Le Faux Pas – Plages de Rayong

Je ne me moque pas. C’est juste un faux pas. Mais on a bien le droit de rigoler un p’tit peu, quand même… Waha haha haha hahaha! Bon, attendez une seconde que je recouvre mes esprits…

 

Le projet

On part pour un joli week-end en famille. Un week-end calme dans une région loin de tout. La nature, la jungle, le chant des oiseaux.

L’hôtel est si reculé qu’il y a une heure de route jusqu’au restaurant le plus proche. Du coup, on s’est préparé un pique-nique royal. Et un petit déjeuner aussi. On a même pris des ballons et des buts pour jouer au foot. Et des poteaux pour jouer au rugby.

Nous sommes à peine partis que du fond de la caisse, les sardines nous rebattent déjà les oreilles: « Quand-est-ce qu’on pourra manger le pique-nique? » « T’as bien pris MES chips, hein? » « Je pourrai manger tout le jambon tout seul? » « Quant-est-ce qu’on mange? » « Gniii!!! » (Ca c’est Princesse-Punk qui ne sait pas parler mais adore manger.)

Nous montons la musique pour faire revenir le calme. « Pop See Ko » a un gros succès ces temps-ci. C’est hautement intellectuel alors ça met tout le monde d’accord.

 

Le Faux Pas

On approche du but. Le jour est encore jeune. Tant mieux, nous pourrons profiter du joli bungalow en bois traditionnel, (de ses moustiques) et du vert jardin de jungle tropicale.

Soudain, le visage de Papa-Tout-Terrain s’obscurcit en un air soucieux. « On est le combien? » Sans attendre ma réponse, il s’arrête sur le bord de la route en un crissement de pneus et compulse frénétiquement son téléphone. Il n’a pas l’air de rigoler. Même Pop See Ko s’arrête de chanter.

« C’est pas le bon jour. »

Effectivement, il a réservé l’hôtel à une date aléatoire sans aucun rapport avec notre week-end. Ca me donne drôlement envie de rire. (Mais je me retiens, vu sa tête.) D’habitude, ce genre de dysfonctionnements relève plutôt de ma compétence. Voyez plutôt, j’ai même réussi à louper la rentrée scolaire cette année!

Et puis c’est bête, mais les grains de sable dans notre organisation m’amusent follement. On va pouvoir dormir à la belle-étoile? Etre recueillis par les bergers et leur troupeau de yaks? Construire une cabane en bambou dans le repli d’un rocher et faire un feu de joie pour tenir les tigres éloignés ? (Il reste quelques tigres à l’état sauvage en Thaïlande). C’est infiniment romantique!

 

La réparation

« Quand est-ce que je pourrai avoir mon hamburger? » coupe Petit-Un, soudain inquiet. « Non, pardon. Quand-est ce que je pourrai avoir mon han-bour-gueur, s’il vous plait? » Il a bien compris la gravité de la situation. La formule de politesse est certes un peu opportuniste. Mais j’apprécie l’effort qu’il fait pour imiter mon accent français. Et dire qu’il n’y voit pas (encore) malice, le bougre!

Papa-Tout-Terrain tapote fébrilement sur son Smartphone. « C’est bon, j’ai un autre hôtel! » C’est en plein centre-ville. Dommagepour la grotte et les yaks. (Il n’y a d’ailleurs pas de yaks en Thaïlande.) Petit-Deux en revanche est fou de joie: il y a même un ascenseur avec des boutons!

Quant à notre pique-nique, c’est finalement sur les belles plages de la province de Rayong que nous le dégusterons, entre deux parties de foot et un magnifique coucher de soleil. Les enfants ont été si conquis qu’ils souhaitent déjà réitérer l’aventure…

Le Faux Pas - Plage de Rayong

 

… Et en bonus, puisque nous n’avons pas pu annuler la réservation initiale, elle sera l’occasion d’une nouvelle balade en famille pour bientôt! C’est à se demander si Papa-Tout-Terrain ne l’a pas fait exprès!…

 

Le Faux Pas - Plage de Rayong

Le Faux Pas - Plage de Rayong

Le Faux Pas - Plage de Rayong

Ratés de vacances autour de Hua Hin

Y a des fois où ça veut pas. Et quand ça veut pas ça veut pas. Hua Hin, ça voulait pas. Pourtant on a essayé deux fois: quand on l’a traversée du nord au sud, puis sur le trajet retour, du sud au nord. Dans un sens comme dans l’autre, on n’a pas tellement aimé la ville ni l’environnement, en soi. D’autant que les garçons ne nous y ont pas gratifiés du meilleur d’eux-mêmes, question attitude.

En fait, si, le Palais Mrigadayavan, on a adoré. Du coup j’en parle dans un billet séparé. Peut-être que les enfants y ont épuisé d’un coup leur quota de bonne volonté pour la région. En tout cas, il n’en restait visiblement plus pour après. Et pis ça ne s’est pas bien goupillé. Car ce n’est pas un endroit très adapté aux familles. Et ce n’est pas notre idéal-type de destination. Bref, quand ça veut pas ça veut pas.

Niveau parcours, on avait fait simple. On a globalement suivi la cote, de Cha’Am à Hua Hin, en s’arrêtant aux activités touristiques principales, en fonction de nos humeurs et du moment:

Carte de la region de Hua Hin
 Sources: GoogleMap

 

La Wildlife Friends Foundation

Sur ce coup-là tout est de ma faute. Le Wildlife Friends Foundation se visite sur réservation uniquement. Il s’agit d’une institution qui recueille des animaux maltraités, les soigne, et leur permet de vivre à nouveau dans des environnements plus proches de la nature. Au programme, une visite du site et une présentation des animaux le matin, puis une balade avec des éléphants l’après-midi. Sauf que tout se fait à pied, et qu’avec mes plus de huit mois de grossesse, je n’étais pas sûre de pouvoir tenir le choc. On a hésité jusqu’à la dernière minute. On s’est pointés le matin sans réservation. Et on s’est vu refuser l’entrée. Tant pis. C’est le jeu. Cela dit, j’ai lu partout le meilleur de cette visite et de cette fondation. Nous y retournerons à coup sûr, si nous repassons dans la région.

 

La Hutsadin Elephant Foundation

Du coup on s’est repliés sur la Hutsadin Elephant Foundation. Sur son site web, elle se présente comme une association à but non-lucratif, qui recueille des éléphants maltraités. Ben à vue d’œil c’est une vaste escroquerie! Je ne suis pas professionnelle de la chose, mais si je voulais sauver un éléphant, je ne m’y prendrais pas comme eux.

On entre via une sorte de temple privé hindou. Des statues plus grosses et plus dorées les unes que les autres. L’environnement fait très riche. On nous oriente directement vers les caisses, en nous proposant une balade à dos d’éléphant. Pas du tout dans l’esprit du respect des animaux, vu les photos. On décline. Les enfants sont déçus. On opte, dubitatifs, pour l’option de laver un éléphant. Avec en prime un spectacle.

Hutsadin Elephant Foundation

Ils vont nous chercher un malheureux animal attaché aux pieds et humide du précédent « lavage ». Curieusement le show nous est destiné, à nous seuls. Le cornac fait faire quelques tours à l’éléphant. Le fait s’assoir par terre. Puis lancer un ballon de foot. Puis faire quelques photos avec nous. Entre chaque activité, il nous ramène la pauvre bête pour nous demander de l’argent. Enfin, nous raccompagnons l’animal dans son enclos bétonné pour le doucher au tuyau d’arrosage. Il n’y prend visiblement aucun plaisir. On sent juste chez lui une immense résignation.

Hutsadin Elephant Foundation

Les enfants ont aimé faire les gardiens de but contre l’éléphant. Ils ont aimé le voir de près et l’asperger d’eau. Les grands sont surtout ressortis tristes. On a expliqué aux garçons que les éléphants étaient plus heureux dans la nature.

Quant à la Hutsadin Elephant Foundation, leur site web est totalement trompeur. Et je ne sais que penser des certificats d’excellence reçus de la part de Trip Advisor. Parce qu’en plus, c’était pas top.

 

Swiss Sheep Farm

Le jour est encore jeune. Nous nous décidons pour un passage à la Swiss Sheep Farm. Le parc est similaire en tout point à celui de Pattaya. Il n’a rien de remarquable, ce n’est pas vraiment le genre d’activités que nous recherchons en vacances, mais nous pourrons y passer un moment agréable.

Dès l’entrée, les enfants repèrent des balançoires. Complètement à l’opposé, si l’on suit le sens de la visite. Sous le soleil de plomb, on se retrouve donc à traîner deux petits êtres maugréants, qui ne songent qu’à rallier leur jeu fétiche. On y arrive. Je m’assieds pour souffler un peu. Enorme colère de Petit-Deux, qui tient à ce que je le balance, personnellement. Colère tellement énorme que je dois finalement l’évacuer du parc. Sous l’œil médusé de touristes chinoises en robes à froufrou, qui s’esbaudissent: « Waiguoren, waiguoren! » (= »des étrangers, des étrangers! »).

Pendant ce temps, Petit-Un s’est rappelé être passé devant un stand de tir à l’arc, tout à l’entrée du parc. Il adore voir son père tirer à l’arc. Il insiste à en devenir lourdingue. L’expulsion de Petit-Deux rend le départ imminent, après même pas quinze minutes dans le parc. Par compassion pour notre ainé, Papa-Tout-Terrain accepte l’activité. Malheur, il n’y a plus de flèches! A son tour, Petit-Un quitte les lieux en sanglots. Il passera l’après-midi à nous demander pourquoi il n’y avait plus de flèches dans le parc. Excellente question, puisqu’il y avait bien des arcs. Et je ne vois pas comment ils peuvent paumer les flèches avec des cibles à quinze mètres de distance. Cela restera un mystère.

