Ubon Ratchathani et la malédiction du musée Khmer

Comme un seul homme, les enfants se sont endormis au fond de la voiture, à l’issue de notre éprouvante séance de grillades. Quel dommage: nous arrivons justement dans la province d’Ubon Ratchathani, à proximité d’un nouveau temple Khmer. Tant pis pour eux! Nous les laissons dormir et nous relayons pour la visite. Le sanctuaire est de taille modeste. Ca ne sera pas très long.

 

Prasat Baan Ben

Prasat Baan Ben est un petit temple Khmer qui s’est laissé doucement glisser dans le monde contemporain, sans vraiment s’en rendre compte. Un jour, on lui a adjoint la caserne des pompiers du village. L’emplacement devait sembler pratique ou dégagé. Du coup, la police également s’est installée à côté. Et enfin, aussi, une sorte de bâtiment administratif central. Sans un regard pour cette agitation moderne, le sanctuaire est reste impassible, plein de prières et de pierres moussues.

Prasat Baan Ben

Il est si rare de visiter sans les enfants. J’ai grand plaisir à m’imprégner de la sérénité des lieux. Des arbres centenaires. Trois Prangs de briques, rendus vulnérables par le poids des ans, et qui commencent à pencher dangereusement. Des taches de cire jaune, coulures de cierges un jour déposés en offrande. Les bruits des insectes. Les mêmes qu’il y a mille ans. Les rais du soleil qui se faufile entre les feuilles et joue sur le robuste socle de latérite.

Prasat Baan Ben

Un roman à la main, je m’installe ici pour l’après-midi. Pour m’imprégner du lieu et de son odeur. Ecouter les murmures du temple. Idée fugace et irréaliste. Ils sont quatre à m’attendre dans la voiture. Entre les piles du sanctuaire, je laisse un peu de mon âme vagabonder encore.

La malédiction du musée d’art Khmer

A l’arrière, tout le monde dort encore profondément. Nous reprenons la route. Papa-Tout-Terrain en profite pour me montrer qu’il a trouvé sur le tableau de bord une fonctionnalité formidable pour discuter avec sa voiture: « Please, set temperature to 27 degrees« , articule-t-il fièrement. « Sorry » lui répond alors la voiture, « I cannot find anyone called John. » Effectivement la voiture parle, mais c’est un beau dialogue de sourds. Je ne suis pas très convaincue.

Nous atteignons Ubon Ratchathani, que nous devons visiter le lendemain. Tiens, voila justement le musée national de la ville! Il parait qu’il est d’une grande richesse. Petit détour pour vérifier les horaires d’ouverture, immédiatement suivi d’une déception cuisante. Demain, c’est mardi, et c’est fermé! Je crois qu’il existe une forme de malédiction du musée d’art Khmer dans notre famille. C’est bien simple, à chaque fois qu’on veut en découvrir un, il se débrouille pour être indisponible. Vacances, fermeture hebdomadaire, travaux… de Surin à Phimai en passant par Angkor, toutes les excuses y sont passées! Il doit bien y avoir un drôle de mystère là-dessous. Qui sait, c’est peut-être même un coup de Toutankhamon, revenu exprès parmi nous pour jouer avec mes nerfs. Bref, je m’égare. C’est la faute à pas de chance (ou plutôt à ma planification boiteuse), et c’est extrêmement agaçant.

La pagode du Wat Thung Si Mueang

Fautes de Khmer, nous visiterons du Bouddhiste: le Wat Thung Si Mueang. Si le temple n’a aucun intérêt (non… ne partez pas, revenez) c’est juste à côté qu’il faut regarder. Au centre du bassin carré à l’eau saumâtre se dresse une magnifique pagode de bois du début du XIXe siècle. Elle abrite une réplique du pied de Bouddha et surtout une bibliothèque, où sont conservés des manuscrits sacrés. L’édifice sur pilotis est conçu pour éviter que les termites ne s’attaquent aux rouleaux anciens. On accède au corps du bâtiment par un petit pont. L’intérieur est magnifiquement décoré de peintures traditionnelles d’époque.

Wat Thung Si Mueang

L’endroit est extraordinaire, mais malheureusement mal entretenu. Il est plein de crottes de pigeons. C’est assez déplaisant, vu qu’on doit le visiter pieds nus. A l’intérieur, ça sent le phoque. (Enfin le pigeon.) C’est très dommage. Malgré tout, le Wat Thung Si Mueang vaut largement le détour, d’autant qu’il ne subsiste aujourd’hui que très peu de ces pagodes, d’un style classique de l’Issan. Ne le manquez pas si vous passez dans la région!

Wat Thung Si Mueang

 

Où l’on se retrouve avec nos trois bambins sur un parking louche

La nuit tombe. Les estomacs de nos enfants crient famine. Cela les rend irritables. Et irritants. Je les nourris au compte goutte d’un « papier comestible », commercialisé comme snack. (C’est en réalité une sorte de pain azyme mais les enfants sont si heureux de pouvoir manger du papier que nous ne les détrompons pas.) Hélas, mes réserves commencent à baisser dangereusement.

Nous tournons sans succès dans le centre ville. Il faut dire que si les Thaïs mangent volontiers au restaurant le midi ou dans l’après-midi, ils se contentent souvent d’une collation légère le soir, à la maison. Du coup, l’offre en terme de restauration s’en ressent. Surtout dans les zones peu fréquentées des occidentaux.

Nous suivons un panneau qu’on ne comprend pas mais qui nous inspire confiance, et nous nous retrouvons sur une sorte de terrain vague pas net qui a l’air de servir de parking. C’est un peu notre dernière chance avant la soupe de nouilles lyophilisée. Un vieux borgne boiteux nous demande de l’argent d’un air rogue. Il nous montre trois mots vaguement manuscrits sur une boite de Camembert et qui indiquent des frais de garage. Ca me met direct de bonne humeur. On paie pour voir et on poursuit dans la direction du panneau.

 

Un excellent diner dans un cadre à couper le souffle

Du parking, un sentier descend jusqu’au Mun, le fleuve qui traverse Ubon Ratchathani. Il débouche sur un pont de bambou, qui nous mène sans encombre à une petite île, lovée dans ce bras de rivière. Et là, un restaurant, où l’on mange dans de petites cahutes individuelles, sur pilotis. En attendant les plats, Papa-Tout-Terrain et les deux grands laissent nonchalamment traîner leurs pieds dans le courant. Quelques instants plus tard, nous dégustons enfin un somptueux dîner de spécialités locales, avec clapotis de vaguelettes et coucher de soleil sur le fleuve mordoré.

Diner a Ubon Ratchathani

Le paiement de l’addition sera long et fastidieux, car nous peinons à nous faire comprendre. Le montant total nous paraît très bas, aussi vérifions-nous plat à plat que tout a bien été décompté. Un groupe de clients curieux vient se greffer à nos délibérations. Peut-être veulent-ils nous aider mais ce n’est pas certain, vu qu’ils parlent aussi mal anglais que nous thaï. Ils sont ravis en revanche de papoter avec nos enfants. Papa-Tout-Terrain et moi nous tordons de rire en entendant Petit-Un mener la conversation comme un grand: « You know, I am older than my brother. And you? » Déjà que le grand type en face n’y pipait pas grand chose… alors franchement c’est tout de même carrément salaud de lui poser des questions pourries comme ça!

Diner a Ubon Ratchathani

Carte Postale – Le Palais Mrigadayavan

Chers tous,

Un petit coucou du palais Mrigadayavan. Il s’agit de la résidence d’été de Rama VI, roi de Thaïlande au début du vingtième siècle. C’est à cette époque que la région devient le lieu de villégiature officiel des générations de rois qui vont se succéder

Le Palais Mrigadayavan se trouve sur une base militaire royale. Ça nous inquiète un peu. De nombreux points d’intérêt en Thaïlande, se trouvent dans des zones militaires, mais on ne sait jamais si les étrangers y seront acceptés. C’est bien normal mais toujours un peu stressant pour nous. On briefe les garçons pour qu’ils se tiennent correctement. On ouvre toutes les fenêtres de la voiture lorsqu’on arrive à hauteur des sentinelles. Chacun se tient bien droit et sourit de toutes ses dents. Soulagement: le garde nous fait signe d’entrer. Cette fois-ci, il n’y aura même pas besoin de laisser nos passeports.

Avant d’accéder au palais, nos tenues sont contrôlées. Ma robe de grossesse est jugée trop courte. Il faut dire que j’ai sacrement pris du ventre depuis son acquisition, et ça ne la rallonge pas! On m’équipe d’une jupe longue, que je fais tenir autant que faire se peut sur mon appendice géant. Le pan avant rebique toujours. Une jeune femme m’aide à me rhabiller décemment. Sauf que ça glisse maintenant. Papa-Tout-Terrain complète l’œuvre en me prêtant sa ceinture. C’est moche mais très confortable, au final!

Nous pénétrons dans les jardins du palais.

Ils bordent la mer. De larges esplanades d’herbe verdoyante sont caressées par la brise marine. Elles sont ombragées par des arbres tropicaux séculaires, soigneusement taillés, mais qui conservent tout de leur grâce originelle. En hauteur, de longs corridors de bois relient les appartements royaux à la plage. Ces extérieurs sont magnifiques de naturel et de simplicité.

Palais Mrigadayavan

Le palais est implanté au cœur des jardins. Il est construit dans un style hybride de modernité occidentale des années 20 et d’élégante architecture thaï classique. Construit en tek et peint de couleurs claires, ses lignes sont légères et élégantes. Il s’intègre avec une sobriété souveraine dans son environnement. Le roi l’a voulu ouvert sur la mer, frais et traverse par les brises, afin de se soulager ses douleurs d’arthrite rhumatoïde.

