Retour à nos amours Khmères – Prasat Phanom Rung

« Ce voyage est ennuyeux à mourir! Ca sert à rien de s’enfiler tous les temples Khmer du pays. Ils sont tous pareil! » Voici ce qu’un voyageur m’avait déclaré alors que je cherchais des informations pour planifier notre itinéraire en Isan, sur des forums de voyage.

Outre le fait que cette remarque est plutôt vexante (mais les gens se permettent tout sur Internet, où va le monde ma pauv’dame…), je vous jure qu’on peut s’éclater dans des temples Khmers! Demandez plutôt à Petit-Deux ce qu’il pense de ces gros tas de cailloux pour faire des sauts périlleux. Et à Petit-Un comment jouer au découvreur, dans les dédales de couloirs, d’escaliers et de petits ponts. On comptera ensuite tous ensemble les bras de Shiva et on partira à la recherche des chauves-souris. En fin de visite, le gagnant sera celui qui aura repéré le plus de têtes de Nâgas!

Prasat Phanom Rung

Les garçons ont atteint l’âge où tout les intéresse et où ils peuvent tout comprendre, ou presque. C’est un plaisir de partager avec eux notre passion des vieilles pierres. Nous avons choisi la bonne région, d’ailleurs! A seulement quelques centaines de kilomètres au nord d’Angkor, l’Isan abonde en temples et en vestiges Khmers en tous genres.

 

Retour à Prasat Phanom Rung

Par chance, en ce premier jour de vacances, nous sommes en avance sur le programme! (C’est parce que comme des foufous, on s’est levés à quatre heures du matin pour prendre la route… Excitation, quand tu nous tiens…) Nous sautons sur l’occasion pour retourner jeter un coup d’œil à l’un des sanctuaires majeurs de la région: Prasat Phanom Rung.

Prasat Phanom Rung

(Je ne reviendrai pas ici sur la typographie et la disposition des lieux, que j’ai largement décrits dans ce billet dédié à Prasat Phanom Rung, lors de notre précédent voyage.)

Forts de notre expérience, nous nous dirigeons vers l’entrée arrière du sanctuaire. Cela nous épargnera l’ascension et la longue traversée de l’allée processionnelle. Certes, la découverte des lieux est moins grandiose et on manque une partie. Mais on arrive tout fringants et tout frais au cœur de l’action. De toute évidence, on profite bien mieux des lieux que ceux qui se trainent, à moitie mourants et complètement écarlates, en haut des marches.

Prasat Phanom Rung

Nous décidons que pour cette fois-ci, ce sont les enfants qui choisiront l’itinéraire de la visite. De notre côté, c’est plus jouable, car nous connaissons déjà les lieux. Quant aux garçons, ils sont ravis de ce privilège. J’adore ressentir leur exaltation, lorsqu’ils franchissent un mur ou une porte, en se demandant ce qu’il y aura derrière. Comme je connais cette excitation. On se sent unique et seul au monde. Comme si on était le premier à mettre le pied en ces lieux. Le cœur bat. On s’imagine les salles et les merveilles avant de les découvrir.

Prasat Phanom Rung

 

Où l’on fait connaissance avec les Nâgas

On arrive aux ponts aux Nâgas, mythiques serpents protecteurs à cinq têtes. Ces ponts symbolisent le lien entre le monde des dieux et celui des hommes. C’est assez abstrait. Du coup, pouf, je perds les enfants. Au sens figuré d’abord. Puis Petit-Deux, au sens propre. On le retrouve dans la galerie extérieure. Il y a trouvé un plan incliné sur lequel il s’exerce au sprint en descente. Ca n’a pas l’air de déranger les autres visiteurs. Au contraire, deux jeunes filles sont en train d’essayer de parlementer avec lui pour l’intégrer à leurs selfies. Par malchance pour elles, Petit-Deux est très dur en affaires.

