Goût d’Antan au Marché de Ban Mai – Chachoengsao


Nous adorons flâner sur les marchés en Thaïlande! Pas pour le shopping, non, mais pour l’atmosphère animée, la foule qui grouille, le foisonnement des couleurs et des odeurs, pour les vieilles dames qui discutent au lieu de faire leurs achats et les petits enfants qui siestent derrière les étalages de leurs grand-mères, en deux mots, pour ces tranches de vies entr’aperçues, et qui donnent corps à ce pays que nous aimons.

Seul Petit-Un a bien tiré son épingle du jeu, le week-end dernier, entre les 40 de fièvre de Petit-Deux, le travail accaparant de Papa-Tout-Terrain et mes petites fatigues de grossesse. Du coup, nous avons décidé de faire tout doux, et nos pas nous ont menés en direction de l’agréable et traditionnel marché de Ban Mai, dans la province de Chachoengsao.

 

Le marché de Ban Mai en Pratique:

  • Ban Mai River Side Market ou Rim Nam 100 Year Market
  • Coordonnées GPS: 13°41’52.0″N 101°05’28.1″E
  • Prix: Entrée gratuite. Repas bon marché (50-100 THB par personne)
  • Ouverture le week-end et les jours fériés

 

Un bond de cent ans en arrière

Le marché de Ban Mai a été construit au bord de la rivière Bang Pakong par des colons chinois, vers la fin du dix-neuvième siècle. Depuis lors, toute une communauté de marchands y a vécu et prospéré, et curieusement, c’est comme si le temps avait glissé sur ces grands bâtiments de bois, sans les affecter ou presque. Quand on y pénètre, on croit y retrouver les couleurs d’antan, les odeurs des friandises d’hier, et les mêmes craquements centenaires des planches de tek, patinées par les ans.

 

L’Incident

L’endroit est magnifique. Je suis excitée par les découvertes qui s’offrent à nous.

Par une conséquence bien naturelle, c’est justement le moment que choisit Petit-Deux pour nous informer qu’il doit faire pipi tout de suite. On essaye de parler d’autre chose pour voir si ça passe, mais il a l’air vraiment sérieux. Je le prends sous le bras histoire d’accélérer et d’éviter le drame. Je traverse la moitié des lieux au pas de course. Super pour la découverte! C’est encombré et je suis moi-même encombrante, entre Petit-Deux à la main et mon physique ventru. Je ne trouve nulle part de pictogramme ou de panneau correspondant à ma recherche. Petit-Deux maintient la pression en me rappelant que c’est vraiment pressé. Je transpire un peu.

Marché de Ban Mai

Dans un coin sombre et passablement à l’écart, un écriteau fait main m’inspire confiance. Je m’adresse en anglais à une vielle dame qui ne me comprend pas. Elle me répond en thaï en agitant une pièce de monnaie. Je la paye dans trop savoir ce pourquoi je paye. Enfin si, je paye pour voir, comme au Poker. La dame me désigne l’entrée de sa maison, puis se désintéresse de moi. J’entre à pas de loup: c’est bizarre d’entrer ainsi chez une inconnue. Les antiques lieux sont équipés de trois cabines de toilettes. Hourra!

Petit-Deux fait une goutte et est prêt à repartir. Ça valait bien le coup! Je remercie chaleureusement la vieille dame qui, entre-temps a entamé son petit déjeuner de riz et de légumes. Elle me dit un long truc en postillonnant un peu parce qu’il lui manque des dents. Je demande à Petit-Deux s’il a compris. Il me dit que oui, mais ne me dit pas quoi. Bon, on fera sans. Un dernier sourire et un petit mot gentil pour la dame. On y retourne.

 

Flâneries

La plupart des boutiques sont très sommaires: une table ou quelques tréteaux dressés dans la grande allée du marché. En retrait, on aperçoit des pièces de vie, abritées derrière des paravents mobiles. On voit des petits enfants y faire leurs devoirs et des familles y partager leur repas. D’autres arrière-boutiques ont été aménagées en restaurants, en magasins ou en petites salles d’exposition. Nous découvrons même une échoppe de barbier! Un paradis pour les curieux et pour les photographes!

