Wat Pho Bangkla, le temple des chauves-souris

Wat Pho Bangkla

Où l’on se réveille comme on peut…

Il est huit heures. Les enfants sont déjà levés depuis un petit moment et tournent en rond. En courant, bien sûr. J’émerge lentement face à mon café qui refroidit. (Car j’ai déjà été interrompue cent fois depuis qu’il a coulé.)

On peut avoir les clés de la voiture? Mon cerveau lent ne voit pas l’embrouille. D’un geste de la tête, je montre les clés. Petit-Un s’en empare et s’éclipse. Je replonge dans mon café. Miss-Trois babille un peu plus loin. Elle a piqué en douce une demi-douzaine de petites voitures à ses frères. J’ai quelques minutes de calme.

Papa-Tout-Terrain me rejoint, le poil humide de sortie de douche. « Ils sont où les garçons? » Oh, les garçons!… Je me rue vers la porte d’entrée. Ils sont là, paisiblement installés dans la voiture. Attachés à leur siège. Petit-Un m’apostrophe: « Tu veux que je te rende tes clés? »

« Mais, qu’est-ce que vous faites? » « Ben on est prêts. Donc on vous attend. » « Vous nous attendez pour quoi? » « Pour aller se promener! Parce qu’on va toujours se promener le week-end, non? » Nous sommes pris au dépourvu. « Vous ne voulez pas descendre, le temps qu’on finisse le café, qu’on décide où l’on va, enfin qu’on se prépare quoi? » « Non, on vous attend ici! » Ils ne sont visiblement pas ouverts à la négociation. Et il fait au moins cinquante degrés dans la voiture.

 

En route pour Wat Pho Bangkla

J’échange un regard avec Papa-Tout-Terrain. C’est bon, on va faire vite. De toute façon, les garçons ont raison, on part toujours en balade le week-end. Faute de temps et d’inspiration, nous reprenons une direction classique que nous affectionnons: la région de Chachoengsao et sa profusion de temples, tous plus riches et plus beaux les uns que les autres. Puis, mêlant l’agréable à l’agréable, nous en profiterons pour déjeuner comme des rois au marche flottant de Bangkla, deux pas plus loin.

Nous commençons par le Wat Pho Bang Kla, qui a la préférence des garçons. Et la mienne aussi, pour des raisons différentes.

Wat Pho Bangkla

J’aime la partie ancienne de ce complexe bouddhiste, avec son tout petit sanctuaire de la fin du dix-huitième. Il est plein de charme. On lit le poids des ans sur ses murs de terre et de briques, qui ne tiennent plus tout à fait droit. Ses rebords sont tapissés de coulures de cire jaune et de restes de cierges fondus. On y pénètre comme dans une crypte, intimiste et sombre. A l’intérieur, ca sent l’humide, la fumée, le sacré. Puis dans la pénombre, on distingue un bouddha couché, couvert de feuille d’or, des pieds à la tête, par les fidèles, au cours de leurs prières. Brillant et lumineux dans son sombre couffin. Vu la profusion des ornements et des offrandes colorées qui l’entourent, cette divinité est très révérée par les pèlerins locaux.

Wat Pho Bangkla

Un peu plus loin, un temple moderne a été élevé récemment. C’est là que devraient bientôt se concentrer les prières. Mais la structure est sans charme et sans intérêt, pour l’esthète ou le curieux.

 

Les chauves-souris de Wat Pho Bangkla

Les vieilles pierres ont un pouvoir d’attraction limité sur les enfants. Eux se sont déjà égayés dans l’enceinte religieuse, le nez en l’air, passionnés par les habitants des lieux: de grosses chauves-souris frugivores. Il y en a des centaines, sûrement des milliers. Le jour, elles dorment beaucoup, tête en bas et pieds en l’air, bien accrochées au faîte des arbres. A la tombée de la nuit, en revanche, elles iront se nourrir de fruits laissés en offrande par des pèlerins.

Chauves-souris de Wat Pho Bangkla

Ca sent fort la chauve-souris, mais la vision est étonnante et unique. Je n’ai jamais vu autant de ces animaux en si peu d’espace. Et j’ignorais qu’elles trouvaient parfois refuge dans des lieux ouverts. Comme les enfants, je me laisse aller à la magie du spectacle…

Plus longtemps que les enfants, en fait, car eux ont déjà classé l’activité et son prêts à passer à l’étape suivante: nourrir les tortues géantes du bassin central, puis les myriades de poissons qui peuplent la rivière Bang Pakong.

 

Sur les bords du Bang Pakong

Pendant que les garçons procèdent à leur distribution de pain de mie, je me laisse aller à contempler les paisibles rives du fleuve. Le cours d’eau est magnifique, à cet endroit. Encore peu investi par l’homme, il reste sauvage, touffu et verdoyant.

Chauves-souris de Wat Pho Bangkla

De nombreux temples ont récemment poussé sur les berges du Bang Pakong, dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres. Les fidèles y affluent. Ils viennent souvent de loin pour se recueillir, dans le cadre de circuits religieux à la journée. Ce tourisme particulier contribue grandement à la richesse de la région. Du coup, bien vite, chaque district s’est équipé son propre temple, qui se veut flamboyant et original, pour attirer le curieux, et la manne financière qui va avec.

Non loin de nous, un vieillard et son petit fils nourrissent également les minuscules poissons frétillants. Le vieux monsieur fait mine d’admirer nos enfants, mais je sens bien qu’il a une autre idée derrière la tête. J’amorce la communication en flattant la vivacité de l’enfant. Le visage de l’homme s’illumine. Il tend la main en direction de la chevelure du garçonnet. A l’arrière, l’implantation des cheveux marque deux tourbillons distincts, un dans chaque sens. En quelques mots, mi-anglais, mi-thaï, mi-signes, le vieux monsieur m’explique alors qu’il s’agit là d’un phénomène rare. Cet enfant est unique, et attirera la chance. Je souris. Ces croyances sont peut-être naïves, mais je trouve qu’elles rendent le monde beau.

Chauves-souris de Wat Pho Bangkla

 


Wat Pho Bangkla en pratique

  • Coordonnées GPS: 13.721221, 101.201660
  • Ouvert la journée, entrée libre
  • Compter 30 minutes à une heure pour la visite
  • On pourra acheter sur place le nécessaire pour nourrir les poissons et les tortues
  • A l’issue de la visite, prévoyez à tout prix de vous restaurer au marché flottant de Bangkla, à un kilomètre de là. L’ambiance y est authentique et la nourriture excellente!

 

La course de buffles d’eau (Chonburi, Thaïlande)

D’après l’affiche, c’était le plus gros événement mondial de ce type: une course de buffles d’eau. On avait rigolé, vu qu’il ne devait pas y avoir des masses de courses de buffle d’eau dans le monde. Mais quand j’ai vu des buffles et encore des buffles, et des buffles à perte de vue, j’ai arrêté de ricaner bêtement. C’était un spectacle à couper le souffle. Grandiose. Unique. Une petite porte sur les traditions et les récréations de la Thaïlande rurale.

 

Un événement attendu

Ca faisait plus d’un an qu’on attendait ces courses de buffles. Hélas l’année dernière, la Thaïlande avait perdu son Roi, quelques jours avant l’événement. Et paf tout avait été annulé. Du coup on a dû attendre l’édition suivante.

Buffles d'eau - Chonburi _1

Au jour dit, nous sommes arrivés tôt. (Surtout parce que les enfants s’étaient levés aux aurores.) Et là, il n’y avait rien. Enfin si, il y avait une fête foraine à l’arrêt, mais pas la queue d’un buffle. Pourtant, dans la grosse ville de Chonburi, il y avait des affiches partout pour annoncer l’événement. On a ratissé les rues attenantes. Sans succès. Mais on a trouvé une affiche en anglais. (Une affiche en anglais c’était un peu comme un buffle a cinq pattes.) Si la foire avait bien commencé, la course n’aurait en fait lieu que quatre jours plus tard. Nouveau rendez-vous fut donc pris. Mais sans Papa-Tout-Terrain qui a le mauvais goût de travailler en semaine.

