Le musée des dinosaures de Kalasin

Entre éléphants, singes et jeux d’enfants, les garçons ont déjà pu apprécier les activités variées de l’Isan. A Kalasin, nous poursuivons nos découvertes avec la visite du musée des dinosaures. Bien que particulièrement couru au moment de Songkran, l’endroit est spacieux et bien organisé, et nous avons tous beaucoup profité de cette visite culturelle et familiale!

 

Un musée vaste et bien organisé

Comme la plupart des établissements touristiques, le musée des dinosaures est gratuit pendant les trois jours officiels de Songkran, d’où un important afflux touristique. Aux plaques d’immatriculation du parking, on voit que de nombreux visiteurs viennent de loin. Mais nous sommes les seuls étrangers. Tout est organisé pour accueillir agréablement les familles. Le grand T-Rex de l’entrée est habillé d’une chemise à fleurs traditionnelle du nouvel an Khmer et muni de pistolets à eau. Ça amuse beaucoup un groupe de petits garçons Thaïs de l’âge de nos enfants, qui restent cinq bonnes minutes à se tordre de rire devant le grand prédateur. L’ambiance est très conviviale et centrée sur les enfants.

Des figurants déguisés en dinosaures roses en peluche déambulent parmi les badauds. Petit-Deux se prend d’affection pour l’un d’eux, qu’il câline vigoureusement, entre les « oh » et « ah » énamourés de mamies qui traînaient par là. Pauvres acteurs en revanche. En plus d’avoir sûrement très chaud, ils ne voient visiblement rien depuis leur déguisement douillet, si bien qu’ils sont guidés par un accompagnant pour ne pas écraser les enfants alentours.

Le musée est vaste et riche. Tout n’est pas en anglais, mais au pire, il y a toujours au moins le nom latin des bestioles, en lettre occidentales, donc, et qui permet de se repérer. Les enfants sont un peu petits pour s’intéresser aux théories du bing bang et de la création, du coup on passe vite les premières pièces. Un peu trop vite d’ailleurs parce que tout à la fin, Petit-Un se rappellera qu’on a oublié la PREMIERE salle qui avait une jolie lumière noire. Il me trainera à rebrousse-poil dans tout le musée -dont je ne me souvenais pas qu’il était si long, pour arriver à l’endroit donné et dire: « Oui, c’était bien là! » avant de repartir en sens inverse –toujours en me tirant de toutes ses forces.

 

Les dinosaures de Thaïlande

Peu familiers des périodes jurassiques, les enfants découvrent avec émerveillement les nombreux squelettes de dinosaures en exposition. Ils montrent d’abord un intérêt soutenu pour les animaux proches de ceux qu’ils fréquentent habituellement: de gros lézards, des dinosaures-oiseaux, des dinosaures marins… Puis ils se prennent au jeu et me demandent de tous les nommer… Et là, grande solitude de la mère devant les squelettes… C’est ça de vouloir faire le malin et d’expliquer qui est le triceratops et lequel est le stégosaure… en dehors des bien connus, je n’en sais rien, mais rien du tout, du tout, moi!

Musee des dinosaures de Kalasin

Fait étonnant, après quelques « il a de grandes dents, celui-là » un peu détachés, Petit-Un ignore complètement les plus gros spécimens de tyrannosaures et de grands prédateurs. Petit-Deux, de son coté, a à cœur de bien vérifier l’état de tous les carnivores observés: « Il est mort celui-là?« , « Et celui-là, il est mort aussi? », « Oh, celui-ci, je pense qu’il est mort… » Alors que je réponds distraitement à ses interrogations existentielles, pas inintéressantes mais tout de même répétitives, je tombe sur l’étiquette d’un « Siamotyrannus » (quand on devient Maman, on n’a plus le temps de lire beaucoup d’étiquettes dans les musées). Ca alors! Un dinosaure de Thaïlande! En réalité, de nombreux squelettes ont été découverts dans le coin, et plusieurs races sont même spécifiques à la zone!

 

De belles expositions pour les petits et pour les grands

Petit-Un découvre les fossiles. Il écoute attentivement mes explications et semble fasciné par le fait que tout peut devenir fossile, un jour ou l’autre: poissons, dinosaures, coquillages, végétaux… Les vitrines et la plupart des objets exposés sont à hauteur d’enfant. Visite et observations sont très agréable pour tous!

Musee des dinosaures de Kalasin

Plusieurs salles proposent également des explications imagées et interactives à destination des enfants. Les garçons font remuer la « queue massue » que les ankylosaures utilisaient pour se défendre. Ils touillent l’estomac rempli de cailloux d’un autre congénère, qui consommait des pierres pour faciliter sa digestion. Ils regardent courir un vélociraptor (ou l’un de ses cousins) dans un stroboscope… Bref, des activités illustrées qui plaisent, pour entretenir leur intérêt au cours de la visite.

Un peu plus loin, une salle de cinéma « comme en vrai » propose une projection biquotidienne pour les jeunes visiteurs. Il s’agit de reconstitutions de l’époque des dinosaures, et je trouve les images belles et convaincantes, même si le commentaire est seulement en Thaï. Nos enfants sont, je pense, un peu petits et trop novices sur ces questions pour vraiment accrocher. Ils demandent rapidement à partir.

