Le marché flottant de Bangkla

A un petit kilomètre du temple des chauves-souris, le marché flottant de Bangkla est l’une de nos destinations favorites pour le déjeuner. On y mange bien, varié, et pour tous les goûts. Même les garçons sautent de joie à la perspective de ce festin, pourtant sans frites, ni ketchup.

Vendeur de brochettes au marché flottant de Bangkla

 

Un marché vivant et fourmillant

Nous y voilà! Malgré la période de deuil du premier anniversaire de la mort du Roi Bhumibol, la foule se presse toujours en direction du petit marché. Les vieilles rues de Bangkla sont étroites, sinueuses, et pas très adaptées à drainer de tels flux de visiteurs. Voitures et piétons coexistent tant bien que mal et occupent jusqu’au plus petit espace disponible. On se gare comme on peut, entre un temple, un commissariat et les pompiers.

Exterieurs du marché flottant de Bangkla

Cinq ou six larges pontons ont été arrimés le long de la rivière Bang Pakong. C’est le corps principal du marché. Sur les côtés, des stalles de nourritures offrent des centaines de possibilités alléchantes. On flâne en glanant son repas, à coup de petites barquettes de délices variés. Autour de la plate-forme, quelques échoppes sur des barques de bois, suivant l’organisation traditionnelles des marchés flottants de Thaïlande. Une vieille dame prépare un Pad Thaï sur un réchaud à gaz, à même l’embarcation, dans un espace minuscule. Quelle organisation et quelle adresse!

Vendeur de crevettes au marché flottant de Bangkla

 

Difficile de choisir entre tant de délices…

En plat de résistance, ma préférence ira, comme toujours, au poisson grillé en croûte de sel, le Pla Pao. Généreusement fourré de citronnelle et de feuilles de kafir, il est servi entier, dans une grande assiette à partager avec la tablée. On découpe une ouverture dans l’un des flancs et chacun se sert, à même la bête. La chair prélevée se consommera en sandwich, dans une feuille de salade ou de chou cru, avec quelques nouilles de riz et une sauce délicieusement épicée et citronnée.

Poisson grille au marché flottant de Bangkla

Les enfants adorent ce poisson. Mais pour rien au monde, ils ne renonceraient non plus au Moo Ping, ces brochettes de porc sucrées qui se consomment avec du riz gluant. A la thaï, les garçons extraient le riz avec les doigts et le roulent en boulettes avant de le manger. Ils font toujours sensation auprès des locaux. Clairement, ils sont la bonne technique, et ce n’est pas courant pour des petits gars à la chevelure dorée!

Pla Bao au marché flottant de Bangkla

Papa-Tout-Terrain, quant à lui, aime, par-dessus tout, la diversité des plats. D’abord un Pad Thaï, ces nouilles sautées et légèrement sucrées, assaisonnées de cacahuètes hachées. Celui du marché de Bangkla est fondant et moelleux. Et a un goût incomparable. Il y ajoutera quelques raviolis vapeur aux verdures variées, de petites aumônières frites, et bien sûr, une traditionnelle et indispensable salade de papaye (le fameux Som Tam)!

Vendeur de boissons au marché flottant de Bangkla

Pour peu qu’on sache la commander à son goût, la salade de papaye est un délice. Elle est fraiche et parfumée, avec un équilibre parfait entre le sucre et l’acidité. Trop pimentée en revanche, elle devient vite immangeable pour nos papilles occidentales faiblardes.

 

L’inégalable salade de papaye

Le secret d’une bonne salade de papaye, pour nous, consistera donc à la commander mai ped (littéralement « sans épices », mais le vendeur en mettra quand même… il faut rester humain…)… et, surtout, à bien, très bien surveiller sa réalisation.

Parce que dans certaines régions rurales, « mai ped » sera compris par « Seulement cinq ou six piments oiseau aujourd’hui, je sens que j’ai l’estomac fragile… » Mais mon estomac, avec seulement cinq ou six piments, il crie pitié, arrêtez, achevez-moi qu’on en finisse. Et la brûlure indienne, à côté c’est de la gnognotte. Bref, pour nous l’idéal, c’est un piment. Voire deux les jours fastes. Alors il faut bien la surveiller, la dame de la salade.

