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Mai 30

Ce que mange un expat en huit questions

Les copains de France comme les collègues thaïs nous ont souvent posé la question de ce que mange un expat, au quotidien… Quand nous vivions à Shanghai, dans les supermarchés, les inconnus Chinois n’hésitaient même pas à aller fouiller notre chariot pour savoir ce que nous pouvions bien acheter (oui oui, mais on s’habitue… c’est fait gentiment). Au début je trouvais ça bizarre, parce qu’on ne s’est jamais tellement questionnés sur le sujet et les choses se sont faites naturellement…

Mais en fait, il est vrai qu’en vivant au croisement de plusieurs cultures, nos habitudes alimentaires se sont forcément adaptées et ont évolué pour créer notre environnement culinaire spécifique… Bref, un petit point sur le sujet, que j’ai écrit avec grand plaisir… parce que chez nous, on adore la bouffe, la manger et en parler!

 

1. T’en as pas marre du riz?

Ben oui! Enfin moi oui! Je n’ai jamais aimé ni la texture ni le gout du riz, et après la première année en Chine ben j’ai arrêté le riz! Je fais quelques exceptions pour le riz gluant thaï, ou des desserts à base de riz, mais c’est tout. Ca étonne toujours nos amis locaux qui du coup se disent que je dois avoir faim, mais finalement, les plats de légumes et de viande, c’est bien meilleur!

Khao Niao Mamuang

Papa-Tout-Terrain c’est tout le contraire. Il mange du riz tous les jours depuis qu’on s’est rencontrés et il en est ravi. L’autre jour, il me disait que quand on quitterait l’Asie, il faudrait absolument acheter un « rice cooker » avant de partir, parce que le riz allait trop lui manquer.

Les enfants, ils mangent du riz tous les jours aussi, mais ce n’est pas vraiment une référence, parce qu’eux, on pourrait les nourrir que de pâtes et de riz en ce moment. C’est des enfants, quoi.

 

2. Alors vous mangez « thaï » à tous les repas?

Ben non. On peut aimer son pays d’expatriation sans en déguster les spécialités tout le temps. Je mets d’ailleurs au défi n’importe quel Français de France, de notre génération, de manger de la blanquette ou du cassoulet tous les jours! Le plaisir est dans la variété. Nous passons du thaï au mexicain au chinois au français, sans méthode, au gré de nos envies et des ingrédients sur lesquels nous tombons.

En revanche, il est vrai que la base de notre alimentation ici est thaïe. Le midi c est cantine locale pour tout le monde. En week-end et en voyage, c’est souvent thaï aussi, parce que facile à trouver et très bon!… Et le soir, si on n’a pas le temps de cuisiner, on rapporte de la nourriture locale des petits marchés du coin!

Repas Thai rapporte du marche

 

3. Et vous cuisinez souvent « thaï »?

Non plus. Jamais en fait. C’est très simple et pas cher d‘acheter de bons plats locaux sur des marchés ou dans des restaurants, à emporter. Même nos collègues thaïs font ça, parce que préparer la cuisine traditionnelle est plutôt chronophage. Avec le temps, finalement, on a appris à faire un certain nombre de plats d’ici, qu’ on garde sous le coude pour faire goûter à la famille et aux copains quand on rentre en France, et qu’on refera quand on aura quitté la Thaïlande et que la bouffe d’ici nous manquera!

Plat Thai

 

4. Ben, vous cuisinez jamais, alors?

Chez nous si, on cuisine beaucoup, parce qu’on doit avouer qu’on a un petit faible pour tout ce qui est de manger et pour la convivialité des repas en famille et entre amis. Les soirs de semaine, on cuisine à l’occidentale parce que ça va plus vite: on est bien entrainés. Comme tout le monde, on fait des quiches, des gratins, des soupes chaudes et froides, des pâtes, des salades, des pizzas. On fait tout « maison » car les plats préparés ne sont pas très répandus, ici, et qu’en plus on trouve ça pas très bon. On limite juste un peu l’utilisation du fromage, parce qu’on ne trouve pas beaucoup de variétés, et que les prix ne sont pas en rapport avec la qualité.

Tomates Farcies

 

5. Vous trouvez de tout ici?

Quand on cherche vraiment, on trouve de tout, mais ça peut coûter cher et il faut parfois faire beaucoup de kilomètres. Du coup, on restreint notre cuisine aux ingrédients qu’on trouve facilement. Pour la viande, par exemple, on finit par surtout manger du poulet, car les autres viandes sont plus difficiles à trouver, ou alors médiocres. Il y a bien sur des boucheries spécialisées avec d’excellents morceaux, mais à raison de cent kilomètres l’aller-retour, le bilan carbone est plutôt élevé! Au fil du temps nous glissons donc vers de plus en plus de repas végétariens.

On passe au vegetarien...

En revanche, c’est parfois un plaisir de retrouver des spécialités de chez nous. Une fois tous les deux ou trois mois, nous faisons une grande expédition dans un supermarché plus occidentalisé et rapportons boudin noir et boudin blanc, pâtes feuilletées, camembert, chocolat, tarte aux pommes et saucisson. C’est souvent notre bon plan des week-ends de découragement ou de déprime!

 

6. Il ne vous manque rien alors?

Presque rien, et ce qu’on ne trouve pas facilement, on a des petits trucs pour compenser. A chaque fois qu’on rentre en France, on bourre la valise de « pâtés-de-Mamie-Tout-Terrain », qui prépare avec amour terrines et rillettes à notre intention. De France, nous rapportons aussi de la pâte à sucre et des déco pour les gâteaux d’anniversaire, moments primordiaux de la vie des enfants. Ca justifie bien le poids dans la valise.