Nagas de Phanom Rung

Petit-Un remarque des Nâgas sur le toit du Prang principal. Et pas qu’un peu! En fait ces motifs sont partout. On s’amuse à les repérer, les photographier et les compter. De toute évidence, Petit-Deux ne partage pas notre enthousiasme pour ces reptiles sacrés. Il détourne le regard dès qu’on aborde la question. Et puis il boude. Il paraîtrait que je lui aurais mis du sable dans les chaussures. Volontairement bien sûr.

 

Shiva, le bœuf et les chauves-souris

On entre dans le sanctuaire central, dédié à Shiva. L’œil s’habitue doucement à la pénombre. On distingue un bœuf couché. C’est la monture traditionnelle de Shiva, dans la mythologie Hindoue. Ca sent le phoque, quand même. En un regard, Papa-Tout-Terrain identifie des centaines de chauves-souris, bien arrimées au cintre de pierre.

Prasat Phanom Rung

Malgré tout, ces voutes sont magnifiques. Elles sont chargées d’émotions, d’histoires et de prières. Elles ont dix siècles et des pierres tellement grosses qu’elles pourraient tuer un éléphant. Quels tributs grandioses pour les dieux des lieux. « Oh, Batman! » s’exclame Petit-Un qui vient d’apercevoir les chiroptères. Alors on prend une photo « avec l’Iphone de Maman », parce qu’il faudra absolument montrer ça aux copains de l’école!

Il commence à faire chaud et long pour les enfants. Il est temps de conclure la visite. Bien sûr, entre adultes, Papa-Tout-Terrain et moi-même aurions pu rester deux heures de plus, mais nous avons fait un beau tour du temple, déjà. Quoi qu’il en soit, nous sommes comblés: c’est une telle richesse de pouvoir profiter de tout ça en famille!

Sur le chemin de la voiture, c’est l’heure de l’interrogation orale. Les enfants sont en équipe. S’ils répondent bien, ils gagneront un bonbon. « Alors qu’est-ce que les Nâgas, les garçons? » Petit-Un cherche ses mots. Petit-Deux l’interrompt: « C’est un serpent à cinq têtes qui protège les hommes! » Quelle bourrique! Moi qui croyais qu’il n’avait rien écouté!

 

Prasat Ban Bu

En route pour la suite, nous retrouvons le petit chemin de terre sur lequel nous nous étions égarés parmi un troupeau de vache, en cherchant un temple, l’année précédente.

Or, le Tout-Terrain est joueur. Et ne s’avoue jamais vaincu! Hop, on ressort le GPS et on tente à nouveau notre chance! Vous voyez, c’est exactement pour ça que j’ai épousé Papa-Tout-Terrain. D’extérieur, comme ça, il fait plutôt mec sérieux, gendre parfait et bien sous tous rapports. Mais il suffit de lui faire miroiter un tout petit minuscule temple Khmer et on devient aussi barjo l’un que l’autre… J’aime tellement voir son regard pétiller, dans ces moments…

Prasat Ban Bu

Et vous savez quoi? Eh bien on l’a trouvé ce temple! Il s’appelle Prasat Ban Bu, et on l’a déniché au milieu d’une cour d’école! La recherche était finalement plus excitante que le temple en lui-même. Il s’agissait en réalité d’un édifice mineur, sans doute un petit sanctuaire d’hôpital, sur la grande route sacrée, qui reliait Angkor à Phimai, en Thaïlande.

 

Prasat Bhumpone

Ne nous arrêtant pas sur cette belle lancée, nous relions le Prasat Bhumpone, dans la proche province de Surin. En plein préparatifs de Songkran, le temple a revêtu ses habits de fêtes. Ici et là, de petites grappes de fidèles prient dans l’herbe auprès de moines bouddhistes.

Prasat Bhumpone

Cette fois-ci encore, le Prasat Bhumpone reste un sanctuaire de taille restreinte. Un beau Prang de briques herbues, que l’on sent lutter contre le poids des ans. Et les bases de ce qui pourrait être une ancienne chapelle d’hôpital. Pour les nos deux grands, c’est malgré tout l’occasion d’une sympathique grimpette sur les vestiges de latérite, tandis que Miss-Trois entreprend de brouter gaiement l’esplanade. Il suffit finalement de peu pour rendre tout le monde heureux!