Vendeur de Salade de Papaye et de Moo Ping au marché flottant de Bangkla

La confection d’une salade de papaye est, quoi qu’il en soit, très intéressante à observer. Elle se fait dans un grand mortier traditionnel de pierre ou de terre. On commence par les piments. (C’est un peu le centre de la recette). On écrabouille. Puis une poignée de gousses d’ail, qu’on écrabouille encore. (Ca manquait de goût avec juste le piment, il faut bien relever tout ça). Puis une tomate coupée en deux, des crevettes séchées, du sucre, des tas de sauces sucrées, acides, salées, et de la bave de crapaud. Ah non, zut, pas de bave de crapaud, ça c’est pour la potion magique. A la fin seulement arrive la papaye râpée, parfois un peu de carotte, et des cacahuètes.

Etal de nourritures du marché flottant de Bangkla

Ce n’est sûrement pas le moment de baisser la garde cela dit! Il arrive que discretos, on nous balance par-dessus le tout des demis crabes crus, coupés en deux, et macérés dans une sauce marronnâtre. Ca a un goût fort poissonneux, mais c’est surtout si peu ragoutant que ça me gâche toujours mes salades! A bon entendeur…

 

A table, en plein marché flottant de Bangkla

Nous jouons ensuite des coudes pour trouver une grande table de bois sur laquelle nous nous installerons. Aux jours de grande affluence, il n’est pas rare, même, de la partager avec d’autres gourmands. Dans la mesure du possible nous évitons cependant, eu égard a nos enfants, d’une adresse encore relative. Dans ces cas-la, nous tremblons alors du début à la fin du repas, à l’idée d’une projection de sauce inopinée, ou qui sait, pire peut-être…

A table au marché flottant de Bangkla

Nous sommes chanceux cette fois-ci. Nous aurons une table pour nous tout seuls. Au cours de leurs achats, il n’est pas rare cependant que des badauds s’arrêtent pour observer les enfants ou échanger trois mots avec nous. Ces jours-cis, avec l’anniversaire de la mort du Roi Bhumibol, tout le monde est vêtu de noir. Mais cela ne retire rien à l’atmosphère gaie et chaleureuse, à l’agitation réjouie des gourmands, venus se régaler en famille ou entre amis.

A peine deux minutes plus tard, nous remercions chaleureusement le destin de nous avoir trouvé une table pour nous seuls, quand Petit-Deux s’étouffe bruyamment en buvant son thé de chrysanthème. (Oui oui de chrysanthème.) (C’est très bon.)

Quand Petit-Deux avale de travers...

 

On passe au dessert!

Sitôt terminés les mets principaux, nous repartons en quête d’un dessert traditionnel. La plupart d’entre eux sont à base de noix de coco.

Dessert au lait de coco au marché flottant de Bangkla

La préférence de Petit-Un ira au riz gluant au lait de coco et au sucre de palme. L’un des plus grands classiques de Thaïlande. Papa-Tout-Terrain, lui, affectionne particulièrement de petits raviolis colorés, fourrés de chair de coco. Pour ma part, j’ai une nette prédilection pour ces feuilles de palme, fourrées de pâte de haricots rouge sucrée, au lait et à la chair de coco, puis grillées au barbecue pour en ressortir délicieusement caramélisées.

Feuilles de palme grillees au marché flottant de Bangkla

J’ai globalement un grand faible pour les desserts, quoi qu’il en soit… Peut-être me déciderai-je également pour une glace coco artisanale, en prétextant que je vais la partager avec Miss-Trois? Ou des petits flans en forme de demi-coque? Ou des jaunes d’œufs confits dans du jasmin, qui servent aussi souvent d’offrandes pour les dieux? Humm… J’adore les desserts d’ici! Il n’y a qu’a se laisser guider par leurs couleurs, leurs formes et leurs odeurs, toutes plus attrayantes les unes que les autres!

