La presqu’île de Sattahip

Sattahip est une importante base navale de l’armée Thaïe. Ils ont de la chance, d’ailleurs, les militaires, car cette côte située au sud de Pattaya est magnifique! La roche est sombre et taillée brusquement par les marées. Recouverte par endroits de grandes touffes tropicales, d’un vert profond. Parsemée de plages de sable blanc. Et de villages de pêcheurs aux couleurs vives.

Bord de mer a Sattahip

Mais le problème, quand on est étranger, c’est qu’on est toujours un peu suspect aux yeux des soldats. J’ai beau leur soutenir que je suis aussi inoffensive qu’un calamar –et c’est vrai-, leur job consiste à se méfier de moi. Du coup, certaines plages nous sont interdites. D’autres sites ne nous sont ouverts que sur autorisation préalable. Et certains fluctuent en fonction du contexte politique.

Malgré ces restrictions, Sattahip est devenue une sortie de prédilection, pour nos week-ends contemplatifs ou paresseux. On longe les baraquements. On dépasse les champs d’entraînement. Et l’on débouche sur la mer.

 

Sattahip, au bord des flots

Tout au bout de la presqu’île, une petite promenade sur pilotis longe la côte. Elle démarre dans une mini mangrove. A marée basse, on voit des crabes, des coquillages et des pêcheurs. Parfois des tortues. A marée haute, les eaux claires et peu profondes sont peuplées de poissons effilés, presque transparents, et dont le long nez se termine en un point jaune. Papa-Tout-Terrain trouve qu’ils ressemblent à des crayons.

Ballade en bord de mer - Sattahip

On aime bien cet endroit. On peu y admirer le bleu de la mer. Les îles éparpillées. Le village et les bateaux des pêcheurs. Le ponton est bien pratique aussi: impossible d’y perdre les enfants! Ils vont et viennent et font la course. Avisent un oiseau. S’arrêtent et le regardent. Puis l’oublient aussitôt et repartent en sautillant.

Ce week-end, on a trouvé un poisson trépassé. Étonnement. Puis observation poussée. « Tu crois qu’il est vraiment mort celui-là? » La bouche ouverte et le ventre en l’air, il y a des chances, oui, mon chéri. « Ouah, c’est génial! On n’en voit pas souvent des poissons morts! » C’est en effet une façon de voir les choses…

Ballade en bord de mer - Sattahip

 

Des myriades de poissons tropicaux

On poursuit sur la jetée. De là, on peut attraper un ferry pour passer la journée sur des ilots tout proches. Nous n’avons pas encore tenté l’expérience, car longtemps, les enfants ont peur en bateau. Il n’est pas certain, du coup, que les étrangers soient admis. Mais nous nous sommes promis d’aller y voir, bientôt…

Ballade en bord de mer - Sattahip

Sur la langue de béton, nous nous enfonçons vers la mer. Les poissons tropicaux se font plus nombreux, plus vifs, plus colorés et contrastés! Depuis peu, un panneau interdit de les nourrir. Mais auparavavant, quand on leur lançait des miettes de pain, ils accouraient par centaines et jaillissaient des vaguelettes en une écume arc-en-ciel. Nous ne nous lassons pas de leur spectacle, qui nous semble à chaque fois, rare, unique et presque irréel.

Poissons tropicaux en pleine mer

La promenade n’est pas longue. Une petite heure au maximum, en prenant son temps et en s’arrêtant à chaque poisson. Mais après ces quelques pas, nous voici pleinement dans l’ambiance lumineuse et marine de la presqu’île de Sattahip. En complément, nous nous arrêterons sûrement dans la ferme d’élevage des petits Nemo, à quelques pas de là.

L’authenticité du village de pêcheurs

Nous faisons un petit saut dans le village voisin. Un village de pêcheurs. Nous détonnons un peu, avec nos habits de touristes et notre marmaille animée. On nous considère avec étonnement. Sitôt une mamie s’approche. Un guili-guili sur la joue de Miss-Trois. Et nous voilà immédiatement adoptés. « Sawadeekap » tonitrue Petit-Deux avec sa bouille de fripon. La vieille dame se retourne. Miss-Trois est délivrée illico de ses assauts affectueux. Elle cache son tout petit visage bien profondément dans mon cou. Elle sent bon le bébé. Et la Vache-Qui-Rit, aussi.

La mamie poursuit maintenant Petit-Deux de ses ardeurs. La nouvelle cible vient trouver refuge dans mes jupes. Ou plus exactement en coinçant sa tête dans la jambe de mon short baggy. Me voilà bien. Immobilisée pour ne pas choir, je garde une contenance sévère mais bienveillante, et surtout fort digne.

Bateaux de peche

Bredouille, la malicieuse même se rabat sur Petit-Un. Lui est visiblement tombé en extase devant un bateau qu’on décharge. (Et ça sent très fort le poisson.) L’air de rien il lui balance trois mots thaïs bien placés, que je n’entends pas. La vieille dame manque de tourner de l’œil d’admiration. Elle s’éloigne au petit trot, répétant à voix haute les mots de ma progéniture prodigieuse. Plein de fois. Sûrement pour être bien entendue de toutes ses vieilles copines un peu sourdes.

(En vrai, Petit-Un possède seulement une cinquantaine de mots à son vocabulaire thaï, dont zizi, bain, pardon, riz et aisselle. Je ne sais vraiment pas comment il arrive à appâter ainsi les vieilles dames. Mais, de façon incroyable, il fait mouche à chaque fois! Vrai de vrai!)

Bateaux de peche a Sattahip

Le temple qui surplombe la mer

Quelques centaines de mètres plus haut, un temple bouddhiste, le Luang Pho Dam Khao Chedi. Il surplombe le village, l’atoll des îles toutes proches, une petite crique dédiée au snorkling, et les flottes colorées des pêcheurs de la côte.

Arrêtez-vous pour faire tinter des cloches à la file indienne. Trois coups pour chacune. Elles vous apporteront la bonne fortune.

File de cloches au Luang Pho Dam Khao Chedi

Aux jours de fête, les fidèles se pressent dans le temple, se confondent en offrandes et en adorations variées. On écrit des ex-voto sur des tuiles vernies aux couleurs vives. Puis on les fait consacrer par la prière d’un moine. En l’échange de quelques offrandes, en numéraire ou en nature, le religieux donnera un bracelet de fil, qui adoucit les destinées. Ensuite, l’on disposera de petites statuettes autour de l’autel qui donne sur le large. Pour la santé. La richesse. De bonnes affaires. Ou tout autre petit commerce qui occupe le commun des mortels.

Vue du Luang Pho Dam Khao Chedi

 

A table!

Mais surtout, on ne quitte jamais Sattahip sans s’y être copieusement restaurés de crevettes gargantuesques, tout juste sorties de l’eau. Ou de poissons frais aux écailles rutilantes. Au barbecue, frits, ou pochés. Ou les trois, plutôt. Même le riz frit, si rustique, y est succulent.

Notre restaurant préféré a vu grandir les enfants. Petit-Deux a rampé sur ses tables, il y a bien longtemps. Aujourd’hui il y chevauche de vieux pneus suspendus en guise de balançoire, avec la même énergie obstinée et rieuse.

Restaurant Sattahip

Il est temps de rentrer, mais nous ne repartons jamais les mains vides. Détour obligé par le marché local! Il donne d’un côté sur la route, et de l’autre sur la mer. Depuis le large, les pêcheurs déchargent leurs poissons des bateaux dans les arrière-boutiques.

Marche de Sattahip

Devant les carapaces robustes et les écailles brillantes, nous nous laissons porter par la promesse d’un joli festin. Car ce soir, chez nous, ce sera barbecue! Nous en salivons tous d’avance, car à la maison, petits et grands raffolent de ces délices de la mer…

Marche de Sattahip

 

En raffolons-nous trop d’ailleurs?… Peut-être devrais-je m’interroger, depuis cette récente question de Petit-Deux…

(Il faisait référence à sa fracture de l’humérus de l’année dernière… bien sûr…)

(L’intéressé, présentement en vacances, a tenu à colorier lui-même « son » histoire.)

 

***Merci à ma petite sœur qui m’a gentiment fait remarquer que l’on écrit « arête », et pas « arrête ». D’ailleurs, pour ceux que cela intéresse,  l’« arête » (…) descend du nom latin arista, « barbe d’un épi » (source).

Mangroves de Klaeng

Nous avons reçu une étrange visite vendredi. Recroquevillé sous l’étagère à chaussures, nous avons trouvé un bébé rapace. (En fait, un adolescent, je dirais.) Il avait l’air en forme. Et aussi, il avait l’air d’avoir envie de dormir. Conciliabule avec la nounou: on l’y laisse ou pas? Il y a beaucoup de chiens errants dans le coin. On opte finalement pour un hébergement temporaire en carton à trous.

