Thaïlande authentique: la côte de Chanthaburi


La zone qui longe la côte de Chanthaburi n’est pas très distante de chez nous, mais déjà très éloignée de l’atmosphère de tourisme de masse de Pattaya. C’est pourquoi nous nous y rendons volontiers pour de petits week-ends paisibles.

Après une escapade dans le parc Namtok Phlio et un somptueux et insolite repas à la Ferme Pu Nim, nous retrouvons le bord de mer. Ce soir-là, nous dormirons sur la plage bien connue de Chaolao, mais nous nous y rendons par le chemin des écoliers

 

Notre balade sur la côte de Chanthaburi:

  • Coordonnées GPS du Fort de Laem Singh: 12°28’52.7″N 102°03’44.9″E
  • Coordonnées GPS de la Plage Chaolao: 12°31’58.6″N 101°56’37.1″E

 

En route

Nous descendons le détroit de la rivière Welu pour rejoindre la mer, au niveau de l’estuaire de Laem Singh, là où la rivière Chanthaburi rejoint le Golf de Thaïlande. Cette zone est loin d’être aussi touristique que celle de Chao Lao beach, mais ses plages sont truffées de petits restaurants pour les gens du coin. Nous nous nous y sommes arrêtés quelques fois et y avons toujours passé de bons moments: une cuisine simple mais d’excellents poissons, des chaises longues dans le sable, des jeux d’enfants, et quelques co-flâneurs locaux, venus en famille, souriants et très curieux de notre progéniture. Bref, tout pour une pause simple et agréable… et pour quelques galères à commander le repas, car il ne faut pas tellement compter trouver des anglophones, dans le coin.

Laem Singh est connu pour deux bâtiments, hérités de la période de l’occupation française de Chanthaburi à la toute fin du 19e siècle: le fort de Laem Singh, ainsi que l’ancienne prison coloniale, la prison Khuk Khi Kai. Cette dernière avait été construite par les armées françaises et servait à emprisonner les opposants Thaï. Le bâtiment d’origine subsiste, a priori, mais nous ne l’avons pas trouvé.

Le fort de Laem Sing

On a bien trouvé le fort en revanche, qu’il est difficile de louper, avec ses murs d’enduit rouge. C’était le quartier général de l’armée française. Il abrite aujourd’hui un petit musée qui comporte quelques panneaux explicatifs, quelques gravures d’époque et un canon. Il est amusant de le traverser pour se faire une idée de l’architecture et de la disposition des lieux. Nous n’avions pas manqué cette occasion lors de notre précédent passage, mais là, le musée est fermé. Même Laem Singh est désert, à l’exception d’un chien qui roupille devant le fort.

Au bout de la jetée sommeille un petit village de pêcheurs. Tôt dans la journée, il grouille d’activités, de poissons et de femmes de marins. Local et coloré, il mérite un petit crochet si vous passez par la, par curiosité et pour en ressentir l’atmosphère.

 

Villages de pêcheurs et zones de pêche

A peine plus loin à l’ouest, un grand pont enjambe l’estuaire de la rivière Chanthaburi. A mesure qu’on s’y élève, on découvre le paysage environnant.

A main droite, les terres, déchirées par un immense chenal. Des villages de pêcheurs aux bateaux multicolores qui se blottissent contre les rives du cours d’eau. Des mangroves luxuriantes, aux couleurs sombres et qui dentellent les bords de l’eau. Des zones d’élevage de mollusques, de crustacés et de poissons. Les installations de pieux de bois et de filets tressés sont traditionnelles. Les méthodes et les gestes des pêcheurs sont centenaires.

Village de pecheurs depuis le pont de Laem Sing

A main gauche, le soleil déclinant se reflète sur la mer, parsemée de quelques îlots.

Papa Tout-Terrain nous abandonne, pour partir à la chasse aux photos et à la lumière. A l’arrière de la voiture, Petit-Un et Petit-Deux sont absorbés dans une partie de Batawaf. « Regardez le paysage, les enfants, regardez ce magnifique coucher du soleil et ce village de pêcheurs! » « Oh, c’est très beau! », s’exclame Petit-Un sur un ton très convaincu et très convainquant. Non seulement il n’a pas interrompu sa partie de cartes endiablée, mais il n’a même pas levé les yeux. Il excelle à l’exercice. Il a de la chance pour ce coup-ci, nous ne lui en demanderons pas plus, et même pas de descendre de la voiture pour profiter des merveilles environnantes. Déjà Petit-Deux enchaîne en ricanant: « …mais il est tout petit, ton chien, wahahahahaha! »

Je reste dans la voiture par flemme de femme enceinte et pour surveiller les enfants et pour manœuvrer le véhicule, au cas où. Bref, par flemme, quoi. Devant nous, un pick-up s’arrête et déverse une demi-douzaine de jeunes couples en goguette. Comme un seul homme, toutes les demoiselles confient leur téléphone portable à leur petit ami et se jettent sur la rambarde.

