Thaïlande authentique: la côte de Chanthaburi


La zone qui longe la côte de Chanthaburi n’est pas très distante de chez nous, mais déjà très éloignée de l’atmosphère de tourisme de masse de Pattaya. C’est pourquoi nous nous y rendons volontiers pour de petits week-ends paisibles.

Après une escapade dans le parc Namtok Phlio et un somptueux et insolite repas à la Ferme Pu Nim, nous retrouvons le bord de mer. Ce soir-là, nous dormirons sur la plage bien connue de Chaolao, mais nous nous y rendons par le chemin des écoliers

 

Notre balade sur la côte de Chanthaburi:

  • Coordonnées GPS du Fort de Laem Singh: 12°28’52.7″N 102°03’44.9″E
  • Coordonnées GPS de la Plage Chaolao: 12°31’58.6″N 101°56’37.1″E

 

En route

Nous descendons le détroit de la rivière Welu pour rejoindre la mer, au niveau de l’estuaire de Laem Singh, là où la rivière Chanthaburi rejoint le Golf de Thaïlande. Cette zone est loin d’être aussi touristique que celle de Chao Lao beach, mais ses plages sont truffées de petits restaurants pour les gens du coin. Nous nous nous y sommes arrêtés quelques fois et y avons toujours passé de bons moments: une cuisine simple mais d’excellents poissons, des chaises longues dans le sable, des jeux d’enfants, et quelques co-flâneurs locaux, venus en famille, souriants et très curieux de notre progéniture. Bref, tout pour une pause simple et agréable… et pour quelques galères à commander le repas, car il ne faut pas tellement compter trouver des anglophones, dans le coin.

Laem Singh est connu pour deux bâtiments, hérités de la période de l’occupation française de Chanthaburi à la toute fin du 19e siècle: le fort de Laem Singh, ainsi que l’ancienne prison coloniale, la prison Khuk Khi Kai. Cette dernière avait été construite par les armées françaises et servait à emprisonner les opposants Thaï. Le bâtiment d’origine subsiste, a priori, mais nous ne l’avons pas trouvé.

Le fort de Laem Sing

On a bien trouvé le fort en revanche, qu’il est difficile de louper, avec ses murs d’enduit rouge. C’était le quartier général de l’armée française. Il abrite aujourd’hui un petit musée qui comporte quelques panneaux explicatifs, quelques gravures d’époque et un canon. Il est amusant de le traverser pour se faire une idée de l’architecture et de la disposition des lieux. Nous n’avions pas manqué cette occasion lors de notre précédent passage, mais là, le musée est fermé. Même Laem Singh est désert, à l’exception d’un chien qui roupille devant le fort.

Au bout de la jetée sommeille un petit village de pêcheurs. Tôt dans la journée, il grouille d’activités, de poissons et de femmes de marins. Local et coloré, il mérite un petit crochet si vous passez par la, par curiosité et pour en ressentir l’atmosphère.

 

Villages de pêcheurs et zones de pêche

A peine plus loin à l’ouest, un grand pont enjambe l’estuaire de la rivière Chanthaburi. A mesure qu’on s’y élève, on découvre le paysage environnant.

A main droite, les terres, déchirées par un immense chenal. Des villages de pêcheurs aux bateaux multicolores qui se blottissent contre les rives du cours d’eau. Des mangroves luxuriantes, aux couleurs sombres et qui dentellent les bords de l’eau. Des zones d’élevage de mollusques, de crustacés et de poissons. Les installations de pieux de bois et de filets tressés sont traditionnelles. Les méthodes et les gestes des pêcheurs sont centenaires.

Village de pecheurs depuis le pont de Laem Sing

A main gauche, le soleil déclinant se reflète sur la mer, parsemée de quelques îlots.

Papa Tout-Terrain nous abandonne, pour partir à la chasse aux photos et à la lumière. A l’arrière de la voiture, Petit-Un et Petit-Deux sont absorbés dans une partie de Batawaf. « Regardez le paysage, les enfants, regardez ce magnifique coucher du soleil et ce village de pêcheurs! » « Oh, c’est très beau! », s’exclame Petit-Un sur un ton très convaincu et très convainquant. Non seulement il n’a pas interrompu sa partie de cartes endiablée, mais il n’a même pas levé les yeux. Il excelle à l’exercice. Il a de la chance pour ce coup-ci, nous ne lui en demanderons pas plus, et même pas de descendre de la voiture pour profiter des merveilles environnantes. Déjà Petit-Deux enchaîne en ricanant: « …mais il est tout petit, ton chien, wahahahahaha! »

Je reste dans la voiture par flemme de femme enceinte et pour surveiller les enfants et pour manœuvrer le véhicule, au cas où. Bref, par flemme, quoi. Devant nous, un pick-up s’arrête et déverse une demi-douzaine de jeunes couples en goguette. Comme un seul homme, toutes les demoiselles confient leur téléphone portable à leur petit ami et se jettent sur la rambarde.

Laem Sing

Commence la séance photo. Une patte en l’air, pour mettre les jambes en valeur. Ou une main sur la joue pour affiner le visage. Ou les lèvres en cul de poule pour faire ressortir les pommettes. Ou les trois en même temps. L’œil songeur, le sourire pensif, l’une fixe l’horizon, romantique. Le regard défiant, une autre prend une pose quasi guerrière de déesse des temps modernes. Au gré des compositions, elles enfilent et quittent chapeaux et lunettes de soleil, qui pimentent et colorent leurs attitudes. Dès la fin de la mitraille, elles posteront leurs photos sur les réseaux sociaux, bien sûr. J’admire la patience des petits amis, photographes très dociles, rarement sous la lumière des projecteurs.