 

 

 

Prasat Phanom Rung en pratique

  • Coordonnées GPS de l’entrée principale: 14.532214, 102.944794
  • Coordonnées GPS de l’entrée arrière: 14.534489, 102.940985
  • L’entrée arrière permet de déboucher directement sur le sanctuaire et d’éviter l’ascension de l’allée processionnelle, sous le soleil. La découverte du sanctuaire est un peu moins magique par ce chemin, mais nous la recommandons aux visiteurs avec de jeunes enfants. (Ou aux visiteurs fatigués.)
  • Ouvert tous les jours de 8h à 18h
  • Le ticket adulte coûte 100 THB. Vous pouvez acheter un billet qui permet de combiner la visite avec celle du sanctuaire de Prasat Mueang Tam pour 150 THB.
  • Compter 2h à 2h30 pour la visite.
  • N’oubliez pas de jeter un coup d’œil au petit musée, également, à côté de l’entrée principale.
  • La visite est peu ombragée, les lieux sont en pente, et parcourus d’escaliers. Prévoyez de l’eau, des chaussures correctes et des chapeaux pour votre confort.

 

 

 

Isan, Nord-Est de Thaïlande

Carte de nos principales excusions en Isan – Nord-Est de la Thaïlande

Nos principales excursions en Isan

Cliquez pour agrandir (Sources de la carte)

 

Les coins que nous avons découverts et aimés

Dans la province de Buriram:

Dans la province de Kalasin:

Dans la province de Khon Kaen:

  • King Cobra village – Attraction**
  • Wat Thung Setthi – Temple Bouddhiste contemporain***
  • Prasat Puay Noi – Temple Khmer***

Dans la province de Nakhon Ratchasima:

Dans la province de Roi-Et:

Dans la province de Sisaket:

Dans la province de Surin:

Dans la province d’Udon Thani:

 

Quelques mots de l’Isan – Nord-Est de la Thaïlande…

L’Isan est une immense région du nord-est de la Thaïlande, attenant au Laos et au Cambodge. Encore largement agricole, cette zone s’est proportionnellement développée plus lentement que le reste du territoire, pour des raisons d’infrastructures de transport, entre autres. Sous forte influence religieuse et culturelle de l’empire Khmer, entre les 9eme et 13eme siècles, l’Isan conserve de magnifiques vestiges des périodes préangkoriennes et angkoriennes.

Carte de l'Isan en Thailande

Sources: Wikipedia

 

Comme à peu près tout le monde, nous avons découvert l’Isan par le sud, avec le beau parc naturel de Khao Yai.

Plus tard, de beaux paysages en somptueux temples Khmers, découverts sans méthode via les photos d’amis et de collègues, l’idée d’un road trip en Isan s’est impose comme une évidence. Nous avons adore cette région, riche d’humanité, chaleureuse, et simple. Déjà nous y sommes retournés pour le mariage de ma collègue P’Kung, et le plaisir de quelques nouvelles découvertes… et j’en suis sure, nous y retournerons encore!

Prasat Mueang Tam

 

 

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Prasat Phanom Rung, roi des temples Khmers – Buriram

Immense sanctuaire Khmer à l’environnement grandiose, Phanom Rung nous a saisis par sa force massive. Par le sentiment de puissance qu’il inspire. J’en garde aussi le souvenir d’une excursion difficile et écrasée de chaleur, qui nous a poussés à la limite de nos forces. Il est bon de savoir qu’une seconde entrée du site permet un accès facilité, qui épargne les visiteurs plus fragiles.

