Grossesses en Chine – Une p’tite césarienne?

Trente-neuf semaines aujourd’hui. L’arrivée de Petit-Trois se rapproche. Je suis en conge maternité. Je me repose en regardant mes deux grands diablotins batifoler sur leurs trottinettes. Batifoler vigoureusement, hein, on s’entend. Petit-Deux s’est fait rouler sur le pied. Il a un ongle tout noir et moche qui va tomber. Petit-Un a un genoux en sang. Le concept de jouer calmement ne semble pas évoquer la moindre étincelle d’intelligence chez eux.

Grossesses en Chine

Avec un brin de nostalgie, je repense à leur arrivée, en Chine. Je réalise que j’ai déjà évoqué ici mes grossesses à l’étranger, en en omettant la conclusion. Allez, parce que ça me fait plaisir, je m’en vais vous raconter ça!

 

Hôpitaux de Chine

Petit-Un tout juste installé, la question s’est posée rapidement de savoir où j’accoucherais. Il y a plein d’hôpitaux à Shanghai et j’avais jusque-là surtout fréquenté les établissements de quartier, destinés au commun des mortels. Il s’agissait d’une médecine de masse, à l’image de la population chinoise. Après l’enregistrement, on nous indiquait un numéro de bureau, on rejoignait une file déjà longue de patients, et on attendait debout son tour. Dans la queue, il n’était pas rare que les malades fument pour tuer le temps. Dans mes premières années en Chine, il arrivait souvent, aussi, de voir les gens cracher par terre dans les couloirs. C’est culturel.

Le moment qui me fascinait le plus était celui de la prise de sang, presque systématique avant le diagnostic. On rejoignait une autre file d’attente, devant une petite fenêtre. A tour de rôle, chacun tendait son bras par l’ouverture et se voyait prélever quelques gouttes de sang par un employé quasi invisible. Ca faisait hyper futuriste comme concept!

Grossesses en Chine

Parfois, j’avais droit à un service VIP: j’étais accompagnée par un employé anglophone qui me faisait doubler tout le monde dans les files d’attente. Parfois je devais faire la queue et me débrouiller en chinois. J’étais alors toute jeune étudiante: j’avais le temps, la patience, et ça forge le caractère! Je ne garde d’ailleurs que de bons souvenirs de ce temps-là.

 

Le choix de l’hôpital

Quand il s’est agi de la naissance de Petit-Un, Papa-Tout-Terrain et moi-même nous sommes vite accordés sur le fait qu’un poil plus de confort médical ne serait pas superflu. Papa-Tout-Terrain ne parlait pas du tout chinois. Et pour ma part, je n’étais pas sûre de vouloir sortir mon dictionnaire de mandarin pour vérifier les tons quand on me dirait: « Poussez Madame! »

Grossesses en Chine

Un appel à mon assurance a confirmé que j’étais très bien couverte. Et comme nous ne faisons pas les choses à moitié, nous avons opté pour l’hôpital américain le plus cher de la ville (et donc sans doute du pays). En Chine, il est de bon ton d’être riche et de le montrer. Choisir d’accoucher dans cet hôpital était donc du meilleur goût. Ayant ainsi donné la preuve de notre statut social, nous avons immédiatement gagné l’estime de tous nos voisins, naturellement informés en temps réel par notre nounou. Très vite, plusieurs Mamans des alentours m’ont félicitée pour ce choix éclairé… et d’enchaîner immédiatement sur la question…

 

« Vous avez déjà choisi la date de la naissance? »

Euh, comment ça, on peut choisir? Ce n’est pas plutôt le bébé qui choisit? Biiim, mauvaise réponse! Quand on a les moyens, on accouche par césarienne! Bah oui, quoi, une césarienne, c’est tellement plus confortable: non seulement on n’a pas mal, mais en plus on peut décider de la date! Effectivement, les statistiques confirment qu’à Shanghai, 68% des naissances se font par césarienne. Bon, ce n’est pas vraiment ma tasse de thé, mais il y a tout de même des raisons. Des bonnes et des moins bonnes.

Grossesses en Chine

D’abord, l’accès à la péridurale est très limité. Peu d’hôpitaux la proposent. Et même s’ils la proposent, ce n’est en général qu’en semaine et en journée. C’est un peu la roulette russe. Beaucoup de mes amies chinoises ont donc opté pour une solution « sans douleur »: la césarienne. On peut les comprendre.