A chaque âge ses plaisirs… je m’amuse à l’idée que dans quelques années, comme moi, ce seront les photos de leurs enfants que partageront ces jeunes femmes, sur les réseaux sociaux.

De Laem Sing a Chaolao beach

 

Chaolao Beach

Nous continuons à longer la côte de Chanthaburi, vers l’ouest. Le trajet est un peu décevant, car de la route, on ne voit presque pas la mer. La côte n’est pas encore très développée pour le tourisme mais de petites pensions et de bungalows sommaires, destinés aux touristes Thaï, commencent à y apparaître, sans grande organisation. Nous le notons dans un coin de notre tête. Ce pourrait être une retraite paisible, rustique et économique, pour un week-end reposant.

Chaolao Beach

Nous arrivons à Chaolao beach. Le standing est très nettement supérieur. La route a été refaite: elle a deux voies, un beau marquage et sol et même une piste cyclable! Elle est bordée d’hôtels plutôt chics, aux noms qui sonnent « occidental », et dans les parkings desquels sont garées de grosses voitures polluantes. La plage est nettement plus belle, aussi: large et de sable fin et clair. Elle est assez fréquentée mais très propre, ce qui n’est pas très courant sur cette côte de Thaïlande. Nous n’y croiserons que des touristes thaïs, mais des Thaïs plutôt riches, ici.

Bords de mer a Chanthaburi

C’est très rare: l’environnement nous semble net et sécurisé, si bien que nous optons pour une baignade en mer. (Les trois conjonctivites du lendemain plaideront néanmoins pour une interprétation plus mesurée). Les enfants redécouvrent le plaisir de se baigner dans les vagues, d’être submergés par l’eau de mer. Ils en avaient oublié les sensations, depuis la dernière fois, plus d’un an auparavant. Petit-Deux n’est pas très confiant face à la force du flux et du reflux marin. Il se cramponne à moi. Petit-Un au contraire semble n’avoir peur de rien. Du coup c’est Papa-Tout-Terrain qui se cramponne à lui, pour éviter qu’il ne plonge! Nous courons dans la marée, nous éclaboussons et nous roulons dans le sable!

 

Ma honte interplanétaire

Après la plage, nous enchaînons avec un petit « plouf » dans la piscine de l’hôtel. C’est la fin de la journée et il y a énormément de baigneurs. Comme nous sommes très sableux, nous rinçons bien tous les recoins des enfants avant de les laisser entrer dans l’eau claire, vu que déjà, on ne passe pas inaperçus avec nos têtes de blonds.

Bords de mer a Chanthaburi

Nous barbotons un peu avant de réaliser que nous avons oublié les bouées dans la voiture: Petit-Un et moi-même irons les chercher. On se sèche, se chausse. Petit-Un est tellement enthousiaste qu’il est prêt avant moi. Moi, je galère à me débarrasser du sable, qui me gratte les pieds dans mes sandales. Je finis de me préparer en causant: « … Et toi, Petit-Un, ça ne te dérange pas, le sable de tes chaussures? » « Oh, non, pas du tout, ne t’inquiète pas, j’ai très bien lavé mes chaussures dans la piscine!« . Et joignant le geste à la parole, il entame une deuxième demonstr… Ahhhh! Je le prends sous le bras en vitesse et fonce cacher ma honte dans un coin sombre.

Je ne sais pas si quelqu’un nous a vus. Le sacrilège est d’autant pire que les Thaïs sont toujours très discrets et bien élevés, et ça, ça ne se fait pas du tout ici… Je suis morte de rire aussi, mais intérieurement, tout de même, parce qu’extérieurement je fais une petite leçon de morale, sympa tout de même… on va considérer que si la réalisation était discutable, le dessein n’était pas mauvais et qu’il y avait de l’idée dans l’exécution

Bords de mer a Chanthaburi

 

Repas d’anniversaire

Le soir, nous retournons dans un restaurant que nous connaissons déjà et dont j’avais adoré le poisson grillé. Vous pouvez d’ailleurs demander à Papa-Tout-Terrain, c’est limite si je n’ai pas organisé cette sortie de 600 kilomètres pour manger ce poisson-là. Et même que je lui en ai rebattu les oreilles tout le chemin aller. On va compter ça dans les envies de femme enceinte.

Le serveur arrive. Il parle quelques mots d’anglais. Je déterre ma photo de poisson de la dernière fois et la lui mets sous le nez, avec exaltation. Un immense sourire fend son visage. Il s’exclame: « Mais, je le connais, c’est mon patron!« . Il fera une tête sacrement déçue quand je lui dirai que ce que je veux, ce n’est pas le patron, c’est le poisson!

Poisson grille a Chao Lao Beach

Nous terminons la journée en fêtant les cinq ans de Petit-Un. Si, en Thaïlande, la nourriture est exquise, les gâteaux qu’on y trouve vont généralement du médiocre à l’insipide. Le fondant au chocolat est donc de confection maison. Je l’ai préparé amoureusement la veille, à l’aide de vingt petits doigts avides de lécher le plat.

Et même que ce matin, Papa-Tout-Terrain a fait une drôle de tête un peu accablée quand j’ai chargé mon dessert dans la voiture, sous un énorme emballage de protection, et avec tout un attirail de décorations en sucre et autres bougies.