C’est à ce moment précis que Petit-Deux repère un ascenseur, sa grande passion du moment. Et là c’en est fini des dinosaures pour lui –et pour moi! Je termine la visite avec un adorable avorton qui me colle aux basques… d’abord pour me supplier de prendre l’ascenseur… ensuite pour se plaindre qu’il n’a pas le droit de prendre l’ascenseur parce qu’il est réservé aux personnes handicapées… puis pour m’expliquer que les personnes handicapées elles ne peuvent pas marcher parce qu’elles ont eu un accident ou qu’elles ont mal aux jambes et que du coup elles peuvent prendre l’ascenseur, elles… donc qu’on ne peut pas prendre l’ascenseur parce qu’il est réservé aux personnes handicapées et que « piquer un lama c’est non non non! »… et finalement de me faire la liste de tous les ascenseurs déjà pris pendant les vacances… puis la liste des ascenseurs prévus pour les hôtels à venir!

J’ai donc peu de souvenirs de la fin de la visite, si ce n’est que les enfants ont eu droit à un tour de tyrannosaure-manège tellement haut qu’ils ont une tête pas confiante du tout sur les photos. On frôle d’ailleurs l’émeute quand s’agglutinent les badauds, curieux de blondinets frisés. Pendant le tour de son frère, Petit-Deux me parle encore d’ascenseurs et on doit même faire un détour spécial pour vérifier qu’il ne s’en cache pas un dans un coin sombre qu’il a repéré. Petit-Un a visiblement adoré la visite. A la boutique, nous lui achetons un jeu sur les dinosaures, qu’il réclamera environ toutes les heures jusqu’à la fin du voyage.

 

Les routes de Kalasin

Nous reprenons la route pour traverser toute la province de Kalasin vers le nord, à destination de Ban Chiang. Nous retrouvons le lac de Lam Pao, déjà aperçu la veille. Un grand pont le traverse en son centre. Sur l’une de ses rives, un ancien bac a été reconverti en restaurant local. On nous avait recommandé les lieux et c’est vrai que l’environnement est agréable et singulier. Malheureusement, l’heure du déjeuner est encore loin et notre route est longue. Nous renonçons à la pause.

Bac sur le lac de Lam Pao - Kalasin

Sous les arches du pont tout proche, de nombreux Thaïs se sont installés avec leur pick-up pour passer la journée au bord de l’eau, se baigner un peu, boire pas mal et grignoter beaucoup. Une ambiance de fête et de vacances, une atmosphère conviviale comme on aime à en trouver! On sent que Songkran est là!

Lac et pecheurs dans la province de Kalasin

Un peu plus loin, toujours sur le lac, nous dépassons un curieux village de pécheurs. L’étendue d’eau est couverte de bateaux moussus et verts de végétation. La surface liquide est hérissée de systèmes de poulies et de balanciers destinés à retirer les filets poissonneux. Surprenant paysage, qui semblerait presque appartenir à un monde fantastique!

Lac et pecheurs dans la province de Kalasin

Avec les vacances, le gros des activités industrielles et agricoles semble s’être arrête. Beaucoup de villes grandes et moyennes fonctionnent au ralenti, alors que les commerces, restaurants et administrations ferment leurs portes. Dans la province d’Udon Thani, nous ne croiseront même aucun de ces camions transportant de la canne à sucre et qui sillonnent habituellement les routes, provoquant de réguliers embouteillages. L’on rencontre en revanche de nombreux religieux, des vacanciers, et surtout des asperseurs d’eau!

Moines bouddhistes

 

Songkran sur les chemins

Songkran a Kalasin

Dans un précédent post, j’avais évoqué quelques aspects des célébrations religieuses et traditionnelles de Songkran. Mais la partie visible du Nouvel An Khmer consiste surtout en de joyeuses batailles d’eau, en famille et entre amis. Dans les villages que nous traversons, les festivités sont centrées autour de manifestations conviviales et gaies, et de rassemblements bon enfant entre jeunes du coin. L’ambiance y est décontractée, mais également, souvent, très alcoolisée.

Songkran a Kalasin

Les fêtes de Songkran doivent marquer une période de renouveau. Beaucoup de Thaï profitent donc de cette époque pour se couper les cheveux. Plusieurs de mes collègues sont ainsi revenues des congés avec des brushings impeccables. Dans les campagnes le ton semble plus à la frivolité: on croise beaucoup de cheveux teints aux couleurs très vives et de crêtes de cheveux.

Songkran a Kalasin

Par groupes compacts, les jeunes gens montent sur des pickups et écument les villages proches pour les traditionnelles batailles d’eau. L’eau se doit d’être toujours propre, mais de jeunes facétieux la colorent parfois. Au bord des chemins, ils tombent régulièrement dans des embuscades bien organisées: l’on se jette des seaux d’eau en pleine face, avec une vigueur surprenante, avant de se recouvrir de poudre de talc ou d’une pâte à base de talc.

Songkran a Kalasin

Ces journées doivent être fort amusantes, pour les jeunes gens, mais également harassantes, entre les litres d’eau manutentionnés et le soleil de plomb. En général d’ailleurs, plus en s’avance dans le jour, plus les rangs des bataillons se clairsèment, pour ne laisser la place qu’aux plus alcoolisés. C’est malheureusement l’une des raisons pour lesquelles l’on déplore tant et tant d’accidents routiers à cette période, en Thaïlande.

Songkran aux environs de Khon Kaen

Mais dans ces festivités, les tableaux que je préfère par-dessus tout sont les jolies scènes familiales, grouillantes de petits enfants bronzés et trempés, les yeux pétillants d’excitation. Parfois c’est la grand-mère qui les surveille d’un regard bienveillant. Parfois un grand cousin de la vingtaine essaie de les faire danser, avec plus ou moins de succès, sur des musiques de sauvageons. Parfois même, c’est un oncle facétieux qui a abrité un petit, bien au frais, dans un de ces grands bidons qui servent de réserve pour les batailles d’eau!

Songkran aux environs de Khon Kaen

 

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