Dimanche, nous irons voter « pour »…

Il y a seize ans, quand j’ai commencé à étudier le mandarin, je demandais à tous les Chinois qui passaient leur opinion de la vie dans un pays non démocratique. (J’étais bien naïve.) Je les trouvais plutôt réservés sur les questions politiques. Tout en nuances.

Je me souviens d’un jeune homme à qui il semblait préférable que les Chinois ne votent pas. Parce qu’ils manquaient de culture politique. Et que, pour sûr, si on leur laissait le choix, ils éliraient pour Président un chanteur.

Et puis cette femme qui m’avait fait remarquer que les Français ne pouvaient pas s’empêcher d’avoir un avis sur tout. Alors que la Chine ne jugeait pas la démocratie française, elle.

 

Mais en réalité, en Chine, on ne parle jamais vraiment de politique.

Il y a treize ans, quand je suis partie vivre à Shanghai, j’entendais parfois la respiration d’un fonctionnaire qui écoutait mes conversations, quand j’appelais ma famille. Les colis que je recevais par la Poste étaient fouillés avant livraison. Et les autorités confisquaient fréquemment des objets au passage.

Il y a douze ans, pour la mort de Zhao Ziyang –qui avait soutenu les manifestants au moment de Tian An Men- la diffusion de TV5, la télévision française, a été suspendue pendant plusieurs semaines. Et la plupart des sites web étrangers que je consultais fréquemment a été bloqués.

Il y a cinq ans, dans une librairie de Shanghai, alors je feuilletais un Lonely Planet en anglais sur la Chine, je suis tombée sur des pages et des paragraphes entiers caviardés. Recouverts, effacés au feutre noir par la censure.

 

Puis nous étions en Thaïlande, en mai 2014, lors du dernier coup d’Etat militaire.

Les opposants des deux bords ont été envoyés en prison et la junte militaire a pris le pouvoir.

L’instabilité politique s’est traduite par une baisse de l’activité économique que l’on ressent encore un peu aujourd’hui. Les foyers les plus modestes ont été les plus atteints.

Depuis le coup d’Etat, tous les vendredi soirs, le général Prayut Chan-o-cha apparaît à la télévision, pour présenter à la population un compte-rendu de la situation du pays et des réformes mises en place par son gouvernement provisoire.

De nouvelles élections devraient être organisées début 2018. Il est difficile de prévoir l’avenir. Le prochain gouvernement démocratique pourra-t-il se maintenir? Depuis 1932, la Thaïlande a traversé dix-neuf coups d’Etat.

Le Roi de Thaïlande est mort le 13 octobre dernier. La veille, alors qu’il était au plus mal, nous avons appelé nos familles pour leur dire que nous n’aurions peut-être plus d’accès à Internet, pour une durée inconnue. Les entreprises étrangères avaient prévu des plans d’évacuation pour leurs expatriés. Par bonheur, le pays n’a pas traversé la crise politique que l’on craignait.

 

La Chine s’ouvre. La Thaïlande se stabilise. Ce sont deux pays qui avancent courageusement. Tout n’est pas idéal. Mais ils progressent. Avec une énergie extraordinaire, leurs populations aspirent à aller vers le mieux. Et elles avancent.

 

Et nous? Nous, dimanche, nous irons voter.

Et nous n’irons pas voter contre.

Nous irons voter pour.

Pour construire une France meilleure. Pour bâtir ce qui sera la patrie de nos enfants. Le choix final n’est pas exactement celui qui nous aurait convenu. Qu’importe, il est ce qu’il est. Mais on n’a pas le luxe de se mettre en sommeil pendant un quinquennat. On ne peut pas hypothéquer notre avenir pendant les cinq prochaines années. On doit juste mettre toutes les chances de notre côté.

Parce qu’en Chine, en Thaïlande et ailleurs, ils ne vont pas nous attendre, pendant les cinq ans où on va bouder. C’est aujourd’hui qu’on éduque les générations d’actifs de demain. C’est aujourd’hui qu’on décide des stratégies industrielles de l’avenir. Et c’est surtout dès aujourd’hui qu’il faut mettre toute notre énergie pour aller mieux. Reconstruire une société optimiste. Et se battre pour.