Renseignements pris sur Google, un rapace ne mange pas de graines et ne boit pas d’eau. Il se nourrit de rongeurs et l’eau contenue dans la viande lui suffit. Ca allait être pratique de lui attraper des souris! Je mets toujours un point d’honneur à être une bonne hôtesse mais là, je n’ai pas grand-chose à offrir à notre surprenant visiteur. Toujours d’après Google, ses parents le récupéreraient sans doute le soir même, si on le relâchait dans un arbre proche, et sans l’avoir trop tripoté. Comme je ne sais pas grimper aux arbres, à la nuit tombée, nous avons mis le carton ouvert sur une table.

 

L’heureux dénouement

Cette nuit là, j’ai fort mal dormi. Et si des chiens attrapaient notre protégé? Ou pire, et si notre chouette avait décidé de rester vivre chez nous? D’autant que nous avions prévu de partir en week-end le lendemain… Que ferions-nous alors de notre nouveau compagnon?

J’avais commencé à tâter un peu le terrain. « Mon chéri, juste comme ça et sans aucune relation avec des personnes ou des événements ayant réellement existé, est-ce qu’on pourrait techniquement mettre dans la voiture un carton avec un oiseau, demain? Juste pour savoir si c’est possible, hein? Pas très gros le carton. Mais un peu quand même… » « Et tu crois que tu saurais nous attraper des souris… Je suis sûre d’en avoir entendu dans le système de clim… Tu crois que tu pourrais les attraper? »

Papa-Tout-Terrain avait froncé les sourcils. Il n’a pas bien dormi non plus cette nuit là, mais je ne l’ai su que plus tard. Oui, parce qu’au lieu de dormir, il a longuement réfléchi aux modalités techniques pour arrimer un carton à oiseau dans un siège auto. (Pas vraiment pour l’oiseau, plutôt pour mes beaux yeux.) J’ai un époux en or! (Même s’il refuse toujours qu’on achète un cheval pour mettre dans le jardin. Mais c’est une autre histoire.)

Bebe rapace

Le lendemain matin, le carton était vide. Fébrile, j’ai scruté les environs. Pas de tas de plumes, pas d’oiseau mort. J’ai déclaré l’animal sauvé. Il avait retrouvé ses parents. Maintenant, il viendra nous voir le soir par la fenêtre pour nous faire des coucous émus avec sa petite aile, pour nous souhaiter bonne nuit.

Nous partons donc en week-end le cœur léger. Nous allons découvrir la mangrove de la réserve naturelle de Klaeng, juste à côté du bateau de guerre que nous avions visité il y a quelques mois, lors de notre première sortie en famille élargie, avec Miss-Trois.

 

Les mangroves pour les nuls

Non seulement les mangroves, on les aime bien, mais en plus il y en a plein la région, eu égard aux conditions géographiques et climatiques sur lesquelles nous allons revenir. Je me permets donc une petite digression, une bonne fois pour toutes, histoire que vous sachiez de quoi je parle.

La mangrove est un écosystème particulier des zones tropicales, qui se situe à la frontière entre la terre et la mer, généralement dans l’estuaire de fleuves ou de rivières. S’y développent des forêts d’arbres –souvent des palétuviers– les pieds dans une eau mi-douce, mi-salée. Comme Saint Thomas, j’ai voulu vérifier et goûter l’eau, malgré la tête sceptique de Papa-Tout-Terrain… et je peux donc confirmer personnellement qu’elle n’est assez salée pour être de l’eau de mer, mais trop salée pour être de l’eau douce. Elle est sûrement parfaite, en revanche, pour faire cuire des pâtes!

Mangroves de Klaeng

Dans les mangroves, avec la marée qui n’arrête pas de monter et de redescendre, les sols sont boueux et peu stables. Les arbres ont donc développé de longues racines afin de s’amarrer profondément dans la vase. Mais dans la vase, ça respire mal. Alors les racines des palétuviers se développent également au-dessus des sols pour s’aérer et s’oxygéner par les pieds, à marée basse. (Je ne suis pas biologiste mais vous saisissez le concept…)

 

Une mangrove particulièrement bien préservée

Nous aimons beaucoup les promenades dans les mangroves de Thaïlande. D’abord parce que c’est un terrain qui se prête plutôt aux enfants. En raison de la vase au sol, l’on parcourt toujours les mangroves sur des pontons de bois surélevées. Il n’y a donc qu’un chemin. Un chemin à plat, en plus. Pas moyen d’égarer sa progéniture, même si celle-ci a des velléités d’indépendance. Par ailleurs, le chemin surélevé nous préserve de la faune locale, et en particulier des serpents, très friands de ces zones ombragées et qui pullulent de crabes. Dernier atout non négligeable, la hauteur des passerelles tend à impressionner nos garçons. Du coup, ça les dissuade de trop faire les idiots. (Juste un peu, quoi, il faut rester humain…)

Mangroves de Klaeng

Les mangroves de la réserve naturelle de Klaeng sont les plus belles que nous ayons vues pour l’instant en Thaïlande. Il faut dire que le travail de restauration et de préservation de cet environnement unique a été entamé il y a plus de vingt ans. Sur les photos d’archive, on voit qu’il ne restait presque plus aucune végétation au début des années 1990. Depuis 1993, les arbres ont été progressivement replantés, puis se sont étoffés avec le temps. C’est cependant un travail sans fin et les travaux de protection du littoral demandent des investissements permanents.

Petit à petit, la faune est venue repeupler l’écosystème. Nous avons vu des poissons, de nombreux crabes, ainsi que beaucoup d’espèces d’oiseaux magnifiques, aux couleurs vives et aux croassements étonnants. Et tout ça malgré le cancanement insistant de Petit-Un, qui mettait un point d’honneur à répondre à ses « copains ».

 

Eveil aux problématiques de la préservation de l’environnement

Ces balades dans des sites où sont accomplis tant de travaux de réhabilitation et de préservation sont toujours l’occasion de discussions intéressantes avec les enfants quant à l’écologie et la protection de l’environnement. On leur explique l’importance du patrimoine écologique, pourquoi il faut respecter et protéger la nature, pourquoi il ne faut pas jeter des ordures dans la mer, pourquoi nous tendons à réduire notre consommation de plastique…

Ce jour-là, Petit-Deux est vivement intéressé par le sujet et pose de nombreuses questions. Il montre une bouteille jetée dans la mangrove (car la conscience environnementale est encore plutôt faible en Thaïlande): « Regarde, ce n’est pas bien, quelqu’un a jeté une bouteille. » Un peu plus loin, il poursuit: « Ohhhh! C’est très mal! Cet arbre a jeté ses feuilles dans la mer!… » On discute alors des déchets végétaux, de ce qui est naturellement dans la nature et de ce qui est rapporté par l’homme. Petit-Deux reste songeur longtemps avant de conclure: « alors, je crois qu’il ne faut pas jeter des escaliers dans la nature, n’est-ce pas? »

 

Un paysage aux multiples facettes

La balade couvre trois kilomètres et se divise en trois environnements végétaux distincts. En partant du bateau HTMS Prasae, l’on commence par longer la mer, sur une zone très humide à la végétation luxuriante. Les palétuviers y sont magnifiques et plein d’oiseaux.

Mangroves de Klaeng

Vient ensuite une zone plus à sec, qui permet d’observer les racines enchevêtrées des arbres, ainsi que le fourmillement des crabes aux reflets bleu brillant.

Mangroves de Klaeng - racines

On termine la balade en surplombant une mangrove basse et verdoyante, qui n’était pas sans m’évoquer les labyrinthes végétaux d’Alice au Pays des Merveilles.

Mangroves de Klaeng

La promenade se termine à trois kilomètres du lieu de départ, mais on peut éviter de retourner sur ses pas en prenant des motos taxi qui nous ramèneront au point de départ.

 

Balade en bateau

Avant de quitter les lieux cependant, des pécheurs du coin nous apostrophent et nous proposent de nous louer leur bateau. On peine à se comprendre. Une dame s’approche gentiment pour nous aider: « Take boat! Go Thailand! » C’est très gentil. Mais ça ne nous aide pas. Nous montons tout de même. Nous verrons bien. Les enfants sont ravis.

Nous traversons l’épaisse mangrove jusqu’à l’estuaire et la mer. La côte verte et touffue est magnifique. Nous traversons des zones d’élevages conchylicoles familiaux. Un peu plus loin, nous observons des ouvriers en train de construire une barrière brise-vagues en bambou pour consolider le littoral. Curieusement, alors que nous nous croyions presque en pleine mer, nous sommes surpris de voir ces hommes travailler avec de l’eau jusqu’à la taille, seulement.