 

Foire populaire aux attractions oubliées

En fait, on est tout de même revenus le soir, rapport à la fête foraine que les enfants avaient bien repérée. Ils étaient ravis, d’ailleurs, il y avait des auto-tamponneuses. Ils en ont fait cinq tours. Elle avait un petit gout d’antan, cette foire, avec des attractions que j’imaginais appartenir au passé.

Regardez plutôt cet homme à moto, dans une espèce de tonneau géant, qui roule sur les murs à une hauteur vertigineuse! La structure métallique tremble à chacun de ses passages. Ca sent l’essence et ça fait un bruit du tonnerre. Petit-Un et Petit-Deux jubilent et trépignent de joie. Je m’agrippe à Miss-Trois. Ca m’apaise. Enfin façon de parler. Le mec conduit sans les mains, maintenant, et mon cœur s’arrête de battre. Tout est fini. Il est redescendu sans dégât et reprend paisiblement son Tom Yum. Petit-Un me dit que c’était dangereux, quand même. Il ne faut pas faire ça. J’en rajoute une couche: je suis sûre que la Maman de ce monsieur doit avoir très peur. Et, faire peur à sa Maman, c’est très mal.

Attraction moto a la foire de Chonburi

Dans le stand d’à côté, des dames sont installées en équilibre sur des planches de bois. Pour quelques sous, les curieux se bousculent et tentent de les envoyer à l’eau. D’une balle, les plus habiles déclenchent facilement le mécanisme. Le siège se dérobe. En un cri, l’élégante plonge dans un baquet saumâtre.

 

Tournoi de boxe thaïlandaise

Un peu plus loin, un ring et une compétition de boxe thaïlandaise. Le combat démarre avec une sorte de prière rituelle des combattants, sur fond de musique traditionnelle. Les spectateurs se lèvent. Premier round. Les coups pleuvent immédiatement, intenses. Petits et grands se pressent tout autour du ring, encouragent, commentent et s’enthousiasment. Le combat est violent, bien sûr. Le petit est particulièrement hargneux. Et le grand à l’air un peu mou est déjà pas mal groggy.

Boxe Thailandaise - Chonburi

Entre les rounds, un homme en costume agite ses doigts en direction de la foule. C’est un broker qui prend les paris. Ce sont sans doute les derniers combats de Muay-thaï avant un mois, car tout octobre sera deuil national pour la Thaïlande. (Le Roi est mort il y a un an. Sa crémation est organisée pour dans quelques semaines.) Par décret, les paris ont été interdits pour tout le mois. Or, pas de Muay-thaï sans paris.

Il est déjà l’heure de partir. Les enfants ont repéré une sorte de grand huit qu’ils veulent à tout prix essayer. Comprenez, il y a Spiderman, juché tout en haut! Ce ne sera pas pour cette fois ci: il faut avoir au moins sept ans. Sur le chemin du retour, Petit-Deux vérifie: « Et à huit ans, on a le droit aussi? Et à neuf ans? Et à dix ans? (…) Et à cent ans? »

 

Des buffles à perte de vue

Nous voilà enfin au jour de la course de buffles. Par chance, on est mercredi, et les enfants finissent l’école à midi. J’emmènerai donc les garçons, laissant Miss-Trois aux bons soins de la nounou. J’essaie une dernière fois de convaincre Papa-Tout-Terrain de venir mais il préfère travailler.

La place principale de Chonburi est couverte de stalles, de foin, et d’excréments. Et de plus de buffles que je n’en n’ai jamais vus de ma vie. Curieusement, il y a très peu de barrières. En revanche, presque chaque animal a son propre pâtre.

Buffles d'eau - Chonburi _2

On ressent une forme de complicité tacite et calme entre les hommes et leurs buffles. Une simple cordelette retient les naseaux du bovin. Il n’est pas rare de voir le maître entourer de ses bras le museau de la bête, comme en une accolade entre amis. Ceux qui n’ont rien à faire arrosent et rafraîchissent leur animal à grands seaux d’eau. Ils lustrent leurs robes ou ébouriffent les poils de leurs têtes.

Malgré l’agitation ambiante, les buffles restent impavides. Des enfants jouent tout autour et les escaladent parfois. Les animaux sont très peu restreints. Je ne retrouve pas chez eux les signes de nervosité des vaches françaises, qui tapent du sabot sur le sol ou remuent vivement la tête.

Buffles d'eau - Chonburi _3

Certaines bêtes sont particulièrement énormes. Elles ont dû concourir pour leur beauté, leur prestance ou la qualité de leur musculature.

On a loupé les festivités du matin et le défilé. Les charrettes décorées de fleurs aux mille couleurs sont déjà rechargées sur de gros camions, prêtes à rentrer au bercail. Restent quelques buffles richement parés. Sur leurs houssures, des blasons à la gloire du Roi défunt.

Buffles d'eau - Chonburi _5

 

La longue préparation d’une course de buffles d’eau

Guidés par la clameur, nous trouvons rapidement le champ de course. A peine sommes nous installés sur les gradins qu’un piétinement de sabots nous dépasse a tout allure. Le galop enragé de ces bêtes puissantes est à couper le souffle.

Course de buffles d'eau - Chonburi _1

(A cette seconde précise, Petit-Deux décide qu’il a vu assez de buffles et qu’il veut rentrer à la maison. En plus de m’enivrer de ces images grandioses, j’ai donc passé le reste de l’après-midi à lui demander de se tenir tranquille, d’attendre, d’arrêter de me rebattre les oreilles de ses jérémiades, de se taire, de s’assoir et qu’on en finisse. Bref, j’ai des enfants pas toujours coopératifs, comme tout un chacun. Et ce n’est pas le souvenir que je veux garder de cette course de buffles d’eau.)

La course suivante se prépare. On mène les buffles sur la ligne de départ. Ca prend du temps d’aligner cinq buffles. Il y en a toujours un qui a l’air trop en avant ou trop en arrière. Il faut le faire se remettre correctement. Et visiblement, ces bêtes ne savant pas reculer: ils refont le tour à chaque fois.

Course de buffles d'eau - Chonburi _2

Au bout de trois plombes, les cavaliers s’installent sur les croupes. Certains sont tous jeunes. Presque des enfants. D’autres au contraire sont plus âgés et grisonnants. Les cinq concurrents sont prêts au départ. Mais entre les clameurs de la foule, l’excitation de son maître, la badine, et les curieux qui se pressent, les bovins sont nerveux. Un buffle est parti tout seul. Le cavalier a sauté à terre et l’homme à la longe tente de le remettre dans les rangs.

Une barrière s’est déchaussée du sol. Quelques volontaires viennent piétiner la terre pour la replanter solidement. On a remis le buffle à sa place. Mais un autre s’est cabré.

 

La course de buffles d’eau

L’attente est longue entre les courses. Souvent une dizaine de minutes, car la logistique des buffles est lourde.

C’est parti: chacun s’élance! Les cavaliers sont installés très à l’arrière, sur leur monture. Ils ne la dirigent pas vraiment, d’ailleurs. Ils n’ont qu’une cordelette pour s’accrocher, mais rien pour piloter. Un buffle traverse la piste de droite à gauche, tandis que les autres semblent plus directement converger vers la ligne d’arrivée. Les cavaliers s’accrochent mais ça secoue ferme. Les chutes sont fréquentes.

Les concurrents franchissent la ligne d’arrivée au milieu des hourras de la foule. Les badauds sont jusque sur la piste. En face, les cavaliers n’ont rien pour arrêter leur monture. Ils se contentent de sauter à pleine vitesse, laissant filer leur bête.

Course de buffles d'eau - Chonburi _3

Le buffle s’apaise très vite. Il voit ses copains buffles un peu plus loin et s’arrête tout seul. Des quidams les récupèrent ensuite ici ou là. Qu’elle est curieuse de désorganisation, cette arrivée. Il y a des tas de gens dans tous les sens, qui observent, prennent des photos, jugent, récupèrent les buffles, vendent de la nourriture. Un buffle de mauvais poil pourrait faire un carnage en chargeant. Ces animaux sont vraiment paisibles.