Pour tout cela, pour nos enfants, dimanche, nous irons voter pour.

 

Dimanche, nous irons voter pour

 

Nota: Comment voter par procuration quand on ne connaît personne dans son quartier? Je trouve que l’information est trop peu relayée par les medias et c’est dommage. Si vous êtes empêchés lors d’un des tours des prochaines élections, cet article est pour vous! Foncez et votez!

 

Tous les commentaires déplacés seront supprimés.

 

 

Le Roi est mort

Le Roi de Thaïlande est mort jeudi dernier. Je l’ai appris par notre nounou. Elle est venue me voir dans l’après-midi, les yeux rougis: « Today, Thailand is very sad. » Je savais ce que cela voulait dire.

 

Un souverain engagé et aimé

La disparition du Roi Bhumibol Adulyadej -Rama IX, de la Dynastie Chakri- n’était pas vraiment inattendue. Hospitalisé presqu’en continu depuis bientôt deux ans, le souverain avait vu son état de santé se détériorer soudainement depuis quelques jours.

Ce n’était pas une surprise mais l’événement n’en n’a pas moins été très douloureux pour les Thaïs, qui se sentent aujourd’hui orphelins. Le Roi Bhumibol avait avec son peuple la relation d’un père avec ses enfants. Engagé pour son pays, il avait fait édifier nombre d’hôpitaux, d’écoles, d’orphelinats et d’institutions pour soutenir les plus vulnérables. Visionnaire et fin connaisseur de l’Occident, il avait été le moteur du développement industriel de son pays et avait pleinement participé à son intégration dans l’économie mondiale. Actif dans la vie politique, il avait permis à la nation de conserver une certaine cohésion malgré des tensions répétées entre les oppositions.

Le règne de Rama IX a duré soixante-dix ans. Imaginez plutôt: aucun de mes amis de Thaïlande, aucun de mes collègues n’a jamais connu d’autre roi! La mort du Roi marque la fin d’une ère.

Le Roi Bhumibol et De Gaulle

Le Roi Bhumibol et de Gaulle (Sources)

Ma nounou a souhaité évoquer avec moi ses premiers souvenirs du Roi. « Quand j’étais petite, il n’y avait pas la télé. Je n’avais jamais vu le Roi. Mais il y avait des photos. On priait, on chantait pour lui, et l’on s’inclinait devant ses portraits. »

 

Un Roi présent dans le quotidien de ses sujets

Jusqu’à jeudi, le souverain était partout, dans le quotidien de ses sujets. Tous les matins, à huit heures, la télévision diffusait un hymne à sa gloire. Au même moment, dans les jardins publics, le même air retentissait. Tous les passants cessaient alors leurs activités, par respect pour leur monarque. Toujours à la même heure, l’on pouvait également entendre ce chant dans les haut-parleurs des usines. Chacun se levait alors, par respect. Aux dernières notes, certains de mes collègues s’inclinaient en direction du portrait du Roi Bhumibol Adulyadej, que l’on retrouvait toujours dans les lieux publics, dans les administrations et dans les entreprises.

La monnaie est aussi frappee au profil du Roi

Le Roi était représenté partout, y compris sur la monnaie.

La vie publique était ainsi émaillée de moments de célébration du souverain. Joli symbole, la fête des pères avait été fixée à la date de l’anniversaire de la naissance du Roi Bhumibol. Ce jour là, chacun s’habillait en jaune, en l’honneur du souverain, dont c’était la couleur distinctive. Cette couleur, on la retrouvait également sur le drapeau personnel du Roi, qui flottait partout dans le pays, très souvent aux côtés du drapeau national.

Drapeau personnel du Roi Rama IX

Drapeau Personnel du Roi Rama IX (Sources)

Mais au-delà des cérémoniaux officiels, c’est un véritable attachement des Thaïs à leur Roi, que l’on pouvait ressentir.

« Mon Roi n’a jamais eu qu’une épouse et n’a aimé qu’une seule femme. Il est un modèle pour les familles ici, et grâce à lui, beaucoup de femme sont bien plus heureuses, aujourd’hui. Avant lui, il était normal que les hommes aient des maîtresses. Les femmes étaient souvent malheureuses et mal traitées. », m’a également confié ma nounou. Le Roi Bhumibol Adulyadej sera regretté.

