Famille et Saucisson – Vacances en France

Saucisson et pate - Vacances en France

Malgré une longue disparition des radars de l’Internet, nous sommes bien rentrés de notre triathlon de Noël, après avoir brillé dans les épreuves « charcuteries », « fromages » et « desserts ». Non, nous n’avons pas été happés par le trou d’un Gruyère. Nous ne sommes pas non plus restés collés au fond d’un pot de Cancoillotte. Ni tombés en pâmoison lors d’une confrontation avec un Maroilles bien fait. Il nous a juste fallu cinq semaines pour récupérer et moi, parvenir à sortir un billet.

Comme tout le monde à Noël, on a profité de la famille et mangé de la dinde aux marrons. Et, comme c’est trop rare, on les a savourés à fond. (On n’a pas mangé la famille, c’est une image, bien entendu.) On est rentrés, plein d’étoiles dans les yeux, drôlement fatigués aussi, et avec pas mal de kilos en plus –dans les bagages, mais pas seulement…

Saucisson et pate - Vacances en France

 

C’était plutôt mal parti…

Pourtant, l’épopée de nos vacances en France n’avait pas très bien commencé. Nous avions dû anticiper notre départ in extremis, pour une sombre histoire d’ambassade et de papiers à faire à Paris, pour Miss-Trois. Parce que c’est complètement logique pour un bébé né à Bangkok de devoir demander son visa thaï à Paris. Il paraîtrait même qu’au regard des puristes, notre fille était illégale en Thaïlande depuis sa naissance, puisqu’elle n’avait franchi aucune frontière administrative avant de s’y établir. J’étais folle d’enthousiasme avant même de démarrer.

Nous sommes donc arrivés à Paris. Un jour de froid polaire, avec option pic de pollution, circulation alternée, accident de RER et grève des VTC. A la sortie de l’avion, on avait six heures pour relier l’ambassade de Thaïlande. Dans la théorie, c’était large.

On s’est présentés à l’agence de loc’ pour récupérer la voiture. Notre carte bancaire s’est mise en grève. (Ca doit être l’air de la France.) (Solidarité aux VTC.) Notre banquier n’a jamais répondu au téléphone. (A bas les banques. A bas la finance.) On a mis trois heures à réunir la rançon pour récupérer la caisse. Manque de pot elle était trop petite. Plus le temps de changer. On a pris la voiture et laissé les bagages (à la consigne, quand même). Notre GPS s’est perdu. On s’est guidés en suivant la Tour Eiffel. On a démoulé les enfants qui ont lancé des glapissements psychotiques quand ils ont compris qu’ils allaient devoir marcher dans le froid, pour de vrai. (En marche!)

 

Au fond du trou

C’est ainsi que notre vaillant équipage a triomphalement franchi l’entrée de l’ambassade de Thaïlande en France. Nous avons été chaleureusement reçus par un choc thermique. Curieusement, il faisait plus de trente degrés dans le bâtiment. Peut être pour rappeler la Thaïlande? C’est la patronne des lieux, une morue revêche, qui nous a accueillis. Elle nous a toisés de haut en bas et de droite a gauche (on était nombreux et en rang d’oignons) avant de nous assener gratuitement: « Quand on a un bébé, on le laisse à la maison! » Elle nous a finalement fait nos papiers, visiblement à contrecœur.

(En même temps, on n’avait pas besoin qu’elle nous tamponne le visa dans l’allégresse et les chants grégoriens. Cette dame a d’ailleurs bien fait de ne pas trop puiser dans ses réserves d’amabilité. Vu qu’elle n’en n’avait visiblement pas beaucoup, autant éviter de les disséminer bêtement.)

Premier jour en France - Vacances en France

Après, tout s’est amélioré! D’abord, on a trouvé une superette avec de la charcuterie et des fromages, et même une boulangerie avec du pain. (« Il en faut peu, pour être heureux, lalalalalalalala…« ). Nous avons fait ripaille. Comble du bonheur, aucune fourmi, aucun cafard n’est venu piétiner notre festin. J’étais joie et allégresse!

