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Mar 29

Des singes et des ruines – Lopburi

L’entrée de Lopburi est moche. Ne pas se laisser décourager par l’architecture triste et laide, ni par les embouteillages. Et les hôtels plutôt moyens, et pas vraiment de bon restaurant. Et peu d’air qui circule d’où une atmosphère un poil étouffante.

Ne pas se laisser décourager, parce que nous, on a vraiment bien aime cette ville, avec ses chouettes vestiges du XIIe, son ancien palais royal et ses singes. Mieux encore, nous sommes tombés par hasard en pleine fête du Roi Narai: représentations traditionnelles et costumes d’époque, “street food” locale et excitation populaire ont réjoui les petits et les grands!

Comme d’habitude tout de même, prévoir de l’eau à profusion et si possible des excursions en début de matinée ou fin d’après-midi, car le soleil tape dur, sur certains sites.

 

Le complexe de temples Khmer de Wat Phra Si Mahathat

Sur la partie ancienne, c’est le site de Wat Phra Si Mahathat (fin du XIIe siècle) qui m’a le plus marquée, d’autant que nous étions alors presque seuls à le visiter! C’est un complexe de temples Khmers, réhabilité en 1985, si l’on en croit la datation des briques. Le parc historique donne une bonne idée du plan au sol des temples. Quelques bâtiments –très certainement rénovés– restent debout, ornés de moulures aux motifs délicats.

Le complexe de temples de Wat Phra Si Mahathat a Lopburi

Ils fournissent aussi, à l’occasion, une ombre salvatrice. On se promène au cœur des temples anciens, on parcourt les couloirs et les allées, on grimpe les escaliers, on franchit le pas des portes… Libres d’explorer et de crapahuter à leur guise, les enfants se sont vite passionnés pour le lieu: sauts périlleux dans des volées de marches inégales, observation de bas-reliefs d’éléphants et de statues de bouddhas sans têtes, collection de plumes de pigeons…

Le complexe de temples de Wat Phra Si Mahathat a Lopburi

 

Les singes et Phra Prang Sam Yot

Le site de Phra Prang Sam Yot est quant à lui beaucoup plus connu et beaucoup plus couru. Avec ses trois prangs, il a fière allure, cet ancien temple Khmer de la fin du XIIe siècle, lieu de culte Hindu, avant de devenir Bouddhiste. Mais c’est d’abord pour ses singes qu’on y accourt. Nous les premiers, bien entendu, d’autant que nous avons utilisé l’argument “singe” toute la journée pour trainer les enfants de musées en temples.

Une Thai en Costume Traditionnel devant le temple de Phra Prang Sam Yot

On est arrivés « aux singes » un peu impréparés. Nous les les savions possiblement voleurs et parfois agressifs. Et avions donc bien anticipé ces points: sacs fermés, ni lunettes ni chapeaux, et respect des distances de sécurité. J’ai cependant tranquillement abandonne Petit-Deux dans un grand escalier (une sombre histoire de porte que je n’arrivais pas à fermer)… pour le retrouver dix seconde plus tard hurlant de frayeur, flanqué de deux bébés singes qui lui caressaient les cheveux et tentaient de l’entraîner avec eux en le tirant par la main. Un peu style remake du Livre de la Jungle.

 

Toujours se méfier des singes, malgré tout…

Heureusement, Petit-Deux n’est pas rancunier: dès lors qu’il a eu retrouvé mes bras, il a été ravi d’observer de près les petits macaques qui m’escaladaient! Papa-Tout-Terrain et Petit-Un de leur côté se sont bien amusés à prendre des photos et ont élaboré une technique pour faire fuir les animaux curieux par la force centrifuge, en tournant sur eux-mêmes à toute vitesse. Nous sommes cependant restes méfiants et avons évité les contacts trop proches et trop longs avec les animaux, surtout les plus gros, visiblement plus agressifs.

