La course de buffles d’eau (Chonburi, Thaïlande)

D’après l’affiche, c’était le plus gros événement mondial de ce type: une course de buffles d’eau. On avait rigolé, vu qu’il ne devait pas y avoir des masses de courses de buffle d’eau dans le monde. Mais quand j’ai vu des buffles et encore des buffles, et des buffles à perte de vue, j’ai arrêté de ricaner bêtement. C’était un spectacle à couper le souffle. Grandiose. Unique. Une petite porte sur les traditions et les récréations de la Thaïlande rurale.

 

Un événement attendu

Ca faisait plus d’un an qu’on attendait ces courses de buffles. Hélas l’année dernière, la Thaïlande avait perdu son Roi, quelques jours avant l’événement. Et paf tout avait été annulé. Du coup on a dû attendre l’édition suivante.

Buffles d'eau - Chonburi _1

Au jour dit, nous sommes arrivés tôt. (Surtout parce que les enfants s’étaient levés aux aurores.) Et là, il n’y avait rien. Enfin si, il y avait une fête foraine à l’arrêt, mais pas la queue d’un buffle. Pourtant, dans la grosse ville de Chonburi, il y avait des affiches partout pour annoncer l’événement. On a ratissé les rues attenantes. Sans succès. Mais on a trouvé une affiche en anglais. (Une affiche en anglais c’était un peu comme un buffle a cinq pattes.) Si la foire avait bien commencé, la course n’aurait en fait lieu que quatre jours plus tard. Nouveau rendez-vous fut donc pris. Mais sans Papa-Tout-Terrain qui a le mauvais goût de travailler en semaine.

 

Foire populaire aux attractions oubliées

En fait, on est tout de même revenus le soir, rapport à la fête foraine que les enfants avaient bien repérée. Ils étaient ravis, d’ailleurs, il y avait des auto-tamponneuses. Ils en ont fait cinq tours. Elle avait un petit gout d’antan, cette foire, avec des attractions que j’imaginais appartenir au passé.

Regardez plutôt cet homme à moto, dans une espèce de tonneau géant, qui roule sur les murs à une hauteur vertigineuse! La structure métallique tremble à chacun de ses passages. Ca sent l’essence et ça fait un bruit du tonnerre. Petit-Un et Petit-Deux jubilent et trépignent de joie. Je m’agrippe à Miss-Trois. Ca m’apaise. Enfin façon de parler. Le mec conduit sans les mains, maintenant, et mon cœur s’arrête de battre. Tout est fini. Il est redescendu sans dégât et reprend paisiblement son Tom Yum. Petit-Un me dit que c’était dangereux, quand même. Il ne faut pas faire ça. J’en rajoute une couche: je suis sûre que la Maman de ce monsieur doit avoir très peur. Et, faire peur à sa Maman, c’est très mal.

Attraction moto a la foire de Chonburi

Dans le stand d’à côté, des dames sont installées en équilibre sur des planches de bois. Pour quelques sous, les curieux se bousculent et tentent de les envoyer à l’eau. D’une balle, les plus habiles déclenchent facilement le mécanisme. Le siège se dérobe. En un cri, l’élégante plonge dans un baquet saumâtre.

 

Tournoi de boxe thaïlandaise

Un peu plus loin, un ring et une compétition de boxe thaïlandaise. Le combat démarre avec une sorte de prière rituelle des combattants, sur fond de musique traditionnelle. Les spectateurs se lèvent. Premier round. Les coups pleuvent immédiatement, intenses. Petits et grands se pressent tout autour du ring, encouragent, commentent et s’enthousiasment. Le combat est violent, bien sûr. Le petit est particulièrement hargneux. Et le grand à l’air un peu mou est déjà pas mal groggy.

Boxe Thailandaise - Chonburi

Entre les rounds, un homme en costume agite ses doigts en direction de la foule. C’est un broker qui prend les paris. Ce sont sans doute les derniers combats de Muay-thaï avant un mois, car tout octobre sera deuil national pour la Thaïlande. (Le Roi est mort il y a un an. Sa crémation est organisée pour dans quelques semaines.) Par décret, les paris ont été interdits pour tout le mois. Or, pas de Muay-thaï sans paris.

Il est déjà l’heure de partir. Les enfants ont repéré une sorte de grand huit qu’ils veulent à tout prix essayer. Comprenez, il y a Spiderman, juché tout en haut! Ce ne sera pas pour cette fois ci: il faut avoir au moins sept ans. Sur le chemin du retour, Petit-Deux vérifie: « Et à huit ans, on a le droit aussi? Et à neuf ans? Et à dix ans? (…) Et à cent ans? »

 

Des buffles à perte de vue

Nous voilà enfin au jour de la course de buffles. Par chance, on est mercredi, et les enfants finissent l’école à midi. J’emmènerai donc les garçons, laissant Miss-Trois aux bons soins de la nounou. J’essaie une dernière fois de convaincre Papa-Tout-Terrain de venir mais il préfère travailler.

La place principale de Chonburi est couverte de stalles, de foin, et d’excréments. Et de plus de buffles que je n’en n’ai jamais vus de ma vie. Curieusement, il y a très peu de barrières. En revanche, presque chaque animal a son propre pâtre.

Buffles d'eau - Chonburi _2

On ressent une forme de complicité tacite et calme entre les hommes et leurs buffles. Une simple cordelette retient les naseaux du bovin. Il n’est pas rare de voir le maître entourer de ses bras le museau de la bête, comme en une accolade entre amis. Ceux qui n’ont rien à faire arrosent et rafraîchissent leur animal à grands seaux d’eau. Ils lustrent leurs robes ou ébouriffent les poils de leurs têtes.

Malgré l’agitation ambiante, les buffles restent impavides. Des enfants jouent tout autour et les escaladent parfois. Les animaux sont très peu restreints. Je ne retrouve pas chez eux les signes de nervosité des vaches françaises, qui tapent du sabot sur le sol ou remuent vivement la tête.

Buffles d'eau - Chonburi _3

Certaines bêtes sont particulièrement énormes. Elles ont dû concourir pour leur beauté, leur prestance ou la qualité de leur musculature.

On a loupé les festivités du matin et le défilé. Les charrettes décorées de fleurs aux mille couleurs sont déjà rechargées sur de gros camions, prêtes à rentrer au bercail. Restent quelques buffles richement parés. Sur leurs houssures, des blasons à la gloire du Roi défunt.

Buffles d'eau - Chonburi _5

 

La longue préparation d’une course de buffles d’eau

Guidés par la clameur, nous trouvons rapidement le champ de course. A peine sommes nous installés sur les gradins qu’un piétinement de sabots nous dépasse a tout allure. Le galop enragé de ces bêtes puissantes est à couper le souffle.

Course de buffles d'eau - Chonburi _1

(A cette seconde précise, Petit-Deux décide qu’il a vu assez de buffles et qu’il veut rentrer à la maison. En plus de m’enivrer de ces images grandioses, j’ai donc passé le reste de l’après-midi à lui demander de se tenir tranquille, d’attendre, d’arrêter de me rebattre les oreilles de ses jérémiades, de se taire, de s’assoir et qu’on en finisse. Bref, j’ai des enfants pas toujours coopératifs, comme tout un chacun. Et ce n’est pas le souvenir que je veux garder de cette course de buffles d’eau.)

La course suivante se prépare. On mène les buffles sur la ligne de départ. Ca prend du temps d’aligner cinq buffles. Il y en a toujours un qui a l’air trop en avant ou trop en arrière. Il faut le faire se remettre correctement. Et visiblement, ces bêtes ne savant pas reculer: ils refont le tour à chaque fois.

Course de buffles d'eau - Chonburi _2

Au bout de trois plombes, les cavaliers s’installent sur les croupes. Certains sont tous jeunes. Presque des enfants. D’autres au contraire sont plus âgés et grisonnants. Les cinq concurrents sont prêts au départ. Mais entre les clameurs de la foule, l’excitation de son maître, la badine, et les curieux qui se pressent, les bovins sont nerveux. Un buffle est parti tout seul. Le cavalier a sauté à terre et l’homme à la longe tente de le remettre dans les rangs.

Une barrière s’est déchaussée du sol. Quelques volontaires viennent piétiner la terre pour la replanter solidement. On a remis le buffle à sa place. Mais un autre s’est cabré.

 

La course de buffles d’eau

L’attente est longue entre les courses. Souvent une dizaine de minutes, car la logistique des buffles est lourde.

C’est parti: chacun s’élance! Les cavaliers sont installés très à l’arrière, sur leur monture. Ils ne la dirigent pas vraiment, d’ailleurs. Ils n’ont qu’une cordelette pour s’accrocher, mais rien pour piloter. Un buffle traverse la piste de droite à gauche, tandis que les autres semblent plus directement converger vers la ligne d’arrivée. Les cavaliers s’accrochent mais ça secoue ferme. Les chutes sont fréquentes.

Les concurrents franchissent la ligne d’arrivée au milieu des hourras de la foule. Les badauds sont jusque sur la piste. En face, les cavaliers n’ont rien pour arrêter leur monture. Ils se contentent de sauter à pleine vitesse, laissant filer leur bête.

Course de buffles d'eau - Chonburi _3

Le buffle s’apaise très vite. Il voit ses copains buffles un peu plus loin et s’arrête tout seul. Des quidams les récupèrent ensuite ici ou là. Qu’elle est curieuse de désorganisation, cette arrivée. Il y a des tas de gens dans tous les sens, qui observent, prennent des photos, jugent, récupèrent les buffles, vendent de la nourriture. Un buffle de mauvais poil pourrait faire un carnage en chargeant. Ces animaux sont vraiment paisibles.

 

Petite fenêtre sur la Thaïlande des campagnes…

Et puis nous sommes rentrés à la maison. Un peu trop tôt à mon goût. J’aurais pu rester jusqu’au soir à me perdre dans le regard des bovins et les bruits de sabots. En route vers la voiture, nous tombons sur une compétition de montée de bambou. C’est très traditionnel également. Mais je n’aurais jamais cru que c’était si difficile. Ca a l’air de glisser comme pas possible. Pour essayer d’adhérer un peu, les concurrents jettent du sable sur le piquet, à mesure qu’ils montent et qu’ils glissent. Ceux de la photo sont montés à deux mètres à tout casser, et semblaient vraiment au bout de leur vie. Si l’on en croit les petits drapeaux plantés sur le mat, cependant, d’autres ont dû aller bien plus haut.

Escalade de bambou - foire de Chonburi

Je suis rentrée enthousiasmée. J’ai passé la soirée à en causer à qui voulait l’entendre. Et Petit-Deux aussi, paradoxalement. Nous avons été très étonnés, en revanche, de réaliser qu’aucun Thaï de nos amis ou de nos connaissances n’a jamais assisté à l’événement. Nous soupçonnons que l’activité ait une réputation trop fruste…

Aucun? Pas tout à fait, d’ailleurs. Une petite collègue de l’équipe de Papa-Tout-Terrain aurait, pour sa part, participé à des courses de buffles, dans son jeune temps! Cette jeune femme est originaire d’Issan, cette région rurale que nous aimons particulièrement. Là-bas, a-t-elle expliqué, il n’est pas rare que les jeunes gens se distraient de ce type d’épreuves, avec leurs buffles, entre villages ou entre amis.

Buffles d'eau - Chonburi _4

Le temple du fond de la grotte – Tham Khao Prathun Bureau of Monks

Nous avons entendu parler d’un drôle de temple, aux confins de la province de Rayong. Ce temple du fond de la grotte, on ne l’atteint que par bateau. Plus encore, ce temple, on ne le découvre qu’au terme de la traversée d’une grotte marine.