 

Petite fenêtre sur la Thaïlande des campagnes…

Et puis nous sommes rentrés à la maison. Un peu trop tôt à mon goût. J’aurais pu rester jusqu’au soir à me perdre dans le regard des bovins et les bruits de sabots. En route vers la voiture, nous tombons sur une compétition de montée de bambou. C’est très traditionnel également. Mais je n’aurais jamais cru que c’était si difficile. Ca a l’air de glisser comme pas possible. Pour essayer d’adhérer un peu, les concurrents jettent du sable sur le piquet, à mesure qu’ils montent et qu’ils glissent. Ceux de la photo sont montés à deux mètres à tout casser, et semblaient vraiment au bout de leur vie. Si l’on en croit les petits drapeaux plantés sur le mat, cependant, d’autres ont dû aller bien plus haut.

Escalade de bambou - foire de Chonburi

Je suis rentrée enthousiasmée. J’ai passé la soirée à en causer à qui voulait l’entendre. Et Petit-Deux aussi, paradoxalement. Nous avons été très étonnés, en revanche, de réaliser qu’aucun Thaï de nos amis ou de nos connaissances n’a jamais assisté à l’événement. Nous soupçonnons que l’activité ait une réputation trop fruste…

Aucun? Pas tout à fait, d’ailleurs. Une petite collègue de l’équipe de Papa-Tout-Terrain aurait, pour sa part, participé à des courses de buffles, dans son jeune temps! Cette jeune femme est originaire d’Issan, cette région rurale que nous aimons particulièrement. Là-bas, a-t-elle expliqué, il n’est pas rare que les jeunes gens se distraient de ce type d’épreuves, avec leurs buffles, entre villages ou entre amis.

Buffles d'eau - Chonburi _4

Où l’on cueille des insectes au parc de Kaeng Tana

A Ubon Ratchathani, Petit-Deux est littéralement tombé en amour pour notre hôtel, le V Hôtel, un hôtel très ordinaire au demeurant. Mais songez un peu, c’est lui qui l’avait choisi, personnellement (avec moi), quand nous avions fait des réservations du voyage! Je n’avais pas tellement eu le choix, d’ailleurs, vu qu’il me tournait alors autour comme une grosse mouche collante. Par dessus mon épaule, il avait avisé des photos du lobby: « Mais, c’est un ascenseur! » On avait alors dû repasser ensemble image par image, et en agrandissant, les vues à 360 degrés de la réception, pour bien confirmer l’affaire. C’était bon. Il y avait bien un ascenseur. Nous avions trouvé l’hôtel de ses rêves!

Le V Hôtel date d’il y a sept semaines, maintenant, mais cet endroit, Petit-Deux ne l’a pas oublié. Alors que nous construisions hier un ascenseur en Legos (oui, oui, toujours), notre cadet s’est écrié: « Attention, on ne fait pas un ascenseur n’importe comment! Je veux un ascenseur de six étages! Comme celui de mon hôtel! Tu sais, le V Hôtel! »

(Et non, je n’ai eu ni assez de patience ni assez de pièces de Lego pour construire les six étages.)

 

Une histoire de gongs

Bref, nous partons ce jour-là pour le parc national de Kaeng Tana, à deux pas du Laos. Nous comptons y voir de beaux panoramas sur le Mun, la rivière qui le traverse. Songkran oblige, les routes sont très embouteillées. Las de circuler à une allure d’escargot sur une nationale sans intérêt, nous obliquons sur des chemins de traverse. Nous n’irons pas plus vite mais au moins, la route sera belle!

Nous passons devant un magasin de gongs. Les mêmes que ceux des temples. C’est la première fois qu’on voit ça en Thaïlande. C’est très amusant, c’est là que les moines doivent s’approvisionner. Deux cent mètres plus tard, une nouvelle échoppe, avec gongs et tambours. Puis une autre et une autre encore. En arrière-cour, on distingue des ateliers. Les pièces, petites et grandes y sont travaillées et peintes à la main!

1 - Chez le marchand de gongs

C’en est trop pour nous! Impossible de résister! Nous pénétrons timidement dans l’une des boutiques, qui ressemble en fait à un grand hangar. Nous ne savons pas si les touristes sont les bienvenus, vu qu’il s’agit d’objets religieux… Mais business is business en Asie, et n’importe quel acheteur est accueilli les bras ouverts.

Les prix affichés nous semblent élevés. C’est sûrement parce que les institutions bouddhistes sont souvent très riches, en Thaïlande. Papa-Tout-Terrain et Petit-Un testent le son de chaque instrument. Les gros leur plaisent beaucoup mais ne sont pas facile à transporter. Ils n’aiment pas la sonorité des petits. On change de magasin. Cette fois-ci les décorations peintes ne sont pas assez fines. A la troisième boutique, ils trouveront finalement l’élu.

Voici donc l’histoire du gong que vous aviez vu dans ce billet. Il trône aujourd’hui dans notre cuisine, et sert à battre le rappel, à l’heure des repas.

 

Ballade sur les ponts suspendus de Kaeng Tana

Le parc national se targue de posséder les ponts suspendus les plus longs d’Issan. Ils seront l’objet de notre première balade. Mon vertige ne s’est pas arrangé depuis les hauteurs de Khao Phra Wihan, alors je serre un peu les dents, et surtout la main de Petit-Deux qui me dit ne pas m’inquiéter. Qu’il me retiendra très fort si je tombe.

2 - Pont suspendu de Keang Tana

Effectivement, le pont est long. La vue est belle sur le Mun mais j’en profite peu. On arrive enfin au bout. Il fait très chaud, et le soleil est de plomb. Heureusement que Papa-Tout-Terrain a emporté trois litres d’eau: d’un trait, nous en buvons la moitié! Nous nous auto-congratulons d’avoir appris à Miss-Trois à boire à la bouteille, à six mois, car nous avons encore oublié son gobelet.

3 - Peche aux insectes

Quelques centaines de mètres plus loin, nous tombons sur un curieux attroupement. Deux vieux messieurs du coin, entourés d’une demi-douzaine de petits enfants, sont en train de pêcher des sortes de cigales dans les arbres. Pour ce faire, ils enduisent de longs bambous d’une pâte collante qu’ils approchent de l’insecte afin de l’engluer. La suite est assez cruelle, puisqu’ils arrachent les ailes des animaux, qu’ils collectent ensuite dans un panier. Ils nous montrent qu’on peut manger les ailes. Et aussi les cigales (vivantes… pouah!). Celles du panier, ils les rapporteront à la maison pour les frire.

4 - Ils ont attrappe des cigales

Nous poursuivons la balade et atteignons le second pont. Nous n’irons que jusqu’à mi-chemin pour la vue. Le soleil tape dur, et nous craignons pour les enfants. Nous terminons nos réserves d’eau sur le chemin du retour et retrouvons avec plaisir la fraîcheur dans la voiture.

5 - Peche aux insectes

 

Nouvelle descente ébouriffante vers la grotte de Pra

Nous nous arrêtons pour une pause déjeuner, et achetons du riz gluant et du poulet grillé à un vieux couple de locaux. Juste à côté de nous, ils ont étalé une nappe à même le sol, où se restaurent leurs petits enfants, dont ils ont sûrement la garde pour les vacances scolaires. Nous avons le même menu, mais les bambins sont bien plus adroits que nous pour rouler entre leurs doigts les boulettes de riz gluants qu’ils enfournent ensuite, sans autre forme de procès.

C’est parti pour une deuxième balade. Petit-Deux gémit qu’il a trop chaud, trop mal aux pieds, et qu’il ne pourra pas aller plus loin. On le motive en jouant au super héros. On active la force 1, puis la force 2, puis la force 86… Il accélère courageusement et oublie un peu sa fatigue.

6 - Balade de nos super heros

Nous arrivons presque à la grotte. Il ne reste qu’à descendre le long de la paroi rocheuse pour pouvoir l’admirer. Horreur, une fois de plus c’est très à pic. Et pour couronner le tout, il s’agit d’escaliers naturels, irréguliers au possible. On se tâte et devant l’enthousiasme de Petit-Un, on finit par y aller. Ca descend, c’est humide, c’est terreux, c’est cabossé, et les enfants adorent. C’est l’aventure! Ils sont d’excellents randonneurs, mais surtout extrêmement disciplinés dans les endroits qui peuvent devenir dangereux. Ils s’en sortent comme des chefs et nous arrivons atteignons vite notre but. La grotte ne présente aucun intérêt, mais la muraille naturelle, tapissée de racines et de lianes, est magnifique. A travers les feuilles des arbres tropicaux, on devine le Mun, qui glisse juste un peu en contrebas.