Nous visitons les lieux sous l’étroite surveillance du personnel, car le respect pour la monarchie est primordial. Le culte royal est essentiel dans le pays, et marque de nombreuses facettes de notre quotidien. Ainsi, tous les matins au travail, mais aussi avant les séances de cinéma, l’hymne à la gloire du roi est joué: chacun se lève, arrête ses activités, fait silence ou chante. A la fin, on s’incline en direction d’un portrait du roi -il y en a dans toutes les pièces de l’usine. Saviez-vous également que c’est en Thaïlande que les peines sont les plus lourdes, en cas de crime de lèse-majesté?

La visite a déjà été longue.

Les enfants sont irréprochables. Mais Petit-Deux n’en peut plus. Il voudrait s’assoir par terre, dans l’un des grands couloirs de tek. Je demande la permission à une guide. A la vue du joli minois blond et de mon gros ventre, elle donne son aval, outrepassant sans doute quelques règles de bienséance. Nous trouvons un coin discret. Avec une grande gentillesse, et pour nous éviter tout ennui, la jeune femme restera aux côtés de notre petit bonhomme le temps qu’il se repose.

L’intérieur du palais Mrigadayavan est aussi sublime de sobriété que le laissaient présager les jardins. Chaque membre de la famille royale a ses propres appartements, séparés les uns des autres par de grands couloirs surélevés, ouverts au vent. Le mobilier est simple mais d’un extrême bon goût. Les pièces sont de tailles raisonnables mais confortables et dignes d’une famille régnante. L’architecture n’a rien à voir avec le faste flamboyant des palais de Bangkok, là où se joue l’essentiel de la vie politique… Mais qu’elle est belle, cette résidence d’été!

Des bises de nous tous,

Les « Tout-Terrain »

 

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Le Sanctuaire de Phimai

Nous profitons d’un long week-end et de l’invitation au mariage de P’Kung pour visiter une partie du sud de l’Isan que nous ne connaissons pas encore. Direction le parc historique et le sanctuaire de Phimai, puis le musée national de Phimai . En chemin, nous découvrirons aussi, par hasard, les vestiges du village préhistorique de Ban Prasat, qui valent le détour si l’on est dans le coin.

 

Le Sanctuaire de Phimai en Pratique:

  • Coordonnées GPS: 15°13’08.2″N 102°29’40.5″E
  • Prix adulte: 100 THB pour les étrangers. Pas de « prix Thaï » pour les étrangers résidents. Un dépliant –de qualité- en français nous a été fourni en même temps que le ticket.
  • Prix enfant: au jugé, nos enfants (3 et 5 ans) sont entrés gratuitement
  • Ouverture de 7h30 à 18h.
  • Durée de l’activité: Prévoir 1 à 2 bonnes heures, en fonction de son amour des vestiges Khmers. Privilégier une visite tôt le matin pour limiter la chaleur et éviter les visiteurs sur les photos.

 

La saison des pluies l’impose, nous nous couvrons d’anti-moustique avant d’entamer la visite. Le temps est orageux et l’air humide: un climat idéal pour se faire piquer!

« Il y a plein de grosses pierres qui attendent des petits garçons! »… Les enfants qui trainaient des pieds en sortant de la voiture sautent de joie et se précipitent à l’entrée du site. Décidément, ils aiment autant que nous les ruines khmères!

 

Le sanctuaire de Phimai: un complexe majeur de la période khmère

Construit aux 11 et 12eme siècles, le sanctuaire de Phimai est l‘un des temples khmers les plus importants de Thaïlande. Il est construit en grès, et non en latérite comme la plupart des édifices religieux de la région de la même époque. Le grès est un matériau plus dur, moins aisé à travailler, mais plus noble, ce qui reflète le caractère d’exception de Phimai. Du coup, le bâtiment vieilli différemment, aussi, et a tendance à s’effriter, alors que la latérite, elle, se creuse de petits cratères.

Ce sanctuaire majeur est situé à l’extrême limite d’une longue route sacrée qui traversait le Royaume khmer et reliait Phimai à Angkor. C’est sans doute la raison pour laquelle le complexe de temple de Phimai est orienté vers le sud, sud-est: il « regarde » dans la direction d’Angkor.

Bêtement, je ne retrouve plus le dépliant reçu sur le site, et qui en proposait une carte très lisible et pertinente. Je crois l’avoir donné à Papa-Tout-Terrain ou mis dans une poche quand Petit-Deux a insisté pour que je lui serve de monture « parce qu’il y a des cailouuuuuuux, par teeeeeeeerre! ». Oui, il est toujours sensible de l’orteil on avait oublié de le chausser de baskets. Bref, j’ai emprunté un plan sur le site de Korat Magazine, qui permettra de se repérer:

Phimai Historical Park - Map

On entre par le sud. Sur la gauche, un « petit » bâtiment annexe, nommé Klang Ngoen sur le plan, était destiné à abriter les familles royales qui s’y habillaient, avant les processions religieuses. L’édifice n’a rien d’exceptionnel. En revanche, par sa taille, la finesse de ses linteaux et la largeur de ses couloirs de circulation, il préfigure déjà l’immensité somptueuse du sanctuaire tout entier.

Phimai - Klang Ngoen

 

Une architecture classique de la période angkorienne

Les garçons sont très impatients d’entamer enfin les choses sérieuses. Déjà, ils ont rejoint, en courant, le pont aux nâgas, qui donne accès au gopura sud de l’enceinte extérieure. Les parents aussi ont adopté le pas de course pour suivre les marmailloux. Et ne pas les perdre entre deux murs antiques. En réalité, donc, les photos datent du trajet retour. Mais permettez-moi une pause narrative pour placer quelques mots. Le pont aux nâgas symbolise le lien et le passage entre le monde des mortels et le monde des dieux. C’est un motif que l’on retrouve très fréquemment dans les édifices Hindous. Le nâga, qui a une, cinq ou sept têtes joue un rôle de gardien et de médiateur entre la terre et le ciel.

Phimai - Pont aux Nagas

Depuis, et après une intéressante discussion avec notre nounou, j’ai découvert que le nâga était également présent dans certains édifices bouddhistes de Thaïlande, où il est considéré comme un animal sacré.

Nous sommes étonnés par l‘excellent état de préservation des sculptures. Nous ne saurons le fin mot de l’histoire qu’un peu plus tard, lorsque nous tomberons par hasard sur la « réserve à Nâgas »: un champ de serpents bétonnés, aux structures en acier, et méthodiquement ordonnés en rangées disciplinées, prêts à remplacer un congénère détérioré. De toute évidence, depuis les restaurations initiées dans les années 1960, beaucoup des sculptures originales ont été déplacées au musée National de Phimai et remplacées par des copies, ce qui est, somme toute, très cohérent en termes de conservation du patrimoine.

Phimai - Pont aux Nagas et Gopura

Nous entrons dans la première enceinte par le gopura sud. Le gopura est un élément typique de l’architecture hindouiste, qui consiste en une entrée dans l’enceinte sacrée. Il représente la grandeur des dieux. Au fil des siècles, il tend de plus en plus souvent à la démesure, avec profusion de sculptures et de décorations. Le complexe de Phimai ayant deux enceintes imbriquées, l’on franchit donc deux gopuras successivement avant d’atteindre le sanctuaire. Chacune des enceintes est en réalité dotée de quatre gopura, soit un par mur d’enceinte.

Phimai - Passage Central entre l'enceinte exterieure et l'enceinte exterieure du complexe

Toujours au pas de course, nous atteignons le passage central, qui mène à l’enceinte intérieure de l’édifice. J’arrive à mettre la main sur Petit-Deux qui accepte mollement de m’attendre. Petit-Un, de la voix, tente d’exciter son frère en l’intéressant à de nouvelles découvertes. Je souffle comme un vieux buffle en fin de labour. Décidément, le marathon n’est pas d’actualité pour moi à six mois de grossesse! Derrière le deuxième gopura, plus grand et plus somptueux, on commence à deviner les Prangs du sanctuaire central. La perspective et l’alignement architectural sont étonnants et magnifiques. Papa-Tout-Terrain me fait remarquer que si nous étions seul sur le site, l’on pourrait voir le sanctuaire central depuis le pont aux nâgas, et sans doute même depuis l’entrée de l’allée principale.

Phimai - Sanctuaire Central

 

La somptueuse enceinte intérieure du sanctuaire de Phimai

Nous atteignons enfin la partie la plus centrale du complexe. La zone comporte deux Prangs, une bibliothèque ainsi que le sanctuaire principal. Si les bâtiments annexes et l’enceinte extérieure sont de grès rose, les édifices religieux principaux ont été bâtis dans un grès gris très clair, qui leur confère encore une majesté plus grande. Les Prangs sont magnifiquement ornés de sculptures aux motifs religieux. Tout comme les nâgas, ce sont certainement des copies, car nous en retrouverons des rangées sagement alignées à côté des serpents.

Phimai - Sanctuaire Central

Cela ne retire rien à la noblesse et a l’éclat architectural des bâtiments. Certains linteaux sont sculptés avec une finesse et une élégance que nous avons rarement rencontrées jusqu’ alors. Les encadrements des ouvertures, des gopuras et mêmes des allées de circulation des enceintes, sont adroitement décorés de personnages mi religieux, mi facétieux.

