La presqu’île de Sattahip

Sattahip est une importante base navale de l’armée Thaïe. Ils ont de la chance, d’ailleurs, les militaires, car cette côte située au sud de Pattaya est magnifique! La roche est sombre et taillée brusquement par les marées. Recouverte par endroits de grandes touffes tropicales, d’un vert profond. Parsemée de plages de sable blanc. Et de villages de pêcheurs aux couleurs vives.

Bord de mer a Sattahip

Mais le problème, quand on est étranger, c’est qu’on est toujours un peu suspect aux yeux des soldats. J’ai beau leur soutenir que je suis aussi inoffensive qu’un calamar –et c’est vrai-, leur job consiste à se méfier de moi. Du coup, certaines plages nous sont interdites. D’autres sites ne nous sont ouverts que sur autorisation préalable. Et certains fluctuent en fonction du contexte politique.

Malgré ces restrictions, Sattahip est devenue une sortie de prédilection, pour nos week-ends contemplatifs ou paresseux. On longe les baraquements. On dépasse les champs d’entraînement. Et l’on débouche sur la mer.

 

Sattahip, au bord des flots

Tout au bout de la presqu’île, une petite promenade sur pilotis longe la côte. Elle démarre dans une mini mangrove. A marée basse, on voit des crabes, des coquillages et des pêcheurs. Parfois des tortues. A marée haute, les eaux claires et peu profondes sont peuplées de poissons effilés, presque transparents, et dont le long nez se termine en un point jaune. Papa-Tout-Terrain trouve qu’ils ressemblent à des crayons.

Ballade en bord de mer - Sattahip

On aime bien cet endroit. On peu y admirer le bleu de la mer. Les îles éparpillées. Le village et les bateaux des pêcheurs. Le ponton est bien pratique aussi: impossible d’y perdre les enfants! Ils vont et viennent et font la course. Avisent un oiseau. S’arrêtent et le regardent. Puis l’oublient aussitôt et repartent en sautillant.

Ce week-end, on a trouvé un poisson trépassé. Étonnement. Puis observation poussée. « Tu crois qu’il est vraiment mort celui-là? » La bouche ouverte et le ventre en l’air, il y a des chances, oui, mon chéri. « Ouah, c’est génial! On n’en voit pas souvent des poissons morts! » C’est en effet une façon de voir les choses…

Ballade en bord de mer - Sattahip

 

Des myriades de poissons tropicaux

On poursuit sur la jetée. De là, on peut attraper un ferry pour passer la journée sur des ilots tout proches. Nous n’avons pas encore tenté l’expérience, car longtemps, les enfants ont peur en bateau. Il n’est pas certain, du coup, que les étrangers soient admis. Mais nous nous sommes promis d’aller y voir, bientôt…

Ballade en bord de mer - Sattahip

Sur la langue de béton, nous nous enfonçons vers la mer. Les poissons tropicaux se font plus nombreux, plus vifs, plus colorés et contrastés! Depuis peu, un panneau interdit de les nourrir. Mais auparavavant, quand on leur lançait des miettes de pain, ils accouraient par centaines et jaillissaient des vaguelettes en une écume arc-en-ciel. Nous ne nous lassons pas de leur spectacle, qui nous semble à chaque fois, rare, unique et presque irréel.

Poissons tropicaux en pleine mer

La promenade n’est pas longue. Une petite heure au maximum, en prenant son temps et en s’arrêtant à chaque poisson. Mais après ces quelques pas, nous voici pleinement dans l’ambiance lumineuse et marine de la presqu’île de Sattahip. En complément, nous nous arrêterons sûrement dans la ferme d’élevage des petits Nemo, à quelques pas de là.

L’authenticité du village de pêcheurs

Nous faisons un petit saut dans le village voisin. Un village de pêcheurs. Nous détonnons un peu, avec nos habits de touristes et notre marmaille animée. On nous considère avec étonnement. Sitôt une mamie s’approche. Un guili-guili sur la joue de Miss-Trois. Et nous voilà immédiatement adoptés. « Sawadeekap » tonitrue Petit-Deux avec sa bouille de fripon. La vieille dame se retourne. Miss-Trois est délivrée illico de ses assauts affectueux. Elle cache son tout petit visage bien profondément dans mon cou. Elle sent bon le bébé. Et la Vache-Qui-Rit, aussi.

La mamie poursuit maintenant Petit-Deux de ses ardeurs. La nouvelle cible vient trouver refuge dans mes jupes. Ou plus exactement en coinçant sa tête dans la jambe de mon short baggy. Me voilà bien. Immobilisée pour ne pas choir, je garde une contenance sévère mais bienveillante, et surtout fort digne.

Bateaux de peche

Bredouille, la malicieuse même se rabat sur Petit-Un. Lui est visiblement tombé en extase devant un bateau qu’on décharge. (Et ça sent très fort le poisson.) L’air de rien il lui balance trois mots thaïs bien placés, que je n’entends pas. La vieille dame manque de tourner de l’œil d’admiration. Elle s’éloigne au petit trot, répétant à voix haute les mots de ma progéniture prodigieuse. Plein de fois. Sûrement pour être bien entendue de toutes ses vieilles copines un peu sourdes.

