La course de buffles d’eau (Chonburi, Thaïlande)

D’après l’affiche, c’était le plus gros événement mondial de ce type: une course de buffles d’eau. On avait rigolé, vu qu’il ne devait pas y avoir des masses de courses de buffle d’eau dans le monde. Mais quand j’ai vu des buffles et encore des buffles, et des buffles à perte de vue, j’ai arrêté de ricaner bêtement. C’était un spectacle à couper le souffle. Grandiose. Unique. Une petite porte sur les traditions et les récréations de la Thaïlande rurale.

 

Un événement attendu

Ca faisait plus d’un an qu’on attendait ces courses de buffles. Hélas l’année dernière, la Thaïlande avait perdu son Roi, quelques jours avant l’événement. Et paf tout avait été annulé. Du coup on a dû attendre l’édition suivante.

Buffles d'eau - Chonburi _1

Au jour dit, nous sommes arrivés tôt. (Surtout parce que les enfants s’étaient levés aux aurores.) Et là, il n’y avait rien. Enfin si, il y avait une fête foraine à l’arrêt, mais pas la queue d’un buffle. Pourtant, dans la grosse ville de Chonburi, il y avait des affiches partout pour annoncer l’événement. On a ratissé les rues attenantes. Sans succès. Mais on a trouvé une affiche en anglais. (Une affiche en anglais c’était un peu comme un buffle a cinq pattes.) Si la foire avait bien commencé, la course n’aurait en fait lieu que quatre jours plus tard. Nouveau rendez-vous fut donc pris. Mais sans Papa-Tout-Terrain qui a le mauvais goût de travailler en semaine.

 

Foire populaire aux attractions oubliées

En fait, on est tout de même revenus le soir, rapport à la fête foraine que les enfants avaient bien repérée. Ils étaient ravis, d’ailleurs, il y avait des auto-tamponneuses. Ils en ont fait cinq tours. Elle avait un petit gout d’antan, cette foire, avec des attractions que j’imaginais appartenir au passé.

Regardez plutôt cet homme à moto, dans une espèce de tonneau géant, qui roule sur les murs à une hauteur vertigineuse! La structure métallique tremble à chacun de ses passages. Ca sent l’essence et ça fait un bruit du tonnerre. Petit-Un et Petit-Deux jubilent et trépignent de joie. Je m’agrippe à Miss-Trois. Ca m’apaise. Enfin façon de parler. Le mec conduit sans les mains, maintenant, et mon cœur s’arrête de battre. Tout est fini. Il est redescendu sans dégât et reprend paisiblement son Tom Yum. Petit-Un me dit que c’était dangereux, quand même. Il ne faut pas faire ça. J’en rajoute une couche: je suis sûre que la Maman de ce monsieur doit avoir très peur. Et, faire peur à sa Maman, c’est très mal.

Attraction moto a la foire de Chonburi

Dans le stand d’à côté, des dames sont installées en équilibre sur des planches de bois. Pour quelques sous, les curieux se bousculent et tentent de les envoyer à l’eau. D’une balle, les plus habiles déclenchent facilement le mécanisme. Le siège se dérobe. En un cri, l’élégante plonge dans un baquet saumâtre.

 

Tournoi de boxe thaïlandaise

Un peu plus loin, un ring et une compétition de boxe thaïlandaise. Le combat démarre avec une sorte de prière rituelle des combattants, sur fond de musique traditionnelle. Les spectateurs se lèvent. Premier round. Les coups pleuvent immédiatement, intenses. Petits et grands se pressent tout autour du ring, encouragent, commentent et s’enthousiasment. Le combat est violent, bien sûr. Le petit est particulièrement hargneux. Et le grand à l’air un peu mou est déjà pas mal groggy.

Boxe Thailandaise - Chonburi

Entre les rounds, un homme en costume agite ses doigts en direction de la foule. C’est un broker qui prend les paris. Ce sont sans doute les derniers combats de Muay-thaï avant un mois, car tout octobre sera deuil national pour la Thaïlande. (Le Roi est mort il y a un an. Sa crémation est organisée pour dans quelques semaines.) Par décret, les paris ont été interdits pour tout le mois. Or, pas de Muay-thaï sans paris.

Il est déjà l’heure de partir. Les enfants ont repéré une sorte de grand huit qu’ils veulent à tout prix essayer. Comprenez, il y a Spiderman, juché tout en haut! Ce ne sera pas pour cette fois ci: il faut avoir au moins sept ans. Sur le chemin du retour, Petit-Deux vérifie: « Et à huit ans, on a le droit aussi? Et à neuf ans? Et à dix ans? (…) Et à cent ans? »

 

Des buffles à perte de vue

Nous voilà enfin au jour de la course de buffles. Par chance, on est mercredi, et les enfants finissent l’école à midi. J’emmènerai donc les garçons, laissant Miss-Trois aux bons soins de la nounou. J’essaie une dernière fois de convaincre Papa-Tout-Terrain de venir mais il préfère travailler.

La place principale de Chonburi est couverte de stalles, de foin, et d’excréments. Et de plus de buffles que je n’en n’ai jamais vus de ma vie. Curieusement, il y a très peu de barrières. En revanche, presque chaque animal a son propre pâtre.

Buffles d'eau - Chonburi _2

On ressent une forme de complicité tacite et calme entre les hommes et leurs buffles. Une simple cordelette retient les naseaux du bovin. Il n’est pas rare de voir le maître entourer de ses bras le museau de la bête, comme en une accolade entre amis. Ceux qui n’ont rien à faire arrosent et rafraîchissent leur animal à grands seaux d’eau. Ils lustrent leurs robes ou ébouriffent les poils de leurs têtes.

Malgré l’agitation ambiante, les buffles restent impavides. Des enfants jouent tout autour et les escaladent parfois. Les animaux sont très peu restreints. Je ne retrouve pas chez eux les signes de nervosité des vaches françaises, qui tapent du sabot sur le sol ou remuent vivement la tête.

Buffles d'eau - Chonburi _3

Certaines bêtes sont particulièrement énormes. Elles ont dû concourir pour leur beauté, leur prestance ou la qualité de leur musculature.

On a loupé les festivités du matin et le défilé. Les charrettes décorées de fleurs aux mille couleurs sont déjà rechargées sur de gros camions, prêtes à rentrer au bercail. Restent quelques buffles richement parés. Sur leurs houssures, des blasons à la gloire du Roi défunt.

Buffles d'eau - Chonburi _5

 

La longue préparation d’une course de buffles d’eau

Guidés par la clameur, nous trouvons rapidement le champ de course. A peine sommes nous installés sur les gradins qu’un piétinement de sabots nous dépasse a tout allure. Le galop enragé de ces bêtes puissantes est à couper le souffle.

Course de buffles d'eau - Chonburi _1

(A cette seconde précise, Petit-Deux décide qu’il a vu assez de buffles et qu’il veut rentrer à la maison. En plus de m’enivrer de ces images grandioses, j’ai donc passé le reste de l’après-midi à lui demander de se tenir tranquille, d’attendre, d’arrêter de me rebattre les oreilles de ses jérémiades, de se taire, de s’assoir et qu’on en finisse. Bref, j’ai des enfants pas toujours coopératifs, comme tout un chacun. Et ce n’est pas le souvenir que je veux garder de cette course de buffles d’eau.)

La course suivante se prépare. On mène les buffles sur la ligne de départ. Ca prend du temps d’aligner cinq buffles. Il y en a toujours un qui a l’air trop en avant ou trop en arrière. Il faut le faire se remettre correctement. Et visiblement, ces bêtes ne savant pas reculer: ils refont le tour à chaque fois.

Course de buffles d'eau - Chonburi _2

Au bout de trois plombes, les cavaliers s’installent sur les croupes. Certains sont tous jeunes. Presque des enfants. D’autres au contraire sont plus âgés et grisonnants. Les cinq concurrents sont prêts au départ. Mais entre les clameurs de la foule, l’excitation de son maître, la badine, et les curieux qui se pressent, les bovins sont nerveux. Un buffle est parti tout seul. Le cavalier a sauté à terre et l’homme à la longe tente de le remettre dans les rangs.

Une barrière s’est déchaussée du sol. Quelques volontaires viennent piétiner la terre pour la replanter solidement. On a remis le buffle à sa place. Mais un autre s’est cabré.

 

La course de buffles d’eau

L’attente est longue entre les courses. Souvent une dizaine de minutes, car la logistique des buffles est lourde.

C’est parti: chacun s’élance! Les cavaliers sont installés très à l’arrière, sur leur monture. Ils ne la dirigent pas vraiment, d’ailleurs. Ils n’ont qu’une cordelette pour s’accrocher, mais rien pour piloter. Un buffle traverse la piste de droite à gauche, tandis que les autres semblent plus directement converger vers la ligne d’arrivée. Les cavaliers s’accrochent mais ça secoue ferme. Les chutes sont fréquentes.

Les concurrents franchissent la ligne d’arrivée au milieu des hourras de la foule. Les badauds sont jusque sur la piste. En face, les cavaliers n’ont rien pour arrêter leur monture. Ils se contentent de sauter à pleine vitesse, laissant filer leur bête.

Course de buffles d'eau - Chonburi _3

Le buffle s’apaise très vite. Il voit ses copains buffles un peu plus loin et s’arrête tout seul. Des quidams les récupèrent ensuite ici ou là. Qu’elle est curieuse de désorganisation, cette arrivée. Il y a des tas de gens dans tous les sens, qui observent, prennent des photos, jugent, récupèrent les buffles, vendent de la nourriture. Un buffle de mauvais poil pourrait faire un carnage en chargeant. Ces animaux sont vraiment paisibles.