Arriere-boutique du marche de Ban Mai

Ce n’est habituellement pas mon truc, mais même pour un petit shopping, l’endroit est agréable. Dans une boutique spécialisée dans les objets en fer-blanc, nous faisons l’acquisition d’une gamelle thaïe traditionnelle pour emporter son repas. Elle est équipée de trois niveaux de récipients superposés: l’un pour le riz et les deux autres pour des plats d’accompagnement. Notre nounou nous confirmera qu’il s’agit d’une vraie, comme celle qu’elle utilisait quand elle était petite.

Gamelle Traditionnelle Thai

Un peu plus loin, le marché de Ban Mai est scindé en deux par un bras de la rivière qu’enjambe un petit pont. Enthousiasme des enfants. Quelques jolies photos. On y découvre aussi une pratique païenne surprenante: il s’agit de remettre à l’eau des poissons, via une sorte de gouttière… L’action est sensée nous porter fortune. Nous renonçons à la fortune, l’activité n’étant tout de même pas très sympa pour les pauvres poissons.

En contrebas, l’on peut louer des canots taillés dans des troncs d’arbre, pour une balade en eau douce. Les embarcations n’ont l’air ni assez larges ni assez sécurisées pour que nous ne tentions l’aventure avec les enfants. Mais ça a l’air sympa! Nous passons notre tour et retournons à nos découvertes.

 

Gourmandises

Des éventaires aux restaurants, le marché de Ban Mai est truffé de tentations gastronomiques, tant parfumées que visuelles. Des gaufres, des biscuits, des puddings au lait de coco… Nous repérons même plusieurs friandises que nous ne connaissions pas. Beaucoup de mets rivalisent de par leurs aspects esthétiques. Nous en retiendrons en particulier des bouchées de viande modelées pour ressembler à d’adorables canetons ainsi que des figurines en forme de mini légumes, faites de pâte de haricot sucrée.

Marché de Ban Mai

La tentation est trop forte et les enfants n’y tiennent plus! Par dérogation –et pour que les grands puissent se promener encore un peu- ils obtiennent le droit de choisir une douceur chacun. Petit-Deux opte pour un épi de maïs, son pécher mignon. Petit-Un choisit du riz gluant à la mangue (sans mangue). Ça n’est pas très pratique à manger, alors Papa-Tout-Terrain l’aide en lui donnant la béquée… sans doute un peu trop vite à son goût, car notre ainé s’exclame, visiblement froissé: « S’il te plait, tu attends pour que mon ventre il respire! »

 

Petite halte au restaurant

Nous choisissons finalement de jeter notre dévolu sur un restaurant du bord de l’eau, spécialisé dans les raviolis vapeurs. L’endroit est tellement couru qu’il nous faut réserver une table pour vingt minutes plus tard. La commande est poussive: il n’y a pas de serveur anglophone et une feuille A6 plastifiée, en thaï et sans photos, fait office de carte. On commande en montrant ce qui nous plaît des tables voisines. La serveuse complètera gentiment en prenant l’initiative de petits accompagnements. Nous avons bien fait d’attendre, ce repas est simple et excellent!

Raviolis a la vapeur

Nous devisons gaiement en mangeant. Les enfants en profitent pour revenir sur un sujet récurrent ces temps-ci: le bébé qui arrive. Ca y est, d’ailleurs, Petit-Un nous informe qu’il s’est décidé: il appellera sa petite sœur « Goût Fraise ». Petit-Deux, lui, penche plutôt pour « Morgane »… c’est certes plus raisonnable, mais je crois qu’on lui a vraiment trop fait écouter Renaud!

Nous ne nous éterniserons pas au restaurant… les gourmands suivants attendent déjà devant l’entrée! Le marché de Ban Mai nous a beaucoup plus, mais de notre côté, il d’ailleurs est temps de rentrer à la maison, pour une grande sieste familiale!

 

Mise à jour de dernière minute… Après quelque jours de réflexion, Petit-Deux nous a annoncé hier soir qu’il était finalement ok pour « Goût Fraise ».

 

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