Etal du marché flottant de Bangkla

Il est déjà temps de partir. Parfois, quand le cœur nous en dit, nous concluons nos agapes par un petit tour en barque sur le fleuve, pour profiter du calme du Bang Pakong et admirer la succession de temples, sur les rives. Cette fois-ci nous partons directement… Nous voulons encore jeter un coup d’œil à quelques uns des merveilleux édifices religieux récemment poussés tout autour de Chachoengsao.

Vue sur le fleuve Bang Pakong au marché flottant de Bangkla

 


Le marché flottant de Bangkla en pratique

  • Coordonnées GPS: 13.728542, 101.207544
  • Ouvert le samedi et le dimanche de 9h à 16h environ. Si l’on arrive tard dans la journée, il restera bien moins de choix de nourritures.
  • La plupart des plats coûtent entre 30 et 60 THB. Un poisson grille coûte entre 250 et 350 THB.

Le paisible temple de Wat Phrong Akat

C’est la saison des récoltes à Chachoengsao. Les champs sont jaunes et secs. Les petits paysans font sécher leur riz sur de grandes bâches, le long des routes. Les oiseaux migrateurs qui remontent justement vers le nord en ce moment s’en donnent à cœur joie.

Wat Phrong Akat

Au détour de nos flâneries, nous tombons sur une extraordinaire coupole dorée, digne d’un souverain. Le Wat Phrong Akat est un immense monastère bouddhiste, construit sur des terres données par les agriculteurs du coin, dont la plaquette du temple indique qu’ils sont très pieux. (Difficile de dire l’inverse en même temps.) En plus d’être pieuse, la région est objectivement très opulente, aux vues de la densité et de la richesse de ses bâtiments religieux. (J’ai déjà évoqué le Wat Saman Rattanaram, et je vous parlerai bientôt du Wat Pak Nam, doré de bas en haut, ainsi que du Wat Pho Bang Kla et de ses chauves-souris.)

Wat Phrong Akat

L’entrée du temple est gardée par les traditionnels Yaksha, des esprits bienveillants mais surtout très très grands et toujours magnifiquement décorés. Ils surveillent les portes des temples en empêchant les démons de s’introduire. A l’intérieur du monastère, la vie est paisible. Durant notre visite le moine de la photo a longuement joue aux cartes avec une adorable petite fille qui riait aux éclats.

Des Yaksha gardent l'entree du temple

Egalement a l’entrée, huit grosses boules sacrées (des sima), taillées dans du rocher. Il s’agit des pierres fondatrices du temple, qui sont la plupart du temps situées aux points cardinaux du bâtiment. En réalité, il y a neuf boules en tout, mais la dernière est enterrée sous le bôt, le bâtiment le plus saint du complexe monastique.

Sima - Pierres angulaires sacrees du monastere

Les fidèles se recueillent successivement devant chacune des grosses boules, prient, puis y apposent une petite feuille d’or.

Tout, dans le Wat Phrong Akat, respire la sérénité. Plusieurs chiens errants profitent de la fraîcheur du marbre pour se reposer. C’est une évidence: aucun bouddhiste ne les en chasserait. Au contraire, ils sont certainement nourris régulièrement par les moines et les pèlerins.

Paisible Monastere de Wat Phrong Akat

Un peu plus loin, l’on se recueille devant les effigies d’abbés et de moines majeurs, que l’on recouvre également de feuille d’or. Les opérations sont tres ritualisées, mais nous ne sommes capables de toutes les interpréter. Par exemple, je ne sais pas ce qui détermine un croyant à aller prier auprès de tel bouddha ou de tel moine, alors que le choix des représentations est extrêmement vaste.

Abbes de Wat Phrong Akat

Petit-Un a souhaité, à ce moment-là, faire une offrande à un bouddha. Un moine est intervenu et l’a gentiment redirigé vers une autre urne. Nous n’avons pas compris pourquoi. Il m’a semblé que la nouvelle « destination » de nos pièces était le pot commun des moines, celui avec lequel ils achètent des biens terrestres. Nous ne saurons pas si le religieux était totalement désintéressé, mais nous lui laisserons le bénéfice du doute.

