La controverse du barbecue thaï en famille

Papa-Tout-Terrain est intrépide. Mais moins que moi. Si vous lui demandez son avis, il vous dira certainement que je suis une insensée téméraire, adepte des équipées les plus extravagantes avec les enfants. De la naît la controverse. Il m’accuse d’inconscience. Mais pas du tout. C’est lui qui est pusillanime. Jugez plutôt sur pièce, avec l’affaire du barbecue thaï

Nous sommes sortis, affamés, du parc de Khao Phra Wihan. La région est particulièrement reculée. Par bonheur –béni soit Google Map- je déniche un petit restaurant de derrière les fagots, visiblement réputé pour ses barbecues. Papa-Tout-Terrain fait une drôle de tête. Je crois qu’il préférerait manger un riz frit tout bête. Cette entreprise innovante lui semble fort périlleuse.

Barbecue thai des voisins

Il n’a pas forcement tort. Mais j’ai envie de nouveauté! Nous arrivons sur les lieux. C’est très sympathique, en plus! Et rural. Une grosse botte de foin bloque ma porte de voiture. Je me contorsionne pour sortir et délivrer Miss-Trois via le coffre. A moins qu’il ne s’agisse d’un acte manqué de la part de Papa-Tout-Terrain, qui aurait aussi pu garer la voiture ailleurs…

 

L’installation

Nous mangerons dans des cabanons individuels, alignés autour du corps principal de l’établissement. C’est très pimpant! Et un peu chaud, aussi, sous les toits de tôle ondulée. Papa-Tout-Terrain ne dit rien mais n’en pense pas moins. Ca se voit à sa tête. Et vu que c’est mon idée tordue, il me laisse me débrouiller seule avec la serveuse qui ne parle pas un mot d’anglais. Zut, en plus je ne vois pas de menu! Mais que diable allions-nous donc faire dans cette galère?…

Je commande de l’eau, prends un air tres digne, Miss-Trois sous le bras, et pars faire le tour des cahutes environnantes, histoire de voir ce que mangent les autres. Ca ne ressemble à rien de ce que je connais, même s’il s’agit clairement d’un barbecue. Comment est-ce que je vais bien pouvoir commander?… Les voisins ne parlent pas anglais. Alors je mime avec adresse (et toujours Miss-trois à la main) la fille-qui-a-besoin-de-prendre-une-photo-de-leur-table-pour-pouvoir-commander. Je leur fais sûrement un peu peur parce que personne n’ose refuser. Je reviens avec un bon choix de tables couvertes de victuailles. Cela devrait m’inspirer dans la commande.

Barbecue thai des voisins

Quand je retourne à notre cabanon, quelqu’un a disposé sur la table un seau rempli de charbons ardents. La température a grimpé en flèche. On approche sûrement des quarante-cinq degrés. Celsius, bien entendu. Les enfants sont fascinés par les braises. Et Papa-Tout-Terrain a l’air fou de joie.

Miss-Trois semble trouver l’environnement à son goût. Elle se détend. Puis devient tout rouge. Le fumet délicat qui s’échappe alors de sa couche me confirme que c’est un code putois cynique. Mais que diable allions nous bien faire dans cette galère?

 

La commande

La serveuse arrive. Papa-Tout-Terrain prend la tête la plus absente possible. Ca marche, puisque la dame s’adresse à moi du coup. Elle me dit un truc en thaï. Je lui dis un truc en français et lui montre les photos des voisins. Elle me fait signe de la suivre. Chouette, je crois bien que je vais aller choisir en cuisine! Je jette un coup d’œil à Papa-Tout-Terrain qui regarde ses pieds. Je soupire, m’empare du bébé malodorant d’un air dégagé, et emboîte le pas de la jeune femme.

(Si tu me lis mon chéri, je t’aime. Je t’aime tel que tu es et avec tous tes défauts.)

Barbecue thai des voisins

Je me retrouve devant un frigo monumental, juste sous le nez du patron. Il y a des tas de viandes, de poissons et de crustacées. On m’équipe d’une pince et d’un bol et tout s’éclaire: je n’ai plus qu’à choisir ce qu’on va faire griller! Les pinces glissent et le bébé se contorsionne pour attraper des bouts de nourriture au vol. Ma performance est digne d’un sioux acrobate. Le patron me considère d’un œil amusé. Il me rajoute même un gros bout de graisse. Hum, c’est sympa. Ca ne m’inspire pas tellement, mais je le laisse faire poliment.

Je reviens triomphante avec mon bol de viandes. A son regard noir surplombé de petits nuages orageux, je sens tout de suite Papa-Tout-Terrain très chaud. Au sens propre il l’est en tout cas. Il a pris une belle teinte rubiconde à la faveur des braises. Les garçons aussi. « Allez, à table! », je dis d’un air enjoué. « Mon chéri, tu veux bien m’aider à faire cuire la viande? »

Barbecue thai des voisins

 

L’erreur technique

Je n’ai pas le temps de musarder. J’attrape Miss-Trois, la plaque au sol et entreprends de circonscrire l’infection tandis que Petit-Deux lui immobilise les membres supérieurs. Heureusement que notre princesse est un bébé tout-terrain et de bonne composition. Rompue à ces gymnastiques cocasses, elle ne s’offusque en rien de l’environnement insolite.

Sur ces entre-fesses arrive la serveuse, qui a découvert Google translate. Elle me tend son téléphone. Une lingette à un stade avancé d’utilisation dans une main, un bébé pas encore propre dans l’autre, je lui fais signe que ce n’est pas vraiment le moment. Elle fait dire un truc à son téléphone que je ne comprends pas. Je me penche pour lire: Pan*. Hum. Je souris. Elle a l’air un peu paniquée. Elle me montre Papa-Tout-Terrain qui est en train de faire brûler sa viande. Je souris encore. Sourire ca marche à tous les coups.

Elle s’enfuit et revient avec un monsieur et un nouveau barbecue. Elle nous donne une plaque toute propre et plante le bout de graisse au sommet. Ah! Ca n’était donc vraiment pas normal que la viande brûle! Après cet ajustement technique, ca marche drôlement mieux… et c’est même très bon!

Notre barbecue thai

Bien vite, Miss-Trois a retrouvé l’apparence et l’odeur d’un joli bouton de rose. Petit-Un est ravi d’aider aux grillades. Petit-Deux adore la cahute. Et même Papa-Tout-Terrain avouera que la viande n’est pas mal du tout! C’était délicieux et on a bien rigolé! Alors reconnaissez-le, elle était très bien, mon idée, non?

 

*Sur le moment, j’étais bien loin de considérations sémantiques, mais a posteriori, je pense qu’il s’agissait de pan pour poêle en anglais, vu que la nôtre était justement en train de carboniser…

Le voyage des moines au parc de Khao Phra Wihan

Cette histoire a commencé en 1907, avec des mecs qui ne savaient pas dessiner correctement une frontière. Des Français en plus. Au niveau du temple Khmer de Khao Phra Wihan, pouf, le crayon a dévié un peu et en un clin d’œil, le magnifique sanctuaire thaï est devenu cambodgien. C’est un non-sens par rapport au relief, car la frontière est tout du long marquée par un grand précipice… sauf au niveau du temple, avec un bout de falaise presque impossible a atteindre depuis le bas, mais qui appartient au Cambodge

Vue du haut de la falaise de Thailande sur le Cambodge

Cela dit, les Thaïs ne sont pas bien réactifs. Ils n’ont réalisé le problème que dans les années 1930. (Je n’imagine même pas le savon qu’il a pris, celui qui a signé la carte sans la relire…) Depuis, les deux pays se chicanent et s’empoignent régulièrement à propos de ce bout de territoire. Il y une quinzaine d’années, ça s’était tassé un peu. Les Thaïs pouvaient enjamber la frontière et directement visiter le monument.

Et puis voila qu’à partir de 2008, les deux pays ont recommencé à s’envoyer des baffes. En réalité pour des raisons de stratégie politique intérieure. Ils ont refermé les frontières et mis des militaires partout, des deux côtés. L’année dernière, on avait eu la chance de visiter le sanctuaire de Prasat Ta Muen Thom, qui a un peu les mêmes soucis, mais qui est du côté thaï, lui. Le temple était magnifique. Nous y étions seuls. (Avec des militaires). Nous avions adoré. Mais nous n’avions pas pu voir Khao Phra Wihan.

 

Perdus dans le parc national de Khao Phra Wihan

Du coup, cette année, avec l’énergie du désespoir, j’ai fait des pieds et des mains, façon Shiva, pour essayer à nouveau d’intégrer ce sanctuaire à notre itinéraire. (C’est vraiment un temple majeur de l’art Khmer celui-là.) En vain. (En réalité c’est possible mais très compliqué, très long, et pas faisable avec trois enfants en bas âge.)

J’avais lu en revanche qu’on pouvait voir le temple, de loin, depuis le Parc National éponyme, mais côté thaï. Je m’étais dit pourquoi pas, mais sans grand enthousiasme. Par dépit pour ce temple qui ne se laissait pas visiter, j’avais d’ailleurs bâclé la préparation de la visite du parc. Je m’étais même dit qu’on n’irait sûrement pas. Mais c’était sans compter sur Papa-Tout-Terrain a drôlement insisté. (On est aussi irrécupérables l’un que l’autre…)

Khao Phra Wihan National Park

Bref, c’est seulement lorsqu’on est arrivés à l’entrée du parc que je réalise que je n’ai même pas une carte des lieux en anglais. Impossible de se repérer. D’autant que toutes les indications sont en thaï. Alors que je Googlise frénétiquement, Papa-Tout-Terrain avance au radar. Tiens! Un panneau. En thaï. On s’engouffre dans le chemin de terre. On bout de cinq-cents mètres, on atteint un camp militaire. Zut! On est en plein sur la frontière avec le Cambodge. Et effectivement, il y a des militaires partout. On fait demi-tour discretos.

 

La surprise de Prasat Don Tuan

On ne sait toujours pas où on est. On arrive à une grosse barrière rouge intimidante. Avec deux petits vieux en marcel qui la surveillent en fumant des clopes. C’est la frontière. On fait quoi? On fait demi-tour. Ooooh! Noooon! Regarde, un temple! Par mes aïeux, un temple khmer! Et on ne le savait même pas! On se gare. Les deux vieillards nous considèrent, étonnés. Puis nous font un petit coucou pacifique. Tout est bon! Nous plongeons avec délectation dans les ruines.

Le sanctuaire s’appelle Prasat Don Tuan et date des 10 et 11ème siècles. Vu la période, il devait être dédié à Shiva ou Vishnu, car le bouddhisme ne se diffusera dans la région qu’à partir de la fin du 12ème siècle. Nous pénétrons entre les colonnades de l’allée centrale. Il est rare que ces pans d’architecture soient encore debout. A l’origine, ces colonnes devaient être surplombées d’un toit de bois, qui protégeait les fidèles du soleil et des intempéries.

Prasat Don Tuan

Un petit autel bouddhiste a aujourd’hui pris place dans le Prang principal. Les colonnes quant à elles sont entourées de tissus sacrés issus de cultes païens. Comme en de nombreux lieux de Thaïlande, les religions sont complémentaires, bien plus qu’antagonistes.

Quelques dizaines de mètres plus loin, on distingue une autre barrière, plus rouge encore que la première et plus imposante. Il s’agit du vrai poste frontière. Et il est gardé par un tas de vrais militaires bien fringants, cette fois-ci. Ils n’ont pas l’air d’avoir envie de rigoler. Nous ne nous en approcherons pas. Autant ne pas chercher les ennuis.

 

Une zone très militarisée

Je n’ai toujours pas trouvé de carte satisfaisante. Il est possible que puisque nous sommes dans une zone de conflit et pleine de soldats, personne n’ose vraiment se mouiller. Google Map nous dit d’ailleurs qu’on est au Cambodge, ce qui n’est pas de l’avis du poste frontière. Bref, nous continuons à avancer au pifomètre. Il n’y a finalement pas beaucoup de routes.