 

Plearn Wan

Jusque-là, nous avons enchaîné les défaites. Persévérants, nous nous rabattons alors Plearn Wan, un ensemble de boutiques orientées « artistique », dans un cadre pseudo vintage. L’installation est construite en bois sombre, et constitue un cadre très agréable. Les étalages en revanche ne proposent que des pacotilles « made in China ». Pas grave, ce n’est pas comme si on avait le temps de faire les boutiques avec nos deux enfants-monstres, aujourd’hui.

Plearn Wan

L’extrémité de Plearn Wan propose une ambiance de fête foraine, avec une jolie grande roue. « Maman, Papa, on peut faire un tour s’il vous plait? » C’est demande si gentiment… Haut les cœurs, retour de la bonne humeur… C’est parti pour un tour! « Ah, désolée Messieurs-Dames, mais cette grande roue est seulement décorative. »

Je vous l’ai dit, quand ça ne veut pas ça ne veut pas!

On s’est piteusement rabattus sur des frites. On finissait par avoir un peu faim et les enfants étaient plutôt contents, rapport au ketchup. Sauf qu’à la seconde où les frites sont arrivées sur la table, Petit-Deux a eu besoin d’urgence d’aller aux toilettes. Oui oui. Vous l’aviez oublié, qu’il avait une gastro, hein?

Parce que quand ça veut pas ça veut pas.

 

Une jolie nuit au Lotus Villas & Resort

Là on a abandonné. On a dit on rentre à l’hôtel. On va faire une sieste. Dormir pour oublier. Laisser tomber. Ça veut pas ça veut pas.

L’hôtel était à quinze kilomètres. On a mis plus d’une heure et demie à l’atteindre parce que les routes indiquées sur Google Map n’existaient pas. On les a toutes essayées et –bien sûr- c’est la dernière qui était la bonne.

… Et nous sommes arrivés au paradis! Papa-Tout-Terrain avait trouvé, à la dernière minute, une villa avec piscine à un prix défiant toute concurrence, au Lotus Villas and Resort. L’espace était immense. La salle de bain à elle seule était plus grande que l’ensemble de l’hébergement de la veille. Et quel plaisir d’avoir une piscine rien que pour nous! Nous avons barboté, joué au ballon, beaucoup ri, fait une sieste, fait des courses de bus sur l’Ipad avec les garçons, commandé un délicieux dîner… Et en un rien de temps, toutes les déceptions de la journée ont été oubliées!

Lotus Villas & Resort

Le lendemain, au petit matin, nous étions prêts à repartir, dans la joie et la bonne humeur.

 

Traversée de Hua Hin

Nous n’avions finalement pas encore vu grand-chose de Hua Hin. Nous entamons donc la journée par une petite traversée en voiture, histoire de découvrir les lieux, et surtout de voir la mer. Ben la ville est moche et on n’a même pas aperçu la mer.

Hua Hin vue de Wat Khao Takiap

Hua Hin ressemble à toutes les grandes villes de Thaïlande. De grands axes très larges, poussiéreux et sans âme, encombrés de véhicules bruyants. Et des ruelles trop petites pour une conduite fluide, mais toujours sans âme. Des bâtiments ni jeunes ni vieux, avec un air incroyablement vétuste. Et des centres commerciaux sans intérêt. Le long du front de mer est bétonné. Les hôtels se tassent les uns contre les autres. Eux seuls ont vue sur la plage. On croise beaucoup de touristes occidentaux dans les rues. Ils sont généralement fort rouges, avec des piqures de moustique plein les jambes. C’est peut-être parce que nous vivons en Thaïlande, mais tout compte fait, ce n’est pas notre truc, des vacances à Hua Hin. Nous optons pour la fuite.

 

Wat Khao Takiap

De nouveau en chemin vers le sud, nous faisons escale à Wat Khao Takiap, un temple bouddhiste au sommet d’une montagne qui domine le sud de Hua Hin. Le temple est un temple normal, mais la vue en surplomb est magnifique. Je renonce néanmoins à gravir les derniers escaliers et reste dans la voiture avec Petit-Deux qui s’est endormi. Attendrie, je contemple l’ascension de Papa-Tout-Terrain et de notre « grand ».

Vue de Wat Khao Takiap

Un énorme coup porté sur le capot de la voiture me fait sursauter. Etrange. Rien à l’horizon. Pas rassurée, je scrute toutes les directions. Heureusement, Petit-Deux dort touj… « Aaaaaah! » Un énorme singe s’est juché sur mon rétroviseur. Il est à vingt centimètres de moi et commence à trifouiller les joints de caoutchouc de la voiture. Il a visiblement envie de faire connaissance. Moi pas tant que ça, en fait. Papa-Tout-Terrain et Petit-Un reviennent à point nommé. Deux ou trois moulinets de perche à selfie et l’importun a quitté les lieux. Moi qui m’étais un peu moquée de la nouvelle perche à selfie de Papa-Tout-Terrain, je la bénis franchement aujourd’hui. « Eh, t’as remarqué, l’endroit est infesté de singes! », me lance-t-il hilare.

Singes de Wat Khao Takiap

Oui, ça j’avais vu, oui.

 

Khao Tao Beach

Dernier arrêt avant de quitter Hua Hin, le temple chinois de Khao Tao Beach. On y accède via un petit port de pêcheurs. La photo est jolie, mais il faut être exactement dans l’axe, au bon endroit, sinon le petit port n’a aucun charme.

Khao Tao Beach

Se déversent alors cinq cars de touristes Thaïs. Ils n’ont visiblement jamais côtoyé d’étrangers car nous devenons immédiatement l’attraction principale. Petit-Un donne gaiement la main à un vieux monsieur qui lui raconte des trucs en thaï. Les deux ont l’air bien contents. Des jeunes filles essaient de caresser Petit-Deux, qui se réfugie sur mon dos, en sling, et recouvre sa tête d’un pan de tissus. Le message est clair. Alors les demoiselles se mettent à lui caresser les mollets et à me caresser le ventre. Non, en fait, le message n’était pas si clair. Nous ferons contre mauvaise fortune bon cœur. Après tout, elles sont un peu curieuses mais pas méchantes. Juste envahissantes.

Le temple chinois est un temple chinois. Joli mais sans intérêt particulier. On a même oublié de le prendre en photo. Disons qu’on finit par en avoir vu des centaines. Les enfants ont aimé le bassin des poissons. Et mettre des pièces dans les troncs (on passe toute notre monnaie dans les temples!).

Khao Tao Beach

De retour à la voiture, on réalise que Petit-Un a oublié le sac des maillots de bain à l’hôtel. On y retourne. En arrivant, nouvel accès de gastro pour Petit-Deux. Je l’emmène aux toilettes en catastrophe. Fausse alerte. Finalement plus rien. Il a juste passé vingt minutes sur le trône pour être sûr. Il y faisait cinquante degrés. J’étais sur le point de défaillir. Et lui, guilleret, de me commenter tous les bruits venant de cabines voisines. Charmant bambin!

Bref, quand ça veut pas ça veut pas.

 

Mais on n’a pas lâché l’affaire…

Sur le chemin du retour, nous avons retraversé Hua Hin dans l’autre sens. Arrêt dans un centre commercial pour une pizza. Petit-Deux voit un ascenseur. Supplications. On fait un tour d’ascenseur. On entre finalement dans la pizzeria. Ca fait très « bobo ». Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. Les pizzas ne sont pas adaptées aux enfants. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. Et il n’y a pas de frites. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. J’enrage. Jamais vu un enfant si relou. Petit-Deux veut refaire un tour d’ascenseur. On quitte finalement le restaurant. On n’y arrivera pas.

Petit-Deux ne veut plus faire d’ascenseur mais veut retourner au restaurant. On le remet dans la voiture. Il trépigne. Il veut retourner au restaurant. On prend la direction de la belle gare de Hua Hin qu’on n’a toujours pas vue. Petit-Deux veut retourner au restaurant. Je propose d’aller visiter la gare. Papa-Tout-Terrain est passablement échaudé et décide de rester dans la voiture. Ça tombe bien, pas moyen de faire sortir Petit-Deux. Il veut retourner au restaurant.

Je vais voir la gare avec Petit-Un. Elle est très belle. De style architectural thaï, elle date des années 1920 et a la spécificité d’abriter une salle d’attente royale. La visite prend dix minutes. Onze pour prendre Petit-Un en photo avec une belle locomotive d’époque. Nous retournons à la voiture. Petit-Deux veut aller visiter la gare.

Gare de Hua Hin

Et parce qu’on est vraiment optimistes, on a même essayé de jeter un coup d’œil au parc « Venezia Hua Hin ». Ça avait l’air peu animé et un poil vétuste. Et Petit-Deux voulait retourner à la gare. Bref, de guerre lasse, le soir venant, on a pris la direction de l’hôtel de Cha’Am, pour se rafraîchir dans la piscine et quitter cet endroit maudit!

Parce que quand ça veut pas…

 

Morale de l’histoire…

La ville de Hua Hin n’est pas très adaptée aux enfants. Elle propose pas mal de lieux à visées plus ou moins artistiques, que la jeunesse de Bangkok se plaît à fréquenter le week-end. Nous avons ainsi laissé tomber le Baan Sillapin Artists’ Village et le Cicada Market. Ces endroits sont sûrement sympas, mais pour nous ce sera dans quelques années.

La ville de Hua Hin ne correspond pas à la Thaïlande qu’on aime. On n’aime pas tellement les grandes villes. On n’aime pas beaucoup les endroits où se rassemblent de trop nombreux touristes. Nous préférons éviter les centres commerciaux et les grands hôtels au profit d’endroits plus décontractés. On s’y sent mieux et le budget n’est pas le même.

La ville de Hua Hin n’est pas adaptée à notre façon de voyager. On n’aime pas tellement passer une journée entière à se baigner. Nous avons donc volontairement évité les plages et les grands centres aquatiques.