Des enfants jouent au foot devant le Bot

A l’étage du Wat Phrong Akat de petits garçons du coin se sont rassemblés pour jouer au foot avec une bouteille de plastique. Sous le regard imperturbable des Yaksha. Cette partie du temple n’est pas encore terminée. Il reste du carrelage à poser. Dans une partie du bôt, les Bouddhas sont même encore sous plastique. Toujours d’après la plaquette, le bouddha principal viendrait d’Inde. (Mais je ne suis pas sûre d’avoir photographié le bon.)

Interieur du Bot

Au pied du monastère, nous nous arrêtons pour nourrir des vaches, moyennant offrande. Nous les pensons sacrées, mais sans certitude. Il y a même un veau, déjà grandet. Savez-vous que nombreux sont les bouddhistes de Thaïlande à refuser de manger du bœuf, pour raisons religieuses? C’est là que l’on réalise toute la proximité d’avec l’Hindouisme…

Vaches surement sacrees de Wat Phrong Akat

L’Hindouisme est d’ailleurs bien présent sur les lieux, en la personne de Ganesh, que l’on devine, énorme et rose, derrière les trois « Tout-Terrain » qui nourrissent des poissons, sûrement sacrés eux aussi. Par bonheur, et un peu grâce à l’arbre, personne n’a terminé dans l’eau cette fois-ci. (Notre dernière rencontre avec des poissons a été très aquatique pour certains. Il faudra que je vous raconte ça…)

Poissons surement sacres de Wat Phrong Akat

A droite de Ganesh, sa toute petite monture, le rat, prête l’oreille aux suppliques des fidèles, et passe le message. Car on ne s’adresse jamais directement au dieu: on l’invoque seulement via son rat. Si besoin, des moines bouddhistes sont également présents pour diffuser les prières.

Ganesh

Au pied de Ganesh, des rangées de tous petits mignons rats tiennent lieu d’offrandes.

Rats de Ganesh

Nous terminons la visite par l’achat de glaces à la noix de coco pour toute la famille. Mes kilos superflus et moi-même vous recommandons chaudement ces glaces à la noix de coco « maison ». Elles ne coûtent rien (25 centimes d’euros), sont 100% naturelles, et ont un gout à se pâmer. La vendeuse était ravie de faire affaire avec nous et de montrer à ses voisins de stand qu’elle « avait des étrangers ».

De mon côté, pour montrer mon appréciation, j’ai voulu lui dire que ses glaces étaient délicieuses. Hélas mon vocabulaire s’est fait la malle, à cet instant précis. « C’est délicieux, c’est délicieux… » Impossible de remettre la main dessus! Mon cerveau ne me hurlait « faire un bisou » en thaï, mais rien d’autre. J’ai bloqué. La vendeuse a fixé mon visage crispé d’un air inquiet. Dépitée et frustrée, j’ai finalement pris la fuite en marmottant « very good » avec la tête la plus souriante que j’ai pu.

Campagne de Chachoengsao

Pour le plaisir, une dernière photo de la magnifique campagne de la province de Chachoengsao.

 

 

Wat Phrong Akat – Informations pratiques:

  • Coordonnées GPS: 13.796273, 101.056300
  • Ouvert de 10h a 18h
  • Entrée libre
  • Pensez à retirer vos chaussures en entrant dans les lieux sacres. (Du coup, visiter un temple en tongs est toujours beaucoup plus pratique que si on porte des bottines boutonnées jusqu’à mi-cuisses.)

 

L’éléphant rose du Wat Saman Rattanaram

Papa-Tout-Terrain a changé de voiture pour le week-end. Notre Honda est en révision au garage et on nous a donné une Toyota à la place. Enthousiasme de Petit-Deux devant la nouveauté. Puis déception: « La prochaine fois, Papa, tu pourrais demander une BMW… ». Bien qu’il n’ait que trois ans, il a déjà fort bon goût ma foi. Mais il va falloir qu’il change de parents s’il veut satisfaire ses envies de luxe.

La brave Toyota respectant le critère de « on peut mettre trois sièges auto à l’arrière », on charge les marmailloux, direction le Wat Saman Rattanaram de Chachoengsao.