Par ailleurs, la date de la naissance revêt aussi une importance déterminante. Mieux vaut naître à une date faste du calendrier chinois pour ne pas avoir un destin tout pourri. Et avant le premier septembre pour « ne pas perdre une année scolaire ». Et puis, si comme Petit-Deux, vous arrivez tout à la fin de la faste année du dragon, autant éviter de voir le jour sous le signe du serpent, à quelques jours près. Etre dragon, ça pète sacrément plus! Il y avait d’ailleurs tant et tant de naissance à cette époque que nous avons dû réserver et payer l’accouchement des mois à l’avance, pour « garder la place »!

Côté médecin, la césarienne a également ses avantages. Elle est facturée plus cher, va plus vite, et permet de planifier et d’optimiser l’utilisation des ressources. Bref, ça arrange tout le monde.

Et puis, c’est si « chic », une césarienne, vu que ça coute plus cher!

 

A l’approche du terme

Bref, j’ai choisi des accouchements par voie basse, envers et contre toute logique de reconnaissance sociale. Jusqu’à trente-six semaines, tout allait bien. Juste un peu d’impatience et d’excitation à l’idée d’avoir mes bébés dans les bras. Et puis, à partir de trente-sept semaines vient l’heure ordinaire de la césarienne. Faudrait surtout pas risquer un accouchement naturel, hein!

Les visites de contrôle à l’hôpital se font alors hebdomadaires. Puis bi-hebdomadaire. C’est un peu stressant. D’autant qu’à l’échographie, on trouve que mes bébés de trois kilos sont drôlement gros, vu que rares sont ceux qui « restent au chaud » si longtemps.

Grossesses en Chine

A quarante semaines, ça y est, j’ai dépassé le terme -qui compte sept jours de moins en Asie. Paf, des visites tous les deux jours et des propositions de déclanchement à gogo! Chacun fait ce qu’il veut mais pour ma part je préfère éviter: dans un pays avec un taux de césariennes si élevé, j’imagine bien la conclusion naturelle, des fois que le travail se prolonge un poil…

Il est temps de prendre les choses en main. Par chance, nous habitons au sommet d’un bel immeuble au design moderne. J’opte donc une escalade bi-quotidienne de nos trente-six étages, dopée aux hormones de grossesse et à la peur du déclenchement. Papa-Tout-Terrain me suit bravement, par solidarité, mais sans les hormones. Je trouve qu’il traîne un peu, d’ailleurs.

 

Le terme

Quarante-et-une semaine et cinq jours: j’apprends qu’on ne me laissera pas dépasser les quarante-deux semaines. La date du déclenchement est fixée à deux jours plus tard. En panique, j’entraîne Papa-Tout-Terrain dans une marche forcée d’une quinzaine de kilomètres, ventre à terre, dans le dédale des rues de Shanghai.

Grossesses en Chine

Au terme d’une après-midi de course effrénée, Papa-Tout-Terrain demandera grâce. « Ok, on rentre! » Je m’apprête à rebrousser chemin à pieds. Papa-Tout-Terrain me regarde alors avec un air pas commode du tout: « En taxi! »… Il n’a pas la tête de quelqu’un qui plaisante. J’essaie piteusement de négocier pour rentrer seule en marchant, mais il me regarde avec des sourcils courroucés et je rends les armes. Pour Petit-Un comme pour Petit-Deux, le travail se déclenchera enfin à quarante-et-une semaines et six jours. Ils naitront tous deux, à vingt moins d’écart, au matin de la quarante-deuxième semaine.

Grossesses en Chine

Au moment de la naissance, une grande crainte répandue parmi mes collègues chinois était l’échange volontaire ou accidentel de leur bébé. Papa-Tout-Terrain avait été bien briefé. Dès l’expulsion, il devrait tracer une marque reconnaissable à l’encre indélébile sur le pied de l’enfant, pour se prémunir contre toute inversion. La question ne s’est finalement pas posée, car nous avons pu toujours garder nos bébés près de nous.

Après la naissance

Après l’accouchement, une jeune mère ne se lève pas, en Chine. Elle doit traditionnellement rester alitée pendant un mois (sans prendre de douche). Durant cette période, elle ne doit pas boire d’eau froide, et elle est nourrie de soupes aux œufs et autres potions fortifiantes.