Nous longeons toujours le Cambodge et les cantonnements militaires des deux camps. Nous ne sommes pas spécialistes mais il nous semble qu’ils ont du beau matériel! De fil en aiguille, nous arrivons ainsi à l’autre extrémité du parc, celle d’où nous pourrons voir le fameux sanctuaire khmer de Khao Phra Wihan.

Le parking est plein. Il y a des jeeps, des camions, des chars d’assaut, des tanks, des blindés garés un peu partout. (Bon, en fait c’est plutôt des véhicules légers, pas des trucs pour le combat, mais c’est pour donner une idée. Je ne suis pas spécialiste, moi.) Une espèce de grande kermesse militaire est organisée, visiblement à l’ occasion de Songkran, le nouvel an Khmer. Tout est très carré: c’est des soldats, tout de même. Les recrues sont assises en rang d’oignon devant une estrade en treillis ou se tient un concert de pop. L’ambiance est bon enfant. D’ailleurs, la plupart des touristes qui viennent pour le temple s’arrêtent un peu pour écouter les chanteurs.

Concert pour militaires a Khao Phras Wihan National Park

 

En souvenir des événements dramatiques de 1979…

Nous partons finalement à la recherche de Khao Phra Wihan (qui s’appelle Preah Vihear pour les Cambodgien). On longe la falaise qui marque la frontière avec le pays voisin. L’à-pic fait frissonner. Justement, un moine qui passait par là enjambe la balustrade, sans doute pour mieux voir. Ou méditer. Ou pour l’adrénaline. Ce n’est pas très clair, mais il faut être un peu fou pour faire ça. Il y a à peine dix centimètres de pelouse sous ses pieds puis le vide sur des centaines de mètres. Un militaire en charge des premiers secours accourt avec une mallette pleine de pansements et lui demande de revenir du côté des vivants. Sage décision, car les pansements n’auraient guère eu d’effet en cas de chute.

La vue est magnifique. Malgré tout, elle prête plutôt à la mélancolie. Car ces si beaux paysages ont été le théâtre d’un massacre d’une grande violence, en 1979. Nous avons une pensée pour ceux dont le destin a été brisé, en une nuit, sur ces falaises.

Pour faire court, c’est l’époque où la guerre civile bat son plein au Cambodge, sous le sanglant régime des Khmers rouges. Des dizaines de milliers de Cambodgiens fuient leur pays et se refugient en Thaïlande. La Thaïlande de son côté ne souhaite pas accepter la pression de cet afflux de refugiés politiques. Ils en appellent à la communauté internationale, qui fait la sourde oreille. Une nuit, l’armée thaïlandaise réunit alors des milliers de refugiés dans un camp près de Khao Phra Wihan, et les pousse vers la falaise. On comptera plus de trois mille morts et sept mille disparus.

 

Une merveille bien dissimulée

Au terme d’une courte marche nous atteignons enfin l’observatoire qui doit nous permettre de découvrir Khao Phra Wihan. Papa-Tout-Terrain fronce les sourcils. Ca n’est pas possible. Ce n’est pas ici. D’ailleurs c’est simple, on n’y voit rien!

Eh bien oui, on ne voit rien du tout. Soyons parfaitement honnêtes: en cherchant bien, on distingue tout de même l’allée processionnelle qui s’étale en pente douce jusqu’à un bosquet touffu, où l’on devine quelques ruines. Non, nous ne verrons vraiment rien. Et nous n’aurons même pas le droit de prendre de photos, car la zone est militaire, donc classifiée.

(Un peu plus tard, quand on a vu tout le monde mitrailler sous l’œil paisible des militaires de garde, on a aussi fait notre photo, finalement. Bon, on est d’accord, hein, on ne voit strictement rien.)

Le sanctuaire de Khao Phras Wihan vu de Thailande

Un peu déçus, nous passons à l’étape suivante du site: deux Stupas, symboles d’abondance, au milieu de canons et de roquette vaguement recouverts de treillis. Bon, c’est des Stupas, quoi. Elles ont l’air d’avoir été récemment érigées. Nos deux grands sont ravis, en revanche, car ils ont trouvé un tronc à remplir de piécettes. Tout autour, les jeunes militaires du concert se sont égayés sur le site touristique. Nous voyant, ils se bousculent pour être pris en photos avec nos enfants. Ravis de jouer aux stars, les garçons lancent quelques mots de thaï, à la volée, qui arrachent des exclamations d’enthousiasme de la part des jeunes gens.

Les deux stupas de Khao Phra Wihan

 

L’épreuve

Vient ensuite le moment que j’appréhendais. Il s’agit de descendre un grand escalier à flanc de falaise. Mon vertige et moi-même avons des nausées rien qu’à l’apercevoir. Hélas, depuis le début, je sais bien qu’il me faudra passer par là: cet escalier mène à un bas-relief Khmer du XIe siècle, magnifiquement conservé, et qui fait la célébrité du parc. Mon amour des vieilles pierres me perdra…

L'escalier qui descend vers le bas-relief de Khao Phra Wihan

Papa-Tout-Terrain part en éclaireur. Il me confirme que c’est très à pic, mais bien protégé. C’est rare en Thaïlande. Dans l’idée, les gens d’ici estiment que si votre heure doit venir aujourd’hui, c’est que c’était votre heure, et rien de sert d’essayer de s’en prémunir. C’est très rassurant, hein? Cette forme de philosophie fatalisto-bouddhiste est commune à beaucoup de pays d’Asie. Elle explique en particulier pourquoi de nombreux conducteurs de deux-roues ne se donnent pas la peine de porter un casque.

Fermons cette parenthèse pour bien nous concentrer sur les escaliers. Je serre si fort la main de Petit-Deux qu’il proteste que je lui fais mal. Et quand il voit ma tête, il me dit finalement que je peux serrer plus fort. Pas facile de serrer, d’ailleurs, tellement j’ai les mains moites et glissantes. On arrive au bas-relief, qui est effectivement somptueux. A flanc de falaise, et protégé par un toit de rocher, il est resté tel qu’il y a dix siècles. Je me demande juste qui est le fou qui s’est dit qu’il allait faire sa petite sculpture ici. Il faut vraiment être détraqué pour avoir une idée comme ça.

Le bas-relief de Khao Phra Wihan

 

Moines et moinillons

On remonte. J’ai des sueurs et des palpitations. On m’assoit. Papa-Tout-Terrain me donne deux ou trois baffes et ça va déjà mieux. Je m’assois sur un bout de rocher. Un vieux monsieur s’assied à côté de moi et essaye de me faire la conversation mais j’ai des soucis de concentration. Tiens, un groupe de petits moines. Ils sont mignons. Le monsieur me demande d’où on vient. Encore des moines… Je lui dis et lui retourne la question… Il a l’air étonné parce qu’il est Thaï. Un autre groupe! Ca alors, c’est fou le nombre de moines. Le monsieur ne sait visiblement plus poser d’autres questions en anglais. Moi je suis plutôt contente parce que ça me permet de me concentrer sur mes esprits.

Les moines arrivent maintenant à la queue leu leu, et a une cadence soutenue. Non je ne délire pas, ce sont des vrais moines. Papa-Tout-Terrain, qui prenait des photos un peu plus loin revient en courant. Hors d’haleine il me souffle: « T’as vu, il y a des moines?! » Oui, je ne pouvais pas les louper. A bien regarder il s’agit pour la plupart de moinillons, enfants et novices. Comme c’est les grandes vacances pour la Thaïlande, il participent certainement à un stage religieux.

Moines et moinillons a Khao Phra Wihan

De retour au parking, nous ne compterons pas moins de quinze bus pour déplacer ces minis ouailles. Cette rencontre impromptue nous aura donné l’occasion de quelques belles photos… C’est fou comme ça contraste joliment bien, un moine, sur fond de forêt tropicale!

 

La scandaleuse omission

Au terme de la visite, nous reprenons le principe des questions aux enfants:
– Vous vous souvenez de l’escalier qu’on a descendu, à flanc de falaise? Qu’est ce qu’on a vu, en bas? »
          Grand silence…
– Eh bien, ce grand escalier… où Maman avait peur… Vous avez oublié?…
– Non non on se souvient bien!
– Eh bien, il y avait quoi en bas?
– Ben rien. Un trou?
– Mais non… qu’est ce qu’on a regardé?…
         Petit-Un se frappe la tête
– Ah oui! Je sais! Je me souviens! Il y avait des bols!… »

Effectivement, il y avait des bols à offrande pour mettre sa piécette aux Dieux Khmers… De questions en interrogations, nous découvrons finalement que comme deux idiots, nous avons tout simplement oublié d’indiquer aux garçons qu’il y avait des sculptures khmères… et qu’ils ne les ont pas remarquées! Bref, c’est bien la peine d’emmener ses enfants en vacances!…

Moines, moinillons et militaires a Khao Phra Wihan

Retour à nos amours Khmères – Prasat Phanom Rung

« Ce voyage est ennuyeux à mourir! Ca sert à rien de s’enfiler tous les temples Khmer du pays. Ils sont tous pareil! » Voici ce qu’un voyageur m’avait déclaré alors que je cherchais des informations pour planifier notre itinéraire en Isan, sur des forums de voyage.

Outre le fait que cette remarque est plutôt vexante (mais les gens se permettent tout sur Internet, où va le monde ma pauv’dame…), je vous jure qu’on peut s’éclater dans des temples Khmers! Demandez plutôt à Petit-Deux ce qu’il pense de ces gros tas de cailloux pour faire des sauts périlleux. Et à Petit-Un comment jouer au découvreur, dans les dédales de couloirs, d’escaliers et de petits ponts. On comptera ensuite tous ensemble les bras de Shiva et on partira à la recherche des chauves-souris. En fin de visite, le gagnant sera celui qui aura repéré le plus de têtes de Nâgas!

Prasat Phanom Rung

Les garçons ont atteint l’âge où tout les intéresse et où ils peuvent tout comprendre, ou presque. C’est un plaisir de partager avec eux notre passion des vieilles pierres. Nous avons choisi la bonne région, d’ailleurs! A seulement quelques centaines de kilomètres au nord d’Angkor, l’Isan abonde en temples et en vestiges Khmers en tous genres.

 

Retour à Prasat Phanom Rung

Par chance, en ce premier jour de vacances, nous sommes en avance sur le programme! (C’est parce que comme des foufous, on s’est levés à quatre heures du matin pour prendre la route… Excitation, quand tu nous tiens…) Nous sautons sur l’occasion pour retourner jeter un coup d’œil à l’un des sanctuaires majeurs de la région: Prasat Phanom Rung.

Prasat Phanom Rung

(Je ne reviendrai pas ici sur la typographie et la disposition des lieux, que j’ai largement décrits dans ce billet dédié à Prasat Phanom Rung, lors de notre précédent voyage.)

Forts de notre expérience, nous nous dirigeons vers l’entrée arrière du sanctuaire. Cela nous épargnera l’ascension et la longue traversée de l’allée processionnelle. Certes, la découverte des lieux est moins grandiose et on manque une partie. Mais on arrive tout fringants et tout frais au cœur de l’action. De toute évidence, on profite bien mieux des lieux que ceux qui se trainent, à moitie mourants et complètement écarlates, en haut des marches.

Prasat Phanom Rung

Nous décidons que pour cette fois-ci, ce sont les enfants qui choisiront l’itinéraire de la visite. De notre côté, c’est plus jouable, car nous connaissons déjà les lieux. Quant aux garçons, ils sont ravis de ce privilège. J’adore ressentir leur exaltation, lorsqu’ils franchissent un mur ou une porte, en se demandant ce qu’il y aura derrière. Comme je connais cette excitation. On se sent unique et seul au monde. Comme si on était le premier à mettre le pied en ces lieux. Le cœur bat. On s’imagine les salles et les merveilles avant de les découvrir.