On s’apprête à servir le gâteau. Ça tombe mal, non seulement la chambre est non-fumeur, mais en plus elle est truffée de capteurs de fumée. Il faut dire que l’hôtel est tout de bois. Ce n’est pas un endroit pour un anniversaire! Dehors, un gros orage se rapproche, poussé par un vent vigoureux. Là, les bougies ne tiendront jamais si on sort. En catimini, le gâteau à la main, nous nous réfugions dans un bout de couloir éloigné des systèmes d’alarme incendie, et avec une ventilation sur l’extérieur. A toute vitesse, nous chuchotons un « Joyeux Anniversaire » à Petit-Un, fier comme un paon. Il souffle les bougies. Malheur, elles se rallument. Oh oui, c’est vrai, je voulais justement faire découvrir les bougies farceuses aux enfants… Papa-Tout-Terrain me jette un regard un peu furibond quand même et éteint les bougies avec les doigts. Nous rentrons à pas de loup dans la chambre! Petit-Un sourit jusqu’aux oreilles! Ce n’était pas un anniversaire classique, mais c’était un très bel anniversaire, tout de même!

 

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Repas insolite à la Pu Nim Farm – Chanthaburi

La Pu Nim Farm en Pratique:

  • Coordonnées GPS de l’embarcadère: 12°26’21.3″N 102°13’06.9″E
  • Coordonnées GPS du restaurant: 12°26’09.9″N 102°12’45.2″E
  • Coût du repas: 100 à 200 THB le plat
  • Ouverture: midi, après-midi et début de soirée.
  • D’après des commentaires glanés sur Internet, évitez d’arriver tard pour le service du soir, car le restaurant ferme tôt, peu après le coucher du soleil. Par ailleurs, il semble que le week-end et les jours fériés, le restaurant soit bondé à l’heure du repas de midi, ce qui peut rendre l’expérience moins agréable.

 

Un restaurant très local

A deux pas du parc naturel de Namtok Phlio, la Pu Nim Farm est un petit restaurant très couru des locaux, qui s’y précipitent pour en déguster les spécialités de crabe.

Mangroves de la riviere Welu

Atteindre le restaurant est déjà toute une expédition en soi, a fortiori pour qui ne lit pas le Thaï. Munis d’un GPS, d’un chaleureux avis d’internaute et d’un nom plein de promesses, nous traversons quelques villages de campagne, avant d’être conduits en direction d’une route étroite et fort peu entretenue. Nous débouchons finalement sur une grande étendue d’eau. La route s’arrête net, d’ailleurs, sur une sorte de terrain vague où un très très vieil homme au torse cuivré et fripé s’active avec toute la vitesse de son âge avancé, pour nous aider à garer notre véhicule. Un peu désorientés, on s’équipe de ketchup (rapport aux enfants qui mangeront du riz au ketchup s’ils n’aiment pas le crabe) et on abandonne la voiture.

Pu Nim Farm - Carte Google Map
  Sources – Google Map

Quelques panneaux amateurs aux couleurs trop vives représentent des plats bien garnis et appétissants. Mais pas de restaurant en vue. Rien d’ailleurs, en dehors d’un vendeur de durians et d’un ponton peu académique, auquel est amarré un grand canot à moteur. Munis de la photo du restaurant sur l’IPhone, nous nous approchons du batelier et bredouillons dans notre meilleur thaï: « Pu Nim Farm? Pu Nim Farm? »… Oui, bon, je sais, ce n’est pas glorieux… D’un sourire avenant, l’homme nous fait signe de nous installer dans l’embarcation. Les enfants sautent de joie et ne se le font pas répéter deux fois!

En route pour la Pu Nim Farm

 

Au milieu des mangroves: la Pu Nim farm

Le bateau part aussitôt et commence à s’enfoncer dans un bras de l’estuaire de la rivière Welu. L’environnement est magnifique. Le plan d’eau est large, calme, et d’un bleu limpide. Il est bordée de mangroves aux couleurs profondes, et dont les puissantes racines dépassent, çà et là. Les mangroves poussent généralement dans une eau mi douce, mi salée. Avec les enfants, nous nous amusons à la gouter… C’est bien ça! Notre intuition était la bonne!

Nous dépassons des zones conchylicoles et piscicoles. Les activités du bord du fleuve semblent être régulièrement implantées, mais limitées à des périmètres familiaux. Aucun signe d’une industrie extensive en tout cas, ce qui confère à ce bras de rivière un caractère paisible et isolé.

Zone Conchilicole

Nous atteignons le restaurant, un gros édifice de bois, juché sur pilotis. Bien qu’il soit presque trois heures de l’après-midi, nous sommes étonnés d’y trouver encore de nombreuses groupes de gourmands, toujours attablées. C’est signe que la nourriture doit être bonne! L’établissement est très vaste. Nous choisissons une salle qui donne sur la rivière et les mangroves. La table de bois massif sur lequel on nous installe est énorme. Elle pourrait accueillir cinq familles comme la nôtre!

Pu Nim Farm

On mande pour nous LE serveur un peu anglophone, qui nous commente le menu à grand renfort de photos prises de son téléphone portable. Le restaurant est spécialisé dans le crabe, donc crabe ce sera! Du crabe à la vapeur, un curry de soft shell crab, et du soft shell crab frit, avec du riz pour ceux qui aiment. Le soft shell crab -crabe à carapace molle, donc- est en fait un crabe qui vient de muer, et que l’on peut du coup consommer entièrement, carapace comprise.

Plats de Crabe a la Pu Nim Farm

 

Un vrai délice

Tous les plats sont exquis. C’est la première fois que nous mangeons du soft shell crab (Pu Nim). Frit, l’extérieur est croustillant et l’intérieur savoureux de moelleux et de gouts marins. En curry, on sent une carapace, un peu plus fine que celle d’une crevette. Elle craque sous la dent mais ne dérange pas la dégustation. La sauce est divine. Même Petit-Un, pourtant très soupçonneux des nourritures inconnues, se régalera de riz sauce curry. Mieux encore, il demande à goûter au crabe vapeur, qu’il adorera! C’est une grande victoire pour lui que d’essayer deux saveurs et deux textures nouvelles en un seul repas!