En route, un croise un curieux cortège. Une voiture à gyrophares devant. Une voiture à gyrophares derrière. Toutes deux allant un train de sénateur. Au centre de cette étrange colonne, un très vieux monsieur en fauteuil roulant. Il fait le tour de Thaïlande, un portrait du défunt roi sur les genoux, pour un dernier hommage…

Pelerinage pour le Roi

On arrive. Vous voyez ces lieux de culte peuplés de tas de vieilles mémés rabougries et un poil revêches, qui regardent les enfants avec le sourcil froncé et se déplacent tellement silencieusement qu’on dirait qu’elles volent… Eh bien voilà. C’est exactement tout l’inverse!

 

Un somptueux chaos

Le Wat Saman Rattanara, c’est l’idée que je me fais des grandes foires sacrées du Moyen Age. Avec ses foules bigarrées. Ses vendeurs aux marchandises chatoyantes. Et des fidèles qui se muent en chalands sitôt la fin des dévotions.

C’est un ensemble de couleurs, de lumières, d’odeurs, de brouhahas et de mouvements confus. Un enchevêtrement gai. Une harmonie désordonnée.

L’orange des moines et les dorures des représentations sacrées. Le fumet du poulet grillé et les émanations d’encens. Le vert profond des goyaves marinées et le rose tendre des barbes-à-papa. Une cohue joyeuse et courtoise. On n’arrête pas de se bousculer. Toujours en se souriant.

Touilleurs de caramel

Voyez plutôt ces trois gaillards aux muscles saillants, en train de touiller d’immenses marmites de caramel! La vendeuse du stand offre un bonbon à petit deux. A quelque pas de là, Petit-Un est fasciné par une statue grandeur nature de Spiderman, qui côtoie un effrayant Guan Yu, le Dieu chinois de la guerre, et quelques bouddhas imperturbables.

 

Hindouisme

Le clou des lieux est une immense représentation de Ganesh, rose. Il est accompagné d’un rat, sa monture traditionnelle, dans la mythologie Hindoue. Lorsque l’on prie, on ne demande rien à Ganesh directement. Il faut s’adresser à son rat.

Ganesh rose - elephant rose

Dans la théorie, il faut bien boucher la deuxième oreille du rat pour éviter que la requête ne ressorte de l’autre côté! En pratique, et peut être en raison de l’affluence de lieux, on peut parler aux deux oreilles du rat en même temps, et il y a d’ailleurs plusieurs rats!

Ganesh et son rat

 

Bouddhisme Chinois

Un peu plus loin le temple chinois, avec Guan Yu et des tas de dragons. C’est un temple bouddhiste, mais d’une version bouddhiste rapportée de Chine en Thaïlande, vers la fin du dix-neuvième siècle, lors d’une importante vague d’immigration.

Temple chinois

Dans cette même catégorie du Bouddhisme chinois, on repère également une immense Guan Yin, la bodhisattva qui incarne la compassion. Et un gong géant qu’on peut frapper pour attirer la bonne fortune.

Temple chinois

 

Bouddhisme Thaï

Puis vient la zone du Bouddhisme thaï. On y brûle de l’encens. On y prie des bouddhas debout, des bouddhas assis, des bouddhas couchés. Et l’on s’incline devant des statues de moines, taille réelle. Ils font plus vrais que nature à tel point qu’on se demande s’ils sont vivants ou non. On en voit souvent dans les temples et ils me perturbent toujours. (Au début je croyais que c’était des vrais moines embaumés, et j’étais encore plus mal à l’aise). (Et il m’est aussi arrivé parfois de passer devant ce que je croyais être des faux-moines-statue, avant de me rendre compte qu’ils respiraient. Bref, c’est un peu flippant.)
Fleur de Lotus
Tout au bout, on termine sur une énorme fleur de lotus rose flottant sur le fleuve. C’est tout l’art de mêler le spectacle et la religion. Les fidèles y alternent les offrandes et les selfies dans des poses gracieuses et romantiques.

 

Phra Rahu

Un peu à l’écart enfin, on note un bâtiment surmonté d’un immense Phra Rahu. Phra Rahu est un géant divin que l’on retrouve à la fois dans la mythologie Hindoue et le Bouddhiste. Il mange régulièrement le soleil ou la lune, provoquant ainsi les éclipses.