Il existe des établissements dédiés au rétablissement post-partum, avec des armées de nurses qui s’occupent des enfants et ne les rendent aux jeunes Mamans que pour les tétées. Pour les moins aisés, c’est la belle-mère qui tient ce rôle, à la maison. Pour les plus riches, il est possible de louer ces services à domicile. Vers la fin de l’année du dragon, il y avait d’ailleurs tant de naissances qu’on a failli se faire piquer notre nounou, comme ça!

Grossesses en Chine

Enfin, l’allaitement n’est plus toujours la norme, pour les citadines. Il est souvent jugé fatigant et trop contraignant. Et il est tellement plus chic d’allaiter son enfant avec du lait acheté, lorsqu’on en a les moyens! Le marketing étant passé par là, les plus petits seront volontiers nourris au colostrum de vache, en poudre. Et le summum bien sûr est le lait importé, qui transite par tonnes, et au marché noir, via Hong Kong!

 

L’hurluberlue

Bien au courant des normes du pays, j’ai fermement décidé de n’en faire aucun cas. Pas pour être contrariante. Mais une douche après l’accouchement m’a semblée rafraîchissante. Et je ne voyais pas trop ce que j’aurais bien pu faire, au lit, pendant un mois. Quelques jours après mes accouchements, je retournais donc faire mes emplettes au marché du coin de la rue. J’y ai acquis, auprès de tous les commerçants, une réputation de forte femme (c’est ce qu’ils me disaient poliment) ou plutôt d’inconsciente (c’est ce qu’ils pensaient très très fort).

C’était encore pire avec mes bébés. Très vite, je les ai sortis en plein air, alors qu’un nouveau-né est généralement conservé six mois sous cloche à la maison. Vous n’imaginez même pas combien de fois j’ai pu mentir à des mamies un peu collantes, prétendant que mon bébé de deux semaines avait six mois. « Il n’est pas bien gros, tout de même… » Et moi, évasive, de confirmer que « oui, oui, il est plutôt petit pour son âge… »
Grossesses en Chine

Plus épouvantable encore, je promenais Petit-Un sans chaussettes! Un bébé ne doit jamais sortir sans chaussettes! Même si, en l’occurrence, c’était le plein été et qu’il faisait quarante degrés à Shanghai. Les chaussettes, c’est sacré! Mon acte était tellement criminel que même des adolescents m’ont hélée dans la rue, pour me signaler le manquement… Et que ma nounou m’a suppliée, pour garder la face parmi le voisinage, de « chaussetter » mes enfants lorsqu’elle en était en charge!

 

Nouveau challenge

On ne sait pas trop quand Petit-Trois arrivera mais elle finira bien par arriver, je pense. Nouveau pays, nouvelles coutumes: quelles traditions inattendues allons-nous découvrir, en Thaïlande? N’ayez crainte en tout cas, je ne manquerai pas de tout venir vous raconter!

 

 

En guise de Post-Scriptum

Petite note cordiale et sympathique à l’ intention de ceux qui souhaitent interagir avec moi dans les semaines à venir:

  • Oui, je suis prête à déchiqueter avec les dents quiconque me demandera si j’ai accouché
  • Oui, ma durée gestationnelle se rapproche de celle de l’éléphante. Pas la peine de plaisanter avec ça!
  • Oui, je ressemble à une baleine flatulente et oui mon ventre est encombrant
  • Oui Papa-Tout-Terrain, les 36 étages, c’est pour bientôt, tu peux commencer à t’échauffer
  • Non je ne suis pas agressive, je ne suis pas pleine d’hormones et je ne vois pas de quoi vous parlez
Partagez l'article... Share on Facebook0Share on Google+0Tweet about this on TwitterEmail this to someone

24 réflexions sur « Grossesses en Chine – Une p’tite césarienne? »

  1. La césarienne est demandée par les mamans de Hong Kong parce qu’il n’y a pas de péridurale et si l’accouchement par voies basse se passe mal c’est la catastrophe dans le service. Il n’y a pas toujours de salle d’opération disponible pour opérer.Ceci même en hôpital très cher. Mais la césarienne n’est pas imposée par le spécialiste.Le souci c’est le manque d’organisation impeccable du gynécologue.Donc il faut bien l’écouter et en choisir un autre si le premier est mal organisé dans la gestion: date d’opération, salle d’opération disponible,et en même temps chambre pour maman et bébé.

  2. Je ne suis plus passée par ici parce que j’étais en vacances et volontairement (presque) coupée du monde. Et puis, ce matin, j’ai pensé à toi « mais elle doit avoir accouché, non ? » alors au vu de la date de cet article j’espère bien pour toi 😀

    Merci pour cet article sur les différences de culture. Je connaissais le culte de la césarienne mais alors le coup de chaussettes ou du nourrisson gardé à l’intérieur pendant 6 mois … pfiou !