My King - Photo Facebook

Sources: Photo Facebook

Le Roi est mort – La tristesse d’un peuple

Il y a quelques semaines, avec l’aggravation du bulletin de santé royale, on a commencé à lire une préoccupation grandissante, dans les réseaux sociaux. Des messages de soutien, de rétablissement, des invocations, des marques de dévotion ont ainsi peu à peu fleuri dans les différents medias…

Messages pour le retablissement du Roi

Messages pour le rétablissement du Roi (Sources)

Des rassemblements ont été organises autour de l’hôpital où séjournait le Roi. Devant la façade, des fidèles y ont psalmodié les prières traditionnelles bouddhistes. Ils étaient habillés en rose. Sur Facebook et Twitter également, la couleur rose est devenue prédominante. Le rose, parce qu’il y a quelques années, un astrologue royal avait établi que cette couleur était bénéfique à la sante du monarque. Dans les entreprises, les Ressources Humaines ont à leur tour fait passer le mot: « Habillez-vous en rose, pour le rétablissement du Roi. »

Fideles priant pour le retablissement du Roi

Sources: Photo Facebook

Le Roi est mort. Je l’ai appris par ma nounou. Elle est venue à moi les yeux rougis. Puis elle m’a expliqué qu’elle avait renvoyé chez elle la nounou voisine: « Vous comprenez, elle pleurait trop et je ne voulais pas qu’elle effraie les enfants. » Il s’agissait d’une annonce officieuse, car la nouvelle s’était répandue comme une trainée de poudre. Le Roi est mort à 15h45. A 17h, tout le pays était au courant. L’annonce officielle, enfin, n’est arrivée que deux heures plus tard.

Deces du Roi de Thailande - Image Facebook

Sources: Photo Facebook

 

Deuil et tristesse dans les médias et les réseaux sociaux

En l’espace de quelques heures, tous les profils Facebook de mes amis thaïs sont passés en noir et blanc, les deux couleurs du deuil. En mémoire de leur souverain, beaucoup ont publié de belles images symboliques. Plusieurs d’entre elles, qui m’ont particulièrement touchée, illustrent ce billet. Malheureusement, elles tournaient tellement et si vite que je n’ai pas réussi à en trouver toutes les sources (si quelqu’un peut m’aider, je rajouterai les liens).

Deces du Roi de Thailande - Image Facebook

Sources: Photo Facebook

Sur Facebook toujours, ont réapparu de nombreuses photos d’archives. Celles principalement choisies étaient des images du Roi avec son épouse, avec ses enfants ou aux côtés de ses chiens, mais aussi des photos de déplacements officiels auprès d’écoliers, de paysans, ou encore de malades. Ce sont surtout les images d’un homme bienveillant, que l’on lit en filigrane. Et aussi l’affection, l’attachement et la vraie tristesse d’un peuple qui pleure son Roi.

Deces du Roi de Thailande - Retrospective du Bangkok Post

Sources

Le lendemain de la mort du souverain régnait une atmosphère de gueule de bois sur le pays. Une atmosphère pesante, triste. Des visages plus fermés qu’à l’habitude. Beaucoup étaient au bord des larmes à la simple évocation de la fin du Roi Bhumibol Adulyadej. Par un curieux mécanisme de la psychologie de groupe, l’atmosphère est également devenue plus propice à la parole, au partage de la peine et des souvenirs. Plusieurs nounous du quartier se seront ainsi confiées à moi ce jour-ci.

Siam Commercial Bank - Deces du Roi de Thailande - Capture d'ecran

Site web de la Siam Commercial Bank

Les écoles sont restées fermées, de même que certaines administrations. La police, les hôpitaux, mais aussi une partie des commerces et des usines ont continué à fonctionner. Les sites web se sont parés des couleurs du deuil, et arborent désormais de larges bannières de condoléances.