Laem Sing

Commence la séance photo. Une patte en l’air, pour mettre les jambes en valeur. Ou une main sur la joue pour affiner le visage. Ou les lèvres en cul de poule pour faire ressortir les pommettes. Ou les trois en même temps. L’œil songeur, le sourire pensif, l’une fixe l’horizon, romantique. Le regard défiant, une autre prend une pose quasi guerrière de déesse des temps modernes. Au gré des compositions, elles enfilent et quittent chapeaux et lunettes de soleil, qui pimentent et colorent leurs attitudes. Dès la fin de la mitraille, elles posteront leurs photos sur les réseaux sociaux, bien sûr. J’admire la patience des petits amis, photographes très dociles, rarement sous la lumière des projecteurs.

A chaque âge ses plaisirs… je m’amuse à l’idée que dans quelques années, comme moi, ce seront les photos de leurs enfants que partageront ces jeunes femmes, sur les réseaux sociaux.

De Laem Sing a Chaolao beach

 

Chaolao Beach

Nous continuons à longer la côte de Chanthaburi, vers l’ouest. Le trajet est un peu décevant, car de la route, on ne voit presque pas la mer. La côte n’est pas encore très développée pour le tourisme mais de petites pensions et de bungalows sommaires, destinés aux touristes Thaï, commencent à y apparaître, sans grande organisation. Nous le notons dans un coin de notre tête. Ce pourrait être une retraite paisible, rustique et économique, pour un week-end reposant.

Chaolao Beach

Nous arrivons à Chaolao beach. Le standing est très nettement supérieur. La route a été refaite: elle a deux voies, un beau marquage et sol et même une piste cyclable! Elle est bordée d’hôtels plutôt chics, aux noms qui sonnent « occidental », et dans les parkings desquels sont garées de grosses voitures polluantes. La plage est nettement plus belle, aussi: large et de sable fin et clair. Elle est assez fréquentée mais très propre, ce qui n’est pas très courant sur cette côte de Thaïlande. Nous n’y croiserons que des touristes thaïs, mais des Thaïs plutôt riches, ici.

Bords de mer a Chanthaburi

C’est très rare: l’environnement nous semble net et sécurisé, si bien que nous optons pour une baignade en mer. (Les trois conjonctivites du lendemain plaideront néanmoins pour une interprétation plus mesurée). Les enfants redécouvrent le plaisir de se baigner dans les vagues, d’être submergés par l’eau de mer. Ils en avaient oublié les sensations, depuis la dernière fois, plus d’un an auparavant. Petit-Deux n’est pas très confiant face à la force du flux et du reflux marin. Il se cramponne à moi. Petit-Un au contraire semble n’avoir peur de rien. Du coup c’est Papa-Tout-Terrain qui se cramponne à lui, pour éviter qu’il ne plonge! Nous courons dans la marée, nous éclaboussons et nous roulons dans le sable!

 

Ma honte interplanétaire

Après la plage, nous enchaînons avec un petit « plouf » dans la piscine de l’hôtel. C’est la fin de la journée et il y a énormément de baigneurs. Comme nous sommes très sableux, nous rinçons bien tous les recoins des enfants avant de les laisser entrer dans l’eau claire, vu que déjà, on ne passe pas inaperçus avec nos têtes de blonds.

Bords de mer a Chanthaburi

Nous barbotons un peu avant de réaliser que nous avons oublié les bouées dans la voiture: Petit-Un et moi-même irons les chercher. On se sèche, se chausse. Petit-Un est tellement enthousiaste qu’il est prêt avant moi. Moi, je galère à me débarrasser du sable, qui me gratte les pieds dans mes sandales. Je finis de me préparer en causant: « … Et toi, Petit-Un, ça ne te dérange pas, le sable de tes chaussures? » « Oh, non, pas du tout, ne t’inquiète pas, j’ai très bien lavé mes chaussures dans la piscine!« . Et joignant le geste à la parole, il entame une deuxième demonstr… Ahhhh! Je le prends sous le bras en vitesse et fonce cacher ma honte dans un coin sombre.

Je ne sais pas si quelqu’un nous a vus. Le sacrilège est d’autant pire que les Thaïs sont toujours très discrets et bien élevés, et ça, ça ne se fait pas du tout ici… Je suis morte de rire aussi, mais intérieurement, tout de même, parce qu’extérieurement je fais une petite leçon de morale, sympa tout de même… on va considérer que si la réalisation était discutable, le dessein n’était pas mauvais et qu’il y avait de l’idée dans l’exécution

Bords de mer a Chanthaburi

 

Repas d’anniversaire

Le soir, nous retournons dans un restaurant que nous connaissons déjà et dont j’avais adoré le poisson grillé. Vous pouvez d’ailleurs demander à Papa-Tout-Terrain, c’est limite si je n’ai pas organisé cette sortie de 600 kilomètres pour manger ce poisson-là. Et même que je lui en ai rebattu les oreilles tout le chemin aller. On va compter ça dans les envies de femme enceinte.