7 - Pres de la grotte de Pra

 

Baisse de régime

Il fait très humide et très chaud, alors nous ne nous éternisons pas. Le retour au point de départ est difficile. Cette fois-ci Petit-Deux n’est plus motivé du tout et ne veut plus avancer. Le pauvre n’a que quatre ans. Physiquement, ce n’est pas facile pour lui. En plus d’en avoir assez, il n’a pas la langue dans sa poche. Il ne fait que râler et dépense sans doute quatre fois plus d’énergie via ses cordes vocales que par l’usage qu’il fait de ses pieds.

8 - Balade dans le parc national de Kaeng Tana

Petit-Un en revanche fait preuve d’une endurance et d’une régularité singulières. Il est rare que l’on ne l’entende se plaindre, et il ne s’arrête jamais. Nous espérons tout de même qu’il tiendra le coup, car nous avons encore prévu une dernière balade pour aujourd’hui, et ce devrait être la plus belle…

9 - Balade dans le parc national de Kaeng Tana

 

Les incroyables rives du Mun

Parce que nous anticipons quelques réticences des garçons quant à la suite du programme, nous décidons d’acheter boissons et fruits frais, que nous dégusterons sur les bords du Mun, notre ultime étape. La zone n’est pas ombragée, aussi attendions nous que le soleil ne soit plus à son zénith pour la visiter.

Parc National de Kaeng Tana

La balade commence plutôt bien, cela dit. Un système de pompes et de tuyaux d’arrosages percés arrose et rafraîchit les visiteurs en début de circuit. Fous rires et éclaboussures. Très vite, il n’y a plus de sentier. Juste des rochers érodés, troués et percés, qui longent les rives de la rivière. Nos enfants, ascendants chèvres, s’en donnent à cœur joie et sautillent de cailloux en cailloux. Même pour les adultes c’est follement amusant!

10 - Vue sur le Mekong dans le parc national de Kaeng Tana

Nous sommes à la fin de la saison sèche. Le niveau de l’eau est au plus bas. De forts courants se brisent pourtant contre les rives rocheuses. Un peu plus loin, là où le Mun est plus paisible, quelques locaux se baignent en famille. Malgré les regards suppliants des enfants, nous ne tenterons pas l’aventure, car nous ne sommes pas capables d’estimer le danger.

11 - Vue sur le Mekong dans le parc national de Kaeng Tana

Nous aurons adoré notre visite du parc national de Kaeng Tana, pour ses belles balades et ses panoramas magnifiques sur le Mun. De façon très surprenante par ailleurs, le parc était presque désert. Nous avons pu profiter des lieux en toute quiétude, et en garderons de magnifiques souvenirs.

0 - Cascadeurs au parc national de Kaeng Tana

 

Paisible soirée sur les rives du Mékong

Cerise sur le gâteau, nous avions réservé pour la nuit un très joli hôtel sur les bords du Mékong. La vue était envoûtante. Nous en avons profité royalement, un mojito à la main, pendant que les enfants s’ébattaient dans la piscine avec un petit Léo de passage. Petit-Un, qui n’avait rencontré de Léo jusqu’alors, a passé la soirée à l’appeler « thé-au-lait ». Le cerveau des enfants a parfois des connections que l’adulte peine à comprendre.

12 - Hotel sur les berges du Mekong

Nous avons enchaîné sur un délicieux dîner, avec coucher de soleil sur le fleuve. Fait unique au cours de ce voyage, le restaurant était même équipé d’une chaise bébé pour Miss-Trois! (Sans harnais. On ne peut pas tout avoir. Dans ces cas-là, c’est comme en mer, on garde toujours une main pour le bateau… euh, pour le bébé.) Bref, j’ai mangé d’une main, mais le genou libre, et ça fait un bien fou!

Chaises-bebe en Thailande

A la table d’à côté, un jeune couple de Thaïs a longuement louché sur nos enfants avant de s’approcher, et nous en complimenter avec ravissement. « Dites bonjour les enfants! » « Cot, cot, cot!… » S’exclame Petit-Un. J’ai envie de rentrer sous terre. On enchaîne, l’air de rien… « You look like chicken! » s’exclame soudain Petit-Un. Ca y est, on est morts de honte. En même temps c’est vrai que nos deux interlocuteurs ont tous deux un tee-shirt jaune, et assorti. On essaye de noyer le poisson et heureusement les plats arrivent. Ca fait diversion. Le jeune couple s’apprête à prendre congé. « Bye bye chicken! », tonitrue Petit-Un. On lui donne des coups de pieds sur la table. Alors la jeune femme se met à bouger les bras… enfin les ailes et répond: « Cot, cot, coooot! Bye-bye! Cooot!!! », puis se repart tranquillement en tortillant des plumes-arrières, tel un gallinacée.

Un instant, j’ai cru être devenue folle.

13 - Coucher de soleil sur le Mekong

 

 

Le parc National de Kaeng Tana en pratique

  • Coordonnées GPS de l’entrée: 15.265773, 105.482485
  • Prix adulte: 400 THB pour les étrangers. Pas de « prix Thaï » pour les étrangers résidents. Nos enfants ont été exemptés de billet. (C’est souvent du cas par cas pour les enfants)
  • Nous avons identifié trois balades dans le parc: (1) La balade des deux ponts suspendu sur la rivière Mun – compter 2 kilomètres aller-retour. (2) La promenade jusqu’à la grotte de Pra (2 km aller retour) qui peut se poursuivre jusqu’à un Rock Garden (rajouter 1 km aller-retour). (3) La balade le long des rives du Mun, pour le panorama. Il n’y a pas de sentier balisé mais l’on peut suivre facilement la rive sur environ 500 mètres.
  • Nous avons été surpris par la faible densité de l’ombre, dans le parc. Les végétaux y sont différents des forets tropicales où nous nous promenons souvent. Pensez à bien vous équiper de chapeaux, de crème solaire et d’eau.

 

 

Belle grimpette dans le parc national de Khao Laem Ya

Dimanche matin, 6h25. Les enfants arrivent pêle-mêle dans la chambre. « Ca y est, il fait soleil. » (Il fait soleil presque tout le temps chez nous, mais il est interdit de se lever la nuit, quand on ne voit pas le soleil.) « Venez voir, le coq est sur la fenêtre! » On a effectivement un nouveau copain à la maison. Un coq errant qui nous a adoptés. Un jour, la nounou a vu des jardiniers essayer de l’attraper pour le manger, ça lui a fait mal au cœur, alors elle a dit que c’était mon coq et qu’il fallait le laisser tranquille. Depuis on lui donne à manger et il passe souvent nous faire coucou. D’après la nounou, il vient là pour se « relaxer ». On voit bien qu’il ne connaît pas encore vraiment nos enfants!

1 - Notre coq

Côtoyer des animaux variés est l’un des plaisirs de notre vie au vert. Après notre copine la chouette, et les tas de bestioles plus ou moins sympatiques du voisinage, nous avons récemment trouvé une ruche sauvage, près de la maison. Les jardiniers ont dit qu’ils allaient pulvériser des produits chimiques pour nous en débarrasser et j’ai dit non. On ne va pas tuer des abeilles, quand même.

2 - Notre ruche sauvage

Cet épisode a été l’occasion d’échanges très intéressants avec les enfants sur le rôle des abeilles dans la nature et sur le déclin de la population d’abeilles. A l’école aussi ils en ont parlé. Ils y ont également évoqué les espèces en voie d’extinction et même acheté des bracelets « Extinction is forever » (=L’extinction, c’est définitif) au profit d’une association de défense des animaux.

 

Le Parc National de Khao Laem Ya

Bref, il est 6h35 et les enfants n’ont pas l’intention de nous laisser feignasser. Grand merci le coq! Heureusement, Papa Tout-Terrain a trouvé une nouvelle idée de balade: le Parc National de Khao Laem Ya.

Khao Laem Ya National Park

Ce parc naturel couvre la magnifique île de Koh Samet, mais se prolonge également sur la côte opposée, côté continent. On peut y parcourir une très jolie promenade en bord de mer, sur des formations géologiques admirablement découpées et colorées. Le chemin alterne entre falaise et petits ponts de bois, pour enjamber les failles et les replis de la roche. Les enfants s’en donnent a cœur joie! On grimpe, saute, s’accroche, enjambe. La nature est un terrain de jeu formidable!

