Le Trésor du Musée Maritime – Chanthaburi

De passage à Chanthaburi, nous sommes tombés par hasard sur un dépliant publicitaire qui recommandait le fort de Noen Wong (Noen Wong Fort), et mentionnait la présence d’un musée maritime attenant. Pas un mot en revanche de notre guide. Nous nous y sommes rendus tout de même, un peu à l’aveugle, et n’avons pas regretté le détour!

 

Le fort de Noen Wong (Noen Wong Fort)

Les enfants traînent les pieds pour sortir de la voiture. Ils préfèreraient continuer à jouer avec leur nouvelle collection de coquillages, « récoltés » dans un restaurant de Chao Lao Beach.

Nous commençons par un tour des fortifications. De la forteresse de Noen Wong, il reste une sorte de tour de guet qui n’a pas l’air d’époque, mais surtout une imposante enceinte en brique, défendue par des canons régulièrement espacés. Le fort a été construit vers le début du XIXème siècle par le Roi Rama III, pour défendre le Royaume de Siam contre les invasions du Royaume du Vietnam. Datés de la même période, les canons sont visiblement importés d’Occident, ce qui n’est pas très étonnant vu les relations qui liaient alors le Siam avec les Etats Unis et la Grande-Bretagne. Petit-Un est très impressionné par les explications de Papa-Tout-Terrain, quant à l’utilisation du canon. Il répétera plusieurs fois la manœuvre de mise à feu.

Les canons du fort de Noen Wong

 

Le Musée Maritime (National Maritime Museum) de Chanthaburi

Autant l’extérieur du bâtiment ne paie pas de mine, autant le contenu du musée nous aura éblouis. La salle la plus impressionnante reconstitue une jonque Thaï traditionnelle, à taille réelle. Le bâtiment de bois sombre (traditionnellement en tek) était semble-t-il destiné au négoce. Comme sur les bateaux du sud de la Chine, de gros yeux sont peints sur la coque. Dans la croyance, ils protègent l’embarcation et lui permettent de « voir » les dangers.

Yeux sur la coque d'une jonque Thai

Par des ouvertures ménagées dans les flancs du bateau, nous découvrons les cales, qui regorgent de denrées exotiques et de liquides conservés dans des sortes d’amphores. Nous dépassons les cabines de l’équipage. Elles abritent dont un type en train de mourir d’une flèche d’Indien d’Amérique dans le ventre. Dieu soit loué, les enfants ne le remarquent pas. De là, des escaliers raides mènent sur le pont.

A l’étage, la reconstitution est fascinante. La plate-forme est envahies de cordages. En levant le bras, on peut toucher les « voiles », retenues par des sortes de nattes de bambous tressées, et qui se replient en accordéon, suivant de grandes lattes horizontales. Le pont est beaucoup moins plat que ce à quoi je m’attendais et les rebords ne sont pas bien hauts. Pas très sympa en cas de tempête! Les enfants se mettent à la barre et aident un moussaillon-mannequin à procéder à des manœuvres compliquées, pour la photo.

Les cales d'une jonque Thai

 

Vestiges marins et artisanat thaï

Un peu plus loin, une autre salle reconstitue des fouilles archéologiques maritimes. La scène s’observe depuis deux étages distincts, l’un pour la partie émergée, l’autre pour la partie sous-marine. Nous examinons les (faux) plongeurs contemporains fouiller les restes de la coque d’un bateau, envahis de coraux et d’animaux marins. Autour de ces thématiques, des activités à destination des enfants proposent de reconnaître à l’aveugle de (faux) objets anciens, extraits des restes de l’embarcation exposée: vases, cordages, tessons d’amphores… Les enfants sont encore un peu petits, mais je suis ravie de pouvoir leur proposer une première introduction aux principes de l’archéologie!

La suite du musée présente une profusion de maquettes de bateaux de style Thaïlandais, ainsi que plusieurs d’objets régionaux. C’est intéressant mais somme toute plus classique. Au final, la visite nous aura beaucoup plu, avec la petite limite que les explications en anglais sont parfois un peu sommaires. Cela nous a laissé le loisir de l’observation et l’imagination. Et soyons réalistes: avec les enfants dans les pattes, nous avons de toute façon rarement le temps de lire les panneaux de commentaires.

 

Le long des murailles…

Nous ne partirons bien sûr pas avant d’avoir nourri les carpes du bassin du musée. Il est toujours assez fascinant de voir ces dizaines de poissons se jeter sur la nourriture en formant une masse tellement compacte que ceux « du dessus » ne touchent même plus l’eau!

Les enfants nourrisent des carpes

Nous terminons la visite en faisant le tour des murailles circulaires du fort de Noen Wong, en voiture. Les fortifications de briques et de terre, vieilles de plus de deux cent ans, ont bien résisté à l’œuvre du temps. En revanche, il ne reste presque aucun bâtiment à protéger au cœur des murailles, juste quelques plantations et visiblement un temple –que nous n’avons pas trouvé. On se demande à quoi cela pouvait ressembler à l’époque du Royaume de Siam. Çà et là, il est émouvant de constater que la végétation et la nature commencent reprendre leurs droits.

 

Les marais salants de Chanthaburi et le Bord de Mer

Sur le chemin du retour vers la maison, nous traversons la zone de marais salants de Chanthaburi. Ils ne se visitent pas, a priori, mais nous pouvons observer au passage quelques ouvriers en pleine récolte. Sur le bord de la route, des baraques proposent à la vente d’énormes sacs de sel, pour une bouchée de pain. J’utilise en ce moment un sac d’un kilo (20 baths, soit un demi euro) qui devrait nous durer un an ou deux. Je trouve amusant et étonnant de cuisiner avec cette fleur de sel non raffinée et donc grisâtre, aux cristaux bien plus grossiers que ce que l’on trouve dans le commerce. Mais bon, ça reste du sel, quoi.

Paysage de marais salants pres de Chanthaburi

 

Un peu plus loin, nous dépassons les Mangroves de Khun Kraben. Le temps est trop court pour nous y arrêter, mais nous nous promettons d’y revenir. En revanche, nous nous permettons un dernier crochet dans une ferme piscicole voisine. L’entrée y est libre. L’on n’achète que la nourriture à distribuer aux animaux de l’élevage. Lorsque l’on jette la pitance dans les cages en pleine mer, l’on ne sait jamais quel type d’animal marin va surgir. Nous découvrons de magnifiques tortues géantes. Des poissons plus ou moins gros, plus ou moins vifs… Il y a parait-il des requins, mais nous ne les avons pas trouvés. La pause n’a pas été très longue, mais c’était une détente agréable. Il faut juste faire attention aux enfants car les rambardes protègent mal d’éventuels plongeons.

Avec du recul, ce n’était malgré tout pas une bonne idée que de laisser les enfants nourrir des poissons vivants. Avec des poissons morts. L’activité a ainsi passablement « parfumé » notre gentille marmaille, avant plusieurs heures de voiture…

Ferme Piscicole pres des Mangroves de Khun Kraben

 

 


Le musée maritime de Chanthaburi en pratique

 

 

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