Et puis, Hua Hin est tout simplement un nœud touristique important du pays… mais en trois ans, nous en avons déjà parcouru beaucoup de ces grandes villes pleines d’attractions et d’activités de vacance. Je crois que tout simplement, ce n’était pas ce que nous recherchions, à ce moment-là. Mais cela n’est pas très grave. Le reste du voyage était une réussite et dans la région, nous avons découvert énormément de petits coins plus intimistes, que nous avons adorés!

La Grotte de Phraya Nakhon

Au sud de Hua Hin, le relief de la cote Thaïlandaise change. Les montagnes se font plus escarpées, se couvrent d’une végétation plus dense et plus sombre. On pénètre dans le Parc Naturel de Khao Sam Roi Yod. Des roches sombres aux formes romantiques et torturées se découpent sur le bleu profond du ciel et le turquoise de la mer. Fait rare, la côte est presque entièrement préservée de constructions humaines. Nous sommes immédiatement conquis. Nous nous trouvons bien, dans cette atmosphère sauvage.

 

La Grotte de Phraya Nakhon en Pratique:

  • Coordonnées GPS pour le point de départ: 12°12’22.5″N 100°00’34.5″E
  • Entrée du parc de Khao Sam Roi Yod: 200 THB par adulte, 100 THB par enfant, gratuit pour les plus petits
  • Du point de départ, on peut (1) partir pour une rando « longue », de deux ou trois heures, jusqu’à la grotte, ou (2) opter pour une version « familiale »: un bateau de pêcheur nous conduit par mer sur une plage intermédiaire (Laem Sala Beach), qui réduit le temps de balade à une petite heure
  • Transport aller-retour à destination de Laem Sala Beach: 400 THB par bateau (dix minutes)
  • Durée de l’ascension pour la rando « courte »: 30 à 60 minutes selon les marcheurs
  • A emporter impérativement: de l’eau en grande quantité, de l’anti moustique et de bonnes chaussures
  • Il est recommandé d’arriver dans la grotte avant 11h le matin, pour profiter d’une luminosité idéale
  • A la fin de la balade, l’on peut se restaurer et se baigner agréablement sur la Laem Sala Beach

 

Parc de Khao Sam Roi Yod

 

Traversée en bateau

Nous nous sommes levés tôt pour visiter la grotte de Phraya Nakhon, au cœur du parc. L’expédition commence par une traversée en bateau. Des pêcheurs locaux aux visages tannés par le soleil et le sel font la navette.

Bateau de Pecheur

Il n’y a pas d’embarcadère. Shorts relevés, poches sécurisées, enfants sur les épaules et sacs à dos sur la tête, nous progressons jusqu’aux barques. La traversée est brève. Nous accostons sur une plage de sable blanc. Il nous semble presque y être les premiers humains! L’environnement y est magnifiquement préservé, propre et soigneusement entretenu.

Nous nous engageons sur le chemin qui mène à la grotte de Phraya Nakhon. Un panneau indique une distance de 430 mètres. Peut-être s’agit-il d’un dénivelé, car il nous aura fallu un peu plus d’une heure pour les parcourir. Ça monte dur. C’est assez glissant. Et bien sûr il fait chaud et humide. Mais ça reste faisable, même avec des handicaps: une femme enceinte de huit mois et demi (moi) et Petit-Deux, trois ans et une gastro.

Depart pour la Grotte de Phraya Nakhon

 

Un beau chemin semé d’embuches

Le chemin est accidenté, découpé, rocailleux et magnifique. La forêt humide revêt de belles couleurs vertes et profondes. L’ombre des feuilles se meut au gré de la brise marine et des rayons du soleil.

A mi-chemin, un belvédère propose une délicieuse vue en surplomb des flots et des ilots environnants. Le panorama nous récompense largement des premiers litres de sueur versés. Du haut, l’on mesure l’effort accompli.

Belvédère en chemin pour la grotte de Phraya Nakhon

On repart. Par bonheur, nous avons avec nous des chips « Sour Cream and Onion » qui remotivent les enfants lors des coups de mou et dans les passages les plus ardus. Autres indispensables: de bonnes chaussures, de l’eau en quantité, un anti moustique efficace, et le « porte-garçon » -car depuis que nous n’avons plus de bébé a la maison, toute mention de « porte-bébé » déclenche irrémédiablement les foudres de Petit-Deux. Vous ai-je d’ailleurs dit que cet enfant était vaguement susceptible?

Nous grimpons en parallèle d’un groupe de sinophones chaussé de Crocs et qui, sans eau, aura autrement plus souffert que nous pendant l’ascension. Nous croisons également ne nombreuses familles allemandes et néerlandaises, très équipées en matériel de marche et de montagne.

Mais globalement, notre fine équipe de Pieds Nickelés ne se débrouille pas si mal! Nous avons même presque fière allure lorsque nous atteignons le sommet! D’autant que les enfants ont grimpé tout seuls et avec grand courage.

 

La grotte de Phraya Nakhon

Arrivée en haut je suis atteinte d’une sorte de vague à l’âme lorsque je découvre qu’il faut descendre une bonne centaine de mètres pour pénétrer dans la grotte! Tout ça pour ça! C’était bien la peine de monter!

La Grotte de Phraya Nakhon

Le gouffre est humide et chaud. Ses voutes monumentales sont couvertes de stalactites immenses. Tout au fond, une gigantesque crevasse laisse passer le soleil. Nous arrivons un peu tard: la luminosité est sensée être meilleure avant onze heures. Il est presque midi: les rayons sont moins francs et plus diffus. Les contrastes sont moins nets.

Au centre de la grotte, un pavillon a été bâti pour marquer la visite du roi Rama V. D’autres rois se sont également rendus dans ces lieux magiques et y ont laissé leurs imposantes signatures –de presque un mètre de hauteur, tout de même! (Rien à voir donc avec mes paraphes en patte de mouches au bas des notes de frais).

C’est le moment ou Petit-Deux choisit de m’informer d’un besoin extrêmement pressant, rapport à sa gastro. Super! On est en pleine zone royale et sacrée. Et dans un parc naturel protégé. S’il se soulage ici, on ira en prison pour crime de lèse-majesté et on aura une amende pour non-respect de l’environnement!

 

La folle cavalcade

Il faut agir vite. Nous sortons le porte-garçon. Je chausse Petit-Deux sur le dos. Papa-Tout-Terrain se charge du paquetage et de Petit-Un. En route! On progresse vite. Dans l’urgence, dirais-je même. L’éblouissant paysage passe au second plan de nos préoccupations.

Pour distraire Petit-Deux de ses besoins les plus triviaux, on fait la conversation. Je lui promets tout ce qu’il veut. Un poney. Des frites. D’autres chips. Des bonbons. Vénal, lui veut des pièces. Depuis quelques temps, il adore en avoir dans les poches, en faire des tas, les compter, les admirer les reproduire sur papier… Il négocie comme un marchand de tapis. On se fixe des objectifs ambitieux mais réalistes, pour l’acquisition de chaque piécette. Le contenu de mon porte-monnaie y passe.

Laem Sala Beach

Soudain pouf, Petit-Deux a oublié son envie. Il demande à marcher à nouveau. Il me rend ma monnaie, qui alourdit son pantalon et repart, guilleret. Bien vite, nous atteignons tout de même la plage (et ses toilettes) dans un soupir de soulagement. Mais c’est trop tard pour Petit-Deux. Plus besoin du tout! Il ne se souvient même plus d’avoir eu envie. Charmant enfant!

 

Une très belle excursion

Soyons francs, bien que ce léger contretemps ait un peu hâté notre redescente, il n’a rien gâché de notre visite. Nous avons adoré le lieu et son sublime environnement. Plus que la grotte, c’est d’abord la balade et l’environnement qui nous ont conquis.

Retour de la Grotte de Phraya Nakhon

Nous reprenons le bateau, pour retrouver la voiture. Les enfants, désormais rodés au débarquement dans la mer, s’en donnent à cœur joie. Shorts remontés en haut des cuisses, chaussures à la main, ils courent dans l’eau en s’éclaboussant joyeusement. Mais à peine seront-ils installés dans leurs sièges auto qu’ils s’endormiront profondément…

Fin d'une belle balade a Khao Sam Roi Yod

Carte Postale – Le Palais Mrigadayavan

Chers tous,

Un petit coucou du palais Mrigadayavan. Il s’agit de la résidence d’été de Rama VI, roi de Thaïlande au début du vingtième siècle. C’est à cette époque que la région devient le lieu de villégiature officiel des générations de rois qui vont se succéder

Le Palais Mrigadayavan se trouve sur une base militaire royale. Ça nous inquiète un peu. De nombreux points d’intérêt en Thaïlande, se trouvent dans des zones militaires, mais on ne sait jamais si les étrangers y seront acceptés. C’est bien normal mais toujours un peu stressant pour nous. On briefe les garçons pour qu’ils se tiennent correctement. On ouvre toutes les fenêtres de la voiture lorsqu’on arrive à hauteur des sentinelles. Chacun se tient bien droit et sourit de toutes ses dents. Soulagement: le garde nous fait signe d’entrer. Cette fois-ci, il n’y aura même pas besoin de laisser nos passeports.

Avant d’accéder au palais, nos tenues sont contrôlées. Ma robe de grossesse est jugée trop courte. Il faut dire que j’ai sacrement pris du ventre depuis son acquisition, et ça ne la rallonge pas! On m’équipe d’une jupe longue, que je fais tenir autant que faire se peut sur mon appendice géant. Le pan avant rebique toujours. Une jeune femme m’aide à me rhabiller décemment. Sauf que ça glisse maintenant. Papa-Tout-Terrain complète l’œuvre en me prêtant sa ceinture. C’est moche mais très confortable, au final!

Nous pénétrons dans les jardins du palais.