Le serveur arrive. Il parle quelques mots d’anglais. Je déterre ma photo de poisson de la dernière fois et la lui mets sous le nez, avec exaltation. Un immense sourire fend son visage. Il s’exclame: « Mais, je le connais, c’est mon patron!« . Il fera une tête sacrement déçue quand je lui dirai que ce que je veux, ce n’est pas le patron, c’est le poisson!

Poisson grille a Chao Lao Beach

Nous terminons la journée en fêtant les cinq ans de Petit-Un. Si, en Thaïlande, la nourriture est exquise, les gâteaux qu’on y trouve vont généralement du médiocre à l’insipide. Le fondant au chocolat est donc de confection maison. Je l’ai préparé amoureusement la veille, à l’aide de vingt petits doigts avides de lécher le plat.

Et même que ce matin, Papa-Tout-Terrain a fait une drôle de tête un peu accablée quand j’ai chargé mon dessert dans la voiture, sous un énorme emballage de protection, et avec tout un attirail de décorations en sucre et autres bougies.

On s’apprête à servir le gâteau. Ça tombe mal, non seulement la chambre est non-fumeur, mais en plus elle est truffée de capteurs de fumée. Il faut dire que l’hôtel est tout de bois. Ce n’est pas un endroit pour un anniversaire! Dehors, un gros orage se rapproche, poussé par un vent vigoureux. Là, les bougies ne tiendront jamais si on sort. En catimini, le gâteau à la main, nous nous réfugions dans un bout de couloir éloigné des systèmes d’alarme incendie, et avec une ventilation sur l’extérieur. A toute vitesse, nous chuchotons un « Joyeux Anniversaire » à Petit-Un, fier comme un paon. Il souffle les bougies. Malheur, elles se rallument. Oh oui, c’est vrai, je voulais justement faire découvrir les bougies farceuses aux enfants… Papa-Tout-Terrain me jette un regard un peu furibond quand même et éteint les bougies avec les doigts. Nous rentrons à pas de loup dans la chambre! Petit-Un sourit jusqu’aux oreilles! Ce n’était pas un anniversaire classique, mais c’était un très bel anniversaire, tout de même!

 

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Le Trésor du Musée Maritime – Chanthaburi

De passage à Chanthaburi, nous sommes tombés par hasard sur un dépliant publicitaire qui recommandait le fort de Noen Wong (Noen Wong Fort), et mentionnait la présence d’un musée maritime attenant. Pas un mot en revanche de notre guide. Nous nous y sommes rendus tout de même, un peu à l’aveugle, et n’avons pas regretté le détour!

 

Le fort de Noen Wong (Noen Wong Fort)

Les enfants traînent les pieds pour sortir de la voiture. Ils préfèreraient continuer à jouer avec leur nouvelle collection de coquillages, « récoltés » dans un restaurant de Chao Lao Beach.

Nous commençons par un tour des fortifications. De la forteresse de Noen Wong, il reste une sorte de tour de guet qui n’a pas l’air d’époque, mais surtout une imposante enceinte en brique, défendue par des canons régulièrement espacés. Le fort a été construit vers le début du XIXème siècle par le Roi Rama III, pour défendre le Royaume de Siam contre les invasions du Royaume du Vietnam. Datés de la même période, les canons sont visiblement importés d’Occident, ce qui n’est pas très étonnant vu les relations qui liaient alors le Siam avec les Etats Unis et la Grande-Bretagne. Petit-Un est très impressionné par les explications de Papa-Tout-Terrain, quant à l’utilisation du canon. Il répétera plusieurs fois la manœuvre de mise à feu.

Les canons du fort de Noen Wong

 

Le Musée Maritime (National Maritime Museum) de Chanthaburi

Autant l’extérieur du bâtiment ne paie pas de mine, autant le contenu du musée nous aura éblouis. La salle la plus impressionnante reconstitue une jonque Thaï traditionnelle, à taille réelle. Le bâtiment de bois sombre (traditionnellement en tek) était semble-t-il destiné au négoce. Comme sur les bateaux du sud de la Chine, de gros yeux sont peints sur la coque. Dans la croyance, ils protègent l’embarcation et lui permettent de « voir » les dangers.

Yeux sur la coque d'une jonque Thai

Par des ouvertures ménagées dans les flancs du bateau, nous découvrons les cales, qui regorgent de denrées exotiques et de liquides conservés dans des sortes d’amphores. Nous dépassons les cabines de l’équipage. Elles abritent dont un type en train de mourir d’une flèche d’Indien d’Amérique dans le ventre. Dieu soit loué, les enfants ne le remarquent pas. De là, des escaliers raides mènent sur le pont.