Prasat Phanom Rung

 

Où l’on fait connaissance avec les Nâgas

On arrive aux ponts aux Nâgas, mythiques serpents protecteurs à cinq têtes. Ces ponts symbolisent le lien entre le monde des dieux et celui des hommes. C’est assez abstrait. Du coup, pouf, je perds les enfants. Au sens figuré d’abord. Puis Petit-Deux, au sens propre. On le retrouve dans la galerie extérieure. Il y a trouvé un plan incliné sur lequel il s’exerce au sprint en descente. Ca n’a pas l’air de déranger les autres visiteurs. Au contraire, deux jeunes filles sont en train d’essayer de parlementer avec lui pour l’intégrer à leurs selfies. Par malchance pour elles, Petit-Deux est très dur en affaires.

Nagas de Phanom Rung

Petit-Un remarque des Nâgas sur le toit du Prang principal. Et pas qu’un peu! En fait ces motifs sont partout. On s’amuse à les repérer, les photographier et les compter. De toute évidence, Petit-Deux ne partage pas notre enthousiasme pour ces reptiles sacrés. Il détourne le regard dès qu’on aborde la question. Et puis il boude. Il paraîtrait que je lui aurais mis du sable dans les chaussures. Volontairement bien sûr.

 

Shiva, le bœuf et les chauves-souris

On entre dans le sanctuaire central, dédié à Shiva. L’œil s’habitue doucement à la pénombre. On distingue un bœuf couché. C’est la monture traditionnelle de Shiva, dans la mythologie Hindoue. Ca sent le phoque, quand même. En un regard, Papa-Tout-Terrain identifie des centaines de chauves-souris, bien arrimées au cintre de pierre.

Prasat Phanom Rung

Malgré tout, ces voutes sont magnifiques. Elles sont chargées d’émotions, d’histoires et de prières. Elles ont dix siècles et des pierres tellement grosses qu’elles pourraient tuer un éléphant. Quels tributs grandioses pour les dieux des lieux. « Oh, Batman! » s’exclame Petit-Un qui vient d’apercevoir les chiroptères. Alors on prend une photo « avec l’Iphone de Maman », parce qu’il faudra absolument montrer ça aux copains de l’école!

Il commence à faire chaud et long pour les enfants. Il est temps de conclure la visite. Bien sûr, entre adultes, Papa-Tout-Terrain et moi-même aurions pu rester deux heures de plus, mais nous avons fait un beau tour du temple, déjà. Quoi qu’il en soit, nous sommes comblés: c’est une telle richesse de pouvoir profiter de tout ça en famille!

Sur le chemin de la voiture, c’est l’heure de l’interrogation orale. Les enfants sont en équipe. S’ils répondent bien, ils gagneront un bonbon. « Alors qu’est-ce que les Nâgas, les garçons? » Petit-Un cherche ses mots. Petit-Deux l’interrompt: « C’est un serpent à cinq têtes qui protège les hommes! » Quelle bourrique! Moi qui croyais qu’il n’avait rien écouté!

 

Prasat Ban Bu

En route pour la suite, nous retrouvons le petit chemin de terre sur lequel nous nous étions égarés parmi un troupeau de vache, en cherchant un temple, l’année précédente.

Or, le Tout-Terrain est joueur. Et ne s’avoue jamais vaincu! Hop, on ressort le GPS et on tente à nouveau notre chance! Vous voyez, c’est exactement pour ça que j’ai épousé Papa-Tout-Terrain. D’extérieur, comme ça, il fait plutôt mec sérieux, gendre parfait et bien sous tous rapports. Mais il suffit de lui faire miroiter un tout petit minuscule temple Khmer et on devient aussi barjo l’un que l’autre… J’aime tellement voir son regard pétiller, dans ces moments…

Prasat Ban Bu

Et vous savez quoi? Eh bien on l’a trouvé ce temple! Il s’appelle Prasat Ban Bu, et on l’a déniché au milieu d’une cour d’école! La recherche était finalement plus excitante que le temple en lui-même. Il s’agissait en réalité d’un édifice mineur, sans doute un petit sanctuaire d’hôpital, sur la grande route sacrée, qui reliait Angkor à Phimai, en Thaïlande.

 

Prasat Bhumpone

Ne nous arrêtant pas sur cette belle lancée, nous relions le Prasat Bhumpone, dans la proche province de Surin. En plein préparatifs de Songkran, le temple a revêtu ses habits de fêtes. Ici et là, de petites grappes de fidèles prient dans l’herbe auprès de moines bouddhistes.

Prasat Bhumpone

Cette fois-ci encore, le Prasat Bhumpone reste un sanctuaire de taille restreinte. Un beau Prang de briques herbues, que l’on sent lutter contre le poids des ans. Et les bases de ce qui pourrait être une ancienne chapelle d’hôpital. Pour les nos deux grands, c’est malgré tout l’occasion d’une sympathique grimpette sur les vestiges de latérite, tandis que Miss-Trois entreprend de brouter gaiement l’esplanade. Il suffit finalement de peu pour rendre tout le monde heureux!

 

 

 

Prasat Phanom Rung en pratique

  • Coordonnées GPS de l’entrée principale: 14.532214, 102.944794
  • Coordonnées GPS de l’entrée arrière: 14.534489, 102.940985
  • L’entrée arrière permet de déboucher directement sur le sanctuaire et d’éviter l’ascension de l’allée processionnelle, sous le soleil. La découverte du sanctuaire est un peu moins magique par ce chemin, mais nous la recommandons aux visiteurs avec de jeunes enfants. (Ou aux visiteurs fatigués.)
  • Ouvert tous les jours de 8h à 18h
  • Le ticket adulte coûte 100 THB. Vous pouvez acheter un billet qui permet de combiner la visite avec celle du sanctuaire de Prasat Mueang Tam pour 150 THB.
  • Compter 2h à 2h30 pour la visite.
  • N’oubliez pas de jeter un coup d’œil au petit musée, également, à côté de l’entrée principale.
  • La visite est peu ombragée, les lieux sont en pente, et parcourus d’escaliers. Prévoyez de l’eau, des chaussures correctes et des chapeaux pour votre confort.

 

 

 

Balade en motoculteur à Lalu (Sa Kaeo)

C’est le départ en vacances. On a mis le contact. A cette seconde précise, les enfants ont eu faim. Puis soif. Des fourmis dans les jambes. Puis envie d’écouter une histoire. Re-faim. Puis mal au ventre. Re-re-faim. Mais jamais sommeil, hélas. Et ils se sont tapés dessus, aussi, bien sûr. Ca faisait trois heures qu’on roulait dans les embouteillages de Songkran quand on est arrivés à Lalu. Il fallait qu’on s’arrête avant de devenir déments.

Sur les photos, Lalu ressemble au Grand Canyon. En petit. Au milieu d’une campagne reculée, cuite et recuite par le soleil. On arrive avec notre tank, on suit le GPS, et on atterri au milieu d’un paysage de fin du monde. Une érosion à en couper le souffle… Ahhh! On était à deux doigts de tomber dans un trou. En y regardant de plus près, il y a des trous partout autour de la voiture. Nous battons en retraite, c’est plus prudent.

Erosion du sol a Lalu - Sa Kaeo

Alors qu’on est en train de manœuvrer la voiture, style crabe hémiplégique, pour sortir de ce mauvais pas, nous tombons sur un motoculteur plein à craquer de touristes en goguette. De toute évidence, nous avons loupe une étape: nous allons devoir changer de monture pour poursuivre notre visite.

De retour sur nos pas, nous repérons la réserve à motoculteurs, sur la place du village. Les pilotes des engins jouent des coudes à l’envers pour désigner celui qui devra nous parler. Ils n’ont pas l’air à l’aise avec les étrangers et il s’avère qu’aucun d’entre eux ne parle anglais. Ce n’est pas très grave, car nos intentions sont assez évidentes. On reprend vite de chemin de notre curiosité géologique.

Visite en motoculteur

Le paysage de Lalu est incroyable. Le vent et la pluie ont progressivement entamé la roche ocre et sableuse, pour créer à l’infini des piliers, des coulées et des failles dans le sol. Le conducteur de motoculteur, peu à peu, a perdu de sa timidité. Il nous explique que les formations rocheuses ne cessent d’évoluer. Les colonnes s’affinent jusqu’à tomber. Et plus loin, d’autres trous préparent le paysage de demain. (Je résume ce qu’on a péniblement compris, vu qu’en vrai, on ne parlait pas un traitre mot de la même langue.)

Paysages de Lalu - Sa Kaeo

A son tour, notre guide s’intéresse à nos curiosités personnelles: les enfants. Je présente sommairement la famille. Petit-Un a presque six ans. Petit-Deux a quatre ans. Et Miss-Trois sept mois. Je précise bien que c’est une fille parce que ça fait toujours plaisir aux gens de savoir qu’on a enfin réussi la fille après deux garçons. Ils nous félicitent chaleureusement et on les sent très soulagés qu’on ne se soit pas plantés sur le dernier modèle. Puis le monsieur me parle de Norvège et d’avion pour des raisons totalement obscures. Mais on papote gaiement tout de même. Depuis plusieurs minutes, Petit-Un ne cesse de me tirer sur la manche… « Mais qu’est-ce qu’il y a enfin? Tu veux quelque chose?… » « Euh, Maman, je crois que tu oublié de dire l’âge de Papa au monsieur… »

 

Balade à Lalu en pratique

  • Coordonnées GPS: 14.051566, 102.575476. Ces coordonnées sont celles du site d’observation géologique. Il ne faut pas s’y rendre directement en voiture mais louer les services d’un motoculteur, que l’on trouvera ici.
  • Le site est accessible en journée, tant qu’on trouve à louer des motoculteurs qui sont pilotés par des agriculteurs locaux.
  • La location pour une visite coute 300 THB, quel que soit le nombre de passagers. La visite dure environ une heure.
  • Le site est cuit par le soleil et peu ombragé. Pensez à vous munir de chapeaux et de bouteilles d’eau.

 

Songkran, le Nouvel An Khmer à l’école

C’est les vacances! Nous fêtons le Nouvel An Khmer aujourd’hui. En Thaïlande, cette fête s’appelle Songkran.

Depuis plusieurs semaines, le pays est en ébullition. On baigne dans une ambiance sympathique et fiévreuse d’avant les grandes fêtes. La même que les semaines qui précédent le Nouvel An chinois, en Chine. Ou bien sûr, la période de l’Avent en Occident. Collectivement, chacun s’agite. On prépare ses vacances. On réserve ses billets pour les congés. Les supermarchés sont pleins et les chariots débordent de victuailles alléchantes. Les gens ont l’air plus pressé et plus content qu’à l’habitude. Le matin, la nounou a très envie de papoter. Elle me raconte sa belle-mère en vacances, sa famille, ses grands enfants…

(Je ne reprendrai pas ici toute les explications des festivités de Songkran. Vous pouvez les retrouver dans mon billet de l’année dernière sur le Nouvel An Thaï, et également lire les jolies batailles d’eau auxquelles nous avons assisté dans la province de Kalasin, après la visite du musée des dinosaures.)

Songkran a Kalasin

 

La grande transhumance

Coup de tonnerre cependant la semaine dernière. La législation a changé. Il est désormais interdit de charger plus de personnes dans les voitures qu’il n’y a de ceintures de sécurité. La police a immédiatement mis la loi en application et réellement sanctionné les contrevenants. Dans beaucoup de familles, c’était une catastrophe. C’est justement pour Songkran que l’on a besoin de déplacer tout le monde. Pour les raisons fiscales, les pick-ups coûtent beaucoup moins cher que les voitures de tourisme. Cette solution a donc été privilégiée de longue date par les Thaïs. On rajoute facilement quelques personnes dans l’habitacle… sans compter ceux qui seront transportés dans la benne du véhicule, pour les convois exceptionnels.