Tôt levés, nous renouons vite avec les habitudes de nos week-ends: direction les sombres montagnes du nord de Rayong. Leurs formes abruptes témoignent d’un passé géologique torturé. Inhospitalières, touffues, infranchissables et souvent vierges, encore, de toute présence humaine. Certes, cette région ne ressemble pas à la Thaïlande des cartes postales. Elle est si belle, pourtant, que l’on y revient toujours.

 

Une balade dominicale pour les familles

La route sillonne entre les plantations d’hévéas, comme il y en a plein la région. Parce que les inondations et le climat tropical ne sont pas les amis du cantonnier, quelques plaques de goudron subsistent entre les nids de poule.

On arrive. Nous attendions un lieu intimiste et coupé du monde. Mais déception: c’est plein de voitures. Un garde nous fait nous garer dans un parking sillonné de tranchées boueuses. Nous sommes entourés de pick-up locaux et de voitures antiques. Les gens du coin sont venus en famille élargie, pour passer ensemble du bon temps, peut-être la journée. Ce sera l’occasion aussi de prêter ses respects aux divinités des lieux.

En Asie, on a la fibre commerciale. Un petit marché s’est improvisé entre le parking et le temple. L’odeur des douceurs locales nous chatouille les narines. Bien vaillants ceux qui résistent!

1 - Tham Khao Prathun Bureau of Monks - Le temple du fond de la grotte

Un premier sanctuaire est niché dans un repli de la paroi anthracite. Quelques pas plus loin, un attroupement. C’est le départ des bateaux, pour le temple du fond de la grotte. Je devrais dire des baquets, plutôt. C’est dans ces drôles de bassines que le pèlerin sera poussé et dirigé par des moussaillons immergés jusqu’à l’épaule. Les visiteurs se pressent dans un désordre organisé, que nous peinons à décrypter.

2 - Tham Khao Prathun Bureau of Monks - Le temple du fond de la grotte

Tout le monde est très occupé. Un vieux monsieur qui crie régulièrement dans un haut-parleur nous fait signe de retourner en arrière. Il nous faut des tickets. Pas d’anglophone, pas de panneaux. Nous tournons un peu. Une vieille dévote nous délivre finalement les précieux sésames. Il n’y a pas de prix. L’on verse son obole dans une urne destinée au temple.

Dans la confusion, Petit-Deux a décrété qu’il ne voulait plus prendre le bateau. Il n’aime pas les grottes, d’ailleurs. Les bateaux non plus. Et il a mal au genou.

 

L’aventure du bateau

On retrouve l’homme au haut-parleur. Ses invectives sont des numéros. On a le « 59 », il s’agit de prêter l’oreille! Je laisse Papa-Tout-Terrain se dépatouiller avec Petit-Deux. D’abord, il est bien plus persuasif que moi, et en plus il ne sait pas compter en thaï. C’est ça le travail d’équipe!…

4 - Tham Khao Prathun Bureau of Monks - Le temple du fond de la grotte

Une dame me tape sur l’épaule. Elle aussi a un bébé à la main. On compare. Mon modèle de un an, est plus grand que le sien, qui n’a que huit mois. On se flatte mutuellement. Puis elle a l’idée de faire faire « Hi five! » aux bambins. C’est facile comme tout, bien sûr. Les bébés voient tout de suite ce qu’on attend d’eux et sont enthousiastes. Ils ont la main molle et le regard fuyant. Petit simulacre: « Oh, c’est trop mignon »… Crotte, on en est déjà au numéro « 56 ». Re-crotte, une autre dame attend derrière avec un autre bébé à comparer. On échange quelques gouzis-gouzis gentils. Ca va être à nous… Fausse alerte, ils ont perdu le numéro « 52 ». Ca y est! Cette fois-ci, c’est à nous!

Il n’y a pas une seconde à perdre, tel un seul homme, la famille Tout-Terrain se rue sur l’embarcation. Le capitaine du baquet en reste interloqué. Ca tangue un peu. Le monsieur du haut-parleur dit des trucs. Mais on ne comprend rien. On découvre alors que la deuxième dame au bébé parle anglais. Elle nous explique alors gentiment la marche à suivre: baisser la tête et ne pas toucher la roche. Elle nous montre aussi un type en chaussettes et en habits de cycliste. C’est son mari. Il prévoit de rejoindre à pied le temple du fond de la grotte. Pendant qu’on papote, ca mitraille sévère, tout autour. Ce n’est pas tous les jours que l’on doit voir une famille d’étrangers par ici.

Le temple du fond de la grotte: voyage au centre de la terre

Le bateau s’enfonce maintenant dans les profondeurs de la terre. La faille dans laquelle nous nous engageons n’est ni large ni haute. Elle résonne du bruit des bateleurs et des rires de leurs passagers. Dans une atmosphère bon-enfant, un peu mystique, mais somme toute enjouée. J’ai envie de jouer à Pince-mi et Pince-moi, dans ma tête. C’est exactement le bateau que je m’étais toujours imaginé!

5 - Tham Khao Prathun Bureau of Monks - Le temple du fond de la grotte

La traversée n’est pas très longue. Bien vite, nous débouchons de l’autre côté, dans un temple complètement entouré de rochers à pic. Ce n’est plus une grotte en tant que telle mais une cachette inviolable, une sorte de gouffre au cœur de la montagne. Loin, très haut derrière les rochers, on distingue quelques pans de ciel bleu.

L’atmosphère est étouffante d’humidité.

3 - Tham Khao Prathun Bureau of Monks - Le temple du fond de la grotte

Les familles s’égaient en direction des différents autels. Prêtent leurs respects à Bouddha et à quelques divinités animistes. Beaucoup se sont habillés pour l’occasion. Certains portent encore les couleurs du deuil, en l’honneur du feu roi Bhumibol. D’autres ont choisi de « s’assortir » avec leurs amis ou leurs proches. On se photographie, on se selfie. En prières ou en offrandes. Ou avec Miss-Trois et ses boucles dorées, qui sont l’objet de toutes les curiosités.

Dans les renforts des parois, de nombreuses cavités naturelles ont été converties en chapelles. Certaines sont très profondes, et magnifiques de dentelles géologiques. Toutes suintent l’humidité. Le sol est recouvert d’une glaise visqueuse et luisante. (Nous compterons quelques chutes dans nos rangs.) Les roches dégouttent. C’est beau. C’est impressionnant. Ca a quelque chose de magique.

6 - Tham Khao Prathun Bureau of Monks - Le temple du fond de la grotte

 

Le petit marché de Tham Khao Prathun

Sur le chemin du retour, nous cédons finalement aux odeurs alléchantes qui s’échappent du petit marché. Saucisses thaïes, salade de papaye, petit pains à la vapeur, brochettes de porc caramélisées, riz gluant et fruits frais nous composeront un excellent déjeuner aux saveurs locales.

7 - La vieille dame aux dents rouges de noix de betel

Une Mamie aux dents rouges de noix de bétel s’est entichée de Miss-Trois. Elle la promène d’éventaire en éventaire, la présentant à ses copines vendeuses. Auprès de l’une de ses connaissances, elle négocie un esquimau artisanal. Je retiens son geste: Miss-Trois n’est encore qu’un bébé, tout de même…

 

Flâneries dans un autre « temple-grotte »

Nous reprenons la route en direction d’un sanctuaire voisin, repéré par Papa-Tout-Terrain. Le Wat Tham Wattana Mongkon est lui aussi dissimulé dans une cuvette au milieu d’un pic de roche sombre. On y accède via une arche monumentale dans la paroi.

8 - Wat Tham Wattana Mongkon

Le relief et les couleurs y sont à couper le souffle. Non loin, de petits ponts en dos d’âne enjambent un joli cours d’eau. Quelques singes juchés sur la falaise nous observent d’en haut. Malheureusement, tout est désert. Pas de fidèles, pas de prières. C’est beau, mais il nous semble que les lieux manquent un peu de ce petit supplément d’âme…

La balade au temple du fond de la grotte a laissé de grandes traces de boues sur nos chaussures. Sur le chemin du retour, Petit-Deux s’active pour nettoyer les siennes: il déteste avoir les pieds sales. Petit-Un astique plus mollement, surtout parce qu’on lui a demandé de le faire. On l’entend soudain s’exclamer. Dans un rugissement de fierté, il montre à son frère: « Regarde! J’ai des chaussures en 32 ans! » Admiration non feinte. Sourire complice des parents.

 

 

Le Tham Khao Prathun Bureau of Monks en pratique

  • Coordonnées GPS: 13.123835, 101.597555
  • L’entrée est libre. On fait une offrande de son choix au moment où l’on demande le ticket pour prendre le bateau de la grotte marine
  • Le temple est d’accès libre, il n’y a donc pas d’horaires. Malgré tout, gardez en mémoire que les activités en Thaïlande ne commencent souvent pas très tôt, et ne finissent généralement pas très tard. Il me semble raisonnable de penser qu’entre 10h30 et 16h, on trouvera des personnes pour conduire les bateaux.
  • Compter 1h30 à 2h pour la visite, en comprenant le temps d’attente pour le bateau. L’attente en soi est un moment d’observation très vivant et intéressant.

 

Le Wat Tham Wattana Mongkon en pratique

  • Coordonnées GPS: 13.095763, 101.607254
  • L’accès au temple est libre.
  • Comptez entre vingt et trente minutes pour vous imprégner des lieux et de leur atmosphère.

 

La ferme de Suan Lamai – Rayong

Drôle d’endroit que la ferme de Suan Lamai. C’est au milieu de… rien justement, puisque c’est juste à côté du surprenant monastère de Wat Namtok Thammarot. (Je vous jure qu’en dehors de ces deux trucs, il y n’a vraiment rien!)

 

Au milieu de… rien

Autour, c’est le désert: il n’y a que des plantations d’hévéa. C’est très intéressant l’hévéa. Vous allez voir, je vous mets une photo. (On voit au cadrage que c’est moi le photographe. Y a un bout de rétroviseur sur la droite.)

Hevea

C’est surprenant, ça penche obstinément, l’hévéa. Ca a l’instinct grégaire d’ailleurs: en troupeau ils penchent toujours dans le même sens. Quand on n’est pas biologiste, comme moi, il y a un truc infaillible pour les reconnaître: ils sont munis d’une coupelle de la taille d’une noix de coco, qui récupère le caoutchouc. Petit-Deux était fou de joie, croyant trouver du lait dans ce drôle de bol. Mais non. C’est juste que le caoutchouc est d’un blanc immaculé avant d’être transformé en pneu noir et moche. La Thaïlande étant le premier exportateur mondial de caoutchouc, vous aurez toutes vos chances de croiser des hévéas dans le coin. D’où cette ma parenthèse hautement édifiante.

 

Revenons à nos moutons C’est parfait, c’est justement aux moutons qu’on commence la visite. On peut leur donner à manger et faire des selfies avec eux. Ils ont de la chance ces moutons, car on les a gratifiés d’un paysage magnifique, sur le flanc d’une colline qui donne à la fois sur la plaine et sur la forêt tropicale. Et surtout, ils se marrent bien, pile poil en face de l’arrêt d’omnibus qui fait le tour de la ferme. Nous aussi, au début ça nous a fait tout drôle de visiter une ferme en omnibus-tracteur. En même temps, on n’était pas là pour devenir fermiers. Aucun doute, il s’agit bien d’une ferme d’agrément.