Mangroves de Klaeng - promenade en bateau

Après deux minutes de contemplation, les enfants ont repéré des sifflets sur leur gilet de sauvetage. Las d’être immobiles et muets, ils se racontent tour à tour des histoires de troubadours et d’arbitre de foot, pour mieux tester leurs instruments. La balade aura été magnifique. Nous regretterons juste de n’avoir pas pu observer plus d’oiseaux et d’animaux… rapport à nos musiciens d’enfants.

A nos yeux, la mangrove de Klaeng est l’une des plus belles qu’il nous ait été donné de parcourir. Un endroit à ne vraiment pas manquer si vous passez dans la région!

 

 

La mangrove de Klaeng en pratique

  • Coordonnées GPS en démarrant du HTMS Prasae: 12.6984538, 101.7057602
  • Coordonnées GPS en démarrant de l’estuaire: 12.706864, 101.716333
  • L’entrée est libre: pas de tickets ni d’horaires d’ouverture.
  • Le tour en bateau part du côté « estuaire » du sentier de la mangrove. Il dure une petite trentaine de minutes et coûte 100 THB par adulte.
  • Pour éviter de faire l’aller-retour à pieds dans la mangrove, on peut revenir en moto-taxi, pour 50 THB par adulte. Le trajet dure environ 10 minutes. On trouve facilement des moto-taxis en l’attente de clients, dans un sens comme dans l’autre.
  • Ne manquez par cet endroit: il est magnifique! Nous vous recommandons de le visiter en février ou en mars. Il ne fera pas trop chaud, et surtout, c’est la période des migrations, durant laquelle l’on peut voir le plus grand nombre d’oiseaux.

 

 

Khao Chamao et les p´tites jambes – Rayong

C’est dans le parc naturel de Khao Chamao que nous poursuivons le premier week-end « découverte » de Miss-Trois, notre petite dernière de douze jours tout juste.

Apres une première journée aux accents historiques et militaires, nous avions opté pour une fin de week-end orientée « nature ». Nous dormirons dans un bungalow de bois sombre, près de l’entrée du parc de Khao Chamao. De nos fenêtres, nous y observerons pousser des salades. Nous y téterons en écoutant les petits oiseaux. Et entre deux parties de ballon, les garçons feront ami-ami avec un énorme matou flegmatique, avant d’entamer une collection d’escargots.

 

L’incident

C’est le petit matin. Papa-Tout-Terrain a bouclé les valises dans le calme et la sérénité. Nous sommes prêts à partir en balade.

Notre Bungalow pres de Khao Chamao

On entend soudain un long hurlement animal. C’est Petit-Un. Entre deux râles, il s’obstine à essayer d’assommer son frère. Les deux protagonistes sont immédiatement retenus par le collet, séparés, puis ficelés dans leurs sièges auto. Ils ne bougeront plus. Il est urgent de trouver de quoi dépenser leur énergie. Nous partons. En route, nous menons l’enquête. Il s’avère que Petit-Deux a mordu le dos de son aîné pour une histoire un peu confuse d’escargots.

« Il ne faut jamais mordre son frère quand on est en colère! » On lui demande de présenter ses excuses. Vives protestations. Il marmonne finalement qu’il est désolé. Petit-Un beugle toujours pour la forme, avant de se ressaisir: « Bon, la prochaine fois tu pourras me griffer! ». Echange de regards interloqués entre les parents. Petit-Deux, intéressé, enchaîne: « Tu préfères que je te griffe, la prochaine fois? ». « Oui, reprend l’ainé, mais il ne faut jamais griffer les animaux! »

(De toute évidence, la rationalité adulte n’a pas à s’immiscer dans la logique de nos enfants. Cela dit, si quelqu’un comprend, toute explication -même freudienne- est la bienvenue.)

L’entente est revenue. A nouveau copains comme cochons, les deux frères reprennent le cours de leurs activités normales dans la voiture. A savoir entonner en cœur « On écrit sur les murs » pour la deux-mille-trois-cent-quarante-quatrième fois.

 

Le parc naturel de Khao Chamao

A l’écart des zones fortement touristiques, Khao Chamao comporte la dernière forêt primaire de la région. La végétation tropicale y prospère et l’environnement garde l’authenticité des contrées lointaines et inexplorées.

Des panneaux à l’entrée du parc et sur les routes alentour incitent automobilistes et visiteurs à garder leurs distances avec les éléphants sauvages. Alors que nous en avions vu plusieurs a Khao Yai, nous n’en n’avons pas croisés, ici. En revanche, nous avons vu un beau cobra traverser la route. Il était tellement énorme qu’un scooter a dû s’arrêter pour lui céder le passage.

Il existe peu de documentation en anglais sur le parc, peu fréquenté des étrangers. Au fil du temps, nous y avons découvert deux jolies balades et une grotte. Nous optons pour le chemin qui longe la Klong Pla Kang Waterfall.

Khao Chamao

Longeant de belles cascades poissonneuses au cœur de la forêt tropicale, les sentiers ont tendance à suinter l’humidité une bonne partie de l’année. Il faut donc bien se méfier des moustiques, qui prolifèrent souvent pendant la saison des pluies. Par ailleurs, les chemins, très abrupts en certains endroits, deviennent régulièrement glissants et plus difficilement praticables pour les jeunes enfants. Mieux vaut en tout cas être équipé de bonnes chaussures!

Pour cette fois, nous avons décidé de n’aller que jusque là ou nous mèneraient nos pieds, sans chercher à atteindre les cascades les plus hautes. C’est plus raisonnable et bien moins stressant: nous ferons dans le sportif une autre fois!

 

Départ d’expédition

Nous partons bien équipés: eau, anti moustiques, écharpe de portage, et même des vitamines pour remonter le moral des troupes à courtes pattes, au besoin.

Papa-Tout-Terrain a également acheté à l’entrée du parc deux énormes sacs de nourriture pour poissons. Les enfants sont ravis: il y a enfin un objectif sensé à cette balade!

Il est dix heures. Nous sommes complètement seuls, à l’exception de quelques rangers qui nous regardent passer, un peu interloqués de compter tant d’enfants, et si petits.

Balade a Khao Chamao

Il faut dire que notre cortège attire l’œil. A peine installée dans l’écharpe, Miss-Trois a eu faim. Empourprée, elle est justement en train d’exprimer toute son ire alors que nous dépassons les baraquements de l’entrée du parc. Egalement rouge et luisante de sueur, je me débats avec un pan d’écharpe pour modifier les nœuds et lancer la tétée. Au même moment, Papa-Tout-Terrain boucle un sprint victorieux et récupère enfin la perche a selfie subtilisée par Petit-Deux, pendant que Petit-Un transpire a grosses gouttes en trainant son kilos de nourriture pour poissons qu’il veut porter tout seul.

 

Dans la forêt tropicale

Au niveau de la première cascade, les visiteurs sont priés de laisser bouteilles et nourriture à la garde des rangers, pour éviter de polluer cet environnement préservé. C’est souvent le cas dans les parcs naturels de Thaïlande, qui sont par conséquent très propres. Quel plaisir de retrouver une nature saine et vivante!

(Dans la pratique, avec nos enfants en bas âge, on nous accorde presque toujours la possibilité de conserver une bouteille d’eau –moyennant caution ou non. La caution se récupère en montrant, au retour, que la bouteille d’eau n’a pas été abandonnée dans la nature… et s’il n’y a pas de caution, il faut bien entendu être digne de la confiance qui nous est accordée en rapportant soigneusement ses déchets.)

Passage a gue a Khao Chamao

Nous atteignons un joli passage à gué. Le cours d’eau est à sec mais la traversée de ce joli pont rustique enthousiasme les enfants. La forêt est touffue. Son air humide embaume les essences tropicales. Les bruits mousseux du cours d’eau tout proche nous bercent agréablement. Chaque fois que nous le pouvons, nous nous arrêtons pour jeter un coup d’œil à la cascade. Elle est limpide et très poissonneuse. Et les enfants n’attendent qu’une chose: pouvoir enfin nourrir les carpes! Nous avons le plus grand mal à canaliser leur impatience avec des excuses vaseuses: « Allons plus loin, les poissons sont plus gros et plus beaux, là-bas! »

 

Les petits poissons, dans l’eau…

Nous atteignons une petite cascade que nous connaissons bien pour nous y être déjà reposés. Dans notre souvenir, la difficulté du sentier augmentait ensuite. Nous nous arrêterons donc là pour aujourd’hui: place aux poissons!