A l’étage, la reconstitution est fascinante. La plate-forme est envahies de cordages. En levant le bras, on peut toucher les « voiles », retenues par des sortes de nattes de bambous tressées, et qui se replient en accordéon, suivant de grandes lattes horizontales. Le pont est beaucoup moins plat que ce à quoi je m’attendais et les rebords ne sont pas bien hauts. Pas très sympa en cas de tempête! Les enfants se mettent à la barre et aident un moussaillon-mannequin à procéder à des manœuvres compliquées, pour la photo.

Les cales d'une jonque Thai

 

Vestiges marins et artisanat thaï

Un peu plus loin, une autre salle reconstitue des fouilles archéologiques maritimes. La scène s’observe depuis deux étages distincts, l’un pour la partie émergée, l’autre pour la partie sous-marine. Nous examinons les (faux) plongeurs contemporains fouiller les restes de la coque d’un bateau, envahis de coraux et d’animaux marins. Autour de ces thématiques, des activités à destination des enfants proposent de reconnaître à l’aveugle de (faux) objets anciens, extraits des restes de l’embarcation exposée: vases, cordages, tessons d’amphores… Les enfants sont encore un peu petits, mais je suis ravie de pouvoir leur proposer une première introduction aux principes de l’archéologie!

La suite du musée présente une profusion de maquettes de bateaux de style Thaïlandais, ainsi que plusieurs d’objets régionaux. C’est intéressant mais somme toute plus classique. Au final, la visite nous aura beaucoup plu, avec la petite limite que les explications en anglais sont parfois un peu sommaires. Cela nous a laissé le loisir de l’observation et l’imagination. Et soyons réalistes: avec les enfants dans les pattes, nous avons de toute façon rarement le temps de lire les panneaux de commentaires.

 

Le long des murailles…

Nous ne partirons bien sûr pas avant d’avoir nourri les carpes du bassin du musée. Il est toujours assez fascinant de voir ces dizaines de poissons se jeter sur la nourriture en formant une masse tellement compacte que ceux « du dessus » ne touchent même plus l’eau!

Les enfants nourrisent des carpes

Nous terminons la visite en faisant le tour des murailles circulaires du fort de Noen Wong, en voiture. Les fortifications de briques et de terre, vieilles de plus de deux cent ans, ont bien résisté à l’œuvre du temps. En revanche, il ne reste presque aucun bâtiment à protéger au cœur des murailles, juste quelques plantations et visiblement un temple –que nous n’avons pas trouvé. On se demande à quoi cela pouvait ressembler à l’époque du Royaume de Siam. Çà et là, il est émouvant de constater que la végétation et la nature commencent reprendre leurs droits.

 

Les marais salants de Chanthaburi et le Bord de Mer

Sur le chemin du retour vers la maison, nous traversons la zone de marais salants de Chanthaburi. Ils ne se visitent pas, a priori, mais nous pouvons observer au passage quelques ouvriers en pleine récolte. Sur le bord de la route, des baraques proposent à la vente d’énormes sacs de sel, pour une bouchée de pain. J’utilise en ce moment un sac d’un kilo (20 baths, soit un demi euro) qui devrait nous durer un an ou deux. Je trouve amusant et étonnant de cuisiner avec cette fleur de sel non raffinée et donc grisâtre, aux cristaux bien plus grossiers que ce que l’on trouve dans le commerce. Mais bon, ça reste du sel, quoi.

Paysage de marais salants pres de Chanthaburi

 

Un peu plus loin, nous dépassons les Mangroves de Khun Kraben. Le temps est trop court pour nous y arrêter, mais nous nous promettons d’y revenir. En revanche, nous nous permettons un dernier crochet dans une ferme piscicole voisine. L’entrée y est libre. L’on n’achète que la nourriture à distribuer aux animaux de l’élevage. Lorsque l’on jette la pitance dans les cages en pleine mer, l’on ne sait jamais quel type d’animal marin va surgir. Nous découvrons de magnifiques tortues géantes. Des poissons plus ou moins gros, plus ou moins vifs… Il y a parait-il des requins, mais nous ne les avons pas trouvés. La pause n’a pas été très longue, mais c’était une détente agréable. Il faut juste faire attention aux enfants car les rambardes protègent mal d’éventuels plongeons.

Avec du recul, ce n’était malgré tout pas une bonne idée que de laisser les enfants nourrir des poissons vivants. Avec des poissons morts. L’activité a ainsi passablement « parfumé » notre gentille marmaille, avant plusieurs heures de voiture…

Ferme Piscicole pres des Mangroves de Khun Kraben

 

 


Le musée maritime de Chanthaburi en pratique

 

 

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