Tracteur - omnibus de la ferme de Suan Lamai

 

La ferme des fraises

Le lieu est surtout connu pour ses plantations de fraises. Dans l’imagerie des petits Français, les fraises, ça fleure bon le début de l’été et la chaleur qui revient. Pour les Thaïs c’est tout le contraire. Il fait bien trop chaud ici pour faire pousser des fraises. La fraise est un fruit des régions froides. (La notion de froid est bien entendu relative: à 25 degrés, notre nounou met un sous-pantalon et un anorak.) Chose exceptionnelle, de par sa situation montagneuse, abritée du soleil, et grâce à une irrigation continue, la ferme de Suan Lamai parvient à obtenir d’excellents fruits. En hiver uniquement. Autant vous dire que j’étais impatiente d’en manger, après trois ans d’abstinence.

L’omnibus nous conduit tout droit à l’arrêt « fraises ». C’est la ruée. Les fruits sont délicieux d’ailleurs, sucrés et gouteux. On les mange à la thaï, en les saupoudrant d’un mélange de sucre, de sel et de piment pilés. C’est surprenant au début mais selon les proportions, ca peut être plutôt bon. Faut juste qu’ils n’aient pas trop forcé sur le sel. Ni qu’ils aient eu la main trop lourde sur le piment. Et malgré tout, ça couvre un peu le goût des fraises.

Plantations de fraises a la ferme Suan Lamai

Petit-Un ne mange pas de fruits. C’est contre sa religion. En revanche il lèche consciencieusement toutes ses fraises pour le sucre, avant de me les refiler. Petit-Deux hésite un peu et se convertit vite à la religion de son frère. Pourquoi se forcer à bouffer du végétal, des vitamines et des fibres alors qu’on peut très bien se contenter du sucre?

 

Déjeuner

Tout ça nous a donné faim. Bon sang, il est presque le milieu de l’après-midi! Nous oublions régulièrement de nourrir notre descendance en ballade. Heureusement qu’ils se rappellent à nous au besoin. Manger, c’est sacré! Bref, on leur trouve deux bottes de foin (pour s’assoir, hein, pas pour manger), du riz gluant et des brochettes, pour un pique-nique de rois.

Les parents optent pour un curry vert. C’est très bon le curry vert quand on a le cœur bien accroché. Pour chaque assiette on compte plusieurs piments, en plus de la très relevée pâte de curry. Le poulet entier a été découpé au hachoir. Des bouts de peau, des os broyés et même les pattes surnagent dans la soupe. Le cuisinier y a rajouté du sang coagulé de canard, pour des protéines à bas prix. C’est caoutchouteux, peu goûteux, mangeable mais sans intérêt gustatif. Voici le vrai curry thaïlandais, populaire et classique… C’est très bon, quoique psychologiquement déstabilisant, au début.

Repas a la ferme Suan Lamai

Les enfants ont terminé leurs brochettes. Seul hic, ils sont maintenant recouverts de la même sauce sucrée et parfumée que la viande. On récupère ce qu’on peut à coup de mouchoirs. Puis avec une évidence calme, Petit-Deux balance ses détritus au milieu des plants de fraisier en contrebas. Avec Papa-Tout-Terrain, on voit rouge: « Ca va pas la tête!!! Il est in-ter-dit de jeter ses ordures dans la nature!!! Tu vas aller récupérer ça tout de suite!!! » Avec une désarmante simplicité, le scélérat s’écrie que oh il avait oublié. Pas de soucis il va aller les chercher!

 

L’expédition de Petit-Deux

Il disparaît. Puis reparaît deux mètres en contrebas cinq bonnes minutes plus tard. On commençait à s’inquiéter. Sa mission accomplie, il lui faut à nouveau une éternité avant de nous rejoindre. Il arrive d’ailleurs juché sur les épaules d’un vieux Thaï dont il caresse les cheveux poivre et sel. Cet enfant a hérité des gènes de ma grand-mère. On la laissait deux minutes sur un banc, et quand on revenait, elle s’était déjà fait dix nouveaux amis. Elle était même capable de faire parler un mur. Un mur bègue.

Ferme de Suan Lamai

Petit-Deux et le monsieur nous rejoignent donc avec des sourires complices. Ils sont suivis en procession par quelques autres curieux, ravis de l’aventure. Puisqu’on ne peut pas se parler, on joue aux 7 familles: « Je voudrais le Papa dans la famille française! » « Et voila le cousin de la famille thaï! » Quelques gouzi-gouzi au bébé français plus tard, nous reprenons la direction des plants de fraisiers que Petit-Deux vient de parcourir.

Horreur et honte suprême. Pour atteindre le palier inferieur, il n’y a pas les escaliers auxquels nous nous attendions. Juste un mur défoncé de pierres sèches qu’il faut quasi descendre en rappel. Et dire que nous avons envoyé notre fils dans ce précipice! J’essaie de cacher mon trouble: « Mais comment es-tu descendu? »… « Poh, me répond Petit-Deux d’un air détaché, je me suis fait des amis qui m’ont bien aidé… »

Ferme de Suan Lamai

 

Balade éducative

Quand j’ai été remise de mes émotions, Papa-Tout-Terrain a détaillé aux enfants, exemples à l’appui, les différentes étapes du développement de la fleur en fruit. Il a eu beaucoup de succès. Les garçons ont ensuite passé tout l’après-midi à me le réexpliquer. Plusieurs fois. Et dans les deux sens. Je vais peut-être finir biologiste, en fait.

On a conclu la visite par une jolie balade dans des champs de fleurs. C’était riant et frais. On a passé un très bon moment. La ferme de Suan Lamai est clairement destinée aux citadins en goguette. Plus qu’aux apprentis fermiers. Mais c’est un endroit sympathique pour une sortie familiale. Tant qu’on garde un œil sur ses enfants.

Ferme de Suan Lamai

 

Top 5 du snacking improbable en Thaïlande


En Thaïlande, le grignotage est une institution sociale.

Au bureau, ça commence dès le moment du petit déjeuner. L’on apporte de petites douceurs à partager avec ses collègues, pour maintenir les bonnes relations. L’on en laisse aussi quelques-unes sur le bureau du chef parce que c’est le chef. Apres la pause repas de midi, quelques collègues se désignent souvent pour éplucher des plateaux de fruits qui circuleront dans le bureau. Puis, dès trois heures, on ressort de petits encas. On ne va quand même pas risquer la fringale…

Le soir, on dîne tôt, voire très tôt. Puis l’on grignote encore des fruits ou de petits snacks, en famille ou entre amis, en regardant la télé ou en papotant. Le week-end, le snacking est aussi de toutes les sorties. Le moindre marché regorge de savoureux appels à la gourmandise. L’on achète quelques sachets pour la route et l’on s’équipe solidement pour la semaine. Le soir venu, les marchés de nuit ne sont pas de reste! Les marchands ambulants y modèlent sous les yeux du chaland des sucreries colorées et surprenantes, qui attirent tant par l’odorat que la vue. Bref, on ne se laisse pas aller!

Sauf qu’en plus des trucs « normaux », les Thaïs ont développé un goût particulier pour des snacks un peu suspects aux yeux des estomacs occidentaux… et qu’ils prennent un malin plaisir à les faire goûter à leurs potes étrangers, bien sûr! En tant que cobaye aguerri, voici mon petit top des douceurs insolites que l’on consommer volontiers au pays du sourire.

Etalage d'insectes sur un marche

Si les Thaïs en raffolent, soulignons que ces encas ne sont pas thaï uniquement. On les retrouve pour la plupart dans de nombreux autres pays d’Asie, avec des assaisonnements propres aux goûts locaux –soit par exemple, le chili XXL pour la Thaïlande!

 

Top 5 – Les cacahuètes épicées aux anchois

Je me suis en fait « auto-cobayé » pour celui-là! Et ça n’a pas été une totale réussite. Un après-midi paisible au bureau, j’ai soudain été prise d’une petite faim irrépressible de grossesse. Pas de soucis: la plupart des usines ont une épicerie pleine de snacks, rapport aux fringales fréquentes des ouvriers. Dans mon entreprise, une partie de notre salaire est même versée en tickets pour la cantine et l’épicerie. Et si l’on bosse bien, on gagne des tickets supplémentaires.

Rapport à mes nausées, je cherchais un truc bien salé et bien épicé, quand j’avise un paquet de cacahuètes aux piments et aux anchois. Ok, il faut être enceinte pour tripper sur un snack comme ça, mais ça m’a fait drôlement envie. En piochant négligemment dans le sachet, je retourne à mes tableaux Excel… Pas pour bien longtemps! Ce n’était pas de vagues piments mais des piments nucléaires. Ils m’ont fait tellement pleurer que je me suis planquée sous mon bureau le temps que ça passe! Et même qu’il y a un mec qui est entré à ce moment-là, que je me suis fait toute petite et que je n’ai pas bougé, que j’ai vachement flippe qu’il me trouve, jusqu’à ce que je voie avec soulagement ses chaussures de sécurité s’éloigner. Quant aux anchois – excessivement durs, au demeurant- ils n’ont franchement rien arrangé à mes nausées!

 

Top 4 – Les algues séchées

Certes, manger de l’algue séchée a quelque chose de surprenant… Mais détrompez-vous, c’est vraiment super bon! Il y a des modèles de base, qui ressemblent aux feuilles dans lesquelles on enroule les sushis, mais aussi des modèles bien plus élaborés, avec des algues grillées ou frites, et des arômes « piment », « barbecue » ou même « fromage ». Je n’ai d’ailleurs pas testé l’algue goût fromage… il faudra que j’essaye! Elles sont commercialisées sous forme de grandes feuilles, de petites feuilles ou même de rouleaux.

Algues

Au départ, l’algue séchée est certainement bien plus japonaise que thaï, mais cet encas a aujourd’hui envahi toute l’Asie. Chose étonnante, Petit-Un, qui a de très importantes phobies alimentaires, adore ces algues: c’est même le seul végétal qu’il ingère, avec la tomate du ketchup!

 

Top 3 – Le poisson séché

Il est huit heures du matin. Je vais commencer le « team briefing » et une petite admin toute mignonne me tend un grand sachet de calamars séchés, parfumés au miel. Là, ça dépend des jours. Il y a des jours où je ne peux pas. La poiscaille séchée à jeun, c’est dur, quand même! Mais parfois je me laisse tenter.

Sur le principe, ce n’est pas mauvais, le poisson séché. D’autant qu’il y en a pour tous les goûts. Il y a du poisson, du calamar, parfois du crabe. Il y a de l’industriel, avec une chair régulière et passée à la moulinette. Il y a de la production locale, qu’on voit sécher au soleil, aux alentours des ports de pêche: dans ceux-là, il reste souvent les arrêtes, mais ça peut aussi se manger, et ça croustille, même si c’est un peu étouffe-chrétien. Il y en a au goût salé, au goût nature, au goût de miel, au goût barbecue…

Poisson seche

Le long des autoroutes, dans les marchés locaux, l’on peut voir des étalages linéaires de ces gourmandises, que l’on achète au poids. Cela fait de très beaux éventaires! Mes préférences vont généralement aux productions « maison », au goût nature ou salé, mais sans arrêtes. Il faut donc se tourner plutôt en direction de gros poissons ou de calamars… Avis aux amateurs!

 

Top 2 – Les chips de graisse de porc

Pour préparer ce billet, j’ai eu un long débat hier avec deux collègues de mon usine (qui n’est pas une usine de chips de graisse de porc). Ils n’ont pas réussi à se mettre tout à fait d’accord sur le mode de préparation exacte de ces « chips ». Pour Sawannee, la directrice de production, il s’agit de peau de porc frite à l’huile. Pour Nattapong, le directeur achat, c’est de la graisse de porc « re-frite ». Les deux en revanche se sont accordés sur le fait que c’était très calorique. Je n’avais d’ailleurs aucun doute sur ce point!