On a nourri les poissons de Khao Chamao

Il faut descendre un talus rocheux et escarpé pour atteindre les rives du cours d’eau. Par chance, les enfants sont déjà bien rodés à ce type d’exercice et très disciplinés. Ils écoutent attentivement les explications de Papa-Tout-Terrain, quant au passage à emprunter. Ils savent tâter du pied les gros cailloux et les rochers, pour vérifier qu’ils ne sont ni glissants, ni instables. Dans les passages dangereux, ils obéissent strictement à notre voix et savent s’accroupir ou s’assoir dans un endroit sécurisé en attendant l’adulte qui les guidera. Nous sommes fiers de nos garçons, habiles et raisonnables.

La distribution de nourriture aux poissons est follement amusante. Les grosses carpes se précipitent toutes en même temps. Les plus intrépides et les plus gourmandes finissent même par ne plus toucher l’eau, tant elles sont soulevées par la masse immergée des autres poissons de la cascade. Elles éclaboussent allégrement les enfants de leurs queues frétillantes. L’eau est fraîche. On ne compte plus les joyeuses exclamations: « Ahhh! J’ai reçu une goutte! Papa, Maman, regardez ma goutte! »

On a nourri les poissons de Khao Chamao

Miss-Trois tête un peu avant d’être changée sur un gros caillou. Puis elle repart illico pour un bon somme, sur le cœur de sa Maman. Le bonheur tient à peu de choses, pour un tout petit bébé.

 

Les Thaïes amoureuses

De retour au parking, nous assistons au débarquement d’une vingtaine de jeunes mamies dynamiques et babillantes, qui s’extraient gaiement d’un mini bus. L’une d’elles avise Miss-Trois. Elle alerte le groupe. Tel un seul homme, toutes les dames se retournent et nous fixent. D’abord une, puis deux puis trois puis presque toutes lèvent le bras en notre direction, avec ce geste:

Coeur avec les doigts - Source: Pinterest

Ce n’est pas un signe satanique mais un symbole de cœur. Je m’en souviens très bien, une petite minette un peu fleur bleue du bureau me l’avait expliqué.

Plus hardie que les autres, une mamie à l’allure dynamique et au visage avenant s’approche de nous et demande l’âge de Miss-Trois dans un anglais timide, mais pas si hasardeux que ça. « Douze jours ». La dame retourne auprès de son groupe et diffuse l’information. Nous entendons fuser des « Oh » et des « Ah » stupéfiés. A la mode asiatique, quelques dames étouffent leurs rires étonnés en se cachant la bouche de la paume de leur main. D’autres mains se tendent avec des cœurs pleins les doigts. Puis nouveau conciliabule des curieuses.

La dame revient. « What is her name? » Miss-Trois à un nom inconnu aux bataillons thaïs et trop long pour être prononcé aisément. On répète. La dame bredouille un truc qui ne ressemble pas du tout et s’en retourne informer ses copines. On entend des cris d’allégresse. Encouragées par l’intrépidité de leur copine et par notre apparente inoffensivité, quatre ou cinq mamies supplémentaires viennent à nous. Elles admirent notre merveille. D’ailleurs, qui ne l’admirerait pas? J’apprécie leur délicatesse. Personne ne tente un geste pour toucher le bébé. On se sourit gentiment jusqu’à ce que Miss-Trois brise la sérénité des contemplations: il commence à faire faim!

 

Le lac Ban Khao Hin Dat

Quoi qu’il en soit, il est temps de rentrer. Nous aurons passé un beau week-end mais tenons à garder un rythme tout doux pour nos premières sorties à cinq.

Le Lac Ban Khao Hin Dat

Parce que nous sommes d’incorrigibles curieux, nous nous octroyons juste un dernier détour sur le lac Ban Khao Hin Dat, dont Papa-Tout-Terrain a découvert sur Internet d’extraordinaires photos de coucher de soleil. Egayé de pêcheurs du dimanche, parsemé d’ilots et ouvrant sur les magnifiques montagnes de Khao Chamao, le lac nous aura réservé une bien belle surprise. Il nous faudra à tout prix y revenir, un jour, à la nuit tombante!

Top 5 du snacking improbable en Thaïlande


En Thaïlande, le grignotage est une institution sociale.

Au bureau, ça commence dès le moment du petit déjeuner. L’on apporte de petites douceurs à partager avec ses collègues, pour maintenir les bonnes relations. L’on en laisse aussi quelques-unes sur le bureau du chef parce que c’est le chef. Apres la pause repas de midi, quelques collègues se désignent souvent pour éplucher des plateaux de fruits qui circuleront dans le bureau. Puis, dès trois heures, on ressort de petits encas. On ne va quand même pas risquer la fringale…

Le soir, on dîne tôt, voire très tôt. Puis l’on grignote encore des fruits ou de petits snacks, en famille ou entre amis, en regardant la télé ou en papotant. Le week-end, le snacking est aussi de toutes les sorties. Le moindre marché regorge de savoureux appels à la gourmandise. L’on achète quelques sachets pour la route et l’on s’équipe solidement pour la semaine. Le soir venu, les marchés de nuit ne sont pas de reste! Les marchands ambulants y modèlent sous les yeux du chaland des sucreries colorées et surprenantes, qui attirent tant par l’odorat que la vue. Bref, on ne se laisse pas aller!

Sauf qu’en plus des trucs « normaux », les Thaïs ont développé un goût particulier pour des snacks un peu suspects aux yeux des estomacs occidentaux… et qu’ils prennent un malin plaisir à les faire goûter à leurs potes étrangers, bien sûr! En tant que cobaye aguerri, voici mon petit top des douceurs insolites que l’on consommer volontiers au pays du sourire.

Etalage d'insectes sur un marche

Si les Thaïs en raffolent, soulignons que ces encas ne sont pas thaï uniquement. On les retrouve pour la plupart dans de nombreux autres pays d’Asie, avec des assaisonnements propres aux goûts locaux –soit par exemple, le chili XXL pour la Thaïlande!

 

Top 5 – Les cacahuètes épicées aux anchois

Je me suis en fait « auto-cobayé » pour celui-là! Et ça n’a pas été une totale réussite. Un après-midi paisible au bureau, j’ai soudain été prise d’une petite faim irrépressible de grossesse. Pas de soucis: la plupart des usines ont une épicerie pleine de snacks, rapport aux fringales fréquentes des ouvriers. Dans mon entreprise, une partie de notre salaire est même versée en tickets pour la cantine et l’épicerie. Et si l’on bosse bien, on gagne des tickets supplémentaires.

Rapport à mes nausées, je cherchais un truc bien salé et bien épicé, quand j’avise un paquet de cacahuètes aux piments et aux anchois. Ok, il faut être enceinte pour tripper sur un snack comme ça, mais ça m’a fait drôlement envie. En piochant négligemment dans le sachet, je retourne à mes tableaux Excel… Pas pour bien longtemps! Ce n’était pas de vagues piments mais des piments nucléaires. Ils m’ont fait tellement pleurer que je me suis planquée sous mon bureau le temps que ça passe! Et même qu’il y a un mec qui est entré à ce moment-là, que je me suis fait toute petite et que je n’ai pas bougé, que j’ai vachement flippe qu’il me trouve, jusqu’à ce que je voie avec soulagement ses chaussures de sécurité s’éloigner. Quant aux anchois – excessivement durs, au demeurant- ils n’ont franchement rien arrangé à mes nausées!

 

Top 4 – Les algues séchées

Certes, manger de l’algue séchée a quelque chose de surprenant… Mais détrompez-vous, c’est vraiment super bon! Il y a des modèles de base, qui ressemblent aux feuilles dans lesquelles on enroule les sushis, mais aussi des modèles bien plus élaborés, avec des algues grillées ou frites, et des arômes « piment », « barbecue » ou même « fromage ». Je n’ai d’ailleurs pas testé l’algue goût fromage… il faudra que j’essaye! Elles sont commercialisées sous forme de grandes feuilles, de petites feuilles ou même de rouleaux.

Algues

Au départ, l’algue séchée est certainement bien plus japonaise que thaï, mais cet encas a aujourd’hui envahi toute l’Asie. Chose étonnante, Petit-Un, qui a de très importantes phobies alimentaires, adore ces algues: c’est même le seul végétal qu’il ingère, avec la tomate du ketchup!

 

Top 3 – Le poisson séché

Il est huit heures du matin. Je vais commencer le « team briefing » et une petite admin toute mignonne me tend un grand sachet de calamars séchés, parfumés au miel. Là, ça dépend des jours. Il y a des jours où je ne peux pas. La poiscaille séchée à jeun, c’est dur, quand même! Mais parfois je me laisse tenter.