Phimai - Linteau de porte

Ca y est, on a perdu Petit-Deux! Il était là il y a deux secondes. Il voulait partir à droite, pendant que Petit-Un développait les raisons pour lesquelles il souhaitait visiter la galerie d’enceinte, sur la gauche. Je n’ai pas entendu pas grand-chose des raisons de Petit-Un. Il se trouve déjà à une bonne cinquantaine de mètres, et ne vois plus Petit-Deux. Papa-Tout-Terrain part à sa recherche. Sans succès. Heureusement l’asticot réapparaît quelques secondes plus tard, fort content de lui, après avoir fait seul le tour de la bibliothèque.

Nos enfants commencent à apprécier une certaine indépendance lors des visites, mais n’ont pas toujours le réflexe de nous avertir de leurs explorations, ce qui nous cause souvent des sueurs froides. Ils ne sont que deux mais nous passons toujours une bonne partie de nos visites à compter « Un, deux… c’est bon! »… « Un, deux… c’est bon! »… « Un… Ou est deux?… Ah, deux, c’est bon… » J’imagine que c’est le lot de tous les parents, mais avez-vous été jusqu’à vraiment égarer des enfants en visite? Et comment leur avez-vous appris à s’éloigner, dans le respect de consignes élémentaires de sécurité?

Phimai - Le Sanctuaire Central

Nous retournons au point de départ par le chemin des écoliers. Nous zigzaguons entre les zones architecturales centrales et les allées qui longent l’enceinte extérieure. La finesse et l’omniprésence des bas-reliefs, sur tous les bâtiments, jusqu’aux plus humbles, ne cesse de réjouir nos regards.

Phimai - Mur de l'enceinte exterieure

Le Musée National de Phimai

Le Musée National de Phimai en Pratique

  • Coordonnées GPS: 15°13’29.4″N 102°29’40.0″E
  • Prix adulte: 100 THB pour les étrangers, 20 THB pour les Thaï. Dans l’empressement, on a payé le prix « étranger » sans demander le prix « thaï »… Bon, en même temps, on participe ainsi à la préservation de ce très beau patrimoine.
  • Prix enfant: gratuit
  • Ouverture de 9h00 à 16h00.
  • Durée de l’activité: 35 minutes au pas de course, poussés par les enfants et l’heure de fermeture. Dans l’idéal, compter plutôt une heure à une heure et demie.

 

Nous complétons notre découverte du sanctuaire de Phimai par la visite du musée de la ville, après une pause glacée. Petit-Deux a une petite langue et met tant et tant de temps à venir à bout de son cône à la fraise que nous arrivons bien tard et manquons de peu de trouver porte close. Il est vrai aussi que le musée ferme particulièrement tôt, à 16 heures.

Musee National de Phimai - Linteau

Il serait pourtant dommage de le louper! Ses collections sont d’une grande richesse. En particulier ses sculptures et de bas-reliefs khmers, particulièrement bien conservés, restaurés et mis en valeur. La plupart des œuvres datent des 10 aux 13eme siècles, et sont de nature religieuses, principalement influencées par l’Hindouisme. J’ai le plaisir de noter que Petit-Deux connait et reconnait désormais parfaitement les nâgas. En dehors des nâgas et des dragons, il faut admettre que les musées ne sont pas (encore) les terrains de jeux favoris des enfants. Les bâtiments heureusement fournissent escaliers et rampes pour handicapés qui leur permettront de belles glissades, pendant que les parents se passionnent pour des images de Shiva et de Vishnu.

Musee National de Phimai - Linteau

Le musée présente des pièces magnifiques, et propose un panorama très intéressant d’œuvres rapportées de plusieurs temples, majeurs et mineurs, de l’Isan. On y trouve des statues Hindoues et des statues bouddhistes, plus récentes. Et surtout de très nombreux linteaux qui représentent avec force détails et personnes des scènes de cérémonies religieuses. Les œuvres sont bien éclairées et mises en valeur. L’exposition des plus grosses pièces, dans un hangar extérieure, est sans doute, d’ailleurs, encore plus somptueuse

Musee National de Phimai - Fronton

Malheureusement, nous avons eu un peu peine à trouver une cohérence d’ensemble dans l’exposition. Les sculptures sont mélangées avec des armoires et des bijoux, et la progression historique n’est pas évidente. Il ne semble pas y avoir de ségrégation géographique non plus. Même les différentes religions paraissent vouloir se mêler les unes aux autres. Le manque de commentaires d’ordre général, en anglais, vient renforcer ce sentiment de confusion. Avec quelques jours de recul nous avons beaucoup apprécié cette visite, visuellement, mais restons un peu sur notre faim, en regrettant de ne pas en avoir appris plus.

Musee National de Phimai - Vases

 

Autour de Phimai

Nous finissons le musée assez fatigués d’une journée déjà riche en visites et en événements. (Et un peu éprouvés par une maxi-colère de Petit-Deux.) Du coup comme une cruche, j’en oublie la promenade prévue de Sai Ngam, une petite île entièrement recouverte des ramifications d’un banian géant. Les photos avaient pourtant l’air magnifique!… Bref, si vous préparez une excursion à Phimai, ne faites pas comme nous, n’oubliez pas bêtement cette étape!

Sur le chemin du retour vers Korat, nous faisons enfin une dernière halte à Prasat Hin Phanomwan, un ancien sanctuaire khmer, désormais totalement dédié à la religion et aux cérémonies bouddhistes. On va dire que c’est la nature, mais j’ai un peu honte d’avouer que je m’étais endormie en route… Bref je n’ai pas eu l’énergie de descendre de la voiture pour visiter le site. A la place, j’ai mangé un bonbon « hamburger » avec Petit-Deux, tout en gardant un œil sur Petit-Un, qui n’avait même pas daigné se réveiller.

Prasat Hin Phanomwan

Papa-Tout-Terrain a été plus courageux, et a apprécié le détour. Il a été très impressionné par les énormes Bouddhas installées dans les allées et les sanctuaires principaux, et par l‘intensité du culte qui leur était rendu.

Prasat Hin Phanomwan

 

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Notre voyage en Isan

Profitant des vacances de Songkran, nous avons pris la route, bien décidés à découvrir les richesses des temples et des sanctuaires de l’Isan…

Deux semaines après le retour, c’est le moment de faire un petit point sur notre parcours, les perles de nos découvertes, mais aussi les petites difficultés que nous avons pu rencontrer…

Prasat Phanom Rung

 

Notre périple détaillé

  Nom du Lieu Type d’activité Province Article du Blog
Jour 1 Prasat Mueang Tam Sanctuaire Khmer Buriram Prasat Muang Tam, majestueux temple Khmer – Buriram
Phanom Rung Historical Park Sanctuaire Khmer Buriram Praasat Phanom Rung, roi des temples Khmers – Buriram
Kuti Rishi Nong Bua Lai Héritage Khmer Buriram
Jour 2 Tao Nai Chian et Tao Salai Fours de potier (Khmer) Buriram Ta Muean Thom, temple et militaires – Surin
Prasat Ta Meuan Héritage Khmer Surin
Prasat Ta Meuan Toht Héritage Khmer Surin
Prasat Ta Muean Thom Sanctuaire Khmer Surin
Prasat Ban Phluang Temple Khmer Surin Jolies surprises Khmères – Temples de Surin
Prasat Ban Prai Temple Khmer Surin
Jour 3 Cérémonies dansantes à Surin Festivités Surin Songkran surprise dans la calme Surin
Prasat Sikhoraphum Temple Khmer Surin Curieuse Rencontre en Pays Khmer – Surin et Sisaket
Prasat Ban Prasat Temple Khmer Sisaket
Prasat Sa Kamphaeng Yai Sanctuaire Khmer Sisaket
Jour 4 Elephant Study Center Attraction Surin Eléphants, singes et temples – de Surin à Kalasin
Ku Phra Kona Sanctuaire Khmer Surin
Pédalo et jeux d’enfants Attraction Roi-Et
Muang Fa Daet Song Yang Site préhistorique Kalasin
Jour 5 Musée des dinosaures Attraction / Musée Kalasin Le musée des dinosaures de Kalasin
Lac de Lam Pao Paysages Kalasin
Songkran dans les campagnes Festivités Kalasin
Musée archéologique de Ban Chiang Musée (préhistoire) Udon Thani Les richesses du musée archéologique de Ban Chiang
Songkran urbain a Udon Thani Festivités Udon Thani
Jour 6 King Cobra village Attraction Khon Kaen  Le Village des Cobras Royaux – Khon Kaen
Nam Phong National Park Paysages Khon Kaen
Wat Thung Setthi Temple Bouddhiste Khon Kaen
Jour 7 Prasat Puay Noi Temple Khmer Khon Kaen

 

Quelques-unes de nos principales étapes sur la carte…

Itineraire de notre voyage en Isan

Sources: Google Map

Notre découverte de l’Isan en cinq chiffres

  • 7 jours de voyage
  • 2,300 km de route
  • 8 provinces traversées (Buriram, Surin, Sisaket, Roi-Et, Kalasin, Udon Thani, Khon Kaen et Nakhon-Ratchasima)
  • 15 sites Khmers si mon compte est bon
  • … sans compter 2 sites Khmers à retourner voir absolument!