Ils bordent la mer. De larges esplanades d’herbe verdoyante sont caressées par la brise marine. Elles sont ombragées par des arbres tropicaux séculaires, soigneusement taillés, mais qui conservent tout de leur grâce originelle. En hauteur, de longs corridors de bois relient les appartements royaux à la plage. Ces extérieurs sont magnifiques de naturel et de simplicité.

Palais Mrigadayavan

Le palais est implanté au cœur des jardins. Il est construit dans un style hybride de modernité occidentale des années 20 et d’élégante architecture thaï classique. Construit en tek et peint de couleurs claires, ses lignes sont légères et élégantes. Il s’intègre avec une sobriété souveraine dans son environnement. Le roi l’a voulu ouvert sur la mer, frais et traverse par les brises, afin de se soulager ses douleurs d’arthrite rhumatoïde.

Nous visitons les lieux sous l’étroite surveillance du personnel, car le respect pour la monarchie est primordial. Le culte royal est essentiel dans le pays, et marque de nombreuses facettes de notre quotidien. Ainsi, tous les matins au travail, mais aussi avant les séances de cinéma, l’hymne à la gloire du roi est joué: chacun se lève, arrête ses activités, fait silence ou chante. A la fin, on s’incline en direction d’un portrait du roi -il y en a dans toutes les pièces de l’usine. Saviez-vous également que c’est en Thaïlande que les peines sont les plus lourdes, en cas de crime de lèse-majesté?

La visite a déjà été longue.

Les enfants sont irréprochables. Mais Petit-Deux n’en peut plus. Il voudrait s’assoir par terre, dans l’un des grands couloirs de tek. Je demande la permission à une guide. A la vue du joli minois blond et de mon gros ventre, elle donne son aval, outrepassant sans doute quelques règles de bienséance. Nous trouvons un coin discret. Avec une grande gentillesse, et pour nous éviter tout ennui, la jeune femme restera aux côtés de notre petit bonhomme le temps qu’il se repose.

L’intérieur du palais Mrigadayavan est aussi sublime de sobriété que le laissaient présager les jardins. Chaque membre de la famille royale a ses propres appartements, séparés les uns des autres par de grands couloirs surélevés, ouverts au vent. Le mobilier est simple mais d’un extrême bon goût. Les pièces sont de tailles raisonnables mais confortables et dignes d’une famille régnante. L’architecture n’a rien à voir avec le faste flamboyant des palais de Bangkok, là où se joue l’essentiel de la vie politique… Mais qu’elle est belle, cette résidence d’été!

Des bises de nous tous,

Les « Tout-Terrain »

 

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Le port de Rayong – tradition et pollution


Direct, à la lecture ce titre, je vous sens déjà trop motiv’ pour venir visiter le port de Rayong. C’est ça, hein? Allez, tous à bord et que personne ne traîne les pieds!… On va voir la mer, un temple chinois, des bateaux de pêche aux milles couleurs, et on finira par un bon gueuleton! Certes, la zone est polluée, et nous reviendrons là-dessus tout à l’heure. Mais surtout, c’est un petit coin sympa qu’on aime pour les dimanches calmes en famille.

Le port de Rayong

 

Le port de Rayong en Bref

  • Coordonnées GPS: 12°39’25.6″N 101°16’27.7″E
  • Restaurant Laem Charoen: entre 1000 et 1500 THB pour quatre personnes, en fonction des plats commandés
  • Idées de promenade: Le vieux port de pêche, la jetée, le temple chinois, la plage… Si l’on est motorisé, suivre le front de mer vers l’est sur une dizaine de kilomètres: c’est une zone de plages et de restaurants informels, où les habitants de Rayong se plaisent à passer leurs week-ends, entre baignades et pique-niques.

 

Le port de Rayong - Carte

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Ne pas démarrer trop vite le dimanche…

Il est 6h28 et la douce voix de Petit-Deux nous réveille: « C’est bon, on peut avoir des meringues maintenant?« . Bon sang, mais c’est vrai! Il y a urgence! Hier soir on avait dit « Seulement une pour le dessert… et vous pourrez une avoir une autre pour le petit déjeuner, demain. » Saletés de meringues qui nous rattrapent. Je fais semblant de dormir et de n’avoir rien entendu. Papa-Tout-Terrain émet un grognement. En mari parfait, il s’extirpe des draps avec une grâce toute matinale et me propose de dormir encore. Reçu 5 sur 5! Merciii! Je me retourne pendant que Petit-Deux court en hurlant, en direction de la chambre de son frère: « Ils ont dit ouiiiii! »

Un peu plus tard, je retrouve mes trois hommes en train de construire des avions de Lego, sur la table de la cuisine. Petit-Un a le museau couvert de miettes de meringue. « Vas te regarder dans une glace pour te débarbouiller un peu! » Tout guilleret, il fonce en direction du congélateur! Ben oui, on a bien dit une glace, non?… Ce n’est pas comme si on était gourmands, chez nous, hein…

Tout juste propre, il entraîne déjà son frère: « Allez Petit-Deux, on va s’habiller! » Quel bonheur d’avoir des enfants qui s’habillent seuls… malgré quelques fautes de goût, à l’occasion, qu’il nous faut alors supporter la journée entière… Papa-Tout-Terrain et moi-même sombrons dans une rêverie ensommeillée, le nez dans nos tasses à café. On entend résonner une voix claire à l’étage: « Petit-Deux, tu as oublié ton slip! »

Trop vite, les garçons redescendent: « Qu’est-ce qu’on fait maintenant? » Il faut se rendre à l’évidence: nous boirons notre café tranquilles quand ils seront adolescents. Par désœuvrement sans doute, Petit-Deux balance gratuitement sa trottinette dans les jambes de son frère. Ça urge! Allez, en voiture, on part à Rayong!

 

Sur la jetée

Rayong est la capitale de la province du même nom. C’est une ville qui s’est développée très rapidement depuis la fin des années 80, en particulier autour de ses activités portuaires et de ses industries pétrochimiques. Mais c’est comme si son vieux centre était resté à l’écart de l’agitation économique. Avec ses maisons traditionnelles de bois, ses rues trop étroites et ses marchands ambulants, il conserve le charme désuet de la bourgade d’il y a un demi-siècle. Loin des barges modernes et des monstrueux porte-containers, le vieux port aussi a gardé ses bateaux de bois coloré, ses pêcheurs laborieux et ses frétillantes fritures argentées. Nous aimons ce monde oublié du temps.

La jetee - Rayong

Nous rejoignons le front de mer. Direction la jetée qui s’enfonce vers les flots. Les enfants sautent de rocher en rocher et se plaisent à observer les activités des pêcheurs du dimanche. Eux ne sont pas des professionnels. Ils ont venus en mobylette ou en pick-up, avec leurs gaules, quelques amis, et parfois des enfants. Ils devisent gaiement en attendant d’attraper leur diner. Curieusement il n’y a pas de femmes. La Thaïlande est plutôt paritaire, pourtant. J’imagine que l’activité ne doit pas passionner les épouses. Ce sont peut-être elles, d’ailleurs, sur la plage, qui devisent gaiement sur des nattes de pique-nique?

La jetee - Rayong

Nous observons deux techniques de pêche bien distinctes. D’une part, celle bien connue de la canne à pêche. Mais aussi une méthode inédite, où le pêcheur entre dans l’eau jusqu’au cou, pour se rapprocher de ses prises. Ce dernier est alors équipé d’un simple fil, ou parfois d’un filet. Il est le plus souvent seul, se déplaçant lentement et dans un parfait silence. Autant que faire se peut, nous demandons aux garçons de respecter la quiétude des lieux.

 

Industries et pollution

Du bout de la jetée, on voit la zone industrielle de Map Ta Phut, qui regroupe d’énormes usines pétrochimiques et plastiques, à une douzaine de kilomètres de là. C’est elle qui a fait la prospérité de la région, ces trente dernières années. Malheureusement, sur la même période, elle a également été responsable de graves accidents environnementaux, ainsi que d’une pollution extrême de l’air, de l’eau et des sols. Il semble qu’elle soit à l’origine de nombreuses maladies et d’un taux de cancer particulièrement élevé sur la région.

De Map Ta Phut au port de Rayong

La question de Map Ta Phut est cependant complexe. Cette zone a joué un rôle clé dans le développement économique et technique du pays vers la fin des années 80. De par la nature de ses industries, elle a impliqué une forte concentration des activités et a nécessité de gros apports de capitaux, tant de la part du gouvernement que d’entreprises locales et étrangères. Aujourd’hui, il est évident que faire machine arrière sera long et coûteux.

Map Ta Phut vu du port de Rayong

Depuis 2009, le gouvernement est devenu réellement exigent, quant à l’implantation de nouvelles activités. Il a refusé 85% des nouveaux projets industriels, et demande désormais des analyses d’impact de plus en plus poussées, sur l’environnementaux et la santé. En parallèle, des projets de décontamination et de dépollution commencent à voir le jour, mais la route sera longue. Pendant ce temps, la population continue d’être empoisonnée à petit feu. C’est hélas le lot de bien des pays émergents.

 

Le temple chinois

Nous revenons sur nos pas en direction du vieux port. En chemin, sur une esplanade écrasée de soleil, quelques fidèles se sont rassemblés pour brûler de l’encens dans le petit temple chinois du quartier. Les temples chinois ne ressemblent en rien aux temples que l’on peut voir en Chine. On les appelle seulement ainsi parce qu’ils constituent le réceptacle d’un bouddhisme arrivé de Chine au moment des grandes migrations de la fin du 19eme siècle.

Temple Chinois du port de Rayong

Aujourd’hui, en Thaïlande, presque tout le monde revendique d’ailleurs quelques ancêtres chinois. Il y a même des blagues à ce sujet. Un jour que je m’étonnais d’un fort absentéisme dans mes équipes, je me suis vue expliquer que les jours de fêtes traditionnelles chinoises, tous ceux qui désiraient se reposer un peu dégainaient un ancêtre chinois, pour justifier leur journée… « Sauf Untel: lui, il a trop picolé hier soir! », a rajouté malicieusement l’un de mes chefs d’équipe.