Le repas tire sur sa fin. Et si nous allions explorer les lieux?… Petit-Deux, qui vient de se faire offrir une glace, nous fait comprendre qu’il ne quittera jamais la table avant d’avoir entièrement terminé son dessert. On ne rigole pas avec la nourriture! Papa-Tout-Terrain part avec Petit-Un. A l’arrière du restaurant, ils repèrent un grand bassin grouillant d’énormes poissons, qu’ils nourrissent de menu fretin. Ils dépassent ensuite les cuisines et réalisent que la Pu Nim Farm s’étend sur une très grande surface. Le lieu est en réalité un véritable petit village, sur pilotis. Des familles entières y vivent et y travaillent. Au détour d’un ponton, ils y découvriront même un gros cochon, absorbé dans une profonde sieste entre deux piles d’assiettes! C’est très amusant de se retrouver ainsi au cœur de ce quotidien lacustre et rural!

Mangroves de la riviere Welu

Il est temps de retourner à la voiture et poursuivre notre route. Nos estomacs sont bien remplis. Le soleil est un peu moins haut. Nous n’en trouvons les mangroves que plus belles, sur le chemin du retour!

 

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Le Parc National Namtok Phlio – Chanthaburi

 

Le Parc Namtok Phlio en Pratique

  • Coordonnées GPS: 12°31’40.5″N 102°10’45.9″E
  • Prix adulte: 200 THB pour les étrangers. Pas de « prix Thaï » pour les étrangers résidents.
  • Prix enfant: 100 THB. Petit-Un, 5 ans, a payé. Petit-Deux, 3 ans, était gratuit -décision au jugé visuel par la vendeuse de tickets.
  • Ouverture de 7h à 17h.
  • Durée de l’activité: entre une bonne heure pour voir le principal et une journée pour une balade étoffée suivie d’une baignade paisible au milieu des poissons.
  • Précautions: bien s’équiper pour la balade, d’autant que le chemin est peu fréquenté (eau, répulsif moustique, chaussures fermées et pantalons, bâton de rando)

La découverte des lieux

C’est le week-end. Nous arrivons au Parc Naturel de Namtok Phlio en milieu de matinée. Il fait déjà très chaud et très humide, mais il semble que beaucoup des visiteurs n’aient pas encore commencé leur journée, car le parking est encore presque vide.

Une fois n’est pas coutume, on se gare à l’extérieur de la réserve naturelle et l’on n’y pénètre qu’à pied. Google Map ne propose qu’un seul accès, mais il existe en réalité six entrées au parc, qui correspondent chacune à une balade, et souvent à une cascade. Faute de mieux, j’ai photographié la carte affichée sur le site. Elle nous permettra de mieux nous orienter si nous revenons!

Plan du Parc National de Namtok Phlio

Pour rejoindre la cascade « Phlio », trois options s’offrent à nous:

  • Une route goudronnée et droite d’environ 500 mètres, avec dénivelé d’environ 100 mètres
  • Un « nature trail » à travers la jungle, pour profiter de la nature et peut-être découvrir la faune locale
  • Une voiturette de golf pour relier la cascade via la route goudronnée, sans se fatiguer

Plan d'acces a Namtok Phlio

Petit-Un et Petit-Deux tentent sans succès de me convaincre que la voiture de golf est le meilleur choix. Papa-Tout-Terrain est dans un état proche du liquide, à cause de l’humidité, et me laisse décider. Je choisis la voie la plus difficile, celle qui doit mener au paradis: le « nature trail« . Petit-Deux a des chaussures fermées et j’ai des chips dans le sac: nous sommes bien équipés!

Plan du Nature Trail - Namtok Phlio

 

En route sur le Nature Trail

Le sentier commence sur un petit pont qui enjambe le bas de la cascade. L’eau est transparente et regorge de gros poissons aux couleurs sombres. Une famille locale en visite s’est déjà installée, fesses dans l’eau, bien décidée à profiter de la fraicheur des lieux. Ça donne envie! Vivement qu’on arrive au sommet! Les enfants tentent de négocier un plongeon sans balade. Refus parental. On se baignera quand on sera en haut… mais bien tenté!

Poissons et Visiteurs - Namtok Phlio

Dès le début, ça monte dur! Puis ça descend dur! Puis ça remonte. Le chemin est assez irrégulier, avec beaucoup de pierres instables. Pas facile pour les enfants, mais ils sont vaillants. Papa-Tout-Terrain regrette d’avoir oublié son bâton de rando, pour nous protéger des serpents. Il s’en taille un, de fortune, dans le corps d’un bambou. Les enfants veulent aussi le leur. Papa-Tout-Terrain sait toujours trouver de bons bâtons: une fois de plus, il assume sa tâche avec succès. Les garçons sont ravis et tâtent le terrain de leur bout de bois. Ils tâtent tant et tant que ça n’avance plus. Nous devons nous fâcher et les menacer de confiscation pour remettre la marmaille en route.

La végétation alterne, suivant l’altitude. En bas, près de la cascade, les végétaux sont sombres, vivaces et touffus, comme dans la jungle. Des lianes tombent sur le chemin. Cela plait beaucoup à Petit-Un, qui nous demande de l’appeler « Spiderman ». Lorsque l’on s’élève, on pénètre dans des forêts de bambous, épaisses, mais lumineuses et sèches. Le sol est rendu glissant par le tapis de feuilles desséchées qui jonche le sol. Petit-Deux trébuche plusieurs fois. Il commence à bougonner. A la chute suivante, je crie, joviale: « Banana Man! ». Curieusement, ça lui plait énormément. Il continuera toute la promenade avec fierté, au cri de « Banana Man », sans plus se plaindre ni se décourager! Par crainte de voir son titre perdre en valeur, Petit-Un se rebaptise alors « Spiderman Man ». Et ça marche aussi pour le faire avancer.