Departs pour Songkran

Source: Bangkok Post

Bref, c’était le branle-bas de combat. Notre nounou a passé des heures au téléphone avec ses copines pour trouver des solutions alternatives. Les autorités du pays ont bien suggéré de prendre des bus, mais la plupart des billets étaient déjà réservés et bien sûr, les prix se sont envolés. La décision du gouvernement peut sembler surprenante à la veille des plus importants congés du pays. Elle avait néanmoins pour objectif de limiter la mortalité routière, qui explose toujours sur cette période.

La population a cependant tant grondé que, deux jours plus tard, l’application de la mesure a été suspendue et reportée à après les fêtes. Même si les questions de sécurité routière subsistent, c’est plus humain ainsi. Car c’est naturellement les personnes les plus modestes qui auraient été le plus durement impactées par cette nouvelle loi.

 

Le Nouvel An Khmer et le deuil national

Cette année sera également particulière, en raison du deuil national qui affecte la Thaïlande depuis la disparition du Roi Bhumibol, en octobre dernier. Pour 2017, les manifestations trop bruyantes et trop voyantes doivent être annulées. Les autorités ont demandé à la population de se concentrer sur les rites plus traditionnels, comme les offrandes aux temples ou l’aspersion à l’eau. L’on verse d’abord de l’eau sur des figures bouddhistes, qui assureront la bonne fortune. Puis l’on asperge ses parents, ses proches, ses amis, pour les laver du mauvais sort. J’imagine qu’une plus grande retenue qu’à l’habitude sera de rigueur, mais l’on voit tout de même des pistolets à eau (enfin plutôt des bazookas à eau) en vente partout dans les commerces.

Cette année, même l’école a choisi l’annuler les activités festives du Nouvel An Khmer. C’est pourtant un moment que les élèves attendent avec impatience, pour pouvoir arroser leurs professeurs. Un an après, Petit-Un n’en est d’ailleurs toujours pas revenu. Il me raconte souvent, un peu penaud, mais avec une satisfaction non dissimulée: « Tu te rends compte. J’ai jeté de l’eau sur Miss Ann! »

Cette année, les réjouissances sont remplacées par une « Songkran Assembly », avec hymne national et hommages au feu Roi. C’est normal, eu égard au contexte. Pour ne pas priver les plus jeunes, les professeurs de maternelle ont malgré tout eu l’idée d’organiser un « Color Run » et des jeux d’eau, suivi d’un buffet convivial avec les parents.

 

Le Color Run

Jusqu’à ce jour, je n’avais aucune idée de ce qu’était un « Color Run », mais je vois que même Paris en organise, alors vous êtes sûrement mieux renseignés que moi. Le concept est de faire courir les participants et de les recouvrir de poudres colorées au fil du parcours.

L’idée est très bien vue. Le « Color Run » est une activité indépendante de Songkran, et l’événement a été organisé un peu avant la date de la fête pour éviter toute confusion. Mais en même temps, les poudres de couleur jouent un rôle central dans le Nouvel An Khmer. Elles symbolisent le renouveau et la joie des festivités. Et elles peuvent également être pulvérisées sur les parents et les proches, en guise de bonne fortune.

Les Mamans volontaires avaient été conviées à se joindre au groupe, pour aider à lancer les couleurs sur les enfants. J’en étais. Les maîtresses avaient préparé et mixé des kilos de poudres colorées, balisé le parcours, et globalement très bien organisé l’événement.

J’étais en charge du stand « purple ». Violet, quoi. Je devais le tenir avec une nounou du voisinage que je connais bien, car elle vient souvent à la maison. C’est une dame joviale et un peu excentrique qui ne me croise jamais sans me dire que j’ai de gros seins. Tout de suite j’adore et ça me met à l’aise. Ca n’a d’ailleurs pas manqué. Elle m’a dit bonjour et que j’avais de gros seins. Sur ces bonnes bases on a commencé à lancer la poudre. J’étais très détendue.

 

Bonne année et beaucoup de bonheur!

Très vite des dizaines d’enfants sont arrivés ventre à terre. Il fallait bien viser. Assez bas pour qu’ils n’inhalent pas de poussières, et assez haut pour colorer leur tee-shirt. Petit-Un et Petit-Deux étaient très contents de me voir. Ils se sont bien défendus à la course. Car bien qu’il n’y ait pas eu de chronomètre, j’ai été surprise par l’esprit de compétition des enfants, qui tenaient un classement précis des ordres d’arrivée.

Apres le Color Run

Entre les enfants, ma co-lanceuse et moi-même avons essayé de papoter, sans grand succès, faute de langue commune. Du coup j’ai fait mine de l’empoudrer, histoire de tâter le terrain. Ca lui a beaucoup plu et elle m’a répondu d’un grand nuage violet. Elle m’a souhaité une bonne année et beaucoup de bonheur. Et m’a demandé si je voulais bien faire de même. Et puis on s’est encore jeté de la poudre, pour plus de sûreté niveau bonheur et un peu pour le plaisir, aussi.

Apres le Color Run

La course a tellement amusé les enfants qu’ils ont refait la boucle trois fois. Des grands de collège, venus les encourager, on également couru. Ca file drôlement vite, à cet âge là, et c’est très difficile de les avoir! Il y en a même un qui a sauté un buisson (le lâche), pour parvenir à m’échapper! A ce moment là, j’ai d’ailleurs appris à mes dépens qu’il ne fallait surtout pas jeter de poudre en courant, dans le dos de quelqu’un qui court… tout m’est revenu directement dans les yeux! (J’aurais pu réfléchir avant, aussi.)

 

Des festivités très réussies!

Quand la maîtresse a frappé dans ses mains pour réunir le groupe, j’étais en sueur. Et aussi rouge et colorée que les élèves. Ca a beaucoup amusé les Mamans japonaises, qui au terme de la même activité n’avaient pas un cheveu qui dépassait, et pas un grain de poudre sur les habits. Je ne sais même pas comment elles ont fait. Les Mamans japonaises sont vraiment extraordinaires.

Petit-Un et les jeux d'eau

Des activités de jeux d’eau ont suivi. On pouvait faire des bulles, délivrer des dinosaures emprisonnés dans des glaçons, jouer avec des éponges, de la mousse et des bassins d’eau colorée. Les enfants étaient fous de joie. Petit-Deux m’a fait promettre d’organiser à nouveau ces activités à la maison.

Petit-Deux apres les jeux d'eau

A ce moment là, une petite dame thaïe que je ne connaissais pas s’est approchée timidement de moi. Je pense que c’était une femme de ménage de l’école. Elle m’a jeté de la poudre dessus, m’a souhaité du bonheur pour la nouvelle année, puis j’ai fait de même. Ca avait l’air de lui tenir à cœur et elle a semblé ravie. Je n’imaginais pas du tout que ce lancer de poudres colorées pouvait avoir une signification si forte pour les Thaïs.

La journée s’est conclue par un buffet sympathique, préparé par les parents, avec des spécialités de leurs pays d’origine. J’en étais rendue aux kimbap, des sortes de makis coréens, quand Petit-Un me tire par la manche d’un air mysterieux: « Maman, Maman, je crois que j’ai trouvé un squelette dans mon poulet! » Il y avait bien un os, effectivement.

 

Nous vous souhaitons à tous de très joyeuses fêtes de Songkran!

 

 

L’école à l’étranger


Youpiii c’est les vacances! (Enfin les vacances des enfants. Pour les grands pas du tout.)

A la rentrée prochaine, Petit-Un entre en Kindergarten, les « grands » de maternelles, et commencera l’apprentissage de la lecture. Petit-Deux retournera en Pre-K3, les « petits » de maternelle, car il n’aura pas quatre ans révolus en septembre, et l’école est assez intransigeante en la matière.

Realisation - Petit-Deux - Fraise

Quel bilan de cette deuxième année d’école à l’étranger? Nous avons vu nos enfants enrichir leur répertoire de chansons et comptines anglo-saxonnes, reconnaître et tracer les chiffres et les lettres, incroyablement améliorer leur anglais, assimiler les notions de respect, de concentration et de discipline en classe, prendre goût à la lecture, et s’ouvrir aux cultures d’origine de leurs petits copains. Ils ont grandi en petits garçons heureux et curieux, et malgré des périodes de doutes, nous ne regrettons pas d’avoir opté pour une première scolarisation dans un cursus américain.

 

Pourquoi une école américaine?

Soyons francs, le contexte et l’environnement ont partiellement décidé pour nous. Nous n’habitons pas à proximité d’une école française qui aurait été notre premier choix, ou du moins un choix de facilité. Quant à une école Thaï, impossible à envisager, puisque nous ne parlons pas thaï du tout.

Restaient les écoles anglaises et américaines. C’est l’environnement de l’école américaine qui nous a décidés, avec plus de zones de jeux, plus de verdure, et des classes de taille plus restreinte. En définitive, rien ne vaut une visite des lieux et une rencontre avec l’équipe pédagogique avant de prendre la décision finale. Ce choix, nous ne le regrettons pas. L’intégration a été facile et les enfants sont épanouis. C’est le principal.

Realisation - Petit-Un - ET

Nous avons été très heureusement surpris par une communication de qualité entre l’équipe enseignante et les parents. Bien que n’étant pas des parents très présents car nous travaillons tous les deux, nous avons toujours eu le sentiment d’être bien informés des temps forts de la vie à l’école et des milles petites anecdotes du quotidien. Bien entendu, nous recevons chaque semaine quelques spécimens d’exercices réalisés par les enfants ainsi que certains de leurs chefs-d’œuvre. Et en bonus, chaque maîtresse a créé un blog pour sa classe, qu’elle alimente toutes les semaines, avec le résumé écrit et les photos des activités récentes.

Malgré tout, et plus que nous ne l’avions anticipé, nous avons aussi été confrontés à l’altérité d’un système qui n’est pas le nôtre. Autres rythmes, autres activités, autres priorités scolaires… Même si le bilan final est très positif, même si les garçons se sentent à l’école comme chez eux, moi je m’y trouve souvent un peu en domaine étranger et je m’interroge parfois sur ma capacité à accompagner les enfants sur des terrains éducatifs qui me semblent parfois impénétrables.

 

L’ouverture culturelle et linguistique

Le formidable atout de l’école à l’étranger est qu’elle met les enfants en contact avec des personnes, des langues, des cultures et des savoirs variés, sans que cela ne représente d’effort particulier pour eux. Au gré d’événements ou d’anniversaires, ils découvrent les spécialités culinaires des pays de leurs copains, ils défilent habillés dans les habits traditionnels de chez eux, ils colorient des drapeaux de toutes origines.

Au fil de l’année, les enfants célèbrent naturellement les fêtes Thaïs et Américaines. Pour la fête bouddhiste de Loy Kratong, chaque enfant a modelé son « Kratong », petit bateau fait d’un tronçon de bananier, qui doit apporter bonheur et prospérité. Pour le Thanksgiving Day, ils sont rentrés à la maison avec des dindes en papier. A Songkran, nous avons équipé les enfants de tongs et de serviettes pour les fameuses batailles d’eau à des fins purificatrices… et je ne vous parlerai même pas d’Halloween et de son rituel défilé de fantômes…

Realisation - Petit-Un - Lanterne

La découverte des différences nationales leur est ainsi toute naturelle. En ce moment, on voit souvent passer à la maison une petite Australienne, un jeune Canadien, une adorable Japonaise, deux petits Anglais et des jumeaux Coréens avec des noms « en miroir » (triple galère pour moi: ils ont des noms qui se ressemblent plutôt, avec des sonorités qui ne m’évoquent rien de connu, et en plus ils ont comme un air de famille…). Tous conversent facilement en anglais, mais surtout sans l’appréhension que je ressens à chaque fois que j’interviens en langue étrangère. C’est le monde à l’envers, d’ailleurs, car moi je reste toujours hyper stressée de devoir parler anglais, même aux petits copains des enfants… qui ont seulement quatre ans! Eux pas du tout, bien sûr!