Temple Chinois du port de Rayong

Bref, les temples chinois sont généralement très colorés, fort découpés, et sculptés de volutes improbables. Abrités de toits convexes, plantés de figures protectrices, leur architecture typique et colorée ne manque jamais d’attirer le regard. A l’intérieur, les bouddhas classiques y côtoient des représentations de Guanyin et des rois sacrés, personnages traditionnels des cultes chinois. Ce sont des lieux de recueillement ouverts aux fidèles et aux infidèles, et à l’ambiance si chaleureuse que les enfants nous demandent parfois d’y aller brûler quelques bâtons d’encens. Ce n’est pas tellement notre religion, mais la découverte de la spiritualité, la reconnaissance et le respect des croyances d’autrui méritent bien ces petits écarts œcuméniques.

 

Le vieux port de Rayong

Nous terminons notre boucle dominicale par un passage sur le port. Il est bordé de grands hangars ouverts, qui s’adossent lourdement aux maisonnettes des pêcheurs. Les habitations sont basses et construites en bois sombres. Elles servent surtout aux moments de repos. Les hangars abritent non seulement les activités de la pêche, mais aussi les menues occupations quotidienne de la famille: on y mange, les enfants y jouent, et un mini hamac a même été installé pour la sieste du petit dernier. Au fond, les femmes vident les poissons, démêlent et réparent les filets, tandis que les hommes préparent les bateaux pour leur prochaine sortie.

Le port de Rayong

Ils sont beaux, d’ailleurs, ces bateaux aux couleurs vives, à la forme distinctive, et sur lesquels s’empilent filets et bidons de plastique. Les enfants agitent les bras lorsqu’ils les voient traverser le port en direction du large. Les marins partent certainement pour plusieurs jours, si l’on en croit le linge qui sèche aux hublots. Leur vie ne doit pas être facile, malgré les jolies photos que nous tirons de leur quotidien, aux accents un peu désuets.

Le port de Rayong

Nous nous installons face au port, à la terrasse d’un restaurant local que nous apprécions. De manière très prosaïque, nous avons d’abord aimé l’endroit pour son toboggan, parce que ça n’a pas de prix de manger en paix… et nous nous y sommes tant régalés que nous y retournons très souvent! Currys de crustacés aux asperges sauvages, pattes de crabes à la vapeur, crevettes sautées à l’ail, coquillages grillés aux fines herbes, poissons frits ou bouillis… que de plaisirs pour les yeux et pour les papilles!

Festin Thai

 

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Thaïlande authentique: la côte de Chanthaburi


La zone qui longe la côte de Chanthaburi n’est pas très distante de chez nous, mais déjà très éloignée de l’atmosphère de tourisme de masse de Pattaya. C’est pourquoi nous nous y rendons volontiers pour de petits week-ends paisibles.

Après une escapade dans le parc Namtok Phlio et un somptueux et insolite repas à la Ferme Pu Nim, nous retrouvons le bord de mer. Ce soir-là, nous dormirons sur la plage bien connue de Chaolao, mais nous nous y rendons par le chemin des écoliers

 

Notre balade sur la côte de Chanthaburi:

  • Coordonnées GPS du Fort de Laem Singh: 12°28’52.7″N 102°03’44.9″E
  • Coordonnées GPS de la Plage Chaolao: 12°31’58.6″N 101°56’37.1″E

 

En route

Nous descendons le détroit de la rivière Welu pour rejoindre la mer, au niveau de l’estuaire de Laem Singh, là où la rivière Chanthaburi rejoint le Golf de Thaïlande. Cette zone est loin d’être aussi touristique que celle de Chao Lao beach, mais ses plages sont truffées de petits restaurants pour les gens du coin. Nous nous nous y sommes arrêtés quelques fois et y avons toujours passé de bons moments: une cuisine simple mais d’excellents poissons, des chaises longues dans le sable, des jeux d’enfants, et quelques co-flâneurs locaux, venus en famille, souriants et très curieux de notre progéniture. Bref, tout pour une pause simple et agréable… et pour quelques galères à commander le repas, car il ne faut pas tellement compter trouver des anglophones, dans le coin.

Laem Singh est connu pour deux bâtiments, hérités de la période de l’occupation française de Chanthaburi à la toute fin du 19e siècle: le fort de Laem Singh, ainsi que l’ancienne prison coloniale, la prison Khuk Khi Kai. Cette dernière avait été construite par les armées françaises et servait à emprisonner les opposants Thaï. Le bâtiment d’origine subsiste, a priori, mais nous ne l’avons pas trouvé.

Le fort de Laem Sing

On a bien trouvé le fort en revanche, qu’il est difficile de louper, avec ses murs d’enduit rouge. C’était le quartier général de l’armée française. Il abrite aujourd’hui un petit musée qui comporte quelques panneaux explicatifs, quelques gravures d’époque et un canon. Il est amusant de le traverser pour se faire une idée de l’architecture et de la disposition des lieux. Nous n’avions pas manqué cette occasion lors de notre précédent passage, mais là, le musée est fermé. Même Laem Singh est désert, à l’exception d’un chien qui roupille devant le fort.

Au bout de la jetée sommeille un petit village de pêcheurs. Tôt dans la journée, il grouille d’activités, de poissons et de femmes de marins. Local et coloré, il mérite un petit crochet si vous passez par la, par curiosité et pour en ressentir l’atmosphère.

 

Villages de pêcheurs et zones de pêche

A peine plus loin à l’ouest, un grand pont enjambe l’estuaire de la rivière Chanthaburi. A mesure qu’on s’y élève, on découvre le paysage environnant.

A main droite, les terres, déchirées par un immense chenal. Des villages de pêcheurs aux bateaux multicolores qui se blottissent contre les rives du cours d’eau. Des mangroves luxuriantes, aux couleurs sombres et qui dentellent les bords de l’eau. Des zones d’élevage de mollusques, de crustacés et de poissons. Les installations de pieux de bois et de filets tressés sont traditionnelles. Les méthodes et les gestes des pêcheurs sont centenaires.

Village de pecheurs depuis le pont de Laem Sing

A main gauche, le soleil déclinant se reflète sur la mer, parsemée de quelques îlots.

Papa Tout-Terrain nous abandonne, pour partir à la chasse aux photos et à la lumière. A l’arrière de la voiture, Petit-Un et Petit-Deux sont absorbés dans une partie de Batawaf. « Regardez le paysage, les enfants, regardez ce magnifique coucher du soleil et ce village de pêcheurs! » « Oh, c’est très beau! », s’exclame Petit-Un sur un ton très convaincu et très convainquant. Non seulement il n’a pas interrompu sa partie de cartes endiablée, mais il n’a même pas levé les yeux. Il excelle à l’exercice. Il a de la chance pour ce coup-ci, nous ne lui en demanderons pas plus, et même pas de descendre de la voiture pour profiter des merveilles environnantes. Déjà Petit-Deux enchaîne en ricanant: « …mais il est tout petit, ton chien, wahahahahaha! »

Je reste dans la voiture par flemme de femme enceinte et pour surveiller les enfants et pour manœuvrer le véhicule, au cas où. Bref, par flemme, quoi. Devant nous, un pick-up s’arrête et déverse une demi-douzaine de jeunes couples en goguette. Comme un seul homme, toutes les demoiselles confient leur téléphone portable à leur petit ami et se jettent sur la rambarde.

Laem Sing

Commence la séance photo. Une patte en l’air, pour mettre les jambes en valeur. Ou une main sur la joue pour affiner le visage. Ou les lèvres en cul de poule pour faire ressortir les pommettes. Ou les trois en même temps. L’œil songeur, le sourire pensif, l’une fixe l’horizon, romantique. Le regard défiant, une autre prend une pose quasi guerrière de déesse des temps modernes. Au gré des compositions, elles enfilent et quittent chapeaux et lunettes de soleil, qui pimentent et colorent leurs attitudes. Dès la fin de la mitraille, elles posteront leurs photos sur les réseaux sociaux, bien sûr. J’admire la patience des petits amis, photographes très dociles, rarement sous la lumière des projecteurs.

A chaque âge ses plaisirs… je m’amuse à l’idée que dans quelques années, comme moi, ce seront les photos de leurs enfants que partageront ces jeunes femmes, sur les réseaux sociaux.

De Laem Sing a Chaolao beach

 

Chaolao Beach

Nous continuons à longer la côte de Chanthaburi, vers l’ouest. Le trajet est un peu décevant, car de la route, on ne voit presque pas la mer. La côte n’est pas encore très développée pour le tourisme mais de petites pensions et de bungalows sommaires, destinés aux touristes Thaï, commencent à y apparaître, sans grande organisation. Nous le notons dans un coin de notre tête. Ce pourrait être une retraite paisible, rustique et économique, pour un week-end reposant.

Chaolao Beach

Nous arrivons à Chaolao beach. Le standing est très nettement supérieur. La route a été refaite: elle a deux voies, un beau marquage et sol et même une piste cyclable! Elle est bordée d’hôtels plutôt chics, aux noms qui sonnent « occidental », et dans les parkings desquels sont garées de grosses voitures polluantes. La plage est nettement plus belle, aussi: large et de sable fin et clair. Elle est assez fréquentée mais très propre, ce qui n’est pas très courant sur cette côte de Thaïlande. Nous n’y croiserons que des touristes thaïs, mais des Thaïs plutôt riches, ici.

Bords de mer a Chanthaburi

C’est très rare: l’environnement nous semble net et sécurisé, si bien que nous optons pour une baignade en mer. (Les trois conjonctivites du lendemain plaideront néanmoins pour une interprétation plus mesurée). Les enfants redécouvrent le plaisir de se baigner dans les vagues, d’être submergés par l’eau de mer. Ils en avaient oublié les sensations, depuis la dernière fois, plus d’un an auparavant. Petit-Deux n’est pas très confiant face à la force du flux et du reflux marin. Il se cramponne à moi. Petit-Un au contraire semble n’avoir peur de rien. Du coup c’est Papa-Tout-Terrain qui se cramponne à lui, pour éviter qu’il ne plonge! Nous courons dans la marée, nous éclaboussons et nous roulons dans le sable!