Sur le principe, ce n’est pas mauvais, le poisson séché. D’autant qu’il y en a pour tous les goûts. Il y a du poisson, du calamar, parfois du crabe. Il y a de l’industriel, avec une chair régulière et passée à la moulinette. Il y a de la production locale, qu’on voit sécher au soleil, aux alentours des ports de pêche: dans ceux-là, il reste souvent les arrêtes, mais ça peut aussi se manger, et ça croustille, même si c’est un peu étouffe-chrétien. Il y en a au goût salé, au goût nature, au goût de miel, au goût barbecue…

Poisson seche

Le long des autoroutes, dans les marchés locaux, l’on peut voir des étalages linéaires de ces gourmandises, que l’on achète au poids. Cela fait de très beaux éventaires! Mes préférences vont généralement aux productions « maison », au goût nature ou salé, mais sans arrêtes. Il faut donc se tourner plutôt en direction de gros poissons ou de calamars… Avis aux amateurs!

 

Top 2 – Les chips de graisse de porc

Pour préparer ce billet, j’ai eu un long débat hier avec deux collègues de mon usine (qui n’est pas une usine de chips de graisse de porc). Ils n’ont pas réussi à se mettre tout à fait d’accord sur le mode de préparation exacte de ces « chips ». Pour Sawannee, la directrice de production, il s’agit de peau de porc frite à l’huile. Pour Nattapong, le directeur achat, c’est de la graisse de porc « re-frite ». Les deux en revanche se sont accordés sur le fait que c’était très calorique. Je n’avais d’ailleurs aucun doute sur ce point!

Chips de gras de porc

Quoi qu’il en soit, c’est bon! Toujours pas pour le petit déjeuner, je m’entends. Mais ça, ça se consomme plutôt en accompagnement d’une bière fraiche ou d’un whisky à l’eau gazeuse (beurk), et franchement, c’est le pied! Vivement que je puisse picoler à nouveau!

 

Top 1 – Insectes variés

J’ai gardé en Top 1 les insectes, parce que je me suis doutée qu’ils feraient particulièrement plaisir à Grand-Tatie-Tout-Terrain. Oui, bon, ne faites pas les étonnés, parce que tout le monde sait bien qu’on mange des insectes en Thaïlande! On n’a pas encore goûté de toutes les sortes, mais je commence tout de même à avoir testé une petite palette. Papa-Tout-Terrain un peu moins: il est un poil pusillanime en la matière.

Insectes Frits - Delicieux

Ce que j’aime bien, c’est les insectes frits et salés. Bien frits, ils craquent sous la dent et font un peu chips! Les petits vers blancs jaunâtres, avec des mini pattes, sur la photo, étaient par exemple succulents. En Chine, j’avais aussi mangé des larves de vers à soie cuites à la vapeur, qui m’avaient fait le meilleur effet. Mais globalement, méfiez-vous des cuissons hors friture, parce qu’un insecte bouilli et mollasson, c’est tout de même moins ragoûtant!

Ce que j’aime nettement moins, outre les insectes bouillis, c’est les insectes pas assez salés. Imaginez-vous qu’on vous serve un plat de chips sans sel a l’apéro… ben ça ne donne pas très envie d’y retourner! Et même si parfois ils sont agréablement épicés, vraiment sans sel, ça ne me suffit pas!

Insectes avec des pattes qui se coincent dans les gencives

Ce que je n’aime pas du tout, pour finir, c’est les insectes avec de grosses pattes crantées. J’imagine que quand t’es insecte, ça doit être pratique pour t’accrocher. Mais quand tu deviens insecte frit, ça t’accroche sur les gencives de ton consommateur ou pire, sous ses gencives ou dans le fond de sa gorge. Ça peut devenir super dur à avaler et du coup, pas agréable du tout! A posteriori, je me dis qu’il faudrait peut-être que j’enlève les pattes, mais mes collègues mangeaient tout, donc je n’y ai pas pensé… Bon, à réessayer!

 

Cobaye: une vocation!

Pour l’anecdote, au fil du temps, j’ai acquis une réputation toute particulière au bureau, en incarnant l’étrangère qui accepte de tout goûter. (Voyez plutôt la photo des douceurs que mes collègues ont gentiment prépare sur mon bureau.) Ce doit être lié à mon gout prononcé pour l’inconnu, car j’ai parfois fait des découvertes pour le moins déroutantes. Du reste, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous mon « top 1 ex-aequo », que je n’ai malheureusement pas pu intégrer dans cette liste, parce que je n’en connais pas le nom, que je ne l’ai pas pris en photo, et que j’ai même perdu de vue la collègue qui me l’a fait essayer…

Mon bureau et les gourmandises de mes collegues

Bref, c’était il y a deux ans, vers cinq heure, l’heure où l’on partage les goûters avant de démarrer les heures supp’. Une collègue un peu âgée, style mamie, m’apporte une feuille de bananier délicatement pliée, et qui contient une préparation d’ordre alimentaire, comme c’est souvent le cas en Thaïlande. J’ouvre. C’est rose tacheté de blanc. Et ça sent fort l’ail. Je goute. Ca a effectivement un goût d’ail très très prononcé, et aussi, c’est atrocement piquant.

Je me renseigne. Notez bien que je me renseigne toujours dans un second temps, histoire de ne pas être découragée a priori. Il s’agissait donc d’une saucisse maison, faite de viande de porc crue, marinée dans de l’alcool, et parfumée de piments et d’ail. Même en sachant ce que c’est, je n’ai pas trouvé pas si mauvais… mais vraiment très très aillé. J’ai sans doute ingéré ce jour-là deux ou trois gousse d’ail et n’ai plus osé ouvrir la bouche de la soirée. Mais j’ai aussi compris d’où venait l’odeur prégnante qui flottait parfois dans le bureau dès le petit matin…

 

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Thaïlande authentique: la côte de Chanthaburi


La zone qui longe la côte de Chanthaburi n’est pas très distante de chez nous, mais déjà très éloignée de l’atmosphère de tourisme de masse de Pattaya. C’est pourquoi nous nous y rendons volontiers pour de petits week-ends paisibles.

Après une escapade dans le parc Namtok Phlio et un somptueux et insolite repas à la Ferme Pu Nim, nous retrouvons le bord de mer. Ce soir-là, nous dormirons sur la plage bien connue de Chaolao, mais nous nous y rendons par le chemin des écoliers

 

Notre balade sur la côte de Chanthaburi:

  • Coordonnées GPS du Fort de Laem Singh: 12°28’52.7″N 102°03’44.9″E
  • Coordonnées GPS de la Plage Chaolao: 12°31’58.6″N 101°56’37.1″E

 

En route

Nous descendons le détroit de la rivière Welu pour rejoindre la mer, au niveau de l’estuaire de Laem Singh, là où la rivière Chanthaburi rejoint le Golf de Thaïlande. Cette zone est loin d’être aussi touristique que celle de Chao Lao beach, mais ses plages sont truffées de petits restaurants pour les gens du coin. Nous nous nous y sommes arrêtés quelques fois et y avons toujours passé de bons moments: une cuisine simple mais d’excellents poissons, des chaises longues dans le sable, des jeux d’enfants, et quelques co-flâneurs locaux, venus en famille, souriants et très curieux de notre progéniture. Bref, tout pour une pause simple et agréable… et pour quelques galères à commander le repas, car il ne faut pas tellement compter trouver des anglophones, dans le coin.

Laem Singh est connu pour deux bâtiments, hérités de la période de l’occupation française de Chanthaburi à la toute fin du 19e siècle: le fort de Laem Singh, ainsi que l’ancienne prison coloniale, la prison Khuk Khi Kai. Cette dernière avait été construite par les armées françaises et servait à emprisonner les opposants Thaï. Le bâtiment d’origine subsiste, a priori, mais nous ne l’avons pas trouvé.

Le fort de Laem Sing

On a bien trouvé le fort en revanche, qu’il est difficile de louper, avec ses murs d’enduit rouge. C’était le quartier général de l’armée française. Il abrite aujourd’hui un petit musée qui comporte quelques panneaux explicatifs, quelques gravures d’époque et un canon. Il est amusant de le traverser pour se faire une idée de l’architecture et de la disposition des lieux. Nous n’avions pas manqué cette occasion lors de notre précédent passage, mais là, le musée est fermé. Même Laem Singh est désert, à l’exception d’un chien qui roupille devant le fort.

Au bout de la jetée sommeille un petit village de pêcheurs. Tôt dans la journée, il grouille d’activités, de poissons et de femmes de marins. Local et coloré, il mérite un petit crochet si vous passez par la, par curiosité et pour en ressentir l’atmosphère.