 

Petite fenêtre sur la Thaïlande des campagnes…

Et puis nous sommes rentrés à la maison. Un peu trop tôt à mon goût. J’aurais pu rester jusqu’au soir à me perdre dans le regard des bovins et les bruits de sabots. En route vers la voiture, nous tombons sur une compétition de montée de bambou. C’est très traditionnel également. Mais je n’aurais jamais cru que c’était si difficile. Ca a l’air de glisser comme pas possible. Pour essayer d’adhérer un peu, les concurrents jettent du sable sur le piquet, à mesure qu’ils montent et qu’ils glissent. Ceux de la photo sont montés à deux mètres à tout casser, et semblaient vraiment au bout de leur vie. Si l’on en croit les petits drapeaux plantés sur le mat, cependant, d’autres ont dû aller bien plus haut.

Escalade de bambou - foire de Chonburi

Je suis rentrée enthousiasmée. J’ai passé la soirée à en causer à qui voulait l’entendre. Et Petit-Deux aussi, paradoxalement. Nous avons été très étonnés, en revanche, de réaliser qu’aucun Thaï de nos amis ou de nos connaissances n’a jamais assisté à l’événement. Nous soupçonnons que l’activité ait une réputation trop fruste…

Aucun? Pas tout à fait, d’ailleurs. Une petite collègue de l’équipe de Papa-Tout-Terrain aurait, pour sa part, participé à des courses de buffles, dans son jeune temps! Cette jeune femme est originaire d’Issan, cette région rurale que nous aimons particulièrement. Là-bas, a-t-elle expliqué, il n’est pas rare que les jeunes gens se distraient de ce type d’épreuves, avec leurs buffles, entre villages ou entre amis.

Buffles d'eau - Chonburi _4

La presqu’île de Sattahip

Sattahip est une importante base navale de l’armée Thaïe. Ils ont de la chance, d’ailleurs, les militaires, car cette côte située au sud de Pattaya est magnifique! La roche est sombre et taillée brusquement par les marées. Recouverte par endroits de grandes touffes tropicales, d’un vert profond. Parsemée de plages de sable blanc. Et de villages de pêcheurs aux couleurs vives.

Bord de mer a Sattahip

Mais le problème, quand on est étranger, c’est qu’on est toujours un peu suspect aux yeux des soldats. J’ai beau leur soutenir que je suis aussi inoffensive qu’un calamar –et c’est vrai-, leur job consiste à se méfier de moi. Du coup, certaines plages nous sont interdites. D’autres sites ne nous sont ouverts que sur autorisation préalable. Et certains fluctuent en fonction du contexte politique.

Malgré ces restrictions, Sattahip est devenue une sortie de prédilection, pour nos week-ends contemplatifs ou paresseux. On longe les baraquements. On dépasse les champs d’entraînement. Et l’on débouche sur la mer.

 

Sattahip, au bord des flots

Tout au bout de la presqu’île, une petite promenade sur pilotis longe la côte. Elle démarre dans une mini mangrove. A marée basse, on voit des crabes, des coquillages et des pêcheurs. Parfois des tortues. A marée haute, les eaux claires et peu profondes sont peuplées de poissons effilés, presque transparents, et dont le long nez se termine en un point jaune. Papa-Tout-Terrain trouve qu’ils ressemblent à des crayons.

Ballade en bord de mer - Sattahip

On aime bien cet endroit. On peu y admirer le bleu de la mer. Les îles éparpillées. Le village et les bateaux des pêcheurs. Le ponton est bien pratique aussi: impossible d’y perdre les enfants! Ils vont et viennent et font la course. Avisent un oiseau. S’arrêtent et le regardent. Puis l’oublient aussitôt et repartent en sautillant.

Ce week-end, on a trouvé un poisson trépassé. Étonnement. Puis observation poussée. « Tu crois qu’il est vraiment mort celui-là? » La bouche ouverte et le ventre en l’air, il y a des chances, oui, mon chéri. « Ouah, c’est génial! On n’en voit pas souvent des poissons morts! » C’est en effet une façon de voir les choses…

Ballade en bord de mer - Sattahip

 

Des myriades de poissons tropicaux

On poursuit sur la jetée. De là, on peut attraper un ferry pour passer la journée sur des ilots tout proches. Nous n’avons pas encore tenté l’expérience, car longtemps, les enfants ont peur en bateau. Il n’est pas certain, du coup, que les étrangers soient admis. Mais nous nous sommes promis d’aller y voir, bientôt…

Ballade en bord de mer - Sattahip

Sur la langue de béton, nous nous enfonçons vers la mer. Les poissons tropicaux se font plus nombreux, plus vifs, plus colorés et contrastés! Depuis peu, un panneau interdit de les nourrir. Mais auparavavant, quand on leur lançait des miettes de pain, ils accouraient par centaines et jaillissaient des vaguelettes en une écume arc-en-ciel. Nous ne nous lassons pas de leur spectacle, qui nous semble à chaque fois, rare, unique et presque irréel.

Poissons tropicaux en pleine mer

La promenade n’est pas longue. Une petite heure au maximum, en prenant son temps et en s’arrêtant à chaque poisson. Mais après ces quelques pas, nous voici pleinement dans l’ambiance lumineuse et marine de la presqu’île de Sattahip. En complément, nous nous arrêterons sûrement dans la ferme d’élevage des petits Nemo, à quelques pas de là.

L’authenticité du village de pêcheurs

Nous faisons un petit saut dans le village voisin. Un village de pêcheurs. Nous détonnons un peu, avec nos habits de touristes et notre marmaille animée. On nous considère avec étonnement. Sitôt une mamie s’approche. Un guili-guili sur la joue de Miss-Trois. Et nous voilà immédiatement adoptés. « Sawadeekap » tonitrue Petit-Deux avec sa bouille de fripon. La vieille dame se retourne. Miss-Trois est délivrée illico de ses assauts affectueux. Elle cache son tout petit visage bien profondément dans mon cou. Elle sent bon le bébé. Et la Vache-Qui-Rit, aussi.

La mamie poursuit maintenant Petit-Deux de ses ardeurs. La nouvelle cible vient trouver refuge dans mes jupes. Ou plus exactement en coinçant sa tête dans la jambe de mon short baggy. Me voilà bien. Immobilisée pour ne pas choir, je garde une contenance sévère mais bienveillante, et surtout fort digne.

Bateaux de peche

Bredouille, la malicieuse même se rabat sur Petit-Un. Lui est visiblement tombé en extase devant un bateau qu’on décharge. (Et ça sent très fort le poisson.) L’air de rien il lui balance trois mots thaïs bien placés, que je n’entends pas. La vieille dame manque de tourner de l’œil d’admiration. Elle s’éloigne au petit trot, répétant à voix haute les mots de ma progéniture prodigieuse. Plein de fois. Sûrement pour être bien entendue de toutes ses vieilles copines un peu sourdes.

(En vrai, Petit-Un possède seulement une cinquantaine de mots à son vocabulaire thaï, dont zizi, bain, pardon, riz et aisselle. Je ne sais vraiment pas comment il arrive à appâter ainsi les vieilles dames. Mais, de façon incroyable, il fait mouche à chaque fois! Vrai de vrai!)

Bateaux de peche a Sattahip

Le temple qui surplombe la mer

Quelques centaines de mètres plus haut, un temple bouddhiste, le Luang Pho Dam Khao Chedi. Il surplombe le village, l’atoll des îles toutes proches, une petite crique dédiée au snorkling, et les flottes colorées des pêcheurs de la côte.

Arrêtez-vous pour faire tinter des cloches à la file indienne. Trois coups pour chacune. Elles vous apporteront la bonne fortune.

File de cloches au Luang Pho Dam Khao Chedi

Aux jours de fête, les fidèles se pressent dans le temple, se confondent en offrandes et en adorations variées. On écrit des ex-voto sur des tuiles vernies aux couleurs vives. Puis on les fait consacrer par la prière d’un moine. En l’échange de quelques offrandes, en numéraire ou en nature, le religieux donnera un bracelet de fil, qui adoucit les destinées. Ensuite, l’on disposera de petites statuettes autour de l’autel qui donne sur le large. Pour la santé. La richesse. De bonnes affaires. Ou tout autre petit commerce qui occupe le commun des mortels.

Vue du Luang Pho Dam Khao Chedi

 

A table!

Mais surtout, on ne quitte jamais Sattahip sans s’y être copieusement restaurés de crevettes gargantuesques, tout juste sorties de l’eau. Ou de poissons frais aux écailles rutilantes. Au barbecue, frits, ou pochés. Ou les trois, plutôt. Même le riz frit, si rustique, y est succulent.

Notre restaurant préféré a vu grandir les enfants. Petit-Deux a rampé sur ses tables, il y a bien longtemps. Aujourd’hui il y chevauche de vieux pneus suspendus en guise de balançoire, avec la même énergie obstinée et rieuse.

Restaurant Sattahip

Il est temps de rentrer, mais nous ne repartons jamais les mains vides. Détour obligé par le marché local! Il donne d’un côté sur la route, et de l’autre sur la mer. Depuis le large, les pêcheurs déchargent leurs poissons des bateaux dans les arrière-boutiques.

Marche de Sattahip

Devant les carapaces robustes et les écailles brillantes, nous nous laissons porter par la promesse d’un joli festin. Car ce soir, chez nous, ce sera barbecue! Nous en salivons tous d’avance, car à la maison, petits et grands raffolent de ces délices de la mer…

Marche de Sattahip

 

En raffolons-nous trop d’ailleurs?… Peut-être devrais-je m’interroger, depuis cette récente question de Petit-Deux…

(Il faisait référence à sa fracture de l’humérus de l’année dernière… bien sûr…)

(L’intéressé, présentement en vacances, a tenu à colorier lui-même « son » histoire.)