Le Premier Repas - Vacances en France

Et si nous avons traversé les petites tracasseries ordinaires du décalage horaire…

Premiere nuit en France - Vacances en France

 

Retour aux sources

… les vacances en France, ont vraiment débuté quelques centaines de kilomètres plus tard, quand nous avons enfin retrouvé les murs qui ont bercé mes jeunes années. Nous avons serré contre nous ceux qui nous sont si chers. Qu’il est doux de pouvoir, ensemble, sacrifier aux traditions vieilles de plusieurs générations! De goûter à nouveau aux saveurs de mon enfance. Sortir dans le jardin chercher le Père-Noel. L’attente, tous les sens en éveil. Le tressaillement ancestral en entendant sonner la cloche. Le même enthousiasme impatient quand les adultes nous appellent: « Le Père-Noel est passé! Je crois que j’ai vu un bout d’habit rouge dans la cheminée! »

Les poutres de la chambre ont toujours les chevilles épaisses que je contemplais, enfant, avant de sombrer dans le sommeil. La nuit y a les mêmes bruits d’oiseaux, de rongeurs, les mêmes grincements de vieille grange. Il n’a pas bougé, le coin de pavé centenaire où ma sœur s’était ouvert le front. La grande table où on l’avait recousue n’a même pas changé de place, d’ailleurs.

Charpente - Vacances en France

La maison a grandi avec nous. Au coin du feu, nous nous pelotonnions jadis en d’interminables jeux et de franches rigolades. L’on s’y enflamme aujourd’hui pour la politique et la littérature. La politique nous divise. La littérature nous réunit. A quelques pas de là, nos enfants ont repris nos amusements de jadis. Notre insouciance aussi. Jeux de cartes, de billes, de dames, Scrabble et Monopoly. Je la connais si bien cette ambiance de tripot. On soupire lorsqu’il faut aller diner, on planque un jeu des sept familles sous la table pour faire durer le plaisir avec les cousins… les adultes ne le soupçonneront pas…

Notre caverne d’Ali Baba devient petit à petit l’écrin de beaux souvenirs pour nos enfants. C’est chouette!

Coutumes de France - Vacances en France

Puis nos vacances ont obliqué sur les traces de Papa-Tout-Terrain, petit.

Autres Coutumes de France - Vacances en France

 

Chez Papa-Tout-Terrain

C’est follement amusant de découvrir avec lui les lieux qui ont bercé ses délices et ses joies, enfant. A peine arrivés, il faut sortir ses caisses de Legos, tellement garnies et profondes qu’on n’en voit jamais le bout. Petit-Un est si enthousiaste dans ses travaux de construction Legoesques que nous ne l’en verrons à peine émerger de tout le séjour.

Papa-Tout-Terrain a ressorti son jeu de roulette, aussi, qui captive les enfants. Son tee-shirt dédicacé par les copains d’école, et qui suscite le débat quant à la pertinence d’écrire sur ses habits. Sa photo avec le président Chirac, où il a l’air si minot (Papa-Tout-Terrain… et Chirac aussi à la réflexion). Et puis bien sûr, l’endroit  mythique où mon tendre et cher a marqué un stop artistique, en glissé-arrêté-mais-surtout-glissé, le jour de son permis… qu’il a loupé, d’ailleurs… semble-t-il a cause d’un escroc d’examinateur, malsain et sournois.

Plus encore, j’aime la compagnie de ceux qui lui sont chers. Ceux qui l’ont patiemment entouré, éduqué, aimé et aidé à grandir. Ceux grâce à qui Papa-Tout-Terrain est devenu un homme probe, courageux et aimant. Ceux grâce à qui Papa-Tout-Terrain est devenu mon amoureux. (Mon chéri, les compliments, c’est une avance pour la Saint Valentin, d’acc?)

Et les gâteries sans fin des grands-parents. La bûche à la crème au café, pour douze personnes, s’il vous plaît, achetée religieusement à l’intention de Petit-Un, et de Petit-Un uniquement, puisqu’il est le seul à l’aimer… « Mais il adore tellement ça ce petit… » Et les « crêpe-parties ». Deux fois en six jours. Pour s’assurer que les enfants s’habituent à la gastronomie française. Et la hotte du Père-Noel, si pleine que les coutures ont cédé cette année. (Fallait bien s’y attendre, à force…) Et Princesse-Punk, si petite et déjà couverte de fanfreluches, « parce qu’elle n’a que des frères, la pauvre… »

 