 

Un tout petit peu de cette Histoire qui m’a passionnée

Phanom Rung, s’est construit progressivement entre le 10eme et le 13eme siècle. Il s’agit de l’un des temples majeurs qui se situe sur la Khmer Highway, souvent rencontrée sous le nom de Dharmasala Route. Cette voie sacrée traversait le Royaume Khmer. Elle reliait le mythique Angkor Wat (Cambodge) au complexe religieux de Phimai (Thaïlande). D’après les anciens textes, la voie était émaillée de plusieurs sanctuaires. Elle comptait dix-sept lieux d’étape, parfois nommés hospitals –les Dharmasala. Certains de ces dix-sept Dharmasala n’ont toujours pas pu être localisés.

On trouve peu d’informations à ce sujet, mais je recommande vivement ce magnifique article d’Asger Mollerup, qui comporte en particulier d’émouvantes photos de temples et de Dharmasala inexplorés, où la nature reprend peu à peu ses droits.

 

De Prasat Muean Tam a Phanom Rung

En partant de Prasat Muean Tam, notre guide indique un temple, un édifice, ou peut être un Dharmasala sur le chemin de Phanom Rung. La carte est peu précise… et les indications sur la route, en Thaï, évidemment. Au niveau d’un panneau dont l’inscription nous semble convaincante, nous obliquons sur une route de terre. Nous nous engageons au milieu des champs. Suivons un cours d’eau. Puis nous enfonçons dans un sentier ombragé. Pas de trace de temple. Nous croisons en revanche un troupeau de vaches et leur gardienne, qui nous considèrent avec méfiance. Pas très à l’aise face à ces bêtes cornues, nous nous tapissons dans la voiture tandis que les bovidés nous dépassent. Pour éviter d’autres mésaventures, nous rebroussons chemin et abandonnons finalement nos recherches.

Troupeau de vaches Thai

 

Premiers regards sur Phanom Rung

Le site de Phanom Rung est situé au sommet d’un ancien volcan. Pour accéder au sanctuaire, on grimpe un premier escalier monumental en latérite, puis on suit une immense allée de procession, avant d’entamer un second escalier encore plus grand. Là, seulement, on touche presque au but. Il ne reste qu’à franchir le pont aux Nagas, qui mène aux deux enceintes successives du temple.

Allee Processionnelle de Phanom Rung

Malgré les 41 degrés à l’ombre, le premier escalier passe plutôt bien. Les enfants sont pleins d’enthousiasme à l’idée de la glace qu’on a promise pour la fin de la visite. En revanche, lorsqu’il arrive au sommet et découvre l’allée vertigineuse qui se déroule à ses pieds, Petit-Deux a comme un coup au moral. Il invoque un problème de chaussure et de sable pour se faire porter. Avec ses baskets et ses chaussettes montant jusqu’au genou, l’argument n’est plus très crédible. Nous détournons son attention et sa fatigue en le faisant sauter de pavé en pavé. Il fait tout de même tellement chaud que nous nous arrêtons à mi-allée pour boire. Paf, la moitié de nos réserves d’eau y passe direct, malgré la retenue des parents.

 

L’époustouflante découverte

Phanom Rung - Pont aux Nagas et escaliers

On se recolle à notre allée et on arrive sur le premier pont aux Nagas. Les Nagas sont des serpents protecteurs, souvent représentés avec cinq ou sept têtes, et que l’on retrouve fréquemment dans l’art Khmer. Ils décorent généralement les balustrades et les entrées des temples, symbolisant le lien entre la terre et le ciel. Pour nous ça commence plutôt à être l’enfer. Petit-Un à son tour à chaud aux jambes.

Je retrouve deux vieux bonbons un peu collés au fond de ma poche, et pertinemment placés là en cas d’urgence. Il y a urgence. « Quiconque atteindra le haut de l’escalier –sans trop trop râler- aura un bonbon! » Petit-Un part en courant, à tel point qu’on craint pour son équilibre, tant sont éminentes les antiques marches. Petit-Deux se laisse un peu trainer mais il redémarre. C’est toujours ça. Car on a bêtement oublié le porte-garçon. On arrive en haut. Distribution de bonbons. On peut enfin s’extasier.

