et me conduit sur les lieux du crime. « Aghhh! Ce n’est pas du tout du tout un gâteau d’anniversaire! » Deuxième « Aghhh! », plus sonore, quand je vois les boulettes de pâtes à modeler déjà apprêtées, pour décorer le « gâteau »…

« Qu’est-ce que c’est, alors, si ce n’est pas un gâteau d’anniversaire? », poursuit Petit-Deux, tenace. J’essaie de rassembler mes souvenirs. Il s’agit d’un contenant de laque, provenant de Birmanie. Papa-Tout-Terrain l’avait déniché dans une petite échoppe du sud de Pattaya, qui importe des meubles de Bali et du Myanmar, et que nous fréquentons régulièrement. Ce jour-là, rien n’avait retenu notre attention. Le vendeur, déçu, nous avait alors introduits dans sa réserve, une pièce sombre et biscornue, pleine de bric-à-brac et de moustiques, et dans laquelle on ne pouvait s’orienter qu’à la lampe de poche. Tout y était bien trop fragile pour nos éléphants de garçons, qui avaient alors été installés en arrière-boutique, sur le lit du vendeur, et devant un dessin anime de chats.

Hsun ok

Nous avions questionné le commerçant sur les origines et la destination de cette grosse boite articulée en deux éléments, et dont la forme nous intriguait. Il s’agissait semble-t-il d’un cadeau de mariage traditionnel, et qui était ensuite utilisé, dans les familles birmanes, pour porter aux temples des offrandes de riz et des fruits. Ces énormes réceptacles étaient transportés sur la tête. Celui-ci –de fabrication récente- provenait sans doute de la région de Bagan, centre historique du travail de la laque, dans le pays.

Notre interlocuteur est ensuite revenu sur le travail de la laque. Arrivées de Chine autour du seizième siècle, les techniques de laquage se sont progressivement implantées dans l’industrie birmane, jusqu’à devenir un pilier de ses arts traditionnels. Au début du vingtième siècle, la laque était non seulement utilisée pour la réalisation de contenants pour les offrandes religieuses, mais aussi pour certaines vaisselles du quotidien.

Hsun ok

« Il faut souvent près de six mois pour la confection d’un objet laqué« , a ajouté notre interlocuteur. On façonne d’abord une base de bambou, à laquelle on confère la forme voulue. Nous le confirmons en soupesant l’objet: il est étonnamment léger. L’artisan étale ensuite une première couche d’une pâte de résine d’arbre et de sable. La matériau d’origine est plutôt orangé, mais foncera au séchage, pour devenir rouge ou noir. On laisse sécher une dizaine de jours avant d’appliquer une seconde couche, qui doit à son tour sécher, ainsi de suite jusqu’ à atteindre sept à douze couches, selon la qualité de l’objet.

Toutes les couches sont appliquées à la main, pour plus de précision et de finesse. Les dernières couches sont recouvertes d’une pâte plus fine, à base de cendres et de résine, cette fois ci. Les décorations sont ensuite gravées à la main, avant le passage d’une dernière couche de protection, transparente.

Hsun ok

« Ça ne vaut pas grand-chose », conclut le commerçant en haussant les épaules, « on en trouve partout… » Il nous en propose un bon prix que nous acceptons. Nous ne connaissons pas la valeur de l’objet mais en apprécions sa finesse. Satisfait d’avoir tout de même fait affaire, notre vendeur lustre l’objet au cirage transparent avant de nous le remettre. Depuis lors, il trône au centre de la table de notre salle à manger… et nous ignorions que depuis lors, les enfants le prenaient pour un gâteau d’anniversaire.

Fouiller dans mes souvenirs a aiguisé ma curiosité. Quelques recherches Google plus tard, je découvre que ce type de vaisselle est un classique de l’artisanat birman, et que l’objet se nomme hsun ok. De la forme d’un large stupa (édifice religieux bouddhiste), le hsun ok servait de contenant pour les offrandes religieuses, mais aussi de récipient à la table des familles royales. Sa forme semble très codifiée: une large base qui se resserre un en pied de colonnettes, puis s’évase à nouveau pour former une large panse destinée aux offrandes. Le couvercle enfin s’élève en un ou plusieurs bulbes décoratifs, surplombés d’élégantes moulures tournées.

Hsun ok

Mes explications culturelles et techniques ont d’abord intéressé les garçons… puis nettement moins à partir du moment où ils ont compris qu’ils n’auraient pas l’autorisation de décorer notre hsun ok de pâte à modeler, de toute façon. On a finalement ressorti la base « gâteau » en plastique de Play-Doh, cadeau des Grands-Parents-Tout-Terrain. Au moment où je vous écris, l’entreprise artistique des enfants est d’ailleurs en bonne voie: boulettes et boudins multicolores constellent désormais les différents étages de leur pâtisserie…

Hsun ok

… De retour à mes lasagnes, je me prends à rêver d’une expédition prochaine en Birmanie, à la découverte des fabriques de laque de Bagan…

Hsun ok

 

 

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