 

Notre voyage en quelques points

  • L’Isan nous a donné à profiter de tout ce que nous aimons en Thaïlande: des sites historiques riches et variés, de beaux paysages, des rencontres dont nous nous souviendrons longtemps… Nous avons globalement échappé aux attractions organisées pour le tourisme de masse et tant mieux, car ce n’est pas ce que nous recherchions cette fois ci.
  • Les distances sont longues dans cette région. Ce beau voyage n’aurait jamais été possible sans un véhicule individuel –ou cela nous aurait demandé beaucoup de temps.
  • La nourriture de la région est bonne, mais je m’attendais à plus de variété. Finalement, on trouve presque les mêmes plats « secs » que dans notre région, mais beaucoup moins de plats en sauce de type currys. Nous espérions profiter de ce voyage pour des découvertes culinaires… mais en fait non.
  • Parfois, nous n’avons pas trouvé d’interlocuteur anglophone, mais cela ne nous a jamais posé problème. Les personnes que nous avons rencontrées étaient d’une grande gentillesse et ont toujours tout fait pour nous simplifier la vie, et plus encore pour satisfaire les enfants. Dans les cas les plus extrêmes, nous avons fait appel à Google Image pour commander un bol de riz pour les garçons, plus difficiles que nous sur la nourriture.
  • Nous rentrons la tête pleine de belles images et les bras chargés de souvenirs: de belles reproductions de céramiques de Ban Chiang, un magnifique buffle de terre cuite, un grand panier tressé traditionnel, et un bel instrument classique à cordes pincées. Quelqu’un connaitrait-il son nom?

Nos souvenirs

Les petits contretemps

  • Dans les zones courues des étrangers, j’ai parfois des difficultés à avoir une salade de papaye pimentée normalement, tant les touristes sont adeptes du « Mai ped » (=sans épices). Dans l’Isan, il m’est au contraire arrivé de chercher la papaye au milieu des morceaux de piments… à en pleurer…
  • Nous n’avons pas eu de soucis majeurs d’orientation, mais pas mal de petites difficultés ponctuelles. D’une part, les panneaux en anglais étaient rares dans certaines zones –mais pas partout. Et surtout, les transcriptions du Thaï en lettres occidentales ont tendance à varier d’une fois sur l’autre. C’est toujours très embêtant pour trouver un lieu dont on croit connaître l’intitulé. En tant que responsable de la navigation, j’ai souvent râlé de devoir tâtonner et essayer plusieurs orthographes sur le GPS avant que ça marche.
  • Nous avons voyagé pendant la période la plus chaude de l’année, et pendant la plus grosse vague de chaleur en Thaïlande depuis cinquante ans… Nous avons donc eu très très chaud. C’est toujours resté vivable, mais cela nous a parfois obligés à écourter certaines promenades, par prudence… Au fait, j’ai bien bronzé des pieds, non?

Bronzage du retour

(Note: la cheville enflée et l’égratignure n’ont rien à voir… Apres 2,300 km sans encombre, je suis revenue me fouler le pied sur le pas de la porte de la maison! C’est malin!)

 

Les enfants en voyage

  • Les enfants ont adoré ce voyage: crapahuter dans les temples, rencontrer des animaux, s’enthousiasmer pour de nouveaux hôtels tous les soirs… tout est propice à l’exploration, et tout les intéresse! Plus tard, ils ne garderont sans doute que des souvenirs vagues de ce voyage, mais nous nous plaisons à penser qu’ils cultivent ainsi leur curiosité, leur goût de la découverte, et que c’est une belle façon de grandir.
  • Ce voyage a été placé sous le signe de la chanson française –longs trajets en voiture obligent. Les enfants ont appris de nombreux classiques pour tout-petits, et pas mal de Renaud, aussi. On entend maintenant régulièrement Petit-Deux s’égosiller dans les toilettes: « Lolaaaaaaaaaaaaaaaa!!!… » ou pire « Casse toi tu pues, et marche à l’ombre… » de sa jolie voix aigrelette.
  • A notre contact permanent, les enfants progressent à pas de géant en français. En plus du vocabulaire, Petit-Un commence à acquérir les bases de l’argumentation. Il explique très sérieusement qu’il doit absolument manger ce bonbon tout de suite parce que son papier le protège mal et qu’il craint une attaque de fourmis. Autant je ne cède jamais devant les cris, autant ses efforts de persuasion tendent à me faire fondre sur place…
  • On a toujours du mal à gérer la fatigue des voyages en « road trip ». Au bout de sept jours, nous étions tous assez fatigués et avons renoncé à la dernière étape, Phimai. Peut-être nos journées sont-elles trop chargées, mais les vacances sont malheureusement trop rares… Quelles sont vos trucs pour conserver des forces sur le long terme?
  • Pour la première fois, les enfants ont fait leurs valises et en ont été responsable pour toute la durée du périple. Ils s’en sont très bien sortis, et avec beaucoup de régularité!

 

Nous reviendrons!

  • Preah Vihear n’était pas au programme de notre circuit, car nous n’étions pas surs de la sécurité du site, situé dans une zone de conflit frontalier entre Cambodge et Thaïlande. Depuis notre retour, nous avons continué à rêver sur les belles vues de ce sanctuaire, et commencé à échanger avec de –rares- voyageurs ayant visité les lieux. Il semble finalement que la zone soit suffisamment sûre aujourd’hui. C’est dit, nous y retournerons!
  • Phimai avait été volontairement placé en fin de parcours pour pouvoir sauter cette dernière étape en cas de besoin. Le sanctuaire est en effet le vestige Khmer le plus proche de chez nous. Beaucoup de temples plus tard, adjoints d’un zeste de lassitude et de fatigue pour nous tous… nous avons laissé tomber la visite pour aller jouer à Batawaf à l’hôtel. Nous reviendrons sur un long week-end… C’est bon, aussi, de distiller les plaisirs!

 

 

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Les richesses du musée archéologique de Ban Chiang

Apres la traversée de la province de Kalasin, animée par les festivités aquatiques de Songkran, nous trouvons en Ban Chiang un gros bourg endormi. Depuis les découvertes archéologiques majeures du milieu des années 1960, la ville est devenue célèbre pour ses céramiques, vieilles de plus de 4000 ans. De grosses reproduction de vases ornent le rond-point de l’entrée de la ville et partout fleurissent des panneaux avec des pictogrammes de céramiques. C’est visiblement la seule attraction du coin.

 

Un site archéologique récent

Bonne surprise, le musée archéologique de Ban Chiang a été nouvellement refait. Entouré de jardins agréables, les bâtiments sont modernes et accueillants.

Les jardins du musee archeologique de Ban Chiang

Les garçons n’ont pas l’air de vouloir être très patients. Nous commençons rapidement la visite. La première partie de l’exposition retrace l’historique de l’invention des sites archéologiques. Depuis toujours, les paysans de la région avaient l’habitude de tomber sur des tessons de poterie dans leurs champs, qui les embêtaient plutôt dans leurs cultures. Un étudiant britannique en anthropologie passait justement par là il y a une soixantaine d’années, quand par accident, il s’étala de tout son long dans un chemin, et tomba nez à nez avec un morceau de poterie, élégamment décoré. Convaincu d’une découverte majeure, il contacta universitaires et des spécialistes. D’études en recherches, il fut démontré que les plus anciens sites de la région dataient de 2500 ans avant Jésus Christ, et constituaient l’une des plus importantes zones d’habitats préhistoriques d’Asie. Ban Chiang est aujourd’hui inscrite au patrimoine de l’UNESCO.

De nombreux affichages sont également consacrés aux différents patronages de la famille royale sur le site. Visites du roi, questions posées par la reine, photos d’autres membres de la famille… Ces aspects qui peuvent sembler un peu anecdotique pour des étrangers sont bien sûr très importants pour les visiteurs locaux, qui passent beaucoup de temps à consulter les panneaux.

 

Une surprenante civilisation préhistorique

Plusieurs salles replacent ensuite les vestiges et les découvertes dans leur contexte. L’on observe les salles de conservation des tessons, la façon dont sont restaurés les vases brisés, et surtout, l’on trouve de très intéressantes reconstitutions de sites funéraires de cette civilisation pré-bouddhiste –qui ne brûlait donc pas ses morts mais les enterrait. Cette civilisation néolithique semble encore mal connue et beaucoup d’observations restent sans explications. Il semble par exemple que les squelettes des périodes les plus primitives aient été enterrés en position fléchie, puis dans les périodes plus récentes, en position allongée. Curieusement, l’orientation spatiale des corps diffère d’un site à l’autre.

Squelette du musee archeologique de Ban Chiang

Cela fait de longues –très longues- minutes que Petit-Deux me tire sur le bras à me l’allonger. Il vient de se rappeler qu’il a vu un ascenseur au début du musée, mais qu’il aurait souhaité mieux l’observer. Il faut y retourner tout de suite. Dans cinq minutes? « Nooooooooooooon! » Il crie fort la bête, donc il a gain de cause, pour le bien-être auditif de nos co-visiteurs.

On refait tout le musée en sens inverse, on explique au mec qui contrôle les billets à l’entrée que « vous n’inquiétez pas on revient on va juste voir l’ascenseur ». Dieu soit loué il ne parle que Thaï donc il ne saura pas le fond de l’histoire. En fait ce n’est pas un ascenseur mais un monte-charge. Petit-Deux est content pareil. On étudie le fonctionnement des câbles, on regarde les deux boutons, dont le bouton rouge sur lequel il ne faut pas appuyer. On fait des photos (oui oui). Petit-Deux vérifie les photos: on voit mal les boutons. Il faut les reprendre (oui oui). Je commence à bouillir de poireauter depuis dix minutes devant le monte-charge d’un musée qui m’intéresse tant. Je convaincs Petit-Deux de repartir sans crier, lui laisse le téléphone, les photos, lui explique comment zoomer pour mieux voir les boutons, et le largue à son Papa qui, lui, n’a pas encore épuise son capital de patience.