Phanom Rung - Entree est

 

L’enceinte sacrée

Pendant toute l’ascension, nous avions deviné la silhouette massive du sanctuaire, sans pouvoir vraiment présager de ce que nous allions découvrir. Et voilà Phanom Rung qui se dresse tout entier devant nous. On sent une force compacte qui émane de cet ensemble. Une force assez prenante pour imposer un silence concentré aux enfants, pressés de pénétrer ce lieu mystérieux. Nous dépassons les bassins qui entourent l’entrée du sanctuaire, franchissons un deuxième pont aux Nagas, traversons la première enceinte du temple, avant de parvenir dans la galerie intérieure.

Phanom Rung - Galerie de l'enceinte interieure

Le grand Prang finement décoré, qui abritait un autel dédié à Shiva, se dévoile peu à peu. Les bâtiments centraux du sanctuaire ont été magnifiquement restaurés dans les années 80 et 90. La tour principale est ornée de nombreux bas-reliefs qui illustrent des épisodes religieux ou représentent des rites traditionnels. L’autel est entouré de trois sanctuaires mineurs, d’une bibliothèque et d’un dernier bâtiment, non décoré, et dont on ignore la destination. Les bâtiments conservent la plupart de leurs colonnades tournées, typiques de l’art Khmer de cette période.

Phanom Rung - Autel de Shiva (Prang Principal)

L’on poursuit la traversée de l’enceinte pour ressortir par la porte ouest, qui propose une vision vertigineuse sur la vallée en contrebas. A perte de vue, la chaleur et la poussière recouvrent le paysage d’une sorte de brouillard irréel. Nous ne nous éternisons pas. Nos réserves d’eau se vident et pas question de prendre des risques pour les enfants, qui tiennent tout de même bien le coup depuis leur bonbon. A quelques pas, un petit garçon Thaï est malade; il n’a visiblement pas résisté à cette fournaise.

Phanom Rung - Entree Ouest

 

Point pratique – l’entrée par le raccourci

Nous découvrons au cours de la visite qu’une seconde entrée « par le haut » donne un accès direct au sanctuaire de Phanom Rung. Le parking débouche immédiatement sur la porte ouest du temple. Il permet d’éviter les volées d’escaliers et l’allée processionnelle. J’imagine que la découverte des lieux est moins magique, mais par temps de grand chaud, cette solution peut alléger la pression physique pour les plus jeunes. Pour atteindre ce parking, lorsqu’on arrive en voiture sur le site, il suffit de dépasser l’entrée principale de Phanom Rung et de continuer la route sur environ un kilomètre jusqu’à la « Gate 3« , à main gauche.

 

La Redescente

Nous retournons sur nos pas. Petit-Deux décide qu’il ne peut donner la main QUE à Maman, pour dévaler l’escalier. Du coup, Petit-Un décide que pareil. Avec Petit-Trois de presque cinq mois dans le bidon, Maman-Tout-Terrain voit déjà à peine ces pieds. Pratique. Papa-Tout-Terrain fait de son mieux pour prendre le relai, mais les enfants ont la tête dure. Petit-Un s’effondre les yeux pleins de larmes sur le coin d’un pavé. C’est la main gauche qu’il voulait donner à Maman. Nous finissons les volées de marches reliés les uns aux autres comme un serpent fou sans tête, qui un peu plus bas, qui à la traine. Nous atteignons enfin, sans casse, le plancher des vaches.

Pour ne pas ralentir la dynamique de la montée, nous avions laissé pour le retour la visite de la White Elephant House, située tout en bas de l’allée processionnelle. Le bâtiment est également souvent nommé Changing House. C’est là que la famille royale changeait ses vêtements, avant les processions et les rituels religieux. L’épuisement guettant, nous laissons tomber.