    1. Bonjour Laura 🙂
      Merci pour ton message 🙂 Tout pareil, l’arrivée de notre petiote m’a un peu coupée du monde… Mais maintenant elle est née, elle va bien, elle est belle… C’est un bonheur de profiter de cette vie en famille agrandie!
      Point de chaussettes en Thailande, mais ici, je me suis mise aux langes! Je note mes petits étonnements culturels pour les partager sur mon blog dans quelques temps 😀
      (Et d’ici la, j’ai deux millions d’articles en retard à lire).
      A bientôt 🙂

  3. J’ai adoré ton article et ton humour! Chapeau bas! (et ventre à terre;-) J’adore la série de photos également. C’est très intéressant cette conception de la césarienne de confort! C’est fou quand on y pense…. C’est quand-même une opération qui n’est pas sans risques !

    1. Hehehe! Oui, le « ventre à terre » est bien ciblé! Tu m’as bien fait rire! (Si seulement ça pouvait me faire accoucher…)
      C’est vrai que la césarienne de confort nous donne toujours des frissons, en tant que Françaises… Et en même temps, j’ai commencé à revoir mon jugement après avoir entendu plusieurs Mamans Thaïes m’expliquer qu’elles refusaient d’avoir un deuxième enfant… parce qu’accoucher (par voie basse) était beaucoup trop douloureux! On a quand même de la chance, nous, a pouvoir obtenir très facilement et gratuitement des péridurales 🙂

    1. C’est fou! Je ne connaissais pas les impacts et la pénurie de lait sur l’Allemagne! C’est amusant du coup car je suis tombée sur ton article en recherchant sur Google (http://die-franzoesin.com/2015/05/la-penurie-de-lait/)! C’est vraiment dingue…
      … naturellement, nous avons toujours fait la même chose et nous sommes approvisionnés en lait venu de France, tant que nous habitions en Chine.
      Pour compléter, d’ailleurs, côté Chinois, ces importations sauvages ont causé beaucoup de dommages à l’industrie locale, si bien que depuis 2012, la Chine interdit d’emmener plus de deux boites de lait dans ses bagages… qui sont très sérieusement contrôlés, lors des passages en douane! Via Hong Kong en revanche, des « passeurs » font de nombreux aller-retour dans la journée, pour alimenter les marchés noirs.

  4. Ton expérience est très similaire de ce que j’ai connu aux US : choix de la date, césarienne programmée, hôpitaux de luxe… Sauf qu’au bout de 48h, zou, retour à la maison !

    Ma belle sœur est taïwanaise et m’avait déjà raconté qu’elle était sensée rester 1 mois alitée avec un régime alimentaire très strict et garder le bébé 6 mois à l’intérieur, sous peine de passer pour la mauvaise mère ultime. 6 mois seule avec un nouveau-né, enfermée à la maison, je crois que je serais devenue chèvre !

    Je te souhaite une belle fin de grossesse et j’ai hâte de lire la façon dont ça se passe en Thaïlande !

    1. Merci beaucoup pour tes gentils mots 🙂
      Oh, je ne savais pas que tu avais accouché aux Etats Unis! J’imagine que là-bas, le concept des hôpitaux de luxe doit être particulièrement exacerbé, vu le cout des soins! En revanche, un départ de l’hôpital 48 heures après une césarienne, ça me parait super court! Ca a dû être galère pour toi, au début, non?
      Je ne connais pas vraiment Taiwan, mais le concept a l’air d’être plus ou moins le même (en plus long, parce qu’en Chine, la mère n’est « enfermée » qu’un mois)… et je vois que nous partageons exactement le même avis quant à rester cloitrée a la maison avec ses bébés 😉 … Je suis toujours ravie de retourner au travail à la fin de mon conge maternité 🙂

    1. Merci 🙂 C’est très gentil! Non, de facto, je ne me plie pas à la majorité des traditions qui ne me plaisent pas, dans mon pays d’accueil… Mais souvent la pression sociale est forte, ce qui mène parfois à transiger, dans un sens ou dans l’autre 😉 … En parallèle, au travail, on ne se gêne jamais pour me dire que désolé, c’est impossible à cause de la différence culturelle… par conséquent, je ne me gêne pas à utiliser le même argument à l’inverse 🙂
      Bonne fin de grossesse à toi aussi 🙂