 

***Merci à ma petite sœur qui m’a gentiment fait remarquer que l’on écrit « arête », et pas « arrête ». D’ailleurs, pour ceux que cela intéresse,  l’« arête » (…) descend du nom latin arista, « barbe d’un épi » (source).

Comment traumatiser son coiffeur…

Je ne taris jamais d’éloges quant à la gentillesse des Thaïs vis-à-vis de nos enfants. En voila un exemple tout mignon, vécu le week-end dernier… ou comment traumatiser son coiffeur avec ses marmailloux…

Passage chez le coiffeur. On nous attribue un jeune homme inconnu, pour couper les cheveux des enfants. Il est nouveau. Tout jeune, très design, mais un peu impressionné par nos charmantes têtes blondes. Je soupçonne que ce ne soit un bizutage de la part de ses collègues, qui l’observent en papotant tranquillement et viennent faire des selfies avec Miss-Trois.

Bref, notre moussaillon-coiffeur a un peu galéré, mais a fait preuve d’une gentillesse extrême à l’égard de nos sauvageons…

… D’autant que Petit-Un ne lui a pas facilité la tâche…

Comment traumatiser son coiffeur

 

 

Où l’on cueille des insectes au parc de Kaeng Tana

A Ubon Ratchathani, Petit-Deux est littéralement tombé en amour pour notre hôtel, le V Hôtel, un hôtel très ordinaire au demeurant. Mais songez un peu, c’est lui qui l’avait choisi, personnellement (avec moi), quand nous avions fait des réservations du voyage! Je n’avais pas tellement eu le choix, d’ailleurs, vu qu’il me tournait alors autour comme une grosse mouche collante. Par dessus mon épaule, il avait avisé des photos du lobby: « Mais, c’est un ascenseur! » On avait alors dû repasser ensemble image par image, et en agrandissant, les vues à 360 degrés de la réception, pour bien confirmer l’affaire. C’était bon. Il y avait bien un ascenseur. Nous avions trouvé l’hôtel de ses rêves!

Le V Hôtel date d’il y a sept semaines, maintenant, mais cet endroit, Petit-Deux ne l’a pas oublié. Alors que nous construisions hier un ascenseur en Legos (oui, oui, toujours), notre cadet s’est écrié: « Attention, on ne fait pas un ascenseur n’importe comment! Je veux un ascenseur de six étages! Comme celui de mon hôtel! Tu sais, le V Hôtel! »

(Et non, je n’ai eu ni assez de patience ni assez de pièces de Lego pour construire les six étages.)

 

Une histoire de gongs

Bref, nous partons ce jour-là pour le parc national de Kaeng Tana, à deux pas du Laos. Nous comptons y voir de beaux panoramas sur le Mun, la rivière qui le traverse. Songkran oblige, les routes sont très embouteillées. Las de circuler à une allure d’escargot sur une nationale sans intérêt, nous obliquons sur des chemins de traverse. Nous n’irons pas plus vite mais au moins, la route sera belle!

Nous passons devant un magasin de gongs. Les mêmes que ceux des temples. C’est la première fois qu’on voit ça en Thaïlande. C’est très amusant, c’est là que les moines doivent s’approvisionner. Deux cent mètres plus tard, une nouvelle échoppe, avec gongs et tambours. Puis une autre et une autre encore. En arrière-cour, on distingue des ateliers. Les pièces, petites et grandes y sont travaillées et peintes à la main!

1 - Chez le marchand de gongs

C’en est trop pour nous! Impossible de résister! Nous pénétrons timidement dans l’une des boutiques, qui ressemble en fait à un grand hangar. Nous ne savons pas si les touristes sont les bienvenus, vu qu’il s’agit d’objets religieux… Mais business is business en Asie, et n’importe quel acheteur est accueilli les bras ouverts.

Les prix affichés nous semblent élevés. C’est sûrement parce que les institutions bouddhistes sont souvent très riches, en Thaïlande. Papa-Tout-Terrain et Petit-Un testent le son de chaque instrument. Les gros leur plaisent beaucoup mais ne sont pas facile à transporter. Ils n’aiment pas la sonorité des petits. On change de magasin. Cette fois-ci les décorations peintes ne sont pas assez fines. A la troisième boutique, ils trouveront finalement l’élu.

Voici donc l’histoire du gong que vous aviez vu dans ce billet. Il trône aujourd’hui dans notre cuisine, et sert à battre le rappel, à l’heure des repas.

 

Ballade sur les ponts suspendus de Kaeng Tana

Le parc national se targue de posséder les ponts suspendus les plus longs d’Issan. Ils seront l’objet de notre première balade. Mon vertige ne s’est pas arrangé depuis les hauteurs de Khao Phra Wihan, alors je serre un peu les dents, et surtout la main de Petit-Deux qui me dit ne pas m’inquiéter. Qu’il me retiendra très fort si je tombe.

2 - Pont suspendu de Keang Tana

Effectivement, le pont est long. La vue est belle sur le Mun mais j’en profite peu. On arrive enfin au bout. Il fait très chaud, et le soleil est de plomb. Heureusement que Papa-Tout-Terrain a emporté trois litres d’eau: d’un trait, nous en buvons la moitié! Nous nous auto-congratulons d’avoir appris à Miss-Trois à boire à la bouteille, à six mois, car nous avons encore oublié son gobelet.

3 - Peche aux insectes

Quelques centaines de mètres plus loin, nous tombons sur un curieux attroupement. Deux vieux messieurs du coin, entourés d’une demi-douzaine de petits enfants, sont en train de pêcher des sortes de cigales dans les arbres. Pour ce faire, ils enduisent de longs bambous d’une pâte collante qu’ils approchent de l’insecte afin de l’engluer. La suite est assez cruelle, puisqu’ils arrachent les ailes des animaux, qu’ils collectent ensuite dans un panier. Ils nous montrent qu’on peut manger les ailes. Et aussi les cigales (vivantes… pouah!). Celles du panier, ils les rapporteront à la maison pour les frire.

4 - Ils ont attrappe des cigales

Nous poursuivons la balade et atteignons le second pont. Nous n’irons que jusqu’à mi-chemin pour la vue. Le soleil tape dur, et nous craignons pour les enfants. Nous terminons nos réserves d’eau sur le chemin du retour et retrouvons avec plaisir la fraîcheur dans la voiture.

5 - Peche aux insectes

 

Nouvelle descente ébouriffante vers la grotte de Pra

Nous nous arrêtons pour une pause déjeuner, et achetons du riz gluant et du poulet grillé à un vieux couple de locaux. Juste à côté de nous, ils ont étalé une nappe à même le sol, où se restaurent leurs petits enfants, dont ils ont sûrement la garde pour les vacances scolaires. Nous avons le même menu, mais les bambins sont bien plus adroits que nous pour rouler entre leurs doigts les boulettes de riz gluants qu’ils enfournent ensuite, sans autre forme de procès.

C’est parti pour une deuxième balade. Petit-Deux gémit qu’il a trop chaud, trop mal aux pieds, et qu’il ne pourra pas aller plus loin. On le motive en jouant au super héros. On active la force 1, puis la force 2, puis la force 86… Il accélère courageusement et oublie un peu sa fatigue.

6 - Balade de nos super heros

Nous arrivons presque à la grotte. Il ne reste qu’à descendre le long de la paroi rocheuse pour pouvoir l’admirer. Horreur, une fois de plus c’est très à pic. Et pour couronner le tout, il s’agit d’escaliers naturels, irréguliers au possible. On se tâte et devant l’enthousiasme de Petit-Un, on finit par y aller. Ca descend, c’est humide, c’est terreux, c’est cabossé, et les enfants adorent. C’est l’aventure! Ils sont d’excellents randonneurs, mais surtout extrêmement disciplinés dans les endroits qui peuvent devenir dangereux. Ils s’en sortent comme des chefs et nous arrivons atteignons vite notre but. La grotte ne présente aucun intérêt, mais la muraille naturelle, tapissée de racines et de lianes, est magnifique. A travers les feuilles des arbres tropicaux, on devine le Mun, qui glisse juste un peu en contrebas.

7 - Pres de la grotte de Pra

 

Baisse de régime

Il fait très humide et très chaud, alors nous ne nous éternisons pas. Le retour au point de départ est difficile. Cette fois-ci Petit-Deux n’est plus motivé du tout et ne veut plus avancer. Le pauvre n’a que quatre ans. Physiquement, ce n’est pas facile pour lui. En plus d’en avoir assez, il n’a pas la langue dans sa poche. Il ne fait que râler et dépense sans doute quatre fois plus d’énergie via ses cordes vocales que par l’usage qu’il fait de ses pieds.

8 - Balade dans le parc national de Kaeng Tana

Petit-Un en revanche fait preuve d’une endurance et d’une régularité singulières. Il est rare que l’on ne l’entende se plaindre, et il ne s’arrête jamais. Nous espérons tout de même qu’il tiendra le coup, car nous avons encore prévu une dernière balade pour aujourd’hui, et ce devrait être la plus belle…

9 - Balade dans le parc national de Kaeng Tana

 

Les incroyables rives du Mun

Parce que nous anticipons quelques réticences des garçons quant à la suite du programme, nous décidons d’acheter boissons et fruits frais, que nous dégusterons sur les bords du Mun, notre ultime étape. La zone n’est pas ombragée, aussi attendions nous que le soleil ne soit plus à son zénith pour la visiter.