Phra Rahu

De ci, de là, et au milieu de cette cohue, les marchands du temple. Le curieux y achète des amulettes et des jeux en plastique made in China pour les enfants. On se restaure, on boit un coup, et on grignote, avant de passer au dieu suivant en devisant gaiement.

 

Pêle-mêle sacré au Wat Saman Rattanaram

Pour des esprits occidentaux tant de religions et de divinités rendent l’appréhension de ces lieux un peu confuse. Mais la pensée asiatique est souple et retient plus la complémentarité de ces cultes que leurs antagonismes. Ces religions restent par ailleurs étroitement liées, puis que le bouddhisme chinois et le bouddhisme thai sont tous deux issus de l’Hindouisme.

Sacre Pele-Mele

Enfin, certains de mes amis m’ont proposé une version très pragmatique qui se défend aussi: dans la mesure où l’on ne peut être sur de qui est le « vrai » dieu, autant les prier tous un peu pour multiplier les chances de salut. Finalement, plusieurs précautions valent toujours mieux qu’une.

Money money money…

Dans les temples de Thaïlande, je suis souvent surprise des rapports tres étroits entre religion et argent. Pas une divinité n’est invoquée sans qu’elle n’ait droit à son tribut. De l’encens, une bougie, des fleurs, un peu de feuille d’or ou des devises sonnantes et trébuchantes. Dans l’esprit des fidèles, on augmente ainsi les chances de voir ses vœux se réaliser et l’on améliore son karma, pour maintenant et pour ses existences à venir.

Lancer de pieces

Certaines institutions religieuses sont ainsi tres riches. Cela mène régulièrement à des débats publics houleux quant à la probité des moines et à la nécessité ou non, pour eux, de vivre dans la pauvreté. Je n’entrerai pas dans ces débats: ce n’est ni ma société ni ma religion. En revanche, je m’amuse toujours de l’ingéniosité des concepteurs de lieux, pour pousser à l’offrande:

  • Tapez trois coups sur l’immense gong chinois pour voir vos souhaits se réaliser. Et faites une offrande…
  • Visez un bocal sacré avec des pièces… Plus vous tirerez en plein dans le mille, mieux vos vœux se réaliseront!
  • Distribuez une à une des pièces dans les bols disséminés tout autour de la fleur de lotus géante.
  • Variante: distribuez une à une des pièces dans chaque bocal des statues de moines plus vrais que nature qui se tiennent en rang d’oignon.
  • Achetez une bougie « fleur de lotus ». Faites la flotter sur l’eau d’une fontaine.
  • Alimentez en huile une lampe sacrée.
  • Deposez une requête à l’oreille du rat de Ganesh. Et faites une offrande…

Rat de Ganesh

Bref, quand on arrive dans un temple, j’ai généralement des kilos de pièces sur moi (rapport à Papa-Tout-Terrain qui les laisse toujours traîner)… Quand on repart en revanche, je suis fort légère! … Cela dit, comme les moines ont pensé à tout, il y a même des « bureaux de change » billets-pièces un peu partout, pour ceux qui n’ont pas de Papa-Tout-Terrain sous la main.

 

Emplettes et délices

Nous terminons par quelques emplettes de bouche. Les premières mangues de la saison. Des pamplemousses. Des melons. Et des mini ananas, craquants, juteux et si sucrés.

J’hésite devant quelques sauterelles grillées avant de renoncer: les insectes sont souvent pleins de pesticides. Ce n’est pas l’idéal quand on allaite un bébé. (Ok, ce n’est jamais l’idéal, en fait, mais quand même, c’est bien bon…) Je me rabats sur des caramels au durian. Oh! Et des œufs de cent ans, mon délice de Chine! Ce sont les mêmes en Thaïlande, mais leurs coquilles sont teintes en rose. Bien entendu, j’ai craqué aussi…

Dragon

Les enfants nous réclament un arrêt final au stand des petits gâteaux pour des cigares croustillants au sésame, des petites crottes addictives à la noix de coco, et de jolis biscuits colorés, traditionnellement proposés lors des mariages.