Bangkok Post - Deces du Roi de Thailande - Capture d'ecran

Site web du Bangkok Post

 

Deuil national et traditions funèbres

L’après-midi, la dépouille du Roi a été transférée au Palais. Dans les bureaux de Papa-Tout-Terrain, chacun a suivi l’événement, de son Smartphone ou sa tablette. La cérémonie était sobre et digne. Dans les médias étrangers, on a bien vu quelques photos de personnes en pleurs, hurlant, déchirant leurs habits et menaçant de se faire hara-kiri… Mais cela n’a rien à voir avec la grande dignité des Thaïs, telle que nous avons pu la voir ici.

Transfert du corps du Roi de Thailande

Sources

Le soir, notre nounou s’est rendue au temple pour prendre part à un hommage au souverain. Par respect pour le défunt, elle a également entamé un jeûne végétarien pour un mois, tout comme elle l’avait fait à l’occasion du décès de ses parents. Telle est la tradition chez nombre de bouddhistes. Aussi sera-t-il plus difficile de s’approvisionner en viande, dans les semaines à venir.

Rassemblement en hommage au Roi de Thailande

Sources

Le deuil national officiel durera un an. Vers la fin du mois, le corps du Roi sera exposé à Bangkok pour que ses sujets puissent venir lui rendre un dernier hommage. Des millions de personnes sont attendues, venant de tout le pays.

Les lieux publics se parent des couleurs du deuil national

Dans les entreprises, les administrations, les institutions, ont été installés des autels funèbres, en hommage au Roi. Des cahiers de condoléance sont à disposition de chacun. Du fait d’un niveau d’éducation inégal dans la population, une liste de phrases d’exemple est affichée, que l’on peut librement recopier.

Autel en hommage au roi defunt dans une entreprise - Photo Facebook

Sources: Photo Facebook

 

Du deuil au quotidien…

La population a revêtu les couleurs du deuil: le noir et le blanc. Il y a aujourd’hui pénurie de tee-shirts noirs dans le pays. Alors chacun a fait avec les moyens du bord: qui un tee-shirt « Mickey », qui un sweat « Heavy Metal »… Sans ostentation mais dans la dignité.

Dès lundi, dans les hôpitaux, les administrations et les entreprises, les uniformes de travail se sont parés d’un ruban noir, discret signe de deuil. A l’heure de la médiatisation ordinaire, je m’amuse d’ailleurs de voir mes jeunes collègues s’échanger sur Facebook des DIY de nœuds funéraires…

DIY - Ruban de deuil pour le Roi de Thailande

Sources: Photo Facebook

Pendant la période du deuil, nombreux événements et manifestations seront annulés.

Le quotidien a néanmoins repris son cours. Le week-end dernier, nous avons parcouru les stands d’un marché chinois à Chachoengsao. Les échoppes avaient toutes rouvert –il faut bien vivre-, et le chaland était de retour –il faut bien manger. Mais tous étaient habillés en noir, en blanc, ou en noir et blanc. Et dans les discussions des commères prédominait toujours un ton feutré de tristesse.

Marche chinois de Chachoengsao apres la mort du Roi de Thailande

Je voulais clore mon billet sur cette photo d’un cycliste, se recueillant devant le portrait du défunt Roi Bhumibol Adulyadej. J’aime la façon dont y sont illustrés la complexité et les paradoxes de la société thaïe. Si ce jeune homme s’agenouille dans un geste traditionnel de respect, en arrière-plan on devine les buildings de la ville contemporaine. S’il porte le deuil, si son chagrin est palpable, la vie poursuit son cours, et ce moment de prières est intégré à l’un de ses déplacements a vélo. S’il s’incline devant le portrait du feu souverain, symbole des institutions d’une monarchie séculaire, il a tout de l’apparence d’un homme moderne, Thaï, mais aussi citoyen de la mondialisation. C’est là toute la richesse de la Thaïlande d’aujourd’hui.

Un cycliste se recueille devant le portrait du defunt Roi Bhumibol

Sources

 

Note

Il n’y a aucune prise de parti politique dans ce billet. Je ne prends d’ailleurs jamais parti concernant la politique intérieure d’un Etat qui n’est pas le mien. Aujourd’hui, je souhaite seulement partager avec vous un peu de la peine qui étreint nombre de nos amis thaïs. Nous partageons leur tristesse.

Tout commentaire à caractère politique sera supprimé.