 

Villages de pêcheurs et zones de pêche

A peine plus loin à l’ouest, un grand pont enjambe l’estuaire de la rivière Chanthaburi. A mesure qu’on s’y élève, on découvre le paysage environnant.

A main droite, les terres, déchirées par un immense chenal. Des villages de pêcheurs aux bateaux multicolores qui se blottissent contre les rives du cours d’eau. Des mangroves luxuriantes, aux couleurs sombres et qui dentellent les bords de l’eau. Des zones d’élevage de mollusques, de crustacés et de poissons. Les installations de pieux de bois et de filets tressés sont traditionnelles. Les méthodes et les gestes des pêcheurs sont centenaires.

Village de pecheurs depuis le pont de Laem Sing

A main gauche, le soleil déclinant se reflète sur la mer, parsemée de quelques îlots.

Papa Tout-Terrain nous abandonne, pour partir à la chasse aux photos et à la lumière. A l’arrière de la voiture, Petit-Un et Petit-Deux sont absorbés dans une partie de Batawaf. « Regardez le paysage, les enfants, regardez ce magnifique coucher du soleil et ce village de pêcheurs! » « Oh, c’est très beau! », s’exclame Petit-Un sur un ton très convaincu et très convainquant. Non seulement il n’a pas interrompu sa partie de cartes endiablée, mais il n’a même pas levé les yeux. Il excelle à l’exercice. Il a de la chance pour ce coup-ci, nous ne lui en demanderons pas plus, et même pas de descendre de la voiture pour profiter des merveilles environnantes. Déjà Petit-Deux enchaîne en ricanant: « …mais il est tout petit, ton chien, wahahahahaha! »

Je reste dans la voiture par flemme de femme enceinte et pour surveiller les enfants et pour manœuvrer le véhicule, au cas où. Bref, par flemme, quoi. Devant nous, un pick-up s’arrête et déverse une demi-douzaine de jeunes couples en goguette. Comme un seul homme, toutes les demoiselles confient leur téléphone portable à leur petit ami et se jettent sur la rambarde.

Laem Sing

Commence la séance photo. Une patte en l’air, pour mettre les jambes en valeur. Ou une main sur la joue pour affiner le visage. Ou les lèvres en cul de poule pour faire ressortir les pommettes. Ou les trois en même temps. L’œil songeur, le sourire pensif, l’une fixe l’horizon, romantique. Le regard défiant, une autre prend une pose quasi guerrière de déesse des temps modernes. Au gré des compositions, elles enfilent et quittent chapeaux et lunettes de soleil, qui pimentent et colorent leurs attitudes. Dès la fin de la mitraille, elles posteront leurs photos sur les réseaux sociaux, bien sûr. J’admire la patience des petits amis, photographes très dociles, rarement sous la lumière des projecteurs.

A chaque âge ses plaisirs… je m’amuse à l’idée que dans quelques années, comme moi, ce seront les photos de leurs enfants que partageront ces jeunes femmes, sur les réseaux sociaux.

De Laem Sing a Chaolao beach

 

Chaolao Beach

Nous continuons à longer la côte de Chanthaburi, vers l’ouest. Le trajet est un peu décevant, car de la route, on ne voit presque pas la mer. La côte n’est pas encore très développée pour le tourisme mais de petites pensions et de bungalows sommaires, destinés aux touristes Thaï, commencent à y apparaître, sans grande organisation. Nous le notons dans un coin de notre tête. Ce pourrait être une retraite paisible, rustique et économique, pour un week-end reposant.

Chaolao Beach

Nous arrivons à Chaolao beach. Le standing est très nettement supérieur. La route a été refaite: elle a deux voies, un beau marquage et sol et même une piste cyclable! Elle est bordée d’hôtels plutôt chics, aux noms qui sonnent « occidental », et dans les parkings desquels sont garées de grosses voitures polluantes. La plage est nettement plus belle, aussi: large et de sable fin et clair. Elle est assez fréquentée mais très propre, ce qui n’est pas très courant sur cette côte de Thaïlande. Nous n’y croiserons que des touristes thaïs, mais des Thaïs plutôt riches, ici.

Bords de mer a Chanthaburi

C’est très rare: l’environnement nous semble net et sécurisé, si bien que nous optons pour une baignade en mer. (Les trois conjonctivites du lendemain plaideront néanmoins pour une interprétation plus mesurée). Les enfants redécouvrent le plaisir de se baigner dans les vagues, d’être submergés par l’eau de mer. Ils en avaient oublié les sensations, depuis la dernière fois, plus d’un an auparavant. Petit-Deux n’est pas très confiant face à la force du flux et du reflux marin. Il se cramponne à moi. Petit-Un au contraire semble n’avoir peur de rien. Du coup c’est Papa-Tout-Terrain qui se cramponne à lui, pour éviter qu’il ne plonge! Nous courons dans la marée, nous éclaboussons et nous roulons dans le sable!

 

Ma honte interplanétaire

Après la plage, nous enchaînons avec un petit « plouf » dans la piscine de l’hôtel. C’est la fin de la journée et il y a énormément de baigneurs. Comme nous sommes très sableux, nous rinçons bien tous les recoins des enfants avant de les laisser entrer dans l’eau claire, vu que déjà, on ne passe pas inaperçus avec nos têtes de blonds.

Bords de mer a Chanthaburi

Nous barbotons un peu avant de réaliser que nous avons oublié les bouées dans la voiture: Petit-Un et moi-même irons les chercher. On se sèche, se chausse. Petit-Un est tellement enthousiaste qu’il est prêt avant moi. Moi, je galère à me débarrasser du sable, qui me gratte les pieds dans mes sandales. Je finis de me préparer en causant: « … Et toi, Petit-Un, ça ne te dérange pas, le sable de tes chaussures? » « Oh, non, pas du tout, ne t’inquiète pas, j’ai très bien lavé mes chaussures dans la piscine!« . Et joignant le geste à la parole, il entame une deuxième demonstr… Ahhhh! Je le prends sous le bras en vitesse et fonce cacher ma honte dans un coin sombre.

Je ne sais pas si quelqu’un nous a vus. Le sacrilège est d’autant pire que les Thaïs sont toujours très discrets et bien élevés, et ça, ça ne se fait pas du tout ici… Je suis morte de rire aussi, mais intérieurement, tout de même, parce qu’extérieurement je fais une petite leçon de morale, sympa tout de même… on va considérer que si la réalisation était discutable, le dessein n’était pas mauvais et qu’il y avait de l’idée dans l’exécution

Bords de mer a Chanthaburi

 

Repas d’anniversaire

Le soir, nous retournons dans un restaurant que nous connaissons déjà et dont j’avais adoré le poisson grillé. Vous pouvez d’ailleurs demander à Papa-Tout-Terrain, c’est limite si je n’ai pas organisé cette sortie de 600 kilomètres pour manger ce poisson-là. Et même que je lui en ai rebattu les oreilles tout le chemin aller. On va compter ça dans les envies de femme enceinte.

Le serveur arrive. Il parle quelques mots d’anglais. Je déterre ma photo de poisson de la dernière fois et la lui mets sous le nez, avec exaltation. Un immense sourire fend son visage. Il s’exclame: « Mais, je le connais, c’est mon patron!« . Il fera une tête sacrement déçue quand je lui dirai que ce que je veux, ce n’est pas le patron, c’est le poisson!

Poisson grille a Chao Lao Beach

Nous terminons la journée en fêtant les cinq ans de Petit-Un. Si, en Thaïlande, la nourriture est exquise, les gâteaux qu’on y trouve vont généralement du médiocre à l’insipide. Le fondant au chocolat est donc de confection maison. Je l’ai préparé amoureusement la veille, à l’aide de vingt petits doigts avides de lécher le plat.

Et même que ce matin, Papa-Tout-Terrain a fait une drôle de tête un peu accablée quand j’ai chargé mon dessert dans la voiture, sous un énorme emballage de protection, et avec tout un attirail de décorations en sucre et autres bougies.