Pour l’anecdote, nous croisons à ce moment-là ce qui ressemble à un voyage scolaire de petits moines bouddhistes, tous d’orange vêtus. Il est amusant de noter que beaucoup des plus jeunes moinillons ont l’air fort débraillés. Attacher sa tunique traditionnelle ne doit pas si évident, au début!…

Voyage de moines bouddhistes a Phanom Rung

 

Le Kuti Rishi Nong Bua Lai

Juste en contrebas de Phanom Rung, dissimulé au bout d’une allée discrète, nous découvrons après quelques recherches le Kuti Rishi Nong Bua Lai. Il s’agit d’un petit bâtiment qui appartenait à la Dharmasala Route. Il faisait alors office de chapelle pour un hôpital, sans doute construit en bois. Bien que sans caractéristiques particulières, l’édifice nous plait, à sa façon de s’élever délicatement vers le ciel.

Kuti Rishi Nong Bua Lai

 

L’Hôtel de l’Amour

Je ne peux pas finir cette chronique sans un mot sur l’Hôtel de l’Amour, où nous avons dormi ce soir-là. Il est vrai que nous avons été particulièrement bien reçus (pour un tarif très raisonnable): délicieux petits gâteaux et boissons à la réception, chambre chaleureuse et confortable, piscine agréable, élégant bassin poissonneux avec jeux d’eau et de lumière, personnel attentif, petit déjeuner convivial (mais Bloody Mary absolument infect pour Papa-Tout-Terrain…).

L'Hotel de l'Amour

Au-delà de ces aspect tangibles, et pour une raison que je ne parviens à expliquer, l’hôtel est devenu une sorte d’établissement mythique pour les enfants. Il n’est pas un jour sans que les garçons ne l’évoquent. Pour sûr, tout l’entourage est bien au courant! Des grands parents à la nounou en passant par les enfants du voisin, chaque fois que Petit-Deux a été interrogé sur ce qu’il avait vu de beau pendant sa semaine de vacances, il a invariablement répondu, des étoiles dans les yeux: « J’ai été à l’Hôtel de l’Amour et j’ai pris l’ascenseur. »

 

Le lendemain, nous allions découvrir l’incroyable et très militarisé temple de Ta Muean Thom, au cœur d’un conflit territorial entre la Thaïlande et le Cambodge.

 

Edit: Nous sommes retournés à Phanom Rung un an plus tard et avons a nouveau eu le souffle coupé par la beauté et la majesté des lieux. On ne s’en lasse pas et on espère encore y retourner…

 


Prasat Phanom Rung en pratique

  • Coordonnées GPS de l’entrée principale: 14.532214, 102.944794
  • Coordonnées GPS de l’entrée arrière: 14.534489, 102.940985
  • L’entrée arrière permet de déboucher directement sur le sanctuaire et d’éviter l’ascension de l’allée processionnelle, sous le soleil. La découverte du sanctuaire est un peu moins magique par ce chemin, mais nous la recommandons aux visiteurs avec de jeunes enfants. (Ou aux visiteurs fatigués.)
  • Ouvert tous les jours de 8h à 18h
  • Le ticket adulte coûte 100 THB. Vous pouvez acheter un billet qui permet de combiner la visite avec celle du sanctuaire de Prasat Mueang Tam pour 150 THB.
  • Compter 2h à 2h30 pour la visite.
  • N’oubliez pas de jeter un coup d’œil au petit musée, également, à côté de l’entrée principale.
  • La visite est peu ombragée, les lieux sont en pente, et parcourus d’escaliers. Prévoyez de l’eau, des chaussures correctes et des chapeaux pour votre confort.

 

 

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Prasat Muang Tam, majestueux temple Khmer – Buriram

La province de Buriram est la première étape de notre voyage en Isan. C’est la fin de la saison sèche, la période la plus chaude de l’année. Le paysage est désolé, brûlé par le soleil. Il est midi. Nous traversons quelques villages, presque déserts. Nous ne trouvons ni restaurant, ni boui-boui, ni superette, ni rien pour faire grignoter les enfants dont les estomacs grondent. Le GPS indique la proximité de Prasat Muang Tam, qui sera notre première visite, mais nous n’y croyons guère: de toute évidence, nous sommes au milieu de nulle part.