Des apprentissages complets et variés

Au niveau purement scolaire, je trouve que l’apprentissage est rapide, efficace, et ouvert. Dès la fin de la première année, les enfants reconnaissent toutes les lettres et les chiffres. On leur demande également de les copier, avec plus ou moins de succès. En deuxième année de maternelle, ils acquièrent les sons, écrivent certains mot et en recopient beaucoup d’autres, en majuscule et en minuscule. Maintenant dans la voiture, on peut jouer a « Citez un objet qui commence par la lettre M!« … Avec la spécificité que les garçons nous répondront indistinctement « maison » ou « motorbike ».

Realisation - Petit-Deux - Zebre

Niveau arts plastiques, on retrouve les classiques de la maternelle: dessins, collages, coloriages, peintures sur différents supports avec des accessoires variés, pâte à modeler… et les classiques de l’école américaine. Je ne vous raconte même pas combien j’étais surexcitée le jour où Petit-Un est revenu à la maison avec un volcan en papier… mais exactement le même volcan que ramènent chez eux tous les enfants des séries américaines!

Comme il est d’usage dans les petites classes, les enfants apprennent également beaucoup de chansons et de comptines. Je reconnais souvent des mélodies entendues dans des séries ou dans des films, mais me retrouve hélas très vite face à mon incompétence. Petit quizz du coup… Après « Jingle bells, jingle bells… » il y a quoi, en dehors d’un trou noir?… Rhooo, quels instants de solitude à la fête de l’école quand les parents étaient censés entonner le refrain en cœur, en support d’un jeu de chaises musicales! Bref, à la venue de chaque nouvelle mélodie, je n’ai plus qu’à potasser les paroles à l’aide de Youtube. Je le fais d’ailleurs très sérieusement, car ça n’a pas de prix de pouvoir chanter et danser en famille: « Have you ever seen a penguin come to tea?… »

 

L’apprentissage sans contraintes

Si le programme scolaire me parait plutôt touffu, la contrainte n’en fait pas partie. Tant mieux pour les enfants pour qui la scolarité est plus agréable. Pour moi, c’est une source de doutes et de questionnements constants.

Petit-Un n’aime pas écrire. Pas du tout. Sa maîtresse nous a expliqué qu’en plus d’une motricité fine pas terrible, notre ainé refuse d’abandonner ses jeux pour faire des exercices. Par dérogation, Petit-Un travaille donc un jouet sur la table. Et comme parfois il n’a vraiment pas envie, il fait juste des gribouillis, histoire qu’on lui lâche la grappe. (Je reconnais le fils de son père.)

Realisation - Petit-Un - Papillon

Bien qu’ayant confiance en la maitresse, je suis heurtée dans ma conception de l’apprentissage. Sans parler d’un enseignement à coups de fouet, il me semble qu’apprendre demande un minimum de discipline. Si l’on attend que l’enfant ait envie de faire ses lignes d’écriture… il est possible qu’on attende longtemps! Si l’on accepte que l’enfant ait un jeu sur la table… pas sûr qu’il se concentre sur son exercice…

Je m’en suis voulu de penser ça. Je me suis senti l’âme d’un tyran. J’ai essayé de penser autrement. Vraiment. De toutes mes forces. Et j’ai échoué. Alors, on a commencé à faire de l’écriture à la maison, suivant mon régime dictatorial. Petit-Un a écrit. Les premiers soirs il a râlé, mais maintenant nous aimons tous beaucoup notre rendez-vous d’étude quotidien.

Je ne souhaite critiquer aucune méthode. Juste souligner les différences, et mes difficultés à faire miennes des pratiques éloignées de mes expériences et de mes références. A l’inverse, les enfants sont finalement plus souples et semblent s’adapter assez facilement aux règles de l’adulte référent.

 

Barrières linguistiques et barrières culturelles

Au-delà des divergences de systèmes, avec l’école à l’étranger, j’ai découvert la difficulté d’être un parent de culture et de langue différentes. Malgré mon anglais correct, je m’inquiète à chaque communication avec les enseignants. Je passe dix minutes quand je dois rédiger un texto à la maîtresse, je vérifie la syntaxe de toutes mes phrases avant d’envoyer un mail, et je fais des insomnies avant les réunions parent-prof…

Sur le même thème, imaginez mon désarroi, le jour où la maîtresse nous a demandé d’habiller les enfants avec des vêtements à « pattern » (=motifs)! J’ai fait tous les dictionnaires d’Internet et Google Image pour vérifier l’acception la plus juste de « pattern ». Au matin dit, j’ai changé trois fois Petit-Un de tee-shirt avant de l’envoyer à l’école, ayant pris soin de rajouter une tenue de secours dans son sac, avec un autre « pattern »… on n’est jamais trop prudent!

Realisation - Petit-Deux - Bonhomme

De même, un autre jour, les enseignants ont demandé aux parents d’envoyer un « pasta dish » (plat de pâtes) à partager entre les enfants, lors d’un pique-nique de l’école. « Pasta dish », qu’est-ce que ça implique? Une salade de pâtes? Un gratin de lasagne? Un saladier de pâtes en sauce? Une quiche avec de la pâte autour, ça compte pas, si? Et si on met des pâtes dedans? Résultat: un long mail culinaire angoissé à la pauvre maîtresse qui m’a juste répondu d’envoyer un truc à manger, que ça serait très bien! Je ne sais pas si elle a vingt parents comme ça mais j’espère pour elle que non…

 

Le difficile accompagnement scolaire des enfants

Plus problématique est la question de l’accompagnement scolaire des enfants, qui risque en plus d’empirer avec le temps. L’année dernière, alors que Petit-Un était plutôt mutique en classe, faute de vocabulaire, la maîtresse nous avait demandé de lui faire régulièrement la lecture en anglais. « Fastoche! », je me suis dit. Sauf que quand on a récupéré les livres de la bibliothèque, j’ai découvert qu’il y avait des tas de mots que je ne connaissais pas, et qu’en plus je galérais à lire les phrases à voix haute, avec un accent correct, sans trébucher au milieu d’une proposition. Tout de même, notre obstination a payé: en deux ans, Petit-Un a bien amélioré son anglais, et moi (un peu) ma lecture.

Realisation - Petit-Deux - Cochon

Les obstacles sont aussi notables à l’écrit, dans nos exercices quotidiens avec Petit-Un. Pour les majuscules ça va à peu près. Sauf qu’à l’école, les enfants n’apprennent pas l’ordre logique suivant lequel tracer les bâtons, et que ces incohérences calligraphiques m’énervent.

(En me relisant je me dis que je suis une mère monstrueuse, névrosée et tyrannique).

Mais pour les chiffres et les minuscules c’est l’horreur. Les anglo-saxons n’utilisent pas du cursif comme nous mais une écriture en script que je suis incapable d’imiter. Et les garçons ne savent lire que ce type de lettres. Je me souviens de leurs yeux ronds et de leurs mines interloquées quand j’ai écrit « 2 » sur une feuille et que je leur ai demandé ce que c’était. Ayant compris qu’il s’agissait d’un chiffre, pleins de bonne volonté, ils ont essayé au pif avant de tomber sur la réponse au sixième essai. Bref, impossible pour moi de faire des exemples d’écriture pour les enfants ou seulement même d’être lue par eux. Du coup, cet été, un gentil jeune homme de l’école viendra entraîner les enfants aux minuscules!

 

Et la suite?…

Malgré mes petits soucis métaphysiques, les enfants adorent leur école, adorent leurs maitresses, adorent leurs copains, et adorent les activités qui remplissent leurs journées. Nous sommes ravis de notre choix d’école à l’étranger, et si c’était à refaire, nous le referions…

Realisation - Petit-Un - Meteo

Difficile en revanche de savoir ce qu’il en sera du futur. Nous sommes heureux de voir les garçons grandir dans un environnement international et s’épanouir dans le bilinguisme. Pourtant s’il faut choisir, nous souhaitons d’abord qu’ils deviennent d’excellents francophones (et francographes, si le mot existe). Ils sont Français et doivent impérativement maitriser leur langue parfaitement…

… Cela dit, une petite voix dans ma tête me rappelle souvent que cette scolarité anglophone, dans une école à l’étranger, sera une véritable richesse pour les adultes qu’ils vont devenir, que quand même ça serait bien bête… et du coup j’en fais des insomnies. Eh oui, on ne se refait pas!…

Et vous, vous en pensez quoi? Je prends tous les conseils avisés!

 

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Notre voyage en Isan

Profitant des vacances de Songkran, nous avons pris la route, bien décidés à découvrir les richesses des temples et des sanctuaires de l’Isan…

Deux semaines après le retour, c’est le moment de faire un petit point sur notre parcours, les perles de nos découvertes, mais aussi les petites difficultés que nous avons pu rencontrer…

Prasat Phanom Rung

 

Notre périple détaillé

  Nom du Lieu Type d’activité Province Article du Blog
Jour 1 Prasat Mueang Tam Sanctuaire Khmer Buriram Prasat Muang Tam, majestueux temple Khmer – Buriram
Phanom Rung Historical Park Sanctuaire Khmer Buriram Praasat Phanom Rung, roi des temples Khmers – Buriram
Kuti Rishi Nong Bua Lai Héritage Khmer Buriram
Jour 2 Tao Nai Chian et Tao Salai Fours de potier (Khmer) Buriram Ta Muean Thom, temple et militaires – Surin
Prasat Ta Meuan Héritage Khmer Surin
Prasat Ta Meuan Toht Héritage Khmer Surin
Prasat Ta Muean Thom Sanctuaire Khmer Surin
Prasat Ban Phluang Temple Khmer Surin Jolies surprises Khmères – Temples de Surin
Prasat Ban Prai Temple Khmer Surin
Jour 3 Cérémonies dansantes à Surin Festivités Surin Songkran surprise dans la calme Surin
Prasat Sikhoraphum Temple Khmer Surin Curieuse Rencontre en Pays Khmer – Surin et Sisaket
Prasat Ban Prasat Temple Khmer Sisaket
Prasat Sa Kamphaeng Yai Sanctuaire Khmer Sisaket
Jour 4 Elephant Study Center Attraction Surin Eléphants, singes et temples – de Surin à Kalasin
Ku Phra Kona Sanctuaire Khmer Surin
Pédalo et jeux d’enfants Attraction Roi-Et
Muang Fa Daet Song Yang Site préhistorique Kalasin
Jour 5 Musée des dinosaures Attraction / Musée Kalasin Le musée des dinosaures de Kalasin
Lac de Lam Pao Paysages Kalasin
Songkran dans les campagnes Festivités Kalasin
Musée archéologique de Ban Chiang Musée (préhistoire) Udon Thani Les richesses du musée archéologique de Ban Chiang
Songkran urbain a Udon Thani Festivités Udon Thani
Jour 6 King Cobra village Attraction Khon Kaen  Le Village des Cobras Royaux – Khon Kaen
Nam Phong National Park Paysages Khon Kaen
Wat Thung Setthi Temple Bouddhiste Khon Kaen
Jour 7 Prasat Puay Noi Temple Khmer Khon Kaen

 

Quelques-unes de nos principales étapes sur la carte…

Itineraire de notre voyage en Isan

Sources: Google Map

Notre découverte de l’Isan en cinq chiffres

  • 7 jours de voyage
  • 2,300 km de route
  • 8 provinces traversées (Buriram, Surin, Sisaket, Roi-Et, Kalasin, Udon Thani, Khon Kaen et Nakhon-Ratchasima)
  • 15 sites Khmers si mon compte est bon
  • … sans compter 2 sites Khmers à retourner voir absolument!