On s’apprête à servir le gâteau. Ça tombe mal, non seulement la chambre est non-fumeur, mais en plus elle est truffée de capteurs de fumée. Il faut dire que l’hôtel est tout de bois. Ce n’est pas un endroit pour un anniversaire! Dehors, un gros orage se rapproche, poussé par un vent vigoureux. Là, les bougies ne tiendront jamais si on sort. En catimini, le gâteau à la main, nous nous réfugions dans un bout de couloir éloigné des systèmes d’alarme incendie, et avec une ventilation sur l’extérieur. A toute vitesse, nous chuchotons un « Joyeux Anniversaire » à Petit-Un, fier comme un paon. Il souffle les bougies. Malheur, elles se rallument. Oh oui, c’est vrai, je voulais justement faire découvrir les bougies farceuses aux enfants… Papa-Tout-Terrain me jette un regard un peu furibond quand même et éteint les bougies avec les doigts. Nous rentrons à pas de loup dans la chambre! Petit-Un sourit jusqu’aux oreilles! Ce n’était pas un anniversaire classique, mais c’était un très bel anniversaire, tout de même!

 

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Le Parc National Namtok Phlio – Chanthaburi

 

Le Parc Namtok Phlio en Pratique

  • Coordonnées GPS: 12°31’40.5″N 102°10’45.9″E
  • Prix adulte: 200 THB pour les étrangers. Pas de « prix Thaï » pour les étrangers résidents.
  • Prix enfant: 100 THB. Petit-Un, 5 ans, a payé. Petit-Deux, 3 ans, était gratuit -décision au jugé visuel par la vendeuse de tickets.
  • Ouverture de 7h à 17h.
  • Durée de l’activité: entre une bonne heure pour voir le principal et une journée pour une balade étoffée suivie d’une baignade paisible au milieu des poissons.
  • Précautions: bien s’équiper pour la balade, d’autant que le chemin est peu fréquenté (eau, répulsif moustique, chaussures fermées et pantalons, bâton de rando)

La découverte des lieux

C’est le week-end. Nous arrivons au Parc Naturel de Namtok Phlio en milieu de matinée. Il fait déjà très chaud et très humide, mais il semble que beaucoup des visiteurs n’aient pas encore commencé leur journée, car le parking est encore presque vide.

Une fois n’est pas coutume, on se gare à l’extérieur de la réserve naturelle et l’on n’y pénètre qu’à pied. Google Map ne propose qu’un seul accès, mais il existe en réalité six entrées au parc, qui correspondent chacune à une balade, et souvent à une cascade. Faute de mieux, j’ai photographié la carte affichée sur le site. Elle nous permettra de mieux nous orienter si nous revenons!

Plan du Parc National de Namtok Phlio

Pour rejoindre la cascade « Phlio », trois options s’offrent à nous:

  • Une route goudronnée et droite d’environ 500 mètres, avec dénivelé d’environ 100 mètres
  • Un « nature trail » à travers la jungle, pour profiter de la nature et peut-être découvrir la faune locale
  • Une voiturette de golf pour relier la cascade via la route goudronnée, sans se fatiguer

Plan d'acces a Namtok Phlio

Petit-Un et Petit-Deux tentent sans succès de me convaincre que la voiture de golf est le meilleur choix. Papa-Tout-Terrain est dans un état proche du liquide, à cause de l’humidité, et me laisse décider. Je choisis la voie la plus difficile, celle qui doit mener au paradis: le « nature trail« . Petit-Deux a des chaussures fermées et j’ai des chips dans le sac: nous sommes bien équipés!

Plan du Nature Trail - Namtok Phlio

 

En route sur le Nature Trail

Le sentier commence sur un petit pont qui enjambe le bas de la cascade. L’eau est transparente et regorge de gros poissons aux couleurs sombres. Une famille locale en visite s’est déjà installée, fesses dans l’eau, bien décidée à profiter de la fraicheur des lieux. Ça donne envie! Vivement qu’on arrive au sommet! Les enfants tentent de négocier un plongeon sans balade. Refus parental. On se baignera quand on sera en haut… mais bien tenté!

Poissons et Visiteurs - Namtok Phlio

Dès le début, ça monte dur! Puis ça descend dur! Puis ça remonte. Le chemin est assez irrégulier, avec beaucoup de pierres instables. Pas facile pour les enfants, mais ils sont vaillants. Papa-Tout-Terrain regrette d’avoir oublié son bâton de rando, pour nous protéger des serpents. Il s’en taille un, de fortune, dans le corps d’un bambou. Les enfants veulent aussi le leur. Papa-Tout-Terrain sait toujours trouver de bons bâtons: une fois de plus, il assume sa tâche avec succès. Les garçons sont ravis et tâtent le terrain de leur bout de bois. Ils tâtent tant et tant que ça n’avance plus. Nous devons nous fâcher et les menacer de confiscation pour remettre la marmaille en route.

La végétation alterne, suivant l’altitude. En bas, près de la cascade, les végétaux sont sombres, vivaces et touffus, comme dans la jungle. Des lianes tombent sur le chemin. Cela plait beaucoup à Petit-Un, qui nous demande de l’appeler « Spiderman ». Lorsque l’on s’élève, on pénètre dans des forêts de bambous, épaisses, mais lumineuses et sèches. Le sol est rendu glissant par le tapis de feuilles desséchées qui jonche le sol. Petit-Deux trébuche plusieurs fois. Il commence à bougonner. A la chute suivante, je crie, joviale: « Banana Man! ». Curieusement, ça lui plait énormément. Il continuera toute la promenade avec fierté, au cri de « Banana Man », sans plus se plaindre ni se décourager! Par crainte de voir son titre perdre en valeur, Petit-Un se rebaptise alors « Spiderman Man ». Et ça marche aussi pour le faire avancer.

Nature Trail - Namtok Phlio

Les zones de bambous sont superbes, presque aussi belles que les forets que j’avais traversées en Chine. Malheureusement, zone « bambou » ou zone « jungle », il y a pas mal de moustiques et j’ai oublié les répulsifs. Je commence à m’inquiéter. Autre point pas très rassurant, depuis une demi-heure que nous sommes partis, nous n’avons croisé aucun promeneur. Nous savons que les zones peu fréquentées augmentent les risques de rencontrer des serpents. Nous sommes d’autant plus prudents mais regrettons de ne pas mieux nous être équipés. Il faut dire que rien de ce que j’avais lu à propos de ce parc ne laissait présager un environnement aussi sauvage. Heureusement tout de même, nous avons apporté de l’eau à profusion… et tant mieux, car il fait très chaud et l’on sent que l’on se déshydrate vite!

 

… Et on fait demi-tour…

Le chemin rejoint la cascade. Il faut traverser à gué, sur de gros rochers. C’est beau. Mais ça devient difficile. L’autre côté, avec une paroi pierreuse qui remontre presque à pic est même carrément impraticable. Une corde est sensée aider les promeneurs à se tracter vers le haut. Il n y a que six ou sept mètres à grimper, mais c’est trop risqué pour des enfants qui ne seraient pas le croisement d’Indiana Jones et de Lara Croft. A regret, nous rebroussons chemin. En fait, Papa-Tout-Terrain est plutôt content parce qu’il avait très très chaud. Pour le principe, « Banana Man » et « Spiderman Man », qui avaient jusqu’alors râlé pour rebrousser chemin, protestent qu’ils voudraient continuer la balade.

Nous avons eu chaud en ballade - Namtok Phlio

Nous retrouvons le point de départ, à côté du bas de la cascade et des poissons. Je propose de prendre la route goudronnée pour nous rendre aux chutes d’eau. Les garçons, à qui on a déjà fait le coup une fois, refusent en bloc l’argument de « On nagera avec les poissons quand on aura fini la promenade qui mène aux chutes d’eau! », malgré mon ton enthousiaste. J’interroge Papa-Tout-Terrain du regard. « Comme tu veux… » lance-t-il avec un vague sourire et la tête d’un mec qui va demander le divorce si je lui demande de faire un pas de plus. Je rends les armes. On laisse tomber les chutes d’eaux et on s’arrête aux premiers poissons venus.

 

Barbotage avec les poissons des cascades

Je mets les enfants en slip. Petit-Deux proteste que moi je ne suis pas en culotte et qu’il veut aussi porter un short. On compare la taille de nos jambes et je lui explique que vu la petite taille des siennes, il a tout intérêt à opter pour le slip s’il veut entrer un minimum dans l’eau. Il est sensible à mon argument. Au début, nous faisons bien attention de ne pas mouiller nos vêtements. Les énormes poissons noirs sont partout. De leur queue, ils nous caressent nonchalamment les jambes. Quelques menus fretins nous mordillent les pieds.

Petit-Deux et les Poissons

Très vite, Petit-Un se laisse emporter par son envie irrépressible d’attraper les poissons. Il se jette dans l’eau, glisse, et se relève trempé. Petit-deux suit son exemple. S’ensuit une longue séance de poursuites marines, dont Petit-Un sort bredouille. Il se plaint de ce que les animaux sont trop rapides pour lui et me demande de les lui attraper. Il est déçu quand je lui explique que moi aussi je suis trop lente et conclut que la prochaine fois il apportera une canne à pêche.