  5. Bon ben heureusement pour moi j’ai lu ton PS avant de te demander quand tu accouches et si tu as la chance d’attendre des jumeaux 🙂 Mais bien sur je ne vais pas les faire mes blagues vaseuses 🙂 J’ai hâte de lire la suite. Bonne fin de grossesse. Bisous

    1. Hahaha 🙂 Pour le médecin je serais censée accoucher le 25 aout. Je compte plutôt le 5 septembre mais j’ai déjà sombré dans la phase de déprime où je répète vingt fois par jour que je n’accoucherai jamais-;-)
      Merci en tout cas pour tes mots gentils! Promis je te tiens au courant 🙂

    1. Merci pour le compliment! Les photos datent de ma précédente grossesse… Mais cette fois ci je me trouve pas mal non plus 😉
      Les traditions chinoises sont très déconcertantes, oui!… Et je commence à m’informer sur les usages en Thaïlande, qui sont parfois surprenant également (quoi que plus proches de ceux de la Chine que ceux de la France, bien sûr!). J’ai de longues discussions avec ma nounou, ces jours-ci, pour en savoir plus, et savoir aussi quels accessoires préparer… J’ai en particulier dû investir dans des langes, parce que visiblement, les couches, ça ne sera pas son truc!… Et moi je vais avoir des choses à apprendre, du coup 😉

  6. Premièrement, tu es très belle. La grossesse te va à ravir. 🙂

    Encore une fois, ton billet me rejoint beaucoup. Mon petit deuxième a vu le jour à Dubaï et j’ai eu l’impression de faire du shopping pour un forfait spa au moment de choisir les modalités liées à sa naissance. On m’a aussi suggéré la césarienne, mais je n’en voulais pas. Ma première grossesse avait failli se terminer ainsi et j’étais en larmes à cette idée. Mais à 37 semaines, mon médecin de Dubaï m’a informée que je devais être déclenchée, la tête de mon bébé étant trop grosse (je l’imaginais déjà hydrocéphale, complètement paniquée). L’accouchement a été difficile et mon fils s’est retrouvé hospitalisé aux soins intensifs une semaine, sans qu’on puisse m’en expliquer clairement les raisons. Loin de ma famille et de mes amis (nous étions arrivés depuis deux mois seulement), j’ai trouvé l’expérience très difficile… L’allaitement n’était pas valorisé ni la méthode kangourou. Nous étions dans l’hyper-médicalisation.

    Ma petite dernière est une grande prématurée (31 semaines). Elle est née au Québec et elle a été hospitalisée pendant deux mois (dont 1 mois à 2 heures de route de la maison et de ma famille) avant de rentrer à la maison. L’hospitalisation s’est bien déroulée malgré tout, j’étais dans mon monde (allaitement valorisé, peau à peau plusieurs fois par jour). Aujourd’hui, à 22 mois, elle est au sommet de sa courbe de croissance et elle ne garde aucune séquelle de sa prématurité… Mais si j’avais vécu cette expérience avant, je peux te dire que je n’aurais jamais accepté un déclenchement à 37 semaines pour mon deuxième qui, tout compte fait, avait une tête de taille normale…

    Je te souhaite une belle fin de grossesse et un accouchement tout en douceur. Il faut s’écouter comme femme enceinte, notre petite voix intérieure a souvent raison.

    1. Merci Eve pour ton long commentaire. J’avais effectivement lu les naissances de tes deux derniers enfants sur ton blog. Elles n’ont vraiment pas été faciles. Je le relirai un jour mais pas ces jours-ci… car comme n’importe quelle Maman, je suis plutôt plongée dans les angoisses des derniers moments avant l’accouchement, ces jours-ci!
      C’est vrai qu’il y a de nombreuses similitudes dans les accouchements que proposent les pays moins à l’écoute des aspects « naturels » de la maternité. Pour ça, le Québec a l’air tellement super, d’ailleurs!
      Nous attendons avec impatience l’arrivée de Petit-Trois… et avons mis toutes les chances de notre côté sur l’aspect accouchement physio: je suis suivie dans le seul hôpital du pays qui a une salle « nature », et mon médecin me propose même d’accoucher dans l’eau. A suivre 🙂

    1. Merci beaucoup 🙂 De notre côté aussi, hâte de voir Petit-Trois arriver… D’autant que ces derniers jours m’ont fait perdre tout de mon énergie!

Un petit commentaire me fait toujours plaisir...