Chips de gras de porc

Quoi qu’il en soit, c’est bon! Toujours pas pour le petit déjeuner, je m’entends. Mais ça, ça se consomme plutôt en accompagnement d’une bière fraiche ou d’un whisky à l’eau gazeuse (beurk), et franchement, c’est le pied! Vivement que je puisse picoler à nouveau!

 

Top 1 – Insectes variés

J’ai gardé en Top 1 les insectes, parce que je me suis doutée qu’ils feraient particulièrement plaisir à Grand-Tatie-Tout-Terrain. Oui, bon, ne faites pas les étonnés, parce que tout le monde sait bien qu’on mange des insectes en Thaïlande! On n’a pas encore goûté de toutes les sortes, mais je commence tout de même à avoir testé une petite palette. Papa-Tout-Terrain un peu moins: il est un poil pusillanime en la matière.

Insectes Frits - Delicieux

Ce que j’aime bien, c’est les insectes frits et salés. Bien frits, ils craquent sous la dent et font un peu chips! Les petits vers blancs jaunâtres, avec des mini pattes, sur la photo, étaient par exemple succulents. En Chine, j’avais aussi mangé des larves de vers à soie cuites à la vapeur, qui m’avaient fait le meilleur effet. Mais globalement, méfiez-vous des cuissons hors friture, parce qu’un insecte bouilli et mollasson, c’est tout de même moins ragoûtant!

Ce que j’aime nettement moins, outre les insectes bouillis, c’est les insectes pas assez salés. Imaginez-vous qu’on vous serve un plat de chips sans sel a l’apéro… ben ça ne donne pas très envie d’y retourner! Et même si parfois ils sont agréablement épicés, vraiment sans sel, ça ne me suffit pas!

Insectes avec des pattes qui se coincent dans les gencives

Ce que je n’aime pas du tout, pour finir, c’est les insectes avec de grosses pattes crantées. J’imagine que quand t’es insecte, ça doit être pratique pour t’accrocher. Mais quand tu deviens insecte frit, ça t’accroche sur les gencives de ton consommateur ou pire, sous ses gencives ou dans le fond de sa gorge. Ça peut devenir super dur à avaler et du coup, pas agréable du tout! A posteriori, je me dis qu’il faudrait peut-être que j’enlève les pattes, mais mes collègues mangeaient tout, donc je n’y ai pas pensé… Bon, à réessayer!

 

Cobaye: une vocation!

Pour l’anecdote, au fil du temps, j’ai acquis une réputation toute particulière au bureau, en incarnant l’étrangère qui accepte de tout goûter. (Voyez plutôt la photo des douceurs que mes collègues ont gentiment prépare sur mon bureau.) Ce doit être lié à mon gout prononcé pour l’inconnu, car j’ai parfois fait des découvertes pour le moins déroutantes. Du reste, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous mon « top 1 ex-aequo », que je n’ai malheureusement pas pu intégrer dans cette liste, parce que je n’en connais pas le nom, que je ne l’ai pas pris en photo, et que j’ai même perdu de vue la collègue qui me l’a fait essayer…

Mon bureau et les gourmandises de mes collegues

Bref, c’était il y a deux ans, vers cinq heure, l’heure où l’on partage les goûters avant de démarrer les heures supp’. Une collègue un peu âgée, style mamie, m’apporte une feuille de bananier délicatement pliée, et qui contient une préparation d’ordre alimentaire, comme c’est souvent le cas en Thaïlande. J’ouvre. C’est rose tacheté de blanc. Et ça sent fort l’ail. Je goute. Ca a effectivement un goût d’ail très très prononcé, et aussi, c’est atrocement piquant.

Je me renseigne. Notez bien que je me renseigne toujours dans un second temps, histoire de ne pas être découragée a priori. Il s’agissait donc d’une saucisse maison, faite de viande de porc crue, marinée dans de l’alcool, et parfumée de piments et d’ail. Même en sachant ce que c’est, je n’ai pas trouvé pas si mauvais… mais vraiment très très aillé. J’ai sans doute ingéré ce jour-là deux ou trois gousse d’ail et n’ai plus osé ouvrir la bouche de la soirée. Mais j’ai aussi compris d’où venait l’odeur prégnante qui flottait parfois dans le bureau dès le petit matin…

 

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Goût d’Antan au Marché de Ban Mai – Chachoengsao


Nous adorons flâner sur les marchés en Thaïlande! Pas pour le shopping, non, mais pour l’atmosphère animée, la foule qui grouille, le foisonnement des couleurs et des odeurs, pour les vieilles dames qui discutent au lieu de faire leurs achats et les petits enfants qui siestent derrière les étalages de leurs grand-mères, en deux mots, pour ces tranches de vies entr’aperçues, et qui donnent corps à ce pays que nous aimons.

Seul Petit-Un a bien tiré son épingle du jeu, le week-end dernier, entre les 40 de fièvre de Petit-Deux, le travail accaparant de Papa-Tout-Terrain et mes petites fatigues de grossesse. Du coup, nous avons décidé de faire tout doux, et nos pas nous ont menés en direction de l’agréable et traditionnel marché de Ban Mai, dans la province de Chachoengsao.

 

Le marché de Ban Mai en Pratique:

  • Ban Mai River Side Market ou Rim Nam 100 Year Market
  • Coordonnées GPS: 13°41’52.0″N 101°05’28.1″E
  • Prix: Entrée gratuite. Repas bon marché (50-100 THB par personne)
  • Ouverture le week-end et les jours fériés

 

Un bond de cent ans en arrière

Le marché de Ban Mai a été construit au bord de la rivière Bang Pakong par des colons chinois, vers la fin du dix-neuvième siècle. Depuis lors, toute une communauté de marchands y a vécu et prospéré, et curieusement, c’est comme si le temps avait glissé sur ces grands bâtiments de bois, sans les affecter ou presque. Quand on y pénètre, on croit y retrouver les couleurs d’antan, les odeurs des friandises d’hier, et les mêmes craquements centenaires des planches de tek, patinées par les ans.

 

L’Incident

L’endroit est magnifique. Je suis excitée par les découvertes qui s’offrent à nous.

Par une conséquence bien naturelle, c’est justement le moment que choisit Petit-Deux pour nous informer qu’il doit faire pipi tout de suite. On essaye de parler d’autre chose pour voir si ça passe, mais il a l’air vraiment sérieux. Je le prends sous le bras histoire d’accélérer et d’éviter le drame. Je traverse la moitié des lieux au pas de course. Super pour la découverte! C’est encombré et je suis moi-même encombrante, entre Petit-Deux à la main et mon physique ventru. Je ne trouve nulle part de pictogramme ou de panneau correspondant à ma recherche. Petit-Deux maintient la pression en me rappelant que c’est vraiment pressé. Je transpire un peu.

Marché de Ban Mai

Dans un coin sombre et passablement à l’écart, un écriteau fait main m’inspire confiance. Je m’adresse en anglais à une vielle dame qui ne me comprend pas. Elle me répond en thaï en agitant une pièce de monnaie. Je la paye dans trop savoir ce pourquoi je paye. Enfin si, je paye pour voir, comme au Poker. La dame me désigne l’entrée de sa maison, puis se désintéresse de moi. J’entre à pas de loup: c’est bizarre d’entrer ainsi chez une inconnue. Les antiques lieux sont équipés de trois cabines de toilettes. Hourra!

Petit-Deux fait une goutte et est prêt à repartir. Ça valait bien le coup! Je remercie chaleureusement la vieille dame qui, entre-temps a entamé son petit déjeuner de riz et de légumes. Elle me dit un long truc en postillonnant un peu parce qu’il lui manque des dents. Je demande à Petit-Deux s’il a compris. Il me dit que oui, mais ne me dit pas quoi. Bon, on fera sans. Un dernier sourire et un petit mot gentil pour la dame. On y retourne.

 

Flâneries

La plupart des boutiques sont très sommaires: une table ou quelques tréteaux dressés dans la grande allée du marché. En retrait, on aperçoit des pièces de vie, abritées derrière des paravents mobiles. On voit des petits enfants y faire leurs devoirs et des familles y partager leur repas. D’autres arrière-boutiques ont été aménagées en restaurants, en magasins ou en petites salles d’exposition. Nous découvrons même une échoppe de barbier! Un paradis pour les curieux et pour les photographes!

Arriere-boutique du marche de Ban Mai

Ce n’est habituellement pas mon truc, mais même pour un petit shopping, l’endroit est agréable. Dans une boutique spécialisée dans les objets en fer-blanc, nous faisons l’acquisition d’une gamelle thaïe traditionnelle pour emporter son repas. Elle est équipée de trois niveaux de récipients superposés: l’un pour le riz et les deux autres pour des plats d’accompagnement. Notre nounou nous confirmera qu’il s’agit d’une vraie, comme celle qu’elle utilisait quand elle était petite.

Gamelle Traditionnelle Thai

Un peu plus loin, le marché de Ban Mai est scindé en deux par un bras de la rivière qu’enjambe un petit pont. Enthousiasme des enfants. Quelques jolies photos. On y découvre aussi une pratique païenne surprenante: il s’agit de remettre à l’eau des poissons, via une sorte de gouttière… L’action est sensée nous porter fortune. Nous renonçons à la fortune, l’activité n’étant tout de même pas très sympa pour les pauvres poissons.

En contrebas, l’on peut louer des canots taillés dans des troncs d’arbre, pour une balade en eau douce. Les embarcations n’ont l’air ni assez larges ni assez sécurisées pour que nous ne tentions l’aventure avec les enfants. Mais ça a l’air sympa! Nous passons notre tour et retournons à nos découvertes.

 

Gourmandises

Des éventaires aux restaurants, le marché de Ban Mai est truffé de tentations gastronomiques, tant parfumées que visuelles. Des gaufres, des biscuits, des puddings au lait de coco… Nous repérons même plusieurs friandises que nous ne connaissions pas. Beaucoup de mets rivalisent de par leurs aspects esthétiques. Nous en retiendrons en particulier des bouchées de viande modelées pour ressembler à d’adorables canetons ainsi que des figurines en forme de mini légumes, faites de pâte de haricot sucrée.

Marché de Ban Mai

La tentation est trop forte et les enfants n’y tiennent plus! Par dérogation –et pour que les grands puissent se promener encore un peu- ils obtiennent le droit de choisir une douceur chacun. Petit-Deux opte pour un épi de maïs, son pécher mignon. Petit-Un choisit du riz gluant à la mangue (sans mangue). Ça n’est pas très pratique à manger, alors Papa-Tout-Terrain l’aide en lui donnant la béquée… sans doute un peu trop vite à son goût, car notre ainé s’exclame, visiblement froissé: « S’il te plait, tu attends pour que mon ventre il respire! »

 

Petite halte au restaurant

Nous choisissons finalement de jeter notre dévolu sur un restaurant du bord de l’eau, spécialisé dans les raviolis vapeurs. L’endroit est tellement couru qu’il nous faut réserver une table pour vingt minutes plus tard. La commande est poussive: il n’y a pas de serveur anglophone et une feuille A6 plastifiée, en thaï et sans photos, fait office de carte. On commande en montrant ce qui nous plaît des tables voisines. La serveuse complètera gentiment en prenant l’initiative de petits accompagnements. Nous avons bien fait d’attendre, ce repas est simple et excellent!

Raviolis a la vapeur

Nous devisons gaiement en mangeant. Les enfants en profitent pour revenir sur un sujet récurrent ces temps-ci: le bébé qui arrive. Ca y est, d’ailleurs, Petit-Un nous informe qu’il s’est décidé: il appellera sa petite sœur « Goût Fraise ». Petit-Deux, lui, penche plutôt pour « Morgane »… c’est certes plus raisonnable, mais je crois qu’on lui a vraiment trop fait écouter Renaud!