Parc National de Kaeng Tana

La balade commence plutôt bien, cela dit. Un système de pompes et de tuyaux d’arrosages percés arrose et rafraîchit les visiteurs en début de circuit. Fous rires et éclaboussures. Très vite, il n’y a plus de sentier. Juste des rochers érodés, troués et percés, qui longent les rives de la rivière. Nos enfants, ascendants chèvres, s’en donnent à cœur joie et sautillent de cailloux en cailloux. Même pour les adultes c’est follement amusant!

10 - Vue sur le Mekong dans le parc national de Kaeng Tana

Nous sommes à la fin de la saison sèche. Le niveau de l’eau est au plus bas. De forts courants se brisent pourtant contre les rives rocheuses. Un peu plus loin, là où le Mun est plus paisible, quelques locaux se baignent en famille. Malgré les regards suppliants des enfants, nous ne tenterons pas l’aventure, car nous ne sommes pas capables d’estimer le danger.

11 - Vue sur le Mekong dans le parc national de Kaeng Tana

Nous aurons adoré notre visite du parc national de Kaeng Tana, pour ses belles balades et ses panoramas magnifiques sur le Mun. De façon très surprenante par ailleurs, le parc était presque désert. Nous avons pu profiter des lieux en toute quiétude, et en garderons de magnifiques souvenirs.

0 - Cascadeurs au parc national de Kaeng Tana

 

Paisible soirée sur les rives du Mékong

Cerise sur le gâteau, nous avions réservé pour la nuit un très joli hôtel sur les bords du Mékong. La vue était envoûtante. Nous en avons profité royalement, un mojito à la main, pendant que les enfants s’ébattaient dans la piscine avec un petit Léo de passage. Petit-Un, qui n’avait rencontré de Léo jusqu’alors, a passé la soirée à l’appeler « thé-au-lait ». Le cerveau des enfants a parfois des connections que l’adulte peine à comprendre.

12 - Hotel sur les berges du Mekong

Nous avons enchaîné sur un délicieux dîner, avec coucher de soleil sur le fleuve. Fait unique au cours de ce voyage, le restaurant était même équipé d’une chaise bébé pour Miss-Trois! (Sans harnais. On ne peut pas tout avoir. Dans ces cas-là, c’est comme en mer, on garde toujours une main pour le bateau… euh, pour le bébé.) Bref, j’ai mangé d’une main, mais le genou libre, et ça fait un bien fou!

Chaises-bebe en Thailande

A la table d’à côté, un jeune couple de Thaïs a longuement louché sur nos enfants avant de s’approcher, et nous en complimenter avec ravissement. « Dites bonjour les enfants! » « Cot, cot, cot!… » S’exclame Petit-Un. J’ai envie de rentrer sous terre. On enchaîne, l’air de rien… « You look like chicken! » s’exclame soudain Petit-Un. Ca y est, on est morts de honte. En même temps c’est vrai que nos deux interlocuteurs ont tous deux un tee-shirt jaune, et assorti. On essaye de noyer le poisson et heureusement les plats arrivent. Ca fait diversion. Le jeune couple s’apprête à prendre congé. « Bye bye chicken! », tonitrue Petit-Un. On lui donne des coups de pieds sur la table. Alors la jeune femme se met à bouger les bras… enfin les ailes et répond: « Cot, cot, coooot! Bye-bye! Cooot!!! », puis se repart tranquillement en tortillant des plumes-arrières, tel un gallinacée.

Un instant, j’ai cru être devenue folle.

13 - Coucher de soleil sur le Mekong

 

 

Le parc National de Kaeng Tana en pratique

  • Coordonnées GPS de l’entrée: 15.265773, 105.482485
  • Prix adulte: 400 THB pour les étrangers. Pas de « prix Thaï » pour les étrangers résidents. Nos enfants ont été exemptés de billet. (C’est souvent du cas par cas pour les enfants)
  • Nous avons identifié trois balades dans le parc: (1) La balade des deux ponts suspendu sur la rivière Mun – compter 2 kilomètres aller-retour. (2) La promenade jusqu’à la grotte de Pra (2 km aller retour) qui peut se poursuivre jusqu’à un Rock Garden (rajouter 1 km aller-retour). (3) La balade le long des rives du Mun, pour le panorama. Il n’y a pas de sentier balisé mais l’on peut suivre facilement la rive sur environ 500 mètres.
  • Nous avons été surpris par la faible densité de l’ombre, dans le parc. Les végétaux y sont différents des forets tropicales où nous nous promenons souvent. Pensez à bien vous équiper de chapeaux, de crème solaire et d’eau.

 

 

La controverse du barbecue thaï en famille

Papa-Tout-Terrain est intrépide. Mais moins que moi. Si vous lui demandez son avis, il vous dira certainement que je suis une insensée téméraire, adepte des équipées les plus extravagantes avec les enfants. De la naît la controverse. Il m’accuse d’inconscience. Mais pas du tout. C’est lui qui est pusillanime. Jugez plutôt sur pièce, avec l’affaire du barbecue thaï

Nous sommes sortis, affamés, du parc de Khao Phra Wihan. La région est particulièrement reculée. Par bonheur –béni soit Google Map- je déniche un petit restaurant de derrière les fagots, visiblement réputé pour ses barbecues. Papa-Tout-Terrain fait une drôle de tête. Je crois qu’il préférerait manger un riz frit tout bête. Cette entreprise innovante lui semble fort périlleuse.

Barbecue thai des voisins

Il n’a pas forcement tort. Mais j’ai envie de nouveauté! Nous arrivons sur les lieux. C’est très sympathique, en plus! Et rural. Une grosse botte de foin bloque ma porte de voiture. Je me contorsionne pour sortir et délivrer Miss-Trois via le coffre. A moins qu’il ne s’agisse d’un acte manqué de la part de Papa-Tout-Terrain, qui aurait aussi pu garer la voiture ailleurs…

 

L’installation

Nous mangerons dans des cabanons individuels, alignés autour du corps principal de l’établissement. C’est très pimpant! Et un peu chaud, aussi, sous les toits de tôle ondulée. Papa-Tout-Terrain ne dit rien mais n’en pense pas moins. Ca se voit à sa tête. Et vu que c’est mon idée tordue, il me laisse me débrouiller seule avec la serveuse qui ne parle pas un mot d’anglais. Zut, en plus je ne vois pas de menu! Mais que diable allions-nous donc faire dans cette galère?…

Je commande de l’eau, prends un air tres digne, Miss-Trois sous le bras, et pars faire le tour des cahutes environnantes, histoire de voir ce que mangent les autres. Ca ne ressemble à rien de ce que je connais, même s’il s’agit clairement d’un barbecue. Comment est-ce que je vais bien pouvoir commander?… Les voisins ne parlent pas anglais. Alors je mime avec adresse (et toujours Miss-trois à la main) la fille-qui-a-besoin-de-prendre-une-photo-de-leur-table-pour-pouvoir-commander. Je leur fais sûrement un peu peur parce que personne n’ose refuser. Je reviens avec un bon choix de tables couvertes de victuailles. Cela devrait m’inspirer dans la commande.

Barbecue thai des voisins

Quand je retourne à notre cabanon, quelqu’un a disposé sur la table un seau rempli de charbons ardents. La température a grimpé en flèche. On approche sûrement des quarante-cinq degrés. Celsius, bien entendu. Les enfants sont fascinés par les braises. Et Papa-Tout-Terrain a l’air fou de joie.

Miss-Trois semble trouver l’environnement à son goût. Elle se détend. Puis devient tout rouge. Le fumet délicat qui s’échappe alors de sa couche me confirme que c’est un code putois cynique. Mais que diable allions nous bien faire dans cette galère?

 

La commande

La serveuse arrive. Papa-Tout-Terrain prend la tête la plus absente possible. Ca marche, puisque la dame s’adresse à moi du coup. Elle me dit un truc en thaï. Je lui dis un truc en français et lui montre les photos des voisins. Elle me fait signe de la suivre. Chouette, je crois bien que je vais aller choisir en cuisine! Je jette un coup d’œil à Papa-Tout-Terrain qui regarde ses pieds. Je soupire, m’empare du bébé malodorant d’un air dégagé, et emboîte le pas de la jeune femme.

(Si tu me lis mon chéri, je t’aime. Je t’aime tel que tu es et avec tous tes défauts.)

Barbecue thai des voisins

Je me retrouve devant un frigo monumental, juste sous le nez du patron. Il y a des tas de viandes, de poissons et de crustacées. On m’équipe d’une pince et d’un bol et tout s’éclaire: je n’ai plus qu’à choisir ce qu’on va faire griller! Les pinces glissent et le bébé se contorsionne pour attraper des bouts de nourriture au vol. Ma performance est digne d’un sioux acrobate. Le patron me considère d’un œil amusé. Il me rajoute même un gros bout de graisse. Hum, c’est sympa. Ca ne m’inspire pas tellement, mais je le laisse faire poliment.

Je reviens triomphante avec mon bol de viandes. A son regard noir surplombé de petits nuages orageux, je sens tout de suite Papa-Tout-Terrain très chaud. Au sens propre il l’est en tout cas. Il a pris une belle teinte rubiconde à la faveur des braises. Les garçons aussi. « Allez, à table! », je dis d’un air enjoué. « Mon chéri, tu veux bien m’aider à faire cuire la viande? »

Barbecue thai des voisins

 

L’erreur technique

Je n’ai pas le temps de musarder. J’attrape Miss-Trois, la plaque au sol et entreprends de circonscrire l’infection tandis que Petit-Deux lui immobilise les membres supérieurs. Heureusement que notre princesse est un bébé tout-terrain et de bonne composition. Rompue à ces gymnastiques cocasses, elle ne s’offusque en rien de l’environnement insolite.