Je retourne à mes squelettes.

Ceramiques de Ban Chiang

Sur les sites plus anciens, les corps étaient recouverts de céramiques brisées, puis dans les périodes plus récentes, entourés de vases entiers. Ainsi, plus de 90% des poteries retrouvées étaient en morceaux. Les très jeunes enfants étaient quant à eux enterrés dans des urnes funéraires. L’on a fréquemment retrouvé de menus objets personnels de métal, souvent des bijoux, autour des squelettes. En dehors des sites funéraires, peu de traces subsistent de cette civilisation, dont les constructions devaient être de bois. Ces foyers de peuplement disparaissent vers l’an 900 de notre ère, pour des raisons que l’on n’explique pas. Un temps peuplée par des Khmer venus du Cambodge, la zone reste ensuite inhabitée du 14eme au 18eme siècle.

 

Le travail de l’argile et le travail des métaux

Un peu plus loin, des mannequins de cire reconstituent ce que devait être le quotidien des habitants de ces zones de peuplement. Nous apprenons que les motifs géométriques des poteries étaient peints après cuisson. Les motifs géométriques rouges étaient tracés au pinceau.

Peinture sur les vases du musee archeologique de Ban Chiang

Enterrés avec certains corps d’enfants, ont également été retrouves d’étonnants objets, qui ressemblent à des rouleaux encreurs gravés, et qui étaient utilisés pour l’impression répétée de motifs logiques. Ils semblent que ces « tampons » n’aient pas pu être employés à la décoration de céramiques. Ils auraient soit servi de sceaux, soit été utilisés à l’impression de décorations sur des tissus.

Cette civilisation travaillait également le fer, puis le bronze, principalement pour façonner des bijoux. Petit-Un s’est beaucoup plu à observer les différents types d’ornements et à les nommer. A l’explication des principes de la fonte et du travail des métaux, il reste interdit. Il ne dit rien mais peine visiblement à saisir le concept, malgré une mise en scène très vivante de statues de cire. Ce qui nous semble si évident, à nous, adultes, n’est pas forcément facile à admettre…

Ceramiques et objets metalliques retrouves autour de Ban Chiang

J’ai apprécié ces reconstitutions intelligentes, avec des commentaires brefs mais pertinents, qui permettent une visite adaptée aux enfants et aux adultes. « Ooooooh, s’exclame Petit-Un, celui-là, il devait avoir très mal aux dents! » Il manque en effet pas mal d’incisives au squelette que nous observons. Je suis satisfaite: mes régulières mises en garde concernant la santé bucco-dentaire semble commencer à porter leurs fruits!

 

Un musée à ne pas manquer!

La dernière partie du musée présente enfin une très large collection des céramiques et autres objets d’arts retrouvés dans la région. Certains vases sont formidables d’arabesques entremêlées. J’aurais aimé y rester plus longtemps. Mais Petit-Un a visiblement atteint les limites de sa concentration. Un peu désœuvré, il s’est lancé dans l’analyse du fonctionnement des ventilateurs du musée, qu’il étudie de façon empirique en s’essayant à tous les boutons, malgré nos fréquents rappels à l’ordre. Quant à Petit-Deux, il a, lui, atteint les limites de la batterie de mon téléphone et de la tolérance de son Papa. Nous repartons aussi discrètement que possible.

Ceramiques de Ban Chiang

Nous avions hésité un temps à supprimer l’étape du musée archéologique de Ban Chiang, très au nord de notre périple. Si les cessions « musées » avec les enfants ne sont pas les plus faciles, celle-ci valait tout de même vraiment le coup, et nous n’avons pas regretté les kilomètres additionnels! Nous avons apprécié les riches collections, les explications claires, et les reconstitutions historiques parlantes dans des locaux vastes, bien agencés et bien éclairés. C’était une belle visite!

En repartant, nous faisons quelques emplettes de reproductions de vases dans les commerces environnants. Il s’agit certes d’une production de masse, mais locale, et fidèle aux couleurs et aux motifs que nous avions appréciés sur les originaux! Toujours gâtés par les locaux, les enfants repartiront même avec deux mini-vases en cadeau!

Et vous, comment gérez-vous vos enfants dans les musées? Histoire de me rassurer, avez-vous aussi des expériences d’enfants un poil bougeons? Et vous obstinez-vous à organiser de telles visites?

 

Procession de Songkran

Alors que nous nous apprêtons à reprendre la route, la voie est soudain coupée par un véhicule monumental, tout de feuillages recouvert, et au sommet duquel trône une espèce de nâga. L’étrange équipage est dirigé par quatre hommes à pieds, et progresse avec beaucoup de circonspection. Notre GPS nous indique de le suivre. Notre curiosité nous pousse également dans ce sens.

Char d une procession religieuse a Ban Chiang

Un peu plus loin, le char rejoint finalement une petite foule qui l’attend, pour un défilé, sans doute religieux, et sans doute lié aux cérémonies de Songkran. Les acteurs de la festivité sont élégamment habillés de tenues locales assorties, et beaucoup de dames sortent visiblement de chez le coiffeur. Elles se balancent doucement d’un pied sur l’autre au rythme des musiques contemporaines diffusées par le char. Elles sont aussi heureuses de nous montrer leurs costumes et d’observer les garçons que nous sommes ravis d’avoir découvert cette procession de fin d’après-midi. Echanges de bons sourires. Quelques photos… et c’est reparti pour Udon Thani.

Procession religieuse a Ban Chiang

Comme dans une grande partie de l’Isan, la province d’Udon Thani reste assez rurale, en dehors de sa ville principale. En route, nous croisons un troupeau de vache, et le GPS nous fait prendre plusieurs fois des routes qui ne sont pas encore goudronnée. Grand sera donc le contraste a l’entrée de la capitale provinciale…

Udon Thani rurale

 

Un Songkran urbain

Udon Thani est connu pour son Songkran festif. Nous sommes dans le coin et y avons prévu une soirée pour changer d’ambiance… et nous changeons effectivement d’ambiance! A l’entrée de la ville, nous nous retrouvons dans un embouteillage énorme, derrière un pickup de « ladyboys ». Visiblement déjà alcoolisés, ils se comparent les seins. D’abord habillés, puis avec les tee-shirts mouillés, puis en soulevant les tee-shirts. Nous sommes plutôt contents de ne pas avoir d’ados dans la voiture, et rassurés de voir les enfants bien occupés à nourrir leur chat sur l’Ipad, sans un regard pour ce qui se trame à l’extérieur.

Nous nous garons dans un grand centre commercial qui propose concert et animations pour les fêtes du Nouvel An Khmer. Il n’est pas 18h, mais la sono est déjà à fond. Deux animateurs visent le public avec des lances à eau. Je trouve ça assez rigolo et essaie d’y entraîner des enfants qui protestent: ils ne veulent pas être mouillés. Petit-Deux trouve la musique trop forte et nous repartons rapidement. Sans conviction, nous dinons d’un barbecue coréen industriel similaire à tous les barbecues coréens industriels des centres commerciaux et reprenons la route. La foule qui assiste au concert de Songkran est désormais cachée sous la mousse. Nous ferons ca quand les enfants auront grandi. Puis à nouveau une heure et demie d’embouteillages pour sortir de la ville, dont les rues sont maintenant envahies d’une foule éméchée et fort mouillée.

Clairement, ces fêtes n’ont pas grand intérêt pour nous, avec les enfants. Tant pis. En revanche, il est étonnant de noter les forts contrastes entre la Thaïlande des villes et la Thaïlande de la campagne. Plus singulier encore, l’hôte britannique chez qui nous logerons cette nuit-là nous racontera Udon Thani, à son arrivée en Thaïlande, vingt-huit ans plus tôt… A cette époque, aucune voie de la capitale n’était encore goudronnée, et l’eau montait tellement dans les rues, à la saison des pluies, que les enfants traversaient à la nage!

Udon Thani rurale

 

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Le musée des dinosaures de Kalasin

Entre éléphants, singes et jeux d’enfants, les garçons ont déjà pu apprécier les activités variées de l’Isan. A Kalasin, nous poursuivons nos découvertes avec la visite du musée des dinosaures. Bien que particulièrement couru au moment de Songkran, l’endroit est spacieux et bien organisé, et nous avons tous beaucoup profité de cette visite culturelle et familiale!

 

Un musée vaste et bien organisé

Comme la plupart des établissements touristiques, le musée des dinosaures est gratuit pendant les trois jours officiels de Songkran, d’où un important afflux touristique. Aux plaques d’immatriculation du parking, on voit que de nombreux visiteurs viennent de loin. Mais nous sommes les seuls étrangers. Tout est organisé pour accueillir agréablement les familles. Le grand T-Rex de l’entrée est habillé d’une chemise à fleurs traditionnelle du nouvel an Khmer et muni de pistolets à eau. Ça amuse beaucoup un groupe de petits garçons Thaïs de l’âge de nos enfants, qui restent cinq bonnes minutes à se tordre de rire devant le grand prédateur. L’ambiance est très conviviale et centrée sur les enfants.

Des figurants déguisés en dinosaures roses en peluche déambulent parmi les badauds. Petit-Deux se prend d’affection pour l’un d’eux, qu’il câline vigoureusement, entre les « oh » et « ah » énamourés de mamies qui traînaient par là. Pauvres acteurs en revanche. En plus d’avoir sûrement très chaud, ils ne voient visiblement rien depuis leur déguisement douillet, si bien qu’ils sont guidés par un accompagnant pour ne pas écraser les enfants alentours.