 

Carte Postale – Le Palais Mrigadayavan

Chers tous,

Un petit coucou du palais Mrigadayavan. Il s’agit de la résidence d’été de Rama VI, roi de Thaïlande au début du vingtième siècle. C’est à cette époque que la région devient le lieu de villégiature officiel des générations de rois qui vont se succéder

Le Palais Mrigadayavan se trouve sur une base militaire royale. Ça nous inquiète un peu. De nombreux points d’intérêt en Thaïlande, se trouvent dans des zones militaires, mais on ne sait jamais si les étrangers y seront acceptés. C’est bien normal mais toujours un peu stressant pour nous. On briefe les garçons pour qu’ils se tiennent correctement. On ouvre toutes les fenêtres de la voiture lorsqu’on arrive à hauteur des sentinelles. Chacun se tient bien droit et sourit de toutes ses dents. Soulagement: le garde nous fait signe d’entrer. Cette fois-ci, il n’y aura même pas besoin de laisser nos passeports.

Avant d’accéder au palais, nos tenues sont contrôlées. Ma robe de grossesse est jugée trop courte. Il faut dire que j’ai sacrement pris du ventre depuis son acquisition, et ça ne la rallonge pas! On m’équipe d’une jupe longue, que je fais tenir autant que faire se peut sur mon appendice géant. Le pan avant rebique toujours. Une jeune femme m’aide à me rhabiller décemment. Sauf que ça glisse maintenant. Papa-Tout-Terrain complète l’œuvre en me prêtant sa ceinture. C’est moche mais très confortable, au final!

Nous pénétrons dans les jardins du palais.

Ils bordent la mer. De larges esplanades d’herbe verdoyante sont caressées par la brise marine. Elles sont ombragées par des arbres tropicaux séculaires, soigneusement taillés, mais qui conservent tout de leur grâce originelle. En hauteur, de longs corridors de bois relient les appartements royaux à la plage. Ces extérieurs sont magnifiques de naturel et de simplicité.

Palais Mrigadayavan

Le palais est implanté au cœur des jardins. Il est construit dans un style hybride de modernité occidentale des années 20 et d’élégante architecture thaï classique. Construit en tek et peint de couleurs claires, ses lignes sont légères et élégantes. Il s’intègre avec une sobriété souveraine dans son environnement. Le roi l’a voulu ouvert sur la mer, frais et traverse par les brises, afin de se soulager ses douleurs d’arthrite rhumatoïde.

Nous visitons les lieux sous l’étroite surveillance du personnel, car le respect pour la monarchie est primordial. Le culte royal est essentiel dans le pays, et marque de nombreuses facettes de notre quotidien. Ainsi, tous les matins au travail, mais aussi avant les séances de cinéma, l’hymne à la gloire du roi est joué: chacun se lève, arrête ses activités, fait silence ou chante. A la fin, on s’incline en direction d’un portrait du roi -il y en a dans toutes les pièces de l’usine. Saviez-vous également que c’est en Thaïlande que les peines sont les plus lourdes, en cas de crime de lèse-majesté?

La visite a déjà été longue.

Les enfants sont irréprochables. Mais Petit-Deux n’en peut plus. Il voudrait s’assoir par terre, dans l’un des grands couloirs de tek. Je demande la permission à une guide. A la vue du joli minois blond et de mon gros ventre, elle donne son aval, outrepassant sans doute quelques règles de bienséance. Nous trouvons un coin discret. Avec une grande gentillesse, et pour nous éviter tout ennui, la jeune femme restera aux côtés de notre petit bonhomme le temps qu’il se repose.

L’intérieur du palais Mrigadayavan est aussi sublime de sobriété que le laissaient présager les jardins. Chaque membre de la famille royale a ses propres appartements, séparés les uns des autres par de grands couloirs surélevés, ouverts au vent. Le mobilier est simple mais d’un extrême bon goût. Les pièces sont de tailles raisonnables mais confortables et dignes d’une famille régnante. L’architecture n’a rien à voir avec le faste flamboyant des palais de Bangkok, là où se joue l’essentiel de la vie politique… Mais qu’elle est belle, cette résidence d’été!

Des bises de nous tous,

Les « Tout-Terrain »

 

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