Sur ces entre-fesses arrive la serveuse, qui a découvert Google translate. Elle me tend son téléphone. Une lingette à un stade avancé d’utilisation dans une main, un bébé pas encore propre dans l’autre, je lui fais signe que ce n’est pas vraiment le moment. Elle fait dire un truc à son téléphone que je ne comprends pas. Je me penche pour lire: Pan*. Hum. Je souris. Elle a l’air un peu paniquée. Elle me montre Papa-Tout-Terrain qui est en train de faire brûler sa viande. Je souris encore. Sourire ca marche à tous les coups.

Elle s’enfuit et revient avec un monsieur et un nouveau barbecue. Elle nous donne une plaque toute propre et plante le bout de graisse au sommet. Ah! Ca n’était donc vraiment pas normal que la viande brûle! Après cet ajustement technique, ca marche drôlement mieux… et c’est même très bon!

Notre barbecue thai

Bien vite, Miss-Trois a retrouvé l’apparence et l’odeur d’un joli bouton de rose. Petit-Un est ravi d’aider aux grillades. Petit-Deux adore la cahute. Et même Papa-Tout-Terrain avouera que la viande n’est pas mal du tout! C’était délicieux et on a bien rigolé! Alors reconnaissez-le, elle était très bien, mon idée, non?

 

*Sur le moment, j’étais bien loin de considérations sémantiques, mais a posteriori, je pense qu’il s’agissait de pan pour poêle en anglais, vu que la nôtre était justement en train de carboniser…

Le riz gluant au lait de coco – recette thaï

Bonne année! C’est toujours les vacances de Songkran, le Nouvel An Khmer, en Thaïlande!

Pour fêter ça, on va se mettre en cuisine! Je vous propose la recette du riz gluant au lait de coco, qui se déguste généralement avec de la mangue! Il s’agit d’une recette très populaire en Thaïlande, et qui répond au doux nom de khao niao mamuang. Ca a l’air poétique comme ça, mais khao niao veut dire « riz gluant » et mamuang veut dire « mangue ». L’appellation est donc très prosaïque. Quant à la dégustation, c’est une vraie tuerie!

 

Ingrédients pour quatre gourmands

(Il faudra vous y prendre une bonne demi-journée à l’avance, à cause du temps de trempage du riz gluant.)

  • 300 grammes de riz gluant
  • Un demi-litre de lait de coco
  • 150 grammes de sucre de palme
  • Des mangues

 

Trouver les ingrédients principaux…

La base de la recette c’est le riz gluant. Vous pourrez en trouver dans les épiceries asiatiques sous le nom de riz gluant ou « glutinous rice ». Ce riz se cuit un peu différemment du riz normal, et je trouve que son goût est plus fin. C’est un féculent qui se consomme surtout dans le nord-est de la Thaïlande, dans l’Issan, mais également au Laos attenant.

Vous trouverez le lait de coco dans n’importe quel hypermarché. Ne le confondez pas avec l’eau de coco. L’eau de coco est translucide: c’est le liquide qui s’échappe quand on ouvre la noix de coco. C’est très bon mais pas assez gras. Le lait de coco, lui, est blanc. Il est préparé à partir de la pulpe de la noix de coco râpée.

Le sucre de palme, pour finir, est fabriqué à partir des fleurs du palmier à sucre. On l’achète sous forme de petits palets ou parfois d’un gros pain. En Thaïlande, il est vendu sur le bord de la route, dans les zones de palmeraies. Mais sinon, vous en trouverez dans les épiceries asiatiques. Faute de sucre de palme, on peut mettre du sucre roux ou même du sucre blanc. Les deux premiers sont plus parfumés. Mais le sucre blanc permet de présenter à table un riz plus clair, que je trouve esthétique, aussi.

Sucre de palme pour le khao niao mamuang

Au moment de servir votre dessert, si vous avez des mangues, c’est l’occasion ou jamais d’en faire bon usage! Mais sans mangues, j’accompagne le dessert d’autres fruits, comme des lichies en boite pour faire exotique, ou des poires bien parfumées, tout simplement. D’ailleurs, faute de mangues, il m’arrive de servir le dessert sans fruit et ça ne déranger personne à la maison!

 

Lavage et trempage du riz

On commence par laver le riz. On le met dans un grand saladier, on le recouvre d’eau et on touille. Lors des premiers lavages, l’eau va se troubler, car le riz se débarrasse de son amidon et de ses résidus. Ensuite, l’eau reste bien claire.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

On passe ensuite à la phase de trempage. C’est très important, car sinon le riz ne cuit pas comme il faut. J’en ai fait l’expérience à mes dépends à Noël, alors qu’on m’avait commandé un riz gluant pour vingt-cinq personne et que j’ai voulu faire la maligne et gagner du temps. (Le résultat était vraiment loupé loupé!) En général, je fais tremper une douzaine d’heures.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

La nounou qui s’est étonnée que je prenne mon riz en photo a ajouté quelques commentaires, du coup. Pour trois cents grammes de riz, elle estime que deux à trois heures de trempage peuvent suffire. Avant de passer à la cuisson, il faut juste vérifier sur un grain de riz qu’il est devenu friable, entre deux doigts. (Mais il faut appuyer drôlement fort, tout de même, je trouve. Même après douze heures de trempage.) En revanche, si l’on peut faire tremper plus longuement, le résultat n’en sera que meilleur!

 

La cuisson du riz

Traditionnellement, le riz gluant se cuit dans une sorte de grand « chapeau » de bambou tressé, que l’on place sur une marmite à la forme particulière, et dans laquelle on fait bouillir de l’eau. Le chapeau confère au riz un petit arrière-goût végétal intéressant. Mais si vous ne possédez rien de tel, vous pouvez utiliser un chinois ou un égouttoir métallique, perché sur une casserole d’eau bouillante. On recouvre le tout d’un couvercle.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

Ma nounou, qui passait encore par là, m’a fait remarquer que j’ai choisi une casserole beaucoup trop grosse pour mon chapeau. « Vous savez qu’il existe des casseroles beaucoup plus petites? » Effectivement, je les ai vues dans le magasin. Bref, elle me confirme que ça marchera pareil, mais qu’on va galérer à trouver une place dans les placards pour la ranger. Elle n’a pas tort.

Avant de lancer la cuisson, on mouille le chapeau à l’eau, pour éviter qu’il ne brûle.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

Toutes les dix minutes –ou quand on pense- on secoue le riz. On prend le chapeau en main, et d’un geste de poignet vif et élégant, on essaie de faire se rassembler le riz gluant vers le centre. Très vite va se former une grosse boule qui reste solidaire, et il suffira ensuite de faire tourner la boule. L’objectif est que le riz soit cuit partout pareil. Puis on rebouche avec le couvercle avant de revenir secouer à nouveau un peu plus tard. Le riz est cuit quand il n’est plus croustillant au milieu. Le temps de cuisson oscille entre quinze et quarante-cinq minutes, en fonction de la fraîcheur du riz (le riz tout juste récolté cuit super vite) et de combien de temps vous l’avez laissé tremper (plus il aura trempé longtemps, plus la cuisson en sera rapide).

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

 

Alternatives à la cuisson du riz « dans le chapeau »

Il existe des alternatives qui demandent moins d’équipement et moins de temps. Quand je suis pressée, la cuisson à la cocotte minute –après trempage- fonctionne aussi très bien et va plus vite. Une quinzaine de minutes environ. Mais comme les trous du panier sont assez éloignés les uns des autres, je trouve que la couche inférieure du riz a tendance à se détremper un peu.

Une dernière solution est la cuisson micro-ondes. Après une heure de trempage, on recouvre le riz d’eau et on laisse un petit centimètre en plus, au dessus du riz. On met à cuire cinq minutes au four à micro-ondes. On mélange. Puis on remet en cuisson par tranches de trente seconde, jusqu’à obtention d’un riz satisfaisant. Cette technique est très pratique si l’on veut manger du riz gluant au lait de coco. En revanche, je trouve le résultat trop humide pour être consommé en accompagnement d’un plat salé.

 

La sauce au lait de coco

On met le sucre et le lait de coco dans une casserole à feu doux. L’idéal est de ne pas laisser bouillir le mélange. Le sucre se dissout dans le lait de coco et c’est prêt.

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

Les Thaïs ont l’habitude de saler la préparation. Style beaucoup. Avec une pleine cuillère de sel, quoi. On sent vraiment le goût salé. Mais dans la famille, on préfère sans le sel, et d’ailleurs, tout le monde est d’accord pour dire que mon riz gluant au lait de coco est bien meilleur encore que la recette originale… Alors à vous de voir, hein, je ne veux pas du tout vous influencer…

On verse ensuite la moitié de la sauce encore chaude sur le riz et on mélange. On poêle un peu le riz avec sa sauce au lait de coco histoire que le liquide soit bien absorbé, et c’est prêt!

Preparation du riz gluant au lait de coco - khao niao mamuang

Notre nounou vient de repasser. Elle a dit que c’était très bien que ça sentait bon! (Elle est pourtant plutôt avare en compliments.)

En Thaïlande, le riz gluant peut être servi chaud ou à température ambiante. A la maison, Papa-Tout-Terrain le préfère bien froid. Moi je le trouve toujours bon.

Au moment du service, on proposera une grosse quenelle de riz gluant sucré à côté d’une mangue découpée. Le reste de la sauce au lait de coco est laissé à disposition, pour un assaisonnement au goût.