Avais-je mentionné qu’il y avait très souvent plein de trucs bons à manger, autour des temples?

Goût d’Antan au Marché de Ban Mai – Chachoengsao


Nous adorons flâner sur les marchés en Thaïlande! Pas pour le shopping, non, mais pour l’atmosphère animée, la foule qui grouille, le foisonnement des couleurs et des odeurs, pour les vieilles dames qui discutent au lieu de faire leurs achats et les petits enfants qui siestent derrière les étalages de leurs grand-mères, en deux mots, pour ces tranches de vies entr’aperçues, et qui donnent corps à ce pays que nous aimons.

Seul Petit-Un a bien tiré son épingle du jeu, le week-end dernier, entre les 40 de fièvre de Petit-Deux, le travail accaparant de Papa-Tout-Terrain et mes petites fatigues de grossesse. Du coup, nous avons décidé de faire tout doux, et nos pas nous ont menés en direction de l’agréable et traditionnel marché de Ban Mai, dans la province de Chachoengsao.

 

Le marché de Ban Mai en Pratique:

  • Ban Mai River Side Market ou Rim Nam 100 Year Market
  • Coordonnées GPS: 13°41’52.0″N 101°05’28.1″E
  • Prix: Entrée gratuite. Repas bon marché (50-100 THB par personne)
  • Ouverture le week-end et les jours fériés

 

Un bond de cent ans en arrière

Le marché de Ban Mai a été construit au bord de la rivière Bang Pakong par des colons chinois, vers la fin du dix-neuvième siècle. Depuis lors, toute une communauté de marchands y a vécu et prospéré, et curieusement, c’est comme si le temps avait glissé sur ces grands bâtiments de bois, sans les affecter ou presque. Quand on y pénètre, on croit y retrouver les couleurs d’antan, les odeurs des friandises d’hier, et les mêmes craquements centenaires des planches de tek, patinées par les ans.

 

L’Incident

L’endroit est magnifique. Je suis excitée par les découvertes qui s’offrent à nous.

Par une conséquence bien naturelle, c’est justement le moment que choisit Petit-Deux pour nous informer qu’il doit faire pipi tout de suite. On essaye de parler d’autre chose pour voir si ça passe, mais il a l’air vraiment sérieux. Je le prends sous le bras histoire d’accélérer et d’éviter le drame. Je traverse la moitié des lieux au pas de course. Super pour la découverte! C’est encombré et je suis moi-même encombrante, entre Petit-Deux à la main et mon physique ventru. Je ne trouve nulle part de pictogramme ou de panneau correspondant à ma recherche. Petit-Deux maintient la pression en me rappelant que c’est vraiment pressé. Je transpire un peu.

Marché de Ban Mai

Dans un coin sombre et passablement à l’écart, un écriteau fait main m’inspire confiance. Je m’adresse en anglais à une vielle dame qui ne me comprend pas. Elle me répond en thaï en agitant une pièce de monnaie. Je la paye dans trop savoir ce pourquoi je paye. Enfin si, je paye pour voir, comme au Poker. La dame me désigne l’entrée de sa maison, puis se désintéresse de moi. J’entre à pas de loup: c’est bizarre d’entrer ainsi chez une inconnue. Les antiques lieux sont équipés de trois cabines de toilettes. Hourra!

Petit-Deux fait une goutte et est prêt à repartir. Ça valait bien le coup! Je remercie chaleureusement la vieille dame qui, entre-temps a entamé son petit déjeuner de riz et de légumes. Elle me dit un long truc en postillonnant un peu parce qu’il lui manque des dents. Je demande à Petit-Deux s’il a compris. Il me dit que oui, mais ne me dit pas quoi. Bon, on fera sans. Un dernier sourire et un petit mot gentil pour la dame. On y retourne.

 

Flâneries

La plupart des boutiques sont très sommaires: une table ou quelques tréteaux dressés dans la grande allée du marché. En retrait, on aperçoit des pièces de vie, abritées derrière des paravents mobiles. On voit des petits enfants y faire leurs devoirs et des familles y partager leur repas. D’autres arrière-boutiques ont été aménagées en restaurants, en magasins ou en petites salles d’exposition. Nous découvrons même une échoppe de barbier! Un paradis pour les curieux et pour les photographes!