Temple de Phra Prang Sam Yot et ses singes - Lopburi

Et pendant ce temps-là, un petit couple de Chinois s’était fait piquer son téléphone…

Le lendemain, nous repassons à proximité du site en voiture. Dans ce contexte, les singes n’hésitent pas à grimper sur les véhicules, et même à vider les coffres des pickups… Rien à dévaliser chez nous, alors nos petits compagnons se sont attaqués aux joints de caoutchouc du toit! On a mis un petit moment à comprendre l’origine des bruits de mastication…

…Un temps follement amusés, on s’est soudain rappelés en adultes que c’était peut-être toxique pour les singes et qu’en plus ça abimait sûrement la voiture. Bon, discretos, on a renfoncé les joints à la sauvage après coup et ça se voit plus trop…

Des singes escaladent notre voiture a Lopburi

Nous avons aimé cette visite et les enfants aussi. En revanche soyons clairs, l’attraction peut ne pas plaire à tout le monde. D’abord, vu le nombre des singes, l’environnement ne sent tout de meme pas tres bon. Et puis les animaux ont pris des habitudes agressives et peu plaisantes au contact répété des touristes. Surtout avec des enfants, il semble donc indispensable de garder un maximum de prudence.

 

Le Palais du Roi Narai

Troisième vestige majeur de la ville, et de facture bien postérieure aux deux précédents sites, le Palais du Roi Narai (fin du XVIIe siècle) date de l’époque ou Lopburi était la seconde capitale du royaume d’Ayutthaya. L’enceinte est globalement bien conservée: cours intérieures, salle du trône, vestiges d’une citerne, d’étables pour les éléphants, d’entrepôts royaux… Elle abrite également le musée National, réparti en plusieurs pavillons (fin du XIXe).

Le Musée National n’est pas immense, mais assez riche, et présente de façon transversale l’histoire de la région. Les enfants ont surtout aimé la période préhistorique et antique, donc moi aussi (en traduction, je n’ai pas eu le loisir de me pencher sur les autres sections). Des bijoux, des silex, des armes millénaires, des poteries… ces objets évoquent étroitement ceux de l’histoire occidentale, et je suis étonnée de trouver tant de ressemblances dans ces vestiges primitifs. “Wahou, Maman, un vrai squelette vivant!” Oui, il y avait même un squelette (bien mort depuis plus de vingt siècles), et pour Petit-Un, ça a été le clou du musée!

Ça c’est la visite du Palais hors période de la “Fête du Roi Narai” (King Narai Reign Fair). Heureusement que nous avons visité Lopburi deux fois, parce que pendant les festivités annuelles, qui durent une dizaine de jours, on ne voit pas le lieu de la même façon.

 

Fête costumée pour le Roi Narai

Nous sommes tombés par hasard en plein dans la dernière soirée de la trentième édition de l’événement. Nous ne saurons pas si ce soir-là était le plus grandiose mais nous avons découvert une fête énorme, joyeuse, colorée et populaire qui nous a tous séduits, au fur et à mesure que nous avancions dans les rues anciennes de la ville.

Defile en customes traditionnels pour la Fete du Roi Narai (Lopburi)

Dans le Palais, on découvre les cours successives, éclairées de lanternes et de bougies. Des stands de nourritures festives et de produits locaux se serrent un peu partout. Presque tous les badauds (sauf nous) sont vêtus de costumes traditionnels aux hautes coiffes dorées. Ils se pressent gaiement, se photographient, s’apostrophent, se complimentent, grignotent, s’arrêtent pour écouter quelques notes de musiques ou les répliques d’une représentation théâtrale. Les enfants, souvent peu à l’aise dans la foule, sont ravis: barbe à papas et douceurs Thaï, photos parmi des musiciens traditionnels et avec quelques jeunes filles entreprenantes, procession aux chandelles moyennant une petite offrande aux représentants d’un temple… Je retrouve même une mamie à la coiffe somptueuse, en pleine conversation avec Petit-Un, et découvre qu’il parle Thaï, en fait, malgré sa réserve habituelle!