Nous ne nous éterniserons pas au restaurant… les gourmands suivants attendent déjà devant l’entrée! Le marché de Ban Mai nous a beaucoup plus, mais de notre côté, il d’ailleurs est temps de rentrer à la maison, pour une grande sieste familiale!

 

Mise à jour de dernière minute… Après quelque jours de réflexion, Petit-Deux nous a annoncé hier soir qu’il était finalement ok pour « Goût Fraise ».

 

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La Région de Pattaya – Chonburi

La province de Chonburi, c’est ici que nous vivons, et par la force des choses, c’est ici que nous nous sommes forgés notre première idée de la Thaïlande… et nous avons détesté!

Chonburi est une ville orientée vers l’industrie, où plus ou moins personne ne vient pour le plaisir. Pattaya est LA ville du tourisme de masse, où nous n’aurions jamais pensé mettre les pieds. Ce n’est pas notre tasse de thé! Bref, quand nous sommes arrivés dans la région, en plus des difficultés liées à notre nouvelle expatriation, l’environnement que nous découvrions ne nous a pas plu du tout…

… et puis petit à petit, au fil de nos balades, nous nous sommes pris à aimer notre province d’accueil

Autour de Chonburi – des activités locales agréables…

C’est d’abord le nord de la province de Chonburi qui nous a plu, parce qu’il regorge de petites activités familiales et sans prétention, surtout fréquentées par les familles Thaï des environs, et où il fait bon conduire nos enfants… J’écrirai les articles au fil de nos futures sorties, car ce sont des endroits que nous fréquentons de temps à autre. D’ici là, voici déjà quelques idées de coins où jeter un coup d’œil:

  • Les mangroves de Chonburi
  • La presqu’île de Ko Loi et son temple chinois, à Si Racha
  • Koh Sichang, une petite île proche de Si Racha
  • L’aquarium de Bang Saen
  • Ang Sila, son temple chinois et ses singes
  • Le Khao Kheow Open Zoo
  • L’observatoire aux papillons proche du Khao Kheow Open Zoo
  • Le réservoir de Bang Phra et son surprenant temple aux singes
  • La pointe de Sattahip, à l’extrême sud de la province

 

Presqu'Ile de Sattahip - Chonburi

 

Les distractions de Pattaya

Pattaya-même, nous nous y rendons rarement. C’est très embouteillé et la ville présente peu d’intérêt, encore moins avec des enfants. On y fait juste un saut, une fois tous les trois mois environ, pour y acheter du saucisson, du boudin et de la pâte feuilletée… Ben oui, on a parfois des besoins à assouvir…

En revanche, les alentours de Pattaya regorgent d’attractions et de distractions organisées à la chaîne pour les touristes de passage… La qualité est inégale mais il ne faut pas cracher dans la soupe: une fois que l’on sait à quoi s’attendre, on peut aussi y passer de bons moments…

Bref, à mon sens, si faire le détour par Pattaya est inutile pour découvrir la Thaïlande, une fois qu’on y est, on peut trouver ici ou là des attractions pour passer des moments agréables…

J’ai souvent pesté, car on trouve parfois peu d’informations sur les activités sympas, en famille, dans notre région. L’un des objectifs de mon blog est justement d’y remédier. Je complèterai donc ma liste de sorties au fil du temps et de nos découvertes… Et si de votre côté, vous avez des idées à partager, n’hésitez pas à me faire signe en commentaire!

 

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Le village des Cobras Royaux – Khon Kaen

Petit-Un a bientôt cinq ans et il devient coquet. Ce matin il se mouille les cheveux pour les faire se dresser sur la tête, comme s’il avait du gel. Il est très content de son effet et se pavane en souriant: « Regardez, j’ai une tête de cafard! » Nous le trouvons très beau, pour sûr… mais pourquoi la tête de cafard?… Depuis, il est revenu vers nous plusieurs fois avec la même expression, et dans le même contexte, sans que nous ne puissions élucider l’origine de sa formule. D’où la métaphore peut être bien venir? Avez-vous une idée?

Apres le musée archéologique de Ban Chiang et le musée des dinosaures de Kalasin de la veille, nous nous reposerons avec une attraction plus frivole: le village des Cobras Royaux, au nord de Khon Kaen.

 

Une attraction des campagnes

Nous nous attendions à un ensemble d’activités très organisées pour les touristes et découvrons avec un peu d’étonnement un village plutôt marqué par l’amateurisme et le folklore. A l’entrée, une vague barrière se dresse au milieu de la route. Une mémé, quelques-unes de ses copines, et deux ou trois de ses petits-fils -une bière à la main, nous vendent un droit d’entrée imprimé sur un timbre-poste, et pour une somme dérisoire. On paye au véhicule, pas au passager.

Un peu plus loin, des baraquements aussi irréguliers que les dents d’un vieillard semblent se soutenir mutuellement pour ne pas tomber. Il s’agit de magasins de babioles, de colifichets, de médicaments et de fortifiants traditionnels à base de serpents et autres herbes. En devanture sont exposes de gros serpents dans des cageots métalliques. La plupart n’ont pas de couvercle. Il suffit d’étendre le bras pour… brrr, on ne va pas étendre le bras, en fait!

Voir autant de serpents n’est pas très rassurant, en fait. Les gens d’ici ont l’air habitués. Mais moi pas. Je jette un coup d’œil dans les recoins, histoire d’être sûre qu’il n’en traîne pas qu’on aurait oublié. Devant la cage d’un énorme boa albinos est affichée la photo de la fillette de la maison, endormie entre les circonvolutions de la bête, qui dort également. Etrange animal de compagnie.

J’imagine bien que la photo n’est qu’une démonstration à destination des touristes, afin de provoquer le chaland, car on prend grand soin des enfants en Thaïlande… mais bon, je n’éprouve guère de plaisir à voir de tels clichés. Je suis rassurée tout de même de noter que les enfants n’ont aucune velléité de s’approcher des bestioles. Vivre en Thaïlande a ceci de positifs qu’ ils connaissent bien les risques que peuvent représenter les reptiles, et qu’ ils savent également quelle est la conduite appropriée à tenir, en cas de rencontre fortuite avec l’un de ces animaux.

 

Un spectacle très local

Guidés par les harangues de la foule, nous atteignons un chapiteau branlant où sont données les représentations du spectacle de serpents. Les gradins sont déjà pleins à craquer, et d’ailleurs ils craquent un peu, car ils ne sont plus de première jeunesse. On s’installe tout en haut, le plus loin possible de la scène et de ses reptiles. Les enfants ne sont pas rassurés devant les planches disjointes de la plate-forme. C’est vrai qu’avec leurs toutes petites fesses, je comprends qu’ils aient un peu peur de tomber dans le trou. Avec Papa-Tout-Terrain, nous essayons de boucher les plus gros vides de nos plus grosses fesses, et maintenons fermement les enfants de nos grands bras.

La foule est très locale, animée, colorée et bruyante. Plusieurs parents, ravis de voir des blondinets en vrai, nous traînent leurs jeunes enfants pour tenter d’établir le contact. Leurs rejetons n’ont pas plus envie que les nôtres de lier connaissance. Les parents, très motivés en revanche, agitent la main de leurs petits pour saluer les nôtres. Par politesse, nous encourageons les garçons à donner le change, en sachant bien qu’ils ne le feront pas. On leur a déjà fait mille fois le coup. Depuis leur naissance en fait, parce qu’en Chine c’était tout pareil. Je trouve ces attentions gentilles et même souvent émouvantes, mais je comprends bien que nos enfants ne partagent pas mes sentiments. D’autant que très souvent, l’histoire finit avec une mamie qui leur caresse la joue, leur tripote les cheveux ou leur pince le bras… les pauvres, ce n’est pas très rigolo tout de même.

 

Une représentation dont je garde un goût équivoque

Le spectacle s’ouvre sur des gamines un peu désabusées qui dansent avec des serpents autour du cou. Elles sont mignonnes comme tout mais n’ont pas l’air très enthousiaste. Elles semblent même carrément s’embêter.

Le village des Cobras Royaux - Khon Kaen

Et puis, juste pour faire ma relou… sur le principe déjà, ça ne me plait jamais tellement de voir des spectacles ou sont mis en scène des enfants… même pendant les vacances scolaires comme c’est alors le cas… mais alors, quand les enfants jouent avec des serpents, là, c’est le pompon! Bref, je peine quelque peu à me décontracter, même si Papa-Tout-Terrain m’assure que les bestioles sont inoffensives.

Arrivent des hommes adultes, chargés cette fois ci des démonstrations avec les cobras royaux. Il faut être honnête, c’est beau et impressionnant. Il est intéressant de noter que chacun à « son » serpent, qu’il taquine pour le faire se dresser et simuler une attaque. Un serpent, visiblement fort irrité, je jette soudain sur son dresseur, qui adroitement, l’évite. Pris par son élan, le serpent fond sur la foule. Cri d’effroi. A la dernière seconde, l’homme rattrape la bête par la queue. Soupir de soulagement dans le public. Bon, en fait, l’élément n’avait rien d’imprévu et chacun des dresseurs nous fera plus ou moins le même coup. Il n’empêche que je suis bien contente que nous nous soyons installés tout en haut des gradins.

Le village des Cobras Royaux - Khon Kaen

De jeunes adolescents reproduisent ensuite des séquences similaires, cette fois avec des serpents inoffensifs, mais plus courts et beaucoup plus agiles. Petit Deux me tape sur l’épaule, d’un air un peu choqué: « Il ne faut jamais toucher un serpent! Si l’on voit un serpent, il faut appeler Papa, Maman ou la nounou! » Bon, au moins quelqu’un qui garde son sens commun! Cela me rassure assez.

Le village des Cobras Royaux - Khon Kaen

Le spectacle se termine. Je commence à respirer. De gros bonhommes surgissent alors en bas des gradins avec d’énormes reptiles sur les épaules. Ils les jettent presque dans les bras des spectateurs, pour initier des séances photos. Je prends mon regard le plus courroucé et le plus agressif pour qu’ils ne s’approchent pas des enfants. Peut-être même ai-je réussi à avoir une tête qui fait peur, parce que personne ne nous fera de forcing!

Le village des Cobras Royaux - Khon Kaen

Bien plus intéressant, sur la scène, une vieille dame tient immobilisé un énorme cobra royal. Les touristes locaux s’en approchent respectueusement, en file indienne, et frottent le serpent avec des billets. Est-ce pour la richesse? La chance? Il y a clairement des croyances anciennes là-dessous… Même après coup, je ne réussis pas à comprendre exactement la place et le rôle du cobra, dans la société Thaï contemporaine. Dans ce contexte il est visiblement révéré. Dans le contexte de notre quotidien, si l’on rencontre un cobra, on le tue direct, sans autre forme de procès –et mieux vaut ça que l’inverse!

Je sors mal à l’aise du spectacle. D’abord parce que je n’aime pas tellement mettre nos enfants en contact avec des serpents. Et aussi parce que je trouve que ces pauvres bêtes seraient bien mieux, tranquilles, dans la nature… Mais en même temps, cette foule locale qui se passionne, ce village qui vit depuis des générations de la capture et du dressage des serpents, ces rituels de vénération des cobras… Il y a quelque chose de la culture d’ici à voir et à ressentir… Je n’ai pas aimé mais quelque chose m’a plu pourtant… Si j’avais su tout ça, est ce nous y serions allés en famille?… En fait, je ne le sais même pas…

 

Activités connexes et babioleries

Sur le chemin de la voiture, nous avisons une tente un peu à l’écart, où des visiteurs très excités parient visiblement de l’argent à des jeux de hasard. En dehors de la loterie nationale, les jeux d’argent sont théoriquement interdits en Thaïlande… En pratique ils sont tolérés tant qu’ils restent discrets –c’est ainsi qu’aux heures de pause, je vois souvent parier les ouvriers de mon usine… C’est tout de même la première fois que nous voyons des joueurs s’afficher autant, et qui plus est dans un lieu public.