 

Notre voyage en quelques points

  • L’Isan nous a donné à profiter de tout ce que nous aimons en Thaïlande: des sites historiques riches et variés, de beaux paysages, des rencontres dont nous nous souviendrons longtemps… Nous avons globalement échappé aux attractions organisées pour le tourisme de masse et tant mieux, car ce n’est pas ce que nous recherchions cette fois ci.
  • Les distances sont longues dans cette région. Ce beau voyage n’aurait jamais été possible sans un véhicule individuel –ou cela nous aurait demandé beaucoup de temps.
  • La nourriture de la région est bonne, mais je m’attendais à plus de variété. Finalement, on trouve presque les mêmes plats « secs » que dans notre région, mais beaucoup moins de plats en sauce de type currys. Nous espérions profiter de ce voyage pour des découvertes culinaires… mais en fait non.
  • Parfois, nous n’avons pas trouvé d’interlocuteur anglophone, mais cela ne nous a jamais posé problème. Les personnes que nous avons rencontrées étaient d’une grande gentillesse et ont toujours tout fait pour nous simplifier la vie, et plus encore pour satisfaire les enfants. Dans les cas les plus extrêmes, nous avons fait appel à Google Image pour commander un bol de riz pour les garçons, plus difficiles que nous sur la nourriture.
  • Nous rentrons la tête pleine de belles images et les bras chargés de souvenirs: de belles reproductions de céramiques de Ban Chiang, un magnifique buffle de terre cuite, un grand panier tressé traditionnel, et un bel instrument classique à cordes pincées. Quelqu’un connaitrait-il son nom?

Nos souvenirs

Les petits contretemps

  • Dans les zones courues des étrangers, j’ai parfois des difficultés à avoir une salade de papaye pimentée normalement, tant les touristes sont adeptes du « Mai ped » (=sans épices). Dans l’Isan, il m’est au contraire arrivé de chercher la papaye au milieu des morceaux de piments… à en pleurer…
  • Nous n’avons pas eu de soucis majeurs d’orientation, mais pas mal de petites difficultés ponctuelles. D’une part, les panneaux en anglais étaient rares dans certaines zones –mais pas partout. Et surtout, les transcriptions du Thaï en lettres occidentales ont tendance à varier d’une fois sur l’autre. C’est toujours très embêtant pour trouver un lieu dont on croit connaître l’intitulé. En tant que responsable de la navigation, j’ai souvent râlé de devoir tâtonner et essayer plusieurs orthographes sur le GPS avant que ça marche.
  • Nous avons voyagé pendant la période la plus chaude de l’année, et pendant la plus grosse vague de chaleur en Thaïlande depuis cinquante ans… Nous avons donc eu très très chaud. C’est toujours resté vivable, mais cela nous a parfois obligés à écourter certaines promenades, par prudence… Au fait, j’ai bien bronzé des pieds, non?

Bronzage du retour

(Note: la cheville enflée et l’égratignure n’ont rien à voir… Apres 2,300 km sans encombre, je suis revenue me fouler le pied sur le pas de la porte de la maison! C’est malin!)

 

Les enfants en voyage

  • Les enfants ont adoré ce voyage: crapahuter dans les temples, rencontrer des animaux, s’enthousiasmer pour de nouveaux hôtels tous les soirs… tout est propice à l’exploration, et tout les intéresse! Plus tard, ils ne garderont sans doute que des souvenirs vagues de ce voyage, mais nous nous plaisons à penser qu’ils cultivent ainsi leur curiosité, leur goût de la découverte, et que c’est une belle façon de grandir.
  • Ce voyage a été placé sous le signe de la chanson française –longs trajets en voiture obligent. Les enfants ont appris de nombreux classiques pour tout-petits, et pas mal de Renaud, aussi. On entend maintenant régulièrement Petit-Deux s’égosiller dans les toilettes: « Lolaaaaaaaaaaaaaaaa!!!… » ou pire « Casse toi tu pues, et marche à l’ombre… » de sa jolie voix aigrelette.
  • A notre contact permanent, les enfants progressent à pas de géant en français. En plus du vocabulaire, Petit-Un commence à acquérir les bases de l’argumentation. Il explique très sérieusement qu’il doit absolument manger ce bonbon tout de suite parce que son papier le protège mal et qu’il craint une attaque de fourmis. Autant je ne cède jamais devant les cris, autant ses efforts de persuasion tendent à me faire fondre sur place…
  • On a toujours du mal à gérer la fatigue des voyages en « road trip ». Au bout de sept jours, nous étions tous assez fatigués et avons renoncé à la dernière étape, Phimai. Peut-être nos journées sont-elles trop chargées, mais les vacances sont malheureusement trop rares… Quelles sont vos trucs pour conserver des forces sur le long terme?
  • Pour la première fois, les enfants ont fait leurs valises et en ont été responsable pour toute la durée du périple. Ils s’en sont très bien sortis, et avec beaucoup de régularité!

 

Nous reviendrons!

  • Preah Vihear n’était pas au programme de notre circuit, car nous n’étions pas surs de la sécurité du site, situé dans une zone de conflit frontalier entre Cambodge et Thaïlande. Depuis notre retour, nous avons continué à rêver sur les belles vues de ce sanctuaire, et commencé à échanger avec de –rares- voyageurs ayant visité les lieux. Il semble finalement que la zone soit suffisamment sûre aujourd’hui. C’est dit, nous y retournerons!
  • Phimai avait été volontairement placé en fin de parcours pour pouvoir sauter cette dernière étape en cas de besoin. Le sanctuaire est en effet le vestige Khmer le plus proche de chez nous. Beaucoup de temples plus tard, adjoints d’un zeste de lassitude et de fatigue pour nous tous… nous avons laissé tomber la visite pour aller jouer à Batawaf à l’hôtel. Nous reviendrons sur un long week-end… C’est bon, aussi, de distiller les plaisirs!

 

 

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Les richesses du musée archéologique de Ban Chiang

Apres la traversée de la province de Kalasin, animée par les festivités aquatiques de Songkran, nous trouvons en Ban Chiang un gros bourg endormi. Depuis les découvertes archéologiques majeures du milieu des années 1960, la ville est devenue célèbre pour ses céramiques, vieilles de plus de 4000 ans. De grosses reproduction de vases ornent le rond-point de l’entrée de la ville et partout fleurissent des panneaux avec des pictogrammes de céramiques. C’est visiblement la seule attraction du coin.

 

Un site archéologique récent

Bonne surprise, le musée archéologique de Ban Chiang a été nouvellement refait. Entouré de jardins agréables, les bâtiments sont modernes et accueillants.

Les jardins du musee archeologique de Ban Chiang

Les garçons n’ont pas l’air de vouloir être très patients. Nous commençons rapidement la visite. La première partie de l’exposition retrace l’historique de l’invention des sites archéologiques. Depuis toujours, les paysans de la région avaient l’habitude de tomber sur des tessons de poterie dans leurs champs, qui les embêtaient plutôt dans leurs cultures. Un étudiant britannique en anthropologie passait justement par là il y a une soixantaine d’années, quand par accident, il s’étala de tout son long dans un chemin, et tomba nez à nez avec un morceau de poterie, élégamment décoré. Convaincu d’une découverte majeure, il contacta universitaires et des spécialistes. D’études en recherches, il fut démontré que les plus anciens sites de la région dataient de 2500 ans avant Jésus Christ, et constituaient l’une des plus importantes zones d’habitats préhistoriques d’Asie. Ban Chiang est aujourd’hui inscrite au patrimoine de l’UNESCO.

De nombreux affichages sont également consacrés aux différents patronages de la famille royale sur le site. Visites du roi, questions posées par la reine, photos d’autres membres de la famille… Ces aspects qui peuvent sembler un peu anecdotique pour des étrangers sont bien sûr très importants pour les visiteurs locaux, qui passent beaucoup de temps à consulter les panneaux.

 

Une surprenante civilisation préhistorique

Plusieurs salles replacent ensuite les vestiges et les découvertes dans leur contexte. L’on observe les salles de conservation des tessons, la façon dont sont restaurés les vases brisés, et surtout, l’on trouve de très intéressantes reconstitutions de sites funéraires de cette civilisation pré-bouddhiste –qui ne brûlait donc pas ses morts mais les enterrait. Cette civilisation néolithique semble encore mal connue et beaucoup d’observations restent sans explications. Il semble par exemple que les squelettes des périodes les plus primitives aient été enterrés en position fléchie, puis dans les périodes plus récentes, en position allongée. Curieusement, l’orientation spatiale des corps diffère d’un site à l’autre.

Squelette du musee archeologique de Ban Chiang

Cela fait de longues –très longues- minutes que Petit-Deux me tire sur le bras à me l’allonger. Il vient de se rappeler qu’il a vu un ascenseur au début du musée, mais qu’il aurait souhaité mieux l’observer. Il faut y retourner tout de suite. Dans cinq minutes? « Nooooooooooooon! » Il crie fort la bête, donc il a gain de cause, pour le bien-être auditif de nos co-visiteurs.

On refait tout le musée en sens inverse, on explique au mec qui contrôle les billets à l’entrée que « vous n’inquiétez pas on revient on va juste voir l’ascenseur ». Dieu soit loué il ne parle que Thaï donc il ne saura pas le fond de l’histoire. En fait ce n’est pas un ascenseur mais un monte-charge. Petit-Deux est content pareil. On étudie le fonctionnement des câbles, on regarde les deux boutons, dont le bouton rouge sur lequel il ne faut pas appuyer. On fait des photos (oui oui). Petit-Deux vérifie les photos: on voit mal les boutons. Il faut les reprendre (oui oui). Je commence à bouillir de poireauter depuis dix minutes devant le monte-charge d’un musée qui m’intéresse tant. Je convaincs Petit-Deux de repartir sans crier, lui laisse le téléphone, les photos, lui explique comment zoomer pour mieux voir les boutons, et le largue à son Papa qui, lui, n’a pas encore épuise son capital de patience.

Je retourne à mes squelettes.

Ceramiques de Ban Chiang

Sur les sites plus anciens, les corps étaient recouverts de céramiques brisées, puis dans les périodes plus récentes, entourés de vases entiers. Ainsi, plus de 90% des poteries retrouvées étaient en morceaux. Les très jeunes enfants étaient quant à eux enterrés dans des urnes funéraires. L’on a fréquemment retrouvé de menus objets personnels de métal, souvent des bijoux, autour des squelettes. En dehors des sites funéraires, peu de traces subsistent de cette civilisation, dont les constructions devaient être de bois. Ces foyers de peuplement disparaissent vers l’an 900 de notre ère, pour des raisons que l’on n’explique pas. Un temps peuplée par des Khmer venus du Cambodge, la zone reste ensuite inhabitée du 14eme au 18eme siècle.

 

Le travail de l’argile et le travail des métaux

Un peu plus loin, des mannequins de cire reconstituent ce que devait être le quotidien des habitants de ces zones de peuplement. Nous apprenons que les motifs géométriques des poteries étaient peints après cuisson. Les motifs géométriques rouges étaient tracés au pinceau.

Peinture sur les vases du musee archeologique de Ban Chiang

Enterrés avec certains corps d’enfants, ont également été retrouves d’étonnants objets, qui ressemblent à des rouleaux encreurs gravés, et qui étaient utilisés pour l’impression répétée de motifs logiques. Ils semblent que ces « tampons » n’aient pas pu être employés à la décoration de céramiques. Ils auraient soit servi de sceaux, soit été utilisés à l’impression de décorations sur des tissus.