Khao Laem Ya National Park

La balade ne fait que cinq-cents mètres, mais c’est parfait pour des petits! On prend son temps, on ramasse des galets, on profite du paysage.

La roche d’origine est tout en nuances orangées. Mais près de la mer, la rive est plus sombre. C’est le vestige d’une marée noire qui a malheureusement souillé la côte en 2013.

 

Des points de vue extraordinaires

On arrive au bout du chemin, sur une sorte de péninsule qui propose un point de vue admirable sur le large.

Khao Laem Ya National Park

Papa-Tout-Terrain est un bon photographe de l’extrême. Sur les photos, notre excursion semble dangereuse et vertigineuse. Pourtant, même s’il faut toujours rester prudent avec les enfants, je ne nous ai jamais sentis en danger. La roche salée accroche bien aux chaussures. Le sol est stable. On se promène agréablement dans les falaises sans risque de s’approcher trop vite d’à-pics dangereux. Les garçons ont pu se promener de façon autonome, dans la mesure où ils restaient dans notre champ de vision. Et même Miss-Trois s’est essayée au quatre-pattes sur les rochers!

Khao Laem Ya National Park

Partout sur la falaise, des promeneurs ont dressé de petits monticules de cailloux, à la signification religieuse. Pour les bouddhistes, c’est une façon de montrer leur piété envers les textes sacrés de leur religion. Mais cette pratique a aussi des accents animistes. En Thaïlande, nombreux sont ceux qui croient que les pierres, tout comme les arbres, possèdent une âme. Ces petits tas de cailloux sont ainsi des offrandes aux esprits de la nature, qui à leur tour accorderont protection et bonheur au pèlerin.

Khao Laem Ya National Park

Un peu plus loin, les garçons ont trouvé un trou d’eau, dans lequel ils s’amusent à lancer des cailloux. Petit-Deux avise soudain un crabe mort. Il jubile: « Papa, Maman, venez voir! Extinction is forever! »

 

La balade nous a tous énormément séduits. C’est un vrai joli coin, facile d’accès et agréable à la promenade. A ne pas louper, si l’on passe dans la région!

 

Khao Laem Ya National Park en pratique

  • Coordonnées GPS: 12.591019, 101.417838
  • Prix d’entrée pour les étrangers: 200 THB pour les adultes et 100 THB pour les enfants. (Pour les Thaïs, 40 THB pour les adultes et 20 THB pour les enfants.)
  • Ouverture en journée.
  • Si l’on arrive dans les premiers, on peut se garer dans la partie basse du parc, à proximité du départ de la balade. Quand le parking en contrebas est plein, les rangers retiennent les véhicules sur un parking situé en retrait, et plus en hauteur. Il faut alors parcourir deux cent mètres de côte goudronnée et sans intérêt, avant et après la balade. Si l’on a la chance d’avoir des enfants pour se réveiller tôt, mieux vaut donc arriver sur le site aux premières heures!
  • On accède à la deuxième partie du parc naturel, sur Koh Samet, via la jetée d’embarquement de Ban Phe.

 

 

 

Le village des Cobras Royaux – Khon Kaen

Petit-Un a bientôt cinq ans et il devient coquet. Ce matin il se mouille les cheveux pour les faire se dresser sur la tête, comme s’il avait du gel. Il est très content de son effet et se pavane en souriant: « Regardez, j’ai une tête de cafard! » Nous le trouvons très beau, pour sûr… mais pourquoi la tête de cafard?… Depuis, il est revenu vers nous plusieurs fois avec la même expression, et dans le même contexte, sans que nous ne puissions élucider l’origine de sa formule. D’où la métaphore peut être bien venir? Avez-vous une idée?

Apres le musée archéologique de Ban Chiang et le musée des dinosaures de Kalasin de la veille, nous nous reposerons avec une attraction plus frivole: le village des Cobras Royaux, au nord de Khon Kaen.

 

Une attraction des campagnes

Nous nous attendions à un ensemble d’activités très organisées pour les touristes et découvrons avec un peu d’étonnement un village plutôt marqué par l’amateurisme et le folklore. A l’entrée, une vague barrière se dresse au milieu de la route. Une mémé, quelques-unes de ses copines, et deux ou trois de ses petits-fils -une bière à la main, nous vendent un droit d’entrée imprimé sur un timbre-poste, et pour une somme dérisoire. On paye au véhicule, pas au passager.

Un peu plus loin, des baraquements aussi irréguliers que les dents d’un vieillard semblent se soutenir mutuellement pour ne pas tomber. Il s’agit de magasins de babioles, de colifichets, de médicaments et de fortifiants traditionnels à base de serpents et autres herbes. En devanture sont exposes de gros serpents dans des cageots métalliques. La plupart n’ont pas de couvercle. Il suffit d’étendre le bras pour… brrr, on ne va pas étendre le bras, en fait!

Voir autant de serpents n’est pas très rassurant, en fait. Les gens d’ici ont l’air habitués. Mais moi pas. Je jette un coup d’œil dans les recoins, histoire d’être sûre qu’il n’en traîne pas qu’on aurait oublié. Devant la cage d’un énorme boa albinos est affichée la photo de la fillette de la maison, endormie entre les circonvolutions de la bête, qui dort également. Etrange animal de compagnie.

J’imagine bien que la photo n’est qu’une démonstration à destination des touristes, afin de provoquer le chaland, car on prend grand soin des enfants en Thaïlande… mais bon, je n’éprouve guère de plaisir à voir de tels clichés. Je suis rassurée tout de même de noter que les enfants n’ont aucune velléité de s’approcher des bestioles. Vivre en Thaïlande a ceci de positifs qu’ ils connaissent bien les risques que peuvent représenter les reptiles, et qu’ ils savent également quelle est la conduite appropriée à tenir, en cas de rencontre fortuite avec l’un de ces animaux.

 

Un spectacle très local

Guidés par les harangues de la foule, nous atteignons un chapiteau branlant où sont données les représentations du spectacle de serpents. Les gradins sont déjà pleins à craquer, et d’ailleurs ils craquent un peu, car ils ne sont plus de première jeunesse. On s’installe tout en haut, le plus loin possible de la scène et de ses reptiles. Les enfants ne sont pas rassurés devant les planches disjointes de la plate-forme. C’est vrai qu’avec leurs toutes petites fesses, je comprends qu’ils aient un peu peur de tomber dans le trou. Avec Papa-Tout-Terrain, nous essayons de boucher les plus gros vides de nos plus grosses fesses, et maintenons fermement les enfants de nos grands bras.

La foule est très locale, animée, colorée et bruyante. Plusieurs parents, ravis de voir des blondinets en vrai, nous traînent leurs jeunes enfants pour tenter d’établir le contact. Leurs rejetons n’ont pas plus envie que les nôtres de lier connaissance. Les parents, très motivés en revanche, agitent la main de leurs petits pour saluer les nôtres. Par politesse, nous encourageons les garçons à donner le change, en sachant bien qu’ils ne le feront pas. On leur a déjà fait mille fois le coup. Depuis leur naissance en fait, parce qu’en Chine c’était tout pareil. Je trouve ces attentions gentilles et même souvent émouvantes, mais je comprends bien que nos enfants ne partagent pas mes sentiments. D’autant que très souvent, l’histoire finit avec une mamie qui leur caresse la joue, leur tripote les cheveux ou leur pince le bras… les pauvres, ce n’est pas très rigolo tout de même.

 

Une représentation dont je garde un goût équivoque

Le spectacle s’ouvre sur des gamines un peu désabusées qui dansent avec des serpents autour du cou. Elles sont mignonnes comme tout mais n’ont pas l’air très enthousiaste. Elles semblent même carrément s’embêter.

Le village des Cobras Royaux - Khon Kaen

Et puis, juste pour faire ma relou… sur le principe déjà, ça ne me plait jamais tellement de voir des spectacles ou sont mis en scène des enfants… même pendant les vacances scolaires comme c’est alors le cas… mais alors, quand les enfants jouent avec des serpents, là, c’est le pompon! Bref, je peine quelque peu à me décontracter, même si Papa-Tout-Terrain m’assure que les bestioles sont inoffensives.