Le musée est vaste et riche. Tout n’est pas en anglais, mais au pire, il y a toujours au moins le nom latin des bestioles, en lettre occidentales, donc, et qui permet de se repérer. Les enfants sont un peu petits pour s’intéresser aux théories du bing bang et de la création, du coup on passe vite les premières pièces. Un peu trop vite d’ailleurs parce que tout à la fin, Petit-Un se rappellera qu’on a oublié la PREMIERE salle qui avait une jolie lumière noire. Il me trainera à rebrousse-poil dans tout le musée -dont je ne me souvenais pas qu’il était si long, pour arriver à l’endroit donné et dire: « Oui, c’était bien là! » avant de repartir en sens inverse –toujours en me tirant de toutes ses forces.

 

Les dinosaures de Thaïlande

Peu familiers des périodes jurassiques, les enfants découvrent avec émerveillement les nombreux squelettes de dinosaures en exposition. Ils montrent d’abord un intérêt soutenu pour les animaux proches de ceux qu’ils fréquentent habituellement: de gros lézards, des dinosaures-oiseaux, des dinosaures marins… Puis ils se prennent au jeu et me demandent de tous les nommer… Et là, grande solitude de la mère devant les squelettes… C’est ça de vouloir faire le malin et d’expliquer qui est le triceratops et lequel est le stégosaure… en dehors des bien connus, je n’en sais rien, mais rien du tout, du tout, moi!

Musee des dinosaures de Kalasin

Fait étonnant, après quelques « il a de grandes dents, celui-là » un peu détachés, Petit-Un ignore complètement les plus gros spécimens de tyrannosaures et de grands prédateurs. Petit-Deux, de son coté, a à cœur de bien vérifier l’état de tous les carnivores observés: « Il est mort celui-là?« , « Et celui-là, il est mort aussi? », « Oh, celui-ci, je pense qu’il est mort… » Alors que je réponds distraitement à ses interrogations existentielles, pas inintéressantes mais tout de même répétitives, je tombe sur l’étiquette d’un « Siamotyrannus » (quand on devient Maman, on n’a plus le temps de lire beaucoup d’étiquettes dans les musées). Ca alors! Un dinosaure de Thaïlande! En réalité, de nombreux squelettes ont été découverts dans le coin, et plusieurs races sont même spécifiques à la zone!

 

De belles expositions pour les petits et pour les grands

Petit-Un découvre les fossiles. Il écoute attentivement mes explications et semble fasciné par le fait que tout peut devenir fossile, un jour ou l’autre: poissons, dinosaures, coquillages, végétaux… Les vitrines et la plupart des objets exposés sont à hauteur d’enfant. Visite et observations sont très agréable pour tous!

Musee des dinosaures de Kalasin

Plusieurs salles proposent également des explications imagées et interactives à destination des enfants. Les garçons font remuer la « queue massue » que les ankylosaures utilisaient pour se défendre. Ils touillent l’estomac rempli de cailloux d’un autre congénère, qui consommait des pierres pour faciliter sa digestion. Ils regardent courir un vélociraptor (ou l’un de ses cousins) dans un stroboscope… Bref, des activités illustrées qui plaisent, pour entretenir leur intérêt au cours de la visite.

Un peu plus loin, une salle de cinéma « comme en vrai » propose une projection biquotidienne pour les jeunes visiteurs. Il s’agit de reconstitutions de l’époque des dinosaures, et je trouve les images belles et convaincantes, même si le commentaire est seulement en Thaï. Nos enfants sont, je pense, un peu petits et trop novices sur ces questions pour vraiment accrocher. Ils demandent rapidement à partir.

C’est à ce moment précis que Petit-Deux repère un ascenseur, sa grande passion du moment. Et là c’en est fini des dinosaures pour lui –et pour moi! Je termine la visite avec un adorable avorton qui me colle aux basques… d’abord pour me supplier de prendre l’ascenseur… ensuite pour se plaindre qu’il n’a pas le droit de prendre l’ascenseur parce qu’il est réservé aux personnes handicapées… puis pour m’expliquer que les personnes handicapées elles ne peuvent pas marcher parce qu’elles ont eu un accident ou qu’elles ont mal aux jambes et que du coup elles peuvent prendre l’ascenseur, elles… donc qu’on ne peut pas prendre l’ascenseur parce qu’il est réservé aux personnes handicapées et que « piquer un lama c’est non non non! »… et finalement de me faire la liste de tous les ascenseurs déjà pris pendant les vacances… puis la liste des ascenseurs prévus pour les hôtels à venir!

J’ai donc peu de souvenirs de la fin de la visite, si ce n’est que les enfants ont eu droit à un tour de tyrannosaure-manège tellement haut qu’ils ont une tête pas confiante du tout sur les photos. On frôle d’ailleurs l’émeute quand s’agglutinent les badauds, curieux de blondinets frisés. Pendant le tour de son frère, Petit-Deux me parle encore d’ascenseurs et on doit même faire un détour spécial pour vérifier qu’il ne s’en cache pas un dans un coin sombre qu’il a repéré. Petit-Un a visiblement adoré la visite. A la boutique, nous lui achetons un jeu sur les dinosaures, qu’il réclamera environ toutes les heures jusqu’à la fin du voyage.

 

Les routes de Kalasin

Nous reprenons la route pour traverser toute la province de Kalasin vers le nord, à destination de Ban Chiang. Nous retrouvons le lac de Lam Pao, déjà aperçu la veille. Un grand pont le traverse en son centre. Sur l’une de ses rives, un ancien bac a été reconverti en restaurant local. On nous avait recommandé les lieux et c’est vrai que l’environnement est agréable et singulier. Malheureusement, l’heure du déjeuner est encore loin et notre route est longue. Nous renonçons à la pause.

Bac sur le lac de Lam Pao - Kalasin

Sous les arches du pont tout proche, de nombreux Thaïs se sont installés avec leur pick-up pour passer la journée au bord de l’eau, se baigner un peu, boire pas mal et grignoter beaucoup. Une ambiance de fête et de vacances, une atmosphère conviviale comme on aime à en trouver! On sent que Songkran est là!

Lac et pecheurs dans la province de Kalasin

Un peu plus loin, toujours sur le lac, nous dépassons un curieux village de pécheurs. L’étendue d’eau est couverte de bateaux moussus et verts de végétation. La surface liquide est hérissée de systèmes de poulies et de balanciers destinés à retirer les filets poissonneux. Surprenant paysage, qui semblerait presque appartenir à un monde fantastique!

Lac et pecheurs dans la province de Kalasin

Avec les vacances, le gros des activités industrielles et agricoles semble s’être arrête. Beaucoup de villes grandes et moyennes fonctionnent au ralenti, alors que les commerces, restaurants et administrations ferment leurs portes. Dans la province d’Udon Thani, nous ne croiseront même aucun de ces camions transportant de la canne à sucre et qui sillonnent habituellement les routes, provoquant de réguliers embouteillages. L’on rencontre en revanche de nombreux religieux, des vacanciers, et surtout des asperseurs d’eau!

Moines bouddhistes

 

Songkran sur les chemins

Songkran a Kalasin

Dans un précédent post, j’avais évoqué quelques aspects des célébrations religieuses et traditionnelles de Songkran. Mais la partie visible du Nouvel An Khmer consiste surtout en de joyeuses batailles d’eau, en famille et entre amis. Dans les villages que nous traversons, les festivités sont centrées autour de manifestations conviviales et gaies, et de rassemblements bon enfant entre jeunes du coin. L’ambiance y est décontractée, mais également, souvent, très alcoolisée.

Songkran a Kalasin

Les fêtes de Songkran doivent marquer une période de renouveau. Beaucoup de Thaï profitent donc de cette époque pour se couper les cheveux. Plusieurs de mes collègues sont ainsi revenues des congés avec des brushings impeccables. Dans les campagnes le ton semble plus à la frivolité: on croise beaucoup de cheveux teints aux couleurs très vives et de crêtes de cheveux.

Songkran a Kalasin

Par groupes compacts, les jeunes gens montent sur des pickups et écument les villages proches pour les traditionnelles batailles d’eau. L’eau se doit d’être toujours propre, mais de jeunes facétieux la colorent parfois. Au bord des chemins, ils tombent régulièrement dans des embuscades bien organisées: l’on se jette des seaux d’eau en pleine face, avec une vigueur surprenante, avant de se recouvrir de poudre de talc ou d’une pâte à base de talc.

Songkran a Kalasin

Ces journées doivent être fort amusantes, pour les jeunes gens, mais également harassantes, entre les litres d’eau manutentionnés et le soleil de plomb. En général d’ailleurs, plus en s’avance dans le jour, plus les rangs des bataillons se clairsèment, pour ne laisser la place qu’aux plus alcoolisés. C’est malheureusement l’une des raisons pour lesquelles l’on déplore tant et tant d’accidents routiers à cette période, en Thaïlande.

Songkran aux environs de Khon Kaen

Mais dans ces festivités, les tableaux que je préfère par-dessus tout sont les jolies scènes familiales, grouillantes de petits enfants bronzés et trempés, les yeux pétillants d’excitation. Parfois c’est la grand-mère qui les surveille d’un regard bienveillant. Parfois un grand cousin de la vingtaine essaie de les faire danser, avec plus ou moins de succès, sur des musiques de sauvageons. Parfois même, c’est un oncle facétieux qui a abrité un petit, bien au frais, dans un de ces grands bidons qui servent de réserve pour les batailles d’eau!