Nature Trail - Namtok Phlio

Les zones de bambous sont superbes, presque aussi belles que les forets que j’avais traversées en Chine. Malheureusement, zone « bambou » ou zone « jungle », il y a pas mal de moustiques et j’ai oublié les répulsifs. Je commence à m’inquiéter. Autre point pas très rassurant, depuis une demi-heure que nous sommes partis, nous n’avons croisé aucun promeneur. Nous savons que les zones peu fréquentées augmentent les risques de rencontrer des serpents. Nous sommes d’autant plus prudents mais regrettons de ne pas mieux nous être équipés. Il faut dire que rien de ce que j’avais lu à propos de ce parc ne laissait présager un environnement aussi sauvage. Heureusement tout de même, nous avons apporté de l’eau à profusion… et tant mieux, car il fait très chaud et l’on sent que l’on se déshydrate vite!

 

… Et on fait demi-tour…

Le chemin rejoint la cascade. Il faut traverser à gué, sur de gros rochers. C’est beau. Mais ça devient difficile. L’autre côté, avec une paroi pierreuse qui remontre presque à pic est même carrément impraticable. Une corde est sensée aider les promeneurs à se tracter vers le haut. Il n y a que six ou sept mètres à grimper, mais c’est trop risqué pour des enfants qui ne seraient pas le croisement d’Indiana Jones et de Lara Croft. A regret, nous rebroussons chemin. En fait, Papa-Tout-Terrain est plutôt content parce qu’il avait très très chaud. Pour le principe, « Banana Man » et « Spiderman Man », qui avaient jusqu’alors râlé pour rebrousser chemin, protestent qu’ils voudraient continuer la balade.

Nous avons eu chaud en ballade - Namtok Phlio

Nous retrouvons le point de départ, à côté du bas de la cascade et des poissons. Je propose de prendre la route goudronnée pour nous rendre aux chutes d’eau. Les garçons, à qui on a déjà fait le coup une fois, refusent en bloc l’argument de « On nagera avec les poissons quand on aura fini la promenade qui mène aux chutes d’eau! », malgré mon ton enthousiaste. J’interroge Papa-Tout-Terrain du regard. « Comme tu veux… » lance-t-il avec un vague sourire et la tête d’un mec qui va demander le divorce si je lui demande de faire un pas de plus. Je rends les armes. On laisse tomber les chutes d’eaux et on s’arrête aux premiers poissons venus.

 

Barbotage avec les poissons des cascades

Je mets les enfants en slip. Petit-Deux proteste que moi je ne suis pas en culotte et qu’il veut aussi porter un short. On compare la taille de nos jambes et je lui explique que vu la petite taille des siennes, il a tout intérêt à opter pour le slip s’il veut entrer un minimum dans l’eau. Il est sensible à mon argument. Au début, nous faisons bien attention de ne pas mouiller nos vêtements. Les énormes poissons noirs sont partout. De leur queue, ils nous caressent nonchalamment les jambes. Quelques menus fretins nous mordillent les pieds.

Petit-Deux et les Poissons

Très vite, Petit-Un se laisse emporter par son envie irrépressible d’attraper les poissons. Il se jette dans l’eau, glisse, et se relève trempé. Petit-deux suit son exemple. S’ensuit une longue séance de poursuites marines, dont Petit-Un sort bredouille. Il se plaint de ce que les animaux sont trop rapides pour lui et me demande de les lui attraper. Il est déçu quand je lui explique que moi aussi je suis trop lente et conclut que la prochaine fois il apportera une canne à pêche.

Petit-Un et les Poissons

Le soleil tape dur et la faim commence à nous tenailler. Les visiteurs du parc sont désormais très nombreux, et il devient difficile de trouver des emplacements libres, dans l’eau. Nous prenons la direction d’un curieux restaurant dont j’ai entendu parler, et auquel on n’accède que par bateau: la Pu Nim Farm.

Je repars un peu frustrée de notre visite du parc national de Namtok Phlio. Notre balade a été écourtée et nous n’avons pas vu les chutes d’eau. J’ai cependant beaucoup aimé notre –trop courte- promenade. Papa-Tout-Terrain beaucoup moins. Il a eu trop chaud et n’était pas rassuré de n’avoir pas croisé d’autres promeneurs. Les enfants quant à eux ont adoré la baignade au milieu des poissons, et auraient bien fait durer le plaisir… J’espère que nous reviendrons, ne serait-ce que pour profiter des chutes d’eau, cette fois-ci!

 

En bref – Activités au Parc Namtok Phlio

  • Nature Trail: 1,2 kilomètre. La durée de la promenade est évaluée à 45 minutes sur les panneaux d’information du parc. A mi-chemin, nous avons jugé le sentier impraticable pour des enfants. Ouvert de 7h à 16h.
  • Chutes d’eau Phlio: à 500 mètres de l’entrée, on peut les relier via une route goudronnée. Possible location de voiturettes de golf pour les personnes à faible mobilité.
  • Cinq autres randonnées sont possibles dans le parc naturel de Namtok Phlio, par des entrées différentes.

 

 

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Le Trésor du Musée Maritime – Chanthaburi

De passage à Chanthaburi, nous sommes tombés par hasard sur un dépliant publicitaire qui recommandait le fort de Noen Wong (Noen Wong Fort), et mentionnait la présence d’un musée maritime attenant. Pas un mot en revanche de notre guide. Nous nous y sommes rendus tout de même, un peu à l’aveugle, et n’avons pas regretté le détour!

 

Le fort de Noen Wong (Noen Wong Fort)

Les enfants traînent les pieds pour sortir de la voiture. Ils préfèreraient continuer à jouer avec leur nouvelle collection de coquillages, « récoltés » dans un restaurant de Chao Lao Beach.