Arrivent des hommes adultes, chargés cette fois ci des démonstrations avec les cobras royaux. Il faut être honnête, c’est beau et impressionnant. Il est intéressant de noter que chacun à « son » serpent, qu’il taquine pour le faire se dresser et simuler une attaque. Un serpent, visiblement fort irrité, je jette soudain sur son dresseur, qui adroitement, l’évite. Pris par son élan, le serpent fond sur la foule. Cri d’effroi. A la dernière seconde, l’homme rattrape la bête par la queue. Soupir de soulagement dans le public. Bon, en fait, l’élément n’avait rien d’imprévu et chacun des dresseurs nous fera plus ou moins le même coup. Il n’empêche que je suis bien contente que nous nous soyons installés tout en haut des gradins.

Le village des Cobras Royaux - Khon Kaen

De jeunes adolescents reproduisent ensuite des séquences similaires, cette fois avec des serpents inoffensifs, mais plus courts et beaucoup plus agiles. Petit Deux me tape sur l’épaule, d’un air un peu choqué: « Il ne faut jamais toucher un serpent! Si l’on voit un serpent, il faut appeler Papa, Maman ou la nounou! » Bon, au moins quelqu’un qui garde son sens commun! Cela me rassure assez.

Le village des Cobras Royaux - Khon Kaen

Le spectacle se termine. Je commence à respirer. De gros bonhommes surgissent alors en bas des gradins avec d’énormes reptiles sur les épaules. Ils les jettent presque dans les bras des spectateurs, pour initier des séances photos. Je prends mon regard le plus courroucé et le plus agressif pour qu’ils ne s’approchent pas des enfants. Peut-être même ai-je réussi à avoir une tête qui fait peur, parce que personne ne nous fera de forcing!

Le village des Cobras Royaux - Khon Kaen

Bien plus intéressant, sur la scène, une vieille dame tient immobilisé un énorme cobra royal. Les touristes locaux s’en approchent respectueusement, en file indienne, et frottent le serpent avec des billets. Est-ce pour la richesse? La chance? Il y a clairement des croyances anciennes là-dessous… Même après coup, je ne réussis pas à comprendre exactement la place et le rôle du cobra, dans la société Thaï contemporaine. Dans ce contexte il est visiblement révéré. Dans le contexte de notre quotidien, si l’on rencontre un cobra, on le tue direct, sans autre forme de procès –et mieux vaut ça que l’inverse!

Je sors mal à l’aise du spectacle. D’abord parce que je n’aime pas tellement mettre nos enfants en contact avec des serpents. Et aussi parce que je trouve que ces pauvres bêtes seraient bien mieux, tranquilles, dans la nature… Mais en même temps, cette foule locale qui se passionne, ce village qui vit depuis des générations de la capture et du dressage des serpents, ces rituels de vénération des cobras… Il y a quelque chose de la culture d’ici à voir et à ressentir… Je n’ai pas aimé mais quelque chose m’a plu pourtant… Si j’avais su tout ça, est ce nous y serions allés en famille?… En fait, je ne le sais même pas…

 

Activités connexes et babioleries

Sur le chemin de la voiture, nous avisons une tente un peu à l’écart, où des visiteurs très excités parient visiblement de l’argent à des jeux de hasard. En dehors de la loterie nationale, les jeux d’argent sont théoriquement interdits en Thaïlande… En pratique ils sont tolérés tant qu’ils restent discrets –c’est ainsi qu’aux heures de pause, je vois souvent parier les ouvriers de mon usine… C’est tout de même la première fois que nous voyons des joueurs s’afficher autant, et qui plus est dans un lieu public.

Petit-Un demande ce qu’ils font. Nous expliquons succinctement. Petit-Deux hausse les épaules, avec l’air du mec qui a bien compris: « Ah, ils jouent à Batawaf!… » Batawaf est leur grande passion du moment: un jeu de cartes, équivalent a la « bataille » avec des personnages « chien ». C’est un jeu très amusant et qui a beaucoup de succès chez nous… quoi que je doute fortement qu’il s’agisse du support privilégie des parieurs Thaïs!

Le mytique Batawaf

Papa-Tout-Terrain s’est éclipsé. Les enfants profitent de ce moment de flottement pour négocier un tour de manège. Autorisation immédiatement accordée: des serpents –et leurs maitres- continuent à trainer çà et là. Tant que les garçons sont sur un manège, ils ne seront pas en train de faire des câlins à des cobras! Papa-Tout-Terrain revient, triomphant: il a déniché un magnifique instrument de musique à cordes pincées, que nous entendons souvent lors de concerts de musique locale. Quelle belle idée et quel joli souvenir à rapporter chez nous! J’ai d’ailleurs cherché sans succès la dénomination de cet instrument… Si quelqu’un peut m’aider, n’hésitez pas à me le mettre en commentaire…

Nos souvenirs

 

Balade avortée au parc de Nom Phung

Nous avons prévu, pour l’étape suivante, une visite du temple qui domine le lac d’Ubolratana, suivie d’un tour au parc national de Nam Phong. Nous espérons profiter de l’occasion pour une petite rando. Malheureusement, en ce jour de congés à l’occasion de Songkran, beaucoup ont eu la même idée que nous. Chacun circule au ralenti. Ca fait râler les enfants qui ont faim. Nous nous arrêtons en bord de chemin pour acheter un poulet grillé et du riz gluant, que nous mangerons en route.

Petit-Un a très faim, il veut un morceau de poulet énorme. Je m’emploie à lui donner satisfaction. Petit-Deux est très compétitif ces temps-ci. Il veut un morceau encore plus grand. Pour illustrer sa demande, il écarte ses bras au maximum: « Grand comme ça! ». Bien sûr, mon poulet n’est pas une autruche. Je n’ai pas de part à la taille voulue, donc je donne ce que je peux –et je ne pinaille pas. Petit-Deux refuse ma proposition. J’explique. Il refuse encore. Je lui présente une autre pièce de volaille. Il entre dans une colère noire, vide une bouteille d’eau à ses pieds –comme ça, gratuitement- et explose de frustration.

Arrêt de la voiture. Explications fermes. Sanglots. Pleurs. Câlins. On se rabat finalement sur le riz gluant qui met tout le monde d’accord et on reprend la route. Je fais rigoler Papa-Tout-Terrain quand je lui explique que Petit-Deux a besoin d’exprimer sa frustration. « Mouais, c’est un caprice, quoi! ». Finalement, ce n’est peut-être pas si éloigné…

Ca fait maintenant une heure et demie qu’on est sur la route et nous n’avons pas fait un kilomètre. Tout autour, de jeunes gens entassés dans des pickups s’aspergent d’eau pour se rafraîchir et tuer le temps, en attendant d’arriver dans le parc. Le GPS nous indique qu’il nous reste 19 kilomètres. Bon, tant pis pour le parc… nous décidons d’arriver tôt à l’hôtel qui par chance aura une piscine ce jour-là! Même faire le demi-tour est toute une histoire, et il faudra finalement l’intervention d’un policier pour nous sortir de là!

Wishing Tree Resort

Notre voyage tire à sa fin et nous commençons tous à fatiguer un peu. L’hôtel Wishing Tree Resort, au sud de Khon Kaen, nous comble de tout ce dont nous rêvions: la chambre est immense, calme et confortable, avec une jolie vue sur une rivière déserte. La piscine est agréable et l’ambiance très familiale. Nous terminons la soirée tôt ce jour-là, après un délicieux repas Thaï pour les parents, et des frites et des pizzas pour les enfants, dans le restaurant de l’hôtel.

 

 

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Eléphants, singes et temples – de Surin à Kalasin

Trois jours de visite des temples Khmer du sud de l’Isan nous ont permis de découvrir de très riches sanctuaires, des temples plus confidentiels et ont été l’occasion de surprenantes rencontres, à l’écart des circuits touristiques. Mais les enfants commencent à exprimer un trop-plein de vestiges. Aussi ne peuvent-ils retenir leur joie et leur excitation lorsque nous leur annonçons l’activité du matin: la visite de l’Elephant Study Center de Surin.