Photo en customes traditionnels lors de la Fete du Roi Narai a Lopburi

 

Miracle de fin de soirée

La fin de soirée mérite également le récit. Alors que nous nous étions tranquillement garés sur l’esplanade vide d’un temple, quelques heures plus tôt, nous découvrons que la zone s’est transformée en parking géant. Sous la gestion habile des moines du coin. L’imbrication des véhicules est digne d’un Rubicube. Chacun est garé sans freins.

Pour nous tirer de là, un moine brillant de transpiration avance et pousse cinq ou six pickups. Quand survient le drame: le conducteur de la dernière voiture a oublié d’enlever son frein à main. La nuit est encore jeune, rapport à nos petits asticots dont nous tentons de préserver le sommeil. Impossible de savoir combien d’heures nous devrons attendre le conducteur maudit. Nous sommes bien embêtés. D’autant que même le moine a disparu… quand soudain il revient en sauveur, muni d’une espèce de gros cric à roues. Crouiiic, crouiiic, crouiiic… ni une ni deux, le moine soulève les roués bloquées et dégage le dernier véhicule! Dieu soit loué!

Un moine deplace un pick up qui nous gene - Lopburi (Thailande)

 

Le temple Wat Thep Phithak Punnaram (Nakhon Ratchasima)

Sur le chemin du retour, tout près de la Nationale 2, nous faisons halte au temple Wat Thep Phithak Punnaram (« Wat » veut dire « temple »), connu pour son immense Bouddha blanc qui trône au milieu d’une montagne, et surtout, pour les 1250 marches qu’il faut grimper pour l’atteindre. Le chiffre de 1250 représente le nombre des moines qui s’étaient rassemblés, à l’occasion du premier sermon de Bouddha. Bref, on grimpe, il fait chaud.

Petit-Deux refuse de faire un pas. Je le prends sur le dos. On s’arrête plusieurs fois pour boire, on motive Petit-Un en parlant d’un paquet de chips. Petit-Deux râle parce que je grimpe trop lentement et qu’ il voudrait les chips tout de suite, on arrive en haut, on enlève les chaussures parce que c’est sacré, on regarde les gens prier et brûler de l’encens. On étouffe (à cause des gens qui prient) un cri quand Petit-Deux s’approche du vide, on profite de la vue, on explique à Petit-Deux que non on ne peut pas ouvrir les chips au pied du Bouddha…

 

… et on redescend!

Finalement, on trouve un coin pour les chips, les garçons s’arrachent le paquet et finissent par le déchirer, on ramasse les chips au milieu des fourmis, on finit l’eau qui est un peu chaude et avec des poissons de chips, on redescend les marches qui restent avec Petit-Deux qui fait “les grandes jambes”, C’est à dire qu’ il saute une marche sur deux et manque à chaque pas de rouler dans le vide vu qu’en fait, ses jambes, elles sont petites… et enfin on arrive en bas. C’était bien pour la vue, pour le bon moment en famille, pour se dégourdir les pattes et deviser en balade. Après, c’est une montagne avec un bouddha (normal mais blanc) en haut, il faut bien le dire. C’est peut-être un peu haut pour qui n’a pas l’intention de prier.

Le Temple Wat Thep Phithak Punnaram au Nord de Khao Yai

 

 

 

Lopburi en Pratique

 

Ouvert tous les jours de 7h00 à 17h00. Le ticket adulte coûte 50 bahts. Comptez 1h à 1h30 de visite.

 

Ouvert tous les jours de 6h00 à 18h00. Comptez 30 minutes à 1h de visite.

 

  • Le Palais du Roi Narai – Coordonnées GPS: 14.801884, 100.610068 (Attention, le Palais du Roi Narai n’est pas correctement situé dans Google Map)

Ouvert tous les jours de 8h30 à 16h30. Le ticket adulte coûte 50 bahts. Comptez 1h30 de visite.

 

Entrée libre.

 

 

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