Petit-Un demande ce qu’ils font. Nous expliquons succinctement. Petit-Deux hausse les épaules, avec l’air du mec qui a bien compris: « Ah, ils jouent à Batawaf!… » Batawaf est leur grande passion du moment: un jeu de cartes, équivalent a la « bataille » avec des personnages « chien ». C’est un jeu très amusant et qui a beaucoup de succès chez nous… quoi que je doute fortement qu’il s’agisse du support privilégie des parieurs Thaïs!

Le mytique Batawaf

Papa-Tout-Terrain s’est éclipsé. Les enfants profitent de ce moment de flottement pour négocier un tour de manège. Autorisation immédiatement accordée: des serpents –et leurs maitres- continuent à trainer çà et là. Tant que les garçons sont sur un manège, ils ne seront pas en train de faire des câlins à des cobras! Papa-Tout-Terrain revient, triomphant: il a déniché un magnifique instrument de musique à cordes pincées, que nous entendons souvent lors de concerts de musique locale. Quelle belle idée et quel joli souvenir à rapporter chez nous! J’ai d’ailleurs cherché sans succès la dénomination de cet instrument… Si quelqu’un peut m’aider, n’hésitez pas à me le mettre en commentaire…

Nos souvenirs

 

Balade avortée au parc de Nom Phung

Nous avons prévu, pour l’étape suivante, une visite du temple qui domine le lac d’Ubolratana, suivie d’un tour au parc national de Nam Phong. Nous espérons profiter de l’occasion pour une petite rando. Malheureusement, en ce jour de congés à l’occasion de Songkran, beaucoup ont eu la même idée que nous. Chacun circule au ralenti. Ca fait râler les enfants qui ont faim. Nous nous arrêtons en bord de chemin pour acheter un poulet grillé et du riz gluant, que nous mangerons en route.

Petit-Un a très faim, il veut un morceau de poulet énorme. Je m’emploie à lui donner satisfaction. Petit-Deux est très compétitif ces temps-ci. Il veut un morceau encore plus grand. Pour illustrer sa demande, il écarte ses bras au maximum: « Grand comme ça! ». Bien sûr, mon poulet n’est pas une autruche. Je n’ai pas de part à la taille voulue, donc je donne ce que je peux –et je ne pinaille pas. Petit-Deux refuse ma proposition. J’explique. Il refuse encore. Je lui présente une autre pièce de volaille. Il entre dans une colère noire, vide une bouteille d’eau à ses pieds –comme ça, gratuitement- et explose de frustration.

Arrêt de la voiture. Explications fermes. Sanglots. Pleurs. Câlins. On se rabat finalement sur le riz gluant qui met tout le monde d’accord et on reprend la route. Je fais rigoler Papa-Tout-Terrain quand je lui explique que Petit-Deux a besoin d’exprimer sa frustration. « Mouais, c’est un caprice, quoi! ». Finalement, ce n’est peut-être pas si éloigné…

Ca fait maintenant une heure et demie qu’on est sur la route et nous n’avons pas fait un kilomètre. Tout autour, de jeunes gens entassés dans des pickups s’aspergent d’eau pour se rafraîchir et tuer le temps, en attendant d’arriver dans le parc. Le GPS nous indique qu’il nous reste 19 kilomètres. Bon, tant pis pour le parc… nous décidons d’arriver tôt à l’hôtel qui par chance aura une piscine ce jour-là! Même faire le demi-tour est toute une histoire, et il faudra finalement l’intervention d’un policier pour nous sortir de là!

Wishing Tree Resort

Notre voyage tire à sa fin et nous commençons tous à fatiguer un peu. L’hôtel Wishing Tree Resort, au sud de Khon Kaen, nous comble de tout ce dont nous rêvions: la chambre est immense, calme et confortable, avec une jolie vue sur une rivière déserte. La piscine est agréable et l’ambiance très familiale. Nous terminons la soirée tôt ce jour-là, après un délicieux repas Thaï pour les parents, et des frites et des pizzas pour les enfants, dans le restaurant de l’hôtel.

 

 

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Thai Thani, Art & Culture Village –Pattaya

Thai Thani est un petit parc qui propose une jolie reconstitution de lieux choisis de Thaïlande traditionnelle, au sud de Pattaya. Ou plutôt, il y a deux Thai Thani. Ce Thai Thani là, miroir coloré de la Thaïlande rurale que nous aimons. Et le Thai Thani pour les bus chinois: un ensemble d’attractions de peu d’intérêt, pour la consommation rapide de touristes de passage.

Plan du Village de Thai Thani - Pour les Chinois...

 

Le parc d’attraction n’a bien sur rien d’authentique, mais propose de très intéressantes reconstitutions d’habitats traditionnels de Thaïlande, une zone consacrée à la religion, un petite exposition, et la présentation d’un ensemble d’activités classiques au pays.

Temple de Thai Thani

 

Coup d’œil dans les maisons Thaï traditionnelles

Notre partie préférée de la visite est la découverte des maisons locales, qui présentent des différences marquées, en fonction de leur localisation géographique et des origines ethniques de leurs habitants. Comme de coutume en Thaïlande, on retire ses chaussures avant d’entrer. Si j’y avais pensé, j’aurais mis des tongs aux enfants parce qu’on a passé beaucoup de temps à détacher et remettre les lanières des sandalettes!

Les maisons sont construites en bois, et surélevées sur pilotis afin de protéger les habitants des serpents, des rongeurs, et des inondations pendant la saison des pluies, car alors, l’eau peut monter très vite. Contrairement à ce que j’ai longtemps cru, ces bâtiments n’appartiennent pas au passé: l’une de mes collègues, jeune mariée et tout juste enceinte de son premier enfant, est en train de faire construire l’une de ces magnifiques maison de bois, pour sa nouvelle famille. Il s’agit bien sûr d’habitations des campagnes. Dans les villes, ciment et bétons sont devenus la norme.

Maison Thai traditionnelle a Thai Thani

Nous avons çà et là visité –ou dormi- dans de ces maisons de bois, et j’ai toujours eu la surprise de les trouver étonnamment fraiches. Sans doute les bois utilisés sont-ils de bons isolants thermiques. Par ailleurs, les ouvertures ménagées dans les murs permettent généralement une bonne circulation de l’air –et des moustiques. Des habitations visitées, il m’a toujours semblé que la cuisine était située dans une zone détachée des chambres et des pièces de vie. Parfois, les habitants cuisinent même au rez-de-chaussée de la maison, entre les pilotis. Il semble que l’objectif soit de limiter la chaleur dans les pièces principales de l’habitation. Le mobilier est rare et les pièces plutôt dépouillées, ce qui correspond assez aux intérieurs que nous avons pu apercevoir autour du vieux marché de Chachoengsao, par exemple.

Maison de l'ethnie Lahu a Thai Thani

Habitats des minorités ethniques

Dans le parc sont également présentés les habitats d’ethnies minoritaires aux tailles beaucoup plus modestes. Egalement sur pilotis, les maisons sont construites de bambous et de feuilles ou de chaume. Dommage qu’elles ne soient pas meublées, car on s’imagine moins bien la façon dont on y vit (ou vivait?… nous n’avons jamais rencontre de telles habitations, « en vrai »).

Maison Karen a Thai Thani

On trouve une maison de l‘ethnie Akha (qui vient des montagnes du nord de la Thaïlande), une autre de la tribu Lahu (originaire de l’ouest de Chiang Rai) et une dernière de l’ethnie Karen (au nord-ouest du pays, proche de la Birmanie). Peut-être parce qu’il s’agit d’habitations du nord du pays, elles semblent beaucoup moins bien ventilées et à l’intérieur, il y fait fort chaud, sous les latitudes de Pattaya. Leurs occupants ne doivent par ailleurs pas être bien gros, car les planchers en bambous ne paraissent pas très épais et j’ai trouvé qu’ils ployaient dangereusement sous mes pas.

Maison Akha a Thai Thani

 

Petit aperçu de cultures locales

L’on se balade à pieds ou en rickshaw, ces vélos qui tirent une carriole pour le transport de passagers. (Le rickshaw me semble plus traditionnel de la Chine que de la Thaïlande, mais je peux me tromper.) Chez nous, c’est Papa-Tout-Terrain qui pédale. Il le fait très bien! Les enfants ne se privent pas pour l’encourager à aller « Plus vite! Plus vite! » Au fil des sentiers, l’on découvre d’autres stations plus ou moins traditionnelles. Il y a un temple bouddhiste, doublé d’une galerie de statues. A chacune de ces divinités est accolé le nom d’un jour de la semaine. Cela manque un peu d’explications: nous ne saurons pas à quoi cela correspond. Dommage.

Galerie de Divinites de Thai Thani

Un peu plus loin, on peut acheter ombrelles et éventails, et les peindre soi-même, si l’on s’en sent l’inspiration. Une halte y est certainement amusante pour peu que l’on ne soit pas accompagné de jeunes enfants. Car l’atelier n’a rien d’adapté aux joyeux barbouilleurs de maternelle. L’échoppe nous a cependant approvisionnés en cadeaux de Noel pour la famille et en décorations pour la maison. Ces ombrelles, même vierges, ont de belles couleurs et une grande variété de formats: pratique et joli!

Rickshaw a Thai Thani

 

Découverte des arts traditionnels…

En fin de circuit, le « village artisanal » propose un panorama d’activités Thaï traditionnelles: cuisine, décoration de fruits et de fleurs, musique… Curieusement, peu de badaud s’y promenaient, lors de notre visite, alors que ce lieu est l’occasion de découvrir de nombreux arts du quotidien dans le pays. Arrêtez-vous au stand « cuisine » et demandez une salade de papaye (option non épicée disponible). Avez-vous seulement déjà vu un Thaï préparer sa salade dans le grand mortier traditionnel en granit?

Salade de Papaye a Thai Thani

Un peu plus loin, un stand de musique traditionnelle, avec ses instruments aux couleurs chaudes et aux formes inconnues. Puis un atelier de sculpture de fruits en d’improbables motifs floraux. Puis une échoppe qui présente la préparation des fleurs pour les cérémonies… et si ça n’a pas l’air bien difficile, essayez une fois pour voir, par une sorcellerie inexpliquée, si l’on n’est pas Thaï, ça ne tient jamais, ces compositions florales!

 

Les attractions pour les Chinois

Au fond du parc, une autre zone est destinée aux attractions pures. La cible est clairement les groupes de voyageurs chinois. L’intérêt culturel est nul. La distraction vaut un petit détour, mais sur un temps très limité.

Spectacle a Thai Thani

En ces temps de Nouvel An Thaï, les touristes chinois sont immédiatement cueillis dans le bus et équipés de sortes de pyjama aux motifs floraux de Songkran. Ils sont conduits presque directement dans un petit théâtre pour assister à une représentation plutôt médiocre de danses prétendument locales. Le spectacle est semble-t-il ouvert à tous, mais le commentaire se fait uniquement en chinois. On ne perd rien, cela dit, tant il s’agit de banalités sur la Thaïlande et le Nouvel An Thaï. Les danseurs sont très souriants et font de leur mieux, mais la chorégraphie est tellement rudimentaire que je pourrais en être l’auteur. Au terme de la représentation, tous les spectateurs volontaires sont équipés de récipients métalliques de type saladier, et il s’organise une grande bataille d’eau, puisée dans des bassins prévus à cet effet. Moyennement culturel, mais très amusant!