De toute évidence, je ne suis pas une blogueuse culinaire. En reprenant mes photos a posteriori, je réalise combien la présentation finale est moche moche moche! C’est une catastrophe! Bon, je n’ai que ça alors je vous le mets quand même. Et je vous rajoute aussi une photo de riz gluant du commerce qui est un poil mieux. Mille pardons! Et bon appétit quand même…

Khao niao mamuang du commerce

 

Le riz gluant autrement…

Puisque vous savez maintenant tout de la cuisson du riz gluant, et que vous en aurez bientôt sous la main, je vous recommande de l’essayer également en plat salé. Ca se cuit pareil. Et on peut le manger à la place du riz normal, avec tout. La façon la plus populaire de le déguster, c’est de l’accompagner de poulet grillé au barbecue.

Traditionnellement, le riz gluant se mangera avec les doigts. On forme tout simplement une boulette de la taille d’une bouchée, à laquelle on adjoint un peu de poulet –ou un autre aliment- pour parfumer. C’est le grand délice de nos enfants, et ils en mangent des quantités impressionnantes!

 

 

La mauvaise surprise

Ca défile à la maison en ce moment. Et tout ça c’est à cause de Miss-Trois. Miss-Trois est un bébé surprenant de vivacité pour son jeune âge. A tout juste six mois, elle marche à quatre pattes, s’assoit, et se met debout.

*Applaudissements*

Notre nounou est ravie. Le prestige de notre jeune merveille rejaillit sur elle. Du coup elle invite un peu tout le monde, de Thaïlande et de Navarre, à venir assister au prodige. Pour les personnes trop éloignées ou empêchées, elle organise même des événements vidéo. (Ce n’est pas une image ou une exagération, c’est la stricte vérité.)

Bref, à chaque fois que je veux mettre une sandalette dans mon jardin, je me retrouve nez à nez avec un technicien de maintenance ébahi ou un jardinier stupéfait (c’est plutôt des jardinières d’ailleurs) devant l’agilité de notre puce. En dehors des horaires d’apparition publique, la porte de la maison reste entrouverte, pour permettre à l’air et aux regards indiscrets de mieux s’infiltrer.

Tout cela a tendance à me taper sur les nerfs, car je suis plutôt timide, ascendant sauvage.

Cela n’a pas échappé à mes visiteurs. Du coup, pour m’appâter, et par gentillesse aussi, ils viennent rarement les mains vides. L’un apporte des mangues ou des papayes de son jardin, un autre vient avec des épinards, des desserts populaires ou des effilochés d’ananas séché. C’est excellent! Et très bon aussi pour mes bourrelets de grossesse, mais passons.

La mauvaise surprise…

Ce matin, l’adorable ancienne nounou de la petite voisine d’avant m’a apporté deux entremets locaux. Je connaissais le premier de longue date: je cuisinais déjà ce tapioca vert au lait de coco alors que j’étais étudiante et que j’habitais au-dessus d’une épicerie asiatique. (J’étais prédestinée.)

opioca et lait de coco

J’ai eu plus de difficultés à identifier le contenu de la seconde barquette en revanche. Vu la ressemblance des emballages, il était certain qu’il s’agissait d’un dessert. J’ai goûté le riz jaune. C’était du riz gluant. Cuit dans du lait de coco sucré. Ce n’était pas mauvais, mais ils avaient rajouté du curry pour faire jaune, et ce n’était pas indispensable non plus.

2- Dessert thai au riz gluant et...

J’ai ensuite rajouté la poudre marron du dessus pour goûter l’ensemble et en évaluer l’harmonie. (Oui, je fais mes classes chez Etchebest en ce moment.) Eh bien ça a été une très mauvaise surprise! Et pourtant je suis loin d’être une timorée du goût…

Qui sera capable de deviner l’élément principal de cet extraordinaire condiment?

Je rends réponse lundi prochain… et j’envoie un tube de pate de fruit au durian au premier qui aura vu juste d’ici là!

 

… La bonne réponse était: du sucre adjoint d’une poudre de poisson salé et séché… et ça n’était vraiment pas une réussite!

 

Le paisible temple de Wat Phrong Akat

C’est la saison des récoltes à Chachoengsao. Les champs sont jaunes et secs. Les petits paysans font sécher leur riz sur de grandes bâches, le long des routes. Les oiseaux migrateurs qui remontent justement vers le nord en ce moment s’en donnent à cœur joie.

Wat Phrong Akat

Au détour de nos flâneries, nous tombons sur une extraordinaire coupole dorée, digne d’un souverain. Le Wat Phrong Akat est un immense monastère bouddhiste, construit sur des terres données par les agriculteurs du coin, dont la plaquette du temple indique qu’ils sont très pieux. (Difficile de dire l’inverse en même temps.) En plus d’être pieuse, la région est objectivement très opulente, aux vues de la densité et de la richesse de ses bâtiments religieux. (J’ai déjà évoqué le Wat Saman Rattanaram, et je vous parlerai bientôt du Wat Pak Nam, doré de bas en haut, ainsi que du Wat Pho Bang Kla et de ses chauves-souris.)

Wat Phrong Akat

L’entrée du temple est gardée par les traditionnels Yaksha, des esprits bienveillants mais surtout très très grands et toujours magnifiquement décorés. Ils surveillent les portes des temples en empêchant les démons de s’introduire. A l’intérieur du monastère, la vie est paisible. Durant notre visite le moine de la photo a longuement joue aux cartes avec une adorable petite fille qui riait aux éclats.

Des Yaksha gardent l'entree du temple

Egalement a l’entrée, huit grosses boules sacrées (des sima), taillées dans du rocher. Il s’agit des pierres fondatrices du temple, qui sont la plupart du temps situées aux points cardinaux du bâtiment. En réalité, il y a neuf boules en tout, mais la dernière est enterrée sous le bôt, le bâtiment le plus saint du complexe monastique.

Sima - Pierres angulaires sacrees du monastere

Les fidèles se recueillent successivement devant chacune des grosses boules, prient, puis y apposent une petite feuille d’or.

Tout, dans le Wat Phrong Akat, respire la sérénité. Plusieurs chiens errants profitent de la fraîcheur du marbre pour se reposer. C’est une évidence: aucun bouddhiste ne les en chasserait. Au contraire, ils sont certainement nourris régulièrement par les moines et les pèlerins.

Paisible Monastere de Wat Phrong Akat

Un peu plus loin, l’on se recueille devant les effigies d’abbés et de moines majeurs, que l’on recouvre également de feuille d’or. Les opérations sont tres ritualisées, mais nous ne sommes capables de toutes les interpréter. Par exemple, je ne sais pas ce qui détermine un croyant à aller prier auprès de tel bouddha ou de tel moine, alors que le choix des représentations est extrêmement vaste.

Abbes de Wat Phrong Akat

Petit-Un a souhaité, à ce moment-là, faire une offrande à un bouddha. Un moine est intervenu et l’a gentiment redirigé vers une autre urne. Nous n’avons pas compris pourquoi. Il m’a semblé que la nouvelle « destination » de nos pièces était le pot commun des moines, celui avec lequel ils achètent des biens terrestres. Nous ne saurons pas si le religieux était totalement désintéressé, mais nous lui laisserons le bénéfice du doute.

Des enfants jouent au foot devant le Bot

A l’étage du Wat Phrong Akat de petits garçons du coin se sont rassemblés pour jouer au foot avec une bouteille de plastique. Sous le regard imperturbable des Yaksha. Cette partie du temple n’est pas encore terminée. Il reste du carrelage à poser. Dans une partie du bôt, les Bouddhas sont même encore sous plastique. Toujours d’après la plaquette, le bouddha principal viendrait d’Inde. (Mais je ne suis pas sûre d’avoir photographié le bon.)

Interieur du Bot

Au pied du monastère, nous nous arrêtons pour nourrir des vaches, moyennant offrande. Nous les pensons sacrées, mais sans certitude. Il y a même un veau, déjà grandet. Savez-vous que nombreux sont les bouddhistes de Thaïlande à refuser de manger du bœuf, pour raisons religieuses? C’est là que l’on réalise toute la proximité d’avec l’Hindouisme…

Vaches surement sacrees de Wat Phrong Akat

L’Hindouisme est d’ailleurs bien présent sur les lieux, en la personne de Ganesh, que l’on devine, énorme et rose, derrière les trois « Tout-Terrain » qui nourrissent des poissons, sûrement sacrés eux aussi. Par bonheur, et un peu grâce à l’arbre, personne n’a terminé dans l’eau cette fois-ci. (Notre dernière rencontre avec des poissons a été très aquatique pour certains. Il faudra que je vous raconte ça…)

Poissons surement sacres de Wat Phrong Akat

A droite de Ganesh, sa toute petite monture, le rat, prête l’oreille aux suppliques des fidèles, et passe le message. Car on ne s’adresse jamais directement au dieu: on l’invoque seulement via son rat. Si besoin, des moines bouddhistes sont également présents pour diffuser les prières.

Ganesh

Au pied de Ganesh, des rangées de tous petits mignons rats tiennent lieu d’offrandes.

Rats de Ganesh

Nous terminons la visite par l’achat de glaces à la noix de coco pour toute la famille. Mes kilos superflus et moi-même vous recommandons chaudement ces glaces à la noix de coco « maison ». Elles ne coûtent rien (25 centimes d’euros), sont 100% naturelles, et ont un gout à se pâmer. La vendeuse était ravie de faire affaire avec nous et de montrer à ses voisins de stand qu’elle « avait des étrangers ».

De mon côté, pour montrer mon appréciation, j’ai voulu lui dire que ses glaces étaient délicieuses. Hélas mon vocabulaire s’est fait la malle, à cet instant précis. « C’est délicieux, c’est délicieux… » Impossible de remettre la main dessus! Mon cerveau ne me hurlait « faire un bisou » en thaï, mais rien d’autre. J’ai bloqué. La vendeuse a fixé mon visage crispé d’un air inquiet. Dépitée et frustrée, j’ai finalement pris la fuite en marmottant « very good » avec la tête la plus souriante que j’ai pu.