 

L’Elephant Study Center

Le village et la campagne qui bordent l’Elephant Study Center ont ceci d’étonnant qu’au détour des cours ou des allées, on y rencontre souvent à l’improviste des pachydermes –domestiques et attachés, bien sûr-, les cornacs habitant le voisinage avec leurs bêtes. Beaucoup d’énormes crottes d’éléphant, aussi, sur les routes alentours. On est dans l’ambiance!

Surin Elephant Study Center

La foule se presse à l’entrée du parc. Ce sont principalement des Thaïs du voisinage, ainsi que des Laotiens venus en voyage organisé. La foule est joyeuse, colorée et bruyante… ce n’est pas une foule des villes.

J’avais planifié cette activité avec d’autant plus d’enthousiasme que l’Elephant Study Center est intégré au « Surin Project », qui vise à améliorer les conditions de vie des éléphants en captivité, tout en diffusant de bonnes pratiques auprès de mahouts (=cornacs): ne pas battre les éléphants, leur éviter des charges trop lourdes, cultiver localement les végétaux destinés à leurs bêtes… Le projet est joli sur le site web, mais dans les faits, nous n’avons noté aucune différence entre ce centre et les autres attractions d’éléphants visitées ailleurs en Thaïlande.

Surin Elephant Study Center

Classiquement, on trouve les mêmes activités qu’ailleurs: distribution de friandises aux éléphants, balades à dos d’éléphant, spectacles d’éléphants, et commerce de souvenirs autour des éléphants. Il y a également un musée qui ne mérite pas vraiment son nom, avec ses trois panneaux d’affichages en Thaï uniquement, et une esplanade de jeux d’enfants qui nous a bien aidé à dépenser la belle énergie des nôtres.

Surin Elephant Study Center

Plus étonnant, le lieu rassemble quelques bêtes vraiment énormes. Nous n’avions jamais vu d’éléphants d’Asie aussi gros! Petit-Un a adoré sa balade « en hauteur », aux côtés de son Papa. Petit-Deux a préféré rester avec moi, mais il l’a pas mal regretté lorsqu’il a compris que, enceinte, il n’y aurait pas de promenade pour moi. Parce que si vous n’avez jamais pris d’éléphant, il faut bien savoir que ça bouge sacrément sur ces bestioles, même à un train de sénateur… je n’ose d’ailleurs pas songer à ceux qui combattaient sur des animaux au galop!

Surin Elephant Study Center

Le spectacle en revanche est assez médiocre. On nous y présente ce que font les éléphants partout en Thaïlande: jouer au foot, peindre des arbres sur des tee-shirts, se dresser sur leurs pattes arrière en barrissant et lancer des fléchettes sur des ballons. Le chapiteau où se déroule le spectacle est très chaud et mal ventilé. Mais surtout, la représentation manque assurément de rythme. Un éléphant fait un tout petit truc. Il est applaudi. Il s’approche du public pour être récompensé avec des morceaux de canne à sucre. Il s’en va. L’éléphant d’après se met en place pendant que tout le monde poireaute dix minutes. Et ça recommence. Cela n’a en rien affecté le plaisir des enfants, plus heureux de tendre des friandises aux éléphants que de regarder leurs numéros. D’ennui et de chaleur, nous sommes cependant partis avant la fin.

Surin Elephant Study Center

 

Les singes du sanctuaire de Ku Phra Kona

Nous prenons la route de la province de Roi-Et, où nous comptons visiter le temple moderne de Pa Non Sawan -que nous n’atteindrons malheureusement jamais.

En chemin, nous croisons l’indication d’un autre sanctuaire, visiblement ancien: le temple de Ku Phra Kona. Nous nous arrêtons à tout hasard. Le grand parc que nous traversons pour atteindre l’édifice religieux est habité par des singes. Ce n’est pas très surprenant, car en Thaïlande, les singes élisent couramment domicile dans les temples. Animaux sacrés chez les Hindous et les Bouddhistes, ils sont soignés et nourris par les fidèles du coin. Dans les lieux devenus attraction touristiques, les singes se nourrissent exclusivement de nourritures fournies par les humains ou volées. Ils sont facilement agressifs. Dans les endroits plus reculés comme Ku Phra Kona, ils semblent être restés principalement sauvages. Ils approchent peu des hommes, vivent dans les arbres, et semblent toujours habitués à se nourrir de par eux-mêmes, dans la nature –ou du moins partiellement.

Les singes de Ku Phra Kona

Sur un vélo, surgit de nulle part une vendeuse de bananes. Equipés de fruits murs, nous entamons la distribution.

Les enfants traînent un peu les pieds quand il s’agit de passer au temple. Mais comme « il y a plein de grosses pierres qui attendent des petits garçons pour sauter », ils nous suivent finalement de bonne grâce. La partie Khmer du site date du 11eme siècle. Elle se compose de trois Prangs de brique. Le Prang central a été « restauré », enfin, plutôt « refait ». Il est intégralement plâtré et de nouvelles cavités ont été créées dans la voute pour y héberger des statuettes bouddhistes. Les décorations relèvent elles aussi du bouddhisme, et clairement, la tour a aussi complètement changé de visage que de religion.

Le sanctuaire de Ku Phra Kona

Les deux Prangs contigus sont toujours de brique. Ils ne sont pas en très bon état et s’affaissent un peu, mais présentent encore plus d’intérêt: eux ont carrément été investis d’une statuaire et d’un décor bouddhiste, sans transformation préalable. Les niches sont décorées d’étoffes safran. L’on s’en approche désormais pieds nus. Y foisonnent les statues des principales divinités bouddhistes, les vases à encens et autres contenants destinés aux offrandes traditionnelles.

Parties anciennes du temple Khmer de Ku Phra Kona

Subsistent également quelques linteaux aux bas-reliefs assez fins ainsi que de petites inscriptions en alphabet Khmer, mais dont les dalles ont été un peu écartées des endroits de culte: elles ne constituent plus l’objet principal de ces lieux. Si les vestiges antiques ont progressivement été transformés par la religion dominante, on sent que les gens du coin y restent sincèrement attachés: près de nous, un moine du monastère voisin présentait ainsi sculptures et linteaux à un visiteur Thaï, et, quoi que nous ne puissions les comprendre, leurs regards, posés sur ces témoignages du passé, faisaient montre d’une réelle bienveillance.

Linteau sculpte de Ku Phra Kona

 

Brève escale à Roi-Et

Un peu plus au nord, nous traversons Roi-Et. Petit-Un avise un beau jardin public, équipé de pédalos. « S’il te plait Maman-chérie, je veux faire du bateau-flamingo! » En fait, c’est un pédalo en forme de cygne, mais on se comprend. Et Petit-Deux de renchérir qu’il voudrait le flamingo bleu, parce qu’il est teeeeellement beau! On a pas mal roulé récemment et les moments principaux de détente, pour les enfants, ont surtout consisté à crapahuter dans les temples Khmers et à jouer au freezbee dans les chambres d’hôtel –mais on n’a rien cassé!

Pedalo dans le parc de Roi-Et

Bref c’est ainsi que sur un regard complice échangé avec Papa-Tout-Terrain, nous renonçons, avec quelques regrets, mais de bon cœur, au temple de Pa Non Sawan… pour aller pédaler dans l’eau.

On enchaine avec une séance jeux d’enfants. Petit-Un devient tout de suite copain avec deux grandes filles d’au moins huit ans qui lui tiennent la main sans le lâcher, et le conduisent de toboggans en échelles de cordes. Il a l’air heureux comme un roi!

Leitmotiv du voyage, Petit-Deux a un souci de sable qui entre dans les chaussures. Il développe une technique forte intelligente qui consiste à hurler à mon intention chaque fois qu’il arrive au bas d’un toboggan, pour se faire transporter à bras, jusqu’au pied de l’escalier suivant. Curieusement, ça ne marche pas du tout du tout avec Papa-Tout-Terrain.

Il fait chaud

Nous concluons l’étape avec une bonne glace. En fait deux glaces pour Petit-Un, parce que Papa-Tout-Terrain a laissé tomber la première par terre. En partant de l’ère de jeu, toutes les nouvelles copines font de grands signes à l’ intention de notre ainé: « Au revoir Petit-Un! », crie l’enfant la plus âgée, en l’appelant par son prénom.