Nous commençons par un tour des fortifications. De la forteresse de Noen Wong, il reste une sorte de tour de guet qui n’a pas l’air d’époque, mais surtout une imposante enceinte en brique, défendue par des canons régulièrement espacés. Le fort a été construit vers le début du XIXème siècle par le Roi Rama III, pour défendre le Royaume de Siam contre les invasions du Royaume du Vietnam. Datés de la même période, les canons sont visiblement importés d’Occident, ce qui n’est pas très étonnant vu les relations qui liaient alors le Siam avec les Etats Unis et la Grande-Bretagne. Petit-Un est très impressionné par les explications de Papa-Tout-Terrain, quant à l’utilisation du canon. Il répétera plusieurs fois la manœuvre de mise à feu.

Les canons du fort de Noen Wong

 

Le Musée Maritime (National Maritime Museum) de Chanthaburi

Autant l’extérieur du bâtiment ne paie pas de mine, autant le contenu du musée nous aura éblouis. La salle la plus impressionnante reconstitue une jonque Thaï traditionnelle, à taille réelle. Le bâtiment de bois sombre (traditionnellement en tek) était semble-t-il destiné au négoce. Comme sur les bateaux du sud de la Chine, de gros yeux sont peints sur la coque. Dans la croyance, ils protègent l’embarcation et lui permettent de « voir » les dangers.

Yeux sur la coque d'une jonque Thai

Par des ouvertures ménagées dans les flancs du bateau, nous découvrons les cales, qui regorgent de denrées exotiques et de liquides conservés dans des sortes d’amphores. Nous dépassons les cabines de l’équipage. Elles abritent dont un type en train de mourir d’une flèche d’Indien d’Amérique dans le ventre. Dieu soit loué, les enfants ne le remarquent pas. De là, des escaliers raides mènent sur le pont.

A l’étage, la reconstitution est fascinante. La plate-forme est envahies de cordages. En levant le bras, on peut toucher les « voiles », retenues par des sortes de nattes de bambous tressées, et qui se replient en accordéon, suivant de grandes lattes horizontales. Le pont est beaucoup moins plat que ce à quoi je m’attendais et les rebords ne sont pas bien hauts. Pas très sympa en cas de tempête! Les enfants se mettent à la barre et aident un moussaillon-mannequin à procéder à des manœuvres compliquées, pour la photo.

Les cales d'une jonque Thai

 

Vestiges marins et artisanat thaï

Un peu plus loin, une autre salle reconstitue des fouilles archéologiques maritimes. La scène s’observe depuis deux étages distincts, l’un pour la partie émergée, l’autre pour la partie sous-marine. Nous examinons les (faux) plongeurs contemporains fouiller les restes de la coque d’un bateau, envahis de coraux et d’animaux marins. Autour de ces thématiques, des activités à destination des enfants proposent de reconnaître à l’aveugle de (faux) objets anciens, extraits des restes de l’embarcation exposée: vases, cordages, tessons d’amphores… Les enfants sont encore un peu petits, mais je suis ravie de pouvoir leur proposer une première introduction aux principes de l’archéologie!

La suite du musée présente une profusion de maquettes de bateaux de style Thaïlandais, ainsi que plusieurs d’objets régionaux. C’est intéressant mais somme toute plus classique. Au final, la visite nous aura beaucoup plu, avec la petite limite que les explications en anglais sont parfois un peu sommaires. Cela nous a laissé le loisir de l’observation et l’imagination. Et soyons réalistes: avec les enfants dans les pattes, nous avons de toute façon rarement le temps de lire les panneaux de commentaires.

 

Le long des murailles…

Nous ne partirons bien sûr pas avant d’avoir nourri les carpes du bassin du musée. Il est toujours assez fascinant de voir ces dizaines de poissons se jeter sur la nourriture en formant une masse tellement compacte que ceux « du dessus » ne touchent même plus l’eau!

Les enfants nourrisent des carpes

Nous terminons la visite en faisant le tour des murailles circulaires du fort de Noen Wong, en voiture. Les fortifications de briques et de terre, vieilles de plus de deux cent ans, ont bien résisté à l’œuvre du temps. En revanche, il ne reste presque aucun bâtiment à protéger au cœur des murailles, juste quelques plantations et visiblement un temple –que nous n’avons pas trouvé. On se demande à quoi cela pouvait ressembler à l’époque du Royaume de Siam. Çà et là, il est émouvant de constater que la végétation et la nature commencent reprendre leurs droits.

 

Les marais salants de Chanthaburi et le Bord de Mer

Sur le chemin du retour vers la maison, nous traversons la zone de marais salants de Chanthaburi. Ils ne se visitent pas, a priori, mais nous pouvons observer au passage quelques ouvriers en pleine récolte. Sur le bord de la route, des baraques proposent à la vente d’énormes sacs de sel, pour une bouchée de pain. J’utilise en ce moment un sac d’un kilo (20 baths, soit un demi euro) qui devrait nous durer un an ou deux. Je trouve amusant et étonnant de cuisiner avec cette fleur de sel non raffinée et donc grisâtre, aux cristaux bien plus grossiers que ce que l’on trouve dans le commerce. Mais bon, ça reste du sel, quoi.

Paysage de marais salants pres de Chanthaburi

 

Un peu plus loin, nous dépassons les Mangroves de Khun Kraben. Le temps est trop court pour nous y arrêter, mais nous nous promettons d’y revenir. En revanche, nous nous permettons un dernier crochet dans une ferme piscicole voisine. L’entrée y est libre. L’on n’achète que la nourriture à distribuer aux animaux de l’élevage. Lorsque l’on jette la pitance dans les cages en pleine mer, l’on ne sait jamais quel type d’animal marin va surgir. Nous découvrons de magnifiques tortues géantes. Des poissons plus ou moins gros, plus ou moins vifs… Il y a parait-il des requins, mais nous ne les avons pas trouvés. La pause n’a pas été très longue, mais c’était une détente agréable. Il faut juste faire attention aux enfants car les rambardes protègent mal d’éventuels plongeons.