Petit-Un et les Poissons

Le soleil tape dur et la faim commence à nous tenailler. Les visiteurs du parc sont désormais très nombreux, et il devient difficile de trouver des emplacements libres, dans l’eau. Nous prenons la direction d’un curieux restaurant dont j’ai entendu parler, et auquel on n’accède que par bateau: la Pu Nim Farm.

Je repars un peu frustrée de notre visite du parc national de Namtok Phlio. Notre balade a été écourtée et nous n’avons pas vu les chutes d’eau. J’ai cependant beaucoup aimé notre –trop courte- promenade. Papa-Tout-Terrain beaucoup moins. Il a eu trop chaud et n’était pas rassuré de n’avoir pas croisé d’autres promeneurs. Les enfants quant à eux ont adoré la baignade au milieu des poissons, et auraient bien fait durer le plaisir… J’espère que nous reviendrons, ne serait-ce que pour profiter des chutes d’eau, cette fois-ci!

 

En bref – Activités au Parc Namtok Phlio

  • Nature Trail: 1,2 kilomètre. La durée de la promenade est évaluée à 45 minutes sur les panneaux d’information du parc. A mi-chemin, nous avons jugé le sentier impraticable pour des enfants. Ouvert de 7h à 16h.
  • Chutes d’eau Phlio: à 500 mètres de l’entrée, on peut les relier via une route goudronnée. Possible location de voiturettes de golf pour les personnes à faible mobilité.
  • Cinq autres randonnées sont possibles dans le parc naturel de Namtok Phlio, par des entrées différentes.

 

 

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Le Trésor du Musée Maritime – Chanthaburi

De passage à Chanthaburi, nous sommes tombés par hasard sur un dépliant publicitaire qui recommandait le fort de Noen Wong (Noen Wong Fort), et mentionnait la présence d’un musée maritime attenant. Pas un mot en revanche de notre guide. Nous nous y sommes rendus tout de même, un peu à l’aveugle, et n’avons pas regretté le détour!

 

Le fort de Noen Wong (Noen Wong Fort)

Les enfants traînent les pieds pour sortir de la voiture. Ils préfèreraient continuer à jouer avec leur nouvelle collection de coquillages, « récoltés » dans un restaurant de Chao Lao Beach.

Nous commençons par un tour des fortifications. De la forteresse de Noen Wong, il reste une sorte de tour de guet qui n’a pas l’air d’époque, mais surtout une imposante enceinte en brique, défendue par des canons régulièrement espacés. Le fort a été construit vers le début du XIXème siècle par le Roi Rama III, pour défendre le Royaume de Siam contre les invasions du Royaume du Vietnam. Datés de la même période, les canons sont visiblement importés d’Occident, ce qui n’est pas très étonnant vu les relations qui liaient alors le Siam avec les Etats Unis et la Grande-Bretagne. Petit-Un est très impressionné par les explications de Papa-Tout-Terrain, quant à l’utilisation du canon. Il répétera plusieurs fois la manœuvre de mise à feu.

Les canons du fort de Noen Wong

 

Le Musée Maritime (National Maritime Museum) de Chanthaburi

Autant l’extérieur du bâtiment ne paie pas de mine, autant le contenu du musée nous aura éblouis. La salle la plus impressionnante reconstitue une jonque Thaï traditionnelle, à taille réelle. Le bâtiment de bois sombre (traditionnellement en tek) était semble-t-il destiné au négoce. Comme sur les bateaux du sud de la Chine, de gros yeux sont peints sur la coque. Dans la croyance, ils protègent l’embarcation et lui permettent de « voir » les dangers.

Yeux sur la coque d'une jonque Thai

Par des ouvertures ménagées dans les flancs du bateau, nous découvrons les cales, qui regorgent de denrées exotiques et de liquides conservés dans des sortes d’amphores. Nous dépassons les cabines de l’équipage. Elles abritent dont un type en train de mourir d’une flèche d’Indien d’Amérique dans le ventre. Dieu soit loué, les enfants ne le remarquent pas. De là, des escaliers raides mènent sur le pont.

A l’étage, la reconstitution est fascinante. La plate-forme est envahies de cordages. En levant le bras, on peut toucher les « voiles », retenues par des sortes de nattes de bambous tressées, et qui se replient en accordéon, suivant de grandes lattes horizontales. Le pont est beaucoup moins plat que ce à quoi je m’attendais et les rebords ne sont pas bien hauts. Pas très sympa en cas de tempête! Les enfants se mettent à la barre et aident un moussaillon-mannequin à procéder à des manœuvres compliquées, pour la photo.

Les cales d'une jonque Thai

 

Vestiges marins et artisanat thaï

Un peu plus loin, une autre salle reconstitue des fouilles archéologiques maritimes. La scène s’observe depuis deux étages distincts, l’un pour la partie émergée, l’autre pour la partie sous-marine. Nous examinons les (faux) plongeurs contemporains fouiller les restes de la coque d’un bateau, envahis de coraux et d’animaux marins. Autour de ces thématiques, des activités à destination des enfants proposent de reconnaître à l’aveugle de (faux) objets anciens, extraits des restes de l’embarcation exposée: vases, cordages, tessons d’amphores… Les enfants sont encore un peu petits, mais je suis ravie de pouvoir leur proposer une première introduction aux principes de l’archéologie!

La suite du musée présente une profusion de maquettes de bateaux de style Thaïlandais, ainsi que plusieurs d’objets régionaux. C’est intéressant mais somme toute plus classique. Au final, la visite nous aura beaucoup plu, avec la petite limite que les explications en anglais sont parfois un peu sommaires. Cela nous a laissé le loisir de l’observation et l’imagination. Et soyons réalistes: avec les enfants dans les pattes, nous avons de toute façon rarement le temps de lire les panneaux de commentaires.

 

Le long des murailles…

Nous ne partirons bien sûr pas avant d’avoir nourri les carpes du bassin du musée. Il est toujours assez fascinant de voir ces dizaines de poissons se jeter sur la nourriture en formant une masse tellement compacte que ceux « du dessus » ne touchent même plus l’eau!

Les enfants nourrisent des carpes

Nous terminons la visite en faisant le tour des murailles circulaires du fort de Noen Wong, en voiture. Les fortifications de briques et de terre, vieilles de plus de deux cent ans, ont bien résisté à l’œuvre du temps. En revanche, il ne reste presque aucun bâtiment à protéger au cœur des murailles, juste quelques plantations et visiblement un temple –que nous n’avons pas trouvé. On se demande à quoi cela pouvait ressembler à l’époque du Royaume de Siam. Çà et là, il est émouvant de constater que la végétation et la nature commencent reprendre leurs droits.

 

Les marais salants de Chanthaburi et le Bord de Mer

Sur le chemin du retour vers la maison, nous traversons la zone de marais salants de Chanthaburi. Ils ne se visitent pas, a priori, mais nous pouvons observer au passage quelques ouvriers en pleine récolte. Sur le bord de la route, des baraques proposent à la vente d’énormes sacs de sel, pour une bouchée de pain. J’utilise en ce moment un sac d’un kilo (20 baths, soit un demi euro) qui devrait nous durer un an ou deux. Je trouve amusant et étonnant de cuisiner avec cette fleur de sel non raffinée et donc grisâtre, aux cristaux bien plus grossiers que ce que l’on trouve dans le commerce. Mais bon, ça reste du sel, quoi.

Paysage de marais salants pres de Chanthaburi

 

Un peu plus loin, nous dépassons les Mangroves de Khun Kraben. Le temps est trop court pour nous y arrêter, mais nous nous promettons d’y revenir. En revanche, nous nous permettons un dernier crochet dans une ferme piscicole voisine. L’entrée y est libre. L’on n’achète que la nourriture à distribuer aux animaux de l’élevage. Lorsque l’on jette la pitance dans les cages en pleine mer, l’on ne sait jamais quel type d’animal marin va surgir. Nous découvrons de magnifiques tortues géantes. Des poissons plus ou moins gros, plus ou moins vifs… Il y a parait-il des requins, mais nous ne les avons pas trouvés. La pause n’a pas été très longue, mais c’était une détente agréable. Il faut juste faire attention aux enfants car les rambardes protègent mal d’éventuels plongeons.

Avec du recul, ce n’était malgré tout pas une bonne idée que de laisser les enfants nourrir des poissons vivants. Avec des poissons morts. L’activité a ainsi passablement « parfumé » notre gentille marmaille, avant plusieurs heures de voiture…

Ferme Piscicole pres des Mangroves de Khun Kraben

 

 


Le musée maritime de Chanthaburi en pratique

 

 

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