Arriere-boutique du marche de Ban Mai

Ce n’est habituellement pas mon truc, mais même pour un petit shopping, l’endroit est agréable. Dans une boutique spécialisée dans les objets en fer-blanc, nous faisons l’acquisition d’une gamelle thaïe traditionnelle pour emporter son repas. Elle est équipée de trois niveaux de récipients superposés: l’un pour le riz et les deux autres pour des plats d’accompagnement. Notre nounou nous confirmera qu’il s’agit d’une vraie, comme celle qu’elle utilisait quand elle était petite.

Gamelle Traditionnelle Thai

Un peu plus loin, le marché de Ban Mai est scindé en deux par un bras de la rivière qu’enjambe un petit pont. Enthousiasme des enfants. Quelques jolies photos. On y découvre aussi une pratique païenne surprenante: il s’agit de remettre à l’eau des poissons, via une sorte de gouttière… L’action est sensée nous porter fortune. Nous renonçons à la fortune, l’activité n’étant tout de même pas très sympa pour les pauvres poissons.

En contrebas, l’on peut louer des canots taillés dans des troncs d’arbre, pour une balade en eau douce. Les embarcations n’ont l’air ni assez larges ni assez sécurisées pour que nous ne tentions l’aventure avec les enfants. Mais ça a l’air sympa! Nous passons notre tour et retournons à nos découvertes.

 

Gourmandises

Des éventaires aux restaurants, le marché de Ban Mai est truffé de tentations gastronomiques, tant parfumées que visuelles. Des gaufres, des biscuits, des puddings au lait de coco… Nous repérons même plusieurs friandises que nous ne connaissions pas. Beaucoup de mets rivalisent de par leurs aspects esthétiques. Nous en retiendrons en particulier des bouchées de viande modelées pour ressembler à d’adorables canetons ainsi que des figurines en forme de mini légumes, faites de pâte de haricot sucrée.

Marché de Ban Mai

La tentation est trop forte et les enfants n’y tiennent plus! Par dérogation –et pour que les grands puissent se promener encore un peu- ils obtiennent le droit de choisir une douceur chacun. Petit-Deux opte pour un épi de maïs, son pécher mignon. Petit-Un choisit du riz gluant à la mangue (sans mangue). Ça n’est pas très pratique à manger, alors Papa-Tout-Terrain l’aide en lui donnant la béquée… sans doute un peu trop vite à son goût, car notre ainé s’exclame, visiblement froissé: « S’il te plait, tu attends pour que mon ventre il respire! »

 

Petite halte au restaurant

Nous choisissons finalement de jeter notre dévolu sur un restaurant du bord de l’eau, spécialisé dans les raviolis vapeurs. L’endroit est tellement couru qu’il nous faut réserver une table pour vingt minutes plus tard. La commande est poussive: il n’y a pas de serveur anglophone et une feuille A6 plastifiée, en thaï et sans photos, fait office de carte. On commande en montrant ce qui nous plaît des tables voisines. La serveuse complètera gentiment en prenant l’initiative de petits accompagnements. Nous avons bien fait d’attendre, ce repas est simple et excellent!

Raviolis a la vapeur

Nous devisons gaiement en mangeant. Les enfants en profitent pour revenir sur un sujet récurrent ces temps-ci: le bébé qui arrive. Ca y est, d’ailleurs, Petit-Un nous informe qu’il s’est décidé: il appellera sa petite sœur « Goût Fraise ». Petit-Deux, lui, penche plutôt pour « Morgane »… c’est certes plus raisonnable, mais je crois qu’on lui a vraiment trop fait écouter Renaud!

Nous ne nous éterniserons pas au restaurant… les gourmands suivants attendent déjà devant l’entrée! Le marché de Ban Mai nous a beaucoup plus, mais de notre côté, il d’ailleurs est temps de rentrer à la maison, pour une grande sieste familiale!

 

Mise à jour de dernière minute… Après quelque jours de réflexion, Petit-Deux nous a annoncé hier soir qu’il était finalement ok pour « Goût Fraise ».

 

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