Jeux d'eau a Thai Thani

Nous étions les seuls non chinois de l’assistance. Les seuls aussi à ne pas être équipés de pyjamas. Nous nous sommes donc contentés de prendre des photos.

Pour ne pas être injuste vis-à-vis de nos co-spectateurs Chinois… Je ne leur reproche ni la facilité des attractions qui leurs sont destinées, ni le fait de voyager en groupes nombreux. Ces groupes ne nous sont pas particulièrement agréables. Souvent bruyants, désordonnés. Un peu trop insistants vis-à-vis de nos enfants -pensez, pour une fois qu’ils voient des blondinets « en vrai »… Il faut en même temps bien garder en mémoire que beaucoup de ces touristes ne parlent aucune langue étrangère et n’auraient jamais quitté leur pays sans ce type de voyages organisés. La Chine est un pays qui s’ouvre tout juste au reste du monde. Et ses visiteurs sont finalement aussi inexpérimentés que l’ont certainement été un jour nos parents ou nos grands-parents…

 

Le repas et la parade

En fin de journée, le parc propose une parade en costumes traditionnels Thaï puis un repas spectacle. J’en ai vu des photos drôlement chouettes. J’ai lu quelques avis qui disaient que la nourriture était bonne. Mais je garde notre jugement en suspens. Nous sommes venus plusieurs fois dans ce parc, mais jamais aux bonnes heures. Peut-être aurons-nous un jour d’en tester les attractions de fin de journée?

 


Thai Thani en pratique

  • Coordonnées GPS: 12.774004, 100.929147
  • Ouvert de 10h30 à 19h
  • Tickets de 300 à 900 THB selon qu’ils incluent ou non le déjeuner ou le diner.

 

 

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Songkran: festivités du nouvel an Thaï

Songkran est une fête du calendrier bouddhiste, qui célèbre l’unité familiale, le renouveau et la purification. Renouveau et purification, parce que Songkran marque le retour de la saison humide. C’est le moment où la végétation sèche recommence à verdir. La fête dure traditionnellement trois jours, et ses dates dépendaient à l’origine du calendrier lunaire. Les contraintes de l’industrie moderne ont finalement mené à fixer les festivités sur la période du 13 au 15 avril. C’est moins poétique mais plus pratique pour les entreprises. Dans les faits, les célébrations s’étendent au moins sur une semaine. Cette semaine-là, tout le pays s’arrête, toutes les usines ferment et toutes les administrations suspendent leurs activités. Il y a deux ans, en visite dans le nord du pays, nous avions bien des difficultés à seulement trouver des restaurants ouverts.

Procession religieuse pendant Songkran

Songkran est avant tout une fête familiale. Plusieurs jours avant le début des congés officiels, les ouvriers de mon usine commencent petit à petit à s’absenter. Ils rentrent dans leurs provinces natales, voir leurs parents. Et les axes routiers sont de plus en plus congestionnés. On sent flotter une ambiance d’avant Noel. Chacun veut boucler ses activités au plus vite, et tous ont déjà un peu l’esprit occupé par les fêtes à venir. Mes clients locaux nous pressent pour refaire leurs stocks avant les congés. Mes contacts étrangers insistent pour qu’on boucle toutes les expéditions avant la fermeture des douanes. Au bureau, mes équipes rapportent plus volontiers des grignotages à partager, et s’échangent des décorations et images bouddhistes.

Songkran - Jeux d'eau

 

Songkran à l’usine

A la veille des congés, mon entreprise invitera un groupe de neuf moines, pour procéder aux cérémonies et aux bénédictions d’usage.

Les moine bouddhistes a l'usine

Nous irons d’abord nous incliner devant l’autel de Brahma, dont mes collègues estiment qu’il apportera bonne fortune et affaires florissantes à la société. Puis nous adresserons une prière à la maison des esprits. Ils ne faut pas oublier les esprits! Même s’ils sont moins influents et donc objectivement secondaire. Ce sont toujours des cérémonies gaies et colorées, avec des fleurs, beaucoup d’encens, et où l’on gratifie les divinités de nourritures variées et appétissantes -que l’équipe se partage après, surtout pour les snacks sucrés.

Priere a La Maison des Esprits

Dans un deuxième temps, nous procéderons aux offrandes de nourritures aux moines bouddhistes, suivi d’un temps de prières chantées et d’une procession. Heureusement que les religions sont très ouvertes ici, et que les collègues sont flattés de me voir me joindre à eux, avec ma tête de française, Parce que globalement, je ne me sens jamais très à ma place dans ces cérémonies ou l’on prie des divinités qui ne sont pas les miennes. J’en ai discuté avec un collègue qui m’ont proposé une réponse assez savoureuse: « Mieux vaut pour toi prier en plus les divinités bouddhistes, c’est une sécurité supplémentaire, finalement. Moi par exemple, pour ne prendre aucun risque, je vais de temps en temps faire des prières chez les hindous et les catholiques… on ne sait jamais. » C’est une position pragmatique.

L'on presente ses Respects devant l'autel de Brahma

 

Renouveau et rituels de purification

Le tout se conclura par les rites de purification. On aspergera d’eau une statue de bouddha, pour éloigner la malchance. Puis l’on versera de l’eau sur mains des managers, en signe de purification. Toujours dans le cadre de ces cérémonies, l’année dernière, mes équipes m’avaient également marqué le visage d’un mélange d’huile parfumée et de talc. Selon le degré de détente au sein de l’entreprise, les célébrations peuvent se terminer en bataille d’eau générale, avec pistolets à eau et tout.

Les enfants fêteront également Songkran à l’école. On nous demande des crocs, des vêtements de rechange et des serviettes de bain pour ce vendredi.

Songkran - Jeux d'eau

 

La Thaïlande sur les routes

Puis, dès que possible, chacun prendra la route pour rejoindre sa famille. Cette immense transhumance concerne tout le monde, et conduit à des embouteillages énormes. Il y a deux ans, il nous avait fallu six heures pour traverser la métropole de Bangkok. En cette période, les routes sont spécialement dangereuses et les accidents nombreux, d’autant que les conducteurs n’hésitent pas à boire de l’alcool pour profiter de la fête. Généralement, mieux vaut éviter de rouler la nuit.

En parallèle, durant les festivités, les villes s’organisent autour de leurs polices et de citoyens volontaires pour dresser des barrages filtrants destinés à stopper les automobilistes les plus avinés. Toujours lors de notre précédant périple de Songkran, j’ai souvenir que nous avions été copieusement arrêtés pour des contrôles… qui avaient parfois fini en séance photos avec nos blondinets! Je ne serais d’ailleurs pas surprise d’apprendre que quelque part entre Lampang et Chiang Mai, ma famille trône en bonne place sur les plaquettes de communication de la police locale…

Songkran - Jeux d'eau

 

Songkran et les jeux d’eau

Une fois chacun chez soi, viendra ensuite le clou du spectacle: le moment des jeux d’eau! (Je passe sous silence les célébrations et les repas familiaux que je nous n’avons malheureusement pas l’occasion de connaître). Pour faire durer la fête, les villes s’organisent en mettant en place des festivités tournantes. Dans la province ou nous vivons, chaque jour durant une semaine, une nouvelle ville héberge les jeux d’eau et les fêtards. L’on voit les locaux passer en pickup d’une localité à l’autre, avec un immense bidon d’eau, des pistolets en plastiques, et la moitié de la famille dans le coffre. Les jeunes gens sont les plus enragés. Ils vont jusqu’à remplir leurs réserves d’eau de glaçons, histoire de bien rafraîchir les idées de leurs adversaires!

Songkran - Jeux d'eau

 

Des celebrations bon enfant et familiales

Moins chaotiques mais plus authentiques, j’avais aussi beaucoup aimé traverser les séances plus familiales de jeux d’eaux, dans les très petits villages ou sur les routes de campagne. Les familles, toutes générations confondues, se réunissent autour de leur entrée. Avec à boire et à manger. Et surtout bien armées de bidons, de pistolets et de seaux, pour asperger promeneurs et véhicules de passage. Nous sommes d’ailleurs tombés sur des enfants tout petits qui nous balançaient déjà des seaux d’eau avec une vigueur stupéfiante!… Parfois encore, nous avons été arrêtés pour des « travaux » de purification sur notre voiture, à l’aide d’une boue à base de talc coloré et d’eau. La voiture est rentrée chamarrée, et tellement marquée d’anecdotes et de jolis souvenirs que nous avons presque regretté de devoir la faire laver!

Notre voiture pendant Songkran 2014

La plupart des photos de l’article datent de Songkran 2014. Au détour de nos découvertes de cette année, je raconterai et illustrerai notre Songkran 2016 dans de prochains posts. Je craignais seulement d’avoir moins le temps et le loisir de revenir sur ces points culturels, qui me paraissent dignes de quelques lignes.

 

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Voyager en Thaïlande avec des enfants?

Comme tout heureux propriétaire d’une adorable marmaille, nous voyageons désormais un peu moins légers et un peu plus préparés… Mais qu’en est-il au pays des sourires? A nos yeux, si l’envie vous tient, foncez! La Thaïlande avec des enfants est une destination facile à planifier, facile à vivre au quotidien, et très sûre, par-dessus le marché. Revenons ensemble sur les points clés d’un voyage…

 

Le trajet long-courrier en avion

Pas de panique avant un vol long-courrier: l’avion offre une pléiade de distractions, et finalement le trajet passe vite. Pour peu que l’on s’organise à l’avance et que l’on voyage léger, prendre un avion avec un bébé ne présente aucun obstacle majeur. Par la suite, pour les « petits-grand » (3-6 ans), un vol est source de divertissements multiples. Il suffit d’anticiper quelques activités complémentaires pour meubler les possibles moments de creux. Je n’ai pas l’expérience propre des plus grands, mais ils me semblent bien autonomes en vol: entre l’écran de l’avion, les repas, les lectures personnelles ou autres Pads, il me semble ne jamais les entendre.

Je recommande toutefois de réserver des vols directs par des compagnies aériennes reconnues, pour éviter les complications inutiles. Pour bénéficier des tarifs les plus bas, il est conseillé de réserver si possible cinq à six mois à l’avance, de voler hors vacances scolaires, et plutôt en milieu de semaine. Air France propose un panorama pratique de ses tarifs, sur six mois. On le trouve facilement via des moteurs de recherche avec des mots clés de type « billet d’avion Air France Paris Bangkok »:

Tarifs Air France par dates

Capture d’écran du site d’Air France – http://www.airfrance.fr/vols/paris+bangkok

A noter, jusqu’à deux ans, un bébé peut voyager sur les genoux de ses parents et ne paie que 10% du prix du billet. De deux à douze ans, l’enfant paie environ 70% du billet adulte, selon le vol et les conditions tarifaires. Apres deux ans, l’avion devient donc vraiment coûteux. Raison de plus pour voyager avec des moins de deux ans!

 

Le logement

Une fois en Thaïlande, les hôtels sont pléthore, qu’on les réserve à l’avance ou qu’on les trouve sur place. Nous fonctionnons plutôt par réservation, pour vérifier les avis d’autres voyageurs, et éviter les déceptions. L’inverse ne présente pas de risque majeur non plus. Le budget pour l’hôtel dépendra bien sûr du niveau de confort désiré: air conditionné ou non, eau chaude ou non, petit déjeuner occidental ou local, cadre romantico-exotique ou plus dépouillé. En ce qui nous concerne, nous recherchons au moins la clim, qui aide à bien limiter les moustiques.