 

Ma honte interplanétaire

Après la plage, nous enchaînons avec un petit « plouf » dans la piscine de l’hôtel. C’est la fin de la journée et il y a énormément de baigneurs. Comme nous sommes très sableux, nous rinçons bien tous les recoins des enfants avant de les laisser entrer dans l’eau claire, vu que déjà, on ne passe pas inaperçus avec nos têtes de blonds.

Bords de mer a Chanthaburi

Nous barbotons un peu avant de réaliser que nous avons oublié les bouées dans la voiture: Petit-Un et moi-même irons les chercher. On se sèche, se chausse. Petit-Un est tellement enthousiaste qu’il est prêt avant moi. Moi, je galère à me débarrasser du sable, qui me gratte les pieds dans mes sandales. Je finis de me préparer en causant: « … Et toi, Petit-Un, ça ne te dérange pas, le sable de tes chaussures? » « Oh, non, pas du tout, ne t’inquiète pas, j’ai très bien lavé mes chaussures dans la piscine!« . Et joignant le geste à la parole, il entame une deuxième demonstr… Ahhhh! Je le prends sous le bras en vitesse et fonce cacher ma honte dans un coin sombre.

Je ne sais pas si quelqu’un nous a vus. Le sacrilège est d’autant pire que les Thaïs sont toujours très discrets et bien élevés, et ça, ça ne se fait pas du tout ici… Je suis morte de rire aussi, mais intérieurement, tout de même, parce qu’extérieurement je fais une petite leçon de morale, sympa tout de même… on va considérer que si la réalisation était discutable, le dessein n’était pas mauvais et qu’il y avait de l’idée dans l’exécution

Bords de mer a Chanthaburi

 

Repas d’anniversaire

Le soir, nous retournons dans un restaurant que nous connaissons déjà et dont j’avais adoré le poisson grillé. Vous pouvez d’ailleurs demander à Papa-Tout-Terrain, c’est limite si je n’ai pas organisé cette sortie de 600 kilomètres pour manger ce poisson-là. Et même que je lui en ai rebattu les oreilles tout le chemin aller. On va compter ça dans les envies de femme enceinte.

Le serveur arrive. Il parle quelques mots d’anglais. Je déterre ma photo de poisson de la dernière fois et la lui mets sous le nez, avec exaltation. Un immense sourire fend son visage. Il s’exclame: « Mais, je le connais, c’est mon patron!« . Il fera une tête sacrement déçue quand je lui dirai que ce que je veux, ce n’est pas le patron, c’est le poisson!

Poisson grille a Chao Lao Beach

Nous terminons la journée en fêtant les cinq ans de Petit-Un. Si, en Thaïlande, la nourriture est exquise, les gâteaux qu’on y trouve vont généralement du médiocre à l’insipide. Le fondant au chocolat est donc de confection maison. Je l’ai préparé amoureusement la veille, à l’aide de vingt petits doigts avides de lécher le plat.

Et même que ce matin, Papa-Tout-Terrain a fait une drôle de tête un peu accablée quand j’ai chargé mon dessert dans la voiture, sous un énorme emballage de protection, et avec tout un attirail de décorations en sucre et autres bougies.

On s’apprête à servir le gâteau. Ça tombe mal, non seulement la chambre est non-fumeur, mais en plus elle est truffée de capteurs de fumée. Il faut dire que l’hôtel est tout de bois. Ce n’est pas un endroit pour un anniversaire! Dehors, un gros orage se rapproche, poussé par un vent vigoureux. Là, les bougies ne tiendront jamais si on sort. En catimini, le gâteau à la main, nous nous réfugions dans un bout de couloir éloigné des systèmes d’alarme incendie, et avec une ventilation sur l’extérieur. A toute vitesse, nous chuchotons un « Joyeux Anniversaire » à Petit-Un, fier comme un paon. Il souffle les bougies. Malheur, elles se rallument. Oh oui, c’est vrai, je voulais justement faire découvrir les bougies farceuses aux enfants… Papa-Tout-Terrain me jette un regard un peu furibond quand même et éteint les bougies avec les doigts. Nous rentrons à pas de loup dans la chambre! Petit-Un sourit jusqu’aux oreilles! Ce n’était pas un anniversaire classique, mais c’était un très bel anniversaire, tout de même!

 

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Voyager en Thaïlande avec des enfants?

Comme tout heureux propriétaire d’une adorable marmaille, nous voyageons désormais un peu moins légers et un peu plus préparés… Mais qu’en est-il au pays des sourires? A nos yeux, si l’envie vous tient, foncez! La Thaïlande avec des enfants est une destination facile à planifier, facile à vivre au quotidien, et très sûre, par-dessus le marché. Revenons ensemble sur les points clés d’un voyage…

 

Le trajet long-courrier en avion

Pas de panique avant un vol long-courrier: l’avion offre une pléiade de distractions, et finalement le trajet passe vite. Pour peu que l’on s’organise à l’avance et que l’on voyage léger, prendre un avion avec un bébé ne présente aucun obstacle majeur. Par la suite, pour les « petits-grand » (3-6 ans), un vol est source de divertissements multiples. Il suffit d’anticiper quelques activités complémentaires pour meubler les possibles moments de creux. Je n’ai pas l’expérience propre des plus grands, mais ils me semblent bien autonomes en vol: entre l’écran de l’avion, les repas, les lectures personnelles ou autres Pads, il me semble ne jamais les entendre.

Je recommande toutefois de réserver des vols directs par des compagnies aériennes reconnues, pour éviter les complications inutiles. Pour bénéficier des tarifs les plus bas, il est conseillé de réserver si possible cinq à six mois à l’avance, de voler hors vacances scolaires, et plutôt en milieu de semaine. Air France propose un panorama pratique de ses tarifs, sur six mois. On le trouve facilement via des moteurs de recherche avec des mots clés de type « billet d’avion Air France Paris Bangkok »:

Tarifs Air France par dates

Capture d’écran du site d’Air France – http://www.airfrance.fr/vols/paris+bangkok

A noter, jusqu’à deux ans, un bébé peut voyager sur les genoux de ses parents et ne paie que 10% du prix du billet. De deux à douze ans, l’enfant paie environ 70% du billet adulte, selon le vol et les conditions tarifaires. Apres deux ans, l’avion devient donc vraiment coûteux. Raison de plus pour voyager avec des moins de deux ans!

 

Le logement

Une fois en Thaïlande, les hôtels sont pléthore, qu’on les réserve à l’avance ou qu’on les trouve sur place. Nous fonctionnons plutôt par réservation, pour vérifier les avis d’autres voyageurs, et éviter les déceptions. L’inverse ne présente pas de risque majeur non plus. Le budget pour l’hôtel dépendra bien sûr du niveau de confort désiré: air conditionné ou non, eau chaude ou non, petit déjeuner occidental ou local, cadre romantico-exotique ou plus dépouillé. En ce qui nous concerne, nous recherchons au moins la clim, qui aide à bien limiter les moustiques.

Les enfants sont la plupart du temps acceptés gratuitement, à condition d’utiliser la literie existante. L’on peut parfois demander des lits d’appoint payants. En ce qui nous concerne, nous optons souvent pour des solutions de type « suite » ou « junior suite », qui offrent plus d’espace, tout en nous permettant de rester groupés.

Dans la mesure du possible, nous évitons les hôtels qui ciblent trop la clientèle étrangère. Ces établissements ont tendance à être chers pour une qualité moindre, et surtout, nous n’avons pas forcément envie de côtoyer des hordes de Russes et de Chinois… car la Thaïlande reste un pays de tourisme de masse. A l’opposé, nous avons souvent d’excellentes expériences dans des hôtels plus familiaux, et à la clientèle plutôt locale. L’ambiance y est généralement très détendue, et même si les personnels ne parlent pas toujours bien anglais, ils cherchent systématiquement à nous rendre service et à nous satisfaire, encore plus parce que nous voyageons avec de jeunes enfants.

 

La nourriture

Une bonne partie de la nourriture locale est très épicée, mais l’on trouve facilement des repas adaptés aux enfants. Les petits déjeuners Thaïs proposent presque systématiquement des sortes de « porridge », à base de bouillon et de riz, qui plaisent bien aux petits. Le pain de mie est également répandu.

Pour les autres repas, on trouvera à peu près partout des riz frits (khao pad kong –aux crevettes, khao pad khai –au poulet), des nouilles sautées (pad thai), des omelettes (Khai chiao), des poissons frits ou du poulet grille. Les plats dits « chinois » ne sont généralement pas épicés non plus. Ils sont issus de l’héritage des migrations chinoises en Thaïlande, au début de vingtième siècle. Il s’agit principalement de viandes ou légumes sautés à la sauce soja ou à la sauce aux huîtres. On peut vérifier que le plat n’est pas piquant en demandant « mai ped » (prononcer « maye pède »).

En solution de dépannage, on peut toujours commander du riz blanc. Pour les cas extrêmes, ou l’on ne trouve pas d anglophone, j’ai une photo de riz blanc sur mon téléphone. Et parce qu’on traite vraiment bien nos enfants, on a toujours des dosettes de ketchup en poche, histoire d’améliorer l’ordinaire. Restent enfin les « 7 Eleven« , superettes ouvertes 24h/24, et que l’on trouve presque partout. L’on peut y acheter du pain de mie ou des raviolis asiatiques, qui plaisent toujours aux petits.

A cela s’ajoute pléthore de fruits exotiques que l’on achète épluchés et prédécoupés. Un sachet coûte 20 à 30 baths, mais les prix peuvent augmenter dans les zones touristiques.