Cette civilisation travaillait également le fer, puis le bronze, principalement pour façonner des bijoux. Petit-Un s’est beaucoup plu à observer les différents types d’ornements et à les nommer. A l’explication des principes de la fonte et du travail des métaux, il reste interdit. Il ne dit rien mais peine visiblement à saisir le concept, malgré une mise en scène très vivante de statues de cire. Ce qui nous semble si évident, à nous, adultes, n’est pas forcément facile à admettre…

Ceramiques et objets metalliques retrouves autour de Ban Chiang

J’ai apprécié ces reconstitutions intelligentes, avec des commentaires brefs mais pertinents, qui permettent une visite adaptée aux enfants et aux adultes. « Ooooooh, s’exclame Petit-Un, celui-là, il devait avoir très mal aux dents! » Il manque en effet pas mal d’incisives au squelette que nous observons. Je suis satisfaite: mes régulières mises en garde concernant la santé bucco-dentaire semble commencer à porter leurs fruits!

 

Un musée à ne pas manquer!

La dernière partie du musée présente enfin une très large collection des céramiques et autres objets d’arts retrouvés dans la région. Certains vases sont formidables d’arabesques entremêlées. J’aurais aimé y rester plus longtemps. Mais Petit-Un a visiblement atteint les limites de sa concentration. Un peu désœuvré, il s’est lancé dans l’analyse du fonctionnement des ventilateurs du musée, qu’il étudie de façon empirique en s’essayant à tous les boutons, malgré nos fréquents rappels à l’ordre. Quant à Petit-Deux, il a, lui, atteint les limites de la batterie de mon téléphone et de la tolérance de son Papa. Nous repartons aussi discrètement que possible.

Ceramiques de Ban Chiang

Nous avions hésité un temps à supprimer l’étape du musée archéologique de Ban Chiang, très au nord de notre périple. Si les cessions « musées » avec les enfants ne sont pas les plus faciles, celle-ci valait tout de même vraiment le coup, et nous n’avons pas regretté les kilomètres additionnels! Nous avons apprécié les riches collections, les explications claires, et les reconstitutions historiques parlantes dans des locaux vastes, bien agencés et bien éclairés. C’était une belle visite!

En repartant, nous faisons quelques emplettes de reproductions de vases dans les commerces environnants. Il s’agit certes d’une production de masse, mais locale, et fidèle aux couleurs et aux motifs que nous avions appréciés sur les originaux! Toujours gâtés par les locaux, les enfants repartiront même avec deux mini-vases en cadeau!

Et vous, comment gérez-vous vos enfants dans les musées? Histoire de me rassurer, avez-vous aussi des expériences d’enfants un poil bougeons? Et vous obstinez-vous à organiser de telles visites?

 

Procession de Songkran

Alors que nous nous apprêtons à reprendre la route, la voie est soudain coupée par un véhicule monumental, tout de feuillages recouvert, et au sommet duquel trône une espèce de nâga. L’étrange équipage est dirigé par quatre hommes à pieds, et progresse avec beaucoup de circonspection. Notre GPS nous indique de le suivre. Notre curiosité nous pousse également dans ce sens.

Char d une procession religieuse a Ban Chiang

Un peu plus loin, le char rejoint finalement une petite foule qui l’attend, pour un défilé, sans doute religieux, et sans doute lié aux cérémonies de Songkran. Les acteurs de la festivité sont élégamment habillés de tenues locales assorties, et beaucoup de dames sortent visiblement de chez le coiffeur. Elles se balancent doucement d’un pied sur l’autre au rythme des musiques contemporaines diffusées par le char. Elles sont aussi heureuses de nous montrer leurs costumes et d’observer les garçons que nous sommes ravis d’avoir découvert cette procession de fin d’après-midi. Echanges de bons sourires. Quelques photos… et c’est reparti pour Udon Thani.

Procession religieuse a Ban Chiang

Comme dans une grande partie de l’Isan, la province d’Udon Thani reste assez rurale, en dehors de sa ville principale. En route, nous croisons un troupeau de vache, et le GPS nous fait prendre plusieurs fois des routes qui ne sont pas encore goudronnée. Grand sera donc le contraste a l’entrée de la capitale provinciale…

Udon Thani rurale

 

Un Songkran urbain

Udon Thani est connu pour son Songkran festif. Nous sommes dans le coin et y avons prévu une soirée pour changer d’ambiance… et nous changeons effectivement d’ambiance! A l’entrée de la ville, nous nous retrouvons dans un embouteillage énorme, derrière un pickup de « ladyboys ». Visiblement déjà alcoolisés, ils se comparent les seins. D’abord habillés, puis avec les tee-shirts mouillés, puis en soulevant les tee-shirts. Nous sommes plutôt contents de ne pas avoir d’ados dans la voiture, et rassurés de voir les enfants bien occupés à nourrir leur chat sur l’Ipad, sans un regard pour ce qui se trame à l’extérieur.

Nous nous garons dans un grand centre commercial qui propose concert et animations pour les fêtes du Nouvel An Khmer. Il n’est pas 18h, mais la sono est déjà à fond. Deux animateurs visent le public avec des lances à eau. Je trouve ça assez rigolo et essaie d’y entraîner des enfants qui protestent: ils ne veulent pas être mouillés. Petit-Deux trouve la musique trop forte et nous repartons rapidement. Sans conviction, nous dinons d’un barbecue coréen industriel similaire à tous les barbecues coréens industriels des centres commerciaux et reprenons la route. La foule qui assiste au concert de Songkran est désormais cachée sous la mousse. Nous ferons ca quand les enfants auront grandi. Puis à nouveau une heure et demie d’embouteillages pour sortir de la ville, dont les rues sont maintenant envahies d’une foule éméchée et fort mouillée.

Clairement, ces fêtes n’ont pas grand intérêt pour nous, avec les enfants. Tant pis. En revanche, il est étonnant de noter les forts contrastes entre la Thaïlande des villes et la Thaïlande de la campagne. Plus singulier encore, l’hôte britannique chez qui nous logerons cette nuit-là nous racontera Udon Thani, à son arrivée en Thaïlande, vingt-huit ans plus tôt… A cette époque, aucune voie de la capitale n’était encore goudronnée, et l’eau montait tellement dans les rues, à la saison des pluies, que les enfants traversaient à la nage!

Udon Thani rurale

 

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Le musée des dinosaures de Kalasin

Entre éléphants, singes et jeux d’enfants, les garçons ont déjà pu apprécier les activités variées de l’Isan. A Kalasin, nous poursuivons nos découvertes avec la visite du musée des dinosaures. Bien que particulièrement couru au moment de Songkran, l’endroit est spacieux et bien organisé, et nous avons tous beaucoup profité de cette visite culturelle et familiale!

 

Un musée vaste et bien organisé

Comme la plupart des établissements touristiques, le musée des dinosaures est gratuit pendant les trois jours officiels de Songkran, d’où un important afflux touristique. Aux plaques d’immatriculation du parking, on voit que de nombreux visiteurs viennent de loin. Mais nous sommes les seuls étrangers. Tout est organisé pour accueillir agréablement les familles. Le grand T-Rex de l’entrée est habillé d’une chemise à fleurs traditionnelle du nouvel an Khmer et muni de pistolets à eau. Ça amuse beaucoup un groupe de petits garçons Thaïs de l’âge de nos enfants, qui restent cinq bonnes minutes à se tordre de rire devant le grand prédateur. L’ambiance est très conviviale et centrée sur les enfants.

Des figurants déguisés en dinosaures roses en peluche déambulent parmi les badauds. Petit-Deux se prend d’affection pour l’un d’eux, qu’il câline vigoureusement, entre les « oh » et « ah » énamourés de mamies qui traînaient par là. Pauvres acteurs en revanche. En plus d’avoir sûrement très chaud, ils ne voient visiblement rien depuis leur déguisement douillet, si bien qu’ils sont guidés par un accompagnant pour ne pas écraser les enfants alentours.

Le musée est vaste et riche. Tout n’est pas en anglais, mais au pire, il y a toujours au moins le nom latin des bestioles, en lettre occidentales, donc, et qui permet de se repérer. Les enfants sont un peu petits pour s’intéresser aux théories du bing bang et de la création, du coup on passe vite les premières pièces. Un peu trop vite d’ailleurs parce que tout à la fin, Petit-Un se rappellera qu’on a oublié la PREMIERE salle qui avait une jolie lumière noire. Il me trainera à rebrousse-poil dans tout le musée -dont je ne me souvenais pas qu’il était si long, pour arriver à l’endroit donné et dire: « Oui, c’était bien là! » avant de repartir en sens inverse –toujours en me tirant de toutes ses forces.

 

Les dinosaures de Thaïlande

Peu familiers des périodes jurassiques, les enfants découvrent avec émerveillement les nombreux squelettes de dinosaures en exposition. Ils montrent d’abord un intérêt soutenu pour les animaux proches de ceux qu’ils fréquentent habituellement: de gros lézards, des dinosaures-oiseaux, des dinosaures marins… Puis ils se prennent au jeu et me demandent de tous les nommer… Et là, grande solitude de la mère devant les squelettes… C’est ça de vouloir faire le malin et d’expliquer qui est le triceratops et lequel est le stégosaure… en dehors des bien connus, je n’en sais rien, mais rien du tout, du tout, moi!

Musee des dinosaures de Kalasin

Fait étonnant, après quelques « il a de grandes dents, celui-là » un peu détachés, Petit-Un ignore complètement les plus gros spécimens de tyrannosaures et de grands prédateurs. Petit-Deux, de son coté, a à cœur de bien vérifier l’état de tous les carnivores observés: « Il est mort celui-là?« , « Et celui-là, il est mort aussi? », « Oh, celui-ci, je pense qu’il est mort… » Alors que je réponds distraitement à ses interrogations existentielles, pas inintéressantes mais tout de même répétitives, je tombe sur l’étiquette d’un « Siamotyrannus » (quand on devient Maman, on n’a plus le temps de lire beaucoup d’étiquettes dans les musées). Ca alors! Un dinosaure de Thaïlande! En réalité, de nombreux squelettes ont été découverts dans le coin, et plusieurs races sont même spécifiques à la zone!

 

De belles expositions pour les petits et pour les grands

Petit-Un découvre les fossiles. Il écoute attentivement mes explications et semble fasciné par le fait que tout peut devenir fossile, un jour ou l’autre: poissons, dinosaures, coquillages, végétaux… Les vitrines et la plupart des objets exposés sont à hauteur d’enfant. Visite et observations sont très agréable pour tous!

Musee des dinosaures de Kalasin

Plusieurs salles proposent également des explications imagées et interactives à destination des enfants. Les garçons font remuer la « queue massue » que les ankylosaures utilisaient pour se défendre. Ils touillent l’estomac rempli de cailloux d’un autre congénère, qui consommait des pierres pour faciliter sa digestion. Ils regardent courir un vélociraptor (ou l’un de ses cousins) dans un stroboscope… Bref, des activités illustrées qui plaisent, pour entretenir leur intérêt au cours de la visite.

Un peu plus loin, une salle de cinéma « comme en vrai » propose une projection biquotidienne pour les jeunes visiteurs. Il s’agit de reconstitutions de l’époque des dinosaures, et je trouve les images belles et convaincantes, même si le commentaire est seulement en Thaï. Nos enfants sont, je pense, un peu petits et trop novices sur ces questions pour vraiment accrocher. Ils demandent rapidement à partir.

C’est à ce moment précis que Petit-Deux repère un ascenseur, sa grande passion du moment. Et là c’en est fini des dinosaures pour lui –et pour moi! Je termine la visite avec un adorable avorton qui me colle aux basques… d’abord pour me supplier de prendre l’ascenseur… ensuite pour se plaindre qu’il n’a pas le droit de prendre l’ascenseur parce qu’il est réservé aux personnes handicapées… puis pour m’expliquer que les personnes handicapées elles ne peuvent pas marcher parce qu’elles ont eu un accident ou qu’elles ont mal aux jambes et que du coup elles peuvent prendre l’ascenseur, elles… donc qu’on ne peut pas prendre l’ascenseur parce qu’il est réservé aux personnes handicapées et que « piquer un lama c’est non non non! »… et finalement de me faire la liste de tous les ascenseurs déjà pris pendant les vacances… puis la liste des ascenseurs prévus pour les hôtels à venir!