Campagne de Chachoengsao

Pour le plaisir, une dernière photo de la magnifique campagne de la province de Chachoengsao.

 

 

Wat Phrong Akat – Informations pratiques:

  • Coordonnées GPS: 13.796273, 101.056300
  • Ouvert de 10h a 18h
  • Entrée libre
  • Pensez à retirer vos chaussures en entrant dans les lieux sacres. (Du coup, visiter un temple en tongs est toujours beaucoup plus pratique que si on porte des bottines boutonnées jusqu’à mi-cuisses.)

 

International Day à l’école

Nous avons vécu quelques jours très patriotiques cette semaine: c’était International Day à l’école des garçons. La préparation de cette journée est assez chronophage. Elle est donc tout adaptée aux Mamans qui ne travaillent pas. (Pour ceux qui n’ont pas suivi, je n’ai pas retrouvé de travail depuis mon congé maternité et la fin de mon précédent contrat. Et ça me met drôlement en boule.)

Les choses ont commencé à remuer il y a un bon mois quand Petit-Un est rentré à la maison en chantant: « O Canada« . A peu près à la même période, Petit-Deux s’est piqué de me détailler quotidiennement les nationalités des enfants de sa classe et les drapeaux correspondants. On a vu que ça commençait à travailler…

Decoration traditionnelle Thai

Cette décoration du International Day est faite en légumes taillés. Il s’agit d’un art typique de Thaïlande. C’est magnifique… et surprenant quand on s’approche, parce que ca sent vraiment le légume!

 

Sous les drapeaux…

Très vite d’ailleurs, on a glissé dans la période « drapeaux ». Des drapeaux tricolores ont fleuri un peu partout dans la maison. Ainsi que des drapeaux du Japon. Pas par préférence nationale, je crois, mais parce que techniquement, le Japon est plus facile à dessiner que les Etats-Unis ou l’Australie.

« Maman, il est où le feutre blanc? » Bah ta feuille est blanche. C’est très bien comme ca. Pas besoin de colorier. « Nooooon! La maitresse a dit que le drapeau était bleu, blanc et rouge! » Petit-Un, plein de ressources, m’a apporté du blanc correcteur. J’ai maudit le destin d’avoir mis du blanc sur notre drapeau. La monarchie aussi. Mais j’ai tenu bon, et on n’a pas repeint en blanc les feuilles blanches.

Defile des Coreens en costume

Du coup on a eu un incident diplomatique et Petit-Deux a mis un terme à notre collaboration artistique internationale. Il est revenu une heure plus tard: « Il est où le bleu français? » Le quoi? Il a bien noté que dans les feutres, on avait du bleu clair et du bleu français. C’est celui qu’on utilise pour les drapeaux. Et ceux qui appellent ça du bleu foncé ne sont que des mauvaises langues.

« J’ai besoin d’un bâton pour mon drapeau. » Forte de mon expérience de l’année dernière où le défilé patriote s’était transformé en une bataille rangée à coup de hampes, j’ai fixé les bannières sur les frites de piscine. Ca s’est naturellement terminé en combat d’escrime devant la cafetière. J’ai un peu flippé. Le café est ma raison d’être en ces temps de disette de sommeil. Alors j’ai envoyé les combattants dans le jardin. Ca a immédiatement attiré les petites voisines japonaises et américaines qui se sont jetées dans la mêlée. Tout à fait dans l’esprit d’un International Day.

 

Se déguiser en Français…

Pendant ce temps, les Mamans travaillaient à l’habillement. Car par soucis ethnologique, International Day se célèbre en costumes traditionnels nationaux. Les enfants sont déguisés, mais aussi les parents s’ils le désirent. Je suis joueuse, alors j’en profite tant que les garçons n’ont pas honte de moi.

La plupart des asiatiques ont des habits de cérémonie magnifiques. (Vous pouvez jeter un coup d’œil aux habits traditionnels Thaïs dans le récit du mariage de P’Kung). Nous on a le béret et la baguette. Et le coq. Et l’air fier. Pas pratique pour un costume d’enfant. Petit-Deux a insisté: « Je veux un tee-shirt Français ». On va faire ce qu’on peut. Par chance, j’ai eu l’illumination de la marinière. On a accessoirisé le tout avec les bretelles bleu français du mariage de Tonton Eugène. Il manquait encore un truc. Des ceintures et des foulards rouges, à la façon des ferias. On aurait la couleur du drapeau!

Famille francaise

J’ai ratisse la région en vain. Ni ceinture, ni foulard rouge. Il faut dire que le rouge très marqué politiquement, ici. In extremis, j’ai repensé à notre drap de lit rouge, vestige de notre vie en Chine, où la couleur porte bonheur. J’en ai extrait des ceintures et des foulards pour la famille et nos voisins français. (Heureusement qu’on avait un lit King Size.) Restaient juste quelques petits kilomètres d’ourlets à faire à la main. J’ai horreur des ourlets. Pour accélérer, je me suis dit, on va cramer les fils qui dépassent avec un briquet. C’est là que j’ai réalisé que ca prend drôlement bien feu les draps de lit chinois! J’ai failli y laisser ma touffe. En désespoir de cause j’ai abandonné. Les ourlets, c’est surfait.

 

On a chanté la Marseillaise…

Apres le défilé aux drapeaux et en costumes nationaux, International Day se poursuit par un spectacle multiculturel, proposé par les (Mamans d’) élèves. Les Coréens ont fait une magnifique chorégraphie guerrière avec des drapeaux, qui retraçait l’indépendance de leur pays. Les Japonais ont fait une danse populaire très entraînante, sur une musique de guinguette. (Un pan inconnu et jamais exporté de la culture japonaise!) Les Thaïs ont dansé et chanté en l’honneur du Roi décédé en octobre dernier. De nombreux pays ont entonné leur hymne ou joué des musiques traditionnelles. Les Français ont interprété la Marseillaise. Ca ne semble rien, mais l’apprendre a été un vrai défi pour les garçons!

Mini acteurs coreens

Avant toute chose, Papa-Tout-Terrain –qui est très malin- avait bien motivé les enfants, en leur montrant l’introduction d’un match de rugby. C’est vrai que la Marseillaise reprise par des milliers de personnes dans le Stade de France, ça donne des frissons. On a ensuite passé deux week-ends à écouter et répéter l’hymne dans la voiture. A force, les enfants s’endormaient en le fredonnant. Ils l’ont chanté en balade, dans des grottes, dans des mangroves. Au supermarché, aussi. Là j’étais plutôt contente que personne ne nous comprenne. J’aime bien la Marseillaise mais hors contexte, ça fait très nationaliste, tout de même!

 

… et tout finit par des chansons…

Les garçons ont fini par connaître leur chanson sur le bout des doigts, sans toutefois en saisir la teneur exacte. On a bien expliqué que c’était un chant guerrier. Que beaucoup de pays s’étaient constitués par la guerre et le combat. Mais on est restés vagues. Et ils n’ont (heureusement) pas tout capté. On entend d’ailleurs de leur bouche quelques imprécisions sémantiques révélatrices, comme « l’étendard sanglant » qui devient un « étendard semblant »

Buffet international

Par soucis éducatif, je les ai malgré tout gratifiés d’une longue explication sur les citoyens (« Aux armes citoyens!« ), la citoyenneté, pour conclure en apothéose sur la citoyenneté du monde. Oui, j’ai tendance à m’enflammer, parfois. A la fin, pour vérifier le niveau de compréhension, j’ai demandé ce qu’ils en avaient retenu. « Mmm… » « Allez, faites un effort… C’est quoi un citoyen? » Petit-un s’est dévoué. Laconique, il m’a répondu: « C’est une sorte de tuyau. » Mouais. Y a encore du travail.

Pendant la représentation, les garçons étaient les plus petits chanteurs. Mais aussi les plus motivés. Ils ont séduit les spectateurs par leur ardeur et leur enthousiasme, et parce qu’ils sont si mignons, en toute objectivité, bien sûr! Ils ont été ravis de montrer leurs talents à leurs copains. Les adolescents du groupe un peu moins, je ne vois pas pourquoi…

 

Préparatifs culinaires

International Day se termine sur un immense buffet préparé par les Mamans. Le ventre est la clé de l’entente entre les peuples.

Quatre poupees

Cette année, j’étais partie sur des crêpes en bouchées. La crêpe a toujours beaucoup de succès. J’ai préparé la pâte pour une petite centaine de crêpes. Et juste pour le plaisir du défi, je me suis brulée quatre doigts à l’huile bouillante comme une cruche, pile poil avant de les faire sauter. Je suis d’une adresse remarquable. J’ai fini à l’hôpital, qui m’a traitée rapidement et relâchée avec quatre énormes poupées à la place de la main. Entre l’aspect pratique, l’esthétique et la douleur, je me suis drôlement amusée en cuisine, tout l’après-midi! Heureusement que je peux compter sur Papa-Tout-Terrain. Rentré tard et fatigué d’une longue journée de travail, il n’a pas hésité à mettre la main à la pate pour fourrer, rouler et couper avec moi jusqu’au milieu de la nuit.

 

A table!

Le lendemain, j’ai tenu le tronçon français du buffet avec d’autres Mamans et Miss-Trois qui était venue pour décorer. On était à côté de la Turquie, qui avait du super bon café et des pâtisseries à tomber! En face, les Philippines proposaient des gâteaux extraordinaires. La Chine, Taiwan et Hong Kong qui s’étaient regroupés pour l’occasion m’ont approvisionnée en délicieux raviolis vapeur. Puis les Mamans Thaïs ont apporté de la glace, du riz gluant à la mangue et des brochettes de porc. C’est l’avantage d’avoir un bébé mignon avec soi: ca attire le chaland!