Il faut faire attention de ne boire que de l’eau en bouteille scellée. Ça se trouve absolument partout. Bien se méfier des glaçons, car on ne connait pas la provenance de l’eau. En dehors des grands établissements ou de glaçons faits achetés soi-même, l’idéal est de s’abstenir.

 

Problématique de santé en Thaïlande avec des enfants

Il n y a pas de cabinets médicaux en Thaïlande. On consulte les médecins dans les hôpitaux. Nous sommes toujours –et partout- tombés sur des médecins compétents et à l’écoute, et qui parlaient au moins un minimum d’anglais. Le réseau hospitalier est étroitement maillé. On n’est jamais loin d’un centre de soin, mais les infrastructures sont meilleures dans les grandes villes. Bangkok possède parmi les meilleurs hôpitaux d’Asie.

Avec de très enfants jeunes, évitez les îles mal desservies et loin d’hôpitaux aux standards internationaux. On dit que l’on peut s’éloigner d’une heure de route d’un bon hôpital, par année de l’enfant. Cela semble un équilibre raisonnable.

Un point qui peut être bon à savoir, dans les hôpitaux, les médecins éloignent souvent d’emblée les parents lorsqu’ils ont besoin de pratiquer des soins – nous avons testé la prise de sang, le lavage d’yeux pour une conjonctivite, la radio et le plâtrage d’un bras cassé (bref, on a des enfants, quoi). L’expérience a montré qu’en m’imposant, ma présence n’était finalement pas refusée par le personnel soignant, mais tellement rassurante et réconfortante pour l’enfant…

Pour le reste, mieux veut partir correctement vacciné. En plus des vaccins obligatoires en France, le BCG me paraît important pour l’Asie, de même que l’encéphalite japonaise –qui s’attrape par les moustiques. Les risques sanitaires principaux: les moustiques, les intoxications alimentaires, le soleil, les serpents et les bobos mal soignés. Des précautions minimum doivent permettre de se prémunir contre une majorité d’incidents.

Dans la valise, on pense à emporter des protections efficaces contre les moustiques: anti moustiques pour la peau, les vêtements, les chambres d’hôtel si l’on prévoit des hébergements de bas standing et manches longues pour les soirées. On s’équipe de chapeaux et crèmes solaires de bon indice –ou mieux, on évite de s’exposer au soleil. En cas d’intoxication alimentaire, on évite surtout la déshydratation –et on boit du coca. En cas de fièvre suspecte ou de bobo louche, on n’hésite pas à consulter… Contre les serpents, on évite les chemins peu fréquentés ou herbeux, on regarde ou l’on met les pieds, et l’on prévient bien les enfants. Pas de panique non plus, en dehors des parcs naturels, nous n’avons jamais croisé de serpents en zone touristique.

Les transports sur place

On se déplace facilement –et pour pas cher- en Asie. Pas besoin de véhicule à Bangkok, l’on s’y déplace aisément en taxis, tuk-tuk, ou métro. Pour le reste du pays, si l’on opte pour de l’itinérant avec un petit budget, on se tournera vers des transports locaux: trains, bus, minibus, taxi-motos… Il faut avoir le temps et l’esprit un peu aventurier, mais ça se fait.

Si l’on cherche à gagner en efficacité, fiabilité et rapidité, on louera une voiture ou un minibus, avec ou sans chauffeur.

On peut également conduire soi-même avec un permis international, mais il faut se souvenir qu’on roule à gauche en Thaïlande. L’adaptation n’est somme toute pas si difficile. L’essuie-glace et les clignotants étant inversés, on se mélange juste un peu les pinceaux le premier jour. Dans les voitures manuelles (ce n’est pas la norme en Thaïlande), le changement de vitesse se fait de la main gauche. L’avantage d’une voiture individuelle est une meilleure autonomie. Mais en cas d’accrochage, cela peut aussi représenter des heures de galère.

La conduite n’est ni difficile, ni nerveuse, mais il peut y avoir de l’imprévu sur les routes, dans la mesure où les travaux sont parfois mal signalés, et que les conducteurs locaux peuvent s’arrêter dans des endroits inattendus. Songez enfin à vous équiper d’un bon GPS, pour profiter de votre autonomie et découvrir les routes secondaires! Nous aimons personnellement beaucoup Google Map, bien que certains de nos amis le jugent peu fiables…

Quant aux sièges auto, malheureusement, personne n’en n’utilise ici. A chacun de voir la solution dans laquelle il se sent le plus en confiance. Certaines familles décident par exemple d’apporter leurs sièges auto en avion ou d’en acheter sur place. Pour notre part, quand nous devons faire sans siège auto, je garde les plus petits en écharpe ou porte-bébé physiologique ventral, en prenant garde à bien caler la tête. Nous asseyons ensuite les enfants plus grands avec des ceintures d’adultes, en essayant de les sécuriser au maximum. C’est le rapport sécurité/pratique qui nous semble le plus équilibre, mais chacun aura une vision un peu différente du sujet.

J’ai découvert récemment sur le très astucieux blog des Petits Globes Trotteurs deux solutions alternatives pour la sécurité en voiture: le gilet de sécurité voiture (Ridesafer) et le réhausseur de voyage gonflage (Bubble Bum). Nous n’avons pas testé, mais ces pistes me semblent vraiment intéressantes!

 

Les activités

Le gros des activités en Thaïlande est adapté aux enfants. Paradoxalement, nous profitons peu des plages qui demandent pas mal de surveillance et un constant combat contre une exposition dangereuse au soleil. Notre trio gagnant: parc naturels, ruines et animaux.

 

Il y a beaucoup de parcs naturels en Thaïlande, qui permettent de se balader dans des sentiers fréquentés et bien entretenus, avec donc un risque minoré de rencontrer des animaux suspects. On a cependant souvent l’occasion d’y observer une faune très variée (éléphants, singes, oiseaux, crocodiles, papillons…). L’ambiance des parcs nationaux est familiale et bon enfant. La fréquentation est principalement Thaï. On s’y sent bien.

A noter: prévoir au minimum de l’eau et des chaussures fermées pour les excursions.

 

Il y a beaucoup de ruines Khmer dans le centre et l’est du pays: Ayutthaya, Lopburi, Kampaeng Phet, Sukhothai, sud des provinces de Buriram, Surin et Sisaket… En dehors des sites les plus connus, beaucoup de ces lieux sont peu fréquentés, et l’on apprécie ces découvertes intimistes. Nos enfants aiment à pouvoir divaguer presque librement dans les vestiges, se plaisent à explorer des endroits vaguement mystérieux, et adorent grimper et sauter parmi les vielles pierres.

A noter: éviter les moments de grosse chaleur, dans la journée.

 

Les attractions avec des animaux sont très nombreuses en Thaïlande, et ont toujours beaucoup de succès. Spectacles ou balades avec des éléphants, fermes éducatives, tigres, crocodiles, serpents, singes… Les jardins zoologiques offrent souvent grande proximité avec les animaux. Nos enfants adorent nourrir les animaux de la ferme ou les éléphants.

A noter: bien surveiller les petits, car ils ont souvent la possibilité de voir les animaux de très très près.

Sur la question des animaux sauvages retenus en captivité pour le divertissement des touristes, subsiste tout de même une forte question d’éthique. Je tends personnellement à éviter de plus en plus souvent ces lieux, et réfléchis à la façon dont présenter ces problématiques aux enfants: comment leur faire découvrir de grands animaux sans pouvoir les leur montrer? Comment leur inculquer le respect des êtres vivants alors qu’on les voit malheureux et en captivité?… Je crois qu’il en va la de la réflexion intime de chacun, et la mienne est toujours en cours…

 

L’accueil

En Thaïlande, et encore plus avec des enfants. Vous serez bien accueillis. Il faut toutefois faire une distinction entre les zones les plus touristiques et les régions plus reculées. Aller dans un endroit touristique, c’est comme visiter Paris quand on est Chinois. C’est une valeur sûre, et l’environnement répond à un minimum syndical en termes d’intérêt, de beauté des sites, d’hébergement et d’accueil. Cela dit vous restez un touriste parmi d’autres, l’on vous fait des prix de touriste, et l’on vous propose des attractions de touristes. C’est un peu cher mais confortable pour un séjour pépère sur la plage.

Cependant à mon sens, c’est si vous avez l’occasion de sortir des zones balnéaires que vous pourrez découvrir les aspects les plus enchanteurs du pays, et en particulier des gens magnifiques. Il sera peut être difficile de trouver un steak frites, ou un interlocuteur anglophone… Mais on vous accueillera avec des sourires non feints, on se mettra en quatre pour vous, on fera tout pour mettre vos enfants à l’aise… Attendez-vous juste à ce que les vieilles Mamies (surtout) essayent –avec gentillesse- de toucher vos enfants… les gens sont curieux et ont le contact facile, ce qui ne plaît pas à tous les petits!

Astuce: dans les marchés ou autres lieux très fréquentés, j’installe souvent Petit Deux en porte-bébé ventral pour le protéger des mains baladeuses.

Un patre et ses boeufs en Thailande

 

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Cascades et Poissons Facétieux à Khao Khitchakut – Chanthaburi

Tout a commencé par un début de week-end morose. Une semaine de travail difficile pour les parents, et des mois à venir qui s’annoncent pires. Un jour à vouloir se rouler en boule dès le matin devant la télé. Le truc qu’on n’a pas fait depuis bien trois ans. « On fait quoi ce week-end? », demande Papa-Tout-Terrain d’un ton pas convaincu. Je sors l’appli « Notes » de mon téléphone et reprends la liste des idées de sortie: un parc d’oiseaux vers Chachoengsao, une ferme du côté de Pattaya, le parc naturel de Khao Khitchakut près de Chanthaburi…

Chanthaburi? Papa-Tout-Terrain tend l’oreille. C’est presque à trois heures de route. Le changement de paysage pourrait nous faire du bien. Je sens son regard s’éclairer. Notre goût de l’aventure a déjà repris le dessus. Nous proposons l’excursion aux garçons qui sautent de joie. Dix minutes plus tard, on a trouvé un hôtel, fait un semblant de valise, et on saute dans la voiture.