 

Soirée autour de Kalasin

Nous repartons pour l’étape du soir: Kalasin. Dans la voiture, les enfants chantent en cœur: « Promenons-nous, dans les bras, pendant que le loup y est pas… » Dois y voir une quelconque ironie, de la part de Petit-Deux, qui a bien plus usé mes bras que ses chaussures aujourd’hui?

Un peu avant Kalasin, nous nous arrêtons brièvement sur le site de Muan Fa Daet Song Yang. Il s’agit d’une ancienne cite préhistorique, qui se serait surtout développée entre les 10eme et 8eme siècles avant JC. En plus d’un petit musée alors fermé, il ne reste aujourd’hui que quelques monticules anciens, ainsi qu’une « borne religieuse« , et qui servait alors à identifier les zones sacrées. Peut-être y aurait-il eu plus à voir, mais nous ne cherchons pas très longtemps et ne trouvons rien qui nous convainque.

Muang Fa Daet Song Yang

Quoi qu’il ne soit nous ne souhaitons pas traîner, car nous prévoyons de passer la soirée sur le barrage de Lam Pao, au nord de Kalasin. Nous arriverons malheureusement trop tard: tout ferme dès la tombée de la nuit. En revanche, les derniers plaisanciers qui quittent les lieux ont l’air de s’être bien amusés: grande plage de sable, nombreux baraquements de nourritures variées, petites échoppes qui proposent bouées et jeux d’eau… il y a tout pour y passer une belle après-midi, ou milieu d’une foule locale, familiale et gaie! Nous concernant, ce sera pour une prochaine fois, peut être…

Barrage de Lam Pao a Kalasin

Une jolie occasion perdue mais nous ne nous démontons pas pour autant. A notre grand étonnement, nous repérons un restaurant de kebab, chaudement recommandé sur le web par quelques curieux de passage. Et si on y allait?… Mon estomac m’a quelque peu reproché la salade de papaye et le Laab Ped du midi, plutôt épicés pour un circuit digestif occidental, même habitué. Le changement lui fera du bien! Le GPS nous mène au fin fond de la banlieue sud de Kalasin, où nous commençons à désespérer. C’est un endroit où l’on ne s’attend plus à trouver à manger, et encore moins de la nourriture étrangère. Contre toute attente, le Kebab Garden est pourtant bien là et se révèle une excellente découverte, quoi que pas locale du tout. Le patron est jordanien, et très sympathique. Il nous cuisine, tout frais, de délicieux kebabs, du homos, des fallafels ainsi quelques autres plats non moins délicieux mais dont j’ai perdu le nom. Surprise du chef, il nous rajoute même quelques spécialités de son pays! Quel délicieux repas!

Le Kebab Garden a Kalasin

Ce soir-là, nous dormirons dans le confortable Dino Studio, qui nous prépare déjà à l’ambiance des activités du lendemain: la visite du musée des dinosaures de Kalasin!

 

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La Swiss Sheep Farm – Pattaya

Je n’aime pas beaucoup Pattaya, mais puisque nous habitons dans le coin, nous en pratiquons régulièrement les parcs et attractions alentours. Nous avons testé ce week-end la toute nouvelle Swiss Sheep Farm, à une vingtaine de minutes au Sud du centre de Pattaya. Comme des idiots, nous n’avions pas vérifié les horaires d’ouverture, et nous sommes arrivés une demi-heure trop tôt. Nous avons d’abord un peu joué sur les balançoires proches des caisses, et le personnel nous a finalement très gentiment ouvert un bon quart d’heure avant l’horaire officiel.

Swiss Sheep Farm - Environnement

La Swiss Sheep Farm propose la reconstitution d’un village plus ou moins suisse, du moins clairement européen, et autour duquel s’articulent les pâturages d’animaux domestiques: moutons, canards, chèvres et poneys. Le tout petit village est amusant à parcourir, avec en son centre une fontaine à l’italienne et une placette pavée. L’atmosphère est fraiche. On y trouve un café, un restaurant, et quelques commerces de savons et autres petits cosmétiques. Le personnel est nombreux et vêtu de chemises à carreaux, bien sûr!

Swiss Sheep Farm

 

Un parc familial aux attractions variées

A la vue de nos deux garçons, toutes les gentilles « Suisses » que l’on croise nous orientent vers la salle des robots, les yeux brillants d’excitation. C’est une salle ou est reconstituée une quinzaine de grands robots en boulons, rutilants, chromés, et formidablement monstrueux. En plus de ne pas être très « robots », nos enfants sont un peu impressionnés. Ils demandent rapidement à passer à l’activité suivante.

Swiss Sheep Farm - Lac

Les distractions du parc sont nombreuses. Au bord du très poissonneux lac de Genève (?), nous observons voguer un voilier. A deux pas d’un horrible requin en pate à papier. Un peu plus loin, les enfants s’installent au volant de vielles voitures et miment une course effrénée. Mieux encore, Petit-Un peut poser fièrement –au milieu de canards indifférents- devant un antique avion de tourisme, repeint de couleurs rutilantes. Puis c’est au tour de Papa-Tout-Terrain de nous faire découvrir des qualités d’archer. Je ne soupçonnais pas. Et je vois deux petites paires d’yeux franchement ébahies! Au terme de la démonstration, Petit-Un demande, avec crainte et déférence, à prendre l’arc en main. Il veut savoir s’il pourra s’en servir, quand il sera plus grand.

Swiss Sheep Farm - Decors

Nous dépassons un moulin, puis une fermette et son tracteur, avant de franchir le seuil d’une maisonnette à la mystérieuse enseigne: « Candle House« . Pour une somme modique, les enfants peuvent couler leur propre bougie, avec une cire de la couleur de leur choix, et « planter » eux-mêmes la mèche. Ils sont ravis de repartir avec ce petit souvenir, qu’ils chériront tout le week-end.

Swiss Sheep Farm - Candle House

 

Autour des animaux de la ferme…

Swiss Sheep Farm - Enclos des moutons

Un peu plus loin, nous nourrissons d’herbe un troupeau de moutons, et flattons l’encolure de petits chevaux. Les bêtes sont belles et ont l’air bien entretenues. Elles doivent avoir chaud en revanche. Bon, nous aussi, un peu. Le parc vient d’ouvrir et les lapins ne sont pas encore arrivés. Il y a enfin des alpagas (payants) auxquels nous ne rendons pas visite. Nous terminons notre virée par une séance photos devant de nombreux et amusants décors en pâte à papier, et par un petit tour en tracteur-train pour les enfants.

Swiss Sheep Farm - Tracteur-train

 

Une balade légère et agréable…

Nous avons passé un très bon moment en famille dans la Swiss Sheep Farm. Ce n’est pas très long. Mais en prenant son temps, on peut compter deux petites heures de promenade. La visite s’articule autour d’activités simples, qui nous ont cependant tous distraits et réjouis. D’autant plus que nous étions alors presque seuls. En fin de matinée ont commencé à arriver quelques familles Thaï, qui sont toujours des co-visiteurs agréables. En revanche, aux vues des panneaux d’orientation, il me semble que le parc se destine à recevoir d’importants groupes de Chinois. Ces groupes arrivent-ils plus tard dans la journée ou sont-il seulement pour l’instant une cible marketing du parc? Je ne sais, mais j’imagine que l’atmosphère du lieu est bien différente -et moins agréable, dès lors qu’interviennent des bus de touristes en masse.

Swiss Sheep Farm - Epouvantail

 

Comme dans la plupart des parcs de ce type, les activités annexes ne sont pas incluses dans le prix du billet. Compter 30 bahts pour les bougies, 100 baht pour le tir à l’arc, 80 bath pour le tour en tracteur-train, 30 bath pour nourrir les animaux (hors herbe des moutons, incluse dans le ticket d’entrée). Il y a aussi des jeux de fléchettes, chamboule-tout, taureau mécanique… mais nous n’avons pas tout essayé. Pour les résidents étrangers en Thaïlande, penser à demander le « prix thaï » en présentant permis de conduire ou permis de travail.

 


La Swiss Sheep Farm en pratique

  • Coordonnées GPS: 12.773251, 100.945967
  • Ouvert de 10h à 19h
  • Ticket adulte: 90 THB pour les Thaïs et les étrangers résidents. 180 THB pour les étrangers non résidents.

 

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