 

Une formidable découverte

A Papa-Tout-Terrain, je lance en ricanant « Tourne à gauche et nous y sommes »… c’est du moins ce que je lis sur la carte. Nous tournons à gauche et voyons se détacher dans le ciel d’acier la lourde et somptueuse silhouette d’un temple Khmer millénaire. Construit entre la fin du 10eme et le début du 11eme siècle, ce temple Hindou était dédié à Shiva. Il occupe une surface carrée, ceinte d’une haute muraille extérieure. L’entrée principale est tournée vers l’est. On franchit son lourd portail de pierre, et s’ouvre à nous une majestueuse enceinte intérieure, géométriquement découpée par quatre bassins en forme de « L ». Derrière ces réservoirs, une seconde enceinte entoure plusieurs Prangs -des sortes de tours qui servent d’autels- que l’on voit s’élever vers le ciel

Les Bassins de Prasat Muang Tam

L’enclave intérieure comprend une galerie circulaire, qui suit le périmètre de l’espace sacré. Je m’y engage. Malgré la chaleur écrasante, les lieux gardent quelque chose de mystique qui force au respect et au recueillement. J’entre à pas de loup. Quatre des cinq Prangs restent debout –ils ont en fait été restaurés. Les autels sont restés des lieux de prières et abritent cierges, encens et offrandes. Le temple est édifié sur un socle en pierre volcanique qui a durement subi l’érosion. Les corps des Prangs sont de brique, tandis que les éléments architecturaux clé (portes, montants, linteaux) sont taillés dans une pierre claire et visiblement très dure, qui a bien résisté au temps. Ils sont finement et richement sculptés.

Bas Relief sur un Linteau de Prasat Muang Tam

 

Premières explorations pour les enfants

Petit-Un est captivé par les lieux. Il entreprend une découverte en solo. On le voit se glisser dans les galeries, jeter des coups d’œil par les ouvertures des fenêtres, toujours décorées des colonnes ciselées d’origine. Je le perds de vue un instant, suis ses pas, pour le retrouver quelques secondes plus tard, rêvant devant un bassin ou flottent des fleurs de lotus. Il repart à la conquête d’antiques escaliers, suit du doigt le sillon gravé du pourtour d’une porte, puis croise mon regard et sourit, fier de son exploration et heureux de retrouver un visage connu.

Decouverte de Prasat Muang Tam

La visite est plus difficile pour Petit-Deux. Très sensible des pieds, il souffre beaucoup du sable qui entre dans ses sandales. A force de lamentations, il obtient le privilège d’une visite à dos d’homme -et de femme. Mais les rudes escaliers de pierres sont une invitation à l’escalade. Il ne résiste pas. Un peu de crapahute, mais c’est déjà trop pour ses orteils. On enlève les chaussures, on essuie, on époussette, on le reprend sur le dos… « Oh, la belle fenêtre! Maman, Maman, je peux descendre le regarder?… »

Les cinq Prangs de Prasat Muang Tam

Il va sans dire que Petit-Deux a visité tous les autres temples en baskets et chaussettes.

 

Quelques éléments fondateurs de l’architecture Khmer

Le plan du temple nous a intrigués, d’autant que nous avons revu nombre d’éléments analogues sur les sites qui ont suivi. J’ai trouvé peu d’informations, mais il semble que les temples Khmers sont disposés de façon à refléter la topographie de la demeure de dieux hindous: le Mont Meru. Les cinq Prangs centraux représenteraient ainsi les cinq montagnes du mont Meru, alors que les bassins symboliseraient les mers qui l’entourent.

Plan de Prasat Muang Tam (depliant du site)

 

Quelques kilomètres plus loin, nous poursuivons nos découvertes du monde Khmer dans le parc historique de Phanom Rung.

 


Prasat Muang Tam en pratique

  • Coordonnées GPS: 14.496419, 102.982469
  • Ouvert tous les jours de 8h à 18h
  • Le ticket adulte coûte 100 THB. Vous pouvez acheter un billet qui permet de combiner la visite avec celle du sanctuaire de Phanom Rung pour 150 THB.
  • Compter 1h à 1h30 pour la visite.

 

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