Notre buffet francais

Je suis aussi passée au Japon, aux Etats-Unis, au Canada, en Corée, au Vietnam, en Inde, en Australie, au Danemark, en Indonésie, et j’en oublie sûrement. J’ai goûté tout ce que j’ai pu dans le désordre. Ca a été un grand moment gustatif. J’ai à peine vu les enfants. Ils étaient avec leurs copains et ne me connaissaient visiblement plus. De toute façon, j’étais bien trop occupée à manger.

 

L’éléphant rose du Wat Saman Rattanaram

Papa-Tout-Terrain a changé de voiture pour le week-end. Notre Honda est en révision au garage et on nous a donné une Toyota à la place. Enthousiasme de Petit-Deux devant la nouveauté. Puis déception: « La prochaine fois, Papa, tu pourrais demander une BMW… ». Bien qu’il n’ait que trois ans, il a déjà fort bon goût ma foi. Mais il va falloir qu’il change de parents s’il veut satisfaire ses envies de luxe.

La brave Toyota respectant le critère de « on peut mettre trois sièges auto à l’arrière », on charge les marmailloux, direction le Wat Saman Rattanaram de Chachoengsao.

En route, un croise un curieux cortège. Une voiture à gyrophares devant. Une voiture à gyrophares derrière. Toutes deux allant un train de sénateur. Au centre de cette étrange colonne, un très vieux monsieur en fauteuil roulant. Il fait le tour de Thaïlande, un portrait du défunt roi sur les genoux, pour un dernier hommage…

Pelerinage pour le Roi

On arrive. Vous voyez ces lieux de culte peuplés de tas de vieilles mémés rabougries et un poil revêches, qui regardent les enfants avec le sourcil froncé et se déplacent tellement silencieusement qu’on dirait qu’elles volent… Eh bien voilà. C’est exactement tout l’inverse!

 

Un somptueux chaos

Le Wat Saman Rattanara, c’est l’idée que je me fais des grandes foires sacrées du Moyen Age. Avec ses foules bigarrées. Ses vendeurs aux marchandises chatoyantes. Et des fidèles qui se muent en chalands sitôt la fin des dévotions.

C’est un ensemble de couleurs, de lumières, d’odeurs, de brouhahas et de mouvements confus. Un enchevêtrement gai. Une harmonie désordonnée.

L’orange des moines et les dorures des représentations sacrées. Le fumet du poulet grillé et les émanations d’encens. Le vert profond des goyaves marinées et le rose tendre des barbes-à-papa. Une cohue joyeuse et courtoise. On n’arrête pas de se bousculer. Toujours en se souriant.

Touilleurs de caramel

Voyez plutôt ces trois gaillards aux muscles saillants, en train de touiller d’immenses marmites de caramel! La vendeuse du stand offre un bonbon à petit deux. A quelque pas de là, Petit-Un est fasciné par une statue grandeur nature de Spiderman, qui côtoie un effrayant Guan Yu, le Dieu chinois de la guerre, et quelques bouddhas imperturbables.

 

Hindouisme

Le clou des lieux est une immense représentation de Ganesh, rose. Il est accompagné d’un rat, sa monture traditionnelle, dans la mythologie Hindoue. Lorsque l’on prie, on ne demande rien à Ganesh directement. Il faut s’adresser à son rat.

Ganesh rose - elephant rose

Dans la théorie, il faut bien boucher la deuxième oreille du rat pour éviter que la requête ne ressorte de l’autre côté! En pratique, et peut être en raison de l’affluence de lieux, on peut parler aux deux oreilles du rat en même temps, et il y a d’ailleurs plusieurs rats!

Ganesh et son rat

 

Bouddhisme Chinois

Un peu plus loin le temple chinois, avec Guan Yu et des tas de dragons. C’est un temple bouddhiste, mais d’une version bouddhiste rapportée de Chine en Thaïlande, vers la fin du dix-neuvième siècle, lors d’une importante vague d’immigration.

Temple chinois

Dans cette même catégorie du Bouddhisme chinois, on repère également une immense Guan Yin, la bodhisattva qui incarne la compassion. Et un gong géant qu’on peut frapper pour attirer la bonne fortune.

Temple chinois

 

Bouddhisme Thaï

Puis vient la zone du Bouddhisme thaï. On y brûle de l’encens. On y prie des bouddhas debout, des bouddhas assis, des bouddhas couchés. Et l’on s’incline devant des statues de moines, taille réelle. Ils font plus vrais que nature à tel point qu’on se demande s’ils sont vivants ou non. On en voit souvent dans les temples et ils me perturbent toujours. (Au début je croyais que c’était des vrais moines embaumés, et j’étais encore plus mal à l’aise). (Et il m’est aussi arrivé parfois de passer devant ce que je croyais être des faux-moines-statue, avant de me rendre compte qu’ils respiraient. Bref, c’est un peu flippant.)
Fleur de Lotus
Tout au bout, on termine sur une énorme fleur de lotus rose flottant sur le fleuve. C’est tout l’art de mêler le spectacle et la religion. Les fidèles y alternent les offrandes et les selfies dans des poses gracieuses et romantiques.

 

Phra Rahu

Un peu à l’écart enfin, on note un bâtiment surmonté d’un immense Phra Rahu. Phra Rahu est un géant divin que l’on retrouve à la fois dans la mythologie Hindoue et le Bouddhiste. Il mange régulièrement le soleil ou la lune, provoquant ainsi les éclipses.

Phra Rahu

De ci, de là, et au milieu de cette cohue, les marchands du temple. Le curieux y achète des amulettes et des jeux en plastique made in China pour les enfants. On se restaure, on boit un coup, et on grignote, avant de passer au dieu suivant en devisant gaiement.

 

Pêle-mêle sacré au Wat Saman Rattanaram

Pour des esprits occidentaux tant de religions et de divinités rendent l’appréhension de ces lieux un peu confuse. Mais la pensée asiatique est souple et retient plus la complémentarité de ces cultes que leurs antagonismes. Ces religions restent par ailleurs étroitement liées, puis que le bouddhisme chinois et le bouddhisme thai sont tous deux issus de l’Hindouisme.

Sacre Pele-Mele

Enfin, certains de mes amis m’ont proposé une version très pragmatique qui se défend aussi: dans la mesure où l’on ne peut être sur de qui est le « vrai » dieu, autant les prier tous un peu pour multiplier les chances de salut. Finalement, plusieurs précautions valent toujours mieux qu’une.

Money money money…

Dans les temples de Thaïlande, je suis souvent surprise des rapports tres étroits entre religion et argent. Pas une divinité n’est invoquée sans qu’elle n’ait droit à son tribut. De l’encens, une bougie, des fleurs, un peu de feuille d’or ou des devises sonnantes et trébuchantes. Dans l’esprit des fidèles, on augmente ainsi les chances de voir ses vœux se réaliser et l’on améliore son karma, pour maintenant et pour ses existences à venir.

Lancer de pieces

Certaines institutions religieuses sont ainsi tres riches. Cela mène régulièrement à des débats publics houleux quant à la probité des moines et à la nécessité ou non, pour eux, de vivre dans la pauvreté. Je n’entrerai pas dans ces débats: ce n’est ni ma société ni ma religion. En revanche, je m’amuse toujours de l’ingéniosité des concepteurs de lieux, pour pousser à l’offrande:

  • Tapez trois coups sur l’immense gong chinois pour voir vos souhaits se réaliser. Et faites une offrande…
  • Visez un bocal sacré avec des pièces… Plus vous tirerez en plein dans le mille, mieux vos vœux se réaliseront!
  • Distribuez une à une des pièces dans les bols disséminés tout autour de la fleur de lotus géante.
  • Variante: distribuez une à une des pièces dans chaque bocal des statues de moines plus vrais que nature qui se tiennent en rang d’oignon.
  • Achetez une bougie « fleur de lotus ». Faites la flotter sur l’eau d’une fontaine.
  • Alimentez en huile une lampe sacrée.
  • Deposez une requête à l’oreille du rat de Ganesh. Et faites une offrande…

Rat de Ganesh

Bref, quand on arrive dans un temple, j’ai généralement des kilos de pièces sur moi (rapport à Papa-Tout-Terrain qui les laisse toujours traîner)… Quand on repart en revanche, je suis fort légère! … Cela dit, comme les moines ont pensé à tout, il y a même des « bureaux de change » billets-pièces un peu partout, pour ceux qui n’ont pas de Papa-Tout-Terrain sous la main.

 

Emplettes et délices

Nous terminons par quelques emplettes de bouche. Les premières mangues de la saison. Des pamplemousses. Des melons. Et des mini ananas, craquants, juteux et si sucrés.

J’hésite devant quelques sauterelles grillées avant de renoncer: les insectes sont souvent pleins de pesticides. Ce n’est pas l’idéal quand on allaite un bébé. (Ok, ce n’est jamais l’idéal, en fait, mais quand même, c’est bien bon…) Je me rabats sur des caramels au durian. Oh! Et des œufs de cent ans, mon délice de Chine! Ce sont les mêmes en Thaïlande, mais leurs coquilles sont teintes en rose. Bien entendu, j’ai craqué aussi…

Dragon

Les enfants nous réclament un arrêt final au stand des petits gâteaux pour des cigares croustillants au sésame, des petites crottes addictives à la noix de coco, et de jolis biscuits colorés, traditionnellement proposés lors des mariages.

Avais-je mentionné qu’il y avait très souvent plein de trucs bons à manger, autour des temples?