Songkran aux environs de Khon Kaen

 

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Des singes et des ruines – Lopburi

L’entrée de Lopburi est moche. Ne pas se laisser décourager par l’architecture triste et laide, ni par les embouteillages. Et les hôtels plutôt moyens, et pas vraiment de bon restaurant. Et peu d’air qui circule d’où une atmosphère un poil étouffante.

Ne pas se laisser décourager, parce que nous, on a vraiment bien aime cette ville, avec ses chouettes vestiges du XIIe, son ancien palais royal et ses singes. Mieux encore, nous sommes tombés par hasard en pleine fête du Roi Narai: représentations traditionnelles et costumes d’époque, “street food” locale et excitation populaire ont réjoui les petits et les grands!

Comme d’habitude tout de même, prévoir de l’eau à profusion et si possible des excursions en début de matinée ou fin d’après-midi, car le soleil tape dur, sur certains sites.

 

Le complexe de temples Khmer de Wat Phra Si Mahathat

Sur la partie ancienne, c’est le site de Wat Phra Si Mahathat (fin du XIIe siècle) qui m’a le plus marquée, d’autant que nous étions alors presque seuls à le visiter! C’est un complexe de temples Khmers, réhabilité en 1985, si l’on en croit la datation des briques. Le parc historique donne une bonne idée du plan au sol des temples. Quelques bâtiments –très certainement rénovés– restent debout, ornés de moulures aux motifs délicats.

Le complexe de temples de Wat Phra Si Mahathat a Lopburi

Ils fournissent aussi, à l’occasion, une ombre salvatrice. On se promène au cœur des temples anciens, on parcourt les couloirs et les allées, on grimpe les escaliers, on franchit le pas des portes… Libres d’explorer et de crapahuter à leur guise, les enfants se sont vite passionnés pour le lieu: sauts périlleux dans des volées de marches inégales, observation de bas-reliefs d’éléphants et de statues de bouddhas sans têtes, collection de plumes de pigeons…

Le complexe de temples de Wat Phra Si Mahathat a Lopburi

 

Les singes et Phra Prang Sam Yot

Le site de Phra Prang Sam Yot est quant à lui beaucoup plus connu et beaucoup plus couru. Avec ses trois prangs, il a fière allure, cet ancien temple Khmer de la fin du XIIe siècle, lieu de culte Hindu, avant de devenir Bouddhiste. Mais c’est d’abord pour ses singes qu’on y accourt. Nous les premiers, bien entendu, d’autant que nous avons utilisé l’argument “singe” toute la journée pour trainer les enfants de musées en temples.

Une Thai en Costume Traditionnel devant le temple de Phra Prang Sam Yot

On est arrivés « aux singes » un peu impréparés. Nous les les savions possiblement voleurs et parfois agressifs. Et avions donc bien anticipé ces points: sacs fermés, ni lunettes ni chapeaux, et respect des distances de sécurité. J’ai cependant tranquillement abandonne Petit-Deux dans un grand escalier (une sombre histoire de porte que je n’arrivais pas à fermer)… pour le retrouver dix seconde plus tard hurlant de frayeur, flanqué de deux bébés singes qui lui caressaient les cheveux et tentaient de l’entraîner avec eux en le tirant par la main. Un peu style remake du Livre de la Jungle.

 

Toujours se méfier des singes, malgré tout…

Heureusement, Petit-Deux n’est pas rancunier: dès lors qu’il a eu retrouvé mes bras, il a été ravi d’observer de près les petits macaques qui m’escaladaient! Papa-Tout-Terrain et Petit-Un de leur côté se sont bien amusés à prendre des photos et ont élaboré une technique pour faire fuir les animaux curieux par la force centrifuge, en tournant sur eux-mêmes à toute vitesse. Nous sommes cependant restes méfiants et avons évité les contacts trop proches et trop longs avec les animaux, surtout les plus gros, visiblement plus agressifs.

Temple de Phra Prang Sam Yot et ses singes - Lopburi

Et pendant ce temps-là, un petit couple de Chinois s’était fait piquer son téléphone…

Le lendemain, nous repassons à proximité du site en voiture. Dans ce contexte, les singes n’hésitent pas à grimper sur les véhicules, et même à vider les coffres des pickups… Rien à dévaliser chez nous, alors nos petits compagnons se sont attaqués aux joints de caoutchouc du toit! On a mis un petit moment à comprendre l’origine des bruits de mastication…

…Un temps follement amusés, on s’est soudain rappelés en adultes que c’était peut-être toxique pour les singes et qu’en plus ça abimait sûrement la voiture. Bon, discretos, on a renfoncé les joints à la sauvage après coup et ça se voit plus trop…

Des singes escaladent notre voiture a Lopburi

Nous avons aimé cette visite et les enfants aussi. En revanche soyons clairs, l’attraction peut ne pas plaire à tout le monde. D’abord, vu le nombre des singes, l’environnement ne sent tout de meme pas tres bon. Et puis les animaux ont pris des habitudes agressives et peu plaisantes au contact répété des touristes. Surtout avec des enfants, il semble donc indispensable de garder un maximum de prudence.

 

Le Palais du Roi Narai

Troisième vestige majeur de la ville, et de facture bien postérieure aux deux précédents sites, le Palais du Roi Narai (fin du XVIIe siècle) date de l’époque ou Lopburi était la seconde capitale du royaume d’Ayutthaya. L’enceinte est globalement bien conservée: cours intérieures, salle du trône, vestiges d’une citerne, d’étables pour les éléphants, d’entrepôts royaux… Elle abrite également le musée National, réparti en plusieurs pavillons (fin du XIXe).

Le Musée National n’est pas immense, mais assez riche, et présente de façon transversale l’histoire de la région. Les enfants ont surtout aimé la période préhistorique et antique, donc moi aussi (en traduction, je n’ai pas eu le loisir de me pencher sur les autres sections). Des bijoux, des silex, des armes millénaires, des poteries… ces objets évoquent étroitement ceux de l’histoire occidentale, et je suis étonnée de trouver tant de ressemblances dans ces vestiges primitifs. “Wahou, Maman, un vrai squelette vivant!” Oui, il y avait même un squelette (bien mort depuis plus de vingt siècles), et pour Petit-Un, ça a été le clou du musée!

Ça c’est la visite du Palais hors période de la “Fête du Roi Narai” (King Narai Reign Fair). Heureusement que nous avons visité Lopburi deux fois, parce que pendant les festivités annuelles, qui durent une dizaine de jours, on ne voit pas le lieu de la même façon.

 

Fête costumée pour le Roi Narai

Nous sommes tombés par hasard en plein dans la dernière soirée de la trentième édition de l’événement. Nous ne saurons pas si ce soir-là était le plus grandiose mais nous avons découvert une fête énorme, joyeuse, colorée et populaire qui nous a tous séduits, au fur et à mesure que nous avancions dans les rues anciennes de la ville.

Defile en customes traditionnels pour la Fete du Roi Narai (Lopburi)

Dans le Palais, on découvre les cours successives, éclairées de lanternes et de bougies. Des stands de nourritures festives et de produits locaux se serrent un peu partout. Presque tous les badauds (sauf nous) sont vêtus de costumes traditionnels aux hautes coiffes dorées. Ils se pressent gaiement, se photographient, s’apostrophent, se complimentent, grignotent, s’arrêtent pour écouter quelques notes de musiques ou les répliques d’une représentation théâtrale. Les enfants, souvent peu à l’aise dans la foule, sont ravis: barbe à papas et douceurs Thaï, photos parmi des musiciens traditionnels et avec quelques jeunes filles entreprenantes, procession aux chandelles moyennant une petite offrande aux représentants d’un temple… Je retrouve même une mamie à la coiffe somptueuse, en pleine conversation avec Petit-Un, et découvre qu’il parle Thaï, en fait, malgré sa réserve habituelle!

Photo en customes traditionnels lors de la Fete du Roi Narai a Lopburi

 

Miracle de fin de soirée

La fin de soirée mérite également le récit. Alors que nous nous étions tranquillement garés sur l’esplanade vide d’un temple, quelques heures plus tôt, nous découvrons que la zone s’est transformée en parking géant. Sous la gestion habile des moines du coin. L’imbrication des véhicules est digne d’un Rubicube. Chacun est garé sans freins.

Pour nous tirer de là, un moine brillant de transpiration avance et pousse cinq ou six pickups. Quand survient le drame: le conducteur de la dernière voiture a oublié d’enlever son frein à main. La nuit est encore jeune, rapport à nos petits asticots dont nous tentons de préserver le sommeil. Impossible de savoir combien d’heures nous devrons attendre le conducteur maudit. Nous sommes bien embêtés. D’autant que même le moine a disparu… quand soudain il revient en sauveur, muni d’une espèce de gros cric à roues. Crouiiic, crouiiic, crouiiic… ni une ni deux, le moine soulève les roués bloquées et dégage le dernier véhicule! Dieu soit loué!

Un moine deplace un pick up qui nous gene - Lopburi (Thailande)

 

Le temple Wat Thep Phithak Punnaram (Nakhon Ratchasima)

Sur le chemin du retour, tout près de la Nationale 2, nous faisons halte au temple Wat Thep Phithak Punnaram (« Wat » veut dire « temple »), connu pour son immense Bouddha blanc qui trône au milieu d’une montagne, et surtout, pour les 1250 marches qu’il faut grimper pour l’atteindre. Le chiffre de 1250 représente le nombre des moines qui s’étaient rassemblés, à l’occasion du premier sermon de Bouddha. Bref, on grimpe, il fait chaud.