J’ai donc peu de souvenirs de la fin de la visite, si ce n’est que les enfants ont eu droit à un tour de tyrannosaure-manège tellement haut qu’ils ont une tête pas confiante du tout sur les photos. On frôle d’ailleurs l’émeute quand s’agglutinent les badauds, curieux de blondinets frisés. Pendant le tour de son frère, Petit-Deux me parle encore d’ascenseurs et on doit même faire un détour spécial pour vérifier qu’il ne s’en cache pas un dans un coin sombre qu’il a repéré. Petit-Un a visiblement adoré la visite. A la boutique, nous lui achetons un jeu sur les dinosaures, qu’il réclamera environ toutes les heures jusqu’à la fin du voyage.

 

Les routes de Kalasin

Nous reprenons la route pour traverser toute la province de Kalasin vers le nord, à destination de Ban Chiang. Nous retrouvons le lac de Lam Pao, déjà aperçu la veille. Un grand pont le traverse en son centre. Sur l’une de ses rives, un ancien bac a été reconverti en restaurant local. On nous avait recommandé les lieux et c’est vrai que l’environnement est agréable et singulier. Malheureusement, l’heure du déjeuner est encore loin et notre route est longue. Nous renonçons à la pause.

Bac sur le lac de Lam Pao - Kalasin

Sous les arches du pont tout proche, de nombreux Thaïs se sont installés avec leur pick-up pour passer la journée au bord de l’eau, se baigner un peu, boire pas mal et grignoter beaucoup. Une ambiance de fête et de vacances, une atmosphère conviviale comme on aime à en trouver! On sent que Songkran est là!

Lac et pecheurs dans la province de Kalasin

Un peu plus loin, toujours sur le lac, nous dépassons un curieux village de pécheurs. L’étendue d’eau est couverte de bateaux moussus et verts de végétation. La surface liquide est hérissée de systèmes de poulies et de balanciers destinés à retirer les filets poissonneux. Surprenant paysage, qui semblerait presque appartenir à un monde fantastique!

Lac et pecheurs dans la province de Kalasin

Avec les vacances, le gros des activités industrielles et agricoles semble s’être arrête. Beaucoup de villes grandes et moyennes fonctionnent au ralenti, alors que les commerces, restaurants et administrations ferment leurs portes. Dans la province d’Udon Thani, nous ne croiseront même aucun de ces camions transportant de la canne à sucre et qui sillonnent habituellement les routes, provoquant de réguliers embouteillages. L’on rencontre en revanche de nombreux religieux, des vacanciers, et surtout des asperseurs d’eau!

Moines bouddhistes

 

Songkran sur les chemins

Songkran a Kalasin

Dans un précédent post, j’avais évoqué quelques aspects des célébrations religieuses et traditionnelles de Songkran. Mais la partie visible du Nouvel An Khmer consiste surtout en de joyeuses batailles d’eau, en famille et entre amis. Dans les villages que nous traversons, les festivités sont centrées autour de manifestations conviviales et gaies, et de rassemblements bon enfant entre jeunes du coin. L’ambiance y est décontractée, mais également, souvent, très alcoolisée.

Songkran a Kalasin

Les fêtes de Songkran doivent marquer une période de renouveau. Beaucoup de Thaï profitent donc de cette époque pour se couper les cheveux. Plusieurs de mes collègues sont ainsi revenues des congés avec des brushings impeccables. Dans les campagnes le ton semble plus à la frivolité: on croise beaucoup de cheveux teints aux couleurs très vives et de crêtes de cheveux.

Songkran a Kalasin

Par groupes compacts, les jeunes gens montent sur des pickups et écument les villages proches pour les traditionnelles batailles d’eau. L’eau se doit d’être toujours propre, mais de jeunes facétieux la colorent parfois. Au bord des chemins, ils tombent régulièrement dans des embuscades bien organisées: l’on se jette des seaux d’eau en pleine face, avec une vigueur surprenante, avant de se recouvrir de poudre de talc ou d’une pâte à base de talc.

Songkran a Kalasin

Ces journées doivent être fort amusantes, pour les jeunes gens, mais également harassantes, entre les litres d’eau manutentionnés et le soleil de plomb. En général d’ailleurs, plus en s’avance dans le jour, plus les rangs des bataillons se clairsèment, pour ne laisser la place qu’aux plus alcoolisés. C’est malheureusement l’une des raisons pour lesquelles l’on déplore tant et tant d’accidents routiers à cette période, en Thaïlande.

Songkran aux environs de Khon Kaen

Mais dans ces festivités, les tableaux que je préfère par-dessus tout sont les jolies scènes familiales, grouillantes de petits enfants bronzés et trempés, les yeux pétillants d’excitation. Parfois c’est la grand-mère qui les surveille d’un regard bienveillant. Parfois un grand cousin de la vingtaine essaie de les faire danser, avec plus ou moins de succès, sur des musiques de sauvageons. Parfois même, c’est un oncle facétieux qui a abrité un petit, bien au frais, dans un de ces grands bidons qui servent de réserve pour les batailles d’eau!

Songkran aux environs de Khon Kaen

 

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Songkran surprise dans la calme Surin

Après la découverte des vestiges Khmers de la province de Surin, nous faisons étape dans le chef-lieu régional, également nommé Surin. Le lieu a été choisi plutôt par la force des choses, car les hôtels de la région sont plutôt rares. Surin est une ville provinciale de 40,000 habitants. Un village pour l’Asie. Bourgade paisible, et trop paisible même… mais nous ne le savons pas encore, le lendemain s’y tiendra une grandiose et surprenante cérémonie, organisée a l’occasion des fêtes de Songkran.

 

Balade au marché de Surin

Nous profitons de notre étape du soir à Surin pour une petite balade en centre-ville. En fin d’après-midi, il ne reste guère que le marché qui soit animé. Chacun s’affaire aux dernières courses du jour avant le dîner. Beaucoup d’ailleurs achètent des plats déjà prêts: pâtes sautées ou riz, cuits à la commande, currys et plats en sauce fraîchement mijotés du jour. L’on trouve aussi de beaux étalages de poissons, ainsi que des boucheries qui proposent, sur des tables de bois –pas réfrigérées, bien sûr- des viandes variées et surtout de grosses têtes de cochon qui intriguent beaucoup Petit-Deux.

Marche de Surin

Les visites des marchés sont souvent des moments éprouvants pour les enfants. Dans ces lieux, il est courant que des commerçants ou des clients désœuvrés les interpellent, tentent de caresser leurs cheveux clairs, voire de les prendre dans les bras. A sa demande, je prends généralement Petit-Deux en porte-bébé ventral, capuche relevée sur la tête, pour éviter les principaux importuns. Il n’est pourtant pas rare qu’il s’exclame, furieux: « Maman, il y a une dame qui m’a touché!« … De mon cote, j’essaie d’établir une distance physique maximale entre les enfants et les curieux, de préserver notre espace de sécurité par des regards intimidants, mais je fais aussi mon possible pour rester polie et compréhensive face à ces gentils indiscrets qui ne doivent pas voir de blondinets tous les jours…

Marche de Surin

Petit deux avise un bel étal de pommes de Java. Il en réclame. On en achète un demi-kilo. La vendeuse et son stand deviennent l’immédiat centre d’attention de tous les badauds des environs. Très flattée, elle offre un fruit à Petit-Deux, ravi.

Marche de Surin

Petit-Un n’aime pas les fruits mais voudrait un pistolet à eau. A l’approche de Songkran, les étals en débordent. C’était un achat prévu et promis de longue date, car nous comptons bien cette année participer aux batailles d’eau endiablées qui s’organisent lors du nouvel an Khmer. C’est armés de jouets énormes et colorés, que les enfants rejoindront ce soir-là l’hôtel, avec une seule idée en tête: les tester dans leur bain du soir.

 

La grandiose célébration de Songkran à Surin

Le lendemain au petit matin, nous nous apprêtons à quitter Surin sans regret. Nous n’y avons rien découvert qui mérite le détour. Lorsque nous rendons les clés de l’hôtel, l’employée semble déçue d’apprendre que nous quittons la ville. En même temps, qu’y faire?… D’un geste vague, elle nous désigne un poste de télévision qui hurle en boucle, derrière son comptoir, et diffuse les images d’une sorte de défilé en costumes locaux. Nous reconnaissons un monument de Surin – »le » monument de Surin, en fait- et interrogeons la jeune femme sur le teneur de l’événement. Cela dépasse malheureusement de beaucoup ses compétences en anglais. Nous nous résignons mutuellement à ne pas nous comprendre.

Nous filons vers le nord. Une musique aux accents du pays se fait entendre, de plus en plus sonore. Alors qu’un policier nous indique une déviation, apparait soudaine sous nos yeux la cérémonie de la télé de l’hôtel du matin. Ce qui nous avait semblé une chorégraphie mettant en scène quelques vedettes locales, sur petit écran, est en réalité un immense parterre de danseurs, opérant à perte de vue. Impossible de louper ça!

Ceremonies dansantes de Songkran a Surin

Nous nous garons à la « locale », en double file et sans frein à main, et rejoignons les quelques badauds qui assistent au spectacle. Ceux-ci sont en fait fort peu nombreux. Nous émettons deux hypothèses. Soit, la majorité de la ville est du spectacle si bien qu’il ne reste pas grand monde pour regarder, soit le spectacle diffusé à la télé n’est en fait pas vraiment ouvert au public et nos têtes d’étranger nous ont-elles donné un passe-droit involontaire auprès des policiers qui encadrent l’événement.

Ceremonies dansantes de Songkran a Surin

A perte de vue, une mer de danseurs. Tous vêtus de costumes traditionnels assortis, ils ébauchent des pas classiques sur une musique Thaï. D’après mes estimations, ils ne doivent pas être loin de 5,000 –huit danseurs par rangée, une rangée presque tous les mètres, sur une rue de 650 mètres, d’après les calculs de Google Map. Comme toujours, c’est surtout leurs mouvements de mains, de doigts et de tête que je trouve surprenants de finesse et d’une extraordinaire souplesse. Mes collègues m’ont expliqué –démonstration de doigts à l’appui- que tous apprennent ces mouvements dès les premières années d’école, lors de cours spécifiques. Fait rare dans ce type de manifestations, la foule des danseurs semble même comporter une petite proportion d’hommes.

Danses traditionnelles Thai pour Songkran a Surin

On sent qu’il ne s’agit pas de professionnels car la motivation est inégale d’une personne à l’autre: certains prennent leur tâche très au sérieux, d’autre ébauchent plutôt les mouvements, avec des têtes à se demander ce qu’ils font là. En même temps je les plains sincèrement. De toute évidence ils ont commencé en même temps que la télé, soit depuis une bonne demi-heure au moins. Ils sont pieds nus sur ce goudron brûlant, tandis que le soleil de la matinée cogne sur leurs têtes, par une température de près de 40 degrés. Nous-mêmes ne nous éterniserons pas pour éviter un coup de chaleur. Nous assistons à quelques évacuations par les pompiers et ce n’est guère surprenant.

Danses traditionnelles Thai pour Songkran a Surin

Je prends Petit-Deux sur les épaules, pour qu’il puisse aussi profiter du spectacle. J’insiste: « Regarde, c’est extraordinaire, non? » Et Petit-Deux de me répondre de la façon la plus naturelle qui soit: « Oh oui, il y a même une voiture rouge! » Un pickup des pompiers était effectivement garé en marge du spectacle. Comme quoi, nous ne pouvons pas tous avoir les mêmes sources d’émerveillement…

 

Nous quittons Surin pour nous diriger vers le Prasat Sikhoraphum puis la province de Sisaket, où une rencontre inattendue nous attend. En route, nous dépassons le musée de Surin, malheureusement fermé à l’occasion du nouvel an Khmer. Nous le regrettons car il semblait riche de trésors antiques.

 

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