Avec du recul, ce n’était malgré tout pas une bonne idée que de laisser les enfants nourrir des poissons vivants. Avec des poissons morts. L’activité a ainsi passablement « parfumé » notre gentille marmaille, avant plusieurs heures de voiture…

Ferme Piscicole pres des Mangroves de Khun Kraben

 

 


Le musée maritime de Chanthaburi en pratique

 

 

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Cascades et Poissons Facétieux à Khao Khitchakut – Chanthaburi

Tout a commencé par un début de week-end morose. Une semaine de travail difficile pour les parents, et des mois à venir qui s’annoncent pires. Un jour à vouloir se rouler en boule dès le matin devant la télé. Le truc qu’on n’a pas fait depuis bien trois ans. « On fait quoi ce week-end? », demande Papa-Tout-Terrain d’un ton pas convaincu. Je sors l’appli « Notes » de mon téléphone et reprends la liste des idées de sortie: un parc d’oiseaux vers Chachoengsao, une ferme du côté de Pattaya, le parc naturel de Khao Khitchakut près de Chanthaburi…

Chanthaburi? Papa-Tout-Terrain tend l’oreille. C’est presque à trois heures de route. Le changement de paysage pourrait nous faire du bien. Je sens son regard s’éclairer. Notre goût de l’aventure a déjà repris le dessus. Nous proposons l’excursion aux garçons qui sautent de joie. Dix minutes plus tard, on a trouvé un hôtel, fait un semblant de valise, et on saute dans la voiture.

La route passe vite, en chansons. Depuis que les enfants ont découvert les classiques français de leur âge, impossible de rouler en silence. Petit-Un adore « Mon âne… », surtout pour les « souliers li-LA-LA-LAS ». Il a une mémoire d’éléphant et connait presque tous les CD par cœur. Petit-Deux a une nette préférence pour « J’ai vu le loup, le renard et la belette », qu’il prononce « molette », comme la clé homonyme. J’ai fort à faire à passer d’une piste à l’autre, pour préserver une égalité parfaite entre les auditeurs, garantie d’un trajet serein.

 

Balade dans Khao Khitchakut

Nous dépassons les temples et la zone religieuse de Khao Khitchakut. Le pèlerinage est très couru par les Thaïs, car il n’ouvre que quelques mois dans l’année. Nous aurions bien visité les lieux par curiosité, mais nous choisissons d’éviter la foule et de rejoindre rapidement le calme de nature. Google Map nous conduit dans un chemin étroit et fort accidenté. Apres un moment de doute, on débouche dans la cour d’une très vieille dame, cassée en deux sur qui ce qui semble être une lessive. De toute évidence, nous ne sommes pas au bon endroit. Quelques tâtonnements plus tard et grâce à l’intuition de Papa-Tout-Terrain, nous arrivons à l’entrée de Khao Khitchakut qui conduit à la « Krating Waterfall« . Avant la balade, j’incite les garçons à enfiler des baskets, qui seront plus confortables pour marcher. Ils refusent et gardent leurs sandales. Bon, tant pis, c’est leurs pieds.

La balade suit les circonvolutions d’une rivière, au cœur de la jungle. Le chemin est ombragé et suffisamment fréquenté pour qu’on ne s’inquiète pas de rencontrer des animaux sauvages louches. Au fil de l’ascension, nous découvrirons neuf chutes d’eau successives. Aux niveaux inférieurs, beaucoup de Thaïs s’arrêtent pour pique-niquer, s’allonger au bord de l’eau ou faire trempette au milieu des poissons. Certains ont même installé leur tente pour camper. L’ambiance est détendue et familiale.

Khao Khitchakut - ambiance familiale

 

Autour de la cascade de Krating

Plus on monte, plus le sentier est difficile, mais les garçons se débrouillent comme des chefs. Devoir sauter et grimper de pierre en pierre rajoute du piquant à l’expérience. Petit-Deux ne réclame pas une seule fois les bras. Il gémit juste en continu, rapport aux cailloux et au sable qui s’infiltrent dans ses chaussures. C’était bien là le problème des sandales, et il avait été prévenu. A chaque fois que je le lui rappelle, beau joueur, il interrompt ses plaintes pendant au moins deux secondes.

Khao Khitchakut - Ca grimpe

A l’avant-dernière cascade, nous décidons de ne pas aller plus loin, car l’ultime section du chemin nous semble trop abrupte et dangereuse. Un peu déçus, les garçons retrouvent vite leur enthousiasme lorsqu’on leur propose de tremper les pieds dans l’eau. Nous avisons une jolie cascade, ou folâtre déjà un groupe de jeunes gens. Nos enfants sont accueillis à grand renfort d’éclaboussures et d’éclats de rire.

Devant ce petit public ébahi, un jeune homme improvise un saut périlleux depuis un plongeoir naturel, à cinq ou six mètres de hauteur. J’en frissonne. Au deuxième tour, il propose à Petit-Un (quatre ans et demi) de le suivre. Petit-Un est bien sûr ravi et n’hésite pas. Je lui rappelle qu’il ne sait ni mettre la tête sous l’eau, ni nager … et qu’il faut sauter de très haut. Après un temps de réflexion, il renonce à son projet. Ouf (soupir maternel rassuré) … Pas facile de grandir et d’apprendre à faire des choix rationnels…

Les garçons et moi avons trempé les pieds dans l’eau. Les fesses aussi pour Petit-Deux. Des poissons s’approchent et viennent nous mordiller les orteils. Ca fait hurler les enfants de rire, surtout quand il s’agit mes pieds. Eux se retirent à toute vitesse dès qu’un « requin » s’approche un peu (notez leur sens de l’hyperbole).