Les enfants sont la plupart du temps acceptés gratuitement, à condition d’utiliser la literie existante. L’on peut parfois demander des lits d’appoint payants. En ce qui nous concerne, nous optons souvent pour des solutions de type « suite » ou « junior suite », qui offrent plus d’espace, tout en nous permettant de rester groupés.

Dans la mesure du possible, nous évitons les hôtels qui ciblent trop la clientèle étrangère. Ces établissements ont tendance à être chers pour une qualité moindre, et surtout, nous n’avons pas forcément envie de côtoyer des hordes de Russes et de Chinois… car la Thaïlande reste un pays de tourisme de masse. A l’opposé, nous avons souvent d’excellentes expériences dans des hôtels plus familiaux, et à la clientèle plutôt locale. L’ambiance y est généralement très détendue, et même si les personnels ne parlent pas toujours bien anglais, ils cherchent systématiquement à nous rendre service et à nous satisfaire, encore plus parce que nous voyageons avec de jeunes enfants.

 

La nourriture

Une bonne partie de la nourriture locale est très épicée, mais l’on trouve facilement des repas adaptés aux enfants. Les petits déjeuners Thaïs proposent presque systématiquement des sortes de « porridge », à base de bouillon et de riz, qui plaisent bien aux petits. Le pain de mie est également répandu.

Pour les autres repas, on trouvera à peu près partout des riz frits (khao pad kong –aux crevettes, khao pad khai –au poulet), des nouilles sautées (pad thai), des omelettes (Khai chiao), des poissons frits ou du poulet grille. Les plats dits « chinois » ne sont généralement pas épicés non plus. Ils sont issus de l’héritage des migrations chinoises en Thaïlande, au début de vingtième siècle. Il s’agit principalement de viandes ou légumes sautés à la sauce soja ou à la sauce aux huîtres. On peut vérifier que le plat n’est pas piquant en demandant « mai ped » (prononcer « maye pède »).

En solution de dépannage, on peut toujours commander du riz blanc. Pour les cas extrêmes, ou l’on ne trouve pas d anglophone, j’ai une photo de riz blanc sur mon téléphone. Et parce qu’on traite vraiment bien nos enfants, on a toujours des dosettes de ketchup en poche, histoire d’améliorer l’ordinaire. Restent enfin les « 7 Eleven« , superettes ouvertes 24h/24, et que l’on trouve presque partout. L’on peut y acheter du pain de mie ou des raviolis asiatiques, qui plaisent toujours aux petits.

A cela s’ajoute pléthore de fruits exotiques que l’on achète épluchés et prédécoupés. Un sachet coûte 20 à 30 baths, mais les prix peuvent augmenter dans les zones touristiques.

Il faut faire attention de ne boire que de l’eau en bouteille scellée. Ça se trouve absolument partout. Bien se méfier des glaçons, car on ne connait pas la provenance de l’eau. En dehors des grands établissements ou de glaçons faits achetés soi-même, l’idéal est de s’abstenir.

 

Problématique de santé en Thaïlande avec des enfants

Il n y a pas de cabinets médicaux en Thaïlande. On consulte les médecins dans les hôpitaux. Nous sommes toujours –et partout- tombés sur des médecins compétents et à l’écoute, et qui parlaient au moins un minimum d’anglais. Le réseau hospitalier est étroitement maillé. On n’est jamais loin d’un centre de soin, mais les infrastructures sont meilleures dans les grandes villes. Bangkok possède parmi les meilleurs hôpitaux d’Asie.

Avec de très enfants jeunes, évitez les îles mal desservies et loin d’hôpitaux aux standards internationaux. On dit que l’on peut s’éloigner d’une heure de route d’un bon hôpital, par année de l’enfant. Cela semble un équilibre raisonnable.

Un point qui peut être bon à savoir, dans les hôpitaux, les médecins éloignent souvent d’emblée les parents lorsqu’ils ont besoin de pratiquer des soins – nous avons testé la prise de sang, le lavage d’yeux pour une conjonctivite, la radio et le plâtrage d’un bras cassé (bref, on a des enfants, quoi). L’expérience a montré qu’en m’imposant, ma présence n’était finalement pas refusée par le personnel soignant, mais tellement rassurante et réconfortante pour l’enfant…

Pour le reste, mieux veut partir correctement vacciné. En plus des vaccins obligatoires en France, le BCG me paraît important pour l’Asie, de même que l’encéphalite japonaise –qui s’attrape par les moustiques. Les risques sanitaires principaux: les moustiques, les intoxications alimentaires, le soleil, les serpents et les bobos mal soignés. Des précautions minimum doivent permettre de se prémunir contre une majorité d’incidents.

Dans la valise, on pense à emporter des protections efficaces contre les moustiques: anti moustiques pour la peau, les vêtements, les chambres d’hôtel si l’on prévoit des hébergements de bas standing et manches longues pour les soirées. On s’équipe de chapeaux et crèmes solaires de bon indice –ou mieux, on évite de s’exposer au soleil. En cas d’intoxication alimentaire, on évite surtout la déshydratation –et on boit du coca. En cas de fièvre suspecte ou de bobo louche, on n’hésite pas à consulter… Contre les serpents, on évite les chemins peu fréquentés ou herbeux, on regarde ou l’on met les pieds, et l’on prévient bien les enfants. Pas de panique non plus, en dehors des parcs naturels, nous n’avons jamais croisé de serpents en zone touristique.

Les transports sur place

On se déplace facilement –et pour pas cher- en Asie. Pas besoin de véhicule à Bangkok, l’on s’y déplace aisément en taxis, tuk-tuk, ou métro. Pour le reste du pays, si l’on opte pour de l’itinérant avec un petit budget, on se tournera vers des transports locaux: trains, bus, minibus, taxi-motos… Il faut avoir le temps et l’esprit un peu aventurier, mais ça se fait.

Si l’on cherche à gagner en efficacité, fiabilité et rapidité, on louera une voiture ou un minibus, avec ou sans chauffeur.

On peut également conduire soi-même avec un permis international, mais il faut se souvenir qu’on roule à gauche en Thaïlande. L’adaptation n’est somme toute pas si difficile. L’essuie-glace et les clignotants étant inversés, on se mélange juste un peu les pinceaux le premier jour. Dans les voitures manuelles (ce n’est pas la norme en Thaïlande), le changement de vitesse se fait de la main gauche. L’avantage d’une voiture individuelle est une meilleure autonomie. Mais en cas d’accrochage, cela peut aussi représenter des heures de galère.

La conduite n’est ni difficile, ni nerveuse, mais il peut y avoir de l’imprévu sur les routes, dans la mesure où les travaux sont parfois mal signalés, et que les conducteurs locaux peuvent s’arrêter dans des endroits inattendus. Songez enfin à vous équiper d’un bon GPS, pour profiter de votre autonomie et découvrir les routes secondaires! Nous aimons personnellement beaucoup Google Map, bien que certains de nos amis le jugent peu fiables…

Quant aux sièges auto, malheureusement, personne n’en n’utilise ici. A chacun de voir la solution dans laquelle il se sent le plus en confiance. Certaines familles décident par exemple d’apporter leurs sièges auto en avion ou d’en acheter sur place. Pour notre part, quand nous devons faire sans siège auto, je garde les plus petits en écharpe ou porte-bébé physiologique ventral, en prenant garde à bien caler la tête. Nous asseyons ensuite les enfants plus grands avec des ceintures d’adultes, en essayant de les sécuriser au maximum. C’est le rapport sécurité/pratique qui nous semble le plus équilibre, mais chacun aura une vision un peu différente du sujet.

J’ai découvert récemment sur le très astucieux blog des Petits Globes Trotteurs deux solutions alternatives pour la sécurité en voiture: le gilet de sécurité voiture (Ridesafer) et le réhausseur de voyage gonflage (Bubble Bum). Nous n’avons pas testé, mais ces pistes me semblent vraiment intéressantes!

 

Les activités

Le gros des activités en Thaïlande est adapté aux enfants. Paradoxalement, nous profitons peu des plages qui demandent pas mal de surveillance et un constant combat contre une exposition dangereuse au soleil. Notre trio gagnant: parc naturels, ruines et animaux.

 

Il y a beaucoup de parcs naturels en Thaïlande, qui permettent de se balader dans des sentiers fréquentés et bien entretenus, avec donc un risque minoré de rencontrer des animaux suspects. On a cependant souvent l’occasion d’y observer une faune très variée (éléphants, singes, oiseaux, crocodiles, papillons…). L’ambiance des parcs nationaux est familiale et bon enfant. La fréquentation est principalement Thaï. On s’y sent bien.

A noter: prévoir au minimum de l’eau et des chaussures fermées pour les excursions.

 

Il y a beaucoup de ruines Khmer dans le centre et l’est du pays: Ayutthaya, Lopburi, Kampaeng Phet, Sukhothai, sud des provinces de Buriram, Surin et Sisaket… En dehors des sites les plus connus, beaucoup de ces lieux sont peu fréquentés, et l’on apprécie ces découvertes intimistes. Nos enfants aiment à pouvoir divaguer presque librement dans les vestiges, se plaisent à explorer des endroits vaguement mystérieux, et adorent grimper et sauter parmi les vielles pierres.

A noter: éviter les moments de grosse chaleur, dans la journée.

 

Les attractions avec des animaux sont très nombreuses en Thaïlande, et ont toujours beaucoup de succès. Spectacles ou balades avec des éléphants, fermes éducatives, tigres, crocodiles, serpents, singes… Les jardins zoologiques offrent souvent grande proximité avec les animaux. Nos enfants adorent nourrir les animaux de la ferme ou les éléphants.

A noter: bien surveiller les petits, car ils ont souvent la possibilité de voir les animaux de très très près.

Sur la question des animaux sauvages retenus en captivité pour le divertissement des touristes, subsiste tout de même une forte question d’éthique. Je tends personnellement à éviter de plus en plus souvent ces lieux, et réfléchis à la façon dont présenter ces problématiques aux enfants: comment leur faire découvrir de grands animaux sans pouvoir les leur montrer? Comment leur inculquer le respect des êtres vivants alors qu’on les voit malheureux et en captivité?… Je crois qu’il en va la de la réflexion intime de chacun, et la mienne est toujours en cours…

 

L’accueil

En Thaïlande, et encore plus avec des enfants. Vous serez bien accueillis. Il faut toutefois faire une distinction entre les zones les plus touristiques et les régions plus reculées. Aller dans un endroit touristique, c’est comme visiter Paris quand on est Chinois. C’est une valeur sûre, et l’environnement répond à un minimum syndical en termes d’intérêt, de beauté des sites, d’hébergement et d’accueil. Cela dit vous restez un touriste parmi d’autres, l’on vous fait des prix de touriste, et l’on vous propose des attractions de touristes. C’est un peu cher mais confortable pour un séjour pépère sur la plage.

Cependant à mon sens, c’est si vous avez l’occasion de sortir des zones balnéaires que vous pourrez découvrir les aspects les plus enchanteurs du pays, et en particulier des gens magnifiques. Il sera peut être difficile de trouver un steak frites, ou un interlocuteur anglophone… Mais on vous accueillera avec des sourires non feints, on se mettra en quatre pour vous, on fera tout pour mettre vos enfants à l’aise… Attendez-vous juste à ce que les vieilles Mamies (surtout) essayent –avec gentillesse- de toucher vos enfants… les gens sont curieux et ont le contact facile, ce qui ne plaît pas à tous les petits!

Astuce: dans les marchés ou autres lieux très fréquentés, j’installe souvent Petit Deux en porte-bébé ventral pour le protéger des mains baladeuses.

Un patre et ses boeufs en Thailande

 

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