La route passe vite, en chansons. Depuis que les enfants ont découvert les classiques français de leur âge, impossible de rouler en silence. Petit-Un adore « Mon âne… », surtout pour les « souliers li-LA-LA-LAS ». Il a une mémoire d’éléphant et connait presque tous les CD par cœur. Petit-Deux a une nette préférence pour « J’ai vu le loup, le renard et la belette », qu’il prononce « molette », comme la clé homonyme. J’ai fort à faire à passer d’une piste à l’autre, pour préserver une égalité parfaite entre les auditeurs, garantie d’un trajet serein.

 

Balade dans Khao Khitchakut

Nous dépassons les temples et la zone religieuse de Khao Khitchakut. Le pèlerinage est très couru par les Thaïs, car il n’ouvre que quelques mois dans l’année. Nous aurions bien visité les lieux par curiosité, mais nous choisissons d’éviter la foule et de rejoindre rapidement le calme de nature. Google Map nous conduit dans un chemin étroit et fort accidenté. Apres un moment de doute, on débouche dans la cour d’une très vieille dame, cassée en deux sur qui ce qui semble être une lessive. De toute évidence, nous ne sommes pas au bon endroit. Quelques tâtonnements plus tard et grâce à l’intuition de Papa-Tout-Terrain, nous arrivons à l’entrée de Khao Khitchakut qui conduit à la « Krating Waterfall« . Avant la balade, j’incite les garçons à enfiler des baskets, qui seront plus confortables pour marcher. Ils refusent et gardent leurs sandales. Bon, tant pis, c’est leurs pieds.

La balade suit les circonvolutions d’une rivière, au cœur de la jungle. Le chemin est ombragé et suffisamment fréquenté pour qu’on ne s’inquiète pas de rencontrer des animaux sauvages louches. Au fil de l’ascension, nous découvrirons neuf chutes d’eau successives. Aux niveaux inférieurs, beaucoup de Thaïs s’arrêtent pour pique-niquer, s’allonger au bord de l’eau ou faire trempette au milieu des poissons. Certains ont même installé leur tente pour camper. L’ambiance est détendue et familiale.

Khao Khitchakut - ambiance familiale

 

Autour de la cascade de Krating

Plus on monte, plus le sentier est difficile, mais les garçons se débrouillent comme des chefs. Devoir sauter et grimper de pierre en pierre rajoute du piquant à l’expérience. Petit-Deux ne réclame pas une seule fois les bras. Il gémit juste en continu, rapport aux cailloux et au sable qui s’infiltrent dans ses chaussures. C’était bien là le problème des sandales, et il avait été prévenu. A chaque fois que je le lui rappelle, beau joueur, il interrompt ses plaintes pendant au moins deux secondes.

Khao Khitchakut - Ca grimpe

A l’avant-dernière cascade, nous décidons de ne pas aller plus loin, car l’ultime section du chemin nous semble trop abrupte et dangereuse. Un peu déçus, les garçons retrouvent vite leur enthousiasme lorsqu’on leur propose de tremper les pieds dans l’eau. Nous avisons une jolie cascade, ou folâtre déjà un groupe de jeunes gens. Nos enfants sont accueillis à grand renfort d’éclaboussures et d’éclats de rire.

Devant ce petit public ébahi, un jeune homme improvise un saut périlleux depuis un plongeoir naturel, à cinq ou six mètres de hauteur. J’en frissonne. Au deuxième tour, il propose à Petit-Un (quatre ans et demi) de le suivre. Petit-Un est bien sûr ravi et n’hésite pas. Je lui rappelle qu’il ne sait ni mettre la tête sous l’eau, ni nager … et qu’il faut sauter de très haut. Après un temps de réflexion, il renonce à son projet. Ouf (soupir maternel rassuré) … Pas facile de grandir et d’apprendre à faire des choix rationnels…

Les garçons et moi avons trempé les pieds dans l’eau. Les fesses aussi pour Petit-Deux. Des poissons s’approchent et viennent nous mordiller les orteils. Ca fait hurler les enfants de rire, surtout quand il s’agit mes pieds. Eux se retirent à toute vitesse dès qu’un « requin » s’approche un peu (notez leur sens de l’hyperbole).

Poissons de Khao Khitchakut

 

Une jolie promenade, mais pas facile partout…

Nous amorçons la redescente. « Ça va pas du tout… », dramatise Petit-Deux, car des gravillons entrent dans ses chaussures maintenant humides et adhèrent à ses pieds. On s’arrête. Dépoussiérage de semelles. Polissage d’entre les orteils. J’y sacrifie la propreté de mon écharpe. On reprend. La fatigue commence à se faire sentir. On avance encore un peu avec la promesse d’une douceur à la pause suivante. On suit tous ensemble les numéros décroissants des niveaux de cascade, en se fixant des objectifs. Petit-Deux obtient finalement une place à califourchon sur mon dos, mais il aura été très vaillant, du haut de ses trois ans. Nous terminons en beauté, avec une glace à l’apéro (hum, hum, on est passés devant la glace d’abord), puis des sandwiches au thon.

La balade a beaucoup plu à tous. En réalité, elle n’est pas longue du tout: 1,2 kilomètres pour rejoindre la cascade la plus haute, d’après les panneaux de l’entrée. Mais avec l’important dénivelé, les petites pattes des enfants, et les pauses régulières, nous avons crapahuté près de trois heures. Ça reste tout à fait faisable avec des enfants (et une femme enceinte), mais il faut penser à emporter assez d’eau, bien sûr, parce qu’on est en pleine nature, que ça grimpe, et qu’il fait forcément un peu chaud.

 

Chao Lao Beach

Pour nous rafraîchir, nous optons pour une fin d’après-midi en bord de la mer. Il faut dire que nous avions déjà visité le centre de Chanthaburi deux ans plus tôt. De mémoire, nous avions aimé le calme de la balade autour de la cathédrale, et particulièrement apprécié de parcourir les ruelles du quartier historique de la communauté de Chanthaboon, qui longe la rivière. Le marché des pierres précieuses m’avait laissé un souvenir mitigé: intriguant de par ses activités fourmillantes, l’endroit était principalement fréquenté par des négociants du Moyen Orient qui me dévisageaient d’un air goguenard et soupçonneux, moi, femme de famille avec deux petits enfants accrochés à mes basques.

Nous prenons la direction de Chao Lao Beach, une plage conseillée sur un dépliant de notre hôtel. Il y a un peu de route depuis le centre de Chanthaburi, mais le paysage est joli, surtout lorsqu’on longe la côte. Nous arrivons juste pour profiter du coucher du soleil. C’est la marée basse et de nombreux Thaïs se sont dispersés sur le sable, en famille ou entre amis, pour profiter des derniers rayons du soleil. Il reste çà et là des trous d’eau dans lesquels les enfants pataugent et cherchent des coquillages et des Bernard l’Hermite. La plage est très propre et visiblement bien entretenue. Nous en profitons jusqu’à ce que la nuit tombe.

Chao Lao Beach

 

Un excellent dîner

Nous terminons la soirée dans un petit restaurant du coin, plein à craquer et visiblement couru des locaux. Leur poisson en papillote, cuit à la braise, est un délice. Je le commande sur photo, après une petite visite au cuisinier, parce que je suis bien incapable de le retrouver sur la carte en Thaï. Nous optons aussi pour de grosses crevettes et des coquillages. Les fruits de mers sont délicieusement frais et charnus. Les coquilles vernies et nacrées sont une révélation pour les enfants. Je fais plusieurs allers-retours aux lavabos pour leur en nettoyer quelques-unes (beaucoup en fait), dont ils se remplissent les poches.

Papa-Tout-Terrain prend un air boudeur, clame que je suis folle, qu’on ne prend pas les coquilles au restaurant et que lui n’ira rien laver du tout. Mais je ne le regrette pas: les garçons auront passé un repas très calme, à empiler et emboîter des coquillages, qu’ils ont ensuite rapportés à la maison et rangés parmi leurs trésors.

Poisson grille a Chao Lao Beach

 

Nous passons la nuit au Rimnaam Klangchan Hotel de Chanthaburi, bâtiment tout neuf à l’architecture moderne et élaborée. Mention spéciale pour le design de la salle de bain, et pour les éclairages particulièrement soignés. En dehors du plaisir de dormir dans une belle chambre, l’ambiance un peu compassée de l’établissement ne m’a pourtant pas parue tout à fait adaptée aux enfants, au point que nous avons éludé le temps du petit déjeuner pour ne pas trop déranger nos voisins, un poil guindés.

 


Le parc de Khao Khitchakut en pratique

  • Coordonnées GPS de l’entrée du parc (la vraie): 12.838202, 102.121095
  • Prix du ticket adulte: 200 THB pour les étrangers, 40 THB pour les Thais et residents en Thaïlande, au moment ou nous avons visite le parc. (Depuis, de nombreux parc nationaux ont change de politique refusent le tarif « thaï » a tous les étrangers, y compris residents.)
  • L’unique randonnée, qui longe la cascade de Krating, n’est pas très longue. Comptez une demi-journée pour profiter de la baignade dans la cascade avec les poissons.
  • Prévoyez toutefois d’être équipé de bonnes chaussures et d’anti-moustique en saison humide.

 

La plage de Chao Lao en pratique

  • Coordonnées GPS de la plage: 12.532074, 101.944804. (Extrémité sud.) De là on peut longer le rivage vers le nord ouest. Aux endroits où la route ne longe plus la plage, on peut retrouver la mer en prenant les chemins de traverse.
  • Coordonnées GPS du restaurant: 12.538594, 101.937490.

 

 

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