Poissons de Khao Khitchakut

 

Une jolie promenade, mais pas facile partout…

Nous amorçons la redescente. « Ça va pas du tout… », dramatise Petit-Deux, car des gravillons entrent dans ses chaussures maintenant humides et adhèrent à ses pieds. On s’arrête. Dépoussiérage de semelles. Polissage d’entre les orteils. J’y sacrifie la propreté de mon écharpe. On reprend. La fatigue commence à se faire sentir. On avance encore un peu avec la promesse d’une douceur à la pause suivante. On suit tous ensemble les numéros décroissants des niveaux de cascade, en se fixant des objectifs. Petit-Deux obtient finalement une place à califourchon sur mon dos, mais il aura été très vaillant, du haut de ses trois ans. Nous terminons en beauté, avec une glace à l’apéro (hum, hum, on est passés devant la glace d’abord), puis des sandwiches au thon.

La balade a beaucoup plu à tous. En réalité, elle n’est pas longue du tout: 1,2 kilomètres pour rejoindre la cascade la plus haute, d’après les panneaux de l’entrée. Mais avec l’important dénivelé, les petites pattes des enfants, et les pauses régulières, nous avons crapahuté près de trois heures. Ça reste tout à fait faisable avec des enfants (et une femme enceinte), mais il faut penser à emporter assez d’eau, bien sûr, parce qu’on est en pleine nature, que ça grimpe, et qu’il fait forcément un peu chaud.

 

Chao Lao Beach

Pour nous rafraîchir, nous optons pour une fin d’après-midi en bord de la mer. Il faut dire que nous avions déjà visité le centre de Chanthaburi deux ans plus tôt. De mémoire, nous avions aimé le calme de la balade autour de la cathédrale, et particulièrement apprécié de parcourir les ruelles du quartier historique de la communauté de Chanthaboon, qui longe la rivière. Le marché des pierres précieuses m’avait laissé un souvenir mitigé: intriguant de par ses activités fourmillantes, l’endroit était principalement fréquenté par des négociants du Moyen Orient qui me dévisageaient d’un air goguenard et soupçonneux, moi, femme de famille avec deux petits enfants accrochés à mes basques.

Nous prenons la direction de Chao Lao Beach, une plage conseillée sur un dépliant de notre hôtel. Il y a un peu de route depuis le centre de Chanthaburi, mais le paysage est joli, surtout lorsqu’on longe la côte. Nous arrivons juste pour profiter du coucher du soleil. C’est la marée basse et de nombreux Thaïs se sont dispersés sur le sable, en famille ou entre amis, pour profiter des derniers rayons du soleil. Il reste çà et là des trous d’eau dans lesquels les enfants pataugent et cherchent des coquillages et des Bernard l’Hermite. La plage est très propre et visiblement bien entretenue. Nous en profitons jusqu’à ce que la nuit tombe.

Chao Lao Beach

 

Un excellent dîner

Nous terminons la soirée dans un petit restaurant du coin, plein à craquer et visiblement couru des locaux. Leur poisson en papillote, cuit à la braise, est un délice. Je le commande sur photo, après une petite visite au cuisinier, parce que je suis bien incapable de le retrouver sur la carte en Thaï. Nous optons aussi pour de grosses crevettes et des coquillages. Les fruits de mers sont délicieusement frais et charnus. Les coquilles vernies et nacrées sont une révélation pour les enfants. Je fais plusieurs allers-retours aux lavabos pour leur en nettoyer quelques-unes (beaucoup en fait), dont ils se remplissent les poches.

Papa-Tout-Terrain prend un air boudeur, clame que je suis folle, qu’on ne prend pas les coquilles au restaurant et que lui n’ira rien laver du tout. Mais je ne le regrette pas: les garçons auront passé un repas très calme, à empiler et emboîter des coquillages, qu’ils ont ensuite rapportés à la maison et rangés parmi leurs trésors.

Poisson grille a Chao Lao Beach

 

Nous passons la nuit au Rimnaam Klangchan Hotel de Chanthaburi, bâtiment tout neuf à l’architecture moderne et élaborée. Mention spéciale pour le design de la salle de bain, et pour les éclairages particulièrement soignés. En dehors du plaisir de dormir dans une belle chambre, l’ambiance un peu compassée de l’établissement ne m’a pourtant pas parue tout à fait adaptée aux enfants, au point que nous avons éludé le temps du petit déjeuner pour ne pas trop déranger nos voisins, un poil guindés.

 


Le parc de Khao Khitchakut en pratique

  • Coordonnées GPS de l’entrée du parc (la vraie): 12.838202, 102.121095
  • Prix du ticket adulte: 200 THB pour les étrangers, 40 THB pour les Thais et residents en Thaïlande, au moment ou nous avons visite le parc. (Depuis, de nombreux parc nationaux ont change de politique refusent le tarif « thaï » a tous les étrangers, y compris residents.)
  • L’unique randonnée, qui longe la cascade de Krating, n’est pas très longue. Comptez une demi-journée pour profiter de la baignade dans la cascade avec les poissons.
  • Prévoyez toutefois d’être équipé de bonnes chaussures et d’anti-moustique en saison humide.

 

La plage de Chao Lao en pratique

  • Coordonnées GPS de la plage: 12.532074, 101.944804. (Extrémité sud.) De là on peut longer le rivage vers le nord ouest. Aux endroits où la route ne longe plus la plage, on peut retrouver la mer en prenant les chemins de traverse.
  • Coordonnées GPS du restaurant: 12.538594, 101.937490.

 

 

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