Vive la pate a sucre!

Et des morilles, pour les jours exceptionnels, parce que c’est léger et très bon!

Magrets de Canard aux morilles

Nous faisons régulièrement notre pain. A Shanghai on en trouvait du bon, ici on cherche toujours… en même temps c est pas long, ce n’est pas très difficile, et ça épate les copains. Ça marche aussi pour la brioche, le pain viennois et les bretzels… Un délice!

Pain Maison

Et pour finir, j’ai appris à faire les rillettes de canard (ou de poulet en désespoir de cause) et le pâté en croûte. Ca date de ma première grossesse, parce qu’on n’était pas sûrs du respect de la chaîne du froid dans les commerces chinois et qu’on ne voulait pas prendre de risques sanitaires. Apres, j’ai aussi voulu acheter un cochon entier, pour en faire des pâtés, mais Papa-Tout-Terrain a refusé. Il parait que c’était une lubie de femme enceinte… Dommage, j’aurais trouvé ça cool. Et vous, l’idée ne vous a jamais caressé l’esprit?

 

7. Et vous buvez quoi?

De l’eau comme tout le monde. Et puis du thé et de l’eau chaude depuis la Chine. Et puis des noix de cocos depuis la Thaïlande. Et de la bière, qui est légère et fruitée en Asie. Elle est très bonne mais pas vraiment forte!

Mercurey Premier Cru

En Chine le vin était un peu cher mais pas trop. En Thaïlande c’est la loose, car il y a des taxes très prohibitives à l’importation d’alcool. C’est à peine si à 20 euros on a une bouteille de super piquette! Ar ailleurs, le vin se conserve mal, ici, à cause de la chaleur… Du coup, nous rapportons un tout petit peu d’excellents vins de France, que nous réservons seulement aux très grandes occasions (merci aux Grand-Parents-Tout-Terrain pour les cadeaux!!!)

Chateau-Chalon 2006

En parallèle, on s’est mis aux digestifs, fort taxés aussi, mais qu’on consomme forcément en quantités moindres… et puis entre les enfants-qui-dorment-pas-la-nuit, les grossesses et les allaitements, c’est pas comme si on avait l’occasion de picoler beaucoup!

 

8. Vous mangez quoi quand vous rentrez en France?

Nous avons beaucoup de chance parce les Grands-Parents-Tout-Terrain sont de fins cuisiniers et mettent toujours les petits plats dans les grands pour nous recevoir. Ils connaissent les plats que nous aimons et qui nous font plaisir. Ils nous gâtent ainsi dès la descente de l’avion et jusqu’ au dernier jour! Nous avons beaucoup de plaisir à passer de beaux moments conviviaux, à table, en retrouvant la famille! Du coup, c’est bizarre, on repart toujours avec plus de kilos qu’on était venus…

 

Et vous quelles sont vos spécialités et vos spécificités culinaires? Ça vous arrive de manger « thaï »?

 

Bonus

Scolarisés dans une école américaine, les enfants découvrent aussi, petit à petit, les « spécialités » d’outre-Atlantique. Récemment, je leur ai préparé un plat de « jelly », qu’ils ne connaissaient pas… vous savez, c’est ce dessert qui fait « blop blop » dès que ça bouge un peu. Petit-Deux a sauté de joie: « Oh, un dessert à caresser! ». Je ne sais pas d’où lui vient l’idée, mais effectivement, à chaque fois qu’on lui propose de la jelly, il prend le temps de la caresser longuement, avant de l’engloutir!

 

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(3 commentaires)

1 ping

  1. Themetis

    J’ai vécu une année au nord de la Chine et je mangeais beaucoup de pain et de nouilles (le riz est plus au sud). Par contre, j’ai une certaine nostalgie de cette cuisine et je fais encore des plats chinois à ma famille de temps en temps. Je cuisine aussi sénégalais pour faire plaisir à mon chéri et français, évidemment, et puis québécois, de temps en temps (mais je préfère de loin la cuisine chinoise)… Un expat ça mange de tout mais de temps en temps, un retour aux sources est essentiel (une bonne baguette avec du bon beurre salé!)

    1. Maman-Tout-Terrain

      Ca alors! C’est amusant! Je ne savais pas du tout que tu avais vécu en Chine! C’est vrai que la cuisine chinoise est délicieuse… mais chronophage, surtout quand il s’agit de faire des jiaozi! Sinon tout pareil que vous, à chacun de nos retours, nous sautons sur les tartines de beurre, au grand étonnement du reste de la famille!
      Je vois que la cuisine dans votre famille est riche en diversité!… C’est super chouette! Et je dois dire que ca me fait plaisir de lire un peu de ce que vous mangez… J’adore ton blog que je suis très régulièrement, et du coup c’est très sympa d’en savoir un peu plus sur toi et de connaitre le contenu de ton assiette 🙂

      (PS: Désolée de répondre tard… Ca galère un peu a la maison ces temps-cis)

  2. armando

    bonne idée celle du cochon ..

  1. Les Amis d'Hello-famille #1 : Parents Tout Terrain | Hello Famille

    […] à lire, nous avons fait de belles découvertes sur tous les thèmes, l’article sur Ce que mange un expat est très […]

Un petit commentaire me fait toujours plaisir...