(En vrai, Petit-Un possède seulement une cinquantaine de mots à son vocabulaire thaï, dont zizi, bain, pardon, riz et aisselle. Je ne sais vraiment pas comment il arrive à appâter ainsi les vieilles dames. Mais, de façon incroyable, il fait mouche à chaque fois! Vrai de vrai!)

Bateaux de peche a Sattahip

Le temple qui surplombe la mer

Quelques centaines de mètres plus haut, un temple bouddhiste, le Luang Pho Dam Khao Chedi. Il surplombe le village, l’atoll des îles toutes proches, une petite crique dédiée au snorkling, et les flottes colorées des pêcheurs de la côte.

Arrêtez-vous pour faire tinter des cloches à la file indienne. Trois coups pour chacune. Elles vous apporteront la bonne fortune.

File de cloches au Luang Pho Dam Khao Chedi

Aux jours de fête, les fidèles se pressent dans le temple, se confondent en offrandes et en adorations variées. On écrit des ex-voto sur des tuiles vernies aux couleurs vives. Puis on les fait consacrer par la prière d’un moine. En l’échange de quelques offrandes, en numéraire ou en nature, le religieux donnera un bracelet de fil, qui adoucit les destinées. Ensuite, l’on disposera de petites statuettes autour de l’autel qui donne sur le large. Pour la santé. La richesse. De bonnes affaires. Ou tout autre petit commerce qui occupe le commun des mortels.

Vue du Luang Pho Dam Khao Chedi

 

A table!

Mais surtout, on ne quitte jamais Sattahip sans s’y être copieusement restaurés de crevettes gargantuesques, tout juste sorties de l’eau. Ou de poissons frais aux écailles rutilantes. Au barbecue, frits, ou pochés. Ou les trois, plutôt. Même le riz frit, si rustique, y est succulent.

Notre restaurant préféré a vu grandir les enfants. Petit-Deux a rampé sur ses tables, il y a bien longtemps. Aujourd’hui il y chevauche de vieux pneus suspendus en guise de balançoire, avec la même énergie obstinée et rieuse.

Restaurant Sattahip

Il est temps de rentrer, mais nous ne repartons jamais les mains vides. Détour obligé par le marché local! Il donne d’un côté sur la route, et de l’autre sur la mer. Depuis le large, les pêcheurs déchargent leurs poissons des bateaux dans les arrière-boutiques.

Marche de Sattahip

Devant les carapaces robustes et les écailles brillantes, nous nous laissons porter par la promesse d’un joli festin. Car ce soir, chez nous, ce sera barbecue! Nous en salivons tous d’avance, car à la maison, petits et grands raffolent de ces délices de la mer…

Marche de Sattahip

 

En raffolons-nous trop d’ailleurs?… Peut-être devrais-je m’interroger, depuis cette récente question de Petit-Deux…

(Il faisait référence à sa fracture de l’humérus de l’année dernière… bien sûr…)

(L’intéressé, présentement en vacances, a tenu à colorier lui-même « son » histoire.)

 

***Merci à ma petite sœur qui m’a gentiment fait remarquer que l’on écrit « arête », et pas « arrête ». D’ailleurs, pour ceux que cela intéresse,  l’« arête » (…) descend du nom latin arista, « barbe d’un épi » (source).

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16 réflexions sur « La presqu’île de Sattahip »

    1. Merci 🙂 Cet endroit est vraiment tres joli effectivement, d’autant qu’il n’est pas encore concerne par le tourisme de masse… alors meme s’il y a moins d’infrastructures, on peut y profiter d’un environnement paisible qui nous est tres agreable 🙂

  1. J’aime beaucoup la version colorisée de vos oeuvres 😉 Et si j’ai bien compris vous voici de retour au pays du sourire ? Pour nous c’est départ dans quelque jours et retour au train-train chinois…

    1. Merci du compliment 🙂
      J’ai en realite mis un point final a mon billet a tout debut de nos vacances… avant d’etre litteralement happee par les festivites aoutiennes, au point de n’avoir meme pas pu repasser sur mon blog. Mille excuses pour ce coucou tardif… Mais nous revoila et Thailande… et surtout les enfants sont a l’ecole… Je vais pouvoir m’y remettre 😉
      Bon courage a vous aussi pour la reprise 🙂

  2. Très sympa cette immersion dans votre quotidien, vous avez tous l’air heureux de cette vie faite de beauté et de simplicité. J’adore le passage où tu racontes la communication avec la petite mamie : d’après la traduction que tu donnes des mots que ton fils connait, ce doit être très drôle !

    1. Merci 🙂 … La vie en Thailande -et en plein air- a tout pour etre agreable, quand on possede comme nous un mignon troupeau d’enfants en bas age. Je trouve que c’est un environnement ideal, a notre etape de vie 🙂

  3. Tes poissons exotiques aux milles couleurs m’ont donné le sourire en ce début de journée ! Et j’ai bien ri en lisant ton petit un qui charme les mamies Thaï avec ses quelques mots! Et bravo à petit deux pour ses talents de dessinateur Gros bisous

Un petit commentaire me fait toujours plaisir...