Petit-Deux refuse de faire un pas. Je le prends sur le dos. On s’arrête plusieurs fois pour boire, on motive Petit-Un en parlant d’un paquet de chips. Petit-Deux râle parce que je grimpe trop lentement et qu’ il voudrait les chips tout de suite, on arrive en haut, on enlève les chaussures parce que c’est sacré, on regarde les gens prier et brûler de l’encens. On étouffe (à cause des gens qui prient) un cri quand Petit-Deux s’approche du vide, on profite de la vue, on explique à Petit-Deux que non on ne peut pas ouvrir les chips au pied du Bouddha…

 

… et on redescend!

Finalement, on trouve un coin pour les chips, les garçons s’arrachent le paquet et finissent par le déchirer, on ramasse les chips au milieu des fourmis, on finit l’eau qui est un peu chaude et avec des poissons de chips, on redescend les marches qui restent avec Petit-Deux qui fait “les grandes jambes”, C’est à dire qu’ il saute une marche sur deux et manque à chaque pas de rouler dans le vide vu qu’en fait, ses jambes, elles sont petites… et enfin on arrive en bas. C’était bien pour la vue, pour le bon moment en famille, pour se dégourdir les pattes et deviser en balade. Après, c’est une montagne avec un bouddha (normal mais blanc) en haut, il faut bien le dire. C’est peut-être un peu haut pour qui n’a pas l’intention de prier.

Le Temple Wat Thep Phithak Punnaram au Nord de Khao Yai

 

 


Lopburi en Pratique

  • Wat Phra Si Mahathat – Coordonnées GPS: 14.798618, 100.613919 – Ouvert tous les jours de 7h00 à 17h00. Le ticket adulte coûte 50 bahts. Comptez 1h à 1h30 de visite.
  • Phra Prang Sam Yot – Coordonnées GPS: 14.803099, 100.613962 – Ouvert tous les jours de 6h00 à 18h00. Comptez 30 minutes à 1h de visite.
  • Le Palais du Roi Narai – Coordonnées GPS: 14.801884, 100.610068   (Attention, le Palais du Roi Narai n’est pas correctement situé dans Google Map) – Ouvert tous les jours de 8h30 à 16h30. Le ticket adulte coûte 50 bahts. Comptez 1h30 de visite.
  • Wat Thep Phithak Punnaram – Coordonnées GPS: 14.616313, 101.265526 – Entrée libre.

 

 

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Le Trésor du Musée Maritime – Chanthaburi

De passage à Chanthaburi, nous sommes tombés par hasard sur un dépliant publicitaire qui recommandait le fort de Noen Wong (Noen Wong Fort), et mentionnait la présence d’un musée maritime attenant. Pas un mot en revanche de notre guide. Nous nous y sommes rendus tout de même, un peu à l’aveugle, et n’avons pas regretté le détour!

 

Le fort de Noen Wong (Noen Wong Fort)

Les enfants traînent les pieds pour sortir de la voiture. Ils préfèreraient continuer à jouer avec leur nouvelle collection de coquillages, « récoltés » dans un restaurant de Chao Lao Beach.

Nous commençons par un tour des fortifications. De la forteresse de Noen Wong, il reste une sorte de tour de guet qui n’a pas l’air d’époque, mais surtout une imposante enceinte en brique, défendue par des canons régulièrement espacés. Le fort a été construit vers le début du XIXème siècle par le Roi Rama III, pour défendre le Royaume de Siam contre les invasions du Royaume du Vietnam. Datés de la même période, les canons sont visiblement importés d’Occident, ce qui n’est pas très étonnant vu les relations qui liaient alors le Siam avec les Etats Unis et la Grande-Bretagne. Petit-Un est très impressionné par les explications de Papa-Tout-Terrain, quant à l’utilisation du canon. Il répétera plusieurs fois la manœuvre de mise à feu.

Les canons du fort de Noen Wong

 

Le Musée Maritime (National Maritime Museum) de Chanthaburi

Autant l’extérieur du bâtiment ne paie pas de mine, autant le contenu du musée nous aura éblouis. La salle la plus impressionnante reconstitue une jonque Thaï traditionnelle, à taille réelle. Le bâtiment de bois sombre (traditionnellement en tek) était semble-t-il destiné au négoce. Comme sur les bateaux du sud de la Chine, de gros yeux sont peints sur la coque. Dans la croyance, ils protègent l’embarcation et lui permettent de « voir » les dangers.

Yeux sur la coque d'une jonque Thai

Par des ouvertures ménagées dans les flancs du bateau, nous découvrons les cales, qui regorgent de denrées exotiques et de liquides conservés dans des sortes d’amphores. Nous dépassons les cabines de l’équipage. Elles abritent dont un type en train de mourir d’une flèche d’Indien d’Amérique dans le ventre. Dieu soit loué, les enfants ne le remarquent pas. De là, des escaliers raides mènent sur le pont.

A l’étage, la reconstitution est fascinante. La plate-forme est envahies de cordages. En levant le bras, on peut toucher les « voiles », retenues par des sortes de nattes de bambous tressées, et qui se replient en accordéon, suivant de grandes lattes horizontales. Le pont est beaucoup moins plat que ce à quoi je m’attendais et les rebords ne sont pas bien hauts. Pas très sympa en cas de tempête! Les enfants se mettent à la barre et aident un moussaillon-mannequin à procéder à des manœuvres compliquées, pour la photo.

Les cales d'une jonque Thai

 

Vestiges marins et artisanat thaï

Un peu plus loin, une autre salle reconstitue des fouilles archéologiques maritimes. La scène s’observe depuis deux étages distincts, l’un pour la partie émergée, l’autre pour la partie sous-marine. Nous examinons les (faux) plongeurs contemporains fouiller les restes de la coque d’un bateau, envahis de coraux et d’animaux marins. Autour de ces thématiques, des activités à destination des enfants proposent de reconnaître à l’aveugle de (faux) objets anciens, extraits des restes de l’embarcation exposée: vases, cordages, tessons d’amphores… Les enfants sont encore un peu petits, mais je suis ravie de pouvoir leur proposer une première introduction aux principes de l’archéologie!

La suite du musée présente une profusion de maquettes de bateaux de style Thaïlandais, ainsi que plusieurs d’objets régionaux. C’est intéressant mais somme toute plus classique. Au final, la visite nous aura beaucoup plu, avec la petite limite que les explications en anglais sont parfois un peu sommaires. Cela nous a laissé le loisir de l’observation et l’imagination. Et soyons réalistes: avec les enfants dans les pattes, nous avons de toute façon rarement le temps de lire les panneaux de commentaires.

 

Le long des murailles…

Nous ne partirons bien sûr pas avant d’avoir nourri les carpes du bassin du musée. Il est toujours assez fascinant de voir ces dizaines de poissons se jeter sur la nourriture en formant une masse tellement compacte que ceux « du dessus » ne touchent même plus l’eau!

Les enfants nourrisent des carpes

Nous terminons la visite en faisant le tour des murailles circulaires du fort de Noen Wong, en voiture. Les fortifications de briques et de terre, vieilles de plus de deux cent ans, ont bien résisté à l’œuvre du temps. En revanche, il ne reste presque aucun bâtiment à protéger au cœur des murailles, juste quelques plantations et visiblement un temple –que nous n’avons pas trouvé. On se demande à quoi cela pouvait ressembler à l’époque du Royaume de Siam. Çà et là, il est émouvant de constater que la végétation et la nature commencent reprendre leurs droits.

 

Les marais salants de Chanthaburi et le Bord de Mer

Sur le chemin du retour vers la maison, nous traversons la zone de marais salants de Chanthaburi. Ils ne se visitent pas, a priori, mais nous pouvons observer au passage quelques ouvriers en pleine récolte. Sur le bord de la route, des baraques proposent à la vente d’énormes sacs de sel, pour une bouchée de pain. J’utilise en ce moment un sac d’un kilo (20 baths, soit un demi euro) qui devrait nous durer un an ou deux. Je trouve amusant et étonnant de cuisiner avec cette fleur de sel non raffinée et donc grisâtre, aux cristaux bien plus grossiers que ce que l’on trouve dans le commerce. Mais bon, ça reste du sel, quoi.

Paysage de marais salants pres de Chanthaburi

 

Un peu plus loin, nous dépassons les Mangroves de Khun Kraben. Le temps est trop court pour nous y arrêter, mais nous nous promettons d’y revenir. En revanche, nous nous permettons un dernier crochet dans une ferme piscicole voisine. L’entrée y est libre. L’on n’achète que la nourriture à distribuer aux animaux de l’élevage. Lorsque l’on jette la pitance dans les cages en pleine mer, l’on ne sait jamais quel type d’animal marin va surgir. Nous découvrons de magnifiques tortues géantes. Des poissons plus ou moins gros, plus ou moins vifs… Il y a parait-il des requins, mais nous ne les avons pas trouvés. La pause n’a pas été très longue, mais c’était une détente agréable. Il faut juste faire attention aux enfants car les rambardes protègent mal d’éventuels plongeons.

Avec du recul, ce n’était malgré tout pas une bonne idée que de laisser les enfants nourrir des poissons vivants. Avec des poissons morts. L’activité a ainsi passablement « parfumé » notre gentille marmaille, avant plusieurs heures de voiture…

Ferme Piscicole pres des Mangroves de Khun Kraben

 

 


Le musée maritime de Chanthaburi en pratique

 

 

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