Découvertes et souvenirs…

Les vacances en France, c’est le dépaysement des plus petits, quand les plus grands retrouvent le goût de leurs madeleines d’antan. Certes, nos enfants nous ont parfois pris pour de dangereux illuminés, comme lorsqu’on exultait en revoyant une boîte postale jaune de notre jeunesse ou qu’on s’étouffait de joie devant une poubelle « à la française », avec des planches tout autour… Et je ne vous raconte même pas les « pfffffff » blasés, le jour où on a arrêté toute la troupe pour prendre en photo un banc public. Mais malgré leurs mines blasées, ces petits n’ont heureusement pas encore perdu tout de leurs capacités à s’extasier… Ils ont tant et tant aimé les tunnels qu’on s’est tapé des dizaines de bornes à les faire et les refaire dans les deux sens, rien que pour le plaisir!

Decouvertes de France - Vacances en France

 

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17 pensées sur “Famille et Saucisson – Vacances en France”

  1. Ils sont à mourir de rire ces articles sur les retours en France… C’est drôle de voir ce qui attire l’attention des enfants. Pour info les miens aussi adorent les tunnels… par contre ils ont du mal a croire que la neige est un truc qui existe pour de vrai

    1. Pour les tunnels je suis assez d’accord… personnellement, j’ai toujours aujourd’hui grand plaisir a hurler a tue-tete « un tunnel, un tunnel », quand on en traverse un. (Ne me juge pas, s’il te plait 😉 )
      C’est etonnant pour tes enfants et la neige… il n’y en a jamais en Bretagne? Chez nous, les enfants expliquent generalement que quand ils seront grands, ils veulent retourner vivre en France, parce que la-bas, il y a de la neige! C’est vrai qu’on est des parents horribles, tout de meme, de les priver des grands froids 😉

      1. Le Finistère bénéficie d’un climat océanique : jamais chaud, jamais froid… donc si par le plus grand des miracles il neige, cela fond au contact du sol.
        la seule fois où la neige a tenue plusieurs jours c’est fin 2010… la semaine où j’ai emménagé chez mon homme à Brest (déménagement retardé pour cause de neige, du total improbable en Bretagne !)
        Concernant les tunnels, si j’osais je te raconterais des souvenirs d’interventions ou l’on jouait à faire Pin Pon avec l’ambulance (cela fait un écho trop beau) en ouvrant les fenêtres de la cellule avant pour mieux entendre O:)

      2. Merci pour les explications de ton climat 🙂 Je suis une fille de l’est, donc je ne sais rien de tout cela 🙂
        Quant a ton histoire d’ambulance, je pense qu’il faudrait qu’on aille faire quelques tunnels ensemble, un jour… on devrait bien s’amuser 🙂

    1. Oh! Merci beaucoup!
      Je vais briser le mythe des parents tout-terrain qui gerent bien les voyages… Le retour a ete terrible! C’est une grave erreur d’avoir trois enfants en bas age quand on doit gerer un tel decalage horaire… Ils dorment de facon totalement anarchique, mais jamais en meme temps… Il m’a fallu des semaines a m’en remettre. Bon, maintenant ca va… et ils sont si mignoooons 😉

  2. Hello ! Merci pour les nouvelles ! Comme ça me parle ce genre de retour en France après de longs mois 🙂 J’avoue, j’ai éclate de rire en lisant les paroles de la chanson « On écrit sur les murs… » Est de donc à ce point une épidémie mondiale ???!!!

    Au plaisir de te relire bientôt

    1. Merci 🙂 C’est super rigolo pour cette chanson… je decouvre aussi au fil des blogs qu’elle est partout partout… Elle s’est sournoisement introduite chez nous via un CD offert par mes beaux-parents… 😀

  3. Ahhhhhh c’est que j’ai failli attendre moi !! Et bien quelles aventures ! Ça doit être bon de retrouver ses racines quand on habite si loin ! Bon promis je me plaindrai plus d’avoir 600km à faire pour voir la famille…

    1. Tu vois il suffisait de demander gentiment 😉
      C’est vrai que c’est bon de retourner chez soi…
      … Mais finalement 600 km, c’est deja sacrement long! Bien assez pour se plaindre, en tout cas, car comme nous, tu ne peux pas aller les retrouver sur un coup de tete, et une visite represente un reel investissement de temps et de budget. Bref, heureusement on a invente Skype 🙂

Un petit commentaire me fait toujours plaisir...